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 Passé Imparfait

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Polly

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MessageSujet: Passé Imparfait   Ven 8 Fév - 0:50

Auteur : Polly (andreaparcoeur@hotmail.fr)
Genre : Enquête/action/drama
Time-Line : Saison 7, enfin, n'importe où après The 6th Extinction!
Disclaimers : Je fais ça juste pour le plaisir d'écrire et de partager mes théories et mes rêves avec d'autres âmes sans vie sociale! Laughing
Résumé : Plusieurs découvertes et une tentative de meurtre mettent Mulder et Scully en doute, ils soupçonnent le Consortium d'avoir quelque chose à cacher mais de quoi il retourne exactement, vous le saurez en me lisant!


Passé Imparfait



« Scully. »

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire à l’entente de sa voix sèche et déterminée. Grâce à ce ton, on savait qu’il valait mieux en venir au point. Bien sûr, Mulder ne s’attarda pas sur le fait qu’elle avait probablement lu son numéro avant de décrocher.

« Salut Scully, je me demandais s’il était possible de se voir pour que tu m’expliques quelques petites choses sur ton dernier rapport d’autopsie ? » Se risqua Mulder, plissant les yeux en attendant une remarque cinglante mêlée à sa réplique.

« Et tu ne peux même pas m’accorder mon dimanche matin Mulder ? » Maugréa Scully à l’autre bout du fil.

Il l’imaginait déjà vêtue d’un tailleur clair, prête à se rendre à l’église, et lui qui perturbait ses plans pour la énième fois. Son sourcil droit se hausser à sa requête, le bout de ses doigts massant sa tempe en toute inefficacité.


« Aller, je te ferai du café. » Insista-t-il.

« C’est sensé être un argument ? » Résista Scully de prime abord, secouant la tête, il était incorrigible. « D’accord… D’accord, j’arrive. » Céda-t-elle finalement quand elle perçut sous soupir dans le combiné.

***


Trois petits coups vifs résonnèrent contre la porte et Mulder s’empressa d’aller ouvrir. A peine Scully eut-elle le temps de poser un pied à l’intérieur de l’appartement que Mulder empoignait son bras et apposait son index à ses lèvres pour la faire taire. Intriguée par ses actions mais comprenant le message, elle lui fit signe qu’elle ne commettrait pas d’erreur. Le salon était plongé dans une lumière opaque, les stores obscurcissant la vue. A son tour, Scully se méfia de ces lieux devenus impersonnels à Mulder depuis bien des années. Elle scrutait les angles de la pièce, jetait des regards furtifs ça et là.


« Ca te dirait d’aller prendre un vrai café à l’extérieur et non pas mon jus de chaussette ? » Suggéra Mulder tout en désignant un petit objet électronique qui trônait au centre de sa table de salon.

La jeune femme fronça les sourcils quand elle reconnut de quel type d’appareil il s’agissait en un clin d’œil. Pour lui répondre elle se tourna vers lui et continua à feindre l’innocence.


« Au coin de la rue ? » Proposa-t-elle. « Tu as ton rapport avec toi au moins ? » Demanda Scully, rejoignant le hall d’entrée sans même lui accorder un regard.

« Je te suis. » Dit-il en sortant de l’appartement, fermant à clé, aussi inutile ce geste soit-il.

En effet, il avait parfois l’impression que n’importe qui pouvait s’immiscer chez lui aussi facilement que dans un moulin. Sa veste en cuir sur l’épaule, il rattrapa Scully avant que les portes de l’ascenseur ne se referment sur eux. Ils échangèrent un hochement de tête de entendu pour convenir silencieusement de n’aborder aucun sujet sensible aux abords de l’appartement. Toujours sans un mot, ils se rendirent à un lieu situé non loin de là. La table qu’ils avaient choisie se trouvait à l’écart, dans un endroit qui n’attirait pas l’attention et restait tout de même couvert par les conversations des autres clients du restaurant. Mulder alla passer leur commande et vint s’asseoir à côté de Scully sur la banquette.


« Comment l’as-tu découvert ? » S’enquit-elle immédiatement pour aller droit au but.

« Ce sont les gars. Tous les mois on a notre petit rituel, on bavarde tranquillement devant un match de baseball pendant qu’ils vérifient chaque recoin de mon appartement. » Expliqua-t-il en haussant les épaules.

« Tu penses à l’Homme à la Cigarette ? » Hasarda Scully, elle avait retiré le couvercle de son gobelet pour faire refroidir son café plus rapidement.

« Qui d’autre ? Je n’en vois pas l’intérêt de me mettre sur écoute dans une période où je me fais discret. » Avoua Mulder avec scepticisme.

« Peut-être sont-ils justement sur le point de réaliser une opération importante et préfèrent prendre les devants ? » Se risqua Scully. « Ils veulent probablement s’assurer que tu ne les as pas en ligne de mire. »

« Si c’est ça, ils ne sont pas très intelligents car maintenant ils ont éveillé ma curiosité. » Souligna Mulder, ses mains couvraient son visage et grimpèrent jusqu’à ses cheveux pour les repousser en arrière.

Il resta dans cette position pendant de longues secondes sans qu’ils n’échangent un seul mot. Le Consortium était pourtant composé de membres imminents trop intelligents pour commettre ce genre d’erreur futile. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de croire que Scully avait sûrement raison. Il avait beau se creuser l’esprit, Mulder n’imaginait pas d’autres motifs ou responsables. Toutefois, il ne pouvait nier qu’il avait encore quelques ennemis qui devaient se souvenir de lui et nourrissait l’espoir d’obtenir leur vengeance par quelconque moyen détourné.


« Pourquoi les Gunmen ne l’ont-ils pas emporté avec eux ? » S’enquit Scully, sa question arracha Mulder à ses conjectures.

« Ils ont installé un autre appareil à proximité pour essayer de déterminer où ils sont placés pour recevoir les ondes. Mais ils ne se faisaient pas trop d’idées, il semblerait que le matériel soit de qualité et qu’on ne pourra pas en tirer grand-chose. » La renseigna-t-il, de plus en plus désillusionné.

« Peut-être que c’est là notre indice, peu de personnes sont capables de créer des mouchards très performants et les gens pouvant se les procurer sont parfois aussi rares. » Positiva Scully, une main rassurante posée sur son avant-bras.

« Oui, c’est ce qu’ils m’ont dit, espérons que ce soit une piste. » Concéda-t-il à regret. « Je vais rentrer, je suis désolé d’avoir gâché ton weekend Scully. » S’excusa-t-il avec honnêteté.

« Il n’y a pas de mal Mulder, je n’avais rien de si exceptionnel à faire de toute façon. » Affirma-t-elle d’un sourire.

Ils se levèrent et Mulder insista pour payer l’addition malgré les réticences de sa collègue. Lorsqu’ils se trouvèrent à l’extérieur, la journée les surprit par sa clarté et son vent calme. L’été ne tarderait plus à les étouffer de sa chaleur accablante. Côte à côte, ils marchaient le long du trottoir, peu enclins à entamer une discussion sans importance à propos de la douceur du climat.


« Mulder, tu es sûr que ça va ? » Osa néanmoins Scully, il avait l’air soucieux depuis qu’ils avaient quitté le café.

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Dernière édition par Polly le Sam 19 Avr - 1:07, édité 3 fois
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Polly

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mer 13 Fév - 17:53

« Oui, je vais tenter ma chance et essayer de contacter un informateur. » Répliqua-t-il sans cesser la contemplation de ses pieds.

