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 Huit-Clos

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Polly

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MessageSujet: Huit-Clos   Lun 27 Nov - 21:56

Auteur : PoLLy (Andreaparcoeur@hotmail.fr)
Genre : Pfffrrr... Je sais pas, un case files, Mulder et Scully Angts.
Disclaimer : rho, pour la quinze millième fois, rien ne m'appartient je ne suis qu'une voleuse éhontée... lol Tout il est à papa Chris et à la Fox.
Résumé : Mulder et Scully se voient confiés une mission sous couverture dans la prison de Huntsville, Texas. Mulder en tant que détenu, Scully en tant que médecin, ils doivent élucider un meurtre suspect...


HUIT-CLOS




Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le duo d’agents spéciaux du FBI, se tenant droit l’un à côté de l’autre. Deux piliers plus forts que jamais, près à affronter vents et marrées, à se soutenir à travers les pires épreuves et à se relever quel que soit le sort qu’on leur inflige.

Nombreux étaient pourtant ceux qui parlaient dans leur dos, déversant de sordides quolibets à leur encontre et sur l’ambigüité de leur relation. Bien sûr, ils étaient proches mais cela ne donnait pas le droit à leurs aimables collègues de faire courir les rumeurs les plus folles et les plus infondées concernant les liens qui les unissaient.

Ces messes basses leur donnait chaque la nausée, traversant le 3ème étage du J. Edgar Hoover jusqu’à rejoindre leurs bureaux respectifs. Les X-Files avaient été perdus mais Dana Scully avait tenu à accompagner Mulder dans cette punition publique, rétrogradés à de simples enquêtes téléphoniques.

Combien de fois avaient-ils eut l’envie de jeter leurs combinés par la fenêtre ? Ils ne les comptaient plus, ils courbaient l’échine et acceptaient d’effectuer la tâche ingrate qu’on leur avait injustement infligée.


« Agent Mulder, Agent Scully, vous êtes attendus dans le bureau de l’Assistant Directeur Kersh, il vous y attend déjà. » Leur informa sa secrétaire, se plantant devant eux et les observant de toute sa condescendance.

Échangeant un regard entendu, Mulder et Scully se levèrent d’un commun accord et la suivirent en silence. Ce court trajet à travers les couloirs du bâtiment leur donna l’occasion de communiquer en silence. Si cette femme avait prit la peine de venir jusqu’à eux au lieu de leur téléphoner, c’était que l’affaire était de la plus haute importance.

Arrivés à la porte de leur supérieur, la secrétaire les fit entrer sans même frapper et ils se retrouvèrent en face de l’Assistant Kersh, se tenant debout au centre de la pièce.

Rapidement et sans prononcer un mot, il les indiqua les deux sièges sur lesquels ils devaient prendre place.


« Monsieur, pourrions-nous savoir de quoi il retourne ? » Questionna Mulder, intrigué par ce petit manège.

Scully attendit patiemment la réponse qui se fit attendre, laissant ses yeux vagabonder autour d’elle. Son regard s’arrêta net quand il se posa sur l’Assistant Skinner, posté dans leur dos, contre le l’encadrement de la fenêtre. Recevant le contre jour en plein visage, elle faillit ne pas le reconnaître.


« L’Assistant Skinner et moi-même nous avons convoqués pour vous proposer une affaire de la plus haute importance. » Commença enfin Kersh, s’installant dans son large fauteuil, en faisant grincer son cuir au prix excessif. « Il s’agit d’une enquête sous couverture. » Précisa-t-il ensuite, son annonce faisant naître un intérêt certain chez les deux agents.

En effet, depuis la fermeture des affaires non classées, aucune affaire digne de ce nom ne leur avait été proposée, provoquant l’ennui imperturbable dans leur vie tristement monotone. Son sourcil droit ayant pris de l’altitude, ce fut Scully qui parla la première cette fois.


« Et peut-on connaître le crime, ses circonstances ? » Demanda-t-elle, une pointe d’exaspération dans la voix, Skinner leur aurait déjà révélé tout ce qu’il savait s’il avait été en charge de cette mission.

« Un meurtre non élucidé dans la prison de Huntsville, Texas. » L’informa l’homme, en lui tendant les photos de la scène de crime.

Mulder observa les clichés de loin, jaugeant la réaction de la collègue qui pour n’importe qui aurait été invisible, sauf pour lui.


« Pour quelle raison avait été condamné la victime ? » S’enquit-il, remarquant que Scully observait ces illustrations sordides avec méticulosité.

« Meurtre, il a assassiné sa femme au cours d’une dispute qui a mal tourné. » Le renseigna Skinner, parlant pour la première fois depuis le début de l’entretien. « Il a pris le premier objet qui lui est tombé sous la main, un tisonnier, et l’a frappé jusqu’à lui fendre le crâne. » Ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

Mulder grimaça légèrement, se représentant toute l’horreur de la scène. L’homme devait être sérieusement soul et énervé pour en venir jusque là. Un frisson lui parcourut l’échine, se demandant comment un homme pouvait perdre assez la tête pour en ôter la vie à sa propre femme.


« Est-ce que l’on a retrouvé l’arme avec laquelle il a été poignardé ? » Fit Scully, rendant le dossier à Skinner, qui le proposa immédiatement à Mulder.

« Pas que je sache, voici le rapport du légiste. » Répondit Kersh, lui tendant la dite chemise. « Il est écrit que l’arme du crime n’a pu être identifiée, jamais il n’avait vu une telle blessure auparavant. » Expliqua-t-il tandis que Scully relisait le compte rendu avec attention.

« Quel type de couverture souhaitez-vous nous faire emprunter ? » Questionna Mulder avec une légère appréhension, il avait déjà une petite idée de la chose.

« Nous vous avons choisi tous les deux pour plusieurs raisons. Tous les deux avez de grandes capacités sur le terrain, vous Agent Mulde, avez de grandes qualités de profiler et vous, Agent Scully, avez de larges connaissances médicales. Nous avions besoin du parfait détenu et du parfait médecin de prison. » Conclut Kersh, le visage totalement impassible.

