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 Admirable Conquête (en cours!)

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Polly

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MessageSujet: Admirable Conquête (en cours!)   Jeu 14 Déc - 20:49

Auteur : PoLLy
Genre : Univers Alternatif!
Disclaimer : Rien n'est à moi, j'ai tout piqué et j'en ai même pas honte! lol
Résumé : Mulder et Scully, de nouveau au temps de la Guerre de Secession!! lol Je ne peux pas y résister, je suis passionnée! Un convoi, des attaque, la conquête de l'Ouest, des mines d'or, des dangers, de l'amour... Comment nos deux héros survivront-ils à tout cela?


Admirable Conquête


Le vent les accompagnait depuis trois jours, comme un souffle qui les pousse au loin d’une tragédie trop durement affrontée. Leurs pas se mêlaient et s’enchaînaient inlassablement, au gré de ces douces rafales et des hennissements fréquents des chevaux fatigués. Eux aussi étaient exténués, mais leur léger ravitaillement ne leur permettait pas de faire une entorse à leur rythme, prenant une pause qu’ils ne méritaient plus à ce stade.

Alors c’était tel des âmes en peines, errantes au milieu des fourrés et traversant des vallées arides qu’ils continuaient, imperturbables. Certaines femmes restaient dissimulées dans les carrioles, donnant le sein ou pleurant la disparition d’un mari, d’autres marchaient, pour oublier la douleur. Les hommes étaient sur leurs montures, aux aguets, décelant le moindre bruit, le moindre son inquiétant qui signifierait une attaque, encore une…

Dana Scully cheminait en silence, serrant dans le creux de sa paume une photo de ses parents disparus. Aucune larme ne trouvait sa place sur son visage d’albâtre aussi parfait que beau. Ses yeux scintillaient d’un bleu impénétrable, azuréen, illuminés par les rayons d’un soleil fléchissant. Ce dernier ne tarderait pas à se coucher, emportant avec lui les dernières traces de chaleur qui maintenait le convoi en mouvement.

Pas un mot n’était prononcé à cette heure tardive, plongés dans leur mutisme insondable, les gens ne s’attardaient pas sur leurs sentiments. Ils avançaient tête baissée, tels des béliers acharnés et opiniâtres, prêts à défendre les membres de leur troupeau, bec et ongles. Leur progression était régulière et soutenue mais Dana n’était pas femme à se laisser abattre, jamais elle ne céderait sa place à une autre femme. Elle préférait marcher, même si ses pieds la faisaient atrocement souffrir et que ses mollets étaient si engourdis qu’elle se croyait tomber au sol à chaque seconde. Walter Skinner, un ami de la famille, s’occupait de diriger sa carriole, laissant son fils se charger de la leur. Il savait que Dana était capable de le faire elle-même mais la menace d’une attaque les forçait à rester sur leurs gardes. Ils devaient donc avoir la possibilité de fuir en clin d’œil et de maîtriser un chariot dévalant une pente à toute vitesse si besoin était.


« Curtis ! Curtis !! » Fit une voix lointaine.

Levant les yeux devant elle, Dana s’aperçut qu’il s’agissait d’un cavalier qui arrivait au galop, tenant les rênes d’une main et son stetson de l’autre. Les pieds enfoncés dans les étriers, il n’en était pas moins une vulgaire poupée de chiffon secouée de gauche à droite sur sa selle.


« Les Mexicains ! Ils viennent droit sur nous ! Ils seront là dans quelques minutes ! » Hurla-t-il à plein poumons, passant la manche de sa veste sur son front pour en essuyer la sueur.

« Très bien, que les femmes et les enfants courent se cacher dans les fourrés, nous allons faire ce que l’on peut pour les retenir ! » Ordonna Curtis, l’homme qui avait pris les opérations en main, depuis trois jours.

Immobile, Dana sentit le vent dans ses cheveux, il s’agissait en fait des courants d’air provoqués par la panique. Ses amies gesticulaient dans tous les sens, entraînant leurs enfants dans leur sillon.


« Priez pour nous pauvres pêcheurs… » Murmura un homme qui passait à ses côtés, arme au poing.

« Dana ! Dana, mon enfant ! Dépêchez-vous ! » Se préoccupa Rosie Porter, jeune veuve, enserrant la main de sa petite fille dans la sienne.

Dana sortit enfin de sa bulle, suivant la direction empruntée par les premières femmes qui avaient réagi. Dans sa course effrénée, elle se rendit compte qu’un petit garçon restait au beau milieu de la plaine, il était en pleurs. Faisant demi-tour, la jeune femme le souleva et l’emmena avec elle, rejoignant bientôt les sous-bois qui se trouvaient à proximité.

A l’instant où elle allait se cacher, elle remarqua que quelques femmes avaient formé un petit attroupement à l’écart, restant à découvert. Intriguées, elle les rejoignit et s’arrêta net dans ses pas quand elle aperçut plusieurs hommes à chevaux, deux carrioles et une diligence. S’approchant doucement, elle perçut quelques bribes de leurs discussions.


« Je vous en prie, beaucoup d’entre nous ont perdu leurs maris il y a trois jours, quand les Indiens nous on attaqués, près d’Odessa. » Supplia une femme, le visage ravagé par les larmes.

« Allez les aider, ils sont bien moins nombreux que ces Mexicains, qu’allons-nous faire toutes seules au milieu de nulle part… » Sanglota une autre avant de se moucher allègrement dans un mouchoir en tissu.

Observant ce groupe, Dana se sentit mal à l’aise et quand ses yeux se posèrent sur la diligence, elle en comprit la raison. Un homme s’y trouvait et les dévisageait avec arrogance, la mâchoire hautement tenue et un air parfaitement hautain plaqué sur le visage. Agacée, elle reporta son regard sur l’homme qui les écoutait avec attention et resta comme béate devant lui. Il était brun, les cheveux retombant légèrement sur le haut de son front, son nez était un peu large mais droit et son menton quelques peu avancé, donnait naissance à une fossette adorable et une lèvre inférieure tout simplement sublime. Ce qui retint son attention fut le vert de ses iris, teinté d’une nuance dorée inégalable. Son étreinte se resserra sur l’enfant quand il se tourna vers ses comparses, révélant une arme accrochée à sa ceinture. Déciderait-il de les aider ? Ou au contraire, ferait-il usage de ce revolver contre toutes ces femmes désespérées ?


« Melvin, John et Richard, vous restez avec elles et vous vous cachez en nous attendant. » Intima-t-il en descendant de cheval.

Se trouvant près du museau de l’animal, Dana retint les rênes afin qu’il ne prenne pas la fuite car à quelques centaines de mètres de là, leurs hommes avaient ouvert le feu.


« Merci. » Fit l’étranger en inclinant la tête et touchant le rebord de son chapeau.

Dana le vit s’éloigner en direction d’une des carrioles et il commença à donner des armes à tous ses compagnons. Bientôt ils furent tous prêts et ne se concertèrent même pas quant à savoir s’ils devaient agir ou non, ils étaient tous d’accord. Pourtant une voix rappela cet homme distingué à l’ordre, elle provenait de l’intérieur de la diligence.


« William, nous allons perdre du temps ! Ces hommes ne sont pas venus là pour se battre mais pour travailler ! » S’exclama le vieil homme aux cheveux grisonnants, passant la tête par la petite fenêtre.

« Monsieur Spender, nous ne pouvons pas laisser ces femmes ainsi. Et c’est de notre pays qu’il s’agit, de notre honneur. Ces Terres appartiennent aux États-Unis d’Amérique. » Insista-t-il, chargeant son fusil comme pour souligner sa détermination.

« Alors ils s’y résoudront un jour sous les bruits des canons et sous les attaques de nos soldats. Laissez-les faire et allons remplir nos poches d’or ! » Protesta Spender, exaltant un nuage de fumée noire et brandissant un cigare large comme son pouce.

« Je suis navré Monsieur, je n’oblige personne à me suivre mais ma conscience m’empêche d’ignorer ces monstres qui tuent nos hommes et salissent nos femmes. Les Mexicains devront un jour se résoudre, le Texas nous appartient. » Conclut William en retournant auprès de sa monture.

« Merci à vous. » Chuchota Dana en lui rendant les rênes.

William esquissa un sourire puis il partit au galop, la plupart de ses amis lui emboîtant le pas. La diligence s’éloigna elle aussi mais en direction des fourrés et l’homme qui se trouvait à l’intérieur n’en sortit pas pour autant. Ayant posé le garçon au sol, Dana alla jusqu’à un arbre et s’assit derrière le tronc, tenant la main du petit dans la sienne. Ses pleurs s’étaient taris et il posa la tête contre son bras, il ne devait pas être âgé de plus de 4 ou 5 ans. Dana ne connaissait pas tout le monde dans le convoi, peut-être avait-il perdu ses deux parents ? Ou sont père était-il en train de se battre ?

Elle fut tirée de ses interrogations par le son d’un coup de feu et se releva instinctivement. Apercevant les amis de ce William aux prises avec deux Mexicains, son cœur ne fit ni une ni deux. Dana s’accroupit une seconde afin de faire face à l’enfant.


« Reste ici et ne bouge surtout pas, je reviens tout de suite, cache-toi ! » Lui demanda-t-elle avant d’empoigner sa robe et de s’éclipser dans la pénombre qui tombait.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Jeu 21 Déc - 23:21

Se mouvant sans un bruit, elle fouilla à l’intérieur d’une des carrioles et découvrit un fusil. Avec expertise, elle chargea quelques munitions dans le canon et recula le chien, calant l’arme sous son bras. Quand elle arriva suffisamment près des trois comparses, elle vit que deux d’entre eux parvenaient à avoir le dessus avec l’un des Mexicains. Le troisième, John, à ce qu’elle avait retenu, semblait en très mauvaise posture. Elle ne réfléchit pas plus longtemps et visa l’assaillant avec un détachement incroyable, se souvenant des mots de son père. Alors qu’il lui apprenait à tirer, il s’était penché près de son oreille et lui avait conseillé de toujours garder les deux yeux ouverts. Elle s’exécuta et pressa la détente, le recul du fusil étant important, il lui rentra violement dans l’épaule. Mais Dana ne sentit rien, son regard s’était figé sur le Mexicain qui gisait au sol, se vidant de son sang. Les trois compagnons la fixaient, visiblement abasourdis par ce geste mais également soulagés qu’elle ait remédié à la situation.

Se tenant à la limite des fourrés, Dana lâcha le fusil au sol et se retourna pour tomber nez à nez avec William.


« Vous leur avez sauvé la vie. » Remarqua-t-il avec admiration et reconnaissance.

« Ils allaient se faire tuer, je… n’avais pas le choix. » Se justifia-t-elle en baissant les yeux vers l’arme qui gisait parterre, la fumée s’échappant encore du canon.

« Merci, encore une fois. » Fit-il en serrant sa main un instant avant de rejoindre ses amis pour s’assurer qu’ils allaient bien.

Dana rejoignit l’arbre où l’enfant l’attendait patiemment, ouvrant les bras pour se faire cajoler. Elle le serra contre elle et tout les monde sortit de sa cachette afin d’écouter ce que ce groupe avait à leur raconter. Quand elle s’approcha, un homme accourut vers elle, il semblait très inquiet.


« Matthew ! » Cria-t-il, prenant l’enfant dans ses bras et l’écrasant contre son torse. « Tu vas bien fiston ? »

« Oui papa, la dame s’est occupée de moi. »
Marmonna le bambin, enfouissant son visage dans le coup de son père.

« Merci Madame, de tout mon cœur, j’ai cru qu’il lui était arrivé quelque chose quand je ne l’ai plus trouvé… J’ai paniqué. » Confia-t-il, le soulagement se lisant dans ses yeux.

William avait suivi la scène sans un mot tandis que ses compagnons d’aventure expliquaient que les Mexicains avaient été vaillamment repoussés. Son regard cherchait celui de la jeune femme qui l’évitait à chaque tentative. Jamais il n’avait rencontré de jeune personne aussi exceptionnelle par sa beauté et son courage. Sa longue chevelure rousse retombant dans son dos dans une tresse épaisse l’avait immédiatement charmé, ainsi que son teint pâle, parcouru de tâches de rousseur exquises. Et malgré ce corps fin et élégant, elle avait tenu tête à deux bandits assoiffés de sang, sauvant par la même occasion la vie de son meilleur ami. Habituellement, les femmes de la ville étaient tout sauf débrouillardes et malignes, celle-ci était tout le contraire.


Il la vit remettre cet enfant au soin de son père, arborant un faible sourire voilé de tristesse. Personne d’autre que lui et quelques hommes seuls de son équipe ne paraissaient avoir d’intérêt pour elle. Où se trouvait sa famille ? Qui allait-elle rejoindre dans l’Ouest ? Pour quelle raison ? C’était l’esprit embrumé de questions qu’il se reconcentra tout à coup, faisant attention à la conversation en cours.

« Nous nous dirigeons vers la Californie où nous comptons chercher de l’or grâce aux investissements de Monsieur Spender. Certains d’entre nous avons des proches qui sont restés à New York, Boston ou Chicago. Ils nous rejoindront une fois que la situation sera stable et que les Mexicains se seront fait une raison quant à l’appartenance du Texas et du Nouveau Mexique aux États-Unis d’Amérique. » Déclara Philips, un homme que William côtoyait peu.

« Est-ce que vous accepteriez de faire le voyage avec nous s’il vous plaît ? » Demanda l’un des hommes qui accompagnaient le convoi.

« Nous avons des temps à respecter Messieurs, nous ne pouvons pas nous accorder de répit, nous sommes désolés. » Déplora Donovan, un ami de William.

« Donovan, tu ne vas pas t’y mettre ! Tu sais comme moi que si nous abandonnons ces personnes, elles n’ont presque aucune chance ! Il leur reste une vingtaine d’hommes pour défendre une cinquantaine de femmes et d’enfants ! » S’emporta William, levant un bras au ciel et gardant l’autre autour de son fusil.

« Aller les gars, Will a raison, de toute façon il va bientôt faire nuit alors autant installer le campement et discuter de ça autour du feu et d’un bon repas ! » Proposa Melvin avec un clin d’œil en direction de Dana.

Cette dernière sourit avec amusement et lâcha un sourire de soulagement quand tout le monde se trouva d’accord. Ils dormiraient dans cette plaine, les corps des Mexicains à quelques centaines de mètres, de quoi occuper les charognards pendant la nuit.

***


Pendant que le groupe s’établissait avec ordre et méthode, certains hommes étaient partis à la chasse dans la pénombre, rapportant victorieusement quelques imposants sangliers. Le repas fut animé et festif, tous s’accordaient une pause bien méritée et quelques instants de distraction.

Les femmes avaient trouvé refuge sous les carrioles pour dormir et d’autres se trouvaient sous des tentes de fortune. Les couvertures étaient désormais en chiffre suffisant et permettaient à chacun de s’emmitoufler du mieux possible. Au centre de chaque petit campement brillaient des feux que les familles nourrissaient régulièrement, de peur que le froid n’en vienne à bout. Le temps tournait rapidement mais la température descendait vertigineusement une fois que le soleil était couché, forçant les voyageurs à devenir résistants.

