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 Modus Operandi

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Polly

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MessageSujet: Modus Operandi   Sam 30 Juin - 3:20

Auteur : Mouah-même, PoLLy
Genre :
Casefile, un poil de ship, je ne sais pas jusqu'où ça ira... Twisted Evil
Résumé : Hum... Un meurtre, besoin d'un profiler, Mulder s'implique beaucoup et Scully s'inquiète... la suite... je n'en sais rien encore! lol (perdue entre les 2 pauvres neuronnes de mon cerveau de blonde colorée en noir! lol)
Time-Line : pffrr... Je ne sais pas, saison 7 on va dire. (pour changer!)
Rating : Pour le moment G, on verra plus tard!
Note de l'auteur : euh, pour le moment la fic n'est qu'à peine développée mais je voudraisa voir votre opinion avant de trop la continuer pour voir si je vais dans la bonne direction, j'espère la finir avant le 10 juillet sinon vous allez souffrir avec un "postage" à 2 à l'heure!! lol


Modus Operandi



Commettre l’irréparable tout en échappant à la sentence.

Jouir d’un pouvoir que seule une personne peut exercer sur autrui. Avoir entre ses doigts le cours d’une vie que l’ont choisit de rompre à l’instant opportun, telle un vulgaire bout de ficelle sans importance. Rester dissimulé dans l’ombre et rôder autour de sa proie, la surveiller, l’analyser, étudier chacun de ses faits et gestes jusqu’à l’obsession. Le calcul permanent des moindres facteurs décisifs : heures, lieux, circonstances, mode opératoire… Ressasser ces informations, encore et encore…

Ordre et méthode avant tout. Trouver l’heureuse élue qui aura le plaisir de goûter au repos ultime. Les contempler scrupuleusement, éliminant celles qui ne méritent pas cet honneur et mettre les autres de côté dans sa mémoire.

Belle, insolemment belle, elle doit l’être. On doit pouvoir se délecter de sa peau lorsqu’elle plisse sous nos doigts froids et coriaces. Caresser quelques tâches de rousseur ou grains de beauté. Sonder son regard horrifié, lui apporter désespoir et abandon. Subodorer son parfum, mêlé de sueur et saupoudré de gémissements délicieux. Faire glisser le revers de ses ongles le long de sa mâchoire, terminant par sa bouche exquise, contorsionnée par l’expulsion d’un cri qui ne peut dépasser son bâillon.

Sa respiration qui s’emballe dans une mélodie reposante, dictant un emploi du temps respecté à la lettre. Profiter de l’occasion, celle qui fait le larron. Et quel larron. Jeune, blonde, mince, insouciante.

Quelques heures plus tard, ses doigts se perdent dans ses cheveux dorés, sur sa joue empourprée, elle sera parfaite. Tout autant que son crime.


***


« Mulder… » Gémit Scully en soupirant de lassitude.

Elle se tenait à quelques mètres de lui, les pieds noyés dans la terre boueuse et une main tremblante sur le manche d’un parapluie qui la protégeait à peine d’une énième averse. Son manteau lui semblait lourd tellement il était trempé et ses cheveux humides lui collaient au visage ou frisaient contre sa nuque. Elle était fatiguée, elle avait froid et Mulder restait prostré là, contemplant des empreintes de pas qu’il venait de découvrir dans un feuillage.


« Il a tenté d’effacer les autres mais a oublié celles-ci. Quand on compare les miennes, elles sont bien moins profondes et marquées sur l’arrière car j’ai marché. Lui a dû s’arrêter à cet endroit et l’observer. Il devait vérifier son travail, la disposition du corps, si tout coïncidait avec la mise en scène qu’il avait à l’esprit. » Expliqua-t-il en se redressant, les poings recourbés sur les hanches.

Son imperméable s’était entrouvert mais il ne semblait pas s’en être rendu compte, trop concentrer sur tous ces détails qu’il devait mémoriser en un regard. Scully avança jusqu’à lui et rehaussa son bras afin de l’abriter de la pluie sans l’éborgner avec l’une des baleines.


« La police scientifique a déjà fait des moulages de ces empreintes, elle pourra nous dire la pointure des chaussures et comme ça, on sera capables d’évaluer la taille approximative de notre suspect. » Le renseigna-t-elle dans l’espoir qu’il abandonne sa méditation pour la soirée.

« Est-ce qu’on a pris des photos ? Je la veux sous tous les angles. » Questionna-t-il, balayant l’endroit des yeux.

« Mulder, le Sheriff Caleb a spécialement assigné l’un de ses hommes pour cette tâche. » Lui rappela-t-elle en souriant légèrement, il manquait de sommeil.

« Je crois qu’on devrait rentrer, on n’en tirera rien à cette heure. » Suggéra-t-il pour le plus grand soulagement de Scully.

La nuit approchait à grands-pas mais l’obscurité était déjà bien présente, créée par l’apparition d’un épais nuage noir qui déversait sur eux toute sa colère depuis de longues heures. Mulder s’empara du parapluie et posa sa main entre les hanches de Scully, la menant jusqu’à leur véhicule. Ils montèrent sans un mot et Mulder ferma les yeux quand il fut installé, les images de ces derniers jours lui traversaient l’esprit à toute allure.


***


La pièce était très sombre, peu éclairée par un extérieur nuageux et des néons peu efficaces. Scully fit claquer ses gants de latex autour de ses poignets et enclencha son magnétophone pour débuter une description primaire du corps qui gisait sur la table d’autopsie.

Les cheveux de la victime retombaient en arrière, ondulant jusqu’à ses frêles épaules. Le plus surprenant était la ceinture bleutée, entièrement constituée d’ecchymoses, qui parcourait ses premières côtes. D’après la nuance nacrée, ces traces ne devaient pas remonter à plus de deux jours. A mesure que les temps s’écoule, un hématome évolue du rouge vers le vert, jusqu’à s’atténuer totalement en un peu plus d’une semaine.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Mar 3 Juil - 20:30

Scully commença ses analyses, étudiant chaque parcelle de sa peau, n’omettant ni les ligatures aux poignets ni les traces de strangulation à la base de son cou.

Elle s’arrêta un instant, penchant la tête en arrière pour détendre ses vertèbres, puis à tour de rôle, elle tourna ses chevilles pour les libérer d’un craquement sourd. Son sourcil avait élu domicilie très haut sur son front et l’escaladait encore à mesure qu’elle continuait. Pas le moindre transfert, ni salive, ni tissu, ni substance peu ordinaire. Jamais Scully n’avait été témoin d’une telle démonstration. Le meurtrier était probablement plus méticuleux qu’il ne lui serait donné de rencontrer. Si rencontre il se passe. Après tout, si elle ne parvenait à trouver aucun indice, il leur serait des plus compliqués pour mettre la main sur lui.

Son intelligence impressionna Scully qui, malgré tout, mis tout en œuvre pour déceler une éventuelle erreur. Cependant, après plusieurs heures d’effort, elle dû rendre les armes et avouer qu’il s’était surpassé. L’absence de terre sous les ongles et talons prouvaient que la jeune femme n’avait pas été assassinée sur les lieux où on l’avait trouvée.

Un gant ôté, Scully se rua sur son manteau pour décrocher son téléphone qui sonnait depuis quelques secondes.


« Scully. » Fit-elle, plus neutre que possible.

« C’est moi, est-ce que tu as du nouveau ? » Demanda Mulder, la fatigue présente dans son ton las.

« Je n’ai jamais vu ça. Il n’y a pas le moindre dépôt, je n’ai rien, ni empreinte, ni ADN. Soit il l’a totalement nettoyée, soit il s’est arrangé pour ne rien laisser derrière lui. Les seuls indices que nous trouverons pour le lier au meurtre seront dans l’endroit où il l’a retenue puis assassinée. » L’informa-elle, se débarrassant se son autre gant et jetant les deux dans la poubelle.

« Encore faut-il trouver ce lieu. » Rétorqua Mulder à contre cœur. « Est-ce que tu confirmes la mort par strangulation ? » S’enquit-il immédiatement.

« Oui, l’hémorragie pétéchiale ne fait aucun doute. Tu sais, les hématomes qui entourent sa cage thoracique, je pense qu’ils sont apparus quand il s’est tenu au dessus d’elle. Il lui a d’ailleurs brisé une côte qui a à son tour perforé son poumon, mais je n’ai pas trouvé de traces de saignement donc elle avait déjà cessé de respirer à ce stade. » Continua-t-elle, tenant le combiné d’une main et rangeant son matériel d’une autre.