« Je croyais que Marita Covarrubias était en Europe en ce moment. » S’étonna la jeune femme.

« Oui, c’est ce qu’elle m’a dit mais peut-être que quelqu’un d’autre reconnaître la signification de ma croix blanche. » Supposa-t-il, ce n’était pas la conviction qui l’étranglait.

« Appelle-moi si tu apprends quoi que ce soit d’accord ? Oui si tu veux passer à la maison, n’hésite pas. » Offrit Scully, des plus sincères.

« A demain. »

Scully acquiesça d’un signe de main et son ami l’observa jusqu’à ce qu’elle monte dans sa voiture et disparaisse de son champ de vision. Le lendemain semblait encore si loin et il devrait passer la soirée dans son appartement à se demander s’il pouvait encore téléphoner en paix ou même relire un dossier sans avoir peur que quelqu’un ne le surveille. Il décida de prendre ce microphone avec lui et de l’apporter aux Lone Gunmen pour qu’ils le soumettent à des tests plus poussés afin d’en découvrir sa véritable origine.

***


Seules les lumières provenant de l’écran de télévision illuminaient la pièce, le son baissé au minimum. Des lueurs colorées dansaient sur les murs, entrecoupées ça et là par les ombres extérieures. La radio distillait une douce musique, un fond sonore qui permettait à Scully de ne pas se sentir entièrement seule. Comme à l’accoutumée, elle venait de se faire couler un bain et mettait un peu d’ordre dans la cuisine avant d’aller se prélasser dans l’eau chaude et les bulles parfumées.

Ses doigts parcouraient le mur pour trouver l’interrupteur quand un coup résonna contre sa porte. Scully ne pu s’empêcher de soupirer à l’idée d’abandonner cette vision attrayante que formaient les bougies qui ornaient sa baignoire.

Un coup d’œil à travers le judas la fit reculer d’un pas. Que lui voulaient les Lone Gunmen à cette heure ? Ils étaient sensés voir Mulder pour lui communiquer le résultat de leurs recherches, pas elle.


« Que se passe-t-il ? » Questionna immédiatement Scully en autorisant les trois hommes à entrer.

« Quelque chose d’inquiétant. » Répliqua Langley pendant que Frohike s’intéressait pour une fois davantage à l’appartement qu’à sa propriétaire.

« Je vous suis. » Fit-elle avant de saisir son trousseau de clés sur la table.

Ils descendirent tous les quatre les escaliers et ne reprirent leur conversation qu’une fois en sécurité dans leur camionnette. Scully avait eu un mauvais pressentiment à leur arrivée mais leurs regards tendus et furtifs ne faisant qu’ajouter à ses craintes.


« On a intercepté un appel. » Commença Langley, celui qui conduisait.

« Il semblerait que Mulder ait été admis à l’hôpital suite à un accident de voiture. » Eclaircit Byers, il se tourna du siège passager pour parler à la jeune femme dans les yeux.

« Quoi ? Est-ce que c’est grave ? » S’enquit-elle, son angoisse confirmée.

« D’après ce qu’on a pu en tirer, pas trop mais nous ne sommes pas médecins. Nous ne voulions pas vous le dire par téléphone au cas où… »

« Je comprends. » L’interrompit Scully avant de marquer une pause silencieuse. « Dépêchez-vous. » Ordonna-t-elle finalement quand le feu passa au vert.

***


Imaginez la surprise de Scully quand elle atteignit le couloir des urgences et qu’elle aperçut Mulder debout devant le bureau des admissions. L’une de ses mains semblait néanmoins tenir ses côtés tandis que l’autre virevoltait dans les airs, traduisant ainsi son impatience.

« Mulder ? Est-ce que ça va ? » Demanda Scully lorsqu’elle arriva à sa hauteur.

« Scully ? Qu’est-ce que tu fais là ? » Rétorqua-t-il, partagé entre la colère et l’étonnement.

« Je t’expliquerai, quel est le diagnostique ? » Fit Scully, prenant les devants.

L’infirmière contre qui il s’était emporté leur jeta un regard noir alors Scully lui empoigna le bras pour le mener à l’écart. Ils s’arrêtèrent devant une chambre vide et la jeune femme inspecta des yeux son collègue. Il ne se tenait pas entièrement droit mais à en voir la vigueur avec laquelle il se déplaçait ainsi que son agacement, il ne devait pas être si mal en point.


« J’ai deux côtes cassées et quelques hématomes. Mais ils veulent à tout prix me garder en observation car ils craignent une commotion cérébrale, je vais bien Scully, tu veux bien aller leur dire de me ficher la paix ? » S’indigna-t-il, impatient.

« Tes pupilles sont dilatées Mulder, ils ont raison de se faire du souci. » Hésita Scully, étudiant son comportement à la loupe.

« C’est parce qu’ils m’ont chargé en morphine, je vais bien, je voudrais juste rentrer et me reposer tranquillement chez moi. » Insista Mulder, passant la main dans ses cheveux.

« Est-ce que tu as perdu conscience sur les lieux de l’accident ou à l’hôpital ? »

« Peut-être une seconde ou deux, mais c’était sous le choc de l’impact, ma tête a heurté la vitre et j’ai aperçu quelques étoiles. Rien de bien grave. » Assura-t-il en se calmant peu à peu grâce à la concentration de son amie.

« Bon, d’accord, je vais voir ce que je peux faire. Ne bouge pas d’ici. » Lui intima-t-elle avant de le quitter pour retrouver l’infirmière mécontente.

Mulder prit appui contre le mur, son tee-shirt gris était maculé de tâches cramoisies et sa veste en cuir favorite était déchirée au niveau du coude gauche. Il ferma les yeux pour essayer de ne pas s’écrouler de fatigue au beau milieu du couloir ou il pourrait dire adieu à l’idée de quitter les lieux. A quelques mètres de lui, il percevait faiblement la voix de Scully, parlementant avec l’infirmière en chef qui paraissait réticente à signer le bon de sortie. De toute manière, pensa Mulder, Scully en viendrait à ses fins et il serait libéré contre avis médical s’il fallait aller jusque là.


« On peut y aller. » Annonça Scully.

Comme il ne l’avait pas vue approcher, il sursauta quelque peu et se mordit la lèvre pour ne pas gémir de douleur. Désormais, il devrait affronter tout un trajet empli d’embuches pour parvenir à son appartement, comprenant marche, voiture et ascenseur. Il prit pour cela une profonde inspiration et s’élança courageusement.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Sam 16 Fév - 0:22

Ils firent quelques pas et bien vite, il sentit le bras de Scully se glisser dans son dos. Non pas qu’elle pourrait le rattraper en cas de chute, mais elle le rassurait et pourrait amortir le choc si besoin y était. Mulder apprécia son geste mais garda tout commentaire pour lui, rejoignant leur véhicule à son rythme. Au rée de chaussez, ce furent les Lone Gunmen qui l’accueillirent et il se douta de la raison pour laquelle Scully s’était trouvée à l’hôpital sans qu’il ne fut nécessaire de la prévenir. Les trois hommes lui sourient amicalement, s’empressant d’ouvrir des portes ou de le hisser à bord de leur modeste moyen de transport. Mulder s’assoupit dans son siège, alternant entre conscience et sommeil perturbé.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, deux paires de bras le traînaient en direction d’un appartement qui n’était pas le sien. Ca, il en était sûr. Ses jambes s’immobilisèrent sous lui et il s’extirpa de l’étreinte que Langley et Frohike exerçaient autour de lui.