L’endroit était silencieux, uniquement interrompu par quelques ronflements masculins ou par les hurlements lointains des loups qui les encerclaient. Nettoyant son arme avec soin, William sentit une présence dans son dos et il se retourna brusquement, fusil pointé devant lui.

Surprise, Dana laissa tomber sa couverture au sol, levant les mains en signe inoffensif. Fermant une seconde les paupières, William fut rassuré qu’il ne s’agisse que d’elle et s’approcha doucement. Sans prononcer un mot il se baissa devant elle et replaça le manteau de laine sur ses épaules frigorifiées.


« Seigneur, vous tremblez comme une feuille ! » S’exclama-t-il calmement. « Venez, venez vous réchauffer au près du feu. »

Lisant l’inquiétude dans ses yeux, Dana se décida à avancer, prenant la place où il se situait encore quelques secondes auparavant. Son petit coin était tranquille, une paillasse, son sac et les flammes qui dansaient sur leurs visages. William s’assit à ses côtés, prenant garde de ne la toucher en aucune mesure.

Fixant le feu en silence, un mal être ne se faufila même pas entre eux, comme s’ils étaient simplement rassurés d’être accompagnés de la présence l’un de l’autre.


« Je ne connais même pas votre nom. » Commença William en tournant légèrement la tête vers elle.

« Je m’appelle Dana Katherine Scully. » Répliqua-t-elle sans détour.


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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Ven 26 Jan - 22:03


« William Mulder. » Fit-il à son tour et elle acquiesça. « Est-ce que je peux vous poser une question ? » Se risqua ensuite William, sans détourner les yeux.

« Allez-y. » Murmura Dana qui peinait à rester éveillée.

« Pourquoi êtes-vous seule ici ? » Demanda-t-il, espérant qu’il ne la gênerait pas.

« Je suis partie avec mes parents de New York il y a deux semaines. Nous avons voyagé en train mais le chemin de fer n’est pas encore terminé alors nous avons rejoint ce convoi. Il y a 3 jours, des dizaines d’Indiens nous ont attaqués… Ils étaient en surnombre, l’un d’eux avait frappé ma mère et s’apprêtait à la tuer alors mon père s’est interposé et… Tous les deux y ont perdu la vie. » Raconta-t-elle, les larmes jaillissant discrètement aux coins de ses yeux mais ne s’échappant pas le long de ses joues.

« Je suis désolé, cela doit être terrible de se retrouver livrée à soi-même au beau milieu de nulle part. » Compatit William, ravalant difficilement sa salive.

« Nous voulions rejoindre mon frère Bill en Californie… Il sert dans l’armée et se bat sans relâche contre les Mexicains. Mon autre frère, Charles, travaille pour la Compagnie du Pacifique, il fait parti de ces Irlandais qui ont été embauchés en masse à Denver pour construire la Transcontinentale. » Confia-t-elle en haussant les épaules.

« Charles ? Charles Scully ? » Prononça William à haute voix, ce nom lui rappelant des souvenirs.

« Oui ? Vous le connaissez ? » S’étonna Dana, resserrant la couverture autour d’elle.

« Oui, j’en suis pratiquement sûr. Et à en voir la couleur de vos cheveux, je n’ai plus aucun doute. » Affirma-t-il avec un sourire.

Dana ferma les yeux un instant, se remémorant le visage de son frère qu’elle n’avait plus vu depuis si longtemps. La dernière fois qu’ils avaient passé quelques jours ensemble remontait à trois ans, Dana avait fait la connaissance de Mary, sa belle-sœur. Cette jeune femme avait été adorable et Dana avait été rassurée de savoir qu’elle prendrait grand soin de son petit frère, si jeune à l’époque, même pas encore majeur.


« Dana ? Vous êtes toujours avec moi ? » L’interpella William, passant la main devant ses yeux pour la faire revenir au présent.

« Pardonnez-moi, il me manque tellement. » Se justifia-t-elle, baissant la tête pour contempler ses mains avec un intérêt exagéré.

« Vous allez en Californie vous disiez ? » S’enquit-il encore une fois.

« Oui, mais j’espère croiser Charlie sur la route, peut-être à Fort Laramie ou South Pass ? » Questionna-t-elle, espérant qu’il pourrait la renseigner.

« Oui, c’est bien possible, ils avancent très vite dans la construction des rails, c’est une idée qui n’est pas à exclure. » Confirma-t-il en ajoutant des branches au feu.

« J’aimerais beaucoup le revoir, je me souviens à peine de son visage. Encore moins de celui de Bill. » Se lamenta-t-elle en soupirant longuement.

« Vos parents voulaient se rapprocher de vos frères ? » L’invita William à continuer.

Devant eux le feu s’atténuait peu à peu, leur annonçant qu’il ne leur restait que peu de temps avant de devoir dormir un minimum. Leur voyage était harassant et ils ne pouvaient se permettre de veiller trop tardivement au risque de sentir leurs muscles se retourner contre eux le lendemain. L’air était froid mais plus vivifiant que frigorifiant désormais, adouci par les crépitements des flammes qui sautaient gaiement autour d’eux.


« Oui et non. En réalité… Je ne sais pas trop comment l’expliquer. » Hésita Dana, jouant nerveusement avec ses cheveux. « Bill a envoyé un télégramme à nos parents il y a 6 mois, nous annonçant qu’il était installé, qu’il avait une femme et qu’il avait trouvé un homme très bien pour me marier. » Conclut-elle dans un souffle.

« Oh… » Fit simplement William, instantanément dérangé par cette révélation.

« Il nous a écrit qu’il s’agissait d’un homme d’affaire très bien, il travaille dans la banque et recherche une femme afin d’assurer sa descendance et je cite, de vivre des jours heureux. » Raconta Dana avec une voix des plus lasses.

« Vous avez accepté ? Sans même le connaître ? » Questionna William en fronçant les sourcils.

« Ce n’est pas comme si j’en avais eu le choix. Mon père était âgé et savait que sa retraite approchait, avoir encore un enfant à charge n’était pas une dépense qu’il pouvait se permettre. Et puis, j’ai bientôt 22ans, je devrais déjà être mariée et avoir des enfants… » Se reprocha-t-elle en décidant qu’elle en avait assez dit et que l’heure était avancée.

« Dana, vous êtes encore si jeune, vous avez tout votre temps. Je ne comprends pas comment votre père puisse accepter de céder la main de sa fille à un pur inconnu. » Lui confia Mulder en se levant à son tour avec politesse.

« Vous êtes gentil Mr. Mulder, merci pour cette conversation. Cela me change de mes nuits blanches à me retourner sans fin dans mon lit. » Avoua-t-elle en souriant touchée par sa compassion.

« Laissez-moi vous raccompagner à votre carriole. » Demanda-t-il, lui offrant son bras.

Dana hocha doucement la tête et tous deux se mirent en route à travers la nuit tombées, illuminée de la lampe à pétrole que Mulder avait emportée avec eux. Faisant attention aux endroits où ils mettaient les pieds, ils parvinrent à éviter pierres et racines et rejoignirent le campement esseulé de Dana.


« Je dois prendre le relais de Curtis pour la surveillance du camp. Je passerai régulièrement près d’ici pour m’assurer qu’il ne vous arrive rien. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, accrochez votre lampe à l’entrée de votre carriole et je viendrai voir ce qu’il vous faut. » Lui proposa William avec attention, illuminant sa la mèche imbibée d’essence qui appartenait à Dana.

« Je vous remercie pour tout Mr. Mulder, réellement. » Affirma Dana en grimpant dans son chariot.

« Appelez-moi William s’il vous plaît. » Insista-il en s’éloignant à contre cœur et à reculons. « Bonne nuit Dana. »

« Bonne nuit William. » Répondit la jeune femme en disparaissant sous sa tenture, un sourire aux lèvres.

Quelques jours plus tard…

William chevauchait à travers les convois, saluant ses amis au passage et cherchant des yeux une certaine jeune femme. Tout le monde était en effervescence, s’éveillant peu à peu à mesure que le soleil s’élevait dans les cimes. Le groupe d’émigrants était fatigué mais se déplaçait dans la bonne humeur, trop heureux de progresser dans ce monde qu’il découvrait progressivement.

Les paysages se succédaient à une allure impressionnante, révélant forêts luxuriantes ou plaines quasiment arides. Les journées semblaient s’allonger, agrandissant néanmoins l’ennui qui se répandait à travers le convoi. Les enfants en avaient assez de rester confinés dans les carrioles, les parents se lassaient des campagnes environnantes, qui malgré leur beauté indéniable, restaient désespérément sauvages. Le besoin de civilisation se faisait ressentir au plus haut point, rendant certains voyageurs impatients et particulièrement colériques.

Galopant sereinement le long du convoi, William balayait la foule des yeux, s’attardant sur chaque chevelure flamboyante jusqu’à trouver la nuance qui le satisferait entièrement. Arrivant à sa hauteur, il fut surpris de réaliser que c’était Dana elle-même qui dirigeait ses chevaux.



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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Dim 28 Jan - 19:13


« Dana ? Comment se fait-il que ce soit vous qui… » Questionna-t-il en indiquant les rênes qu’elle avait habilement en mains.

« Si je ne le fais pas, personne d’autre ne s’en chargera M. Mulder. » Répliqua-t-elle avec évidence, mais une pointe d’amusement dans la voix.

« Oh… Oui, vous avez raison ! » Fit-il à son tour, riant à sa propre bêtise.

« Parfois M. Skinner vient s’occuper de mes chevaux et son fils le remplace pour conduire sa carriole. » Expliqua-t-elle en reportant son regard aux deux étalons qui l’écoutaient à la lettre.

« J’ai rencontré M. Skinner il y a quelques jours, c’est un homme très bien. Nous nous entendons bien et avons les mêmes points de vue concernant la direction de ce convoi. » Acquiesça-t-il en hochant positivement de la tête.

« Monsieur Spender vous donne-t-il encore beaucoup de fil à retordre ? » S’enquit-elle en voyant un nuage noir passer sur le visage de William.

« Il n’a de cesse de vouloir accélérer le rythme du convoi. Il se moque de ce qu’on lui dit et il n’a que faire des femmes et des enfants qui sont exténués. » La renseigna Mulder en haussant les épaules, il perdait patience.

Depuis des années M. Spender s’était montré intraitable et sans la moindre pitié à l’égard des gens qu’il considérait comme faibles. Son unique motivation dans la vie avait toujours été l’argent et l’exploitation de sa mine était son occupation favorite. Il avait tenu à faire l’allez et retour entre la Californie et New York afin d’engager des hommes de confiance avec qui il pourrait faire fructifier son affaire au mieux. Venir en aide à cette colonie d’émigrants n’avait pas été son plus grand souci et il s’en trouvait bien embêté, il lui était impossible de le dissimuler à William.


« Sommes-nous encore loin de Fort Laramie ? » Demanda-t-elle afin d’engager une conversation qui leur plairait davantage.

« Peut-être une dizaine de jours, deux semaines de marche tout au plus. » Répondit William, soulagé qu’elle lise aussi facilement en lui.

« Je crois que cette pause nous fera un bien fou, voir de nouveaux visages et s’arrêter quelques jours, tout cala va nous changer. » Confia Dana, esquissant un sourire rassurant à William.

« Je suis bien d’accord, mais à priori, nous ne feront un arrêt que très bref. Pas plus de deux jours à ce que j’ai cru entendre. » L’informa-t-il en trottant un peu plus rapidement.

« C’est bien dommage, mais tout repos est bon à prendre. » Remarqua-t-elle alors qu’il s’éloignait davantage.

« Vous avez bien raison Dana, bonne journée à vous. » Lança-t-il en ordonnant à son cheval d’avancer au galop.

Dana sourit, la vue rendue trouble par un soleil qui lui illuminait le visage. A peine avait-il disparu de son champ de vision, qu’un autre cavalier s’arrêta à sa hauteur. Elle avait déjà aperçu cet homme, habituellement c’était lui qui conduisait la diligence de M. Spender et son air hautain lui avait toujours fait mauvais effet.


« Mlle Scully. » La salua-t-il en inclinant son stetson.

« Est-ce que l’on se connaît ? » Rétorqua-t-elle froidement, espérant que son ton lui ferait comprendre qu’elle n’avait aucune envie de discuter avec lui.

Malheureusement, soit cette homme avait des difficultés à comprendre le vrai sens d’une voix peu accueillante ou cela l’amusait d’ignorer un tel message.


« Je ne me suis pas présenté, je m’appelle Alexander Krycek, je suis un collaborateur de M. Spender. » Fit-il en maintenant son menton fièrement.

« Oui, son domestique, je vous ai déjà vu auparavant. » Affirma Dana, pensant qu’une telle marque de mépris le percuterait, en vain.

« J’ai remarqué que vous étiez bien seule dans ce convoi. Une jeune femme aussi belle que vous ne devrait pas avoir à diriger elle-même sa carriole, elle devrait plutôt se chercher un bon mari. » Dit-il en la dévisageant du regard.

Un frisson parcourut la colonne vertébrale de Dana, la laissant tremblante sur son banc en bois et la poussant à contracter ses doigts autour des rênes qu’elle avait en main. Tournant son visage impassible dans sa direction, elle l’observa en silence, ne laissant pas transparaître une once d’inquiétude.


« Mon mari m’a déjà été tout trouvé M. Krycek et je compte respecter la parole de mon défunt père. » Lui expliqua-t-elle le plus clairement possible afin qu’il n’insiste pas.

« Ah oui ? Et vous ne l’avez pas encore rencontré ? Pourtant je suis sûr que votre père serait davantage satisfait de vous savoir dans un mariage heureux. » Continua-t-il néanmoins, adaptant le trot de son cheval à ceux de Dana.

« Vous ne connaissez rien de mon père M. Krycek, je vous serai donc grée de ne pas lui attribuer de jugements qui vous dépassent. » Lui intima-elle en le fixant droit dans les yeux. « Maintenant si vous voulez bien me laisser. » L’invita Dana en tirant quelques peu sur ses rênes pour ordonner à ses étalons d’accélérer leur pas.

Krycek sembla enfin comprendre ce qu’elle désirait et s’éloignait pour la laisser en paix. Dana laissa alors échapper un souffle qu’elle n’était pas consciente de retenir. Cet homme ne lui inspirait décidément rien qui vaille et attirer son intérêt était vraiment la dernière chose qu’elle souhaitait. Soupirant longuement, elle se concentra sur ses chevaux qui l’écoutaient à la lettre et se trouva satisfaite de voir qu’elle n’avait mis que quelques jours à savoir les manier.

***


Une carriole de plus venait de traverser la rivière et Dana les observait s’activer avec une main collée à son front humide. Pour une journée d’automne, il faisait extrêmement chaud et le soleil brillait haut dans le ciel. Au loin, une bonne partie des hommes du convoi s’attelaient à une tâche impressionnante et difficile. Ils avaient atteint cette rivière depuis quelques heures et avec adresse, ils faisaient rejoindre l’autre rive à chaque attelage.

Baissant les yeux, Dana contemplait ses orteils qui s’enfonçaient dans le sable fin et sombre. L’eau froide venait caresser ses pieds avec une fraîcheur revigorante. A quelques mètres d’elle, une dizaine d’enfants se jetait dans la rivière avec entrain, se laissant porter par le courant. Ils s’arrosaient, se grimpaient les uns sur les autres, riaient à gorge déployée. Dana aurait donné tout l’or du monde pour revenir à cet âge et avoir le droit de se laisser aller à ce genre de divertissements qui lui étaient désormais prohibée.

