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 Troubles Souvenirs

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Polly

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MessageSujet: Troubles Souvenirs   Ven 26 Oct - 20:17

Auteur : PoLLy
Time Line : AU
Disclaimers : rien n'est à moi, je n'en tire pas d'argent, blablabla... lol
Résumé : Mulder est psychologue et fait un jour la rencontre d'une patiente pas comme les autres... ouah, trop intéressant! LOL
Rating : Pour l'instant PG, je préviendrais au cas où il y aurait des passages plus... hot! lol



TROUBLES SOUVENIRS




La Cacophonie. Ce fut ce mélange de plaintes et de hurlements languissants qui le surprit le plus. Il parcourut les couloirs inconnus, guidé par le directeur des lieux. Trapu, il était néanmoins écrasé par le poids des années qui s’accumulaient sur ses épaules. Il avait probablement passé toute sa vie entre ces hauts murs délabrés. Cet endroit était affublé du nom d’hôpital, cependant, il donnait davantage l’impression d’une prison grisâtre et pestilentielle. Dans quoi mettait-il les pieds ? Son assignement à Chicago lui avait semblé être le point de départ d’une nouvelle vie, pas d’un cauchemar.

Ses pas le conduisaient malgré tout en direction de son bureau, les chambres défilant sous ses yeux lui faisaient naître des frissons à l’arrière de la nuque. Des cellules, c’était à quoi ces petites pièces sombres et exigües s’apparentaient, ni plus ni moins.

Les patients - ou devait-il les considérer comme des détenus ? – s’adressaient parfois à lui, échangeant un mot, un signe de la main ou un cri déchirant. Certains se tenaient devant les portes, d’autres s’éloignaient d’un air apeuré vers leurs quartiers. La curiosité se montrait difficile à surmonter lorsqu’un inconnu débarque soudainement pour troubler une tranquillité faussement installée.

Mulder finit par fixer le sol couvert de saletés et de poussière, évitant ça et là des regards lourds de suppliques ou de haine. En face de lui, son supérieur énumérait noms, couloirs ou conseils avisés. Il n’entendait plus sa voix, noyée dans ses pensées ou couverte par les battements de son cœur au creux de ses tempes.

Les premiers jours lui parurent un enfer, la fatigue l’assommait le soir et le matin il n’avait pas la force ou l’envie de sortir pour rejoindre son travail. Jusqu’à ce jour de janvier, juste après le morne Nouvel An que certains patients avaient refusé de célébrer. Il avait traversé un couloir pour rejoindre un collègue, tournant la tête au passage d’une chambre. Il ne savait pas ce qui avait attiré son attention, le silence agréable qui régnait dans la pièce ou bien cette couleur vive, inhabituelle en ces lieux. Ce roux pur et brillant avait capté son regard pour ne plus le quitter, néanmoins ce ne furent pas ses cheveux qui le poussèrent à entrer. Le bleu de ses yeux le happa et il vit ses pieds défiler devant lui et l’arrêter au bout du lit. Elle se trouvait là, assise en tailleur, infiniment mince et dénuée de toute peur.


« Bonjour. » Se risqua-t-il, les mains moites dans les poches de sa blouse.

« Bonjour. » Répondit la jeune femme avec une nonchalance qui le déstabilisa quelque peu.

« Je suis le Docteur Mulder. Je ne crois pas vous avoir encore rencontrée. » S’entendit-il dire d’une voix étonnement assurée.

« Je ne suis ici que depuis quelques jours. » Expliqua-t-elle, resserrant autour d’elle le drap qui couvrait ses épaules.

Ce ne fut qu’à cet instant qu’il remarqua son bras en écharpe ainsi que l’hématome qui ornait le côté gauche de son visage. Il n’était que psychologue mais après tous les cas qu’il avait traités, Mulder aurait reconnu des traces de coups au premier aperçu, toute fois le doute subsistait. Cette idée le mis mal à l’aise et il détourna le regard, comme s’il ne voulait pas qu’elle devine son questionnement intérieur.


« Est-ce que vous pouvez me dire ce qui vous est arrivé Mlle… ? » Amorça Mulder, il souhaitait connaître son nom sans avoir à consulter son dossier, dans l’espoir instaurer un climat de confiance.

« Jane Doe ? C’est bien comme ça que l’on nomme les personnes non identifiée. » Demanda-t-elle avec un sarcasme des plus corrosifs.

Mulder se trouva muet face à cette réponse inattendue et quand elle se tourna pour mettre fin à la discussion et ignorer sa présence, il comprit le message qu’elle transmettait. Il hocha la tête bien qu’elle ne puisse pas le voir et recula vers la porte. Il se retourna une dernière fois, juste à temps pour voir la gorge de l’inconnue se contracter pour refouler le flot de ses émotions. Cette vision lui pinça le cœur mais il se plia à sa volonté et s’éclipsa sans plus insister.

***


Plusieurs jours s’écoulèrent, les éloignant de la période des fêtes et Mulder effectua un détour tout sauf anodin par cette chambre qui hantait ses pensées. Cette jeune femme l’avait tant intrigué qu’il n’avait pas pu se l’ôter de la tête malgré tout le temps qui s’était écoulé depuis leur première rencontre, ainsi que la fraîcheur avec laquelle il avait été accueilli. Arrivé à sa porte, il s’attendait à la trouver fermée, la plupart des patients dormaient le plus tard possible pour éviter l’ennui qui pesait sur eux à chaque heure. Au lieu de cela, l’entrée était grande ouverte et l’inconnue se tenait assise sur le rebord de la fenêtre. Mulder s’approcha doucement pour de pas la faire sursauter, mais il n’avait pas fait deux pas que déjà elle posait son regard azur sur lui.


« Bonjour. » S’aventura-t-il, de la même manière que la fois précédente.

« Deux visites en moins de deux semaines, je vais finir par croire que quelqu’un se soucie enfin de mon sort. » Le railla-t-elle sans bouger d’un millimètre.

« Et pourquoi cela vous étonne-t-il ? » Questionna-t-il avec une réelle préoccupation.

« Parce qu’ici tout le monde se fiche d’une pauvre amnésique au bras cassé qui ne pourra pas payer ses frais d’hôpitaux. » Rétorqua-t-elle, incapable de dissimuler correctement l’étendue de ses appréhensions.

« Et qui vous dit que je ne suis pas ici pour vous aider à retrouver la mémoire pour ainsi vous mettre à la porte le plus vite possible, frais remboursés évidement. » Plaisanta Mulder, avait-il eu raison d’être aussi direct ?

« Oh, vous avez mes vêtements, autant régler ça tout de suite, non ? » Demanda-t-elle sérieusement.

L’espace d’un instant, Mulder fut totalement pris au dépourvu. Le piégeait-elle ou n’avait-elle pas saisi la vraie portée de ses paroles ? Un sourire éphémère voila ses lèvres et Mulder comprit qu’il s’était fait berner comme un débutant. Son professeur de psychologie devait se retourner dans sa tombe face à un tel manque de concentration.


« Ils ne vous ont pas rendu vos effets personnels ? » S’enquit-il, surpris que ce ne soit pas le cas.

« Je ne les ai pas réclamés. » Fit-elle, reportant son regard sur le soleil à peine levé.

« Est-ce que vous voulez que je les récupère ? Des objets familiers pourraient stimuler le retour de vos souvenirs. » Suggéra Mulder, tout en parlant il avait rejoint la porte.

« Ca vous donnera une raison de revenir. » Dit-elle dans le vague.

Mulder se sentit sourire : comme s’il avait besoin d’un prétexte ! C’était la première fois qu’il se rendait compte de son utilité dans ces lieux alors il n’était pas prêt de l’abandonner à son propre sort. Après avoir jeté un coup d’œil à sa montre il réalisa qu’il était en retard pour son rendez-vous avec un confrère de l’étage. Cette jeune femme mystérieuse avait plus qu’éveillé sa curiosité, il bouillonnait littéralement d’envie de la revoir. Ses cheveux roux en bataille, ses yeux presque transparents dû aux rayons du soleil, sa main frêle dessinant des formes méconnaissables sur la vitre… Il valait mieux mettre son image de côté s’il voulait abattre le moindre volume de travail au cours de la journée.

***


Le lendemain, Mulder avait décidé de passer au restaurant italien au coin de la rue afin d’offrir un repas digne de ce nom à cette femme peu anodine. La nourriture de l’hôpital était probablement l’un des composants de base destinés à faire fuir les patients à la hâte une fois soignés. Quand midi sonna à l’église voisine, Mulder prit une grande inspiration et monta à l’étage.

Cette fois elle était assise sur le bord du lit, son drap comme toujours enroulé autour d’elle pour se prémunir du froid. Il était vrai que la température de la pièce était sèche et à la limite du supportable, compte tenu de la fine blouse en coton qui la couvrait.


« J’ai deux cadeaux pour vous. » Annonça-t-il dès sone entrée, brandissant deux sacs de papier kraft.

Cette dernière sonda son regard, à la recherche d’une mauvaise plaisanterie en préparation. Mulder s’efforça de sourire pour la rassurer, ce qui sembla faire ses preuves.


« Je ne me rappelle pas avoir été aussi gâtée dans ma vie. » Avoua-t-elle avant de compléter avec dédain. « Enfin, il faudrait déjà que mes souvenirs remontent plus loin qu’à la semaine dernière. »

« Ne vous découragez pas. Tenez, peut-être que ceci pourra vous faire avancer. » Proposa-t-il en déposant l’un des paquets sur le lit.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Mer 31 Oct - 21:39

D’une main craintive, elle écarta le papier et son sourcil se dressa en guise d’interrogation. Mulder rit de bon cœur quand il remarqua qu’il avait interverti les sacs, lui offrant en premier les plats de pâtes fraîches qu’il venait d’acheter pour elle.

« Il vous faut tenir debout pour rechercher votre passé, ça peut être épuisant et vous rendre affamée. » Se justifia-t-il, haussant les épaules avec un air adorable.

« Merci pour tout ce que vous faîtes pour moi. » Murmura-t-elle, le regard fixé sur son second présent.

Mulder ne savait pas pourquoi, mais son instinct lui disait que remercier un quasi étranger ou un ami était un geste particulièrement difficile à effectuer pour elle. Elle semblait déchirée entre l’envie de voir ses affaires et de peut-être retrouver des morceaux de son passé, ou la peur d’en rester au même point. Comme il ne supportait plus la pression, Mulder prit la décision pour elle et ouvrit le sac pour disposer ses vêtements sous ses yeux.


« J’ai bien peur qu’il n’y aie rien d’autre. Mon collègue m’a dit que vous aviez été retrouvée inconsciente au bord d’un lac. Lorsqu’il vous a examinée, il a découvert que vous aviez de l’eau dans les poumons. Il a présumé que vous aviez failli vous noyer mais il n’a pas compris pour votre bras cassé. » Expliqua-t-il, témoin de la surprise et de l’évidente confusion de la jeune femme. « Je suis désolé pour votre pull et votre tee-shirt, ils ont été obligés de les déchirer pour préserver votre fracture. » Ajouta-t-il en désignant les lambeaux de tissu.

« Je ne me souviens pas si je sais nager, j’avais quelques bleus est-ce que vous pensez que j’aurais pu me blesser en me débattant dans l’eau pour remonter à la surface ? J’ai pu tomber d’un bateau. » Supposa-t-elle, ses mains parcourant des vêtements dont elle n’avait pas le moindre souvenir.

« C’est possible mais je ne pense pas que vous étiez seule dans l’eau. » L’informa Mulder, le volume de sa voix s’abaissant comme s’il se méfiait que les murs aient des oreilles.

« Qu’est-ce que vous voulez dire ? Quelqu’un m’aurait poussée ? » Demanda-t-elle, son intérêt piqué au vif.

« Je ne pourrais pas le préciser mais j’ai jeté un coup d’œil à vos radios. Il existe deux types de fractures, soit droite, soit en spirale. » Commença-t-il avant qu’elle ne l’interrompe.