« Qu’est-ce que… » Commença-t-il, interloqué.

« Mulder, tu crois vraiment que je vais te laisser tout seul dans l’état où tu es ? » L’interrogea Scully, au bord de l’exaspération.

« Mais je… Scully, je suis un grand garçon tu sais et quand tu joues au Docteur, ça ne correspond jamais à l’idée que je me fais… » Marmonna-t-il, se laissant pourtant de nouveau guider vers cette entrée familière.

Scully ouvrit la porte de son appartement et transmit ses instructions à Byers qui seconda ses amis dans la dure tâche qui les attendait. Tous les trois l’amenèrent jusqu’à la chambre d’ami et lui ôtèrent ses vêtements sales pour le glisser sous les couvertures. La jeune femme les rejoignit avec un verre d’eau et un linge humide, accompagné d’une boîte d’aspirine.


« Le mouchard… » Articula Mulder.

« D’origine Allemande. » Le renseigna Frohike, se tenant dans l’encadrement de la porte avec ses compères.

« Le numéro de série a été effacé, tout ce qu’on a pu en tirer, c’est qu’il a été fabriqué soit par ce gouvernement, soit par une usine partenaire à l’armée. C’est du dernier cri, les ondes ne nous ont menés nulle part. » Compléta Langley, navré de leur inutilité.

« Un cul de sac… Pour changer… » Maugréa Mulder, fermant les yeux au contact du tissu froid sur son front.

Scully avait pris place sur le bord du lit, se penchant sur son patient à moitié endormi. Elle lui tendit le verre et les médicaments avant de se relever pour prendre congé de leurs amis. Ces derniers s’éclipsèrent sur quelques vœux de prompt rétablissement et Scully retourna à la chambre.

Ne faisant pas un bruit, elle s’assit de nouveau auprès de son malade et se perdit dans ses pensées tout en caressant ses cheveux. Elle espérait que ce geste ne lui donnait pas la migraine mais il semblait avoir trouvé le sommeil. Juste quand elle allait se préparer à se coucher à son tour, Mulder l’interpella.


« Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Je dois avoir une pommade anesthésiante pour ton torse si tu veux. » Proposa-t-elle en cherchant son regard.

« Merci pour tout Scully. » Fit-il en secouant la tête.

« A charge de revanche. » Décocha-t-elle, abaissant la tête pour déposer un baiser sur son front. « Bonne nuit Mulder. »

« Hum... b’nuit… »


Scully referma la porte et l’obscurité s’empara de lui aussi vite que les songes. Peut-être prenait-il des risques mais sa capacité à endurer les coups continuait de l’impression. Il était si entêté, elle admirait sa détermination à se battre et à encaisser les défaites sans pour autant perdre sa volonté de venir à bout de n’importe quel complot. Encore plus dans ces circonstances, victime d’un accident, il n’était pas aveuglé par la colère ou la haine, il prenait le temps d’amortir le choc.

***


La lumière vacilla à plusieurs reprises avant qu’il n’ait le courage d’ouvrir les yeux. Lorsqu’il se redressa sur ses coudes, il discerna la silhouette de Scully, debout près de la fenêtre. Il ne pouvait deviner ni ce qu’elle faisait, ni les objets qu’elle avait dans ses mains. Ses gestes ne durèrent qu’un instant avant que Mulder ne comprenne : elle affichait un « X » à la vitre à l’aide de bandes adhésives.

« Mulder ? » Fit-elle quand elle sentit qu’il était réveillé.

« Je m’attendais plus à un petit déjeuner au lit… » Bougonna-t-il en se laissant retomber en arrière.

« J’ai promis de jouer les infirmières d’une nuit Mulder, pas les femmes de chambre. » Répliqua Scully, son regard s’attardant sur les traits tirés de son collègue mais il semblait en meilleure santé que la veille.

« Oh… Alors dans j’ai encore besoin de certains soins très... spécifiques, madame l’infirmière. » Se lamenta Mulder, exagérant son état et portant la main à son cœur.

Scully leva les yeux au ciel et quitta la chambre pour rejoindre la cuisine. Elle s’attela à faire du café et à préparer de quoi le nourrir avant de voir qu’il l’avait suivie. Du coin de l’œil, elle le surveillait, évaluait son état de santé et la manière dont il parvenait à se mouvoir.


« Assis-toi Mulder. » Demanda-t-elle lorsqu’elle sentit qu’il redoublait d’efforts pour ne pas se rendormir sur place.

Appuyé contre le chambranle, ses jambes ne lui avaient pas parues si lourdes au premier abord. Malgré tout, effectuer les quelques pas qui le séparaient encore de sa chaise faillirent avoir raison de lui. La nausée monta jusqu’à sa gorge mais il parvint à la refouler une fois à table. Il perdait peut-être l’équilibre mais la douleur s’était évanouie et Mulder n’éprouvait plus une réelle douleur, un simple élancement l’avait remplacée.


« Je ne sais pas ce que tu m’as donné mais c’est efficace. » Remarqua-t-il avant de vider son verre de jus d’orange.

« C’est surtout que tu étais exténué et avais besoin de sommeil. » Répliqua-t-elle en lui apportant une assiette de pancakes.

« Du café aurait suffit Scully. »

« Tu as besoin de reprendre des forces donc ne discute pas. »
Lui intima-t-elle en prenant place face à lui. « Je vais passer à la pharmacie, le médecin m’a confié ton ordonnance. » Expliqua-t-elle, saupoudrant du sucre au dessus de sa tasse.

Mulder hocha la tête, trop occupé à engloutir le délicieux petit déjeuner qu’elle avait pris le temps de préparer. Il était rare qu’il mange le matin mais c’était plus lié à sa flemmardise qu’au manque d’envie. Sans oublier que Scully était probablement meilleure cuisinière que lui. Encore faudrait-il qu’il sache cuisiner quoi que ce soit ne nécessitant pas une conserve et un ouvre-boîte.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Lun 18 Fév - 21:01

« Je présume que tu ne te souviens de rien ? » S’aventura la jeune femme après quelques silences.

« Et bien… A part un 4x4 qui grille le feu rouge et me fonce littéralement dans la portière avant… Pas grand-chose. C’était un véhicule noir mais il n’avait pas de plaques, c’est tout ce que j’ai eu le temps de voir avant qu’il ne me percute. Je n’ai même pas vu le conducteur. » Soupira Mulder, regrettant visiblement de ne pas avoir retenu plus de détails.

« Cet accident est lié au mouchard. » Déclara Scully, toute interrogation absente de son ton.

« Tu sais le plus drôle ? » Fit Mulder. « Je suis presque sûr que c’était un BMW, ironique n’est-ce pas ? » Grommela-t-il, crochant dans son dernier pancake.

***


L’appartement lui sembla étrangement silencieux lorsque Scully referma la porte derrière elle. Curieuse et quelque peu suspicieuse, elle déposa son sac sur la table du salon et se rendit à la chambre. Scully savait qu’elle ne devrait même pas être surprise de ne pas y trouver Mulder mais elle ne pu s’en empêcher. Elle ne pouvait jamais lui faire confiance lorsqu’il s’agissait de sa propre santé. Ses nerfs la quittèrent et elle claqua la porte dans son dos, il dépassait les limites.