« Mulder ? Un détenu ? » S’estomaqua Scully en tournant son regard sur Skinner. « Et vous êtes d’accord avec cette solution miracle ? » Lui reprocha-t-elle d’un ton réprobateur.

« Agent Scully, l’Assistant Skinner n’est plus votre supérieur, il n’a pas son mot à dire. Seulement son avis quant à vos habilités concernant cette affaire. » Lui rappela Kersh en insistant bien sur le *plus*.

« Mulder ? Tu n’as rien à dire ? » S’inquiéta Scully, voulant le prendre à parti. « Huntsville, l’une des prisons les plus dangereuses ! » Souligna-t-elle, restant très calme.

« Il faut bien que quelqu’un règle cette affaire Scully, et comme l’a souligné l’Assistant Kersh, nous sommes les mieux placés pour ce genre de mission. » Remarqua-t-il en feuilletant le dossier du légiste qu’il avait récupéré sur les genoux de la jeune femme.

« Quand voudriez-vous nous introduire dans la prison ? » Se ravisa Scully, réalisant qu’elle ne le ferait pas changer d’avis.

« D’ici deux jours. Nous avons déjà réfléchi à la marche à suivre. Le directeur de Huntsville a été contacté et s’est discrètement entretenu avec le médecin de la prison qui a accepté de prendre quelques semaines de congé, vous serez donc sa remplaçante. C’est vous qui nous tiendrez au courant de la progression de l’affaire. » Expliqua Kersh, son plan déjà parfaitement au point.

« Je dois avoir un prétexte sérieux pour parler fréquemment au médecin, un traitement à suivre. Vous y avez pensé ? » Demanda Mulder en fixant Kersh dans le blanc des yeux.

« Diabète de type 1. » Répliqua seulement Kersh, se doutant que Scully prendrait le relais.

Comme s’il avait lu dans ses pensées, Mulder se tourna vers Scully afin d’obtenir de plus amples informations. Celle-ci soupira longuement, la pathologie aurait pu être plus mal choisie.


« Tu serais insulino-dépendant. Tu aurais une raison valable de me venir me voir régulièrement pour effectuer des glycémies. Les personnes atteintes de ce type de diabète doivent se faire en moyenne 3 à 4 injections d’insuline par jour. Tes petits tours à l’infirmerie seraient justifiés. » Acquiesça-t-elle amèrement, elle ne sentait pas cette affaire le moins du monde.

« Parfait, quand pourrons-nous avoir toutes les informations sur cette affaire ? » S’enquit Mulder en se levant, bientôt imité par son amie.

« Suivez l’Assistant Skinner, c’est lui qui dirigera cette mission étant donné qu’il en fut le premier en charge. » Annonça Kersh. « Vous pouvez vous retirer. »

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Dernière édition par le Ven 8 Déc - 18:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Huit-Clos   Mer 29 Nov - 16:23

Le métal de la porte à barreaux claqua violement dans son dos, faisant presque sursauter Scully. Toute fois, elle garda une posture droite et affirmée, voulant faire bonne impression au gardien qui l’accompagnait à travers la prison jusqu’à l’infirmerie.

C’était le milieu de la matinée et les détenus attendaient de pouvoir sortir dans la cours principale, hurlant à plein poumon et faisant trembler les murs. Les plaintes se faisaient lancinantes et les cris raisonnaient parmi les briques et le fer des portes scellées.

Resserrant son emprise sur la poignée de sa trousse médicale, Scully avançait d’un pas déterminé, pas décidée à apparaître comme une proie facile. Ce fut quand la voix de l’homme qui la guidait retentit que Scully sortit de sa torpeur.


« C’est la première fois que vous exercez dans une prison ? » Demanda-t-il avec bienveillance et néanmoins, une touche de détachement.

« Oui, j’avais un cabinet à Washington. » Répondit-elle pour noyer le poisson.

« Ca fait une sacrée différence, c’est juste un remplacement j’espère ? » S’étonna-t-il, introduisant une clé dans une énième serrure.

« Oui, juste le temps que le docteur Murdock revienne de vacances et que je trouve de quoi me retourner. » Fit-elle, observant le filet qui courait le long des couloirs supérieurs.

« C’est pour éviter de ce prendre un bouquin sur le crâne ! » S’exclama-t-il d’un rire grave.

« Oh… » Emit simplement Scully qui commençait à se demander dans quel bourbier elle s’était fait piéger.

« Juste un conseil, quand vous rejoindrez votre bureau tous les matins, évitez de longer les murs ou les cellules, on ne sait jamais. Il vaut mieux prévenir que guérir comme on dit. » Suggéra-t-il, pointant du doigt un panneau inscrit “infirmerie’’.

« Je vous remercie de m’avoir montré le chemin. » Dit Scully en lui serrant la main.

« Ce fut un plaisir docteur Scully. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, mon poste est le numéro 8 sur votre téléphone. Et… Au moins pour les premiers jours, essayez de vous faire accompagner par un gardien dans la prison et ne restez jamais seule dans votre bureau, ou dans un cellule avec un prévenu. Certain n’ont plus rien à perdre et je m’en voudrais qu’il vous arrive quoi que ce soit. » Lui conseilla-t-il ave une réelle inquiétude.

« Merci, c’est gentil. » Affirma Scully en ouvrant la porte.

« Oh et, docteur ? » L’interpella-t-il en s’éloignant.

« Oui ? »

« Restez toujours sur vos gardes, quoi qu’il arrive, vous ne pouvez faire confiance à aucun détenu. Même s’il vous paraît respectueux, gentil ou inoffensif parce que malade. Ils sont tous susceptibles de profiter de vos faiblesses alors méfiez-vous de tous. »
Insista-t-il une dernière fois avant de s’éclipser définitivement.

