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 [ Out of Africa]

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Julia
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MessageSujet: [ Out of Africa]   Mer 10 Jan - 2:50

Out of Africa



Le soleil osait à peine pointer le bout de ses rayons lorsque Mulder pénétra dans le bureau des affaires non classées. Une vision peu agréable vint lui rappeler que la veille il avait failli à sa promesse: une dizaine de dossiers étaient en attente et la pile penchait dangereusement, se retenant de tomber par on ne sait quel miracle. Hélas l’heure avançait et il était conscient qu’il ne pourrait rédiger toutes les conclusions avant que sa collègue n’arrive, arborant une moue satisfaite devant son incompétence quant à gérer un véritable emploi du temps. Il revoyait le regard désespéré de Scully lorsqu’il lui avait annoncé le soir d’avant qu’il passerait la nuit à travailler afin de rattraper son retard: rejetant avec désobligeance une mèche rousse derrière son oreille, elle lui avait souhaité de passer une bonne nuit, sachant pertinemment qu’il finirait pas s’occuper d’affaires beaucoup plus charnelles et certes moins catholiques que les détournements de fonds et autres enquêtes futiles qu’étaient les leurs ces dernières semaines.
Déposant son courrier et sa veste sur sa chaise, il sursauta lorsqu’il entendit le claquement si singulier de talons: Scully arrivait et il savait que les remontrances finiraient pas tomber aussi. Dans un sursaut de panique, il cacha tous les dossiers sous le bureau, et prit place sur sa chaise, l’air de rien, un sourire peu convaincant s’aventurant sur sa bouche. Sa réaction était puérile et fortement déconseillée mais avant qu’il se reprenne et qu’il puisse réagir en adulte responsable, la porte s’était ouverte, laissant apparaître Scully.

- Mulder déjà là?
- Je…j’ai passé la nuit ici.
- Donc le café que je t’apporte est le bienvenue?
- Bien sûr, merci!
- Tu as réussit à tout finir?
- Euh…oui.
- Alors les dossiers qui dépassent de sous notre bureau n’ont aucun rapport avec nos dernières affaires?


Il chercha un mot atrocement désopilant pour se sortir de cette situation ridicule mais son humour légendaire avait parfois ses propres limites: un simple sourire contrit vint illuminer son visage et c’est avec satisfaction qu’il vit sa partenaire éclater de rire. Son rire était sûrement le son le plus mélodieux et le plus sublime que la terre ait pu porté en son sein: frais et voluptueux, il s’envolait dans les airs, emportant au passage des notes singulières et délicates et arrachant souvent des fous rires à tous ceux qui l’écoutaient.

- Bien, j’ai une petite heure pour rédiger tes conclusions mais c’est la dernière fois Mulder.
- Merci Scully, tu sais que tu es formida….
- Je ne veux rien entendre.
- Bien.


Tel un petit soldat, la jeune femme se mit au travail, rédigeant avec soin les conclusions manquantes, adoptant le style plus libre et plus technique de Mulder. Ce dernier avala une gorgée de café et s’attaqua à son courrier: entre lettres de retard, factures et publicités, il ne cessait de soupirer, jusqu’à ce que ses yeux se posent sur une enveloppe rose et parme, parsemée d’une écriture fine et ronde. Les lettres pleine de fioritures lui rappelait vaguement quelque chose mais il ne pouvait définir clairement cette sensation de déjà vu: discrètement, Scully avait remarqué le trouble de son collègue et c’est sans contentement qu’elle observa ce qui devait être à coup sûr une lettre d’amour. Reposant son stylo et retenant une pointe de colère qui commençait à transpercer son ventre, elle attendit en retenant son souffle que Mulder ouvre la maudite enveloppe. Il s’exécuta sans remarquer le regard inquisiteur que lui lançait la jeune femme: parcourant les lignes de la lettre, il sentit une vielle émotion familière lui secouait le cœur.

- Tu vas bien Mulder?
- Non..enfin oui...mais….je…
- Puis je savoir ce qui te rends aussi nerveux?