Alors qu’elle revenait dans la direction du convoi, elle se trouva de nouveau confronté à cet homme dont elle avait fait la connaissance peu de temps auparavant. Depuis leur première rencontre, il n’avait de cesse de l’observer, de tourner la tête vers elle chaque fois qu’elle marchait à proximité, et son comportement la mettait de plus en plus mal à l’aise. Elle décelait chez lui comme une sensation angoissante, une intention vile et dissimulée qui ne présageait rien de bon. Néanmoins, elle continua à progresser sur la rive, espérant passer à ses côtés sans qu’il ne l’interpelle.


« Mlle Scully, comment allez-vous en ce bel après-midi ? » Demanda Krycek en se postant devant elle.

« Je vais parfaitement bien, je vous remercie. » Répondit-elle courtoisement, ne souhaitant qu’une seule chose, qu’il l’oublie.

« Ne partez pas si vite, votre carriole n’est pas prêt de traverser cette rivière, nous avons tout notre temps pour bavarder. » Tenta-t-il de la convaincre, posant sa main sur son bras.

Dana s’éloigna dans un sursaut, le contact ne lui procurant que des frissons non désirables. Lui adressant un des regards les plus réprobateurs qu’elle pu arborer, elle s’écarta de lui d’un pas hâté et déterminé.


« Je préfère rester seule si ça ne vous dérange pas. » Répliqua-t-elle sèchement, se détournant de lui définitivement, n’attendant même pas son hypothétique réponse.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Ven 2 Fév - 19:13


Dana se concentra sur les hommes qui travaillaient durement, se transmettant difficilement les cordages qui leur permettaient d’agir le plus efficacement possible. Elle discerna la silhouette de William, submergé jusqu’à mi-cuisse et le torse nu, s’activant à la tache. Même de loin elle pouvait voir ses muscles dorsaux se contracter puis se relâcher avec l’effort, tirant sur ces nœuds qui ne voulaient céder.

Tout à coup, les évènements s’accélérèrent, une roue de la carriole se rompit et celle-ci s’affala sur le côté. Des cris raisonnèrent autour d’elle, ceux d’un homme dominait tous les autres.


« Matthew !!! Matthew, accroche-toi ! Mon fils, il est à l’intérieur ! » Hurlait-il à plein poumons, essayant de faire demi-tour pour rejoindre l’attelage en péril.

Le cœur de Dana s’étreignit à l’entente de sa voix, se remémorant l’enfant qu’elle avait dissimulé dans les fourrés quelques semaines auparavant. S’approchant à la hâte, elle s’immobilisa sur la berge, ses chaussures oubliées derrière elle et son regard figé. William avait défait la corde qui le retenait à la taille, l’empêchant d’être emporté par les vifs courants centraux. Il nageait à une allure incroyable et s’apprêtait à atteindre la charrette quand le pire se produisit.


L’eau avait eu raison de l’embarcation de fortune, la brisant en deux quand un tronc d’arbre qui flottait à la surface heurta l’attelage de plein fouet. Les chevaux hennirent, se cambrèrent et finalement, les rênes qui les retenaient claquèrent dans un bruit sourd.

La carriole était en pièces et le petit corps de Matthew s’en échappa soudainement, prenant William par surprise. Voulant attraper sa main, il se projeta dans l’eau mais le tronc d’arbre le frappa dans le dos à cet instant précis et dévia sa trajectoire. Ils étaient désormais deux à dériver sans n’avoir rien à quoi se retenir pour maintenir la tête hors de l’eau.

Le sang battant dans ses tempes, Dana se mit à courir à grandes enjambées le long de la rive. Jamais elle n’avait filé aussi vite, tenant le bas de sa robe dans ses poings jusqu’à en déchirer le tissu déjà fatigué.

Ses talons s’enfonçaient dans les coquillages ou des pierres qui lui lacéraient la peau mais elle n’y prêta pas attention. Elle était focalisée sur un seul et unique objectif, doubler les formes sans vies de ces deux êtres. Finalement, après s’être précipitée pendant plusieurs minutes le long de la rivière, elle atteint un petit bras de terre plus prononcé que les autres. Jetant un coup d’œil autour d’elle, elle aperçut une branche dont elle s’empara afin de la tendre à Matthew pour le sortir de ce mauvais pas.

Malheureusement, s’aplatissant sur le sol boueux et tendant les bras de toutes ses forces, elle comprit bien vite que n’étant pas conscient, ce serait à elle de faire tout le travail. N’hésitant plus, elle s’immergea dans l’eu, tenant une racine d’une main et brandissant l’autre dans sa direction, saisissant son col avec soulagement.

Le hissant vers elle, il semblait peser si lourd, les vêtements trempés et son manque de réaction n’aidant pas à la rassurer. Dana s’écroula sur le dos, son petit corps blottit contre elle. Bien vite, elle reprit ses esprits et le tourna sur le dos, penchant sa tête en arrière pour essayer de capter une respiration ou un pouls. Elle ne pu déceler ni l’un ni l’autre et ce constat faillit la faire paniquer.

Détournant les yeux une seconde, tout en déchirant sa chemise, elle aperçut William qui se retenait à la berge et remontait non sans mal. Reportant son attention sur l’enfant, elle se repassa en mémoire les conseils de son père. Appliquant ses mains contre torse fin et blafard, elle pressa plusieurs fois en prenant soin de ne pas lui briser une côte. Une fois cette première action réalisée de manière à expulser l’eau de ses poumons, elle s’attela à insuffler de l’air dans sa gorge. Pinçant son nez et abaissant son menton, elle expira dans sa bouche, avec la plus grande régularité qu’elle pu obtenir.

Malgré la réitération de l’opération, l’état de l’enfant allait de mal en pis et Dana était en proie à un doute redoutable. Faisait-elle réellement ce qui était recommandé ? Reproduisait-elle les gestes de son père aussi parfaitement qu’il les lui avait inculqués ?


« Est-ce qu’il… » Balbutia soudainement William qui était penché au dessus de son épaule.

« Je… Je ne sais pas… Il ne respira pas… » Paniqua Dana, comprimant de nouveau sa poitrine sans trop d’espoir.

Se courbant encore une fois, elle souffla entre ses lèvres, en vain. L’enfant ne revenait pas à lui et une foule de gens accouraient vers eux, le père de Matthew en tête. Les larmes naquirent dans les yeux de Dana fasse à son inutilité mais elle refusa de les laisser glisser sur ses joues, s’affairant de plus belle autour du petit garçon.

Elle eut beau insister, tenter tout ce qu’elle pouvait, Matthew ne reprit pas conscience et qu’elle ne le comprit que trop tard. Son père s’échoua près de son petit corps, l’écrasant contre lui en pleurant et sanglotant son nom, encore et encore.

Ne le supportant plus, Dana se leva, esquissant un « je suis tellement navrée… » puis elle s’éclipsa le plus vite possible. L’attroupement de voyageurs se fendit en deux afin de lui permettre de s’éloigner et elle le fit en prenant ses jambes à son cou. Dégageant ses cheveux qui collaient à son visage perlant de sueur, elle s’assit sur un rocher qui bordait la forêt, non loin des carrioles abandonnées.

Sa respiration était haletante mais elle luttait toujours contre le hoquet qui tentait désespérément de s’emparer d’elle. Non, elle ne céderait à aucun prix, elle était forte et ne pouvait se permettre une telle marque de faiblesse. Tout à coup, comme sortie de nulle part, une main enserra son épaule et la fit sursauter. Tournant la tête, elle fut rassurée de le voir à ses côtés.


« Excusez-moi Dana, je ne voulais pas vous faire peur. » S’expliqua-t-il en s’asseyant près d’elle sans un mot.

« Je ne pensais pas que c’était si dur. » Commença-t-elle, sachant qu’il serait le seul à l’écouter sans former de jugement sur une femme qui se prenait pour un médecin mais était incapable de sauver une vie.

« Un échec, quel qu’il soit, est toujours un coup porté à notre cœur. De là, il faut savoir rebondir et s’accrocher aux branches pour ne pas se laisser envahir. » Acquiesça-t-il avec douceur, ne posant pas son regard sur elle afin de ne pas la mettre plus mal à l’aise.

« J’étais tellement persuadée que je pourrais faire la différence. Mon père était médecin, il m’avait tout appris… Je croyais que j’étais capable de… » Elle s’arrêta, l’émotion étreignant sa gorge et ses mots.

« On ne peut pas toujours tout contrôler Dana, qu’on le veuille ou non, il y a des forces au dessus de nous qui sont implacables. Si cela se trouve, même votre père n’aurait pu sauver cet enfant… » Essaya-t-il de la convaincre, posant sa main sur la sienne.

« Est-ce que vous pensez que c’est l’acte de Dieu ? Qu’il avait réellement besoin de le rappeler à ses côtés ? un si jeune enfant ? » Questionna-t-elle, dubitative.

« Dieu… Je ne sais pas. Mais au cours de ces derniers jours, j’ai eu l’occasion de faire connaissance avec Matthew et son père, j’ai appris que sa mère est décédée lors de… L’attaque. Peut-être Matthew était-il destiné à vivre aux côtés de sa mère, attendant sagement que son père le rejoigne, dans de longues années j’espère. » Expliqua-t-il alors que Dana entrelaçait ses doigts au siens, reposant sa tempe contre son épaule en fermant les yeux.

« Merci… » Murmura-t-elle en hochant la tête fébrilement, attirant un léger grondement de la part de William. « M. Mulder ? » S’enquit-elle, soucieuse de lui avoir fait mal.

« Ce n’est rien, je me suis cogné à ce tronc d’arbre dans l’eau. » Se justifia-t-il sans pour autant changer de position.

« Montrez-moi. » Fit Dana, s’écartant de lui pour voir d’où il souffrait.

« Non, je vous assure, ce n’est rien. » Insista-t-il, essayant de reprendre sa main mais elle ne se laissa pas faire.

Se plaçant derrière lui, elle retint sa surprise à la vue du sang qui couvrait toute la partie supérieure de sa chemise anciennement blanche. Il voulut faire demi-tour mais elle l’en empêcha d’une main sur l’omoplate, réveillant une douleur jusque là plus ou moins anesthésiée.


« Je suis désolée. Est-ce que vous pouvez la déboutonner ? » Souffla-t-elle en se mettant à genoux et tirant sur son col pour se faire comprendre.

Rapidement, il s’exécuta, réprimant quelques gémissements lorsque le tissu se décolla de sa peau écorchée. D’après Dana, la plaie n’était pas très profonde mais suffisamment étendue pour l’inquiéter d’une éventuelle infection, si aucun soin ne lui était administré.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Sam 3 Fév - 16:03

« Je reviens, je vais chercher de quoi nettoyer cette vilaine blessure. » Annonça-t-elle en se remettant de bout.

William ne fit qu’acquiescer silencieusement, il avait confiance en elle et en ses talents de médecins. Elle était appliquée, soignée et courageuse, elle n’hésiterait pas à prendre les mesures qui s’imposeraient afin de s’occuper de lui au mieux. A peine avait-il achevé ce train de pensée qu’il la voyait déjà revenir, une sorte de valise en cuir à la main, probablement celle de son père.


« Il manque quelques premières nécessités, mais je sais quelle plante utiliser. » Annonça-t-elle, posant ses affaires au sol et s’approchant de l’orée du bois.

« Ne vous éloignez pas trop, ce n’est pas très sûr par ici. » Lui conseilla William, se retournant afin de toujours l’avoir à l’œil.

Dana se pencha et inspecta les broussailles environnantes, recherchant une forme de feuille précise. Au bout de quelques instants de quête minutieuse, elle s’accroupit et étudia sa trouvaille avec un intérêt particulier. William la contemplait sans un mot, intrigué par son petit manège mais sachant qu’elle lui expliquerait rapidement de quoi il retournait. Il restait donc immobile, de peur de réveiller la douleur qui sévissait avidement dans son dos et patientait paisiblement. Enfin, Dana se releva, une petit branche en main et vint jusqu’à lui pour qu’il s’en empare.


« De quoi s’agit-il ? » Questionna-t-il en observant la tige.

« C’est de la quinine, on peut en trouver partout, habituellement dissimulée parmi les fougères. C’est une herbe qui a d’intéressantes propriétés, notamment, elle nettoie les infections et anesthésie localement mais efficacement. » Résuma-t-elle, avant de s’éclipser une nouvelle fois.

William resta pantois, se demandant comment un petit bout de femme aussi frêle pouvait renfermer autant de secrets et de connaissances. Il l’attendit de nouveau mais cette fois, elle fut de retour avec une lampe à pétrole qu’elle posa dans la terre afin de regrouper quelques morceaux de bois qu’elle enflamma en un clin d’œil. Ensuite, d’une main experte, elle procéda au découpage des feuilles et les noya dans quelques centimètres d’eau, les faisant chauffer au dessus des flammes. Le tout forma une sorte de pâte presque liquide et une froid que la préparation eut refroidit, elle lui tendit la timbale métallique.


« Tenez-là moi s’il vous plaît. » Fit-elle en se remettant debout, se glissant dans son dos.

De derrière, elle plongea sa main dans la tasse et la ressortie imbibée de cette pommade verdâtre et mentholée. Tout à coup, William sentit ces mêmes doigts agiles sur sa peau, puis sur sa plaie, mais au lieu d’en souffrir il en éprouva un soulagement inqualifiable. Expirant doucement, il se laissa masser quelques minutes, le mélange lui apportant un bien fou.


« Est-ce que ça va ? Je ne vous fais pas trop mal ? » S’enquit Dana qui ne l’entendait plus.

« Non, au contraire… Vous avez des doigts de fée. » Répliqua-t-il, la voix enjôleuse.

« Il faudra réitérer cette opération au minimum trois fois par jour pour être sûr que votre blessure ne s’infecte pas. » L’informa Dana, se concentrant sur la tâche à accomplir.

Sous ses mains elle sentait la peau brûlante et incroyablement douce de cet homme qui se laissait faire sans objection. Elle était pourtant habituée aux remarques désobligeantes et abaissantes des hommes qui la voyaient aider son père quand ils vivaient encore dans le Nord Est de l’Amérique. Une femme n’était pas sensée être médecin alors quand elle dépassait certaines limites et s’impliquait de trop à leur goût dans les soins qu’elle prodiguait, elle était souvent remise à sa place.

William, au contraire, lui accordait vraisemblablement une confiance aveugle, présentant son dos sans rechigner et lui faisant même un compliment. Dana n’en revenait pas et commençait à reprendre espoir, peut-être pourrait-elle trouver un emploi plus facilement dans l’Ouest, là où tout était encore si sauvage et avait besoin de main d’œuvre, quelque soit son origine. Elle espérait simplement que tout se montre aussi facile que cela s’annonçait.


« Dana ? » L’appela William, se demandant où elle était partie.

« Oh, pardonnez-moi, j’étais dans mes pensées. » S’excusa-t-elle immédiatement, essuyant ses mains sur le devant de sa robe.