Son agacement s’amenuisa à mesure qu’elle tournait les pages d’un livre, assise au creux de son sofa. Elle préférait occuper son esprit plutôt que de s’inquiéter inutilement pour lui. Elle abandonnait la lecture de l’ouvrage quand il arriva enfin. Dans toute sa splendeur. En effet, ses cheveux étaient décoiffés, ses vêtements couverts de terre et de sang mêlés, son visage encore plus tuméfié que la veille. Scully ne pu continuer à lui faire la tête et accourut à ses côtés.


« Mulder ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ? » S’enquit-elle immédiatement, l’aidant à ôter son manteau.

« Une petite perte de contrôle. » Répondit-il en grimaçant, elle le guida jusqu’au sofa.

« Du genre ? » Insista Scully, l’auscultant du regard et des mains.

Une coupure située sous son œil suintait légèrement et elle pouvait déjà discerner la forme significative d’un poing sur le côté de sa mâchoire. Assis là, sa position était avachie et il ne montrait plus une once d’énergie. Il avait dû se démener pour arriver à bon port et recevoir tous ces coups n’avait fait qu’ajouter à sa faiblesse avancée. Pourquoi avait-il le don de se mettre dans de tels pétrins, c’tait au dessus de Scully. Le pire était qu’elle se faisait toujours du souci pour lui et que bien qu’amoché, il revenait sans cesse vers elle pour faire panser ses blessures. Bien qu’il ne le mentionne pas, elle se doutait que sa confiance le poussait à découvrir ses failles et à accepter son empathie. Ses doigts caressaient sa peau violacée d’hématomes, prenant garde de ne pas le faire souffrir davantage.


« Quand tu es partie, j’ai eu besoin d’aller aux toilettes. Quand je suis revenu, j’ai vu qu’un mot avait été glissé sous ta porte, il s’agissait d’un point de rendez-vous. » Commença-t-il sans grande motivation.

« Et tu y es allé seul sans même me passer un coup de téléphone ? Mulder, je ne sais même pas pourquoi ça m’étonne ! » S’emporta Scully qui se leva pour aller chercher de quoi le rafistoler une fois de plus.

« Il m’a donné une carte magnétique Scully. » Lança-t-il comme si cela excusait ses actions.

« Tu ne comprendras jamais Mulder. Et alors quoi ? Tu ne voulais pas prendre cette carte alors il a dû te mettre en pièces pour te forcer à l’emporter ? » Répliqua-t-elle, reprenant sa place sur le canapé, flacon et cotons en mains.

Concentrée sur le traitement personnel et professionnel qu’elle lui prodiguait, plus consciencieuse que jamais. En ce qui concernait Mulder, il était résolu à se laisser faire et ménager le tracas qu’il causait à son amie. Bien sûr, il ne pouvait jamais résister à l’appel de la découverte de la vérité qu’il l’attirait comme un moustique par une bougie. Cependant, cela ne signifiait pas qu’il ne ressentait aucun scrupule à éveiller sa préoccupation. A chaque retour, elle l’accueillait froidement l’espace d’une seconde puis l’envie de le supporter reprenait imperturbablement le dessus. Quelque part, il était conscient d’exploiter sa gentillesse et ce qui apparaissait à la jeune femme comme une sorte de vulnérabilité. Mais pour lui, il en était autrement et ce qu’elle percevait comme un défaut se révélait être une qualité pour lui, elle était d’une formidable générosité et d’une expérience hors pair.


« Non, il a dit une phrase… Que Frank était un ennemi qui nous voulait du bien. J’ai voulu savoir ce qu’il entendait par là et il faut croire que j’avais besoin de me dégourdir les muscles. Je l’ai plaqué contre un mur et les choses ont dégénéré. Inutile de dire qu’il m’a flanqué une raclée. » Marmonna-t-il en se mordillant les lèvres sous les pressions douloureuses que Scully exerçait sur son front pour le soigner.

« Et elle ouvre quoi cette carte ? » Demanda néanmoins Scully, ignorant volontairement les détails qui l’irritaient dans son récit.

« La porte 102 de l’Hôtel Aston. »

« L’Hôtel Aston ? On ne se refuse rien. » Souligna son amie en observant le petit rectangle de plastique.

La décision était prise même s’ils ne savaient rien de cet indicateur mystère. Scully aurait bien tenté de l’en dissuader au profit de sa santé mais à quoi bon ? C’aurait été peine perdue. Lorsque Mulder avait une idée en tête, il devenait impossible de le faire changer d’avis et à part le suivre pour s’assurer qu’il revienne entier cette fois, Scully n’avait pas d’autre alternative.


***


La nuit était tombée depuis des heures et Scully s’ennuyait à mourir. Sa nuque commençait à lui lancer et si elle n’effectuait pas sur le champ quelques pas, son postérieur se paralyserait à tout jamais. Pour ajouter à la liste, le froid s’insinuait par tous les interstices mis à sa disposition et son estomac grognait de faim à l’intérieur du véhicule silencieux.

De temps à autres, Mulder levait les jumelles au dessus de son nez pour scruter avidement les aller-et-venues face à l’entrée de l’Hôtel qui les intéressait.


« Mulder, on ne sait même pas qui on cherche. » Maugréa la jeune femme, un soupir lui échappa bien vite, traduisant son impatience.

« Je suis sûr qu’on le saura quand on verra cette personne. » Affirma Mulder sans relâcher sa surveillance.

« Et après ? On n’a aucune preuve pour relier ce suspect à ton accident ou au mouchard qu’il y avait dans ton appartement. Mulder, tu te rends compte que l’on fait exactement ce que cet inconnu t’as conseillé de faire ? » Questionna-t-elle, agacée. « On se jette dans la gueule du loup en lui criant bon appétit. » Continua Scully, certaine qu’ils allaient au devant de nouveaux ennuis.

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Dernière édition par Polly le Lun 10 Mar - 19:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mar 26 Fév - 22:25

« Scully, on ne risque rien pour l’instant et on avisera quand on verra cette personne d’accord ? En attendant, si tu veux partir tu es libre de faire comme tu le souhaites, je ne te force à rien. » Lui rappela Mulder comme s’il lui faisait un sermon.

« Oh, oui, quel choix Mulder ! » Rétorqua-t-elle en croisant les bras. « Soit je te laisse te mettre dans le pétrin pendant que je suis chez moi à me faire un sang d’encre, soit je reste ici et on est deux à se faire avoir… » Envoya-t-elle en tournant la tête pour ne pas le voir arborer son expression de chien battu.

Prise dans la contemplation d’une marque sur le trottoir, faiblement illuminée par le lampadaire, elle ne remarqua pas le changement d’attitude de Mulder. Scully était persuadée qu’il l’ignorait ouvertement afin de ne pas s’engager dans une discussion qui leur déplairait à tous les deux. Cependant, ce n’était pas son but et elle le réalisa quand elle vit elle-même ce qui l’avait rendu totalement muet. Elle faillit d’ailleurs bondir de son siège en reconnaissant la personne qui traversait la route à quelques pas de l’endroit où était stationné leur véhicule banalisé.

Son long manteau protégeait son corps du froid hivernal et les pans de son écharpe virevoltaient au vent. Ses cheveux étaient ramassés dans une barrette derrière sa nuque et sur son visage, les restes de son maquillage ne dissimulaient plus sa fatigue. C’était bien elle.