« Tu veux dire qu’il était assis à califourchon sur elle ? » Devina Mulder sans même y réfléchir plus d’une seconde.

« C’est ce que je pense. Ecoute, j’ai bien observé les marques de strangulation. J’ai noté quelques brûlures, sûrement dues à des gants de latex. Il ne portait pas de bagues mais un détail m’a intriguée. Il y a de nombreuses ecchymoses sur son cou et sa nuque, elles n’ont pas toutes la même forme ou couleur. Je suis persuadée qu’il a hésité. Il a même dû s’y reprendre plusieurs fois, hésiter, avoir peur… » Expliqua-t-elle, s’attendant à être interrompue à tout moment.

« Est-ce qu’il aurait pu pleurer sur elle ? Tu peux déceler ce type de substance ? »

« Même si je le pouvais, ça ne nous servirait à rien car on ne peut obtenir de l’ADN qu’à partir du derme, de cellules sanguines ou de résidus sexuels. » L’informa-t-elle, partageant sa légitime déception.

***


Sur son lit se trouvaient des dizaines des clichés, plus ou moins troubles, plus ou moins équivoques. Certains auraient donné la nausée au chirurgien le plus qualifié. Mulder se tenait néanmoins debout, un bras replié contre son torse, retenant son coude, et la main calée sous son menton. Au mur, des centaines de photographies faisaient office de papier peint, conférant à la pièce déjà sombre une atmosphère des plus macabres.

Jamais il n’avait été aussi loin de la moindre hypothèse, du moindre indice. Tout lui manquait. La seule certitude encore inébranlable qu’il détenait, était celle qu’un homme était responsable de ce meurtre. Une jeune femme, jolie mais inconsciente du mal qui la menaçait, la force exercée, la violence engendrée. Mulder n’avait aucun doute sur ce fait.

On ne devient pourtant pas assassin du jour au lendemain. Il avait bien dû commettre d’autres délits par le passé, des agressions, même mineures. Des traces devaient subsister et Mulder se devait de les trouver au plus vite afin d’empêcher un réel carnage.

Pas un cheveu, pas un résidu, pas un lambeau de tissu ou d’épiderme. Pas un témoin. Pas un bruit. Uniquement des gestes assurés, aucunes griffures ou coupures qui pourraient indiquer une quelconque hésitation. Ce prédateur avait dû choisir sa proie et exécuter son plan telle une mission parfaitement maîtrisée et calculée à l’avance, ne laissant aucune marge à l’imprévu.


« Mulder ? » L’appela une voix familière.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Mer 4 Juil - 18:09

Il fit volte-face et resta immobile, ses bras le long du corps et le regard empli de culpabilité. Depuis les deux jours où ils avaient investi cet hôtel, il était parvenu à faire en sorte que sa collègue n’aperçoive pas l’intérieur de sa chambre. Peine perdue. Son inquiétude était la dernière chose dont il avait besoin. Le dernier sentiment qu’il voulait éveiller en elle, tant il était inutile.

« Oh mon Dieu… » Souffla Scully en pénétrant les lieux, observant la nouvelle tapisserie avec une pointe d’angoisse. « Tu te fais du mal Mulder. » Lui reprocha-t-elle, une main toujours crispée sur la poignée de la porte.

« Scully, c’est comme ça que je travail ce genre de cas, c’est la seule manière pour que je sois efficace. Ne t’en fais pas pour moi, je connais mes limites. » Affirma-t-il pour ensuite de replonger dans la contemplation de ces images cauchemardesques.

« Oui aussi bien que la dernière fois, quand Patterson était impliqué ? Mulder, je sais que je ne peux pas t’empêcher de régler cette affaire à ta façon mais n’essaies pas de me cacher des choses. Je veux t’aider et je ne veux pas que tu perdes pied alors, je t’en prie, ne m’éloigne pas, tu sais que… »

« Oui, je sais que je peux te faire confiance Scully, je m’excuse, c’est plus fort que moi dans ces cas là c’est come si j’étais aveuglé par l’objectif que je me fixe. Je n’aurais pas dû te mettre à l’écart. »
Reconnut-il immédiatement avant même que Scully lui sorte le paragraphe habituel sur un ton plus maternel qu’amical.

La jeune femme s’avança vers lui et posa sa main sur son biceps, le regard figé sur ces atrocités qui les encerclaient. Le visage de l’unique victime ornait chaque recoin de la pièce, mettant en valeur tour à tour ses yeux vitreux, la lividité cadavérique de ses joues ou les craquelures de ses lèvres entrouvertes dans un cri qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’articuler.

Sa tenue consistait en une robe blanche, si fine qu’elle était devenait presque transparente. Ca et là, des gouttelettes de sang la parsemaient, intensifiant d’autant plus cette couleur virginale. Cette innocente jeune fille reposait sur le sol, les doigts entrelacés sur son ventre. Aucune trace de terre ne fut relevée sur ses talons ou sous ses ongles, ce qui prouvait que son meurtrier l’avait portée jusqu’à ce lieu et déposée avec une ironique délicatesse parmi les feuillages automnales.


« Si seulement on pouvait trouver quelque chose qui nous conduise sur la véritable scène de crime. » Se lamenta Scully, elle tentait en vain d’apprivoiser une mèche de cheveux rendue rebelle par l’humidité ambiante.

Un soupir échappa à Mulder lorsqu’il s’allongea sur son lit, écrasant au passage plusieurs photographies. Il semblait s’en moquer si bien que Scully soupçonna qu’il en possédait encore de nombreux exemplaires.


« A un moment j’ai pensé qu’il recommencerait. Mais ce n’est plus le cas, à mon avis, il avait trop bien paramétré et prémédité ses actes. Il contemple ce résultat comme un art, comme un tableau si exceptionnel et unique, que personne ne pourrait le reproduire sans commettre une erreur. Il a pensé à tous les détails évidents, je ne serais pas surpris de découvrir que son casier est totalement vierge. » L’informa Mulder, croisant ses bras sous sa tête et fixant son amie, assise près de lui.

« Il a voulu perpétrer le crime parfait. » Comprit Scully, un sourcil arqué en signe de réflexion prononcée.

« Et tu ne peux pas savoir la fierté qu’il en retire. A mon avis, si on veut le coincer, il n’y a qu’un seul moyen. Il faut profiter de son narcissisme, c’est ce qui pourrait le troubler, l’enrager, décrire le meurtrier comme un homme dérangé et surtout, très lâche. » Expliqua-t-il avec un entrain et une détermination des plus confuses.

« Mais tu ne penses pas que ça pourrait le pousser à justement commettre un autre meurtre, pour se surpasser ? » Osa Scully, sa question n’avait qu’un seul but, l’inviter à expliciter sa théorie plus en détails.

« C’est possible, mais c’est ce qui le conduirait à sa perte. Il lui faut un temps incommensurable pour tout planifier, or, le temps c’est exactement ce qu’il lui manque. S’il en venait à réitérer, il ne saurait comment s’y prendre, paniquerait dans ses mouvements. Il a probablement une peur absolue de l’imprévu, de ce qu’il ne peut contrôler, on doit jouer là-dessus. » Continua Mulder, retirant ses chaussures à la seule aide de ses pieds.

« Mulder, on ne peut pas risquer la vie de milliers d’habitantes. » Remarqua Scully, focalisée sur ces illustrations qui, plus elle y faisait attention, plus elles lui donnaient progressivement la chair de poule.

« C’est pourquoi il faut attiser son intérêt, on doit le mener jusqu’à nous. » Répliqua Mulder, se redressant pour s’asseoir près de Scully, au bord du matelas.

« Vers nous ? Tu veux que nous le mettions suffisamment en colère pour qu’il s’attaque à nous ? » L’interrogea-t-elle, perplexe.

« Pourquoi pas ? » Demanda-t-il, désabusé.

Quand Scully ne répondit pas, il se leva pour aller jusqu’à la porte, l’ouvrit et sortit prendre l’air. Si elle souhaitait obtenir plus d’éléments, Scully pouvait le suivre. Ou il resterait seul sous cette bruine persistante, marque déposée du Maine à en croire les préjugés. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres quand Mulder perçut le pas familier de son amie sur les lattes de bois trempées qui craquaient avec sinistre.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Sam 28 Juil - 22:45

Bientôt elle se posta devant lui, les cheveux plaqués contre le visage à cause l’averse. Elle frissonnait sous sa veste en cuir noir, malgré tout elle était venue à lui, comme toujours.

« Tu ne fais exprès n’est-ce pas ? » Fit-elle, malicieuse.