« Laissez-moi deviner, la mienne est en spirale. » Flaira-t-elle à raison.

« Cela signifie que quelqu’un vous a tordu si fort le ras, qu’il en a brisé l’os. » Acquiesça Mulder, intrigué par le fait qu’elle ait su répondre à cette question sans s’octroyer le moindre temps de réflexion.

« Je… Je ne sais pas quoi dire… » Abandonna-t-elle, une main cachant ses yeux clos. « Je ne me souviens de rien, uniquement de légères sensations. » Admit-elle, serrant instinctivement son bras contre elle comme pour le protéger.

« Des sensations ? » S’intéressa Mulder, il prit place sur la bord sur le bord du lit, faisant attention de ne pas trop s’imposer.

« Oui, le froid, l’eau qui me glace la peau, la peur, la brutalité… Tout ça s’enchaîne dans mon esprit, j’en rêve la nuit. Tout est si brusque et si trouble, ça m’empêche de trouver le sommeil et pourtant je n’y comprends rien. » Décrit-elle en plaquant sa main contre l’un des plats de pâtes qui fumait encore.

Mulder hochait la tête tout en l’écoutant, il défaisait les emballages recouvrant leur repas ainsi que deux bouteilles d’eau. Cet enchevêtrement de faits n’avait pas de sens à ses yeux mais il était persuadé que le jour où ils trouveraient la clé de ce mystère, la jeune femme n’en sortirait pas indemne.


« Je ne peux même pas remettre de vrais vêtements. » Soupira-t-elle, montrant la manche de son pull, abîmée par l’intervention des secours.

La curiosité de Mulder fut de nouveau alerte quant ses yeux se portèrent sur le vêtement taché de boue. Il était griffé de part en part, c’était une véritable loque. Seuls des branchages pouvaient être responsables de ce carnage. Une idée émergea dans son esprit.


« Est-ce vous vous rappeler des odeurs ? Comme le bois, la nature ? Votre haut est en sale état, vous ne vous voyez pas courir dans la forêt ? » Questionna-t-il, convaincus qu’ils étaient sur une piste.

« C’est possible, je ne sais pas, dans mes rêves j’ai l’impression de fuir quelque chose. Mais ça pourrait tout aussi bien être une personne. » Confirma-t-elle, le doute lui semblait toujours aussi épais. « On dirait un film de James Bond. » Se moqua-t-elle de son histoire.

« Ce qui ferait quoi de vous ? Jane ou Janet Bond ? » Plaisanta Mulder, il posa sa main sur son épaule pour la serrer un instant puis désigna leur nourriture. « On devrait manger avant que ça ne refroidisse. » Proposa-t-il avec une touche d’embarras.

Ils mangèrent en silence, ce mutisme passager fut des plus agréables. Leurs regards apaisés se croisaient, la gêne cédait peu à peu sa place à un calme qui les reposait tous les deux. Bien qu’ils ne se connaissent pas, ils percevaient déjà leurs caractères, la manière dont ils prononçaient certains mots ou esquissaient des semblants de sourire.

***


La pièce était vide de toute présence, de tout objet un tat soit peu personnel accumulé au fil du temps. Un courant froid traversa son corps et Mulder se trouva hésitant. Pourquoi la probable disparition de cette inconnue pourrait-elle l’affecter à ce point ? Pourquoi l’inquiétude montait-elle en lui à la vitesse d’un cheval au galop ? Toute trace de salive déserta sa bouche et il ne pu s’empêcher d’accourir au bureau des admissions. Les couloirs étaient des pus sinistres, comme à l’accoutumée. Les patients erraient ça et là, leurs plaintes ne captaient même plus l’attention de Mulder, trop pressé de connaître le fin mot de l’histoire.


« Excusez-moi, la jeune femme de la chambre 104, où est-elle ? » Implora-t-il la secrétaire, ses mains formant des points sur le comptoir.

« L’amnésique ? Oh, je crois qu’elle vient juste de partir. » Répondit-elle d’un ton qu’il n’apprécia pas.

Sa réaction fut immédiate et Mulder bondit en direction des escaliers, avec un peu de chance il la rattraperait dans la rue. Après tout, ce n’était pas comme si elle avait un endroit familier où se rendre, elle n’avait même pas un sou pour payer un taxi.

Quand il ouvrit la porte principale, une brise s’engouffra dans le bâtiment et frigorifia littéralement Mulder sur place. Savoir qu’elle se trouvait à l’extérieur par cette température donna des frissons à Mulder, à ce rythme il la retrouverait gelée jusqu’aux os, des stalactites se formant sur ses paupières. Lorsqu’il descendit les marches, il dû faire attention à ne pas glisser sur le verglas mais il hâta néanmoins son pas. Il fut terriblement soulagé quand il la repéra à une centaine de mètres en contrebas. Mulder se dépêcha d’arriver à sa hauteur et se planta devant elle, les bras croisés et le regard plus que réprobateur.


« Je peux savoir ce que vous faites ici ? » S’insurgea-t-il presque, tentant de ne pas céder devant son air déboussolé.

Tremblante et quelque part effrayée, elle lui rappelait l’image d’une petite fille abandonnée. Il vit sa gorge se contracter et un masque recouvrit son visage, comme si une armure venait de se fondre autour d’elle. Son regard se durcit et sa voix raisonna en lui comme du métal.


« Ils m’ont demandé de partir car je n’avais pas l’argent pour payer son hospitalisation. Ils m’ont dit que je ne pouvais plus rester. » Rétorqua-t-elle, faussement indifférente.

Ses lèvres et le bout de ses doigts prenaient une teinte suspicieusement bleuâtre et chaque fois qu’elle parlait, un nuage de vapeur s’échappait de sa bouche. Elle ne portait que son pull dont la manche déchirée permettait à son bras plâtré de reposer contre sa poitrine mais le laissait totalement exposé. Les arbres et les maisons aux alentours étaient tous recouverts d’une épaisse couche de neige et les trottoirs gelés se montraient traitres pour quiconque ne surveillait pas ses pieds. Il prit pitié de cette frêle jeune femme dont l’air hautain ne dissimulait en rien les prémisses d’un sentiment de panique qui l’envahissait irrémédiablement. Il craqua et ôta son manteau pour le lui offrir, son insistance finit par payer car malgré son premier refus, elle céda et enfila ce vêtement trop grand pour elle. Mulder la conduisit ainsi jusqu’à sa chambre, lui promettant qu’il solutionnerait le problème puis disparut aussi vite qu’il était apparu.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Jeu 29 Nov - 0:14

« Tout est réglé, vous pouvez rester. » Annonça-t-il en pénétrant la pièce.

« Je sais très bien ce que vous avez fait. » Répliqua-t-elle sèchement, elle le fixait droit dans les yeux, ce qui le mettait mal à l’aise. « Combien de temps pensez-vous pouvoir payer ? Est-ce que c’est pour m’acheter ? Une fois que j’aurai couché avec vous, vous me mettrez à la porte et vous vous en laverez les mains ? » L’interrogea-t-elle, amèrement outrée par son comportement.

« Non ! » Se défendit-il, surpris par sa réaction.

Pris au dépourvu et sensiblement choqué, Mulder perdit la parole, cherchant les mots qui la calmeraient et lui feraient comprendre son point de vue.


« Je ne voulais pas que vous le preniez de la sorte. Si j’ai fait ça c’est uniquement pour vous rendre service, je n’attends rien en retour. J’ai voulu me mettre à votre place et je me suis dit que je serais reconnaissant si quelqu’un m’offrait cette chance. » S’excusa-t-il en baissant pour la première fois les yeux devant un patient.

Cela ne dura qu’une seconde, bien trop honnête pour faillir en face d’elle et trop déterminé à lui montrer qu’elle pouvait lui faire confiance. Quoi de plus efficace que de la laisser apercevoir la vérité de son regard ?


« A ma place ? Mais comment voulez-vous savoir ce que c’est d’être à ma place ? Vous vous souvenez du nom de vos parents ! Du vôtre ! De votre enfance ou de votre vie actuelle ! Vous ne savez pas ce que c’est de tout oublier et de se retrouver dans un endroit inconnu, le bras cassé et entourée de visages tout aussi inconnus ! Vous n’avez aucune idée de la peur que le néant peut provoquer ! Jamais vous ne serez à ma place et je ne le souhaite à personne ! » S’emporta la jeune femme, frappant tout objet ayant le malheur de croiser son chemin.

Le besoin d’extérioriser ses émotions, si longtemps contenues, c’était révélé trop intense pour elle et craquer de la sorte avait au moins le mérite de soulager une partie de la tension résidant encore en elle.


« Non ! Ecoutez, j’ai fait une erreur et je m’en excuse mais il y a une chose que vous devez reconnaître. Si les rôles avaient été inversés, vous auriez fait exactement la même chose. » Déclara-t-il avec évidence. « Et pour ce qui est du néant, détrompez-vous, je sais parfaitement à quoi il ressemble. » Ajouta-t-il d’une voix plus rauque, comme un soupir qu’il aurait voulu retenir prisonnier.

Quelque peu agacé, il n’attendit pas de réponse, ni même de réaction avant de faire demi tour pour repartir d’où il venait. D’accord, elle ne souhaitait pas lui être redevable sachant qu’elle n’avait rien à donner en retour, cependant, un simple merci n’aurait pas été superflu.

***


Cette fois-là, il la trouva dans le parc, assise sur un banc. Elle avait replié ses genoux contre sa poitrine et ses yeux étaient fermés. Mulder s’accorda un instant pour l’observer et se demander comment quelqu’un aurait pu tenter de noyer une créature aussi belle que fragile. Bien qu’il ne sous-estimait pas sa force physique, il fallait reconnaître qu’elle n’atteignait pas son épaule et qu’il pourrait probablement faire le tour de ses deux poignets à l’aide d’une seule main. Son visage de porcelaine donnait davantage envie de la prendre dans ses bras que de la voir agoniser. Mulder sourit sous la pression d’une pensée aussi crue et directe.

Lorsqu’il fut suffisamment près, il lui déposa un sac sur les genoux. Surprise, elle l’interrogea du regard mais il lui fit comprendre que pour en savoir plus, elle devait l’ouvrir. Sa curiosité acheva de la convaincre et elle reposa les pieds au sol, retenant le paquet d’une main, ouvrant la fermeture éclair de l’autre.


« Des vêtements ? » Questionna-t-elle, sortant un jean et un pull sombre.

« J’ai essayé de choisir quelque chose qui vous plairait. Nous allons marcher en forêt cet après-midi. » L’informa-t-il comme si de rien n’était.

« La forêt ? On peut savoir ce que vous avez en tête ? » Insista-t-elle, son sourcil se dressa soudainement.

« Vous verrez bien, allez vous changer, je vous attends en bas dans l’entrée. » Lui dit-il simplement, la fixant jusqu’à ce qu’elle se lève et fasse ce qu’il lui demandait.

***


La route était dans un état lamentable et Mulder espérait que cela ne cause pas trop de douleur à sa passagère. Jamais il n’avait acheté de vêtements pour une femme qu’il connaissait à peine mais il n’était pas peu fier du résultat. Il lui semblait qu’elle aussi était ravie de porter une tenue considérée comme plus politiquement correcte qu’une tunique bleu ciel délavée.


« Vous m’emmenez là bas n’est-ce pas ? » Finit-elle par céder au détour d’un virage plus serré que les autres.

« Sur les lieux, quelques souvenirs vous reviendront peut-être. » Se risqua-t-il se sentant en meilleurs termes avec elle.

« Si seulement je pouvais au moins me souvenir de mon propre nom. » Soupira-t-elle, découragée.

« J’ai demandé à quelques amis de vérifier les avis de recherche dans la région. Bien que votre couleur de cheveux aurait pu réduire les possibilités, ça n’a pas été suffisant. Ils vont continuer en élargissant le périmètre. Si vous manquez à quelqu’un, on trouvera cette personne. » Promit-il en lui adressant un regard rassurant par l’entremise du rétroviseur.