« Diana ? » Murmura-t-il, partagé entre la surprise et l’incrédulité.

« On aurait dû s’en douter. » Réalisa Scully, tout aussi étonnée que son ami.

« On aurait surtout dû réclamer son corps pour que tu pratiques toi-même l’autopsie. » Répliqua Mulder, secouant la tête avec défiance.

Il avait abaissé ses jumelles sur ses genoux et massait l’espace entre ses yeux. Scully ne disait mot à ses côtés, elle se sentait coupable d’avoir eu envie de partir, et d’avoir annoncé la mort de cette femme à Mulder sans en avoir la certitude. C’était le comble pour elle, certifier une telle chose alors qu’elle ne possédait pas la moindre preuve. C’était contraire à sa manière d’agir, à ses croyances. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’une de leurs ennemis renaissait de ses cendres, pourquoi avoir cru qu’il n’en serait pas de même pour Diana Fowley ? Peut-être Scully avait-elle été trop soulagée au fond d’elle pour exiger plus d’informations sur ce corps qu’ils avaient jugé appartenir à l’ex-femme de Mulder. Désormais, elle était mal à l’aise et ses yeux suivaient cette silhouette familière qui s’engouffrait dans cet hôtel, le portier lui fit un signe de la tête puis elle disparut complètement.


« Frank est un ennemi qui vous veut du bien. » Répéta Mulder, songeur. « Est-ce que tu penses que le positif est qu’elle n’est pas décédée ou qu’il faut se méfier de son retour ? Je ne suis plus très sûr… » Fit Mulder, glissant ses affaires à l’arrière avant d’enfiler sa veste en cuir.

« Est-ce que tu veux aller lui parler ? » Se risqua Scully, connaissant déjà la réponse.

« Pas toi ? » S’étonna Mulder.

Il sortit de la voiture et avait rejoint le trottoir opposé quand Scully finit par le rattraper. Ses mains formaient des poings à l’intérieur de ses poches et elle ne savait pas si c’était pour lutter contre le froid ou en réaction à cette nouvelle peu réjouissante. Les pas de Mulder étaient plus grands que les siens, ce dû à sa taille supérieure et Scully dû accélérer son rythme pour s’ajuster au sien. Scully ne pu s’empêcher de le retenir par le bras.


« Mulder, attends. » L’enjoignit-elle en s’immobilisant à quelques mètres seulement de l’hôtel.

« Quoi ? » Grogna-t-il, nerveux et irritable.

« A quoi ça nous servirait de la confronter ? » Demanda-t-elle, préoccupée par son état.

« Je veux savoir Scully, j’en ai plus qu’assez d’être dans le brouillard. Je veux savoir où elle était, ce qu’elle compte encore mijoter, qui est ce Frank dont ce type m’a parlé… Elle est partie à Berlin quand elle a quitté les Affaires non Classées, c’est donc qu’elle est liée à ce mouchard… » Expliqua-t-il, tremblant littéralement de colère.

« Parce que tu crois vraiment qu’elle va répondre à ces questions ? » Le défia son amie, les mains désormais sur ses hanches et le regard planté dans le sien.

« Je veux savoir pour Gibson, où il est passé, si elle est liée au traitement qu’ils lui font subir. » Ajouta Mulder en ignorant sa question. « Je veux juste… Je veux la voir. » Abdiqua-t-il en tournant la tête vers le portier qui les observait avec un air intrigué car il ne pouvait entendre leurs échanges.

« Oh… » Fit simplement Scully, prise au dépourvu.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Ven 29 Fév - 0:13

La voir ? Etait-ce une bonne chose ? Pourquoi cette réponse sonnait-elle comme un glas dans l’esprit de Scully ? La voir ? Pour s’assurer qu’elle allait bien ou juste pour vérifier qu’on l’avait de nouveau trahi effrontément ? Il était tant ébloui par son désir de vérité qu’il se laissait submerger par cette lumière. Et au lieu d’éclairer sa route, elle avait plutôt l’effet d’un laser réduisant ses rétines à l’état de cendres. N’y voyant plus, il avançait à tâtons et risquait à tout moment de mettre les doigts dans la prise ou de tomber au fond du gouffre. Ses besoins le menaient tout droit en enfer au lieu de le soulager de ce poids incommensurable qu’était la culpabilité. Rongé, déchiré, il ne contrôlait plus rien et sa seule impression de pouvoir lui venait de cette capacité à dévoiler les mensonges et à crier haut et fort qu’il continuerait sans cesse à foncer droit devant.

« Scully, je sais ce que tu penses mais… Je l’ai connue… Je… » Tressaillit-il, à la recherche de ses mots, il ne voulait pas trop en dire mais il ne souhaitait pas non plus lui mentir.

« Garde tes explications Mulder, je sais parfaitement de quoi il retourne. » Lui assura Scully, serrant la gorge et redressant son menton, sa fierté ne s’abattrait pas si facilement.

« Je ne suis pas sûr justement… » Souffla Mulder sans terminer sa phrase, comme si elle lui avait échappé.

« Ne t’inquiète pas Mulder, tu m’as bien fait comprendre que tous les deux couchiez ensemble. Je n’ai pas besoin d’un dessin. » Conclut Scully avec amertume puis elle se tourna pour se rendre à l’Hôtel avant que Mulder ne puisse ajouter quoi que ce soit.


« Scully, attends… » L’interpella-t-il, trop tard.

Arrivé à l’entrée, le portier lui adressa un regard explicite, il croyait probablement qu’il s’agissait d’une scène de ménage parmi tant d’autres. Si seulement cela pouvait être une situation aussi anodine, aussi simple. Mulder inspira profondément et décida de ne pas insister sur le sujet. Scully avait probablement besoin d’un peu de temps pour assimiler leurs récentes découvertes.

Il la vit ouvrir la porte qui menait au premier étage, favorisant les escaliers à l’ascenseur pour effectuer une si courte distance. Ils montèrent côte à côte et en silence jusqu’à atteindre la suite qui les intéressait. Mulder ne prit pas de détour et inséra directement la carte dans la fente prévue à cet effet. La diode rouge changea de couleur et le vert leur indiqua que le verrou s’était ouvert. Scully tourna la poignée et ils pénétrèrent dans la chambre faiblement éclairée. L’air froid de la pièce rappelait tout à fait la tension qui régnait entre les deux collègues mais ils ne relevèrent pas ce détail. La baie vitrée était entrebâillée et Scully s'aperçut que le vent profitait de l’ouverture pour s’engouffrer dans les lieux.


« Elle doit être sur la terrasse. » Suggéra Mulder, s’approchant à pas de loup.

De nouveau, ils s’arrêtèrent pour l’observer, accoudée à la balustrade. Un nuage de fumée s’échappa de sa bouche et ils ne remarquèrent qu’à cet instant la cigarette qu’elle tenait entre deux doigts. Tous les deux ne purent s’empêcher d’échanger un regard interloqué, cette mauvaise habitude leur rappelant exactement la même personne. Les coïncidences n’avaient pas leur place dans leur monde.


« Bonsoir Diana. » S’annonça Mulder en sortant de l’ombre, suivi de peu par Scully.

« Fox, quelle surprise. » Répondit-elle sans plus d’égards, elle ne changea pas non plus de position. « Dana. » Ajouta-t-elle comme une arrière pensée.