« Exprès ? » répéta Mulder, il ne saisissait pas l’allusion.

« Depuis notre première enquête, tu ne peux pas t’empêcher de m’attirer sous la pluie. Est-ce que c’est une forme de fantasme ? Je dois m’inquiéter ? » Plaisanta-elle doucement, si peu habituée à être celle qui émet des insinuations.

Mulder secoua la tête, touché par ces mots anodins et pourtant qu’elle seule pourrait prononcer à l’instant le plus opportun. Dans ses mains, il regroupa les siennes, frigorifiées et les réchauffa de son mieux. Scully discerna son regard, incroyablement concentré, à milles lieues de cet hôtel inconfortable.


« Quand je pensais à des appâts, je pensais aux services de police. Pas seulement nous. » Murmura-t-il finalement.

« Mulder, c’est à moi que tu as affaire, ça fait 7 ans qu’on se connaît, et tu sais très bien que tu me mènes en bateau. Tu comptes tout faire pour l’agacer et qu’il veuille se venger. Je suis partante, on est assez grands pour se protéger l’un l’autre et surtout, tu l’as dit toi-même, c’est notre unique chance. » Acquiesça Scully, entremêlant ses doigts aux siens.

« Tu sais, parfois tu me fais peur lorsque tu parviens à me lire aussi aisément. » Lui confia Mulder, il souriait de nouveau.

***


Les flashs d’appareil photos crépitaient de toutes les directions, éblouissant le chef de la police et faisant cligner des yeux plus d’un. Ceux de Scully étaient rivés sur la foule de journalistes et autres officiels réunis dans la salle. A son pupitre, l’enquêteur principal distillait quelques informations, juste de quoi maintenir leur curiosité. A ses côtés, Mulder relisait ses notes sans montrer un grand intérêt pour l’engouement général ou la moindre anxiété. C’était ce qu’il souhaitait transmettre comme impression, Scully n’était pas dupe. Il devait très certainement scanner les visages qui l’entouraient, à la recherche d’un individu douteux.


« Je cède donc la parole à l’Agent Mulder, notre profiler, qui pourra vous donner de plus amples détails. » Annonça le Shérif avant de se décaler afin de libérer le micro.

Mulder prit sa place et se présenta brièvement, axant ensuite son discours sur des éléments qui n’avaient que de minces rapports avec l’enquête.

Sur le côté de la pièce, Scully ne faisait que tendre l’oreille afin de capter des mots qu’elle connaissait déjà par cœur, se concentrant davantage sur l’appréhension d’un potentiel suspect. Elle se faufila entre ces inconnus, les bras croisés sur sa poitrine et esquissant de faibles sourires gênés lorsqu’elle dérangeait des gens déjà en place. Un homme recula brusquement et manqua de la faire tomber mais un journaliste la rattrapa par le bras.


« Est-ce que ça va ? » S’enquit-il sans défaire l’emprise de ses doigts.

« Oui, merci, ce n’est rien. » Le rassura-t-elle en s’éloignant pour rejoindre l’autre extrémité de la salle.

« Je serai bref et ne vous donnerai que les renseignements suivants : notre homme est de race blanche et probablement très intelligent pour mettre en œuvre un tel crime. Le plus important, il est terriblement lâche et a peu confiance en lui, il a commis ce crime afin de se prouver qu’il est supérieur aux forces de police. Mais cela n’enlève rien au fait que c’est un lâche qui a attaqué une femme plus faible que lui et reste terré dans son coin, il a peur du moindre affrontement et a surement dû mouiller son lit jusqu’à l’adolescence. » Termina-t-il en souriant ouvertement et s’attirant l’esclaffement de plusieurs personnes. « Je vous remercie et nous vous tiendrons au courant en temps et en heure des progrès de l’enquête. » Promit-il avant de descendre les trois marches de l’estrade pour rejoindre Scully.

« Si avec ça tu ne l’as pas énervé… » Murmura-t-elle en coin, sentant sa main sur son dos, la guidant vers l’extérieur.

« Je pense qu’il nous observe. » Confia-t-il en scrutant les environs.

« Comment peux-tu en être aussi sûr ? » Questionna Scully, remarquant l’inquiétude dans son expression, pourtant bien dissimulée.

Mulder ouvrit la porte et tous deux se retrouvèrent dans le parking principal, le soleil les aveuglant avec dureté et les forçant à plisser les yeux. Scully s’arrêta au beau milieu de la plateforme, les poings sur les hanches. Elle portait une jupe noire assortie d’une veste de la même couleur, ce qui créait un contraste prononcé avec ses jambes bien pâles.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Dim 19 Aoû - 22:45

« Une intuition. » Décocha-t-il sans pourtant suspendre sa surveillance.

« Mulder, à t’entendre on croirait qu’il nous guète un fusil à la main… » S’exclama Scully, presque irritée par son attitude.

« Scully, je ne sais pas comment dire ça mais je le sens, je sens son regard sur nous, sur moi. Je ne peux pas l’expliquer. Je retourne à l’hôtel. » Termina-t-il brusquement, il fit demi-tour puis marcha jusqu’à leur véhicule, s’immobilisant une fois la main sur la poignée. « Scully ? »

« Je viens. » Marmonna cette dernière, contournant la voiture pour s’installer du côté passager.

***


Avait-elle raison ? En dépit de ses doutes, Scully céda et vainquit son hésitation, elle frappa à la porte de la chambre voisine. Tout de suite, elle perçut des bruits familiers, le son de télévision que l’on abaisse, des pas dans sa direction…


« Scully ? » L’accueillit Mulder, se grattant le haut du crâne, les cheveux ébouriffés et les yeux endormis.

« Tu n’as pas mangé depuis ce midi, je me suis dit que… » Suggéra-t-elle en lui présentant un sac en plastique dont il émanait un parfum plus qu’alléchant.

« J’ai pas très faim. » Mentit Mulder, laissant néanmoins la porte ouverte mais il alla retrouver son lit.

« Un sac vide ne tient pas debout, il faut te nourrir un minimum. » Tenta-elle de le raisonner, elle alla s’asseoir à ses côtés et découvrit un énorme hamburger. « Je suis sûre que tu ne pourras pas y résister. » Affirma-t-elle d’un sourire malicieux.

Mulder ne pu que la rejoindre dans ses réjouissances, son entrain était si rare qu’il ne voulait pas le gâcher. Sans préciser qu’il avait l’estomac creux et ce sandwich avait vraiment l’air délicieux. Il y mordit à pleine dent tandis que Scully se contentait d’une simple salade assaisonnée peu gourmande. A cette vue, Mulder secoua la tête, désabusé : jamais elle ne saurait se faire du bien.


« Tu sais, j’ai pensé à quelque chose en réfléchissant au mode opératoire de notre homme. » Fit-il, la bouche pleine.

« Mulder, est-ce que c’est pressé ? » Soupira Scully, la fourchette à mi chemin entre son assiette en plastique et ses lèvres.

« Non, non on ne pourra vérifier ça que demain. » Se ravisa-t-il quand il aperçut son visage dans la pâle lumière de la table de chevet.

Il ne faisait aucun doute qu’elle était éreintée et à cause de son comportement, elle ne dormait que trop peu et se nourrissait sans aucune régularité.

Le soleil de l’après-midi avait vite joué à cache-cache entre les nuages pour finalement être repoussé par une pluie battante et incessante. Le vent faisait claquer leurs volets et les cloisons peu solides de leurs baraquements tremblaient sous les assauts de la tempête. Avec un peu de chance, le toit attendrait leur retour à Washington avant de s’effondrer.


« Missy avait peur du tonnerre quand nous étions enfants. » Murmura tout à coup Scully, dans une humeur de confidence.

Intrigué, Mulder releva les yeux et s’adossa contre la tête de lit pour lui accorder toute son attention. Il n’était pas fréquent que sa collègue et amie s’engage dans une conversation intime, chaque détail revêtirait une valeur inestimable pour lui.


« C’était la plus grande de nous deux et pourtant, dès qu’un éclair illuminait notre chambre, je pouvais être sûre qu’elle serait blottie contre moi en moins de 10 secondes. » Se rappela Scully, le regard perdu dans le passé. « Je faisais toujours la tête, je me moquais d’elle et lui disais qu’elle avait les pieds froids. Je lui disais de retourner dans son lit et elle se collait encore plus à moi. » Se souvint-elle, émettant un léger rire plein de nostalgie. « Je ne lui ai jamais dit combien tous les soirs je priais pour qu’il y ait une tempête, parce que comme ça, je savais qu’on parlerait, que l’on partagerait un bon moment et qu’elle était proche de moi. » Sa voix s’enrailla mais Scully s’éclaircit la gorge et continua. « Aujourd’hui encore, quand je suis seule dans mon lit, j’espère qu’un orage va éclater et que Missy sera là. » Avoua-t-elle en souriant pour masquer l’envie irrésistible que ses larmes avaient de dévaler ses joues.