D’un geste remplit de dégoût, il lui passa la feuille. Avec révulsion, elle attrapa le papier qui sentait la violette et l’ambre. Après deux minutes de lecture silencieuse, elle éclata de rire:

- Mulder? C’est ça qui te met dans cet état?

Hochant frénétiquement de la tête, il foudroya Scully, surpris qu’elle se moque aussi ouvertement d’elle.

- Mulder…c’est juste un bal, un rassemblement d’ancien élèves. Cela peut être une excellente occasion de revoir tous tes amis de ta promotion.
- Tu ne comprends pas…tu ne peux pas comprendre.
- Qu’est ce qui se passe? Ils ne savent pas que tu travailles au FBI? Ils ne sont pas au courant de ta paranoïa maladive et de ton acharnement à trouver des petits hommes verts? Tu n’aimes pas tes anciens camarades?
- Très drôle, ce n’est pas ça.


Sa vue s’était elle troublée ou Mulder était il vraiment en train de rougir?

- Attends Mulder…ne me dis pas que le fait d’être célibataire te gêne?
- Ils sont tous mariés…ils vont tous se pavaner avec leurs femmes et leurs enfants…et comme d’habitude je serai le vieux célibataire.
- L’indépendant Mulder, le grand Mulder connaît ce genre de sentiment? Tu arriveras toujours à m’étonner.
- Ce n’est pas le moment Scully, je ne veux pas y aller mais à chaque fois je me défile et c’est très louche comme comportement.
- Eh bien je te souhaite bien du courage, je hais ce genre de soirée.
- Merci de me remonter le moral.
- Tu m’excuseras de m’intéresser à des problèmes moins futiles, mais il me reste pas mal de dossiers à finir. Tes dossiers. Ce n’est pas de ma faute si tu n’arrives pas à t’assumer.
- M’assumer? Je n’arrive pas à m’assumer?
- Écoutes, c’est une fête un peu kitsch et ringarde où chacun va étaler sa vie plate et insignifiante: tu vas pouvoir sortir du lot en montrant que tu as une vie de téméraire, remplie de conspirations, de danger et de diverses conquêtes féminines! Et si tu n’arrives pas à l’accepter, ce n’est pas de ma faute, c’est tout.
- Tu me vois comme ça? Alors que devrais je penser de toi?
- Que je suis une vieille fille maniaque plongée à vie dans un travail déroutant et qui finira par vivre avec une dizaine de chats lorsque FBI aura décidé de la virer une fois pour toutes.
- Attends mais qu’est ce qui se passe Scully?
- Ce qui se passe c’est que même pour un bal dont tout le monde s’en fiche, tu arrives à faire une fixation sur toi et sur ta pauvre misérable vie: tu ne peux que pleurer sur ton sort si tu n’es pas marié et si tu n’as pas une vie de famille normale. Tu n’as pas voulu rentrer dans le rang, alors tu en payes aujourd’hui les frais. Et malheureusement je dois aussi payer.
- Que viens tu faire là dedans?
- Je passe 12 heures de ma vie dans ce bureau, quand je rentre chez moi il est trop tard pour sortir, pour voir des gens, je n’ai même plus la force de manger alors je vais me coucher. Penses tu que je suis heureuse? As tu déjà pensé quelques secondes à ce que je pouvais ressentir? Mon enlèvement, mon cancer, ma….enfin Mulder tu es aveugle? Nous sommes que de vulgaires pions dans ce bureau et nous nous sommes dévoués à tout jamais à être esclaves de cette vérité qui même elle semble être fausse. Alors? Que veux tu que je te dise? Pauvre Mulder, tu refuses d’aller à une fête parce que tu es seul? Excuses moi mais ce matin mon aptitude à la compassion est trop limitée.
- Que fais tu?
- Je rentre. Je te rappelle, au cas où tu ne l’avais pas entendu, que je suis en congés durant quatre jours, j’avais fait le déplacement pour t’apporter un petit déjeuner et t’aider à finir tes dossiers, sachant pertinemment que tu n’aurais rien fait mais tout d’un coup je n’ai plus aucune envie d’être charitable. A lundi.
- Attends tu peux pas partir comme ça….