***


Scully avait rangé le peu d’effets personnels qu’elle possédait et se tenait près de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine. Elle était vêtue de sa blouse blanche, son nom élégamment brodé sur la poche supérieure gauche. Son regard se perdait vers l’extérieur, en direction de cette large route que les camions de détenus empruntaient chaque jour. Celui qui transportait Mulder ne devrait plus tarder et Scully avait un sentiment partagé à l’égard de cette information. Une partie d’elle était impatiente de voir apparaître le véhicule, sachant qu’elle pourrait bientôt parler avec Mulder et voir si tout va bien pour lui. Mais au fond d’elle, elle appréhendait également ce moment, celui où elle le verrait dans cet uniforme orange, pieds et poings liés, sachant qu’on irait l’enfermer dans l’une de ces cellules aussi lugubres qu’étroites.

Secouant la tête elle décida de penser à autre chose qu’à l’enfermement inévitable auquel Mulder devrait faire face. Au lieu de cela, elle ouvrit un tiroir du cabinet et piocha quelques dossiers de condamnés afin de les lire en attendant patiemment. A peine eut-elle commencé que le téléphone retentit dans la petite salle, la faisant sursauter.


« Docteur Scully. » S’annonça-t-elle en décrochant.

« Bonjour docteur, Mark Chadwick, je m’occupe de l’accueil des détenus. Un groupe va nous être amené dans une quinzaine de minutes et votre présence est nécessaire pour les superviser. » S’expliqua l’homme sur un ton des plus neutres.

« Il n’y a pas de problème, je serai là. » Répliqua la jeune avant d’entendre l’impersonnelle réponse de la tonalité.

Reposant le combiné sur son socle, Scully soupirant doucement et ferma les yeux pour se concentrer. Cette enquête ne serait pas de tout repos, faire face à de tels être vivants serait l’une des choses le plus difficiles à accomplir. Ces hommes étaient pour la plupart accusés de meurtre ou de viol, comment supporter l’idée de les soigner ? D’atténuer leur douleur lorsque sa seule envie est de leur infliger une souffrance extrême ?

***


Au rez de chaussez, Scully se retrouva dans une immense pièce, uniquement ornée d’une dizaine de paravents, placés de sorte que les hommes s’y trouvant ne se voient pas mais les gardiens pourraient tous les surveiller en même temps. Un large comptoir se trouvait sur la droite et sur celui-ci se trouvaient de petits paquetages destinés aux prisonniers, une fois leur fouille et leur douche exécutées. Ravalant sa salive, Scully s’avança en direction d’un gardien qui se trouvait à l’écart du groupe principal. Il s’agissait de l’homme qui l’avait conduite à l’infirmerie quelques heures auparavant.


« Officier Griffiths ? » Demanda-t-elle en s’arrêtant à sa hauteur.

« Docteur Scully ? Est-ce que vous vous êtes installée ? » Questionna-t-il gentiment en se tournant vers elle.

« Oui, je vous remercie. Est-ce que les détenus sont arrivés ? »

« Ca ne saurait tarder. Une fois dans cette pièce, ils passent chacun à leur tour devant un gardien qui effectuera une fouille corporelle très poussée. Le médecin que vous remplacez était un homme, je comprendrai si vous ne vouliez pas assister à ce contrôle. »
Lui expliqua-t-il, la bienveillance évidente dans son regard.

« Je vous remercie, je ferai cela en temps voulu. » Assura Scully, sentant le mal être monter en elle.

Tout à coup les portes à battants s’ouvrirent et trois gardiens pénétrèrent, bientôt suivis par une douzaine de condamnés, les poignets et les chevilles entravés par de lourdes menottes. Le cœur de Scully s’accéléra jusqu’à frapper contre sa poitrine mais elle ne laissa transparaître aucune émotion. Elle les observa un à un, tour à tour, jusqu’à ce qu’il entre. Scully resta parfaitement immobile, à l’arrière de la salle, pendant que les premiers détenus étaient placés derrière les auvents.

Marchant difficilement, Mulder semblait pourtant calme et sûr de lui, scrutant les alentours avec attention. Il porta son regard sur chaque membre du personnel et Scully comprit qu’il la cherchait. Ils posèrent enfin les yeux l’un sur l’autre et le soulagement fut immédiat, pour tous les deux. Chacun pourrait veiller sur l’autre, si ce n’était physiquement, au moins moralement, par cette communication invisible qui les liait indéniablement.

Le voir jouant le rôle d’un prisonnier donna mal au cœur à Scully, lui, si avide de liberté, si rêveur, si passionné… Il n’était réduit qu’à un simple détenu, un meurtrier qui plus est, un homme de la pire espèce. Mulder, un assassin. Scully se ressaisit et tapota doucement l’avant bras de Griffiths pour attirer son attention.


« Amenez-moi les détenus qui ont besoin de soin. Je retourne m’occuper de leurs dossiers. » L’informa-t-elle en tournant les talons pour s’éloigner.

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MessageSujet: Re: Huit-Clos   Dim 3 Déc - 20:13

Trois coups secs et successifs retentirent contre la porte métallique, poussant Scully à lever les yeux. Inspirant profondément, elle se redressa sur sa chaise et raidit son dos, prête à accueillir n’importe quel détenu.

« Entrez. » Fit-elle simplement.

Un officier tourna la poignée et ce fut Mulder qui se posta devant elle, avançant nonchalamment. L’homme obligea Mulder à s’asseoir sur la table d’auscultation puis s’approcha de Scully.


« David Baxter, on l’a reçu aujourd’hui. Diabète, on m’a dit de vous l’amener 4 fois pas jour pour son injection. » S’expliqua-t-il en jouant avec son trousseau de clés.

« Très bien, vous pouvez l’attendre à l’extérieur. » Indiqua-t-elle en se levant, glissant son stéthoscope autour du cou.

« Docteur, je ne sais pas si… » Hésita-t-il en jetant un œil sur Mulder qui faisait tout pour donner l’impression d’être remonté.

« S’il vous plaît, laissez-moi faire mon travail comme je l’entends. » Lui demanda-t-elle sèchement en ouvrant la porte à sa place.

Inclinant la tête avec agacement, il s’exécuta, néanmoins dérangé qu’une femme tienne absolument à avoir le dessus sur lui. Plus particulièrement en face d’un détenu de cette envergure. Scully referma la porte derrière lui puis se tourna vers Mulder, prenant ses mains dans les siennes. Ses poignets étaient abîmés et le sang commençait peu à peu à apparaître au beau milieu de ses égratignures. Les massant doucement, elle plongea sa main dans sa poche et en ressortit une petite clé.