« Il n’y a pas de souci Dana. » La rassura-t-il, pivotant sur le rocher afin de lui faire face. « Vous avez terminé ? » Demanda-t-il en faisant mine de relever sa chemise sur ses épaules.

« Non ! » L’en empêcha Dana, retenant le tissu avec une vigueur qui la mit mal à l’aise. « Enfin, je veux dire, il faut que je la bande… Pour éviter que des saletés ne… Vous voyez ? » Bredouilla-t-elle en rougissant adorablement.

« Je comprends, allez-y. » Acquiesça William qui se plaisait à croire qu’il était la raison de son embarras évident.

Inspirant profondément, Dana sortit le bandage et commença à le disposer avec soin et professionnalisme, elle fini en un éclair et William pu enfin des rhabiller. Ils échangèrent un regard gêné puis elle s’occupa de ses affaires, les remettant en ordre de manières à fermer cette mallette de cuir à laquelle elle tenait tant.


« Je vous remercie Dana, j’ai de la chance de vous avoir. » Fit-il avec honnêteté, les mettant encore plus mal à l’aise.

Dana hocha simplement de la tête, n’osant pas le regarder dans les yeux en cet instant précis.

Aucun des deux ne s’était rendu compte que pendant qu’ils étaient affairés, les autres voyageurs avaient ramené l’enfant auprès des dernières carrioles et qu’une sépulture avait été creusée. Sachant que Dana se sentait coupable pour le petit Matthew, William prit sa main et la conduisit où tout le monde s’était réuni pour prier ensemble. Quelques regards compatissants s’étaient posés sur elle, d’autres semblaient plus durs et accusateurs.


« Je ne veux pas d’elle ici !! » S’insurgea le père, la montrant du doigt et la fixant d’un air menaçant.

« Willis, elle n’y est pour rien, elle a essayé de l’aider. » Intervint William, ne souhaitant pas qu’un procès injuste et infondé ne prenne place en ce moment solennel.

« Elle l’a tué oui ! Elle a lui a écrasé la poitrine ! C’est ça qui l’a tué ! Elle a tué mon bébé ! » Insista l’homme en s’approchant d’eux rageusement comme pour la frapper.

« Hey ! On se calme Willis. » S’interposa John Byers, accompagné de ses deux autres compères. « Tu sais très bien que ce que tu dis est faux et sous le poids de la tristesse. On a vu Mlle. Scully sauver Matthew quand les Mexicains ont débarqué et elle nous a aussi épargné une mort atroce. C’est affreux mais Matthew a été victime d’un accident, ça aurait pu arriver à n’importe qui. Mlle. Scully a voulu le réveiller mais elle n’y est pas parvenue, elle a fait tout ce qu’elle a pu j’en suis persuadé. » Expliqua-t-il avec calme et diplomatie.

« Je ne veux pas d’elle ici. Qu’elle parte, je ne peux pas supporter de la voir ici avec sa fausse compassion ! » S’emporta tout de même Willis, effectuant de grands gestes autour de lui, sous l’emprise inéluctable de la colère.

« Ce n’est rien, je comprends… Je vais attendre à l’écart. » Céda Dana, serrant les dents pour ne pas faillir.

« Dana… » L’appela Wiliam, sans résultat. « Ce n’est pas de sa faute Willis, un jour vous le réaliserez. » Rétorqua William, le tout accompagné d’un sublime regard noir avant de rejoindre Dana qui marchait à grands pas.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Mar 6 Fév - 1:00

« Il a raison, j’aurais réagi de la même façon… Je comprends. » Murmura Dana, s’asseyant auprès de sa carriole.

« Ce n’est pas une raison pour vous parler de la sorte. » Remarqua William et s’installant près d’elle.

Ils attendirent ensemble que l’enterrement se passe et que les hommes reviennent, faisant traverser les derniers attelages sans le moindre souci cette fois. Le convoi se remit en route et tout le monde suivit sans un mot, perdus dans leurs pensées, leurs souvenirs et leur tristesse. William gardait toujours un œil sur Dana, espérant que personne n’essaierait de lui créer de problèmes.

***


Le vent s’était levé depuis plusieurs jours, accompagnant le soleil écrasant de cet automne peu habituel. Dana resserra le châle qui lui couvrait les épaules, repoussant une mèche de cheveux roux qui lui barrait la vue. La poussière volait autour d’eux, leur abîmant les yeux et irritant leurs peaux maltraitées.


« Vous êtes sûre que vous ne voulez pas rester à l’intérieur Dana ? » Questionna Walter Skinner, replaçant son stetson qui menaçait de s’échapper à chaque rafale.

« Non, je suis restée enfermée trois jours dans cette carriole, je suis prête à tout affronter du moment que je peux me dégourdir les pieds. » Répliqua-t-elle avec l’un de ses précieux sourire.

Bien qu’il fût marié depuis plusieurs années et parfaitement heureux, Walter avait eu un faible pour cette jeune femme depuis cette nuit où ils avaient tous été attaqués par surprise. Il l’avait retrouvée au chevet de ses parents, tous deux décédés, elle était littéralement couverte de sang et de larmes.

Il avait tenté de l’éloigner afin que d’autres hommes puissent récupérer les corps et les enterrer dignement, mais elle avait lutté, le griffant au visage telle une furie indomptable. Walter avait dû la relâcher et elle s’était réfugiée auprès de ses parents, serrant leurs corps inertes contre elle, les berçant tendrement comme hypnotisée par ce traumatisme. Cette épreuve les avait rapprochés, sa femme Claudia était parvenue à obtenir la confiance de Dana, elle l’avait obligée à se nourrir quand elle refusait tout soin ou compassion. Une amitié était née et ils veillaient sur elle depuis lors, même si elle chérissait son indépendance avec une rare ferveur. Ils pouvaient compter les uns sur les autres et c’était tout ce qui leur importait.


« Je crois que jamais je n’avais autant marché de ma vie ! » S’exclama-t-elle en augmentant sa cadence afin de suivre à la même hauteur que Walter.

« Et vous n’aurez probablement plus l’occasion d’en faire plus. » Remarqua-t-il, sachant qu’une fois ce voyage accompli, on ne revenait plus en arrière.

« Je crois que d’un côté, c’est un soulagement de le savoir. » Consentit-elle, percevant des pas de chevaux dans son dos.

Quand elle fit demi-tour, ce fut pour se retrouver nez à nez avec la diligence de M. Spender, et celui-ci avait passé la tête par la fenêtre. La surprise la poussa à s’arrêter et Krycek ordonna à ses chevaux de faire de même.


« Dana ? » Questionna Walter, voulant s’assurer que tout allait bien.

« Ca va Walter, continuez. » Fit-elle, effectuant une vague de la main alors il reprit son chemin.

« Bonjour Mlle Scully. » Commença-t-il de son air hautain et dédaigneux.

« M. Spender. » Répondit obligeamment Dana, le fixant droit dans les yeux afin de ne pas lui montrer qu’il l’intimidait légèrement.

« J’ai entendu dire par M. Krycek que vous étiez à la recherche d’un mari ? » Demanda-t-il comme si son interrogation était purement anodine.

« Je crains que vous ayez été mal informé M. Spender, et si tel était le cas, soyez sûr que je saurai comment gérer ce type de situation par moi-même. » Souligna-t-elle avec toute l’insolence dont elle était capable.

« Pourquoi ne vous joindriez-vous pas à moi afin de discuter quelques temps, vos pieds doivent souffrir de toute cette marche. J’ai à mes côtés toute la place dont vous aurez besoin pour vous reposer. » L’invita-t-il sans la moindre gêne.

Dana savait parfaitement ce qu’il comptait faire en la prenant en aparté. Il espérait certainement pouvoir organiser un mariage entre elle et son petit protégé de Krycek. Ce dernier n’avait d’ailleurs de cesse de la scruter avidement du haut de son perchoir, connaissant les plans de son protecteur. Jetant un coup d’œil dans l’autre direction, elle remarqua avec déception que Walter avait déjà pris une sacrée avance et elle se retrouvait donc toute seule. Après tout, c’était elle qui le lui avait demandé. Se mordillant la lèvre inférieure de manière à dissimuler son mal-être, elle fit demi-tour et secoua négativement la tête. Hélas, M. Spender ne l’entendit pas de cette oreille et ouvrir la petite portière, tendant la main vers elle afin de se faire comprendre.


« Je vous remercie mais je préfère marchait et respirer l’air de cette magnifique campagne. » Refusa-t-elle en se remettant en route.

« J’insiste Mlle. Scully. » Appuya-t-il une nouvelle fois, osant même aller jusqu’à lui empoigner le bras.

« M. Spender, s’il vous plaît. » Lui intima-t-elle d’un ton grave.

Apparemment, il lui en fallait plus pour comprendre qu’il dépassait les limites du respect et outrepassait ses droits car il l’attira vers lui avec vigueur. Dana tenta de se dégager de son étreinte, enfonçant ses doigts dans le dessus de sa main sans obtenir de résultat.


« Je vous en prie, lâchez-moi! » Le supplia Dana, la panique s'insinuant peu à peu en elle.

Tout à coup, une voix grave se fit entendre, ordonnant à Spender de la relâcher. Le vieil homme, pris par surprise, desserra immédiatement son emprise, plus par réflexe que par envie de se soumettre à cette injonction qu’il considérait comme illégitime.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Jeu 8 Fév - 23:59

« M. Mulder, je vous conseille de surveiller vos mots si vous ne voulez pas avoir quelques soucis. » Le menaça Spender en le scrutant de ses petits yeux hautains.

« Faites ce qui vous plaît, mais fichez la paix à Mlle. Scully. » Le somma-t-il en s’approchant de la jeune femme, assez près pour qu’elle sente sa présence dans son dos mais pas suffisamment pour qu’ils entrent en contact.

« Mêlez-vous de vos affaires Mulder, ou je vous préviens que vous pourrez chercher un nouvel employeur ! » Lança-t-il en brandissant son index dans la direction du jeune homme.

William leva les yeux au ciel en secouant la tête, cet homme était vraiment impossible, quelle idée avait-il eu de travailler un jour pour lui ? Bien sûr, il était un des entrepreneurs qui engageait le plus, ayant découvert de nombreux filons en Californie, mais il était certainement l’un des plus odieux.


« Maintenant, Mlle. Scully, si vous voulez bien monter. » Réitéra Spender en indiquant l’intérieur de sa diligence.

Celle-ci ne pu s’empêcher de tourner la tête pour jauger la réaction de William et rencontra un visage tendu. Soupirant, elle était prise au piège et savait qu’elle devait se plier aux exigences de Spender si elle voulait que William conserve sa place dans la mine.


« Non, elle ne montera pas. » Commanda William, faisant un pas en avant de manière à se placer devant elle.

« Vous êtes viré Mulder. » Rétorqua puérilement Spender, coinçant sa pipe entre ses lèvres pincées.

« Avec plaisir. » Fit-il simplement, éloignant Dana de l’attelage par le bras.

Cette dernière resta quasiment bouché bée, tout s’était passé si vite qu’elle avait à peine compris le sens de cette conversation à sens unique. Tout ce qu’elle avait retenu, c’était qu’à cause d’elle, Mulder se retrouvait sans travail et qu’elle n’avait pas la moindre idée de la façon dont elle allait arranger la situation.

Elle trottinait derrière elle, ne pouvant concurrencer les grands pas qu’il effectuait de part sa petite stature. Le fait même qu’il l’emmène plus ou moins contre son gré ne lui avait même pas effleuré l’esprit jusque là. Tout à coup, elle s’arrêta et plaqua ses mains contre son torse pour également stopper sa progression. Ils se trouvaient plusieurs mètres devant la carriole de Spender, hors de sa portée et de son entente.


« William, je suis tellement navrée. Vous avez perdu votre place à cause de moi, ça n’aurait jamais dû arriver. » S’excusa-t-elle avec un repenti qui lui fendit le cœur.

« Dana, vous n’êtes absolument pas responsable de ce qui vient de se passer. » Lui affirma William en caressant amicalement son épaule.

« Je… Il doit y avoir un moyen pour que vous récupériez votre poste, je pourrais aller lui parler, je suis sûre que je peux lui faire changer d’avis… » Murmura-t-elle en baissant les yeux, frissonnant à l’idée même de se retrouver en face de cet homme vil. « S’il le faut, je peux voyager quelques jours avec lui, je ne mérite pas que… »

« Non ! » Refusa catégoriquement William, visiblement touché mais effrayé par cette suggestion. « Non, je ne veux plus que cet homme vous approche, vous ne savez pas de quoi il est capable. Il… Il a été marié à plusieurs reprises mais il traite ses femmes comme… Comme si elles ne valaient rien, l’idée qu’il puisse vous obliger à marier Krycek ou pire, lui-même. Il en est hors de question, s’il vous plaît Dana. » L’implora-t-il, se penchant au dessus d’elle de manière protective. « Jurez-moi que vous ne vous approcherez plus jamais de lui et que s’il vous menace encore, vous viendrez me le dire ? » Demanda-t-il avec une intensité telle que Dana ne pu que hocher positivement de la tête.

« Je… Je vous le promets. » Balbutia-t-elle, perturbée par son comportement, il semblait avoir si peur pour elle. « Mais… Votre emploi ? Comment allez-vous gagner votre vie désormais ? » Questionna-t-elle timidement, le suivant quand il se remit en route.

« Ne vous en faites pas, je sais quoi faire pour cela, j’avais déjà prévu cette éventualité. » La rassura-t-il en frottant son dos pour lui redonner confiance.

« Je… »

« Ne dites rien, si c’était à refaire, je le referais sans y réfléchir une seule seconde. »
La précéda-t-il en esquissant un sourire tendre et affectueux.

***


Une étrange mais agréable odeur réveilla Dana qui souleva doucement ses couvertures en s’étirant comme un chat. Refermant les yeux quelques instants et respira ce parfum sucré enivrant. Etait-elle encore en train de rêver ? Afin d’en avoir le cœur net, elle décida de se lever pour de bon, enfilant la robe qu’elle avait préparée la veille au soir et tressant ses cheveux pour les attacher en chignon. Ecartant la toile du bout de doigts, elle se su que penser de la vision qui s’offrit à elle. Un sourire lui parcourut le visage d’une oreille à l’autre et elle s’empressa de descendre de la carriole.


« Mademoiselle, votre petit déjeuner est servi. » Annonça William en déposant une assiette et une timbale sur une caisse renversée qui faisait office de table.

« Oh… William… » Murmura-t-elle, ne pouvant en croire ses yeux quand il lui indiqua où s’asseoir.

« Vous savez, ça fait déjà deux fois que vous m’appelez par mon prénom. » Lui fit-il remarquer avec plaisir.

« J’espère que ça ne vous dérange pas... » S’excusa-t-elle en réalisant qu’il avait raison.

« Pas le moins du monde. Bon appétit. » Souhaita-t-il en dégageant le couvercle.

L’estomac de Dana se fit alors entendre, son regard se posant sur du bacon grillé accompagné d’œufs au plat et de tartines au miel. Ils rirent de bon cœur, percevant de nouveaux grognements provenant du ventre de la jeune femme.


« Et bien, je crois que mon initiative est bien accueillie ! » S’exclama-t-il avec amusement, prenant place en face d’elle. « Je vous ai même trouvé du lait. » Ajouta-t-il, déversant le précieux liquide dans le gobelet métallique.