La porte claqua, faisant vibrer légèrement la pièce. Passant une main fatiguée sur son visage, Mulder soupira. Une fois de plus, il ne comprenait pas la situation. Paniqué à l’idée d’avoir détruit ce lien si spéciale entre Scully et lui, il composa le numéro de portable de la jeune femme, prêt à s’excuser. La voix si douce et pourtant si atypique de Scully lui proposa de laisser un message après le bip. La situation avait dérapé pour un fait quelconque et il ne savait réellement si c’était de sa faute ou non. Il ne sentait pas coupable d’un méfait mais coupable d’avoir pu faire de la peine à sa partenaire. Ne pouvant encore expliquer cette altercation, il se replongea dans ses dossiers.

Scully marchait à grand pas dans la rue baignée de soleil. C’était un lieu de Washington fréquenté par les familles et les enfants car les parcs et les jeux abondaient en tout sens. Tournant sur elle même, la jeune femme vérifia qu’elle ne connaissait personne avant de pousser la porte d’un grand immeuble fait de vielles pierres rosées. Une cloche tinta et une adorable vielle dame tomba dans les bras de Scully afin de la serrer avec amitié, avant de déposer sur ses joues des doux baisers.

La lune projetait des ombres terrifiantes sur le bitume encore perlé des fines gouttes de pluies qui étaient tombées à la tombée de la nuit. Une bouteille de vin dans une main et un livre soigneusement emballé dans l’autre, Mulder toqua avec plus ou moins d’assurance à la porte de Scully. Une fine raie de lumière filtrait, elle était donc là. Mais elle ne vient pas ouvrir. Déposant ses cadeaux à terre, Mulder frappa avec plus d’insistance.

- Scully je sais que tu es là, ouvre moi cette porte!

Appuyée contre le bois blanc de l’autre côté, la jeune femme gardait ses yeux fermés, tentant de ne pas succomber aux appels de Mulder. Elle était encore en colère, une rage insoupçonnée l’enfermait dans un carcan de douleur et de véhémence qu’elle n’aurait voulu avoir en elle. Mais c’était Mulder. Chaque coup qu’il portait contre sa porte, était un coup dans son cœur. Sans souffler mot, il se mit à taper avec beaucoup plus de brutalité contre la porte, faisant glisser Scully par surprise.

- Scully je te jure que je suis prêt à tout pour te faire mes excuses, je vais même défoncer cette porte.
- Pas la peine.


D’une voix légèrement éraillée elle souffla ces quelques mots et elle apparut devant lui, dans un halo de douce lumière, entourée de senteurs aux notes fleuries.

- Entre…

Tentant de paraître la plus décontracté possible, il lui tendit ses présents, un sourire aux lèvres.

- Mulder? Qu’est ce que..?
- Du bon vin pour se réconcilier et le livre dont tu m’avais parlé il y a quelques jours…car je t’écoute Scully.
- Je…merci. Installe toi, j’arrive.


Préparant deux verres, la jeune femme essuya furtivement la fine larme qui avait commencé à dévaler sa joue rosie par l’émotion: pour une fois, c’était Mulder qui venait à elle. Rien que pour elle. Après des excuses qu’elle rêvait d’entendre, la conversation se détendit et elle même formula un pardon pour son attitude de ce matin. La nuit avança à toute vitesse et les esprits amis revinrent prendre leur place. La dispute du matin passa à la trappe même si chacun essayait de retenir une leçon de cette altercation.

- Scully je vais avoir besoin de ton aide.
- Pour?
- Pour cette soirée…j’ai un service à te demander. Je…pourrais tu m’y…enfin…?
- Ce serait un plaisir de t’y accompagner. Quand a t’elle lieu?
- Vendredi soir.
- Ce vendredi? Dans deux jours?
- Oui.
- Je suis désolée mais je ne pourrai pas.
- Pourquoi?
- Je te rappelle que je suis en congés...je dois partir.
- Où ça?
- Cela ne te regarde pas.
- Bien et tu ne peux pas annuler et venir avec moi?
- Pardon? Annuler mon voyage? Cela est impossible, je dois vraiment partir.
- Bien. Parfait.



Repoussant le verre qui trônait devant lui, Mulder se leva et commença à remettre sa veste.