« Skinner m’a confié deux passes, un pour chaque porte de cet établissement et un autre… Pour ouvrir tes menottes. » Lui expliqua-t-elle en le libérant de ses entraves.

« Merci. » Murmura Mulder, faisant tourner ses poignets et ses chevilles pour les désengourdir.

« Est-ce que… Est-ce qu’ils t’ont fouillé ? » Demanda Scully en faisant mine de rechercher quelque chose dans un tiroir.

« J’ai eu des moments plus agréables. » Maugréa-t-il en s’allongeant, les bras croisés sous sa tête pour donner bonne impression.

Scully n’était pas dupe, elle comprenait que ce genre d’examen était plus que gênant. Il n’était pas étonnant qu’il ne souhaite pas en parler. Elle retourna à son chevet avec des cotons et une lotion désinfectante, prenant place sur un petit tabouret. Devant son attention, Mulder la remercia d’un regard, la laissant étendre son bras sur le côté. Avec douceur, elle tamponna ses écorchures et le froid du produit lui fit un bien fou contrairement à ce qu’il aurait pu croire.


« Est-ce que tu sais dans quelle cellule tu vas te retrouver et avec qui ? » Questionna-t-elle tout en s’occupant de lui.

« Non, ils m’ont directement emmené ici, ils m’ont donné cette combinaison et de quoi me laver. Je rencontrerai mon coloc’ dès que mon charmant médecin m’aura soigné. » Annonça-t-il avec une désinvolture peu rassurante.

« J’espère que tu seras toujours aussi positif quand tu me rendras ta prochaine visite. » Lui confia-t-elle, laissant à peine transparaître son inquiétude.

« Ne t’inquiète pas Scully, je vais gérer tout ça. Et puis, tu es là au cas où, je ne risque pas grand-chose. Si je respecte les règles du jeu, aucun détenu ne devrait avoir de raisons de s’en prendre à moi. » Affirma Mulder en se mettant de nouveau debout.

« Fais attention à toi Mulder. » Conseilla Scully en donnant une légère pression à la main.

Rapidement, elle lui remit les menottes en place et alla ouvrir la porte afin que l’agent de sécurité de l’emmène sans prononcer un mot supplémentaire. Soufflant avec fatigue et anxiété, elle se laissa retomber dans son siège et feuilleta d’autres dossiers parmi les dizaines qu’elle avait déjà relus.

***


Un bip plutôt sonore annonça l’ouverture imminente de la porte révélant sa cellule. Mulder bloqua ses épaules et serra la mâchoire, c’était là que tout commencerait. Le règlement de la prison permettait aux détenus d’obtenir une copie de leurs chefs d’accusation, ainsi, Mulder aurait l’honneur sauf. Il se serait retrouvé en très mauvaise posture si les autres condamnés s’étaient imaginés en lui un tueur d’enfant ou un violeur.

La porte s’ouvrit en un clic et l’officier le poussa légèrement sur l’épaule pour qu’il y entre. En deux pas, il avait déjà visité ses nouveaux quartiers de fond en comble. Deux lits, un de chaque côté de la pièce exiguë, des toilettes en fer, un petit lavabo du même type, c’était tout ce qui constituerait son univers pour les jours, voire les semaines, à venir.

Un homme était installé sur le matelas de gauche, une photo dans la main. Il dissimula le cliché sous son oreiller mais ne fit aucun geste pour se lever ou lui adresser la parole.


« Les promenades sont à 10h et 15h tous les jours, une heure. Le lever est à 7h, le petit déjeuner à 8h dans la cantine principale, le déjeuner à 12h et le dîner à 18h30. Le temps qui reste est pour les tâches à accomplir dans la prison ou la lecture et les sports qui sont à votre disposition. Si t’as des questions, tu les poses à Pitt Bull. » L’informa-t-il en désignant le type qui les observait en silence.

Une seconde après, Mulder se retrouvait seul avec lui dans une semi pénombre. Dans ses bras il avait encore la magnifique parure de lit, collection années cinquante délavées et usées qu’on lui avait fournie pour son séjour à la prison d’état de Huntsville. Cette mission s’annonçait des plus captivantes et reposantes.


« C’est quoi ton nom mec ? » Grommela le grand black en esquissant un rictus insatisfait.

« Baxter. » Répliqua simplement Mulder, ne souhaitant pas en révéler plus que nécessaire.

« T’es là pour quoi ? » Continua l’autre, toujours immobile.

« J’t’en pose des questions ? » Rétorqua Mulder, feignant l’énervement.

Tout en parlant, il avait étendu son drap sur le lit, sans trop se soucier de le centrer correctement, puis il avait lancé la couverture par-dessus. Une chose qui lui manquerait avec certitude était son vieux canapé de cuir, usé et défoncé, certes, mais tellement confortable.


« Hey, mec, j’t’ai posé une question, alors si ça te lourde de me répondre, j’te conseille de pas manquer de respect aux autres où ils vont te le faire rentrer dans le crâne à coup de phalange ! » Lui suggéra le type en s’asseyant normalement, du bord du matelas.

Mulder adopta la même position, le dévisageant avec intensité. Ses cheveux crépus étaient finement tressés et plaqués contre sa peau, se terminant en de petites nattes le long de sa nuque. Sur son cou serpentait un tatouage dont la couleur avait peu à peu passé, il devait représenter un dragon mais il était difficile de le discerner sur la noirceur de sa peau.

Quand il parlait, ses dents brillaient du métal en quoi elles étaient fondues, probablement trop souvent cassées pour qu’il prenne la peine de se faire poser des fausses un peu plus réalistes. Dans son oreille se trouvait l’immanquable boucle, celle-ci élargissait le trou anciennement percé pour ne laisser à l’imagination qu’une idée peu ragoûtante d’un lobe souple et pendant.


« Magne-toi de faire faire ton lit, on sort dans 5 minutes. Et reste tranquille sinon tu risques de n’pas revenir entier. » Lui dit “Pitt Bull” en pointant ses draps du doigt.