« A moi aussi Samantha me manque le soir. » La joignit Mulder, exerçant une légère pression sur la main de Scully pour lui montrer son soutien.

« Je suis désolée, je crois que cette affaire me monte à la tête et pèse sur mon moral, j’avais besoin d’extérioriser… » S’excusa Scully, refermant la boîte contenant sa salade à peine entamée.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Mer 26 Sep - 22:34

« Tu n’as pas à t’excuser Scully, je suis content d’être là pour que tu puisses te confier, ça me fait du bien à moi aussi de t’entendre. » L’interpella-t-il avant qu’elle ne se lève et tente de fuir la pièce.

« En quoi m’entendre me lamenter sur mon sort peut t’aider Mulder ? » L’interrogea-t-elle, cette fois, ses deux sourcils étaient dressés.

« Ca me montre que je suis ton ami et que si j’en ai besoin, je sais que tu seras là en retour. On devrait faire ça plus souvent. » Répondit-il simplement avant de désigner son repas emballé. « Et mange Scully, un sac vide ne tient pas debout. » Ajouta-t-il, accompagné d’un clin d’œil amusé.

***


Mulder se trouvait dans le petit restaurant depuis une petite demi-heure, fraîchement douché après avoir couru sous la pluie. Rien de plus revigorant. Patientant pour son tour, il scrutait sa montre dans l’attente de sa collègue mais celle-ci, contrairement à l’accoutumée, se faisait désirer. Bien que Scully soit toujours parfaitement vêtue, maquillée et coiffée, elle n’était pas du genre à arriver en retard à un rendez-vous donné. La ponctualité était son fort, ce qui justement éveilla la perplexité de Mulder.

Une fois qu’il parvint au comptoir, il commanda à emporter plutôt que sur place et cala ses sacs sous son bras, tenant les gobelets de cafés brûlants du bout des doigts. Une fois à l’extérieur, il hâta son pas afin de ne pas tremper la nourriture et s’arrêta devant la porte de Scully.

Maintenant leur repas tant bien que mal, il réussit à frapper mais aucune réponse ne lui fut renvoyée. Partagé entre l’inquiétude et l’hésitation, il décida finalement d’entrer. Après tout, la sécurité de Scully passait avant son intimité, quoi qu’ils en pensent tous les deux.

Mulder pénétra la pièce sans un bruit, découvrant son amie paisiblement endormie, le visage faiblement éclairé par la lumière du jour. Il ne pu se retenir d’expirer de soulagement, puis il s’assit en douceur au bord du lit. D’un doigt sur sa joue, il caressa sa peau et murmura son prénom au creux de son oreille.


« Hum… ? »

« Il est 7h30 Scully. » L’informa-t-il, s’attendant à ce qu’elle jaillisse de sous ses couvertures pour se réfugier dans la salle de bain.

« Uh… Quoi ? » Emit-elle en entrouvrant un œil. « Mulder ? » S’exclama-t-elle en prenant appui sur ses coudes, ses cheveux lui tombant dans les yeux.

« Bonjour, le petit déjeuner est servi au lit. Si ça, ça ne fait pas de moi l’employé du mois, je démissionne. » Lança-t-il en lui présentant un café encore fumant.

« Oh… Je suis désolée je… J’ai eu du mal à trouver le sommeil. » Commença Scully avant que Mulder ne lui colle son gobelet dans la main et lui tende un muffin de l’autre.

« Scully, oublier de régler son réveil ou ne pas l’entendre arrive à tout le monde. On ne va pas en faire un drame. » La rassura-t-il avant de mordre dans son doughnut. « Et puis si ce n’est que ça, tu pouvais m’appeler Scully, je me serais fait un plaisir de coller mes pieds froids contre toi pour t’aider à t’endormir. » Plaisanta-t-il avant de s’éclipser pour qu’elle se prépare.

***


Dans la salle principale, Scully contemplait le mur où un plan avait été affiché, retenu par de simples punaises mal fixées. Ses yeux vagabondaient sur le papier, effectuant des pauses ça et là, suivant des lieux indiqués au préalable par des traits de marqueur rouge. Dans son dos, elle percevait le murmure de plusieurs voix masculines qui s’élevaient et s’adoucissaient au fur et à mesure des hypothèses émises sans le soutien d’indices.

Les jambes élégamment croisées, Scully laissait sa cheville tourner librement dans les airs, l’esprit occupé bien ailleurs. Mulder, qui avait marché jusqu’à elle sans que Scully ne le réalise, observa un instant le mouvement de son pied. Quand il revint à lui, son regard se connecta avec celui du sheriff qui lui sourit, goguenard et satisfait. Mulder le fixa quelques secondes, lui faisant comprendre qu’une remarque serait des plus malvenues, puis rejoignit enfin sa collègue.


« Tu te souviens hier soir je voulais te parler d’une idée. » Amorça Mulder, prenant place au bureau qui se trouvait en face de Scully.

« Et cette idée, elle est concevable ? » Le nargua la jeune femme.

« Le plastique. » Annonça-t-il avec fierté et mystère.

« Le plastique ? » Répéta Scully, sa curiosité piquée au vif.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Jeu 4 Oct - 16:40

« Oui, il a dû avoir besoin d’une sacrée quantité de plastique pour recouvrir les lieux de son crime et transporter la victime. Regarde, elle était totalement enroulée des pieds à la tête. » Lui indiqua-t-il, déposant les photos du lieu du crime sous les yeux de son amie.

« Et… Ca nous mène où tout ça ? » Questionna Scully, quelque peu perdue.

« A l’entreprise Softac. » Lança-t-il alors qu’il se levait et enfilait sa veste.

Scully dût bondir de sa chaise et effectuer plusieurs longues enjambées pour le rattraper à la hauteur des escaliers. Contrairement à ce qu’il aurait imaginé, elle ne lui demanda pas plus de détails et resta plus silencieuse qu’une carpe. Après toutes ces années, elle savait qu’il lui suffirait d’être patiente et qu’une fois sur les lieux de son choix, il lui confierait ce qu’elle devait connaître.

***


Une immense porte métallique se présenta à eux et Mulder la fit coulisser dans un grincement strident. Une fois à l’intérieur, ils réalisèrent combien ce hangar était immense. D’interminables étagères formaient des rangées plus ou moins régulières, recouvertes de matériaux en tout genre, allant de l’aluminium au plastique en passant par le bois. Inutile de préciser que cette entreprise devait se vanter posséder un impressionnant chiffre d’affaire.

Au détour d’une colonne, ils aperçurent un homme en habit de travail, un masque blanc dissimulait son visage. Mulder s’approcha et le salua afin de lui demander leur route.


« Nous souhaiterions parler au responsable du magasin, est-ce que vous pouvez nous renseigner ? » Questionna Mulder de manière anodine.

« James ? Il doit être dans son bureau. Tout au fond. » Répliqua l’ouvrier, haussant les épaules et se remettant à la tâche aussi sec.

« Je vous remercie. » Fit Mulder, tournant les talons.

D’un regard entendu, ils s’accordèrent sur le fait que cette première rencontre était peu chaleureuse. Malgré tout, ils continuèrent leur route comme si de rien était et parvinrent devant une porte ornée de la plaque du directeur. Scully frappa deux coups et une voix avenante les invita à entrer. La pièce était spacieuse et agréablement illuminée, décorée ça et là de plantes vertes. L’homme qui se trouvait derrière le bureau se leva et vint à leur rencontre, tendant la main pour effectuer une poignée pleine de vigueur. Sa peau était bronzée par le soleil et son regard noir gardait un mystère bien particulier.


« Bonjour Monsieur, Madame. Je ne crois pas que nous ayons rendez-vous, comment puis-je vous aider ? » Proposa-t-il d’un ton accueillant.

« Agent Mulder et voici l’Agent Scully. » Annonça Mulder, il présenta son badge et tous les trois prirent place dans les fauteuils.

« Est-ce qu’il y a un soucis, c’est un de mes hommes ? » S’inquiéta-t-il immédiatement, fronçant les sourcils.