- Mulder attends…tu ne peux pas demander à quelqu’un d’autre?
- Je t’ai demandé à toi. C’est toi que je voulais avoir pour cette soirée.
- Je me trompes où tu parles de moi comme objet? Tu voulais m’avoir? Tu ne veux pas me louer non plus tant que tu y es?
- Eh bien si je te donnais un peu d’argent j’aurai être la chance de t’avoir à mes côtés car je ne sais même pas où tu vas.
- Ce que je sais c’est que tu vas quitter cet appartement très rapidement.


Mulder se mordit les lèvres dès que la porte se fut refermée derrière lui: qu’avait il encore dit? Les mots avaient été mal formulés et encore une fois il l’avait blessé.


Dernière édition par le Mer 10 Jan - 2:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ Out of Africa]   Mer 10 Jan - 2:50

******



Mulder avait passé les deux derniers jours a inondé le répondeur de Scully de messages d’excuses. Il l’implorait de lui pardonner et de l’accompagner à cette soirée car c’était vraiment important pour lui.
Le vendredi soir, Scully se retrouva debout au milieu de son salon, deux grosses valises à ses pieds. Vérifiant qu’elle avait bien ses billets et son passeport, elle referma les boutons de son fin gilet et appuya sur le bouton effacer de son répondeur: Mulder venait d’y laisser un dernier message. Alors qu’elle allait passer la porte de son appartement, une douleur lui rappela ce qu’était de se retrouver seul. Elle ne pouvait pas faire ça à Mulder. Se battant contre ses propres démons, elle appela l’aéroport et annula ses billets: son voyage serait repoussé d’une journée, elle aurait moins de temps pour faire ce qu’elle avait à faire mais ce soir, elle devait se consacrer à son ami. Refermant la porte et consultant sa montre, elle pria pour être assez rapide.


La salle des fêtes était plongée dans une cacophonie ahurissante: entre la musique, les rires et les quelques cris d’enfants, tous semblaient apprécier cette ambiance. Assis au bar, Mulder avala d’une traite son double whisky glace, priant pour que personne ne le reconnaisse avant qu’il parte. Ce fut peine perdue.

- Fox? C’est toi mon ami?
- Oh…Ian…


Ian Smith venait d’arriver, accroché à sa femme, et à ses enfants. Celle ci était d’une laideur incomparable et Mulder recula légèrement lorsqu’il la vit sourire.

- Je te présente toute ma petite famille: Jessica ma femme, et Matthew et Ian junior mes deux garçons.
- C’est un plaisir de tous vous rencontrer.
- Eh bien où est elle ta petite famille à toi? Ne me dit pas vieux renard que tu vis seul dans ta tanière?
- Eh bien c’est que…enfin…
- Fox, chéri, excuse moi de mon retard mais j’ai eu du mal à coucher les enfants, ils refusaient de rester avec la nounou.


Mulder se retourna, ébahit. Scully venait d’apparaître dans une magnifique robe noire qui laissait entrevoir des formes à damner un saint. Ses cheveux bouclés retombaient avec grâce et son sourire aurait fait fondre le plus rude de tous les glaciers.


- Ian…Jessica, je vous présente Dana, mon épouse.


On aurait pu dire si le visage de Jessica avait changé mais celui de Ian s’était transformé: l’apparition de Scully avait plongé la salle dans une sorte de ralenti incroyable et bientôt on se précipita vers ce « vieux roublard de Fox » pour qu’on présente sa charmante et sublime épouse. Scully répondait aux différentes questions avec docilité.

- Oui Fox travaille toujours au FBI, il donne beaucoup de son temps à notre nation….non je ne travaille pas, je préfère m’occuper de mes enfants…deux petites filles, Samantha et Emily…oui elles sont adorables, le portrait de leur père…

Mulder était épaté par sa partenaire et il ne cessait de sourire de fierté.

- Chérie, m’accordes tu cette danse?
- Avec plaisir.


On regarda à la dérobée ce couple si beau, qui dansait avec grâce et légèreté au milieu de la piste. Enfouissant son visage dans le cou de son collègue, Scully respira son parfum avec délectation.