« William, vous n’auriez jamais dû, c’est beaucoup trop… Vous avez dû vous mettre en quatre pour dégotter toutes ces merveilles ! » Affirma Dana, désignant ce fabuleux festin qui lui mettait l’eau à la bouche et qu’elle n’avait pas eu l’honneur d’apercevoir depuis des jours.

« Vous en valez largement la peine, je serais capable de le faire tous les matins s’il m’assurait de voir ce superbe sourire. » Insista-t-il honnêtement, faisait monter le rouge à ses joues.

« Je ne sais comment vous remercier… » Chuchota-t-elle en installant une serviette sur ses genoux.

« En dévorant ce repas ! » Répliqua William avec évidence.

Dana sourit de nouveau et s’empara de ses couverts, découpant un morceau de bacon pour le tremper dans le jaune d’œuf. Les savourant avec délectation, elle crut mourir de plaisir. La viande était craquante à souhait et parfaitement délicieuse, tout comme le miel qui coulait avec douceur sur sa langue.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Mer 14 Fév - 23:44

« Oh mon Dieu, c’est… Il n’y a pas de mots ! » S’exclama-t-elle à peine la première bouchée digérée.

« Régalez-vous, c’est agréable de voir quelqu’un manger avec autant d’entrain ! » Rit William en se dévoilant une gamelle bien moins garnie.

« William ? Vous n’avez presque rien dans votre assiette ! Laissez-moi partager. » Proposa-t-elle démontrant un réel intérêt pour sa cause.

« Non, j’ai voulu vous faire une surprise alors ne la gâchez pas, vous allez manger ça jusqu’à la dernière miette ! » Intima-t-il gentiment, dévorant son pauvre petit morceau de pain à moitié rassis.

« Puisque vous insistez, ne venez pas vous plaindre ensuite. » Le prévint-elle en enfournant une autre fourchetée.

William sourit de nouveau, cette journée commençait pour le mieux, leur échange sous le soleil levant était des plus charmants. Les rayons du jour illuminaient son regard bleuté et enflammaient ses cheveux avec art, faisant ressortir la pâleur de sa peau parsemée de tâches de rousseur. Ils bavardèrent encore quelques instants, comme deux amis se connaissant depuis des années mais qui s’étaient perdus de vue trop longtemps. Finalement, Dana se trouva dans l’incapacité de terminer son assiette et William se sentit dans l’obligation de le faire à sa place, ce qui fut un dur labeur à accomplir.


« Nous avons une matinée de repos, les hommes ont décidé d’aller à la chasse, histoire de refaire des provisions de viande. » Lui apprit-il en se relevant, réajustant le révolver qu’il avait à la taille ainsi que son stetson.

« Alors je pense que je vais en profiter pour descendre à la rivière, je crois qu’une lessive s’impose. » Décida Dana, haussant les épaules.

« Très bien, mais Dana ? » L’interpella-t-il alors qu’elle s’éloignait en direction de sa carriole.

« Oui ? »

« Faites attention à vous, essayez de rester avec les autres femmes, je ne tiens pas à ce que l’accident d’hier ne se reproduise. »
Lui conseilla-t-il avec préoccupation.

***


Souriant à la surprise qu’elle lui préparait, Dana plongea une chemise masculine dans l’eau puis l’étala sur sa planche en bois pour la frotter. Sans le dire à Mulder, elle s’était faufilée jusqu’à la carriole de Melvin, John et Richard, les trois hommes lui avaient offert une coopération immédiate, rassemblant les affaires de William. Prenant le panier de ligne sous un bras et le sien sous l’autre, elle avait ensuite descendu la pente qui menait à la rivière.

Dana n’avait pas souhaité se placer à proximité des autres femmes qui se trouvaient déjà là à faire leur lessive, alors elle s’éloigna quelque peu, restant dissimulée par les sous bois. Ainsi elle pouvait profiter pleinement du chant des oiseaux et du vent qui balayait les branches d’arbres au dessus de sa tête. Ses yeux se perdant vers la surface de l’eau, elle pouvait parfois apercevoir des poissons nageant au gré du courant. L’endroit se révélait être particulièrement paisible et agréable, il inspirait la légèreté qui manquait à la vie de Dana depuis ce départ pour le Grand Ouest.

Sa vie s’en était trouvée bouleversée, elle avait dû faire le deuil de ses parents et s’apprêtait à épouser un homme deux fois plus âgé qu’elle dont elle ne connaissait rien. Evidemment, son esprit vagabonda jusqu’à former l’image d’un homme qui occupait sans cesse ses pensées depuis quelques semaines désormais. Il était grand, le corps sculpté de muscles attirants et un visage était angélique, doté d’un regard ensorcelant. Dana secoua la tête en résignation, comment pouvait-elle penser à un autre homme quand son père lui avait demandé de respecter sa parole. Avait-elle le droit d’aller à l’encontre de ses attentes ?

Un bruit la fit revenir sur terre, comme des pas raisonnant dans la forêt qui s’étendait à perte de vue dans son dos. Faisant demi tour, Dana épongea son front d’un revers de la main puis sécha ses doigts sur l’avant de sa jupe bleu pâle.


« Est-ce qu’il y a quelqu’un ? » Appela-t-elle en avançant tout doucement, prenant garde de n’écraser aucun branche. « William ? Est-ce que c’est vous ? » Ajouta-t-elle avec une pointe d’anxiété dans la voix.

Aucune réponse ne lui parvint, uniquement la sensation angoissante d’être épiée. Elle sentait le regard de quelqu’un sur elle, mais dana était incapable de la situer ou d’expliquer le sentiment qu’il éveillait en elle.


« Bonjour Dana. »

« Oh ! Seigneur, vous m’avez fait peur ! » S’exclama Dana en faisant demi tour, se retrouvant nez à nez avec Krycek, une main fébrilement posée sur son cœur qui battait la chamade.

« Je suis navré, vous êtes seule ici Mlle. Scully ? » Demanda l’homme en vérifiant autour de lui que c’était bel et bien le cas.

« Je… Je suis occupée, alors, si vous voulez bien me laisser terminer. » L’enjoignit-elle, n’ayant pas la moindre envie de rester en sa compagnie.

« Oh, de la lessive ? Quelle honte que vous soyez rabaissée à l’état de domestique. » Remarqua-t-il en observant le linge qu’elle avait blanchi avec ardeur.

« Je ne vois pas où est le mal à nettoyer son linge Mr. Krycek, et je vous serai gré de me laisser continuer. » Répliqua Dana, l’agacement montant en elle.

« Vous savez quoi ? J’en ai plus qu’assez de votre petit jeu ! » S’emporta Krycek, empoignant le bras de la jeune femme.

« Excusez-moi ? » L’interpella-t-elle, lui lançant le regard le plus sombre qu’elle pouvait obtenir.

« Arrêtez de jouer les petites Saintes N’y touche ! Vous fricotez avec Mulder mais vous ne voulez même pas m’adresser deux mots de sympathie ? Je ne suis pas un imbécile Dana et sachez que j’obtiens toujours ce que je veux ! » La menaça-t-il alors qu’il l’essayait de l’entraîner vers la forêt.

« M. Krycek, lâchez-moi immédiatement ! » Ordonna-t-elle, se débattant de toutes ses forces mais elle ne faisait pas le poids.

Krycek lui faisait outrageusement la sourde d’oreille et tirait sur ses bras sans ménagement, manquant de la faire tomber à plusieurs reprises. Il en avait assez de ses petits airs anodins, et du dédain apparent qu’elle démontrait à son encontre. Il lui apprendrait où ce genre de comportement menait les femmes dans l’Ouest, ce n’était pas elle qui ferait la loi et elle le comprendrait bien vite.

Pour sa part, Dana se laissait peu à peu envahir par la panique, gesticulant dans tous les sens pour échapper à son étreinte. Malheureusement, elle était bien plus faible que lui et des années de travail à la mine et d’équitation lui avaient forgé des muscles implacables. Dana avait beau être plus forte que la frêle et féminine silhouette qu’elle présentait, ce n’était pas encore suffisant.

Finalement, elle décida de jouer le tout pour le tout, criant le nom de William à plein poumons avant de n’être rendu muette par la main intraitable de Krycek s’abattant sur ses lèvres. Luttant de nouveau, elle parvint à lui mordre la paume ainsi qu’à lui infliger un coup de genoux dans une partie fragile de l’anatomie masculine.

A peine avait-elle parcouru une dizaine de mètres qu’elle se retrouva au sol, le corps puissant de Krycek pesant sur le sien.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Lun 19 Fév - 1:51

Rampant dans la terre sèche et dure, elle griffa les cailloux jusqu’à s’en briser les ongles et s’écorcha les jambes en vain. Krycek s’empara de ses poignets qu’il réunit facilement dans une seule de ses mains tellement ils étaient fins, puis il la retourna violement.

Une fois sur le dos, elle insinua une de ses jambes entre les siennes en espérant le frapper une fois encore au même endroit, mais il en avait tiré leçon et la coinça entre ses cuisses, exerçant sur elle la force d’un étau.


« Au secours ! » Hurla-t-elle à s’en décrocher la mâchoire, ce qui, pour la faire taire, lui valut un coup en plein visage.

Comme un couperet s’abattant sur sa victime, un silence étouffant s’imposa sur le couple essoufflé. Leurs respirations s’entremêlaient dans un rythme irrégulier, prouvant combien les efforts qu’ils venaient d’effectuer les avaient éreintés. Au dessus d’eux, Dana aperçut le ciel bleuté, parsemé de fins nuages qui semblaient danser entre eux. Les arbres se penchaient sinistrement et les sons qu’émettaient leurs branches en se frottant s’apparentaient désormais à des sifflements stridents de serpents affamés.

Des lèvres rugueuses s’écrasèrent sur celles de Dana, lui coupant le souffle et lui donnant la nausée. Elle voulut le repousser, étreindre sa gorge volumineuse entre ses doigts fins mais acérés. Pourtant sa vision se troubla de rage, à l’encontre de ce monstre, à sa propre encontre quand elle comprit qu’elle ne lui échapperait pas.

Tout à coup, la pression qu’il exerçait sur elle s’envola, ainsi que son visage effrayant. Dana s’assit avec hâte et découvrit que William était là, assénant de violents coups à son agresseur. Il déversait sur lui toute la fureur qui l’avait habité pendant des jours entiers et qu’il devait absolument extérioriser. L’homme se retrouva bien vite en mauvaise posture, le visage et les bras tuméfiés de part en part.

Quand il eut terminé, William était essoufflé mais relativement soulagé. Il avait rêvé d’un prétexte et quelle meilleure excuse que de le voir s’imposer à une femme ? A Dana, plus particulièrement, qui patientait silencieusement au sol, l’expression tendue.


« Dana ? Est-ce que vous allez bien ? » S’enquit-il en accourant à son chevet.

« Je crois… » Murmura-t-elle en tremblant comme un feuille mais tomba néanmoins contre son torse.

Gentiment, il l’enlaça de ses bras, soulagé qu’elle n’ait rien de grave et fier qu’elle se sente rassurée à son contact. Elle semblait si petite et si frêle, pourtant, il se dégageait comme une force insaisissable de cette femme admirable. Il se délectait de son parfum enivrant, ne souhaitant plus jamais l’abandonner. Il dû pourtant s’y résoudre et caressa ses cheveux pour les débarrasser de la poussière du sol. Ensuite, s’écartant à peine, il épousseta ses bras et ses épaules, lui laissant le soin de s’occuper du reste. Un son les poussa tout à coup à faire demi-tour et ils furent confrontés à un Krycek hors de lui qui leur jeta à la figure de doux mots prononcés en russe. Après cela, ils le virent s’éloigner en boitant légèrement, ce qui ne l’empêcha pas de donner un ultime coup de pied dans le linge de Dana qui s’écroula dans la terre humide.

William soupira en s’approchant du tas de vêtements mais sourit quand il reconnut ses propres affaires. Les empilant brièvement dans les deux paniers, il empoigna les anses et rejoignit Dana qui se tenait tête basse.


« Il faudra les relaver… » Commenta William en fronçant les sourcils.

Il avait fait bien attention à elle, l’auscultant d’un clin d’œil afin de s’assurer qu’elle n’était pas blessée. Bien sûr, il avait remarqué l’hématome naissant sur sa pommette mais à part cela, elle semblait être entière. Ce qui lui fendit le cœur, fut de croiser son regard embué de larmes quand elle redressa enfin la tête, prenant en compte l’état du linge.


« Dana, ce n’est rien, ce ne sont que des vêtements, on redescendra tout à l’heure et nous les laverons tous les deux, d’accord ? » Proposa-t-il avec hésitation, se demandant quand il trouverait enfin les bons mots.

« Non, je… Ce n’est pas ça… C’est juste que vous devez avoir bien mieux à faire que de vous occuper d’une pauvre… »

« Chut. Ce que Krycek a essayé de faire est innommable, c’est à lui de se sentir coupable, certainement pas à vous. » Insista-t-il en couvrant la distance qui les séparait, il bascula les deux paniers dans une seule main puis passa son bras autour des épaules de la jeune femme pour la faire avancer.

« Je suis désolée, je ne fais que vous embêter, j’aurais dû vous écouter, au lieu de ça, vous vous faites frapper par cet homme… » Continua-t-elle sans s’attarder sur son commentaire.

« Dana, je suis ici parce que je le veux bien et vous m’importez plus que n’importe qui d’autre dans ce convoi. » Lui assura-t-il, faisant naître un sourire sur ses lèvres délicates. « Rentrons, nous les relaverons demain. Tant pis si je dois me promener dans la tenue d’Adam à travers les montagnes ! » Lança-t-il en riant de bon cœur, entraînant Dana dans son sillage.

Encore sous le coup de l’émotion, Dana tremblait des pieds à la tête, mais lui vouant une confiance aveugle, elle le suivit volontiers. Sa main rassurante se trouvait dans le bas de son dos, l’enjoignant à avancer en sa compagnie. Elle était désormais quitte pour d’affreux cauchemars, revoyant le visage repoussant de cet homme aussi près du sien, ou ses mains parcourant outrageusement son corps. Etrangement, ce qu’elle aurait le plus de mal à oublier serait son odeur, plus particulièrement son souffle, rien qu’à y penser, elle en avait la nausée.

***


Son revolver devait être propre depuis le temps qu’il l’astiquait, mais William n’avait rien de mieux à faire quand il montait la garde. Il replaça son arme d’une main experte dans son holster puis se leva en s’emparant de son stetson pour le caler sur son crâne.

Inexorablement, son tour de surveillance se déroulait chaque soir de la même façon, visitant un à un tous les campements signalés par un feu qui s’endormait progressivement. Parfois, il croisait encore des hommes éveillés qui observaient les étoiles en attendant que le sommeil les gagne. A d’autres moments, il apercevait des insomniaques en train de s’occuper de leurs cheveux ou de réparer des pièces abîmées sans un mot. Il les saluait d’un geste courtois puis continuait sa ronde, inlassablement.