« Encore faut-il que quelqu’un ait envie de me retrouver. Qui vous dit que je n’ai pas quitté ma famille étant ados, enchaînant délits sur délits jusqu’à ce que mon drogué de petit ami en ai marre de moi et veuille en finir ? » Suggéra-t-elle, son sourcil prenant de l’attitude à chaque fois que l’incrédulité s’emparait d’elle.

« Vous n’êtes pas sérieuse, vous avez peut-être perdu la mémoire mais en général le caractère d’un amnésique reste très similaire à celui qu’il avait avant de perdre ses souvenirs. Vous êtes bien trop droite pour être ce genre de personnage. » Affirma-t-il avec certitude, sa main fouillant sa poche sans relâche. « Tenez, mon collègue avait oublié de me donner ça pour vous. » Dit-il, lui présentant une petite croix en or accompagnée d’une chaîne.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-elle, ses doigts entourèrent le bijou et elle l’inspecta avec attention.

« La preuve que vous n’êtes pas la personne que vous venez de décrire. » Raisonna-t-il, son pied donna du répit à l’accélérateur et il termina sa route par un petit chemin de terre. « Nous y voici. » Indiqua Mulder, puis il retira sa clé du contact et sortit du véhicule.

Ils ne tardèrent pas à s’enfoncer dans le sol boueux mais cela ne les dissuada pas de rejoindre le bord de l’eau. Une pente caillouteuse menait au lac et Mulder tint le bras valide de son amie pour éviter qu’elle ne glisse, son équilibre étant altéré par sa blessure. Plusieurs jours après les faits, il ne restait bien sûr plus la moindre trace d’une éventuelle altercation. La pluie tombait en fines gouttelettes, une véritable averse aurait été plus agréable que cette bruine qui s’insinuait en eux jusqu’aux os.


« Je n’arrête pas d’avoir cette impression de vitesse, de froid et d’étouffement. » Admit la jeune femme, fixant l’eau sans dissimuler sa crainte.

Mulder marcha sur une branche par inadvertance mais ce bruit sourd résonna en plein silence et fit sursauter son amie qui faillit tomber à la renverse. Par chance, il la rattrapa au dernier instant et garda sa main dans la sienne. Elle respirait difficilement et son regard fuyait de tous les côtés comme si les lieux étaient devenus insupportables.


« Que se passe-t-il ? » S’enquit Mulder, poussé à surveiller les alentours lui aussi.

« Je courrais. J’ai couru et j’ai atterri ici. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis retournée et j’ai reculé vers l’eau, acculée… » Décrit-elle, ses yeux se posant sur chaque arbre, chaque ombre.

« Vous vous souvenez de quelle direction vous veniez ? » Demanda-t-il quand il sentit qu’ils étaient près du but.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Dim 2 Déc - 23:51

« Je ne sais pas, c’est tellement fou. Ce sont surtout des sensations. » Expliqua-t-elle en scrutant un espace vide entre deux troncs d’arbre. « Peut-être de là. » Tenta-t-elle en désignant l’alcôve.

« Allons-y. » Fit Mulder, il avait entremêlés ses doigts aux siens et l’entraînait à sa suite.

Si elle avait voulu résister, Mulder y serait allé seul, mais le voir à ses côtés, tellement réjoui à l’idée de découvrir son passé… Il était évident qu’elle n’avait pas eu d’autres choix que de le suivre. Ce n’était pas comme s’il l’y avait obligée. D’un rythme mal assuré elle lui emboîta le pas et ils s’engouffrèrent dans la forêt, par le chemin opposé à celui par lequel ils étaient venus.

A mesure qu’ils parcouraient les lieux, ceux-ci semblaient de plus en plus familiers à la jeune femme. L’odeur des feuilles humides, le grincement des branches, le cliquetis des insectes, toutes ces sensations la poussèrent à accélérer ses enjambées.

Mulder finit par avoir une importante distance de retard mais il ne fit rien pour la réduire. Il préférait lui laisser le temps et l’espace nécessaires pour organiser ses idées. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était de la voir disparaître sous ses yeux. Inquiet, il se précipita dans sa direction et la découvrit immobile, le dos soutenu par un arbre et le regard figé sur un véhicule accidenté. En effet, ils avaient traversé le bois dans le sens contraire et se situaient désormais sur le bas côté de la route. Devant eux gisait la carcasse d’une voiture encastrée dans un tronc, les airbags dégonflés recouvrant le tableau de bord. A en voir la ferraille tordue et déformée, le choc avait dû être des plus violents. Le conducteur devait rouler à une vitesse défiant toute loi et avait dû perdre le contrôle pour venir percuter l’arbre de plein fouet.


« Est-ce que vous pensez que c’est votre voiture ? » Se risqua Mulder, la main sur l’épaule tremblante de son amie.

« J’en suis certaine. » Souffla-t-elle sans ciller.

Mulder hocha la tête et marcha jusqu’à la portière passager avant. Un coup d’œil à l’intérieur lui indiqua que le véhicule était vide et après vérification, il en était de même pour la boîte à gants. La déception pu se lire sur son visage aussi aisément que s’il en avait prononcé les mots. Il fit demi-tour.


« Je pensais qu’en la trouvant, on obtiendrait des informations, une piste supplémentaire. » Maugréa-t-elle en retournant vers la forêt.

Il ne serait même pas possible de remonter jusqu’à son identité par les plaques d’immatriculation, celles-ci ayant été arrachées à la va vite. Des morceaux restaient encore suspendus par les jointures métalliques, induisant un empressement flagrant. Quand Mulder se retourna, il vit qu’elle avait de nouveau pris de l’avance sur lui et il décida de ne pas s’éterniser sur les lieux. Il trottina quelques secondes et la trouva en pleine admiration devant un arbre majestueux, âgé d’une centaine d’années à en juger par son imposant diamètre. A quelques pas, elle tendit les bras et caressa l’écorce du bout des doigts, les paupières closes pour mieux ressentir ses émotions passées. Mulder la contemplait en silence, scrutant ses gestes à la recherche d’un indice quant à son état d’esprit. Rien ne transparaissait de son visage concentré, ni de sa posture courbée, ni même de ce dossier qu’elle venait d’extraire d’une sombre cavité du tronc…


« De quoi s’agit-il ? » S’enquit-il tout à coup en réalisant l’étrangeté du contexte.

« Je ne sais pas, je suis passée devant cet arbre et puis, c’était comme so un lumière venait de l’éclairer. » Décrit-elle, ouvrant la couverture cartonnée.

« Est-ce qu’il y a un nom ? » Fit-il en s’approchant pour voir de lui-même.

« On dirait des numéros de compte et des sommes. » Le renseigna-t-elle, tournant les deux uniques pages contenues dans la pochette.

« Là, il y a des initiales ou une abréviation je ne sais pas trop. » Indiqua-t-il dans le bas de la feuille.

« AME ? » Prononça-t-elle sans grande conviction.

« Dit comme ça… Je ne pense pas en avoir entendu parler auparavant. » Admit Mulder.

« C’est peut-être une société ? Peut-être que j’ai volé ces documents ? » Supposa-t-elle, ne quittant pas le dossier des yeux.

« Je ne sais pas si c’est le cas ou si vous êtes du bon côté ou du mauvais, toujours est-il, ces pages sont probablement la raison pour laquelle on a essayé de vous tuer. » Répondit Mulder, surveillant les alentours avec inquiétude.

« On devrait retourner à l’hôpital, vous pourriez regarder sur Internet ce que ces initiales signifient ? » Suggéra la jeune femme, suivant Mulder lorsqu’il se remit en route.

« Dépêchons-nous. » Acquiesça-t-il, apposant la main dans le bas du dos de son amie pour la guider.

***


Elle fut réveiller par l’absence de mouvement, la voiture devait s’être arrêtée alors elle ouvrit les yeux à contre cœur. Elle n’avait pas dormi mais se reposer lui avait fait un grand bien, elle ne pouvait le nier. Les lieux lui semblaient parfaitement inconnus alors elle les observa un instant, se demandant si Mulder s’était trompé ou si elle était vraiment troublée à ce point.


« Est-ce que nous sommes près de l’hôpital ? » Demanda-t-elle avec un soupçon de crainte dans la voix.

« Je ne pense pas que ce soit très sûr de vous y ramener, l’homme qui vous a fait ça a peut-être vu votre visage sur la avis de recherche. » Expliqua-t-il en effectuant un créneau en un clin d’œil.

« Est-ce que je peux savoir où nous sommes ? » Continua-t-elle, de plus en plus mal à l’aise.

« Chez moi. » Répliqua-t-il le plus simplement du monde.

Il sortit à ce moment là du véhicule, la chemise en carton dans la main, ses clés dans l’autre. Elle regarda les bâtiments extérieurs et le ciel gris qui menaçait, comment pouvait-elle lui faire confiance ? il était encore un inconnu pour elle… Sa portière fut tout à coup ouverte et elle resta paralysée dans son siège, les bras repliés contre elle en position de défense.


« Madame… » Exagéra-t-il volontairement, tendant poliment son bras.

« Je… » Articula-t-elle, partagée entre le doute et la culpabilité de ne pas être moins effrayée.

« Hey… » Fit-il gentiment, remarquant son hésitation. « N’ayez pas peur, je ne veux pas vous brusquer. » Continua-t-il en s’accroupissant sur le goudron, sachant que se rendre inférieur à elle lui permettrait de dominer ses émotions. « On peut retourner à l’hôpital si vous le préférez, c’est vous qui décidez. » Ajouta-t-il pour la rassurer.

« Non, c’est juste que… vous pourriez être cet homme… n’importe quel passant de cette rue pourrait l’être… » Murmura-t-elle, fébrile.

« Ca va aller, on va découvrir ce qui s’est passé d’accord ? » Promit-il, essayant de lui transmettre toute sa compassion par un simple regard des plus honnêtes et transparents qui soient.

« Je ne sais plus quoi penser… » Avoua-t-elle, sa voix serrée par les appréhensions qu’elle tentait de refouler tout au fond d’elle.

« Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas un mauvais plan pour vous mettre dans mon lit. » Plaisanta-t-il pour détendre l’atmosphère. « Enfin, si, mais moi je squatterai le canapé pendant ce temps-là ! » Corrigea Mulder, haussant les épaules par dépit.

« Dommage… » Souffla-t-elle, les yeux baissés.

« Pardon ? » La reprit Mulder, interloqué par une réplique aussi osée venant d’elle.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Mer 12 Déc - 16:37

Malgré tout, il ne reçut qu’un sourire énigmatique et charmeur en tant que réponse et il ne su s’il était satisfait ou si sa curiosité le narguerait jusqu’à l’infini. Son expression se détendit tout de même et il s’empara de la main valide de son amie pour la guider vers son appartement. Une fois devant la porte, il la fit entrer la première et se faufila dans la cuisine pour la laisser découvrir les lieux à son propre rythme. Les photos qui reposaient sur la cheminée attirèrent son attention et ce fut l’endroit où il la trouva lorsqu’il fut de retour avec deux cafés. Le regard de la jeune femme lui suffit pour comprendre qu’elle ne posait des questions.

« Ma sœur, elle a disparu il y a une vingtaine d’année. » La renseigna-t-il, prenant place sur le sofa.

« Je suis désolée, vous deviez être jeune à l’époque. » Remarqua-t-elle tristement.

« Sous entendu je suis désormais un petit vieux tout fripé ? » Questionna-t-il, amusé.

« Non ce n’est pas ce que je voulais dire et vous le savez. » Sermonna-t-elle en venant s’asseoir près de lui.

« J’avais 14 ans, elle était bipolaire mais on ne le savait pas encore. Et puis un jour, elle s’est envolée. » Raconta-t-il brièvement, il ne semblait pas très à l’aise avec le sujet.