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MessageSujet: Re: Huit-Clos   Lun 4 Déc - 1:49

Scully avait eu le droit à une journée des plus remplie et ce à cause une sanglante bagarre entre quatre détenus plutôt déterminés à en finir. Ils s’étaient succédés dans son bureau et elle dû tout à tour les recoudre et leur mettre à jour plusieurs vaccins. Évidement, elle avait eu le droit à ses premières remarques d’homme enfermé depuis trop longtemps mais elle était fière d’avoir su leur tenir tête. Le fait qu’ils soient attachés et qu’elle ait une aiguille dans les mains n’avait peut-être pas été sans effet.

Ôtant sa blouse, elle l’accrocha au porte manteau et s’apprêtait à sortir déjeuner quand Clark, un des gardiens, fit son entrée dans la pièce. Elle fit volte-face et resta immobile un instant avant de réaliser que Mulder se tenait à ses côtés.


« Oh, son diabète. » Fit-elle pour rendre la situation anodine. « Vous pouvez le laisser s’asseoir. » Dit-elle ensuite en indiquant le siège incliné vers l’arrière.

L’homme hocha la tête puis sortit de la salle, il avait compris au bout de plusieurs visites que le Docteur Scully préférait rester seule avec ses patients afin de respecter au mieux le secret professionnel. Les détenus semblaient apprécier cette marque de respect et le lui rendait bien, ne dépassant pas encore les limites.


« Est-ce que ça va Mulder ? » Questionna-t-elle quand il s’avança doucement. « Oh… » Laissa-t-elle échapper dans un souffle quand elle vit la partie droite de son visage. « Montre-moi ça. » Demanda-t-elle en posant ses doigts sur ses joues pour l’obliger à tourner la tête.

Toute la moitié de sa figure était fortement tuméfiée, sa pommette était si enflée qu’il pouvait à peine ouvrir son œil. Dans le blanc qui entourait son iris, tous ses petits vaisseaux avaient explosé, ne formant plus qu’une masse opaque rouge sang, ce qui était peu rassurant.

D’un tour de poignet et de clé, Scully lui ôta les menottes sans s’arrêter de l’observer. Sur sa tempe, la couche externe de sa peau avait été arrachée sous l’impacte des coups. Son agression avait été si violente que Scully se douta qu’il devait être en proie à une incroyable migraine. Elle craignait également que son arcade sourcilière n’ait été, si ce n’est cassée, au moins fêlée. Parcourant sa peau de ses mains expertes, elle effectua un rapide et indolore examen afin de s’assurer de la superficialité son état.


« Est-ce que tu sais qui t’a fait ça ? » Questionna-t-elle en sortant une seringue, accompagnée d’un petit flacon de morphine.

« Non, j’ai été pris par surprise, un gars m’a attrapé par derrière et projeté contre un mur. Plus sieur fois. Le temps que je reprenne mes esprits, bien sûr, un attroupement s’était formé et personne n’avait rien vu. » Expliqua Mulder en se massant le crâne en grimaçant.

« Je vais juste endormir la zone et te mettre quelques points. » L’informa Scully avant de percer sa peau le plus doucement possible à l’aide de l’aiguille aseptisée.

Il ne lui faudrait que quelques minutes pour le recoudre et nettoyer les traces de sang. Mulder en profita pour laisser son regard vagabonder sur sa collègue et amie. Légèrement penchée de côté pour voir ce qu’elle faisait, elle ne remarqua pas qu’il la dévisageait avec autant de méticulosité qu’elle en montrait pour le soigner.

Ses yeux étaient fixés sur sa blessure, et comme ça lui arrivait de plus en plus souvent, Mulder fut subjugué par la beauté qu’elle dégageait et la sensualité qui émanait de chacun de ses gestes. Une mèche de cheveux reposait sur sa joue, ses cils étaient élégamment courbés au bout de ses délicates paupières et elle se trouvait là, si concentrée… Entièrement consacrée, de plus profond de son être, sur une seule tâche à accomplir : apaiser sa douleur.

Chaque fois, bien qu’adepte d’une seule et unique religion, la science pure et dure, Scully créait de véritables miracles. Quand elle le soignait, ce n’était pas que physiquement, ses actions avaient une portée bien plus grande et admirable. Elle se consacrait à lui, au fait d’estomper ses souffrance, à le remettre sur pied. Scully aurait pu si aisément l’abandonner à son triste sort, mais non, chaque fois qu’il tombait elle tendait la main pour l’aider à se relever et il se sentait bien mieux. Dans son corps et dans son esprit, et plus fréquemment, dans son cœur.


« Voilà, l’anesthésie disparaîtra dans quelques secondes et tu risques d’avoir un peu mal. » Le prévint-elle en reculant vers le bureau.

« Ca ne va pas trop me changer de d’habitude. » Répliqua Mulder en se forçant à sourire.

Scully l’ignora et versa de l’eau dans son propre verre avant de s’avancer jusqu’à l’armoire à pharmacie. Là, elle sortit une boîte d’aspirine et décolla un cachet de la plaquette. Finalement, elle retourna près de Mulder et il avala le médicament d’une traite sans se soucier de quoi il s’agissait. Après tout, il lui faisait confiance et elle connaissait certainement mieux que lui le contenu de son dossier médical. Il devait même en avoir plusieurs à ce train-là, avec tous les séjours qu’il avait passés à l’hôpital au cours de ses années au FBI.


« Si la douleur persiste et devient trop insupportable, fais-le savoir à un gardien et je te ferai porter une autre aspirine. » Murmura-t-elle gentiment en massant sa tête à travers ses cheveux hérissés.

Soupirant avec contentement, il se laissa aller au plaisir et au bien être qu’elle lui apportait chaque fois qu’elle s’autorisait ce geste intime et infiniment curateur.


« Est-ce que tu as eu quelques informations avec l’homme qui partage ta cellule ? » L’interrogea-t-elle enfin.

« Pitt Bull. » Précisa-t-il en haussant les épaules.

« Pardon ? » Fit-elle, laissant ses bras retomber le long de son corps, pour la plus grande déception de Mulder.