Cette nuit là, les choses prirent une tournure différente mais pour le moins intéressante. Alors qu’il s’approchait de la carriole abritant Dana, il découvrit que cette dernière n’était pas encore endormie. Il s’arrêta net quand il la vit s’affairer à travers la toile claire, illuminée par une lampe à pétrole. Jusque là, il s’était contenté de l’observer innocemment, se tenant à quelques mètres d’elle à peine. Bien vite, la situation se compliqua car Dana commença à se dévêtir, sans imaginer que de l’extérieur, elle offrait la vision la plus sublime à laquelle les yeux de William n’avaient jamais assistée. Parmi les lumières se découpaient les formes élégantes de son corps, ses bras fins s’étendant quand elle ôtait son chemisier, sa poitrine délicate quand elle se tourna pour le déposer auprès d’elle… William en eut le souffle coupé, bien qu’il ne pouvait réellement apprécier ses courbes délicieuses, il était parvenu à en discerner suffisamment pour ne plus être capable de la regarder dans les yeux pendant plusieurs jours.

Il se tourna honteusement, le visage rougi par l’émotion et le remord se propageant en lui tel une vague implacable. Comment avait-il osé lui faire ça ? N’avait-il donc aucune décence ? Secouant la tête avec gêne, il s’éloigna de l’endroit en trottinant, préférant mettre le plus de distance possible entre ses désirs indomptables et cette femme incandescente. Ce fut à cet instant qu’il se heurta à quelqu’un dans la pénombre, un homme à ce qu’il pu déterminer. Reculant d’un pas, il plissa les yeux pour essayer de deviner son identité, rendue indécelable dans l’obscurité opaque de cette nuit automnale.


« Alors Mulder, on s’offre du bon temps ? » Fit la voix grave de l’inconnu, lui permettant de comprendre à qui il avait affaire.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Jeu 22 Fév - 0:35

« Oh… Walter… Vous m’avez fait peur. » Soupira William en reprenant son souffle.

« Ah oui ? Vous avez quelque chose à vous reprocher peut-être ? » Plaisanta-t-il quand il remarqua le visage crispé et le regard fuyant de son ami.

Ils n’avaient fait la connaissance que très récemment mais déjà, tous deux s’appréciaient énormément. Ils partageaient de nombreux points de vue sur la gestion de ce convoi ainsi que sur des politiques plus importantes. L’homme lui frappa amicalement l’épaule et ils marchèrent dans la direction opposée, s’éloignant de l’ombre dansante de la jeune femme.

***


Comme toujours, elle était seule et ce constat chagrina quelque peu William qui décida de descendre de sa monture pour aller lui faire la conversation. Après tout, ce n’était pas comme s’il s’agissait d’une corvée, se retrouver face aux plus beaux yeux de tout le pays était loin d’être désagréable. Sans parler de sa bouche, de ses tâches de rousseur, de ses mains et de… William secoua la tête, jamais il ne parviendrait à s’ôter cette femme de l’esprit bien qu’il s’inquiète de ses précédentes révélations. Se marier à un homme qu’elle ne connaissait pas simplement parce que son père le lui avait demandé… Jamais il ne comprendrait ces règles injustes. Il reprenait néanmoins espoir à mesure qu’ils s’approchaient du Grand Ouest et de ses coutumes plus souples.


« Dana ? Vous mangez toujours seule ? » Demanda-t-il sans oublier de la saluer, se départant poliment de son stetson quand il s’approcha.

« Oh, oui, je n’ai pas envie de… »

« Dépendre des autres ? » Suggéra-t-il en voyant qu’elle ne trouvait pas ses mots.

« Je crois que c’est ça. » Sourit Dana en lui tendant une assiette.

« Pour moi ? » Questionna-t-il avec étonnement, s’emparant également des couverts qu’elle lui présentait.

« A moins que votre cheval ait l’habitude de se servir d’un couteau et d’une fourchette, je pense que oui. » Répliqua-t-elle en riant, soulevant le couvercle d’une petite casserole dans laquelle bouillait l’eau du riz.


« Ah, de belles gamelles de fer, c’est bien une chose qui ne me manquera pas dans l’Ouest ! » Remarqua-t-il, tapotant son couteau contre le rebord, obtenant un semblant de musique.

« Je ne vous voyais pas comme un amateur de porcelaine. » Rétorqua Dana, servant une portion de viande imposante à son ami.

« J’apprécie un minimum de confort, je suis un être humain, pas un animal. » Affirma-t-il, engouffrant une bouchée impressionnante par rapport à la taille de sa bouche.

Dana ne pu se retenir de rire en le voyant agir de la sorte, elle secoua ensuite la tête en signe d’exaspération. A son tour, elle se réserva de la nourriture, mais une dose qui sembla insignifiante à William, à son avis, elle ne mangeait jamais suffisamment.


« Nous étions repartis dans l’Est pour aller chercher du matériel, l’exploitation des mines demande beaucoup d’outils, les plus sophistiqués nous rendent la tâche moins fatigante. » Expliqua-t-il après avoir avalé.

« J’ai entendu dire qu’il y avait de nombreux éboulements depuis la fin de l’été, car la terre est sèche. Il semble qu’elle soit plus instable et plus cassante ? » Se renseigna Dana, espérant qu’elle ne lui apparaissait pas comme toutes ces femmes écervelées qui venaient de la ville sans savoir à quoi s’attendre.

« Hum… » Fit-il, buvant une gorgée d’eau pour continuer. « Nous avons perdu trois hommes juste avant le départ. C’est toujours difficile de revenir à Chicago et d’annoncer à une famille qu’ils doivent faire le deuil d’un père, d’un mari ou d’un fils. » Murmura-t-il, comme s’il paraissait touché par cette discussion.

« Est-ce que… Est-ce que vous les connaissiez bien ? Vous devez être très solidaire dans ces épreuves ? » Insista Dana, elle avait pourtant peur de trop le pousser mais l’envie de savoir était trop forte, il était rare qu’il se confie autant.

« Mon meilleur ami. Il s’appelait Maxwell Fennig, nous étions partis ensemble, persuadés qu’on ferait fortune. Au lieu de ça j’ai dû rentrer seul à St Louis et annoncer à sa femme et ses quatre enfants qu’ils étaient désormais ruinés. » Ce n’était pas facile à dire pour lui mais Dana était la seule personne jusqu’ici à le mettre autant en confiance.

« Je suis désolée, je n’aurais pas dû vous poser cette question. » S’excusa-t-elle, posant sa main sur la sienne pour lui témoigner sa compassion.

« Non, je vous remercie, ça me fait du bien d’en parler, je sais que vous me comprendrez mieux que quiconque et ne me jugerez pas. » Affirma-t-il en serrant ses doigts.

Dana baissa les yeux et se rendit compte seulement à cet instant de leur rapprochement. Elle ne se souvenait pas avoir entrelacée sa main à la sienne et pourtant le contact était si agréable, si évident qu’elle ne voulait plus se séparer de William.
Quand elle releva les yeux, leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres, leurs souffles se mélangeaient et ils se dévoraient tous deux du regard. Leurs lèvres finirent par se rapprocher mais Dana recula brusquement en tenant son doigt.


« Dana ? Est-ce que ça va ? » S’enquit immédiatement William en découvrant sa peau rougie.

« Ce… Ce n’est rien, je me suis brûlée sur l’assiette. » Répondit-elle, se levant pour aller tremper son index dans l’eau chaude.

William resta immobile quelques secondes, le temps de réaliser ce qui venait presque de se passer. Devenait-il fou? Peu fier de lui, il la rejoignit rapidement et s’assura qu’elle n’avait rien de grave avant de reprendre la parole.

« Je suis désolé pour… Je ne sais pas ce qui m’a pris. » Se justifia-t-il avec un embarras qui le rendait terriblement nerveux.

« S’il vous plaît, ne dîtes rien, il n’y a pas de mal. » Lui assura Dana sans se tourner vers lui, elle était tout aussi gênée que lui.

Silencieusement, ils retrouvèrent leurs places et continuèrent de manger sans trop savoir comment se comporter. Lui se trouvait coupable de faire des avances à une femme qui ne lui était pas destinée, quant à Dana, un tel laisser aller lui faisait affreusement honte. Quel genre de femme était-elle pour se montrer aussi frivole et impétueuse ?


« Nous atteindrons Fort Laramie très bientôt. » Amorça William, souhaitant alléger l’air entre eux.

« Bien, nous pourrons enfin changer de chevaux. Peut-être reprendrons-nous un rythme plus soutenu ? » Espéra Dana, le voyage commençait à traîner en longueur et cela se répercutait sur le caractère de tout le monde dans le convoi.

« C’est possible. Nous resterons deux jours cette fois car les hommes ont eu une bonne idée. » L’informa William, retrouvant le sourire.

« Ah oui ? De quoi s’agit-il ? » L’interrogea la jeune femme, la curiosité piquée au vif.

« Ils ont décidé d’organiser une sorte de bal, une soirée où tout le monde pourra profiter d’une journée de repos et de festivités pour oublier toutes ces épreuves que nous avons dû traverser. » Expliqua-t-il avec amusement, il s’imaginait Melvin habillé correctement.

« Un bal ? » Répéta Dana, à qui l’idée ne plaisait pas autant tout à coup.

« Oui, un bal, de belles robes, de la musique, plein de belles choses à manger… » Enuméra-t-il en fronçant les sourcils, que lui arrivait-il ?

« Oui… Je sais ce qu’est un bal… C’est juste que… Les indiens ont brûlé beaucoup de nos affaires dont mes vêtements, je n’ai plus rien à me mettre… C’est Madame Skinner qui m’a offert les seules robes que je possède désormais. » Le renseigna-t-elle avec timidité, roulant maladroitement un morceau de tissu autour de son doigt blessé.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Sam 24 Fév - 3:20

« Ce n’est rien, il y a plusieurs magasins à Fort Laramie, nous vous achèterons tout ce dont vous avez besoin » Répliqua-t-il sans voir où se trouvait le problème.

« William, je ne veux pas de votre argent, je ne veux pas que vous pensiez… » Commença-t-elle avant d’être interrompue.

« Vous ne pouvez pas refuser des cadeaux, vous seriez impolie. » Affirma-t-il en se levant, l’abandonnant à ses pensées, un demi-sourire sur les lèvres.

***


Il s’était donné du mal pour la convaincre de le suivre, elle était une véritable tête de mule quand elle s’y mettait. L’entraînant par le bras, il avait enfin obtenu qu’elle le suive jusqu’au petit village d’immigrés. L’endroit était des plus décimés, ne consistant qu’en quatre rues qui marquaient les points cardinaux. Les femmes avaient accouru au grand magasin pour voir de leurs propres yeux de vrais vêtements bien propres et de la nourriture disposée sur les étagères. Il s’agissait d’une vision pour le moins commune mais lorsque l’on en a été privé si longtemps, on en vient à chérir le moindre petit plaisir.

Les hommes quant à eux, s’étaient réfugiés dans le saloon, faisant couler l’alcool et les anecdotes masculines à flot. William n’était pas le genre d’homme à aimer se vanter de ses exploits, aussi remarquables soient-ils. Et à voir le visage ennuyé de Dana, elle n’était pas le type de femme à courir les couturières de New York. William avait déjà l’eau à la bouche quand il l’imaginait dans une de ces somptueuses robes de soie entièrement brodées à la main, aux teintes profondes et envoûtantes. Bien sûr, elle était une femme sublime sans tous ces artifices, mais pour elle, il voulait le meilleur, même si cela devait lui coûter les yeux de la tête.

Dana marchait à ses côtés, ou plutôt, elle se laissait emporter contre son gré. Elle était vêtue d’une jupe marron foncé faite d’un tissu épais et résistant, ainsi que d’un chemisier gris à fins carreaux. C’était simplement la tenue que toutes les femmes qui voyageaient se résolvaient à porter, ne se souciant pas d’y faire des trous ou de les tâcher par la terre qu’elles foulaient.

Ils traversèrent l’unique roue, manquant pourtant de se faire écraser les pieds par un homme ivre qui conduisait une carriole dont les chevaux semblaient particulièrement affolés. Devant eux se dressait la boutique en question, tenant sur deux étages et à laquelle on accédait par plusieurs marches en bois.

L’endroit avait beau être restreint, il faisait des très bonnes affaires car Fort Laramie était l’étape obligée pour rejoindre l’Ouest. Une fois à l’intérieur, tous deux s’arrêtèrent net, pris par l’admiration. Tout autour se succédaient vêtements, marchandise, bonbons multicolores, selles en cuir, jambons suspendus au plafond et toutes sortes de sacs d’épices, riz et farine.


« Mon ventre grogne déjà d’envie. » Chuchota William à son oreille, faisant naître un sourire sur ses lèvres.

Leurs mains se trouvèrent pour traverser sans heurt la cohue environnante. William ne perdit pas de temps et la conduisit directement aux robes, l’endroit le plus prisé apparemment car la densité de femme au mètre carré était impressionnante. Se faufilant et jouant des coudes, ils parvinrent à atteindre les première étagères et le regard de William se posa immédiatement sur une robe qui se situait tout en haut.


« William, s’il vous plaît, je ne veux pas de cette robe. J’en trouverai en Californie. » Gémit-elle, ne tenant pas du tout qu’il lui fasse un tel cadeau.

« Pas question, je tiens à vous faire ce présent. » Insista-t-il, se mettant sur la pointe des pieds et tendant le bras pour s’emparer du précieux tissu.

Quand il fut en sa possession, la robe se déplia d’elle-même et il la retint par les épaules, la mettant contre lui pour la montrer à Dana. Les yeux de la jeune femme faillirent sortir de leurs orbites quand elle se rendit compte combien ce vêtement était éblouissant et raffiné. Elle ne pouvait pas croire qu’un tel travail d’orfèvre ait pu atteindre les confins d’une vallée inhabitée reliant deux mondes totalement opposés.


« Alors ? » S’enquit William en haussant les sourcils.

« Je… Non, je ne peux pas accepter William, cette robe est absolument… »

« Incroyable, je sais. Et bien que vous le soyez déjà, vous serez divine ce soir quand vous la porterez. » Termina-t-il à sa place, repliant la robe comme il pu.

Sous ses doigts, il sentit la soie glisser avec douceur, et il était impatient de voir à quel point ce bleu marine et brillant illuminerait le visage et la chevelure de la jeune femme. Tournant la tête pendant qu’elle regardait dans l’autre direction, il attrapa plusieurs robes au passage, de couleurs différentes et se disait que de toute façon, elle devrait faire comme toutes les autres femmes et raccommoder le tissu à sa taille. De tels vêtements ne correspondaient jamais totalement à cette époque, que ce soit pour les femmes ou les hommes. La rejoignant au centre du magasin, il la trouva en pleine réflexion et dû passer plusieurs fois sa main devant ses yeux pour obtenir son attention.


« Dana ? Est-ce qu’il y a un souci ? » Demanda-t-il en se penchant vers elle afin de ne pas faire profiter toute la boutique de leur conversation.

« Et bien je… » Hésita-t-elle, se balançant nerveusement d’un pied sur l’autre.

« Oui, Dana, vous savez que vous pouvez tout me dire ? » L’invita-t-il à développer, une main sur son avant bras en signe d’amitié.

« Et bien pour porter de si beaux vêtements… Il faut… » Elle haussa les épaules, ne pouvant se résoudre à discuter de choses si intimes avec un homme.