« C’est pour cela que vous êtes devenu psychologue n’est-ce pas ? Pour comprendre son comportement ? » Demanda-t-elle, honnête et intéressée, si peu de gens l’étaient.

« Oui, je suppose. » Fit-il, le regard porté sur sa petite cuiller qu’il tournait et retournait son café.

« Je m’excuse, ce ne sont pas mes affaires. » Se dépêcha-t-elle de préciser.

« Non, au contraire, je vous remercie de votre curiosité. » Affirma-t-il d’un sourire particulier.

Le silence les recouvrit d’un épais manteau, cependant ils nièrent ce manque de parole et profitèrent du repos qui leur était offert. Cela les changeait des couloirs assourdissants de l’hôpital ou de leurs propres cris intérieurs. Ils avaient trouvé une cause l’un en l’autre, une raison de se reconcentrer pour oublier leurs démons personnels, ne serait-ce que quelques minutes. En la présence de cette jeune femme, Mulder se sentait enfin utile à quelqu’un, capable de soutenir une personne non pas car c’était son travail mais parce qu’il en avait décidé ainsi. Il reprenait contrôle de sa morne vie, se découvrant une affection pour cette inconnue aussi troublante que troublée. Car malgré la perte de tout souvenir, elle se raccrochait aux branches avec une vigueur admirable. Son instinct lui disait qu’elle n’avait commis aucun méfait et qu’au contraire, sa droiture lui avait peut-être attiré des ennuis. Il avait besoin d’y croire et de considérer cette étrangère comme une amie qu’il aidait de plein gré et qui lui permettait de combler les vides de son existence. En si peu de temps, elle lui avait apporté bien plus qu’en plusieurs années de conversations hermétiques avec ses pseudo collègues sur spécialisés. L’écoute qu’elle lui avait soudainement accordée, l’absence de jugement, la compréhension en dépit des années écoulées depuis le drame, elle n’avait pas remis tout cela en question. Elle n’avait pas dressé les sourcils en signe de désapprobation, peut-être avait-elle néanmoins parfaitement dissimulé combien elle le trouvait pathétique ?


« Mulder ? » Lui parvint sa voix comme échappée d’un nuage de brume.

« Oh, hum, oui ? » Fit-il en s’éclaircissant la gorge.

« Je me disais qu’en attendant pour pourrait peut-être me donner un prénom ? Juste pour faciliter les choses. » Suggéra-t-elle en reposant sa tasse vide sur la table.

« Pourquoi pas, vous avez une idée ? » Questionna-t-il, se redressant pour adopter une meilleure tenue.

« Je ne sais pas trop, pourquoi n’essaieriez-vous pas de le deviner ? » Proposa-t-elle en douceur, se massant l’épaule qu’elle avait d’immobilisée.

« Hum… Ruth ? » Se risqua-t-il avec un sourire. « Susan ? Nicolette ? Je ne sais pas… Pourquoi pas Kate ? Une amie de ma mère s’appelait comme ça. Elle nous apportait à chaque fois de la confiture de framboises. Je l’aimais beaucoup. » Se remémora-t-il, le regard songeur.

« Kate ? D’accord. » Acquiesça-t-elle avant de se raviser. « Attendez une minute, j’espère qu’elle n’avait pas une pustule géante sur le nez cette Kate ? » S’exclama-t-elle, la méfiance à son apogée.

Mulder rit de bon cœur à ses soupçons puis secoua négativement la tête pour mettre terme à ses doutes. Lorsqu’il tourna les yeux, ceux-ci se posèrent sur le dossier qui gisait en face d’eux au dessus de la table. La réalité des évènements vint le frapper en plein visage et il le fit redevenir sérieux d’une manière plus qu’abrupte. Sa posture se durcit et il su que « Kate » n’avait rien manqué de sa soudaine transformation.


« On devrait aller voir ce qu’on en tire. » Lança Mulder en se levant.

Dans l’une de ses mains, il tenait bientôt les dits documents et tendit la seconde à Kate pour l’inviter à le suivre dans son bureau. L’appartement, bien que sombre, dégageait une impression de sécurité, tel un havre de paix dans lequel il devait se retirer pour méditer et échapper aux folies du monde extérieur. Kate s’y sentait à l’aise et protégée, elle le rejoignit dans le bureau et découvrit ses étagères couvertes de livres entassés les uns sur les autres et menaçant de s’écrouler au moindre courant d’air. Ce qui impressionna la jeune femme fut de remarquer qu’aucun d’eux n’était entaché de poussière, ce qui signifiait qu’il devait les manier régulièrement pour les consulter. Il y en avait tellement qu’elle n’osait pas imaginer les heures qu’il pouvait leur consacrer chaque jour, quitte à ne pas manger ni même dormir.


« Vous ne dormez jamais ? » L’interrogea-t-elle, émerveillée pas cette pièce mystérieuse.

« Rarement, je finis mes nuits sur le canapé. » Admit-il d’un sérieux déconcertant.

Kate ne répondit rien et elle alla s’asseoir sur le rebord de la table soutenant l’ordinateur. Quant à lui, Mulder prit place en face de l’écran. Ce qu’ils découvrirent en quelques minutes les laissa sans voix et bientôt, ils lurent les informations sans plus les commenter. Toute remarque aurait été superflue. Les textes, les noms, les mots défilaient sous leurs yeux et à mesure que le temps avançait, leur étonnement grandissait.


« AME, Association Médicale pour l’Enfance. » Récita Kate, quelque peu confuse.

« Je crois qu’ils sont davantage connus en Europe et en Afrique. » Compléta Mulder.

« Je pense que… » Débuta Kate, les paupières closes. « J’ai des images qui me reviennent en tête. » Murmura-t-elle, se massant les tempes à l’aide de son pouce et de son majeur.

« Venez, retournons au salon, je dois avoir du Tylenol pour votre migraine. » Conseilla-t-il en la guidant.

« Je n’ai pas la migraine. » Se défendit Kate.

« Faites-moi confiance, ça va venir. » Lui assura Mulder avec un clin d’œil convaincu.

Kate s’exécuta avec un soupir et avala les médicaments sans rechigner davantage. Dans son esprit se mêlaient différents flashs qui joignaient le présent et le passé à un probable voyage en Afrique. Des enfants l’entouraient dans une cour d’école, certains pleuraient, d’autres riaient à la venue d’une femme blanche dans leur univers si familier. Elle discernait une classe avec des tables et des chaises en piteux état, des bambins à son écoute ou lui racontant leur triste et exténuante vie.


« Vous êtes avec moi ? » Fit doucement Mulder, il passa sa main devant le visage de Kate pour le vérifier.

« Oui, je suis désolée, je suis sûre que je suis allée en Afrique, j’ai dû travailler avec l’AME d’une manière ou d’une autre. » Confia-t-elle, son expression s’éclairait à mesure qu’elle retrouvait des morceaux de son passé.

« Vous avez dû être l’un des médecins de leur équipe. Ils ne sont qu’une trentaine, vous deviez tous vous connaître. On devrait contacter cet homme Albert Smith, il est à la tête de l’association, il pourra sans doute nous aider. » Proposa Mulder.

« Pourquoi pas, en espérant qu’il ne soit pas à l’origine de tous mes soucis. » Souhaita Kate, elle tourna la tête de côté pour que Mulder ne la voie pas bâiller.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Jeu 24 Jan - 21:39

« Vous savez quoi ? Vous allez vous faire couler un bon bain moussant et pendant que vous vous reposez je vais aller nous chercher quelque chose à manger. D’accord ? » Suggéra Mulder quand il réalisa que l’après-midi touchait déjà à sa fin.

« Merci pour tout. » Souffla-t-elle à travers une fatigue physique et mentale plus qu’évidente.

***


Lorsqu’il rentra enfin, Mulder avait mis plus de deux heures à faire sa course et l’inquiétude de Kate s’était décuplée en son absence. La lampe halogène ne dégageait qu’une faible lueur, suffisante pour lui permettre de distinguer la jeune femme qui se précipitait vers lui. Il s’était attendu à une gifle mais se retrouva avec un corps chaud mais tremblant plaqué contre le sien. Ses mains encerclèrent les épaules de Kate mais celle-ci s’écarta de lui et le choc qu’il reçut sur la joue fit comprendre à Mulder qu’il n’était pas un si mauvais psychologue après tout.


« Où étiez-vous ? Ca fait une éternité que je vous attends ! » S’emporta-t-elle, la colère prenant le dessus sur la crainte.

« Je m’excuse, je ne pensais pas mettre autant de temps. » Avoua-t-il, faisant demi-tour dans l’entrée qui était plongée dans l’obscurité.

Quand il fut de retour, ses bras étaient chargés de paquets dont les tailles et les couleurs variaient d’un opposé à l’autre. Mulder tituba jusqu’à la table et les y déposa sans cérémonie. Kate l’y rejoignit et observa les sacs d’un œil à la fois curieux et réprobateur.


« Chinois, j’espère que vous aimez ? » Fit-il innocemment, il se laissa tomber dans le sofa.

« Oui, mais quelque chose me dit qu’il n’y a pas que de la nourriture sur cette table. A moins que Diesel soit un sandwich survitaminé ? » Questionna-t-elle amusée et touchée par cet énième geste.

« Je me suis dit que mes vêtements risqueraient d’être un peu trop grands pour vous. » Admit-il, impossible et légèrement arrogant, tout ce qu’il voulait était la taquiner.

« Non seulement je prends tout votre temps mais je dégarnis sérieusement votre compte en banque par la même occasion. » Remarqua-t-elle, sa nervosité la poussait à s’appuyer sur un pied puis sur l’autre à tour de rôle, ce qui n’échappa pas à Mulder.

« Asseyez-vous et ouvrez vos cadeaux. J’aime jouer les Pères Noël. » Lança-t-il en échangeant de place avec elle. « Je vais mettre la table. » Dit Mulder avant de disparaître dans la cuisine.

Kate secoua la tête sans savoir ce qu’elle avait fait pour mériter autant de chance dans son malheur. D’une main hésitante, elle découvrit les vêtements qu’il avait encore achetés et comprit qu’il s’était probablement ruiné pour elle. Il avait choisi certains pantalons ou sous-vêtements en plusieurs tailles pour être sûr qu’ils lui iraient et l’imaginer devant le rayon lingerie la détendit quelque peu. Sans plus attendre, elle se réfugia dans la salle de bain et en ressortit emmitouflée dans un pyjama de soie bordeaux qu’elle chérissait désormais par-dessus tout.


« Poulet Kung Pao pour madame. » J’ai fait au plus simple. » Annonça Mulder, déposant la petite boîte cartonnée sur la table de la cuisine. « J’espère que la couleur vous plaît. » Demanda-t-il, faisant allusion à sa tenue.

« Beaucoup, c’est l’une de mes couleurs préférées. » Admit-elle, la gêne refaisait peu à peu sone ntrée dans le jeu.

« Tant mieux, moi aussi. » Répliqua-t-il, s’asseyant en face d’elle. « Bon appétit. » Glissa-t-il avant de commencer à manger avec entrain.

***


L’atmosphère de la pièce devenait oppressante et bientôt Kate ne pu respirer correctement. Elle prit appui sur son coude et se redressa dans son lit pour observer les alentours d’un regard scrupuleux. Tout cela n’avait-t-il été qu’un cauchemar ? La lumière ne lui permettait pas de distinguer son environnement et un souffle d’air froid vint balayer son visage. Un trait de lumière apparut et elle se rendit compte qu’une personne se trouvait dans la chambre avec elle.


« Kate ? Est-ce que vous allez bien ? » Fit une voix qu’elle connaissait maintenant par cœur.

« Oh… Non, pas vous… » Se lamenta la jeune femme, elle se laissa retomber en arrière sur la matelas qui amortit sa chute.

« Kate ? » S’enquit de nouveau Mulder, il prit place sur le bord du lit.