« Il s’appelle Pitt Bull. Il s’est battu avec un type dans un bar et il lui a arraché la moitié du bras et du visage avec ses dents pour l’achever. » Raconta Mulder avec un amusement que Scully espérait feint.

« J’espère que ce n’est pas la vue du sang qui l’attire. » Répondit simplement Scully en allant reposer le verre sur le bureau.

« Ne t’inquiète pas, je pense pouvoir le mettre de mon côté. A la promenade, de quinze heures il me présentera des types de son gang, histoire d’assurer mes arrières. Celui qui a été assassiné faisait partie de leur bande. J’espère pouvoir en tirer quelque chose. » Lui confia-t-il en se relevant et remettant ses menottes à lui-même à ses poignets.

« Essaie de revenir entier la prochaine fois. » Lui conseilla Scully, on ne peut plus sérieuse.

« Promis Docteur ! » Lança-t-il avant qu’elle n’ouvre la porte afin de faire entrer le gardien qui le ramena à sa cellule.

Appuyée contre l’encadrement, Scully croisa ses bras sur sa poitrine en les regardant s’éloigner à regret. Au moins quand il était dans son bureau, elle savait qu’il était en sécurité, mais dans sa propre cellule, pouvait-il réellement faire confiance à ce “Pitt Bull” ?


***


« Les caméras n’ont rien pu filmer pour la bonne et simple raison que les détenus savent où se placer pour agir en restant invisibles. » Affirma Mulder en s’allongeant confortablement sur le grand siège qui trônait au centre de la pièce.

Près de la fenêtre, Scully resta silencieuse un instant, Les théories de Mulder se montraient de plus en plus tordues. Cela faisait maintenant trois jours qu’ils menaient leur petite enquête en catimini et Mulder avançait à grand pas, gagnant plutôt facilement la confiance de ses codétenu, le fait d’être profiler de renom ne devait pas y être pour rien.


« Il pourrait déplacer les objets par la simple pensée ? » Le cita Scully en se tournant vers lui, un sourcil fleuretant dangereusement avec la racine de ses cheveux. « Mulder, je te rappelle que l’arme du crime n’a toujours pas été identifiée. Je présume que tu as aussi une opinion précise là-dessus ? » Questionna-t-elle avec une pointe d’exaspération dans la voix.

« Vous présumez parfaitement bien Agent Scully. » Commença-t-il en lui faisant un clin d’œil qui lui donna une envie de lui arracher ses points de suture. « J’ai parlé avec un type qui m’a dit qu’il avait vu la victime se faire tuer. Il a dit que le type l’avait frappé en plein ventre et qu’il s’était retrouvé avec du sang plein les mains. » Expliqua-t-il en s’asseyant convenablement pour fixer sa collègue dans les yeux.

« Mulder… » Le menaça-t-elle, voyant déjà là où il voulait en venir et ne tenant pas à l’entendre prononcer cette idiotie à haute voix.

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MessageSujet: Re: Huit-Clos   Mer 6 Déc - 19:57

« Je pense que Cook a, par la pensée, brutalement déplacé la main de l’assassin pour qu’elle transperce la cage thoracique de Wharton jusqu’à lui comprimer le cœur et que mort s’en suive. » Dit-il avec une pointe de fierté presque insolente.

« Mulder tu… Je crois que l’enfermement a un mauvais effet sur toi ! » Se moqua Scully en retournant d’asseoir à son bureau.

« Et pourtant rien ne colle mieux que ça ! Pas d’arme du crime, c’est normal il n’y en a pas. Ou du moins, pas au sens premier qu’on lui donne. » Conclut-il avant d’attraper ses menottes.

Scully baissa les yeux un instant, le voir s’entraver de la sorte lui donnait des hauts le cœur. Reposant le crayon avec lequel elle avait joué plusieurs minutes durant, elle retourna se poster près de lui. Mulder esquissa un faible sourire, sachant que cette situation ne lui plaisait pas plus qu’à lui. Après tout, qui aimerait s’enfermer volontairement dans l’une des prisons les plus dangereuses du pays ? Scully l’avait harcelé pendant deux jours, usant de tous les arguments lui passant par la tête pour le convaincre de renoncer à cette affaire. Hélas, Mulder avait tenu bon malgré ses incroyables capacités de persuasion. Une telle enquête pourrait leur redonner une crédibilité dont ils avaient fortement besoin afin d’assurer la longévité des affaires non classées. Il savait que c’était ce que Scully désirait également, mais elle ne souhaitait pas préserver cette section du FBI au prix d’une vie, de la sienne qui plus est. Cette pensée lui avait redonné du baume au cœur, néanmoins, cela ne l’avait pas fait céder.


« Tu comptes pousser ces hommes à bout n’est-ce pas ? Tu veux les prendre en flagrant délit ? » Comprit Scully en posant la main sur la poignée de la porte.

« C’est notre seule chance. » Affirma-t-il avant d’être emmené.

***


Plongée dans la lecture d’un dossier, Scully sursauta violemment lorsque des coups de feu retentirent à l’extérieur de la pièce. Sans réfléchir une seule seconde, elle se rua sur le tiroir de son bureau et sortit une fine clé de sa poche. Ouvrant la serrure, elle mit à jour son Smith&Wesson qu’elle chargea immédiatement après en avoir retiré la sécurité. Elle savait qu’elle prenait des risques mais entendre les détenus crier et les gardiens courir dans tous les sens ne la fit pas douter très longtemps.

En silence, elle parcourut les longs et sinueux couloirs, utilisant le passe que l’on avait mis à sa disposition, afin d’ouvrir chaque porte qu’elle rencontrait. Accompagnée par la sonnerie stridente de l’alarme, elle suivit le flot de gardiens jusqu’à atterrir dans la salle principale et s’immobilisa tout à coup en réalisant la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Plusieurs attroupements s’étaient formés autour des condamnés qui se battaient sans ménagement, faisant naître le sang avec une facilité déconcertante. Des hurlements résonnaient de partout, encourageant les prévenus à continuer, applaudissant chaque fois qu’un homme posait un genou à terre.