« Oh… Je vois… Ecoutez, tenez, prenez cet argent. Je vais aller payer vos robes et puis, vous me rejoindrez quand vous aurez tout ce don vous avez besoin d’accord ? Et ne ressortez pas d’ici tant que vous n’aurez pas tout dépensé, c’est compris ? » Lui intima-t-il gentiment et lui faisant un clin d’œil pour la détendre.

Dana acquiesça enfin mais non sans d’abord adresser un œil réprobateur au tas de robes qu’il avait calé sous son bras. Il esquissa un sourire malicieux et la poussa doucement sur le bas du dos, l’enjoignant à suivre ses instructions. Ensuite, William partit vers le guichet et une fois qu’il eut réglé ses achats, il procéda vers la sortie et l’attendit sur l’estrade de bois. Alors qu’il patientait tranquillement, son regard se posa sur deux bambins qui observaient les bocaux de sucreries avec envie. Il fut amusé de les voir ainsi de dandiner, tournant la tête vers leurs parents qui les ignoraient totalement, sachant ce qu’ils désiraient mais ne pouvant certainement pas se l’offrir. William ne pu donc résister et s’approcha d’eux lentement, il se mit à genoux et des deux enfants se tournèrent vers lui en se tortillant légèrement.


« Je suis sûr que les rouges là, doivent être délicieux. » Affirma Mulder d’une petite voix.

« Ils sont à la fraise, on en mangeait tout le temps quand on était à New York. » Expliqua la petite fille, jouant avec une de ses petites nattes blondes.

« Alors je présume que je devrais commencer par goûter ceux-là ? » Supposa William, voyant l’excitation naître dans les yeux de deux petits.

Content de lui, William se leva et disparut de nouveau à l’intérieur du magasin, il eut de la chance car il tomba exactement à l’instant où une foule de gens venaient de payer pour leurs marchandises. Prenant son tour, il jeta un coup d’œil derrière lui pour essayer de trouver Dana mais il supposa qu’elle se trouvait encore à l’étage. Le vendeur l’accompagna à l’extérieur et lui rempli un cornet de bonbons sous les regards envieux des enfants. Il paya l’homme et ce dernier rit de bon cœur en comprenant les plans de William. Celui-ci fit quelques pas et s’installa sur un banc qui longeait le mur de la boutique, les deux bambins sur ses talons. Une fois assis, il prit un des bonbons et le dégusta sous leurs yeux ébahis.


« S’il vous plaît Monsieur… Est-ce qu’on peut en avoir un ? » Fit le petit garçon, prêt à se mettre à genoux pour le supplier.

« Oh oui, juste un s’il vous plaît ? » S’ajouta sa sœur, tout aussi jalouse.

William éclata de rire et leur tendit le cornet entier dont ils hésitèrent à s’emparer, le cadeau trop beau pour être vrai.


« C’est pour nous ? » Questionnèrent-t-il de concert.

« Bien sûr que c’est pour vous. » Leur assura William en mettant les bonbons directement dans les mains du garçonnet.

« Oh ! Merci Monsieur ! Merci ! » S’exclamèrent-ils tous deux, se goinfrant en moins de temps qu’il en faut pour le dire.

« William, soit vous êtes un Ange tombé du ciel, soit vous êtes tout simplement l’homme le plus gentil que je connaisse. » Commenta Dana, se tenant derrière les enfants, les poings sur les hanches et secouant la tête avec perplexité.

« J’opterais bien pour la première proposition, mais ce serait vous mentir. » Répliqua-t-il en souriant, voyant deux sacs en papier contenant ses achats à ses pieds.

« Ca tombe bien car la seconde me convient davantage. » Confia-t-elle en empoignant ses vêtements et descendant les marches en prenant soin de ne pas trébucher.

« Est-ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin ? » Se renseigna-t-il avec une sincérité déroutante, rattrapant son pas hâté.

« C’est la dernière fois que vous me faites cette petite comédie William. Je n’ai pas l’habitude de me laisser convaincre de la sorte. » Certifia-t-elle en l’observant de côté.

« Ce fut un plaisir de vous corrompre de la sorte. » Se livra honnêtement William, l’idée simple de la voir dans tous ces vêtements valaient déjà tout l’or du monde.

« William, vous avez dû y mettre toutes vos économies, sans parler des gens autour de nous… Que vont-ils penser si c’est vous qui m’offrez ma garde-robe ? » Questionna-t-elle, l’embarras évident dans ses propos.

« D’une, je travaille dans une mine d’or, souvenez-vous. De deux, on se fiche de ce que les gens peuvent bien penser, une fois en Californie, tout le monde prendra des chemins différents et personne n’aura souvenir d’un tel détail. » Lui garantit William avec un pointe de regret.

« Attendez une seconde. William, je vous rappelle que par ma faute, vous avez perdu votre emploi ! » Lui signifia Dana en s’immobilisant au beau milieu de l’unique carrefour du village.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Dim 25 Fév - 20:13

« Oui, ce n’est rien, il y a du travail pour tout le monde dans l’Ouest. » Répondit-il d’un air désabusé.

« Et vous croyez vraiment ce que vous dîtes ? »

« Bien sûr, avec toutes ces maisons à construire, ces routes à délimiter, ces marchandises à transporter… » Enonça-t-il sans comprendre le vrai sens de sa question.

« Non, je veux dire… Vous croyez réellement que tout le monde prendra des chemins différents ? Que… » Sa voix tressaillit, elle cherchait les mots exacts à employer. « Que nous ne nous reverrons plus jamais ? » Ajouta-t-elle finalement, évitant de croiser son regard.

« Non ! Non, bien sûr que non, quelle question ! Je viendrai vous rendre visite Dana. Et puis vous savez, ce voyage n’est pas encore terminé, qui sait ce qui peut encore se passer. » Précisa-t-il d’une voix tout à coup plus fragile.

« Je n’aime pas du tout la tournure que prend cette conversation. » Avoua Dana, s’humidifiant les lèvres, sa gorge était si sèche soudainement.

« Ca tombe bien car moi non plus. Allons, nous devrions retourner à nos carrioles. » Suggéra-t-il, une boule s’étant plantée dans son ventre et le nœud ne daignant pas se défaire.

Ils se remirent en route, chacun perdu dans ses pensées et à mille lieues l’un de l’autre malgré la proximité de leurs corps. Une fois arrivés au camp principal, William la raccompagna jusqu’à son campement pour y déposer ses affaires et s’éclipsa sans un mot, inclinant simplement son stetson et repartant à cheval. Dana soupira longuement, restant hébétée à l’endroit où elle se trouvait. Pourquoi soudainement l’idée que ce convoi atteigne bon port lui était désagréable ? En était-elle venue à trop s’attacher à cet homme, si bien qu’elle ne puisse plus imaginer sa vie sans lui ? Elle se maudit elle-même d’avoir de telles pensées, mais pourtant, il lui était impossible d’envisager un futur sans cette présence rassurante et bienfaitrice.

***


Une tonnelle avait été installée, recouvrant une large estrade où déjà des couples se plaisaient à danser au rythme de la musique. Plusieurs membres du convoi avaient par chance leurs instruments avaient eux et offraient ainsi une soirée des plus agréables.

Le soleil se couchait au loin, peignant dans le ciel de longue traînées orangées qui émerveillaient femmes et enfants et se reflétaient dans le regard de William.

Celui-ci tapait du pied la mélodie cent fois jouée et rejouée parmi les convives mais toujours aussi appréciée. Devant lui défilaient des dizaines de femmes endimanchées, ombrelle au poignet et sourire magnifiants aux lèvres. Leur peau était poudrées jusqu’à leur donner une pâleur extrême, caractéristique des poupées de porcelaine.

Il n’avait pourtant qu’une attente, qu’un espoir, celui de poser son regard sur l’unique femme qui revêtait pour lui l’intérêt le plus important. Il scrutait les alentours avec avidité, surveillant le point principal de leur campement en priant pour la repérer le premier.

Les hommes bombaient leur torse et contrôlaient leur démarche au mieux, déjà handicapée par un trop plein évident d’alcool. Le jour était à la fête, aux excès, à la décadence que le Grand Ouest leur autorisait finalement.


« Aller, Quinn… Ramène ta vieille caboche imbibée ! » S’exclama un homme qui passait auprès de William sans lui accorder le moindre intérêt.

William eut envie de rire quand il aperçut le Quinn en question, rampant presque au sol pour se maintenir debout, dégageant une odeur d’alcool à plusieurs mètres à la ronde.


« Hey, on aura annexé l’Oregon avant que t’arrives si tu te presses pas un peu ! » Continua l’homme en gloussant.

Il extirpa une bouteille de whisky de la poche intérieure de son veston puis en but plusieurs gorgées dans la précipitation. Son organisme se vengea immédiatement, lui déclenchant un quinte de toux qui le laissa pantois. William secoua la tête d’un air exaspéré, s’attirant les foudres de l’étranger en question.


« Qu’est-ce t’as toi ? T’as pas eu ta goulée ? » Rétorqua-t-il en rebouchant non sans mal son flacon métallique.

William s’efforça de l’ignorer et reporta son attention sur l’entrée du campement, implorant Dana d’arriver au plus vite. Et comme si elle l’avait entendu, son regard distingua une chevelure rousse parmi un petit groupe de femmes qui riaient aux éclats. Son sang ne fit qu’un tour, elle était enfin là, plus resplendissante que jamais.

Sa robe abîmée et vieillie avait fait place à cette toilette bleue nuit qui intensifiait visiblement la couleur flamboyante de ses cheveux. Ce qui le surprit quelque peu mais le charma immédiatement, fut de remarquer que cette tresse qu’elle s’obstinait à réaliser avait disparu. Désormais, elle arborait une cascade de feu absolument sublime, plus rayonnante encore que les nuages rougeoyants qui s’évaporaient au dessus de leurs têtes.

Il fut soulagé de savoir que l’acte même de respirer fut une notion instinctive ou il aurait suffoqué depuis longtemps. Quand Dana arriva enfin à sa hauteur et lui décocha un sourire, son cœur faillit exploser dans sa poitrine. Ses yeux étaient d’une nuance ardente, soulignés d’un maquillage presque totalement absent qui mettait ses adorables tâches de rousseur en valeur. Inutile de préciser qu’il était totalement envoûté, subjugué par la beauté et le superbe qui émanaient de Dana.


« William ? » S’inquiéta la jeune femme quand elle le vit sans réaction.

« Pardonnez-moi. Vous êtes… Renversante. » Fut le premier mot qui lui vint à l’esprit quand il retrouva sa voix.

« Je vous remercie, vous n’êtes pas mal non plus. » Reconnut-elle en glissant son bras dans le coude qu’il lui présentait.

« Vos cheveux… Vous devriez les lâcher plus souvent… Ils sont ravissants. » Ajouta-t-il encore, ne pouvant détacher son regard du mirage qui se tenait à ses côtés.

« Est-ce que vous allez m’inviter à danser ? » Demanda-t-elle, rendue timide par son comportement à son égard.

« Avec plaisir. » Fit-il et sur ce, il la conduisit jusqu’à la piste qu’ils ne quittèrent pas avant plusieurs heures.

Ils se laissèrent bercés par la musique, perdus dans les bras l’un de l’autre, et se dévorant des yeux. Leur alchimie était évidente à tous mais les gens se gardaient bien de le mentionner. Beaucoup se surprenaient à rêvasser en les observant, souhaitant qu’un jour, eux aussi, connaîtraient un moment aussi intense et libre de toute obligation. Cette légèreté qui les qualifiait était indéniable, les engouffrant dans des valses qui se succédaient les unes aux autres. Ils riaient et se divertissaient comme ils ne l’avaient pas fait depuis bien longtemps, oubliant leurs sombres passés et s’abandonnant à l’ambiance délassante d’une soirée agréable.
Enfin, William mena son amie à l’écart, entremêlant ses doigts aux siens et lui présentant un verre de vin, boissons qu’ils n’avaient eut le loisir de déguster depuis leur départ de New York. Dana se sentait délicieusement aérienne, ivre de danse et d’alcool, parfaitement relaxée et confiante. William encercla sa taille et l’attira à lui, ils restèrent ainsi à chavirer au son éloigné des mélodies enchantées. Sa joue était pressée à son torse et elle si bien, blotties au chaud contre lui. La main de William caressait lentement ses cheveux, s’attardant parmi ses longues boucles sans fin. Beaucoup de monde avait déjà déserté les lieux de par la chute des températures et l’heure avancée de la nuit. Pourtant, ils restaient là sans un mot, à profiter de la présence l’un de l’autre. Hélas, cet instant, aussi formidable était-il, devait déjà se terminer.


« Venez, je vous raccompagne. » Chuchota William au creux de son oreille.

Dana ne pu qu’acquiescer d’un signe de tête imperceptible, leurs mains ne se quittant plus. En elle virevoltaient des centaines de pensées, d’idées, de souvenirs… Elle avait fait une promesse à son père mais plus le temps s’écoulait, plus ils s’approchaient de cette rencontre fatidique, moins elle avait envie de tenir ce serment.

« William, je suis navrée… Je ne tiens pas à vous induire en erreur… » Murmura-t-elle afin de ne pas réveiller les personnes déjà endormies.

« Dana, je ne vous oblige à rien et vous le savez. Ce choix est entre vos mains et je le respecterai. Maintenant, je vous remercie pour cette merveilleuse soirée et je vous souhaite de passer une agréable nuit. » Répondit William en espérant mettre fin à ses doutes mais ne pouvant s’empêcher de prier pour que sa décision se porte en sa faveur.

« Merci à vous. Pour tout et pour… Être un ami précieux. » Avoua-t-elle silencieusement.

Puis Dana se dressa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue, caressant la peau de son cou du bout des doigts et y faisant naître des frissons. William baisa également sa main puis il se sauva dans la nuit après s’être assuré qu’elle se couchait sans être dérangée.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Dim 11 Mar - 5:01

Les premières carrioles qui menaient le convoi s’étaient brusquement arrêtées dans leur progression. Quelques personnes s’interrogèrent du regard, se demandant pourquoi ils ne continuaient pas leur ascension sur la colline. Tout à coup, plusieurs hommes à cheval firent irruption, murmurant à l’oreille des uns et des autres, sans jamais laisser transparaître l’origine du problème.

Quand William apparut à son tour, Dana décida de mettre fin à l’intrigue et empoigna le devant se robe avec détermination. D’un pas certain, elle alla se planter en face de sa monture et lui barra la route sans fléchir.


« Dana ! » S’exclama William en obligeant son cheval à faire une halte.

« William, mais que se passe-t-il enfin ! Pourquoi tout ce remue-ménage ? » Demanda-t-elle, sa ferveur évidente et étincelante dans ses yeux.

« Une troupe d’Indiens vient dans notre direction. Nous n’avons plus le temps de les contourner. » Expliqua-t-il avec une pointe d’appréhension dans la voix.

« Mais vous êtes plus nombreux n’est-ce pas ? » Espéra-t-elle sincèrement, priant déjà pour que tout se passe au mieux.

« Je n’en suis pas sûr. Mais ne vous faites pas de souci, nous savons comment nous y prendre, nous avons l’habitude. Essayez de rassurer tout le monde d’accord ? » Fit-il gentiment, serrant la main quand elle la tendit vers lui.