« Oui, je… J’ai dû faire un cauchemar et je me suis réveillée un peu déboussolée. » Diagnostiqua-t-elle d’un sourire embarrassé. « Je ne voulais pas vous inquiéter. »

« Ce ‘est rien, je ne dormais pas encore. » La rassura-t-il en caressant son épaule avec compassion.

« Pourquoi ? Vos souvenirs vous hantent encore ? » Demanda-t-elle avec un réel intérêt.

« Entre autres. Il semblerait que nos problèmes de mémoires soient plutôt récurrents » Souligna-t-il, faussement ironique.

Dans la pénombre, Kate acquiesça comme si la timidité s’était emparée d’elle. Au lieu de se faire piéger par ses émotions, elle s’assit complètement et gémit lorsqu’une douleur se faufila le long de son bras cassé.


« Ca va aller ? Vous voulez de l’aspirine ? » Proposa immédiatement Mulder à la vue de son mal être.

« Non, je vus remercie, c’est juste que je m’étais appuyée dessus sans m’en rendre compte donc j’en paye le prix. » Sourit-elle avant de lui tendre la main pour le guider vers le salon.

Ils s’assirent dans le sofa et Kate s’accorda quelques secondes pour l’observer du coin de l’œil. Ses cheveux étaient adorablement ébouriffés et s’il n’avait pas dormi, elle devina qu’il avait au moins somnolé un bon moment. Il était tard et déjà une ombre singulière se dessinait sur tout le bas de son visage, elle disparaîtrait au matin se dit Kate avec une pointe de regret. Quand Mulder tourna la tête, elle fit mine de scruter l’écran de télévision avec une avidité démesurée.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Dim 27 Jan - 22:54

« Vous pouvez choisir une autre chaîne vous savez. » Suggéra-t-il pour combler le silence.

Kate ne pu tenir le coup et s’endormit avant même d’avoir visionné un épisode de Star Trek dans son intégralité. En temps normal, Mulder lui en aurait voulu mais comment résister à cette jeune femme toute menue lorsqu’elle est confortablement blottie contre vous ? Mulder tendit le bras pour le passer derrière ses épaules et remonta ses jambes pour les étendre sur le sofa et s’allonger de tout son long. A moitié couchée sur lui, Kate ne sembla pas plus dérangée que ça par cette nouvelle position et il la rejoignit au pays des songes.

***


Les lieux ne lui semblaient pas communs, elle eut beau cligner des yeux, l’image ne s’évapora pas alors elle se redressa et fut immédiatement rassurée. Kate avait si bien dormi qu’elle en avait oublié l’endroit où elle se trouvait et en compagnie de qui. Mulder capta du mouvement dans le salon donc il s’empara de son plateau et rejoignit son amie sur le canapé.


« Bonjour. » La salua-t-il en s’asseyant pour leur verser du café.

« Ca fait partie de la thérapie de tous vos patients ? » Questionna-t-elle, remettant de l’ordre dans ses cheveux.

« Quoi dont ? » Fit-il, innocent.

« Passer la nuit avec eux. » Répondit-elle avec évidence.

« Oh, ça ? Seulement avec les femmes. Enfin, surtout les belles rousses amnésiques au bras cassé. Mon fantasme. » Rit-il gentiment jusqu’à recevoir un coup dans l’épaule.

« Je vous remercie de… De ne rien réclamer. » Murmura-t-elle, les yeux abaissés.

« Et je vous remercie de me laisser vous aider, je sais que ça ne doit pas être chose facile. » Reconnut-il, la gratitude lisible dans son regard complice et respectueux.

La matinée s’écoula en un éclair puisqu’après le petit déjeuner, Mulder s’était fait porter malade et ils avaient ensuite passé plus d’une heure à rechercher Albert Smith. Leurs tentatives informatiques restèrent infructueuses mais Mulder ne s’avoua pas vaincu et consulta un trio d’amis proches. Il expliqua à Kate qu’ils étaient des experts dans leur domaine mais ne fut pas capable de définir lequel exactement. Quelque peu paranoïaques, le piratage de toute instance gouvernementale n’avait plus le moindre secret pour eux et ils purent leur offrir une adresse au bout de plusieurs minutes d’impatience mal gérée. Ils promirent par la même occasion de maintenir leurs efforts quant à la propagation de la photo de Kate, espérant un jour recevoir le coup de fil tant espéré.

Par chance, Albert Smith vivait à une distance raisonnable, dans la ville de St Louis. Mulder et Kate ne perdirent pas une seconde pour se mettre en route et atteignirent l’agglomération avant la mi-journée. Ils privilégièrent leurs estomacs afin de reprendre des forces et s’arrêtèrent dans un petit restaurant habituellement fréquenté par des gens du voyage. Kate se glissa sur la banquette du fond et Mulder ne pu résister à l’envie de l’y rejoindre.


« Et s’il était à l’origine de mon agression ? » Demanda-t-elle entre deux bouchées.

« On en a déjà parlé, je ne pense pas qu’on ait vraiment le choix. » Lui rappela-t-il, une main rassurante serrant son épaule. « Et puis je serai là donc je pense qu’un double meurtre serait plus compliqué à mettre en œuvre Surtout non prémédité. » Ajouta-t-il, partagé entre l’ironie de ses propos et le ton plaisantin de sa voix.

« Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée ou doublement inquiète. » Déclara-t-elle, repoussant son assiette encore à moitié pleine.

« Kate, écoutez, on trouvera qui vous êtes en réalité, on saura ce qui s’est passé. Et si vous avez une famille, je vous rendrai à vos proches, c’est clair ? » Lui intima-t-il, chargé de conviction. « Et avant que vous ne me ressortiez votre couplet sur le fait qu’on ne sache pas de quel bord vous êtes, on sait tous les deux qu’il s’agit du bon. » Conclut-il avec une certitude et une sérénité plus que flatteuses.

Face à son regard réprobateur, Kate ravala ses remerciements mais hocha tout de même de la tête pour lui signifier son sentiment. Puis dans un geste plus instinctif que réfléchi, elle passa son bras dans son dos et le rapprocha d’elle pour déposer un baiser sur sa joue. Mulder resta bouche bée, ravi, gêné, il ne savait trop comment réagir mais sourit de bon cœur. Il parvint même à lui faire terminer son repas avant de repartir.

Une fois sur le pas de la porte, tous les deux retinrent leur respiration jusqu’à ce qu’un home d’une cinquantaine d’années leur ouvre. Au premier abord, il fut troublé par la présence de Mulder, se demandant sûrement la raison pour laquelle un étranger souhaitait lui parler. A l’inverse, quand on regard se posa sur la jeune femme qui l’accompagnait, ses yeux faillirent bondir de leurs orbites.


« Oh mon Dieu ! Dana ! » S’exclama-t-il, momentanément paralysé sur place.

« Vous me reconnaissez ? » Articula-t-elle, partagée entre le soulagement et l’angoisse.

« Bien sûr que oui ! Tu nous as fait une de ces peurs… On… On t’a cherchée partout ! » Bredouilla-t-il en s’avançant vers elle, les mains sur ses épaules et il l’enserra dans une étreinte maladroite.

« Je… J’étais à l’hôpital. » Expliqua-t-elle, captant le regard de Mulder, elle comprit qu’il ne savait pas plus qu’elle ce qu’ils avaient entamé.

« Oui, je vois ton bras ? » Fit-il tout à coup, comme s’il reprenait ses esprits.

« Rien de grave. » Murmura-t-elle, quelle était la marche à suivre dans cette situation ?

« Entrez, entrez, il faut que j’appelle Kenneth. Il… Il ne va pas en croire ses yeux. » Annonça-t-il alors qu’il marchait à reculons, son téléphone déjà l’oreille. « Mettez-vous à l’aise, servez-vous un verre, je reviens tout de suite. » Les avisa-t-il pour ensuite disparaître dans ce qui devait être son bureau.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Mar 29 Jan - 16:41

La villa dans la quelle il résidait était des plus spacieuses. Les murs ornés de tableaux, ainsi que les sculptures disséminées ça et là suffisaient à exprimer l’étendue de son patrimoine. Les lieux étaient chargés de caractère bien qu’ils inspiraient plus l’envie exacerbée de se pavaner que la conscience intellectuelle de leur propriétaire. Kate s’assit à l’extrémité du sofa, sur le bord, comme prête à se relever pour fuir au plus vite en cas d’alerte. Mulder remarqua combien elle était tendue mais ne lui en toucha pas mot de peur de souligner l’évidence. Par ailleurs, il soupçonnait qu’elle aussi était envahie par la désagréable sensation provoquée, elle, par le mauvais pressentiment qui était né en lui à leur entrée dans la demeure.

« Vous croyez que je m’appelle Dana ? C’est la façon dont il m’a appelée en me voyant. » Souffla-t-elle, ses doigts jouaient sans cesse avec la sangle qui maintenait son bras en écharpe.

« A mon avis, il l’a dit avec un tel empressement qu’il n’a pas pu l’inventer, c’était instinctif. Est-ce que ça vous rappelle quoi que ce soit ? » Questionna-t-il en venant s’installer à ses côtés.

« Je ne sais pas trop, ça me semble familier. C’est comme… Non, laissez tomber. » Se ravisa-t-elle brusquement, le fantôme d’un sourire s’évanouit sur ses lèvres.

« Vous alliez dire quelque chose, allez-y ? » Insista Mulder, sa curiosité piquée au vif.

« Vous allez vous moquer. » Répliqua-t-elle, mal à l’aise.

« Kate, s’il vous plaît. » L’implora-t-il presque, arborant le regard d’un chien battu qui la fit craquer sur le champ.

« Et bien je n’arrête pas d’entendre résonner dans ma tête la voix de ce commentateur de baseball. Ca me laisse exactement la même impression de « déjà vu » que le prénom Dana. » Marmonna-t-elle à contrecœur.

« Bryan Morgan ? » Proposa-t-il, quand elle secoua la tête il continua à énumérer plusieurs noms qu’elle ne connaissait pas. « John Shiban ? Gary Dourdan ? Jerry Doggett ? »

« Le dernier, il n’avait pas un collègue ? » L’interrompit-elle soudainement, l’intérêt se lisant sur son visage.

« Oui, je crois, Vince Skylar, quelque chose comme ça. » Se souvint Mulder, content de toucher au but.

« Scully. »

Kate tourna la tête en direction de la voix qui avait prononcé ce nom et Albert Smith se trouvait à quelques mètres de là. Il s’était posté dans l’entrée, les bras croisés et l’épaule appuyée contre le chambranle de la porte. Ses lèvres étaient comme renfrognées et ses cheveux dérangés indiquaient qu’il avait passé sa main dedans à mesure qu’il discutait avec son interlocuteur. Il y eut comme un vent froid dans la pièce qui se répandit tout autour d’eux et prit place pour ne plus s’évaporer de sitôt.

« Tu t’appelles Dana Scully et tu travaillais avec moi, tout comme Kenneth Philips. » Expliqua-t-il, tout en parlant, il vint s’asseoir en face d’eux dans un large fauteuil.

« C’est lui que vous venez d’avoir au téléphone. Est-ce que je le connais bien ? » S’enquit la jeune femme, assoiffée de réponses.

« Tu partages sa vie depuis 5 ans Dana, vous alliez bientôt vous marier. » Répondit-il comme si elle était fautive d’avoir oublié un tel élément.

« Nous… Marier ? » Balbutia-t-elle, est-ce qu’elle rêvait ou la Terre tremblait sous ses pieds ?

« Est-ce que vous pourriez lui apporter un verre d’eau s’il vous plaît ? » Réclama Mulder, se demandant comment un home pouvait annoncer une nouvelle aussi importante à une amie sans manifester la moindre once de tact ou de diplomatie.

« Bien sûr, tout de suite. » Acquiesça Smith, il rejoignit la cuisine d’un pas hâté.