Quelqu’un bouscula Scully alors qu’elle se tenait dans l’entrée, la forçant à entrer davantage dans la pièce. Le coupable descendit les escaliers à toute allure sans se soucier d’elle et se jeta littéralement sur un de ses codétenus, lui arrachant au passage une touffe de cheveux conséquente, ainsi qu’un grognement caverneux.

Soudain, le regard de Scully s’arrêta net, Mulder était retenu par deux hommes et un troisième lui assenait coup sur coup en plein abdomen. Son collègue se mit à tousser et si elle ne faisait rien, Scully savait qu’il ne lui resterait pas longtemps à vivre.

Prenant son courage à deux mains, elle dévala les escaliers et se faufila à travers les prisonniers et gardiens, esquivant les poings et les pieds qui tentaient de l’atteindre.

Scully se posta dans le dos de l’agresseur qu’elle tentait de calmer et plaqua le canon de son arme dans sa nuque. Doucement, elle avança son visage près de son oreille, fixant son regard dans celui rassuré de Mulder.


« Dîtes à vos amis de le lâcher immédiatement ou vous ne sortirez pas vivant de cette prison. » Menaça-t-elle, serrant les dents pour ne pas lui hurler dessus.

« Oh oh, serait-ce notre cher Docteur ? » Questionna l’homme en se calmant instantanément. « J’en ai entendu de belles sur vous… Parait que vous avez un faible pour les meurtriers ? N’est-ce pas Baxter ? » Demanda-t-il d’un air victorieux.

« De quoi tu parles Cook ? » S’inquiéta Mulder, ne souhaitant pas que Scully se retrouve en mauvaise posture.

« De tes petits visites régulières dans son bureau, t’en passes du temps avec elle pour de simple injections. » Soupçonna-t-il, communiquant du regard avec l’un de ses hommes.

Son larbin comprit l’allusion et souleva la manche de Mulder pour inspecter son bras. Son autre comparse fit de même et tous les trois comprirent que cette histoire de diabète n’était que mensonge.


« Oh… Alors comme ça on essaie de nous mener en bateau ? » Se vanta ce dernier en tournant la tête vers Scully.

Celle-ci ravala difficilement sa salive, elle avait l’avantage mais ne savait comment réagir. Si elle faisait quoi que ce soit à ce type, les deux autres auraient largement le temps de briser les deux bras de Mulder. Ce n’était donc pas une opportunité à saisir. Celui qu’elle tenait en joug fit demi tour et l’aperçut réellement pour la première fois, un sourire démoniaque élargit ses lèvres dans un rictus qui la révulsa.


« Je comprends pourquoi la plupart de mes amis se sentaient souvent très mal… » Remarqua-t-il, laissant son regard vagabonder sur les formes délicates de Scully. « Vous savez, je vais vous faire une confidence. Vous êtes la première femme que je vois depuis 12 ans, et vous êtes de loin la plus appréciable qu’il m’ait été donné de rencontrer. » Lui avoua-t-il en croisant les bras, le regard défiant.

« Sachez que le plaisir n’est pas partagé. » Rétorqua-t-elle en resserrant l’étreinte qu’elle exerçait sur son arme.

Malheureusement pour elle, les choses s’accélérèrent dangereusement et non en son avantage. Un quatrième homme entra dans la danse, abattant une latte en bois sur les poignets de Scully, l’obligeant à lâcher son Smith&Wesson.


« Scully ! » Cria Mulder en voyant l’attaque, regrettant d’être inutile.

« Ca va. » Murmura Scully, en massant sa peau abîmée et grimaçant légèrement.

Elle n’eut même pas le temps de se rendre compte de ce qui se passait quand une main puissant s’empara de ses cheveux et la souleva presque de terre. Gémissant suite à ce traitement inhumain, elle leva les yeux pour tomber sur le visage furieux de l’homme qu’elle venait de menacer. Il enserra ensuite sa gorge de ses doigts acérés, la faisant peu à peu reculer jusqu’au mur.

Autour d’elle, tout commença à se troubler, les exclamations devinrent lancinantes, les silhouettes se perdaient dans des couleurs délavées… Scully reconnut la dur sensation d’un mur dans lequel on se cogne mais ses bras lui paraissaient si lourds qu’elle ne pu les relever pour se défendre.

Le froid s’empara d’elle avec une vitesse fulgurante et elle se surprit à croire que, peut-être, la mort s’approchait d’elle à grands pas. L’air vint à lui manquer et tentait vainement de capturer quelques onces d’oxygène, son souffle s’emballant aussitôt.

Ce fut comme par magie que ses sens lui furent rendus, une quinte de toux la secouant du plus profond de son être. Elle tomba à genoux, capturant l’air qui lui brûlait la gorge, prenant appuie sur ses mains et clignant des yeux inlassablement.


« Scully ? » L’appela Mulder avec une angoisse terrible dans la voix.

Scully leva la tête et le vit se débattre pour échapper à l’emprise de ses deux tortionnaires mais ils tenaient bon. Déplaçant son regard sur son assaillant, ce fut pour voir son pied entrer en contact direct avec ses côtes et un craquement sourd se fit entendre. Le souffle lui fut aspiré des poumons et elle s’écroula lourdement à plat ventre, fermant les paupières de toutes ses forces pour s’empêcher de hurler sous la pression insupportable de la douleur. Le mal irradia tout son côté droit, la plongeant dans un état semi-comateux où seule la souffrance était maîtresse de ses sensations.

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MessageSujet: Re: Huit-Clos   Ven 8 Déc - 18:48

Mulder assista impuissant à la scène, jusqu’à ce que des coups de jeu retentissent dans la pièce. La plupart des détenus tournèrent la tête et s’immobilisèrent, remarquant la vingtaine de policiers armés qui venaient de pénétrer l’endroit.

« C’est simple, tout le monde à genoux, les mains sur le tête et il n’y aura pas de blessés ! » Ordonna celui qui semblait diriger les opérations.

Réalisant qu’il n’avait plus de temps pour agir, Cook lâcha le Smith & Wesson de Scully, ne souhaitant pas s’attirer plus d’ennuis. Plusieurs gardiens se relevèrent après avoir été salement amochés et s’enfuirent de la pièce pour aller se soigner.