Il esquissa un rapide sourire et rattrapa ses rênes, s’éloignant à regrets vers ses amis. Dana se tenait immobile, l’observant intensément et sentant ses mains trembler d’envie de le retenir. Des centaines d’images lui revenaient en tête et tout à coup, comme par magie, elle réalisa que cette vision serait peut-être la dernière qu’elle puisse chérir au fond de son cœur… son dos se balançant en cadence avec le pas régulier de son cheval. Des possibilités inondèrent son esprit mais aucun ne lui sembla plausible ou sensée. Que devait-elle faire ? Agir ! Vite ! Mais comment ? Son souffle était parfaitement incontrôlable désormais et ce fut d’une voix écorchée qu’elle cria son nom.


« William ! » S’exclama-t-elle, amorçant une course folle, le long du convoi.

Après une éternité, ce dernier finit par se retourner et ordonna à sa monture de s’arrêter. Dana le rattrapa enfin au bout de longues enjambées et sa respiration était saccadée, désordonnée, ses cheveux dansant librement sur ses épaules. Elle se mordait timidement les lèvres mais trouva le courage de tendre une nouvelle fois la main vers lui pour qu’il s’en empare. Leurs doigts s’entremêlèrent et leurs regards avaient emprunté le même chemin.


« William… Je… Faites attention à vous. » Finit-elle par articuler, incapable d’en dire davantage et s’en voulant pour la même raison.

« Je vous le promets. » Jura-t-il, profondément touché par l’émotion qu’elle dégageait.

« Revenez vite. » Ajouta Dana, se disputant intérieurement de ne pas lui confier le fond de sa pensée.

« A tout à l’heure. » Répondit-il simplement et il lui sourit une fois encore pour la rassurer.

Quand sa silhouette eut disparu, Dana voulut se gifler de toutes ses forces. Bien sûr, les femmes n’étaient pas sensées effectuer le premier pas concernant ce genre de relations, mais elles n’étaient pas non plus supposées en savoir plus que les en matière de médecine. Agacée par elle-même, Dana frappa du pied et décida de retourner à sa carriole pour attendre patiemment en essayant de ne pas se faire un sang d’encre à propos de William. C’était beaucoup lui demander car entendre les cris des hommes qui s’affrontaient sans merci ainsi que les coups de fusil résonner à travers toute la vallée n’avaient rien d’apaisant.

Elle attendit des heures et des heures jusqu’à ce que, finalement, un petit groupe fut de retour. Plusieurs d’entre eux semblaient blessés mais Dana laissa échapper un soupir de soulagement quand elle remarqua que William faisait partie de ceux qui les aidaient à marcher.

Quelques femmes se précipitèrent à leur chevet et Dana retrouva l’usage de ses jambes à cet instant. Elle observa William alors qu’il déposait au sol l’homme qu’il avait porté sur son épaule. Tout à coup, elle décela comme quelque chose qui n’allait pas, pourquoi avait-il grimacé en se penchant ?


« William ? » Fit-elle d’une petit voix, elle avait peur de le déranger, d’être de trop.

« Dana, je… » Murmura-t-il en s’approchant tout en ouvrant les bras et elle s’y réfugia à temps pour qu’il s’effondre sur elle.

Le corps de Dana était bien plus frêle que le sien et elle se laissa doucement choir jusqu’à l’allonger au sol, la tête sur ses genoux. Du bout des doigts et l’angoisse à son paroxysme, elle déboutonna sa chemise et comprit l’étendue du problème. Une plaie lui parcourait le flanc, juste au dessus de la hanche et saignait abondamment. Les bordures de la blessure étaient irrégulières et sales, son sang se répandait facilement mais c’était tout à fait normal pour une plaie de cette ampleur.


« Oh… William… » S’exclama-t-elle en pressant ses mains sur sa blessure pour en limiter l’hémorragie.

« Qui aurait cru que les indiens savaient manier des fusils ? » Plaisanta-t-il amèrement.

« Je ne trouva pas cela très drôle. » Rétorqua Dana, déchirant le bas de sa jupe pour obtenir un bandage de fortune. « Pressez ça sur la plaie de toutes vos forces. Je reviens au plus vite. » Annonça-t-elle en s’éclipsant telle un éclair dans le ciel.

Quand elle fut de nouveau à ses côtés, il avait déjà repris des couleurs. Son teint gris avait été remplacé pas un visage plus lumineux et bien plus alerte. Dana s’attarda discrètement sur sa respiration et fut rassurée de la trouver régulière et naturelle. Elle s’agenouilla à ses pieds et sortit divers flacons et instruments chirurgicaux de l’époque qui provoquèrent de sueurs froides à William.


« Vous ne comptez pas me charcuter au beau milieu de nulle part ? » Questionna-t-il, l’appréhension palpable dans sa voix.

« Ne vous inquiétez pas. Je ne vais que vous recoudre. Vous m’avez fait confiance la première fois. » Lui fit-elle remarquer avec amusement.

« Pardonnez-moi, c’est l’habitude. Et je dois vous dire que grâce à vous, mon omoplate et mon épaule vont beaucoup mieux. » Admit William pendant que Dana tamponnait sa blessure avec un linge blanc imbibé d’une quelconque solution.

La sensation n’était pas insupportable, le produit était froid mais il ne brulait pas et Dana agissait avec grand soin. Il la contemplait à la dérobée, se demandant pour la énième fois ce qu’il avait pu faire de bien dans une vie antérieure pour qu’une telle femme lui soit présentée. Ses manches étaient retroussés, découvrant ses fins avant-bras et la naissance de ses coudes. La force et la détermination émanaient de chacun de ses gestes malgré sa fragile et féminine stature. Elle était une vraie plume, légère, élégante et pâle à souhait. On pouvait la courber et la torturer mais jamais elle ne se briserait pour le poids d’une puissance extérieure. Son énergie était évidente mais il était impossible d’en évaluer la portée tant elle se renouvelait sans cesse. Ce feu l’animait à toute heure et lui conférait un regard embrasant contre lequel le corps de William mourrait envie de se bruler.


« Est-ce que vous pourriez arrêter de me fixer de la sorte. Cela me met mal à l’aise. » Réclama Dana sans pour autant cesser la tâche à laquelle elle s’adonnait.

« Pardonnez-moi, ce n’était pas mon but. » Cette réflexion lui ganga un regard supplémentaire, à la fois intrigué et impatient.

« Vous comptez y retourner n’est-ce pas ? » Demanda-t-elle en sachant d’avance la réponse qu’il lui offrirait.

« Je ne peux pas les laisser seuls, j’en ai la force je le sais. » Affirma-t-il en la sentant piquer sa peau d’un aiguille.

« Parfois, je vous pense fou à lier. » Avoua-t-elle le plus sérieusement du monde.

« Non, je suis déterminé c’est différent. » Insista-t-il en souriant quelque peu.

« J’ai terminé, laissez-moi vous bander. » Expliqua-t-elle, passant un tissu blanc derrière son dos.

William se souleva pour lui faciliter le mouvement et en quelques secondes elle eut terminé. Il ne saignait plus mais ses points le tiraient légèrement quand il faisait des gestes amples. Il devrait faire attention mais parfois, il n’avait pas réellement le choix. Cette situation en était un exemple concret.

Sans le montrer, Dana le surveilla quand il se mit debout et su qu’elle devrait refaire ses points de suture le soir venu. Il se démènerait et en ferait trop, beaucoup trop considérant son état mais sa conscience lui dictait sa conduite et il se devait de venir en aide à ses amis. Elle acceptait son point de vue même si elle avait peur pour lui et priait pour le revoir en vie à la fin de la journée.


« je vais devoir repartir Dana. Merci de m’avoir encore soigné. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous. » Se confia-t-il avec honnêteté et reconnaissance.

« Vous seriez allé voir Marc Jenkins, le vrai médecin de ce convoi. » Répliqua-t-elle avec une évidence qui ne le fit pas sourire.

« Il ne se serait pas occupé de moi aussi bien que vous. » Chuchota-t-il à son oreille, se retournant en un coup de vent pour retourner au nouveau cheval qu’on lui confiait.

Prise d’un élan inconnu, Dana marcha jusqu’à lui, inspira brusquement et posa une main sur son épaule. Quand il pivota sur lui-même pour lui faire face, elle abaissa sa tête en faufilant ses doigts dans sa nuque et déposa un baiser sur ses lèvres. Ils furent aussi surpris l’un que l’autre et se fixèrent sans un mot, abasourdis par un tel déploiement de sentiments.


« Je… » Balbutia Dana, son visage adorablement empourpré.

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MessageSujet: Re: Admirable Conquête (en cours!)   Mer 14 Mar - 21:46

Elle n’eut pas l’occasion de s’excuser pour un geste qu’ils avaient souhaité tous les deux depuis tant de semaines car William fut l’initiateur de leur second échange. Celui-ci dura plus longtemps, les bras s’enserrant, les lèvres se mélangeant et les dents s’entrechoquant maladroitement. Ils se dévoraient l’un l’autre avec un plaisir rarement éprouvé qui les laissa pantois.

« Je reviendrai, je vous le jure, si j’ai encore le droit de goûter à vos lèvres alors j’accourrai. » Promit-il en embrassant son front une dernière fois, montant en selle et disparaissant bien plus vite qu’il n’était débarqué.

Dana resta plantée sur ses pieds, les joues rougies et les yeux écarquillés. Est-ce qu’elle venait de faire des avances à un homme ? Elle, Dana Katherine Scully, promise à un riche ami de Bill Scully ? Prenant sa tête dans ses mains, elle tenta de résister aux vertiges qui menaçaient de l’assaillir et fit demi-tour. La question qui la tourmentait le plus était de savoir pourquoi elle ne se sentait pas le moins du monde coupable ?

***


Le soleil venait de se coucher et Skinner l’avait quittée après lui avoir apporté de la nourriture. Désormais, assise au coin du feu, elle faisait cuir des morceaux de viande abattue la veille, levant régulièrement les yeux en espérant l’apercevoir. Il ne tarderait plus. Comment agiraient-ils l’un par rapport à l’autre ? Ignoreraient-ils ces baisers ? Attendrait-il d’elle plus qu’elle ne pouvait lui offrir ? Après tout, elle étai déjà fiancée, même si elle n’en portait pas encore la bague qui signifiait son engagement. Elle avait des règles à respecter… Dana se maudissait pour sa faiblesse, comment avait-elle pu se comporter aussi… Honnêtement ? Serrant les poings elle s’obligea à se concentrer, autoriser son esprit à vagabonder de la sorte ne promettait rien de bon.

A peine s’était-elle remise à cuisiner que deux mains s’échouèrent doucement sur ses épaules, la faisant sursauter.


« Ce n’est que moi. » La rassura William en esquissant un sourire chaleureux.

Dana ne su pas ce qui la prit mais elle bondit sur ses pieds et entoura son cou de ses bras, se pressant contre lui de toutes ses forces. Il répondit volontiers à son étreinte et pour son plus grand plaisir, embrassa consciencieusement sa nuque.


« Vous allez bien ? Vous n’êtes pas davantage blessé ? » S’enquit-elle immédiatement, inspectant chaque partie de son corps avec inquiétude et minutie.

« Je vais bien, juste mon côté qui me lance par moment. » Affirma William en l’attirant près du feu.

Ils s’assirent tranquillement, l’un à côté de l’autre et dînèrent sans un mot, simplement heureux d’êtres tous les deux. La viande était cuite à point et ils se régalèrent, mangeant avec leurs doigts sans éprouver la moindre gêne. Après tout, ils étaient en pleine nature, l’élégance et les bonnes manières n’avaient plus leur place. La porcelaine était oubliée, aussi bien que l’argenterie ou les chandeliers. Les grandes et belles robes tissées de soie restaient enfermées dans leurs malles et le tissu de première main avait son heure de gloire.


« Je me souviens de ce premier soir près du feu, quand vous vous êtes presque endormie sur moi. » Se remémora gaiement William, caressant le dessus de sa main.

« Oh ! » S’exclama Dana en le frappant à l’épaule. « Je ne me suis pas endormie ! Je réfléchissais ! » Répliqua-t-elle, faussement outrée.

« Avouez-le, vous étiez à deux doigts de ronfler en plein milieu de la conversation, ce qui n’aurait pas fait très bien pour une jeune femme telle que vous ! » Se moqua-t-il ouvertement, il peinait à se retenir de rire.

« William Mulder, vous prenez vos désirs pour des réalités ! » Lança Dana en faisant mine de le gifler mais il retint sa main.

Quand il se pencha légèrement, Dana eut le bras immobilisé et leurs visages n’étaient espacés que de quelques centimètres. Recourbée en arrière, s’il la lâchait subitement, elle s’effondrerait au sol et le savait pertinemment. Ils communiquaient à travers leurs regards, elle, le défiant d’insister, lui, relevant le challenge qui se dressait avec condescendance. Il abaissa ses lèvres aux siennes et Dana ne pu que l’embrasser en retour, se délectant d’un instant si agréable où elle se sentait revivre.

La tension se faisant trop forte sur ses jambes, Dana fléchit et ils tombèrent à la renverse sur la couverture qui était étendue sur l’herbe. William se trouvait au dessus d’elle, surplombant son corps du sien et l’étouffant de baisers plus exquis les uns que les autres. Leurs mains se découvraient peu à peu, celles de William encerclant le visage de la jeune femme pour prendre appui sur ses coudes et de pas l’écraser de son poids.

De tous ses membres Dana tremblait, dévorant un fruit défendu auquel rien ne lui permettait de résister tant la saveur était attirante. Ses doigts trouvèrent la taille de William et elle parcourut toutes les parties de son corps qu’elle pouvait atteindre jusqu’à, malencontreusement, réveiller une intense douleur dans son flanc.


« Humfr… » Marmonna-t-il dans se cheveux.

« Oh… Je suis navrée… » S’excusa Dana en le repoussant soigneusement sur le côté.

Allongée auprès de lui, elle étudiait son visage avec attention, décelant le niveau que sa souffrance avait réellement atteint. Il tenterait de le dissimuler mais ce serait en vain, ils ne pouvaient aller plus loin, les limites avaient déjà été franchies.


« De toutes façon, ce ne sont pas des manières. » Répliqua-t-elle, à la fois franche et pleine de regrets.

« Vous avez raison, nous n’aurions pas dû nous laisser emporter de la sorte. » Consentit William, une main pressée contre son pansement.

« Je vais nettoyer votre plaie. Le plus souvent nous le feront, le plus vite elle guérira. » Confia-t-elle en empoignant quelques bandages blancs qu’elle avait préparés à l’avance.

Elle avait anticipé la situation et soigner sa blessure fut réalisé en un clin d’œil. La gêne s’était dissipée et ils s’échangeaient des regards lourds de sens, plus complices et passionnés que jamais. Au fond d’elle, Dana s’en voulait de rompre la promesse qu’elle avait faite à son père mais elle parvenait à se convaincre grâce à un élément indubitable : il voulait son bonheur et si elle pensait le trouver avec William alors, qu’elle suive son instinct. Satisfaite de cette conversation intérieure, elle alla se coucher et William lui jura de se reposer malgré les tours de garde qu’il devait assurer dans le convoi.

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