« Nous ne le pensons pas. En réalité, nous sommes ici pour vous demander s’il est possible de consulter vos livres de commandes. » Expliqua Mulder, certain d’attirer son intérêt. « Un homicide a eu lieu à quelques kilomètres d’ici et le coupable a eu recours à une importante quantité de plastique transparent. Après quelques recherches, nous avons la certitude que vous êtes l’un des seuls endroits où notre homme aurait pu se fournir sans éveiller trop de soupçons. Plus l’entreprise est importante, plus il est facile de dissimuler un vol aussi volumineux. » Ajouta-t-il sans éclat, étudiant chaque réaction de son interlocuteur pour y déceler la moindre information.

Celui-ci inclinait la tête de temps à autre, il l’écoutait mais dévisageait Scully avec insistance, avec une méticulosité maladive. Tous les deux finirent par se sentir mal à l’aise sous son œil avide de détails.


« Tous mes clients sont des gens de confiance, en général il s’agit de petits sous-traitants qui se font une marge minimes sur leurs ventes. Je suis sûr que mon frère sera disponible pour vous en donner leurs noms, il travaille au rez-de-chaussée. » Indiqua-t-il en se levant, il se dirigeait vers la porte.

« Laissez, je pense pouvoir le trouver. » Le dissuada Scully, un sourit poli sur les lèvres.

Quand elle fut à l’extérieur, elle laissa échapper une profonde respiration et frotta inconsciemment la paume de sa main contre le revers de sa veste. Scully s’éclaircit la gorge et elle emprunta les escaliers avec prudence, tant ils semblaient instables et usés. Dans le hangar, son regard balaya les rangées et remarqua que la pause déjeuner devait être terminée car des dizaines d’hommes se trouvaient à la tâche. Une véritable fourmilière s’organisait avec une efficacité remarquable.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Dim 7 Oct - 22:12

« Excusez-moi, je cherche le frère de James Soffin s’il vous plaît ? » Demanda Scully à un homme barbu qui croisa son chemin.

« Juste derrière, c’est le plus maigrichon ! » Lança-t-il avec un éclat de rire, ne perdant pas de temps à se remettre au travail.

Scully travers une allée et trouva la personne en question, il s’agissait de celle qui les avait renseignés quelques minutes plus tôt. Cette fois, il était recourbé au dessus d’une planche surélevée de deux tréteaux. Un crayon dans une main, une calculatrice dans l’autre, il semblait hébété et se grattait le haut du crâne d’une main nerveuse.


« Excusez-moi, nous nous sommes parlés tout à l’heure. Vous êtes bien M. Soffin ? » S’enquit-elle en effectuant un pas de côté pour éviter de se faire heurter par deux hommes transportant des cartons.

« Oui c’est moi. » Fit-il en continuant à étudier ses lattes de bois.

« Je suis l’agent Scully du FBI. » Expliqua Scully, présentant son insigne. « Votre frère m’a dit que vous pourriez me faire consulter vos livres de commandes. » L’informa-t-elle, ses yeux se promenaient autour d’eux et admiraient l’agilité des ouvriers qui escaladaient d’interminables échelles sans flancher une seconde.

« Suivez-moi. » L’invita-t-il en indiquant un bureau accolé au mur, surplombé d’une montagne de documents.

***


Mulder s’installa dans le siège passager et claqua sa portière, ceci accompagné d’un soupir exaspéré. A ses côtés, Scully se trouvait déjà dans le véhicule, à lire des listes de noms avec une grande attention.


« Les noms que je vois vont être à vérifier, j’en ai recensés une vingtaine tout au plus. Avec un peu de chance il s’agira surtout de petites entreprises. » Espéra-t-elle, ses doigts parcoururent quelques pages puis elle referma le tout.

Perdus dans leurs pensées, le trajet leur sembla des plus courts et bien vite, ils étaient de retour à leur motel. La nuit commençait déjà tomber bien que ce ne fut que la fin d’après midi. Le temps était si maussade qu’il ne poussait en aucun cas au zèle. Chacun rejoignit sa porte mais Mulder n’avait pas déverrouillé le verrou que sa collègue l’interpellait.


« Est-ce que tu as toujours cette magnifique tapisserie dans ta chambre ? » Questionna-t-elle, ses épaules se haussèrent quelques secondes et se rabaissèrent aussi vite.

Mulder ne répondit pas, il se doutait qu’elle avait une idée bien précise en tête et comptait lui laisser le temps de s’exprimer comme elle l’entendait. A l’intérieur, ils se départirent de leurs manteaux et Mulder s’assit sur le lit, observant son amie avec intérêt.

Cette dernière se tenait face au mur, un poing recourbé sur la hanche, le second triturant l’ourlet de son chemisier blanc. Ses yeux se plissaient lorsqu’elle inspectait une photographie, détaillant chaque parcelle du lieu du crime, chaque indice probable. Tout à coup, elle attrapa l’un des clichés et vint s’installer à ses côtés, le posant sur ses genoux.


« Sur le coup, je n’y ai pas réfléchi. Tu es tout le temps en train de grignoter des graines de tournesol donc j’ai logiquement pensé que celle qui se trouvait sur les lieux t’appartenait. » Expliqua-t-elle en suivant le fil de sa pensée. « On ne les voit pas sur ces photos donc je ne peux que te demander de te fier à ma mémoire. » Concéda-t-elle faiblement.

« Je te crois Scully si c’est ce qui t’embête mais je peux t’assurer que ces graines de tournesol ne proviennent pas de mon stock personnel. » Affirma-t-il en observant le cliché.

« Je le sais bien, tu ne serais pas du genre à contaminer une scène de crime aussi stupidement. Ce qui m’a rappelé ce détail, c’est le frère de James Soffin. Celui qui m’a transmis les doubles des livres de commande. Au départ, je n’ai rien remarqué d’étrange, puis quand il m’a emmenée à l’écart, il a ôté son masque et lorsqu’il m’a parlé, tout m’est revenu d’un coup. » Décrit-elle les yeux toujours rivés sur le mur pittoresque de la chambre.

La main de Mulder vagabonda dans le dos de son amie, tour à tour caressant et massant ses muscles fatigués. Il longea sa colonne vertébrale et finit par crisper ses doigts autour de ses épaules, jusqu’à lui extirper un soupir soulagé. Après quelques secondes, il remonta dans sa nuque et réitéra son manège tactile, celui-ci se révélant des plus efficaces à en juger par le souffle détendu de sa collègue.


« On devrait voir ça demain, ce n’est pas comme si on pouvait prouver quoi que ce soit de toute façon… » Murmura Mulder en se penchant vers son oreille.

Les paupières de Scully se soulevèrent pour lui permettre d’acquiescer et un choix difficile s’imposa à elle. Devait-elle vraiment se relever pour rejoindre sa chambre aux draps froids ou pouvait-elle simplement s’allonger ici sur une couverture réchauffée par leurs corps et se laisser aller sous les administrations hors pair de Mulder ?


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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Sam 13 Oct - 18:41

« Bonne nuit Mulder. » Lança-t-elle finalement en se levant, ses mains aplatirent son chemiser et sa veste en un geste décidé.

« Scully ? »

« Hum ? »
Fit-elle, une fois arrivée à la porte communicante, elle se tourna vers lui pour l’écouter.

« Est-ce que tu penses qu’un jour on pourra arrêter de faire comme si de rien n’était ? » Demanda-t-il d’un ton faussement innocent.

Un bref instant, il la vit se paralyser, lutter pour maintenir la face et agir comme s’il n’avait pas touché une corde sensible. Après toutes ces années, il la connaissait suffisamment pour deviner ce qu’elle pensait et ce qu’elle tentait désespérément de lui cacher. Restait à savoir s’ils auraient le courage d’interpréter ces signes et de mettre le moteur en marche.


« Je crois que nous sommes très doués pour les allusions mais qu’un jour, on en sera à court. » Déclara-t-elle, un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres et elle s’éclipsa.

Assis sur son lit, Mulder soupira et se laissa tomber sur le dos, les yeux fixés sur le plafond décoloré. Quelque part, il ne souhaitait pas que les choses se débloquent tout de suite, dans cette ville, dans une chambre d’hôtel délabrée avec un lit qui grince au moindre mouvement et des murs épais comme du papier. Elle méritait bien mieux et tout compte fait, lui aussi.


***


« Il faut l’agacer le faire sortir de ses gonds en lui montrant qu’on sait qui il est et ce qu’il a fait. Il doit se sentir piégé et sans issus, c’est alors qu’il fera une erreur. Il a eu le temps de préméditer ses actes précédent, dans l’empressement, nous pourrons l’attraper en flagrant délit. » Expliqua Mulder à tout un groupe de policiers réunis pour l’occasion.