Enfin relâché, Mulder s’agenouilla à terre auprès de Scully, dégageant ses cheveux de son visage endormi. Elle respirait toujours il et chercha son pouls qu’il trouva très ralenti mais bel et bien présent.


« Scully ? Tu m’entends ? » Demandait-il en gardant sa main dans la sienne, en vain.

Tout à coup il se sentit partir en arrière et ses poignets furent rapidement menottés. Tournant la tête, il tomba nez à nez avec deux gardiens au visage haineux qui le relevèrent avec brutalité.


« Attendez, elle a besoin de soins ! Appelez une ambulance ! » S’écria-t-il en se débattant. « Vous ne savez pas qui je suis, je travaille au FBI, je suis sous couverture ! » Lança-t-il avant de devenir parfaitement silencieux.

« Ouais, c’est ça, et moi je suis la Reine Mère. » Rétorqua l’un de ses bourreaux, l’entraînant vers sa cellule.

Mulder ne lutta pas davantage, se doutant qu’ils ne le croiraient pas s’il disait la vérité, ils n’étaient au courant de rien. Seuls Skinner et Kersh pourraient le sortir de là une fois qu’ils seraient avertis de cet affreux accident, d’ici là, il devrait rester enfermé et sans nouvelles.

Une fois la porte refermée, il y plaqua son dos et l’un des gardiens défit ses menottes par le petit interstice prévu à cet effet. Se massant les poignets, il réalisa que Pitt Bull n’était pas là, peut-être s’était-t-il retrouvé en cellule d’isolement, ou pire encore…

Attendre… Rester à ne rien faire dans cette pièce de trois mètres sur quatre, comment Mulder pourrait-il le supporter ? Tournant en rond comme un lion en cage, il maudissait la Terre entière et priait pour que Scully soit de nouveau sur pieds.


***


Dix-neuf heures. Il avait dû patienter tout ce temps avant que Skinner lui-même ne vienne à sa cellule pour lui annoncer que l’enquête était terminée, ou du moins, la couverture.

La porte claqua dans leur dos et Mulder lâcha un soupir de soulagement, il portait enfin ses propres vêtements. Se tournant vers son supérieur, il remarqua son aide sérieux et tendu, bien plus qu’à l’accoutumée.


« Skinner, vous avez des nouvelles de Scully ? Est-ce qu’elle va bien ? » S’enquit-il, ne pouvant résister davantage à l’inquiétude qui le rongeait de l’intérieur.

« Calmez-vous Mulder. » Commença-t-il d’une voix neutre. « Elle est à l’hôpital, et elle est assez en forme pour réclamer à sortir et à reprendre votre couverture dès ce soir si vous voulez tout savoir. » Lui confia-t-il avec une pointe d’amusement dans la voix.

« S’il vous plait, je voudrais la voir. » Insista Mulder.

« Nous devons d’abord boucler cette affaire, nous avons besoin de votre compte rendu et témoignage. Ne vous en faites pas, nous avons toute l’altercation sur vidéo. Vous avez bien fait de déclencher ça dans la salle de loisirs Mulder, joli coup. Ca ira vite, venez. » Indiqua Skinner en l’invitant à monter en voiture.

***


« Et là on voit Cook qui fixe Mattews et celui là qui se jette sur moi. Il me plaque au mur et c’est le festival, je ne sais même pas comment j’ai fait pour garder mon nez intact ! » Plaisanta Mulder, assis tranquillement dans le canapé de Scully.

« Alors c’est Mattews qui va prendre pour le meurtre de Wharton ? » Questionna-t-elle en posant un bouteille de vin sur la table de la cuisine.

« Oui, les autorités ne croient pas que Cook ait quoi que ce soit à voir avec tout ça. » Marmonna-t-il en se levant pour la rejoindre.

« Et il va continuer à agir sans jamais être puni pour ça. » Conclut Scully, lui tendant le tire-bouchon.

« De toute façon il s’est évadé, il a profité de son don pour manipuler plusieurs personnes et il s’est fait la belle. Les Marshalls de Dallas ne pensent pas pouvoir lui remettre la main d… » Mulder s’interrompit quand Scully essaya d’attraper les assiettes au dessus d’elle.

En effet, se mettant sur la pointe des pieds et s’étirant de tout son long, elle ne remarqua pas que son haut d’était légèrement retroussé, dévoilant sa peau au regard soucieux de Mulder.


« Scully ? »

« Hum ? »

« Attends, je m’en occupe. »
Fit-il en tendant simplement le bras pour s’emparer de la précieuse vaisselle.

Se retournant, il la déposa sur la table et fixa Scully un long moment. Puis tout doucement, il s’approcha d’elle et souleva son tee-shirt avec le plus de délicatesse possible, ne souhaitant pas réveiller la douleur.


« Oh Scully… Tu devrais t’asseoir. » Lui conseilla-t-il en voyant à quel point sa peau était marquée, un large bleu s’étendait sur une grande partie de ses côtés, passant par toutes les nuances de vert et de violet.

« Mulder, ça va aller, ce ne sont que des côtes, je ne suis pas au bord de l’agonie. » Répliqua-t-elle en souriant, dissimulant une légère grimace quand elle remua et que son abdomen la fit souffrir.

« Alors la prochaine fois, j’espère qu’ils s’en prendront à mon nez plutôt qu’à tes côtes. Comme ça, avec un peu de chance, je pourrai faire passer la chirurgie esthétique pour nécessaire et refaire cette chose qui me sert de nez. » Se moqua-t-il de lui-même en installant le couvert.

Scully ne pu s’empêcher de rire, mais pas trop fort, de peur d’avoir encore mal. Elle posa sa main sur son épaule et le regarda en souriant.


« Ton nez est très bien comme il est Mulder, je ne changerais rien en toi. » Affirma-t-elle avant de s’asseoir en face de lui.

« Je porte un toast à ton prompt rétablissement. » Lança Mulder en plongeant ses yeux dans ceux de Scully.

FIN

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