« Tu as plutôt bonne mine pour une morte. » Déclara Mulder, n'y allant pas par quatre chemins.

« Ce qui n’a pas l’air d’être ton cas, Fox. » Répliqua-t-elle en faisant allusion à ses ecchymoses.

Les deux agents restèrent silencieux face à cette femme mystérieuse. A pas lents, elle rejoignit la table de chevet où trônait un cendrier dans lequel elle écrasa son mégot. Une fois retournée, elle croisa les bras sur sa poitrine et les observa, son expression hautaine et détachée. Si elle était étonnée de les voir, elle n’en portait pas les traits.


« Est-ce que Frank est à Washington lui aussi ? » Se risqua Scully, le bluff n’était pas son fort mais il fallait bien tenter sa chance.

« Alors vous connaissez Frank ? Je ne sais pas, je le l’ai pas revu depuis Berlin. » Confia Diana, assise sur le bord du lit.

Une ultime bouffée de fumée s’évapora dans les airs et Diana prit appui sur ses mains, se penchant en arrière sur le matelas. Elle ne semblait pas le moins du monde déstabilisée par la situation. Au contraire, elle se jouait d’eux et apparemment rien ne la fragilisait.


« Vous couchiez ensemble n’est-ce pas ? » Décocha Mulder, comme si les mots venaient de nulle part.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Dim 2 Mar - 21:28

Cela fit presque plaisir à Scully de voir que Diana ravala sa salive et humecta ses lèvres avant de chercher la meilleure façon de répondre. Elle décroisa ses jambes, défiant Mulder du regard. Encore un peu et Scully ne se considèrerait pas plus utile ou décorative que les meubles. Son collègue fixait cette femme avec intensité, ce n’était pas de l’admiration qui transparaissait mais plutôt de l’aspiration, de l’attente. Il réclamait toutes les miettes qu’elle pourrait parsemer à travers ses propos, il exigeait d’obtenir ces informations morcelées, quelles qu’elles soient. Elles devenaient presque vitales pour lui et Scully savait déjà qu’il ne sortirait pas de la pièce avant d’avoir obtenu ce qu’il désirait.

« Tous les collègues, lorsqu’il s’agit d’un homme et d’une femme, ne sont pas obligés de coucher ensemble. » Commença-t-elle avant de continuer sur un ton plus explicite. « Vous en êtes la preuve vivante. »

Sa remarque jeta un froid dans la pièce, les deux agents n’étaient pas dupes et se doutaient qu’elle ne cherchait à les monter l’un contre l’autre. Cependant, c’était le type de commentaire que Scully redoutait particulièrement, ni l’un ni l’autre n’était en mesure de contenir sa rage une fois qu’elle était attisée. Il leur fallait donc garder leur calme et contrôler leurs dires.

« Ca ne nous concerne en rien. » Affirma Mulder, il ne quittait plus ses yeux.

« Bien sûr que si. Tu me faisais confiance et à cause d’elle… tu doutes. Je ne dirais pas que ce que nous avions est totalement perdu, c’est juste en suspend. Tu ne veux pas la froisser alors tu nous laisses parler pour éviter d’avoir à faire un choix. » Expliqua-t-elle avec une certitude outrageante.

« Mulder n’a pas le moindre choix à effectuer. Tout ce que nous voulons savoir c’est où est Gibson et si vous êtes liée de près ou de loin à l’accident de Mulder. » Demanda Scully afin de recentrer la conversation.

« Je sens une petite touche d’irritation dans votre voix agent Scully, seriez-vous sur la défensive ? » La nargua Diana.

Debout, elle marcha jusqu’aux deux agents, un sourire aux lèvres, utilisant sa taille pour dominer Scully et lui montrer que son visage arrivait parfaitement à hauteur de celui de Mulder. Elle s’approcha si près de lui que leurs lèvres faillirent se toucher mais Mulder ne céda pas et se montra aussi froid et peu réceptif que possible. Non pas qu’il appréciait sa proximité mais la tension dans la pièce était si lourde qu’il pouvait la palper sans même remuer un sourcil.


« Répondez à la question. » Insista Scully, maître de ses réactions.

« Pour Gibson, je ne sais pas où il est et cela m’importe peu. Ce gamin était une perte de temps et d’argent, nous avons d’autres projets bien plus importants à réaliser. » Finit-elle par dire, elle n’avait toujours pas tourné la tête et n’accordait pas d’attention à Scully.


« Vous avez toujours traité cet enfant comme un objet. » Soupira la jeune femme rousse, à bout de nerfs.

Des images lui revenaient sans cesse, cette soirée dans le motel à bavarder avec Gibson, lui offrant la possibilité de se sentir humain et protégé. Ces affreuses agrafes et points de suture qui recouvraient son crâne, lui donnant l’allure d’un digne héritier de Frankenstein plutôt qu’un corps d’un enfant. En ces instants, elle aurait tué les responsables à mains nus, elle aurait aimé sentir leur pouls et leur respiration s’altérer sous la pression de ses doigts autour de leur cou…


« Vous ne le retrouverez jamais. Pas tant qu’on ne vous en empêchera. » Certifia brutalement Diana, il n’y avait aucun moyen à sa connaissance de retrouver ce gamin et elle ferait tout en son pouvoir pour que tout reste ainsi.

« Je te savais froide et calculatrice Diana, mais je n’imaginais pas que la vie d’un enfant puisse te laisser aussi indifférente. » Admit Mulder.

Le silence qui régnait dans la pièce fut rompu lorsque le téléphone portable de Scully retentit soudainement. La jeune femme plongea sa main dans la poche de sa veste et en sortit l’appareil tout en décrochant. Tous les regards étaient portés sur elle, comme si Scully était fautive de cette interruption, alors elle se retourna pour répondre et échapper à leur observation.

Une voix grave au ton tragique parvint à ses oreilles. Une manière de parler solennel et surtout, une identité qui la fit frémir comme à chaque fois qu’elle était maintenue dans l’incertitude d’une telle conversation.


« Oui… Oh, est-ce que c’est grave ? J’arrive immédiatement. » Promit-elle, terminant ce coup de téléphone sans dire au revoir.

Ses épaules s’étaient affaissées, mouvement imperceptible pour quiconque ne la connaissant pas aussi bien que son collègue. Mulder s’approcha afin de lui faire face et leurs yeux se croisèrent.

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Dernière édition par Polly le Ven 7 Mar - 0:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Ven 7 Mar - 0:17

« Ma mère vient d’être admise à l’hôpital, il faut que j’y aille. » L’informa Scully de but en blanc, elle avait déjà rejoint la porte et tourné la poignée quand Mulder la rattrapa par le bras.

Agacée, Scully se dégagea violement de son emprise et lui adressa un regarde noir lourd de sens. Mulder referma la porte dans son dos afin que Diana ne soit pas conviée à leur discussion, surtout qu’elle s’annonçait houleuse.


« Scully on ne peut pas la quitter des yeux. » Se justifia-t-il en lui présentant ses paumes, signe qu’il l’écouterait avant d’insister à la ramener dans la chambre.

« Qu’est-ce que tu veux Mulder ? Que je laisse ma mère toute seule à l’hôpital alors que je ne sais même pas ce qu’elle a ? » Rétorqua-t-elle, sa patience s’amenuisait de seconde en seconde.