Dans un coin, Scully observait la salle, fière de voir que pour une fois les gens faisaient confiance à Mulder et tiraient une leçon de son expérience des crimes violents. Il obtenait une reconnaissance dont elle se languissait pour lui depuis des années. Peut-être qu’en s’occupant de telles affaires, il regagnerait peu à peu le respect de ses supérieurs et pourrait acquérir davantage d’espace et de mou pour travailler comme il l’entendait. Être tenu en laisse par Kersh était tout ce qu’il détestait le plus au monde et retrouver cette liberté le rendait performant. Cet homme plaisait à Scully encore plus que celui qu’elle avait l’habitude de côtoyer. Bien sûr, il n’avait jamais réellement suivi les règles mais être témoin de cette ascension fulgurante, de cette assurance qu’il emmagasinait à chaque seconde lui apportait la certitude qu’elle avait fait le bon choix. Le rejoindre avait été la meilleure décision de sa vie, peu importe ce que sa famille ou ses proches puissent en penser.


« L’Agent Scully et moi allons retourner à son entreprise et lui laisser entendre la piste sur laquelle nous sommes. A partir de là, c’est vous qui entrez en jeu, effectuant une surveillance à distance de tous ses faits et gestes. On ne le lâchera pas d’une semelle, est-ce que c’est clair ? Il n’a plus rien à perdre donc la mort pourrait être une issue aussi favorable que la fuite pour lui. Méfiez-vous en. » Conclut-il d’un mouvement entendu de la tête.

Les gens présents dans la pièce acquiescèrent à l’unisson et bientôt, un brouhaha s’éleva tout autour d’eux, dans un mélange de chaises déplacées et de discussions animées.


« Est-ce que tu penses qu’ils ont eu le message ? » Questionna Mulder lorsqu’il rejoignit Scully.

« J’espère simplement ne pas m’être trompée. » Répliqua-t-elle, haussant les épaules.

« Scully, on a tout revérifié et chaque élément concorde. Le plastique qui a disparu et qu’il est le seul à pouvoir dérober sans être découvert, l’odeur des graines de tournesol, le mobile… Je ne vois pas ce qu’il te faut de plus ? » Demanda-t-il, interloqué.

« Son mobile… On n’en a aucune idée. Il a pu simplement se prendre une veste avec cette fille. » Lui fit-elle remarquer, passant la porte juste avant lui.

« Non, je sais que c’est lié à son frère. C’est lui qui fait des études et c’est James qui obtient le poste de ses rêves à la tête de l’entreprise de son père. Il y a de quoi devenir fou. » Commenta Mulder, il sortit son téléphone portable de sa poche et composa un numéro noté sur un papier.

Scully l’observa alors qu’il passait son coup de fil à James Soffin, lui annonçant qu’ils avaient besoin de se revoir au plus vite. Malgré le manque d’information, Scully suivit son collègue, pour la énième fois. Le trajet fut silencieux et ils n’ouvrirent la bouche qu’une fois sur les lieux pour interroger leur homme.


« Et bien, j’ai travaillé dès mon plus jeune âge pour mon père. Je n’avais pas seize ans que déjà il m’apprenait le métier. » Raconta James Soffin, plus vaniteux que jamais.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Lun 15 Oct - 19:06

« Et qu’en était-il de votre frère ? » L’interrogea-t-il Mulder.

« Il n’était pas très doué niveau contact avec la clientèle, il a préféré se plonger dans les études. » Expliqua l’homme, balayant les choix professionnels de son frère comme s’ils étaient insignifiants.

« Et quand il est revenu pour logiquement diriger l’entreprise, étant l’aîné, il a découvert que son père vous avait déjà nominé pour la place. » Déduisit Mulder, écœuré par la situation.

« Ecoutez, je sais très bien ce que vous pensez, que je suis un opportuniste etcetera, mais ce n’est pas de ma faute, à ma place, n’importe qui aurait sauté sur l’occasion. Mon frère avait peut-être fait les études adéquat, en attendant, moi je connaissais l’entreprise par cœur alors que lui adressait à peine la parole à mon père. J’ai bossé autant que lui pour en arriver là. » S’emporta James Soffin, haussant le ton.

Scully acquiesça en silence, postée près du mur, elle pouvait surveiller le hangar tout entier par la large fenêtre qui donnait dessus. Sous ses yeux, Eric Soffin, le frère aîné de la famille, s’affairait sur plusieurs caisses de bois récalcitrantes. Tout à coup, une main s’abattu sur son épaule et elle fit volte face, Mulder sourit à sa nervosité puis il lui fit signe que leur entretien était terminé.


« Tu sembles ailleurs Scully, est-ce que quelque chose te tracasse ? » S’enquit-il une fois à l’extérieur du bureau.

« Non, j’essaie juste de comprendre comment un homme qui semble si ordinaire peut être l’auteur des atrocités perpétrées sur la jeune femme que j’ai autopsié. » Rétorqua-t-elle amèrement, descendant les escaliers la première.

« Hey, est-ce que tu veux faire une pause ? J’irais bien engloutir une demi-douzaine de Doughnuts. » Suggéra-t-il quand il arriva à sa hauteur.

« Je sais très bien ce que tu es en train de faire Mulder. Et non merci, je préfère rentrer au motel, tu sais ce que je pense de ce genre de nourriture. » Maugréa-t-elle, les dents serrées, sa mauvaise humeur soudaine lui semblait difficile à contenir.

« Raison de plus, rien de mieux qu’un abus de calories pour repartir du bon pied. Je pensais que c’était le mot d’ordre de chaque femme. » Lança-t-il en effectuant son plus beau sourire, il espérait la charmer par tous les moyens.

« Ce n’est pas le mien. » S’obstina-t-elle, ils passèrent la dernière rangée de hautes étagères puis se tournèrent vers la porte principale.

Ils étaient sur le point de sortir mais au préalable, Mulder jeta un regard au dessus de son épaule afin de repérer l’endroit où Eric Soffin se situait. A sa surprise, il l’aperçut à quelques mètres d’eux, il avait brusquement dévié la tête pour feindre de s’intéresser à son travail. Mulder le dévisagea un instant puis il comprit qu’il n’attirerait pas davantage son attention et se reconcentra sur Scully qui avait pris de l’avance sur lui. En plusieurs enjambées, il l’avait doublée et s’était glissé dans le siège conducteur, se cambrant pour lui ouvrir la portière de l’intérieur. Un léger sourire de la part de sa collègue lui permit de comprendre que ce n’était pas après lui qu’elle en avait mais plutôt cette affaire en son intégralité. Pas qu’elle soit plus dure à affronter que les autres ou particulièrement pernicieuse, mais l’accumulation d’enquêtes, de pistes et d’éléments commençait probablement à entamer son moral et son énergie. De son côté, Mulder devait bien s’avouer qu’il en était au même stade. Son travail avait beau le passionner et constituer chaque parcelle de sa vie, des vacances se révèleraient peut-être efficaces pour les remettre tous d’eux sur pieds.

***


Scully déposa sa serviette sur le bord de la baignoire pour se tourner vers le miroir et brosser ses cheveux encore humides. Il n’était que midi mais l’appel d’une douche brûlante s’était montré irrésistible. L’observation de son reflet se fit critique mais elle prit sa fatigue en considération et s’accorda le bénéfice du doute. De l’autre côté du mur, elle entendit Mulder remuer, peut-être lui aussi avait-il décidé de se délasser sous l’eau. Scully consulta sa montre et découvrit avec plaisir qu’il lui restait encore une heure pour profiter de sa tranquillité. Ensuite, Mulder et elle relaieraient l’équipe chargée de la surveillance exercée sur Eric Soffin. Un plaisir extrême soupira la jeune femme, tube de crème hydratante en main, elle s’attela à la tâche.

Lorsqu’elle eut terminé, elle savait qu’elle n’aurait sûrement à repasser au commissariat donc elle opta pour une tenue décontractée et se permit d’enfiler un jean et un débardeur. Comme elle commençait à s’ennuyer seule dans sa chambre, elle alla frapper à la porte communicante et attendit en vain une réponse de Mulder. Curieuse, elle plaqua son oreille contre la fine épaisseur qui la séparait encore de lui et ne perçut pas le son de la télévision. Peut-être avait-il réussi à s’endormir ?