Mulder ne prononça aucune parole, il se contenta de prendre « Dana » dans ses bras et de caresser ses cheveux. Il espérait que sa respiration se calme et retrouve un rythme plus régulier. Découvrir tant d’informations sur soi-même de la bouche d’un quasi inconnu en choquerait plus d’un.

La jeune femme parvint à reprendre le contrôle de ses émotions, elle gardait néanmoins la main sur sa bouche. Mulder ne savait pas si c’était parce qu’elle avait la nausée ou s’il s’agissait d’un geste réflexe.


« Je ne comprends pas pourquoi je ne me souviens de rien. D’accord, je suis amnésique, mais lorsqu’on me dit que je m’appelle Dana Scully, je sens au fond de moi que c’est la vérité. Alors que cette idée de mariage… J’ai l’impression d’être parachutée dans une toute autre vie qui ne m’appartient pas. » Expliqua-t-elle, le tout entrecoupé de pauses où elle buvait une gorgée d’eau pour humidifier sa gorge asséchée.

« Peut-être qu’en revoyant Kenneth, tu te souviendras ? » Proposa gauchement Albert Smith, il semblait sincèrement touché tout à coup. « Je suis désolé, je n’ai pas été très fin tout à l’heure, ça m’a tellement surpris que je n’ai pas su comment agir. »

Smith vint s’asseoir à ses côtés et prit sa main dans la sienne, il y exerça une légère pression affective et rassurante. Une image familière traversa l’esprit de Dana et elle se vit dans la même position, dans un autre lieu. On aurait dit un bureau avec une table en verre et des fauteuils confortables. Elle pouvait presque entendre sa voix, lui promettant que tout irait bien, qu’elle devait avoir confiance en elle et en leurs travaux. Devant elle se trouvait un mur blanc et dénué de signe distinctif excepté pour un logo orné des désormais fameuses initiales « AME ».

« Kate ? Dana ? » Résonna une voix au creux de son oreille.

« Pardon, je crois que j’ai eu un autre flash. » Se justifia-t-elle, gênée.

« Quel genre ? » S’enquit Smith à côté d’elle.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Jeu 31 Jan - 20:24

« Nous étions tous les deux. » Commença-t-elle, forcée de tourner le dos à Mulder pour parler à Smith. « Dans votre bureau, il me semble, vous me teniez la main de la même façon. » Décrit-elle, espérant qu’elle n’ait rien imaginé de trop farfelu.

« Oui… Oui, c’est souvent arrivé. » Confirma Smith en se levant de nouveau.

Au même instant un coup de sonnette retentit et les fit sursauter tant ils étaient plongés dans leurs pensées. Smith s’excusa pour aller répondre et les abandonna ainsi dans leur torpeur. Mulder profita de l’instant et se pencha vers son amie pour lui chuchoter quelques mots. Ses cheveux chatouillèrent son nez mais ni l’un ni l’autre ne recula.


« J’ai un mauvais pressentiment sur tout ça. On devrait essayer de partir d’ici dès qu’on en aura l’occasion. Vous pourrez réfléchir plus clairement. » Murmura-t-il, son ton emprunt d’une préoccupation certaine.

Dana ne pu que hocher la tête avant que les deux hommes ne réapparaissent dans la pièce. Le Kenneth en question, grand au teint mâte, se précipita vers la jeune femme et l’engouffra dans ses larges bras. L’étreinte s’éternisa un brin, ce qui ne fut pas du goût de Mulder malgré son envie de le nier.


« Oh, Dana… J’ai eu tellement peur pour toi. Est-ce que tu vas bien ? Où étais-tu ? » La harcela-t-il de questions, prenant son visage dans ses mains.

« J’ai eu un accident… » Souffla cette dernière, terriblement embarrassée à l’idée de l’avoir totalement oublié.

« Oui, je vois ça. Ce n’est rien de grave ? Juste ton bras ? » S’assura-t-il, les yeux scrutant avidement chaque partie de son corps.

« Cassé mais ça guérira. Je le sens à peine. » Affirma-t-elle, devinant le regard exaspéré de Mulder dans son dos, lui qui savait qu’elle mentait.

« Je crois que ça fait beaucoup pour Dana en une seule journée. » Se risqua Mulder, préférant mettre fin à l’entrevue avant que la jeune femme ne soit trop bouleversée par tant de d’informations.

« Et on peut savoir qui vous êtes au fait ? » Demanda Kenneth, méfiant.

« Je suis le Dr. Mulder, c’est moi qui traite Dana depuis son séjour à l’hôpital. Je suis spécialisé en psychologie. » Les renseigna-t-il sans plus de détails.

Il ne fit pas non plus l’effort de tendre la main pour les saluer correctement. D’une main dans le dos de Dana, il lui fit comprendre qu’il voulait partir et ne comptait pas la laisser ici. Immédiatement, elle saisit le message et serra le bras de ce Kenneth Philips.


« Nous repasserons dans quelques jours, j’ai juste besoin de temps, tout ça c’est si soudain. Vous m’aiderez à me souvenir de tout j’en suis sûre. » Promit-elle en effectuant un pas en direction de la porte mais Albert Smith s’interposa.

« Je suis navré mais je ne peux pas vous laisser partir. En tout cas pas tous les deux et pas tant que vous ne nous aurez pas rendu les documents qui nous appartiennent. » Menaça-t-il d’une voix guère aimable.

Dana resta paralysée sur place et Mulder en fit de même à ses côtés, ses doigts se crispant le long de sa colonne vertébrale. Pourquoi n’avaient-ils pas suivis leur instinct et fui quand ils étaient encore en surnombre ? L’envie de savoir avait été trop forte et désormais leur curiosité était plus que récompensée. En face d’eux se tenaient les deux hommes qui se disaient être proches d’elle mais les intimidaient maintenant avec un révolver et un regard plus qu’explicite. Smith était celui qui tenait l’arme et tentait de faire bonne figure, tremblant légèrement, ses cheveux s’amassant sur son front, collés par la sueur qui y perlait. Kenneth, quant à lui, semblait plus maître de la situation et de ses émotions, croisant les bras sur son torse bombé et souriant de manière plus que narquoise et satisfaite. S’ils avaient dit la vérité concernant un possible mariage entre eux, soit Dana avait vraiment été aveuglé par l’amour qu’elle lui portait au point d’ignorer ce scintillement maléfique dans ses yeux, soit il avait dissimulé sa vraie nature avec brio.


« De quel documents parlez-vous, nous n’avons rien… » Expliqua Dana, contrôlant le flux de ses mots.

« Si vous n’avez pas les documents, comment avez-vous fait pour nous retrouver alors ? » Aboya Kenneth, perdant patience.

« Je… Je me suis souvenu de votre nom… Albert Smith. Je ne savais pas qui vous étiez mais j’étais sûre de vous connaître lors nous avons tenté notre chance et sommes venus vous parler. » Continua Dana, fier d’être aussi calme en de telles circonstances.

Son regard ne se détachait pas de l’arme qui était pointée dans leur direction. Celle-ci visait tour à tour la jeune femme et son ami, les aller et retour plus ou moins rapide selon l’état de d’indulgence de son propriétaire. Chaque fois que le canon revenait vers elle, Dana sentait sa salive s’évaporer dans le fond de sa gorge, rendant la parole difficile.


« Alors fais plus d’effort, si tu t’es souvenue de mon nom, souviens-toi de l’endroit où tu as planqué ces documents ! » Ordonna Smith en s’approchant dangereusement.

L’inquiétude poussa Dana à reculer d’un pas, se cognant à Mulder qui l’encercla de ses bras pour l’empêcher de tomber à la renverse.


« Nous n’avons pas vos fichus documents ! Nous ne savons même pas de quoi vous parlez alors, s’il vous plaît, calmez-vous et laissez-nous partir. » Insista Mulder, irrité.

« Je ne crois pas non. J’ai une bien meilleure solution. Tu veux savoir ce qui s’est passé Dana ? » Questionna Smith, tout à coup très coopératif. « C’est bien simple, tu avais découvert quelques petites choses qui ne te regardaient pas au sein de l’association. Et bien sûr, il a fallu que tu fouilles plus loin et me voles certains renseignements. Alors j’ai envoyé Kenneth pour te suivre. » Commença-t-il avant que Kenneth Philips ne prenne la relève.

« J’ai vite compris que tu me menais en bateau et te dirigeais vers la forêt en espérant me semer. Malheureusement pour toi, j’ai réussi à te faire quitter la route et tu es partie en courant. Je t’ai vite rattrapée, tu as été quelque peu… récalcitrante… » Sourit-il, fier d’avoir battu une femme presque à mort.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Sam 2 Fév - 18:11

« Tu… Tu m’as attrapée par les cheveux… » Se souvint Dana, le souffle court. « Tu m’as traînée comme ça jusqu’à l’eau et m’a donné un coup en plein visage. J’ai perdu l’équilibre alors tu m’as empoignée par le cou et tu n’arrêtais pas de me demander où j’avais mis les documents… Je… Je ne pouvais pas te répondre quoi que ce soit car tu n’arrêtais pas de me plonger la tête sous l’eau… Je n’y voyais plus rien, je ne pouvais plus respirer… » Sa voix s’affaiblit, tout comme son corps qui reposait contre un Mulder déstabilisé.

« J’en ai eu marre alors je t’ai fichu sous l’eau une dernière fois, j’ai entendu ton bras craquer et tu n’as plus bougé. Je me suis dit que comme les documents n’étaient pas sur toi, tu avais dû les laisser dans ta voiture. Quand j’y suis retourné… » Détailla Kenneth avant qu’elle ne l’interrompe de nouveau.

« Tu n’as rien trouvé car en m’enfuyant je les avais avec moi et je les ai cachés dans le premier trou que j’ai trouvé. Un tronc d’arbre. » Lui indiqua-t-elle en baissant les yeux, s’efforçant de retrouver la mémoire.

Tout semblait brouillé dans son esprit, els souvenirs se mêlant à ses désirs de retrouver un passé oublié. Comment remettre le doigt sur ce qui lui était réellement arrivé sans risquer de corrompre l’axe véritable des choses. Ces hommes lui crachaient au visage des faits qu’elle acceptait comme véridiques et retransposait en images sous ses paupières. Les parfums que dégageait la forêt, le bois humide, les crissements des branches, l’eau qui s’engouffre dans ses poumons ou lui brûle les yeux. Le craquement de ses os le long de son poignet et le cri de douleur qu’elle souhaiterait pousser mais retient pour ne pas avaler davantage d’eau et se noyer dans un dernier soupir. Son corps tremblait comme à l’instant, sous le poids des émotions, sous la pression de ces mains agressives et implacables.


« Bon aller, j’en ai plus qu’assez. Kenneth va accompagner Mr Mulder et celui-ci va le conduire tout droit à ces documents. S’ils ne reviennent pas dans 2 heures, je serai obligé de lui passer un petit coup de fil et nous mettrons un terme à vos vies. Après tout, nous n’avons plus rien à perdre. » Conclut-il en s’approchant et enfonçant son arme dans les côtés de Dana.

« Mulder, bougez-vous ou je peux vous assurer que Mr Smith mettra ses mots à exécution. » Menaça Kenneth, ses yeux posés sur Dana pour souligner ses dires.

Tous les deux échangèrent un regard confus et sincère, se demandant la permission d’agir, de mettre en marche un plan qu’ils comprenaient et acceptaient d’office. D’un signe de tête, ils devinaient qu’ils n’avaient plus le choix et que tous deux le savaient pertinemment. Leurs mains se frôlèrent et enfin, Mulder suivit Kenneth à contre cœur, contraint à s’exécuter sous la pression de l’arme dans son dos. La porte se referma derrière eux et Dana inspira de toutes ses forces pour tenter de canaliser la tension qui régnait en elle.


« Assis-toi sur cette chaise s’il te plaît. J’ai quelques questions à te poser en attendant. » Annonça Smith, ôtant sa cravate d’une main.