« Bien sûr que non, qu’est-ce qu’ils t’ont dit au juste ? » S’intéressa-t-il avec sincérité.

Une porte claqua dans leur dos et Scully fit volte face pour voir une vieille dame attendre l’ascenseur sans leur prêter la moindre attention. Elle s’efforça donc de relâcher la pression et se concentra sur sa respiration. Depuis qu’elle avait posé les yeux sur Diana, elle était sur la défensive mais ne voulait pas l’admettre. Ses muscles étaient tendus et chaque réaction à son encontre était susceptible de la rendre furieuse. Scully réalisa que ce n’était pas le meilleur moyen de rallier Mulder à sa cause, au contraire, si elle lui paraissait trop catégorique il risquait de lui favoriser le calme irascible de Diana. Cependant, l’inquiétude qu’elle vouait au sort de sa propre mère était sur le point de la faire céder. Ceux qui voulaient l’atteindre savaient comment s’y prendre, son talon d’Achilles s’avérait trop évident, comme toujours.


« Qu’elle venait d’être admise à l’hôpital, demandant à ce qu’on me joigne mais l’infirmière n’a pas été capable de me renseigner sur son état… Elle semblait préoccupée… » Le renseigna Scully, torturant sa lèvre inférieure.

« Scully, et si c’était un piège ? Pour nous éloigner de Diana afin qu’elle nous échappe encore une fois ? » Suggéra Mulder à contrecœur.

C’en fut trop pour Scully qui ne savait plus quelle attitude adopter face à ses réactions. Chaque fois qu’il se retrouvait en présence de Diana, c’était comme s’il voulait faire honneur au passé et la mettait sur un piédestal que Scully ne saurait atteindre. Il ne s’agissait plus de jalousie à ce niveau mais d’autre chose, un sentiment bien plus blessant. Aussi douloureux qu’une véritable trahison, un coup de couteau dans le dos. Et ce poignard logé dans sa colonne vertébrale ne cessait d’être remué lorsque Diana était dans les parages.


« Tu n’as qu’à lui tenir compagnie Mulder et pour accessoirement, assurer sa sécurité. Moi, je vais voir ma mère, navrée de te décevoir. » Grogna-t-elle, ses talons résonnant brutalement dans le couloir de l’hôtel.

Mulder resta immobile, appuyé contre la porte de la chambre dans laquelle se trouvait encore Diana. Il était littéralement déchiré entre l’envie de surveiller Diana et celle de suivre Scully pour être sûr qu’il ne lui arrive rien. Après tout, ils étaient partenaires et c’était pour cette raison que les membres du FBI se déplaçaient toujours par deux, pour se couvrir l’un et l’autre. Il n’en avait que faire de Diana mais elle leur permettrait d’obtenir tant d’informations, peut-être même l’endroit où Gibson se trouvait ou pourquoi on en voulait à sa peau ?

Son choix se fit enfin quand il réalisa que si l’on voulait le déstabiliser, il suffirait de s’en prendre à Scully et quelle meilleure occasion que lorsqu’elle se trouve à des kilomètres de toute protection ? Mulder se mit alors à sa poursuite sans même penser à alerter Diana de son départ, elle s’en moquait probablement.

Il rattrapa sa collègue alors qu’elle refermait la portière d’un geste brusque. Inutile de lui poser la question pour savoir qu’elle était furieuse. Mulder prit place sur le siège passager et tenta de se faire tout petit. Il ne fit aucune remarque quand elle grilla un stop ou passa à l’orange. Sa culpabilité se rappela à lui soudainement. Comment avait-il pu, l’espace d’une seconde, faire passer Diana avant Maggie Scully ? Il eu tout à coup le désir de se frapper la tête violement contre la vitre et de ne pas s’arrêter tant qu’il serait toujours conscient.

Le trajet se fit plus rapidement qu’il ne l’avait appréhendé et déjà Scully présentait son badge au comptoir des admissions en exigeant de voir sa mère.


« Dana ? » Fit une voix dans leur dos.

« Maman ? » Répondit Scully en la prenant dans ses bras, rassurée de voir qu’elle semblait aller relativement bien. « Que s’est-il passé ? » S’enquit-elle sans attendre.

« Rien de grave, comment as-tu su que j’étais ici ? » Demanda Maggie, interloquée.

Les yeux de Scully parcoururent son corps, effectuant son propre diagnostique. Ils cessèrent leur descente en arrivant la hauteur de sa cheville gauche, légèrement teintée d’une couleur rosâtre.


« L’hôpital m’a appelé, maman, qu’est-il arrivé à sa cheville ? » Insista Scully, s’agenouillant devant-elle et auscultant son articulation.

« Mais je n’ai même pas encore été admise, comment connaîtraient-ils mon nom et ton numéro de téléphone ? »

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Lun 10 Mar - 19:22

Cette question eu le don de rendre Mulder et Scully totalement muets l’espace d’un instant. Mulder fut le premier à réagir et il s’approcha de Mme Scully avec inquiétude.

« Mme Scully c’est très important, expliquez-nous ce qui s’est passé et comment vous êtes arrivée ici. » Questionna-t-il à voix basse mais d’un ton on ne peut plus sérieux.

Le récit que leur fit Maggie Scully leur apparut des plus édifiants. A peine une heure auparavant, elle se trouvait encore au marché à faire ses courses lorsqu’un homme se mit à courir et la bouscula au passage. Elle ne vit rien venir et sa chute la cloua au sol, sa cheville ayant fléchi sous cette pression soudaine. La personne qui l’avait heurté se trouvait déjà au bout de la rue quand quelqu’un se soucia de son sort et l’aida à se relever. Cependant, l’histoire ne prit pas fin si facilement au contraire. Maggie Scully eut toutes les peines du monde à lui faire comprendre qu’elle allait bien et qu’elle n’avait rien de cassé, en vain. L’homme s’obstina et finit par appeler une ambulance. Le temps que les médecins la fassent monter dans leur camion, lui aussi avait disparu.


« C’est une diversion ! » S’exclama Mulder avant de se précipiter vers les portes coulissantes.

« Dana ? » S’étonna Mme Scully, confuse.

« Ce n’est rien maman, je te rappellerai tout à l’heure. » Répliqua Scully, se lançant à la poursuite de son collègue.

Scully hâta son pas quand elle arriva à l’entrée du parking et n’aperçut pas Mulder. Il était déjà assis dans la voiture, derrière le volant. Il se pencha pour ouvrir sa portière de l’intérieur et Scully se glissa dans le siège passager sans dire un mot. Le moteur toussota quelques instants puis Mulder pu démarrer en trombe. Scully ne pu s’empêcher de se retenir à la poignée car il abordait les virages avec une énergie certaine. Ils tournèrent dans la rue où se trouvait l’hôtel de Diana, seulement pour être accueillis par des lumières rouges et bleues illuminant tout le quartier.

Mulder se gara sur le bas côté de la route et tous deux en sortirent, leurs badges à la main. Le policier surveillant le périmètre leur fit un signe de la tête, leur permettant de pénétrer les lieux sans soucis. Un homme en par-dessus gris foncé descendait les escaliers menant à la porte principale. Les deux agents s’avancèrent vers lui, déclinant une fois encore leur identité.


« Agents spéciaux Mulder et Scully. Est-ce qu’on peut savoir ce qui se passe ? » L’interrogea Mulder, le prenant à parti.