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Lun 22 Oct - 14:47

Mulder sortait à peine de la douche, il n’avait même pas réellement attendu de s’essuyer entièrement pour enfiler un jean et un tee-shirt. Il avait la tête recouverte d’une serviette éponge et ne vit pas arriver le coup qui s’abattit sur sa nuque et le fit s’écrouler sur la moquette. Sa chute fut simplement amortie par les bras de son agresseur qui souhaitait rester discret.

« Alors Agent Mulder, on croit toujours que je ne suis qu’un incapable qui veut juste attirer l’attention des média ? » Susurra l’homme à son oreille.

D’une main il tenait ses poignets dans son dos, de l’autre il sortit une attache en plastique qu’il glissa jusqu’à lui couper la circulation sanguine. Qu’en avait-il à faire ? De toute façon, si les choses se déroulaient comme prévu, il n’en aurait plus une grande utilité.

Un bruit l’inquiéta un instant dans la pièce voisine, une porte venait de se refermer et il patienta un instant, au cas où sa collègue surgirait. Quand ce ne fut pas le cas, il se focalisa de nouveau sur sa proie et pour s’assurer qu’elle ne se réveillerait pas de si tôt il lui fit respirer un tissu imbibé de chloroforme. Une fois la tension redescendue, il s’avachit sur le lit et épongea son visage d’un revers de manche. Sa respiration résonnait dans toute la pièce et soulevait sa cage thoracique d’une manière si excessive qu’il en avait mal aux côtes. S’en prendre à un homme, un représentant de la loi et ce sans avoir précisément planifié les évènements se révélait une tâche encore plus ardue qu’il ne l’avait présagé.

Du regard, il inspecta les lieux, remarquant l’arme de service de Mulder qui gisait encore indemne sur la table de chevet. Eric Soffin avait beau se laisser marcher souvent les pieds, il n’était pas près à se faire ridiculiser devant des milliers de téléspectateurs et ce par des policiers dont le QI et le niveau d’étude n’atteignaient pas les siens. Agacé, il se releva et s’empara du révolver pour le fourré dans l’arrière de son pantalon, à porté de main.


« Mulder ? » Lui parvint tout à coup une voix de l’autre côté de la porte.

Eric Soffin se figea sur place, l’adrénaline surgit dans son sang et accéléra brutalement les battements de son cœur. Sur la pointe des pieds, il avança le plus discrètement possible et se faufila contre le mur pour surprendre la jeune femme si elle venait à entrer malgré l’absence de réponse.


« Mulder, on doit aller prendre la rel… » Fit Scully en entrant et se tue immédiatement quand elle aperçut son collègue étendu parterre.

Le doute n’eut malheureusement pas le temps de s’insinuer en elle que déjà un bras se faufilait autour de son cou et l’étreignait sans ménagement. Elle fut propulsée en avant et réceptionna la chute avec maladresse, se tordant le poignet sur la moquette. Un gémissement lui échappa mais son assaillant ne faiblit pas sa pression, la forçant à plat ventre et agrippant ses mains pour les lier dans son dos. Il les tint dans une des siennes et de l’autre il se servit pour appliquer le canon de l’arme sur sa nuque.


« Agent Scully, je vous conseille de coopérer ou l’abruti que je suis pourrait faire des bêtises. » Grogna-t-il jusqu’à la faire taire.

Scully fixa son collègue, se demandant s’il était inconscient ou déjà… elle se refusa de penser à une telle idée et se concentra sur son torse, tentant de voir s’il respirait encore mais de sa position, il lui était compliqué de maintenir une observation régulière. Eric Soffin, comme elle l’avait identifié, se tenait à califourchon sur elle et exerçait une force incroyable sur son dos, lui empêchant de trop relever la tête. Au dessus d’elle, Scully pouvait deviner qu’il s’affairait à quelque chose de précis mais elle ne pu le découvrir que quand un linge humide recouvrit sa bouche et son nez. Elle eut beau lutter, gesticuler, il était en position de dominance et finit tout de même par venir à bout d’une sublime démonstration d’apnée.

Eric Soffin soupira de soulagement, réalisant qu’il avait mis à terre deux agents du FBI et une certaine fierté monta de lui. Peut lui importait de savoir que son procédé n’avait pas forcément été fairplay et qu’il les avait légèrement attaqués par derrière. Revigoré par ce succès inattendu, il en profita pour aller faire un tour dans la chambre de la jeune femme et fut de retour avec son arme ainsi que ses menottes dont il n’hésita pas à se servir sur elle. Son attention se reporta sur l’homme lorsque celui-ci commença à remuer.


« Agent Mulder, de retour parmi nous. Je sais que tout le monde a comprit que j’étais le responsable de ce meurtre, je n’ai plus rien à perdre. Mais je peux quand même leur prouver à tous que c’est vous les idiots et que vous vous êtes faits avoir comme des débutants. » Se vanta Soffin, donnant un coup de pied à Mulder pour le faire se retourner.

Celui-ci grommela de douleur, cependant il osa le regarder dans les yeux, lui montrant qu’il n’était pas plus inquiet que ça. Soffin n’apprécia pas et le lui fit comprendre en le frappant dans les côtes. Mulder souffla entre ses mâchoires contractées, il ne voulait pas lui donner le plaisir de le voir souffrir. Ce qui éveilla son anxiété en revanche, fut de voir que Scully gisait inerte à quelques centimètres de lui et qu’il venait seulement de s’en rendre compte.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Mar 23 Oct - 23:56

« D’accord, vous souhaitez nous ridiculiser. Rien qu’en nous séquestrant, vous obtenez déjà votre revanche Eric. » Souligna Mulder, il préférait être retenu otage pendant quelques heures plutôt que de se retrouve victime d’un homicide.

« Non, pas du tout, cela ne fera que quelques lignes dans les journaux. Si je me débarrasse de vous, là on parlera de l’homme qui s’est payé les têtes de deux Agents du FBI sur toutes les télés. » La nargua-t-il en brandissant son arme sous son nez.

« Liquider un seul Agent vous suffirait pour passer à la télé si c’est ce que vous voulez, l’agent Scully n’est pas celle qui vous a publiquement dénigré. » Se risqua Mulder, désignant du regard sa collègue évanouie.

A ses dires, Soffin s’agenouilla près de Scully et sa main se perdit dans ses cheveux, arrachant des frissons à Mulder et l’envie supplémentaire de le faire souffrir avant de le tuer. Son kidnappeur ignora sa réaction, trop intéressé par la jeune femme qu’il avait sous ses yeux. Il semblait comme hypnotisé par elle, ses doigts parcouraient désormais la peau de sa nuque pour remonter vers sa joue.


« C’est fascinant, ses cheveux sont aussi doux que… » Sa voix tressaillit et il tourna la tête pour reprendre ses esprits.

« Que qui ? Cette pauvre jeune fille que vous avez lâchement assassinée ? » Tenta de deviner Mulder, le pousser à bout le forcerait peut-être à commettre des erreurs.

« Non, vous ne comprenez pas ! » Aboya Soffin, menaçant Mulder de son propre Smith&Wesson.

Comme Mulder était attaché, il n’hésita pas à reculer pour lui tourner le dos et observer l’extérieur de la chambre à travers les stores abaissés. Il consulta ensuite sa montre et il fit brusquement demi-tour. Tout à coup, il avait l’air d’être pressé, ses gestes s’accélérèrent et s’approcha de Scully avec une expression qui décida Mulder à parler de nouveau.


« Allons Soffin, réfléchissez, un seul meurtre et vous en prenez pour 15ans, si vous assassinez aussi l’Agent Scully, vous pouvez oublier une remise de peine, c’est perpète ou la chaise électrique. Ca a son importance. » Argumenta Mulder, il avait beau tirer sur ses poignets, le plastique qui les enserrait ne semblait pas s’assouplir.

« Ouais c’est ça, cause toujours… Tout ce que vous voulez c’est gagner du temps ou l’épargner, je ne suis pas dupe ! Arrêtez de me prendre pour le dernier des cons ! » Hurla Soffin, se penchant sur Mulder et l’attrapant par le tee-shirt.

Mulder sauta sur l’occasion pour reculer violement, faisant mine de vouloir lui échapper. Dans son mouvement, il se cogna volontairement la cuisse contre la table de nuit et son vœu se réalisa quand il entendit son verre d’eau tomber et se briser au sol. Suite à sa maladresse, quoique feinte, Soffin fut encore plus agacé et lui donna un coup de crosse en pleine face. Une fois écroulé au sol, Mulder admit pour la première fois être content de se faire frapper. Au moins, maintenant, il pouvait s’emparer discrètement de l’un des débris et libérer ses mains, ni vu ni connu.