Sans discuter, Dana s’installa à la place désignée et Smith noua tant bien que mal ses poignets derrière son dos, malgré la gène que procurait son platre. A l'aide de la sangle qui avait soutenu son bras, il enserra ses chevilles aux pieds de la chaise. Une fois certain qu’elle ne pourrait défaire les nœuds en tirant dessus, il recula et alla s’asseoir sur le canapé, face à la jeune femme.


« Comment as-tu fait pour t’en sortir ? » Fit-il, croisant les jambes.

« Je ne sais pas. » Rétorqua Dana, elle préférait se taire plutôt que de sympathiser avec lui, sachant Mulder en danger perpétuel.

« Ne te fiche pas de moi, j’ai vu ton regard tout à l’heure, tu te souviens de tout alors répond! » S’impatienta Smith, excédé.

« Je… Je me suis réveillée brutalement, flottant au beau milieu du lac. J’étais frigorifiée mais j’ai réussi à nager jusqu’au bord et à me hisser sur la berge. Je n’arrivais plus à garder les paupières ouvertes et je me suis endormie là, dans l’herbe. Je me suis réveillée peu après et une vieille dame était penchée au dessus de moi. Elle et son mari étaient venus se promener et m’ont trouvée. Je… Je me suis rendues compte que j’étais amnésique quand ils m’ont demandé mon nom et que je me suis trouvée incapable de leur répondre. Mon bras me faisant atrocement mal et je n’arrêtais pas trembler alors ils m’ont conduite à l’hôpital. Les médecins m’ont soignés et gardée en observation quelques jours, espérant que je suis me souvenir de mon identité. Et un jour, le Docteur Mulder est venu me parler. » Raconta Dana, surprise d’avoir autant de choses à dire à un homme qu’elle haïssait profondément.

Le fait de prononcer ses souvenirs à haute voix l’aident néanmoins à leur donner un relief, une existence et un sens parmi les centaines d’images qui parcouraient son esprit. Décrire ces instants lui permettait de les valider, de s’assurer que c’était bien ce qui s’était produit et qu’elle devait en déduire des indices, des informations précises. Peut-être qu’une expression ou une sensation lui donnerait la possibilité d’ouvrir tous ces tiroirs clos de son cerveau, gardant jalousement son passé.

***


La neige avait cessé de s’abattra sur la ville, abandonnant derrière elle un épais manteau recouvrant car parcelle de terrain, chaque toit et chaque route. La voiture filant pourtant à vive allure sur la voie, Kenneth était peu décidé à perdre la moindre seconde pour rapporter le dossier à son patron. Mulder avait un doute, cette histoire de fiançailles entre lui et Dana, avaient-ils tentés de les mener en bateau ? Après tout, ils auraient pu raconter ce mensonges dans le but de s’approcher de la jeune femme pour lui soutirer en douceur les informations et ensuite se débarrasser d’elle aussi vite qu’ils l’avaient tenté la première fois.

Sur le tableau de bord, les documents trônaient là, glissant de temps à autres à mesure que la véhicule tournait à droite ou à gauche. Kenneth les retenaient à chaque fois. Mulder, quant à lui, était limité dans ses mouvements à cause des menottes qui liaient ses mains à la poignée supérieure. Le bras au dessus de la tête, cette position n’offrait pas beaucoup de confort ou de marge de manœuvre. Il devait pourtant bien trouver une solution et vite, s’il ne voulait pas que lui et Dana ne finissent au fond d’un canal, dévorés par des canards affamés. Kenneth profita d’une station service pour faire une pause et refaire le plein d’essence.


« Et fais pas de conneries. » Lui intima-t-il en s’éloignant, téléphone portable à la main.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Mar 5 Fév - 19:50

Toutes les dix minutes, il contactait Smith pour le tenir au courant de son avancement. Il avait expliqué à Mulder qu’ils avaient un code et que s’il appelait en retard ou prononçait un certain mot dans une conversation, tous les deux seraient liquidés sur le champ. Il avait précisé qu’ils se passeraient bien d’un double meurtre mais que poussés dans leurs retranchements, ils n’hésiteraient pas cette fois.

Une fois qu’il fut suffisamment éloigné, Mulder tendit son bras gauche pour attraper le dossier qui le narguait de quelques centimètres. Il s’étira de tout son long, le métal rentrant dans la peau de son poignet puis finalement, ses doigts atteignirent les documents et il pu les récupérer. A l’intérieur, il savait qu’il y trouverait un trombone mais il devait faire vite, Kenneth venait d’ouvrir la porte de la station. En un clin d’œil, il avait récupéré la tige de fer et l’avait incérée dans le verrou de sa menotte. Quelques mouvements agiles et maîtrisés plus tard, il s’était libéré.

Cependant, il ne pouvait pas partir au risque de mettre la vie de Dana en danger alors il observa les alentours et ses yeux se posèrent sur l’homme qui prenait de l’essence à quelques mètres de lui. Il venait de raccrocher son téléphone portable et l’avait posé sur le conteneur qui se trouvait à proximité. Avec la plus grande discrétion, Mulder s’empara de l’appareil et composa le numéro de ses trois compères.


« Byers. » Fit une voix sèche et méfiante.

« Byers, c’est Mulder, il faut absolument que vous vous rendiez au plus vite au 8 Holland Road à St Louis. Albert Smith retient Dana… Kate en otage, il faut que vous alliez l’aider. » Leur ordonna Mulder sans pouvoir en dire plus.

En effet, Kenneth revenait déjà vers lui alors Mulder fit glisser le téléphone portable sur le sol jusque l’autre côté du rebord, en direction de son propriétaire. Ce dernier n’avait encore rien remarqué et croirait sans doute avoir fait tomber l’appareil par mégarde. Quant à Mulder, il referma sa portière sans la faire claquer et repositionna sa menotte de sorte que son geôlier ne suspecte pas une seconde qu’elle était ouverte.

A peine Kenneth avait-t-il repris sa place derrière le volant que son téléphone retentit. Démarrant le moteur d’une main, il décrocha de l’autre et assura à son patron que tout se déroulait sans la moindre anicroche.

Mulder ferma les yeux et se surprit à prier pour que ses amis viennent au secours de Dana avant que les choses ne dégénèrent totalement. Le trajet se fit sous la pluie d’insultes émanant de la bouche de Kenneth à chaque fois qu’un automobiliste l’obligeait à ralentir son allure.

Leur véhicule déboucha enfin dans la bonne rue et Mulder espérait que Kenneth n’avait toujours rien remarqué d’étrange. Cela faisait plus d’un quart d’heur qu’Albert Smith ne l’avait pas contacté d’après l’heure indiqué par le tableau de bord. Mulder ne pouvait s’empêcher de fixer les minutes qui défilaient, le rapprochant de plus en plus d’une fin inévitable.

Kenneth tira sur le frein à main, ouvrit sa portière et fit le tour de la voiture. Ne s’y attendant pas le moins du monde, il ne vit pas venir le poing de Mulder qui s’écrasa sur le côté de sa mâchoire. Son pied se prit dans le rebord du trottoir et il tomba à la renverse. Pour faire bonne mesure, Mulder le frappa encore à plusieurs reprises dans le ventre, souhaitant l’immobiliser assez longtemps pour rejoindre Dana et appeler la police.

Il se replongea dans l’habitacle pour s’emparer du fameux dossier et se précipita vers l’entrée de la maison à grandes enjambées. Un coup d’œil par la fenêtre de la façade lui assura que personne ne se trouvait dans le hall alors il pénétra la demeure dans le plus silence. Des traces de sang brillaient sur le sol, faisant remonter un désagréable goût de bile dans sa gorge. Il referma la porte derrière lui sans un bruit puis se dirigea vers la pièce principale. Au centre de celle-ci se trouvait une chaise renversée au sol et une cravate ensanglantée à quelques pas. Il n’y avait aucune trace de vie dans la maison. La panique s’empara de lui et il cria son nom.

***


« Ca ne t’a pas suffit l’Afrique ? » Questionna Albert Smith.

Scully redressa la tête, interloquée par cette question semblant venir de nulle part.


« Qu’est-ce que vous voulez dire ? » Murmura-t-elle, s’efforçant de travailler sa mémoire encore floue.

« Arrête de faire l’innocente. Je sais très bien que c’est toi qui les faisais passer au Congo avant que leurs maris ne les retrouvent ! C’est là que j’ai commencé à me méfier de toi tu sais. Kenneth m’a été d’une grande aide. » Expliqua-t-il, fier et méprisant.

« Je ne comprends rien… L’Afrique… C’est là que nous sommes partis pour la première fois, c’est ça ? » Demanda-t-elle, désorientée.

« Ouais… Tu étais médecin à Washington. On s’est rencontrés à une exposition dons les dons étaient reversés à mon association. On a sympathisé et de fil en aiguille, nous sommes partis ensemble à Khartoum. De là, nous sommes vite allés travailler au Darfour mais il a fallu que tu joues les Mère Térésa. » Raconta Smith, exaspéré.

« Je ne comprends pas, qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Nous… Nous soignons des enfants… Des femmes enceintes… Qu’ai-je pu faire de si répréhensible ? » L’implora-t-elle, le tissu de la cravate déchirant la peau de ses poignets.

« Il a fallu que tu fasses quitter le pays à certaines femmes pour qu’elle rejoignent la république du Congo. » Répliqua-t-il comme s’il s’agissait de la réponse dans son ensemble.

« Illégalement ? Mais pour quelle raison ? » Insista Dana, remuant les moindres souvenirs qui lui venaient à l’esprit, tout à coup elle réagit. « Leurs blessures… Elles… Elles avaient des coupures en travers de la cuisse. » Devina-t-elle avec horreur. « C’était une marque laissée par Soudanais aux femmes des troupes rebelles lorsqu’ils… Lorsqu’ils les avaient violées. Et quand leurs maris les retrouvaient blessées, ils les abandonnaient ou les tuaient de leurs mains pour avoir été bafouées. » Récita Dana, entendant les voix de ces victimes relater ces atrocités, encore et encore.

Au bout de quelques semaines, à force de recoudre ces plaies chaque jour, sachant qu’elles ne mourraient pas de cette perte de sang mais à la suite d’une confrontation avec leur mari ou leur père… elle avait craqué. Avec l’aide de Kenneth, elle avait gardé secrets ses agissements. Il avait promis de la couvrir, de faire en sorte que jamais ses actions ne remontent aux oreilles de Smith et elle l’avait cru. Dana était bien vite tombée amoureuse de cet homme qui croyait en sa cause et protégeait ces pauvres femmes qui se retrouvaient doublement agressées. Jamais elle n’aurait pu imaginer qu’en réalité Smith avait lui-même demandé à Kenneth de la surveiller et de contrôler ses faits et gestes. L’affaire ayant été découverte par les Soudanais sans pouvoir mettre le doigt sur le réel coupable, ils avaient été contraints de fuir le Darfour. Cette expulsion bâclée et non justifiée à l’époque avait amené le gouvernement américain à financer certaines dépenses supplémentaires de l’AME et à lui accorder un certain soutien financier non négligeable. Argent qui, comme l’avait découvert Dana après une petite enquête, était allé directement dans la poche de son supérieur.


« Je vois que ton cas n’est pas si désespéré que ça finalement Dana. » Concéda Smith, un sourire cynique accroché aux lèvres.

Un coup de sonnette les interrompit dans leur conversation et Albert Smith lui adressa un regard explicite, sortant son téléphone portable de sa poche. Il se doutait que Kenneth n’avait pas eu le temps de revenir de Chicago alors il lui passa un coup de film afin de remettre les choses au clair. Dana savait que s’il ne contactait pas de nouveau son complice dans dix minutes, il en serait fini de Mulder alors elle n’était pas prête à prendre ce risque inconsidéré.

Smith s’éloigna pour aller répondre à l’intrus qui se trouvait à la porte. Deux personnes se trouvaient là, il ne pouvait voir le visage que de l’un d’entre eux, très propre sur lui et bien présenté.