- Scully je ne pourrai jamais te remercier.
- Et moi je voudrais m’excuser pour mon comportement de ces derniers jours…je suis nerveuse et à cran.
- Ce n’est pas grave, nous avons tous nos passages difficiles. Et…que tu sois venue est un grand honneur pour moi et c’est la plus preuve…d’amitié que l’on ait pu me faire.


Souriant avec sincérité, Mulder plongea son regard ans celui de la jeune femme: jamais elle n’avait été aussi belle et aussi rayonnante.

- Au fait…ton voyage?
- Je l’ai repoussé d’un jour….
- Cela n’aura pas de conséquence?
- On va dire que j’aurai Mons de temps sur place pour mener à bien mon projet.
- Je suis désolé.
- Je suis là maintenant, n’en parlons plus.




La venue de Scully avait changé l’attitude de Mulder: heureux d’être « comme tout le monde », il ne cessait de discuter avec ses anciens camarades, partageant des anecdotes sur leur virée nocturne ou autres bêtises d’adolescents et de jeunes hommes. Non loin de là Scully avait pris place au milieu du groupe des femmes et elle se sentait assez déroutée face à toutes ces discussions sur les enfants et l’entretien d’une maison: avec sarcasme, elle pensait à sa vie de célibataire, à son appartement qu’elle voyait rarement, à l’homme qu’elle ne pouvait avoir et aux enfants qu’elle n’aurait jamais. Jouant la comédie à la perfection, elle déposa elle aussi quelques plaintes contre les hommes machos qui refusaient de leur venir en aide au quotidien. Fatiguée, elle décida de rejoindre Mulder pour le prévenir: alors qu’elle se dirigeait vers lui, elle le vit en grande conversation avec une très jeune femme, appuyée contre le mur, cette dernière ne semblait pas farouche. Des regards convergèrent vers Mulder, puis vers Scully: en bonne mère de famille jalouse et hystérique, elle se dirigea vers lui avec dignité, fulminant de colère.

- Fox excuse moi de te déranger, je voulais juste te prévenir que je m’en allais.
- Fox c’est qui elle?
- Oh c’est une amie, je t’ai expliqué celle qui joue le rôle de ma femme enfin….
- Ah c’est elle….


D’un air dégoûté, elle avait désigné Scully d’un geste.

- Mulder, merci pour cette charmante fin de soirée.

Blessée, elle traversa la salle avec rapidité, évitant de croiser tous les regards de pitié et de compassion qu’on était en train de lui lancer. Récupérant ses affaires au vestiaire, elle prit le premier taxi qui s’offrit à elle.


****



Avec lassitude, Mulder fit tourner la poignée de la porte d’entrée: son appartement était plongé dans le noir et un silence mortel baignait le mobilier solitaire. Jetant ses clés avec nonchalance, il se laissa tomber dans son canapé et ne fut presque pas surpris de voir Scully assise sur son bureau, son regard perdu dans le vague.

- Dana?

Avec lenteur elle se leva et parcourut la courte distance qui les séparait. S’arrêtant devant Mulder, elle prit sa main et y déposa au creux ce qui semblait être des confettis. Puis elle quitta l’appartement, fermant avec douceur la porte.
Allumant la lampe la plus proche, Mulder se mit à détailler ce qui était des dizaines de morceaux de papiers. Avec précipitation, il reconstitua ce qui était un billet aller pour le Niger. L’Afrique? Que Scully allait elle faire en Afrique? Avait elle acheté un autre billet? Mille et une questions virevoltaient dans son esprit. Le portable de la jeune femme restait obstinément en mode messagerie, son appartement était vide…devait il la rejoindre?

****



- Mademoiselle Scully vous devez aussi nous comprendre, cette situation est aussi difficile pour vous que pour moi.
- J’ai fait des milliers de kilomètres…on m’avait dit que c’était bon.
- Je suis désolée, sincèrement, mais il nous manque une seule signature.


****



- Hey les gars?
- Mulder?
- Ouais c’est moi!


Les bandits solitaires consentirent enfin à ouvrir la porte qui menait à leur antre.