Alors qu’il s’affairait sur ses liens, il senti une coulée chaude dévaler sa joue en direction de sa bouche. Il ne dût pas patienter longtemps avant de reconnaître le goût métallique du sang sur ses lèvres. Sa pommette devait être salement écorchée pour qu’elle se répande à ce point.

Son regard suivait Soffin des yeux et le voir rôder autour de Scully ne lui disait rien qui vaille. L’homme s’accroupit et glissa ses mains sous les aisselles de sa collègue, s’apprêtant sans doute à la traîner jusqu’à l’extérieur où une voiture devait l’attendre. S’il voulait éviter le pire, il était temps qu’il agisse.

Au moment où Soffin se relevait, les épaules de Scully en main, Mulder lui sauta dessus et ils chutèrent dans un amas de membres indiscernable.


« Lâche-moi… » Balbutia Soffin en se débattant, il essayait par tous les moyens de récupérer l’arme qu’il avait coincée dans sa ceinture.

Mulder lui assena un coup dans la mâchoire mais se retrouva bien vite en tête à tête avec son révolver pour la seconde fois en quelques minutes, ce qui eut le don de le mettre hors de lui. Il se trouvait peut-être sans défenses apparentes mais il ne manquait ni de répartie, ni de technique, ce qui lui permit de mettre son ennemi à terre en quelques mouvements ajustés.

Un genou sur sa poitrine et le canon de son arme sur sa gorge, Mulder quitta Soffin du regard quand il entendit gémir dans son dos. Scully se trouvait là, assise, les mains toujours derrière elle à cause des menottes. Elle les fixait avec curiosité.


« Ca va Scully ? » S’enquit Mulder se reconcentrant sur Soffin.

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MessageSujet: Re: Modus Operandi   Jeu 25 Oct - 17:30

« Je crois… Et toi ? » Répondit-elle en s’approchant d’eux sur les genoux.

« J’ai vu de meilleurs jours. » Fit-il honnêtement.

« Est-ce que c’est mon arme qui est par terre sous le lit ? » S’inquiéta Scully en réalisant que le révolver était similaire au sien.

« Il a été la récupérer pendant que tu étais inconsciente. » Expliqua Mulder. « Je dois avoir des clés dans la poche de ma veste. » L’informa Mulder en indiquant ses poignets liés.

« Merci. » Répliqua-t-elle en se levant.

Elle fut de retour quelques secondes plus tard, attachant les bracelets de métal à leur agresseur. Quand elle scella le second anneau, il la vit grimacer légèrement et remarqua que son poignet avait rougi et quelque peu gonflé. Lui-même sentait que le haut de sa joue était engourdi et avait sûrement enflé jusqu’à rendre la symétrie de son visage de plus originales.

Tout à coup, la porte s’ouvrit dans un claquement et trois policiers armés jusqu’aux dents firent irruption dans l’étroite chambre d’hôtel. L’expression hébétée qu’ils arborèrent en comprenant qu’ils étaient en retard de quelques minutes fit presque rire Mulder, s’il ne s’était pas méfié de sa pommette abîmée.


« On peut savoir ce que vous avez fichu ? » Les interrogea-t-il en leur confiant néanmoins leur homme.

« Il a pris sa voiture et le temps que le renfort rejoigne nos collègues pour la filature, il avait réussi à les semer en créant un carambolage. Heureusement, on a retrouvé sa trace grâce au mouchoir qu’on lui avait collé. Mais on a eu du mal à deviner ce qu’il venait faire dans les parages, jusqu’à ce que le shériff nous dise que vous logiez dans le périmètre. » Rapporta un jeune officier, les observant avec un rictus désagréable. « Vous devriez vous faire examiner par u médecin, on peut vous déposer à l’hôpital si vous le souhaitez. C’est sur le chemin du commissariat. » Ajouta-t-il ensuite.

« Je vous remercie ça ira. Mulder ? » Questionna tout de même Scully, ne voulant pas parler que pour elle.

« Oui, ce n’est pas la peine, on a ce qu’il faut, la force de l’habitude. » Plaisanta-t-il, raccompagnant les hommes à la porte. « On passera plus tard pour faire nos dépositions. » Glissa-t-il avant de refermer derrière lui.

« Je reviens. » S’excusa Scully et Mulder en profita pour rejoindre la salle de bain.

Peut-être aurait-il dû suivre les conseils de ce petit jeune, après tout, l’os pouvait avoir été touché. S’auscultant lui-même, il décida que non, il avait de l’expérience dans ce domaine et savait reconnaître une fracture lorsqu’il en souffrait. Scully se trouvait dans l’entrée de la pièce exigüe, une poche de glace en main, ainsi qu’un kit de premiers secours.


« Mets ça contre ta joue pour éviter qu’elle n’enfle davantage sinon tu n’y verras plus rien demain. » L’avisa-t-elle en tendant le sachet transparent.

Mulder remercia intérieurement l’inventeur du distributeur automatique de glaçons. A peine avait-il suivi ses instructions que Scully s’échappait de nouveau dans sa chambre. Mulder ne l’entendit pas de cette oreille et lui emboîta le pas. Comme elle ne s’était pas rendue compte de sa présence dans son dos, elle s’attela à soigner son poignet mais appliquer correctement le bandage avec une seule main s’avérait périlleux.

Qu’elle réclame son aide serait parfaitement utopique alors Mulder ne se fit pas prier. Il déposa son pack de glace sur la table de chevet, faisant sursauter sa collègue au passage, puis s’agenouilla devant elle. Il prit la bande des mains de Scully et en dépit de son regard ennuyé, commença à l’enrouler avec autant de soin qu’il le pu. Au final, il fut plutôt fier du résultat et Scully semblait elle aussi satisfaite sauf qu’il n’y avait qu’une chance sur un million pour qu’elle l’avoue. Soit, Mulder en avait l’habitude après toutes ces années et ne le lui reprocherait pas, Scully avait dû faire ses preuves auprès des hommes pour se faire accepter. La raison pour laquelle elle continuait à adopter cette attitude en sa présence restait malgré tout un mystère. Ne lui avait-il pas déjà fait comprendre qu’il la considérait comme son égale et bien plus encore ?

Près de lui, Scully enfilait ses chaussettes avec difficulté mais y parvint après plusieurs tentatives. Elle glissa ensuite ses pieds dans ses chaussures et s’assit sur le coin du lit en soupirant. Oserait-elle ? Mulder croisait les doigts dans son dos. Il ne désirait qu’un pas de plus, un pas dans la bonne direction, celle qui leur permettrait un jour de passer à la vitesse supérieure.


« Mulder ? » Fit-elle d’une voix fatiguée.

« Oui ? » Répondit Mulder, il tentait de dissimuler un sourire plein d’espoir.

« Est-ce que… Tu peux faire mes lacets ? » Demanda-t-elle comme si les mots lui brûlaient les lèvres.

Face à un tel effort, Mulder préserva sa dignité et effectua deux boucles en un temps record. Il attrapa son sac de glace mais avant de retourner à sa chambre, il se retourna une dernière fois.


« Je crois que je vais avoir une migraine de tous les diables. » S’exclama-t-il, peut-être attraperait-elle la perche qu’il lui tendait.

« Mon poignet me fait mal aussi, je pense qu’il s’impose de refaire le stock de tylenol. » Acquiesça-t-elle avec une honnêteté qui fit grandement plaisir à Mulder.

« Ce sera ma tournée ! » Lança-t-il, tellement content qu’elle admette enfin sa douleur sans éprouver une honte compulsive.

Scully esquissa un faible sourire et respira profondément, elle n’en était pas encore morte et Mulder ne changeait apparemment pas son comportement lorsqu’elle confiait ce genre de souffrance. A l’avenir, elle essayerait de se confier davantage sur ce terrain.


« Scully ? »

La jeune femme redressa la tête avec curiosité, sa main blessée collée contre son ventre avec précaution.

« Juste… Merci. » Murmura-t-il en haussant les épaules tel un petit garçon, ce qui fit craquer son amie et elle sourit pleinement à sa gentillesse.

Mulder considéra la situation un instant puis se décida à quitter la pièce pour lui rendre son intimité. Bientôt ils devraient retourner au commissariat pour faire leurs dépositions et rentreraient à Washington pour rendre leurs rapports. Entre temps, leurs attitudes l’un envers l’autre évolueraient probablement à vive allure. Pour le moment, sa tête tournait et le poignet de Scully avait doublé de volume, pourtant, tout allait bien.

THE END

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