« Qui êtes vous ? » Aboya Smith.

« Je me présente, John Gilnitz, je travaille avec mon collègue pour la Fortis Bank et j’aurais besoin de vérifier avec vous certains points importants sur le contrat que vous avez signé hier avec Mr. Rash. » S’annonça le premier homme.

Smith savait qu’il devait se débarrasser d’eux mais sans pour autant attirer la curiosité sur son comportement. A peine avait-il ouvert que deux hommes se jetèrent sur lui et le plaquèrent au sol après l’avoir aveuglé grâce à un gaz lacrymogène. Les mains plaquées sur ses yeux emplis de larmes, il sentit un coup dans ses côtes et un autre s’abattre sur son crâne avant de perdre conscience.

Les deux inconnus ne se compliquèrent pas la tâche choisissant simplement de l’enfermer dans le placard qui se situait dans l’entrée. Ils se ruèrent ensuite dans la maison et y trouvèrent la jeune femme qu’ils ne connaissaient que sous les noms de Kate ou Dana d’après ce que leur avait dit Mulder. Au premier abord, elle resta le dos plaqué contre le dossier de sa chaise, ses yeux grands ouverts traduisaient toute la peur qui se répandait en elle telle une traînée de poudre.


« Ne vous inquiétez pas… Dana ? Nous sommes des amis de Mulder, nous sommes ici pour vous aider. » Prononça le plus petit et dégarni.

Il s’approcha d’elle et malgré la terreur qui l’éprenait, Dana attendit qu’il défasse ses liens avant de se lever brusquement. Ses mouvements furent d’ailleurs si soudains que la chaise bascula en arrière et Dana ne pu s’empêcher de s’enfuir. Elle prit la première sortie qui s’offrit à elle et se refugia dans le jardin. Byers et Frohike, les deux compères restèrent bouche bée, le premier tenait encore en main la cravate ensanglantée qui avait tenu Dana prisonnière. Au bout de quelques instants, ils reprirent leurs esprits et partirent à sa recherche en appelant son nom.

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MessageSujet: Re: Troubles Souvenirs   Mer 6 Fév - 17:44

« Hey mec, calme-toi ! »

Mulder fit demi tour, sursautant violement à l’entente de cette voix familière.

« Langley ? Où sont Frohike et Byers, vous avez trouvé Dana ? » S’empressa-t-il de demander.

« Ils sont entrés il y a juste quelques minutes. Je surveillais l’extérieur quand je t’ai vu arriver et mettre ce type à terre. Le temps que je te rattrape, tu étais déjà rentré. Ils ne doivent pas être bien loin, je les capte encore. » Expliqua Langley en lui montrant un petit écouteur calé au creux de son oreille.

« Dana ? Frohike ?! » S’exclama alors Mulder, surveillant les alentours d’un œil inquiet.

Un courant d’air balaya leurs visages et attira par là même leur attention vers la baie qui était grande ouverte. D’un regard entendu, ils rejoignirent le jardin et ce fut l’endroit ils retrouvèrent leurs deux compères ainsi que la jeune femme. Celle-ci leur tournait le dos alors que Frohike et Byers tentaient pas tous les moyens de lui expliquer le plus simplement possible qui ils étaient et comment ils avaient été mis sur sa piste.


« Dana ? » Fit Mulder en s’approchant doucement, de peur de lui faire peur en la touchant sur l’épaule.

La jeune femme fit volte face pour se nicher dans ses bras. Elle ne prononça pas un mot et ne déversa pas une larme. Mulder sentait néanmoins les battements de son cœur contre son torse, témoignant de la tension qui régnait encore en elle. Sa respiration se calme et Dana leva les yeux vers son visage pour s’assurer qu’il ne lui était rien arrivé.


« Je vais bien, et toi ? » S’enquit-il en scrutant ses poignets abîmés. « Je sais ce que c’est. » Ajouta-t-il en lui montrant les sien dans le même état.

Ils sourirent brièvement puis il garda un bras autour de sa taille pour lui présenter ses amis. Les trois Lone Gunmen, comme ils s’appelaient eux-mêmes, se tenaient face à eux, gênés d’assister à leurs retrouvailles.


« Je te présente Langley, la grande blonde, Byers, et celui qui a l’air louche, c’est Frohike. » Enonça-t-il avec amusement devant leurs visages réprobateurs.

« Je suis désolée d’être partie comme ça, je ne savais plus à qui je pouvais faire confiance. » Se justifia-t-elle en baissant les yeux.

« Il n’y a pas de mal, avec tout ce que vous avez vécu ces derniers temps, votre méfiance est parfaitement compréhensible. » Lui assura poliment Byers, hochant de la tête.

« Ce n’est pas pour vous déranger mais j’ai appelé la police et ils seront là d’un moment à l’autre alors que diriez vous de laisser ce joli dossier en évidence pour eux et de se sauver ? » Proposa Langley, surveillant l’heure à sa montre.

« On a quelques informations à vous transmettre en chemin. » Paracheva Byers, ouvrant la marche.

« En chemin ? » Les reprit Dana.

« Pour Washington, la ville où vous viviez à l’origine et où se trouve encore votre mère. » Eclaircit Frohike avec satisfaction.

« Oh… » Emit Dana, ses jambes faiblissant sous son poids.

Mulder dû resserrer son étreinte autour d’elle pour être sûr qu’elle ne tombe pas à la renverse. La nouvelle l’avait visiblement secouée mais elle reprit le dessus et d’une pression sur sa main, elle promit à Mulder qu’elle tiendrait le coup. Motivée par ces informations, elle accéléra même la cadence pour rejoindre leurs véhicules et se mettre en route pour l’aéroport.


***


« Mesdames et Messieurs, nous approchons de l’aéroport de Dulles International. Nous vous prions de remonter vos sièges et de rabattre vos tablettes. Veuillez également boucler vos ceintures de sécurité pour l’atterrissage. » Leur parvint la voix du commandant de bord à travers l’interphone.

Dana Scully, désormais en pleine possessions de ses souvenirs, secoua l’épaule de Mulder qui s’était endormi à ses côtés. Elle aurait aimé elle aussi économiser quelques heures de sommeil mais l’idée de revoir enfin sa mère après de longues semaines l’avait maintenue éveillée tout le long du vol. Les Lone Gunmen lui avait donné tous les renseignements qu’ils avaient pu trouver, adresses, numéros de téléphone, noms. Elle se rappelait maintenant des moindres détails constituant sa vie avant son agression. Les trois compères leurs avaient également assuré de brouiller les pistes concernant le nom de Dana et que la police ne pourrait remonter jusqu’à elle, écartant ainsi la possibilité qu’ils lui demandent de témoigner contre Albert Smith et Kenneth Philips.

A l’aéroport, ils louèrent une voiture et Mulder conduisit, étant le seul à pouvoir se servir de ses deux bras. Dana avait hâte de pouvoir faire retirer ce plâtre qui l’encombrait plus qu’autre chose. Mulder lui avait promis que ça ne tarderait plus à en voir la mobilité qu’elle avait déjà retrouvée, ses os avaient déjà dû se ressouder. Dana ne fit que sourire, elle qui savait déjà son état de santé étant médecin urgentiste. Bien sûr, elle avait tout partagé avec lui sur son emploi mais ils avaient tous les deux encore beaucoup de difficulté à s’habituer à ce trop plein d’informations qu’il leur fallait emmagasiner.

La fatigue se lisait sur leurs visages marqués par les évènements récents. L’idée de retrouver sa mère et la douce chaleur qui régnait dans la demeure familiale ne faisait qu’ajouter à sa hâte. Les rues défilaient et avec elles ses souvenirs, un magasin rallumait une flamme, un parc lui rappelait des enfantillages… Le quartier semblait de plus en plus familier jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent devant une maison qu’elle aurait su reconnaître parmi tant d’autres.


« Je vais essayer de trouver un hôtel dans les environs. Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit, je ne repars que demain. » Offrit Mulder, les mains crispées sur le volant.

« Pourquoi ne viendrais-tu pas ? J’aimerais présenter à ma mère l’homme qui m’est venu en aide et sans qui nous ne serions jamais réunies. » Insista Dana, sourire aux lèvres. « Et puis tu pourrais rester avec nous au lieu de t’embêter à payer l’hôtel. Sans oublier que ma mère est la meilleure cuisinière de la ville. Je te dois bien ça. » Affirma-t-elle sans ouvrir sa portière.

« Je ne veux pas déranger. » Répliqua-t-il, sa ferveur retrouvée.

« Est-ce que tu peux ouvrir le coffre ? »

Mulder comprit que c’était le signe de départ. Il sortit de la voiture, en fit le tour pour lui ouvrir sa portière et reçut un sourire de gratitude. Le temps que Dana atteigne l’allée, il avait déjà récupéré leurs affaires et reposé sa main sur le bas de son dos, comme pour la guider.

Silencieuse, Dana pensait à la réaction de sa mère à la vue de sa fille qu’elle croyait encore disparue. Au fond d’elle, Dana espérait qu’elle n’était pas cardiaque ou bien elle devrait déjà tester ses réflexes de médecins. Cependant, lorsque la porte s’ouvrit, un simple soubresaut et une étreinte l’accueillirent, noyés dans une multitude de prières et de remerciements dirigés vers les cieux. Le parfum de la vieille femme engourdit l’esprit de Dana qui ne pu que répondre à cet appel d’amour.

A leurs côtés, Mulder se sentit un temps mal à l’aise mais voir une mère et sa fille se retrouver après de longues semaines lui réchauffa vite le cœur.


« Maman, je te présente le Dr. Mulder, c’est lui qui m’a aidée à recouvrer la mémoire. » Expliqua-t-elle sans s’étendre sur des détails qui ne feraient qu’inquiéter sa mère.

« Enchanté Madame. » Fit Mulder en tendant la main.

« Oh, appelez-moi Maggie et… Je vous remercie infiniment de lui être venu en aide Dr. Mulder. » Répondit Mme Scully, les invitant tous deux à l’intérieur.

« Appelez-moi Mulder, je préfère. » Glissa Mulder avec un sourire charmeur qui n’admettait nulle autre possibilité que de s’y plier.

« Alors, Mulder, Dana, vous devez mourir de faim. Je… Je vais préparer quelque chose pendant que vous vous mettez à l’aise. Dana, est-ce que tu peux lui indiquer la chambre d’ami ? » Demanda Maggie, frottant ses mains et réfléchissant déjà au repas qu’elle leur concocterait en quatrième vitesse.

« Suis-moi. » Indiqua Dana en désignant les escaliers et Mulder lui emboîta le pas.

Une fois à l’étage, elle ouvrit une porte sur sa droite et il marcha jusqu’au lit pour déposer son sac. Il tenait encore celui de Dana en main et fit demi-tour pour lui demander où le placer. A cet instant, ils se retrouvèrent face à face et restèrent immobiles, à s’observer en silence. Dana fit un pas dans sa direction et s’étira sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Son mouvement surprit tellement Mulder qu’il en laissa choir son bagage et garda les bras le long du corps. Ses lèvres répondirent d’elles-mêmes à ce baiser quand sa main valide s’aventura dans sa nuque pour remonter dans ses cheveux. Il la serra contre lui, se délectant de leur proximité soudaine et prenant soin de ne pas bousculer son plâtre.


« Hum… » Les interrompit Maggie Scully du pas de la porte.

Tous deux se séparèrent bien vite, la gêne se lisant sur leurs visages, tels des adolescents pris à fricoter sur un canapé. Leurs yeux étaient baissés et ils n’osaient croiser le regard de Maggie qui souriait avec amusement.


« Les pâtes sont prêtes. » Dit-elle en s’éloignant.

Dana se tourna vers Mulder et ils se réfugièrent de nouveau l’un contre l’autre.


« Est-ce que tu pourrais rester jusqu’à la fin de ton congé ? »

FIN

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