- Qu’est ce qui t’amène ici?
- J’ai besoin d’aide, c’est important.
- A ton service.
- Ce serait pour pirater une carte de crédit, il faut que je découvre les dernières actions effectuées dessus.
- Pas de problème, tu as le carte, un numéro, un nom?
- C’est…la carte de Scully.
- Tu vas bien Mulder? Pourquoi tu veux faire ça?
- Elle est partie…fâchée et j’ai besoin de savoir ce qui se passe dans sa vie en ce moment et surtout je veux savoir où elle est à l’heure actuelle.
- D’accord.


Il leur fallut moins de cinq minutes pour trouver tous les derniers achats de la jeune femme.

- Alors nous avons un billet pour Air Africa hier soir à 22h28, il y a une dépense de …six mille dollars dans une entreprise pharmaceutique ce matin à Dosso…une vile du Niger.
-A quoi joue t’elle?
- On ne sait pas mais il serait peut être temps que tu prennes l’avion, non?


****



- Auriez vous vu une jeune femme…rousse…très menue? On m’a dit qu’on l’avait croisé ce matin ici…

La colonisation anglaise avait réalisé un magnifique travail d’oubli dans cette région: l’anglais était devenu tout aussi familier que le dialecte parlé par les ancêtres du village. Se dirigeant vers ce qui ressemblait à un grand dispensaire, Mulder passa devant bon nombre de mendiants. La pauvreté faisait rage, la misère était le fléau des habitants et la chaleur torride si inhabituelle pour Mulder le rendait encore plus à l’aise. Entrant dans le bâtiment, il ne trouva pas la fraîcheur attendue: il y faisait encore plus moite et c’était sûrement dû à la présence des dizaines et des dizaines de personnes qui se mouvaient tout autour de lui. Abasourdit, il ne put détacher ses yeux du spectacle qui s’offrait à lui: Scully était assise en tailleur à même le sol et elle berçait avec amour et tendresse un nourrisson qui devait être âgé d’un tout petit mois. Son rythme cardiaque s’accéléra lorsqu’il observa avec attention la beauté de cette scène: les larmes de Scully tombaient avec douceur sur la poitrine de l’enfant, et elle semblait en proie à une souffrance sans nom. Une femme d’une cinquantaine d’années se pencha vers elle afin de prendre l’enfant dans ses bras:

- S’il vous plait…laissez le moi encore un peu…je vous en supplie juste un peu.
- Je suis désolée Dana, vous devriez partir maintenant, vous vous faites du mal pour rien.
- Vous n’allez pas le droit…vous ne pouvez pas.
- Désolée.


La jeune femme se leva et se dirigea vers la sortie, n’osant même plus tourner ses yeux vers le petit berceau. Elle était tellement bouleversée qu’elle ne fit pas attention lorsqu’elle percuta Mulder.

- Pardon…
- Dana?


Faisant demi tour, elle le regarda et Mulder se promit de ne jamais oublier ce regard remplit de désespoir. A bout de force, déçue, elle se laissa tomber dans ses bras, ne tentant pas de retenir toutes les larmes qui lui faisaient tant mal.

- Scully… c’est quoi cette histoire? Qui est cet enfant?
- Je….j’ai entamé une procédure d’adoption. Je suis déjà venue le voir depuis sa naissance. J’étais prête à tout pour lui, j'ai fait des dons énormes afin de leur offrir un équipement médical ainsi que des médicaments et…il me manque une signature dans mon dossier, j’aurai pu rentrer avec lui mais ici c’est très mal vue d’être une mère célibataire alors l’orphelinat refuse d’accepter l’adoption tant que « mon mari » ne signe pas le fameux papier. C’était ma seule chance…
- Mais tu es sûre de toi? Je veux dire c’est une lourde responsabilité d’adopter à l’étranger et….
- Sais tu ce que je ressens chaque soir quand je vais me coucher?
- Je….non.
- Un vide. Immense.
- Où est ce papier?
- Pardon?
- Où est ton dossier? Je vais signer le papier.
- Mais pourquoi tu ferais cela?
- Pour ton bonheur, parce que je sais que tu vas être une mère exceptionnelle et que cet enfant a besoin d’un ange pour veiller sur lui.[/
b]
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