« Inspecteur Rafferty. On a eu un appel pour un coup de feu il y a un peu plus d’une heure. On a trouvé un corps. Pourquoi, vous êtes sur une affaire ? » Les renseigna-t-il avant de se montrer plus méfiant.

« Quelle chambre ? » Fit Mulder, agacé.

« Je vous ai demandé si vous étiez sur une affaire, vous êtes dans ma juridiction alors répondez s’il vous plaît. » Se buta Rafferty, tirant sur son mégot de cigarette puis il l’écrasa au sol à l’aide se sa semelle.

« Peut-être le témoin d’un crime, s’il vous plaît, pouvez-vous nous communiquer le nom de la victime ou son numéro de chambre ? » Demanda Scully, prenant le relai quand elle vit que Mulder était à bout de nerfs.

L’homme n’eut pas be soin de leur répondre car un brancard était transporté à l’extérieur et Mulder se rua sur le corps. Ses mains ne tremblèrent pas quand il abaissa la fermeture éclaire mais il ne pu se contenir en voyant de qui il s’agissait.


« Merde ! C’est Diana… » Lâcha-t-il en passant ses mains sur son visage jusqu’à rejeter ses cheveux en arrière.

Scully baissa la tête, partagée entre le soulagement et la culpabilité. Rafferty quant à lui ne perdit pas une minute et s’approcha de Mulder, calepin et crayon en mains.


« Diana ? Et son nom de famille ? » Fit-il, ne laissant pas le temps à Mulder d’assimiler la nouvelle.

« Un instant s’il vous plaît. » Exigea Scully, lui adressant un regard assassin. « Mulder, viens t’asseoir sur les marches un instant. » Suggéra-t-elle, tirant sur son bras jusqu’à ce qu’il cesse de résister.

Ils s’étaient tous les deux mis à l’écart quand un policier passa près d’eux, accompagné du portier. Celui-ci les reconnut immédiatement et se mit à crier à toute voix.


« Ils étaient là ! Ce sont eux j’en suis sûr, ils étaient là quand elle a été tuée ! »

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Jeu 13 Mar - 17:49

Mulder et Scully se tournèrent dans leur direction, leurs yeux ronds comme des soucoupes. Il ne manquait plus que ça pour ajouter à leurs problèmes actuels. Malheureusement pour eux, l’inspecteur un peu zélé qui les avait accueillis de manière plus que froide avait tout entendu de ces révélations. Il avança vers d’une démarche alourdie par ses nombreux kilos superflus, un poing recourbé sur la hanche. Il fumait une autre cigarette et leur parla sans l’ôter de sa bouche, ce qui dessina un rictus désagréable sur ses lèvres.

« Je crois que nous allons avoir une petite conversation au poste. » Annonça-t-il sans même leur donner la possibilité de se défendre ou de fournir un alibi.

L’homme claqua des doigts et fit signe à ses collègues de les embarquer. Ceux-ci ne se firent pas prier et les encerclèrent à toute vitesse, ordonnant aux deux agents de faire demi-tour et de plaquer leurs mains sur le mur en écartant les jambes. Bien sûr, ils étaient trop contents de pouvoir s’en prendre à deux représentants du FBI, la guerre entre les services toujours d’actualité.


« J’ai une deuxième arme à ma cheville. » Les avertit Mulder, autant se montrer coopératif pour ne pas attirer leur foudre.

Mulder contemplait la paroi à laquelle il faisait fasse et ne tentait en aucun cas de dissimuler son irritation, soupirant et gesticulant à tout va.


« Je n’ai qu’une arme dans mon holster. » Précisa à son tour Scully quand un homme frotta le long de ses bras.

Ce dernier prit tout son temps ainsi que quelques libertés dans sa vérification. En effet, ses palpations s’attardèrent un peu trop au goût de Scully quand il s’agissait de ses côtes ou de ses cuisses mais elle ne pipa mot et serra les dents. Près d’elle, Mulder fulminait littéralement, il ne supportait pas de voir son amie en si mauvaise posture et n’avait qu’une envie : balancer son poing dans la mâchoire de ce type.

Enfin, leurs fouilles corporelles prirent fin et ils furent menottés pendant qu’on leur dictait les droits qu’ils connaissaient déjà par cœur à force d’eux-mêmes les répéter à leurs suspects.


***


« Vous devriez proposer ce scénario aux producteurs des Feux de l’Amour, je suis sûr qu’ils seraient ravis de l’adapter en épisode. » Répliqua Mulder après que l’inspecteur lui ait fait part de sa théorie.

Il se pencha en arrière dans sa chaise, s’étirant de tout son long pour montrer combien il s’ennuyait. Rafferty observait chacun de ses mouvements, il espérait peut-être déceler une hésitation, un tremblement, mais il n’en était rien. Mulder ne pouvait pas tendre son bras gauche entièrement car une menotte le retenait à la table. Autour de lui, les murs délavés semblaient se refermer sur lui, uniquement rompus par un large miroir à vitre sans teint. Celui-ci n’avait pas dû être nettoyé depuis des jours à en voir les traces de doigts, de poussière et de substances dont il ne souhaitait pas connaître l’origine.


« Vous avez essayé de l’en empêcher mais les choses ont dérapé, c’est souvent comme ça que ça marche. » Affirma Rafferty, il s’allumait une énième cigarette.

« Croyez-moi, vous avez tout faux. Je ne peux rien vous dire de plus, nous l’avions questionnée à propos d’une affaire et avions besoin d’informations complémentaires. C’est pour cette raison que nous sommes revenus plus tard. » Expliqua Mulder pour la quatrième fois depuis qu’on l’avait entraîné dans cette pièce opaque.

On lui avait fait retirer sa ceinture et ses lacets, abandonner tous ses effets personnelles dans une enveloppe de papier kraft et enfin, on avait prélevé ses empreintes. C’était d’ailleurs à ce moment là qu’il avait aperçu Scully pour la dernière fois, escortée vers un couloir par l’un des policiers en tenue. Il n’avait pu discerner que son profile mais elle avait l’air de tenir le coup aussi bien que lui malgré l’agacement apparent. Jamais Mulder ne se lasserait de ce haussement de sourcil incrédule et parfaitement maîtrisé depuis des années.


« Vous ne vous rendez pas service Monsieur Mulder… » Commença Rafferty mais il fut interrompu par son suspect.

« Agent Mulder. » Rectifia ce dernier, se redressant sur sa chaise, il prit appui de ses coudes sur la table et plongea son visage dans ses mains. « L’Agent Scully et moi appartenons au FBI, nous n’avons rien à faire en garde à vue. » Lui rappela-t-il ensuite, sa voix ne dissimulait même plus le ton de la menace qu’il avait contenu depuis le début.

La porte s’ouvrit tout à coup et un policier entra pour chuchoter à l’oreille de son supérieur. Mulder ne parvint pas à entendre de quoi il s’agissait mais il avait immédiatement reconnu l’homme qui avait emmené Scully pour l’interroger.


« Bien, Agent Mulder. » L’interpella-t-il en insistant sur son grade. « Il semblerait que l’Agent Scully ait quelques petites révélations à me faire. » Lui confia-t-il avec un sourire hautain et satisfait.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Ven 14 Mar - 21:36

Mulder ne se fit pas de soucis, il connaissait les méthodes. Quoi de mieux que du bluff pour obtenir des informations parfois cruciales ? Au comble de l’ennui, il se pencha en avant jusqu’à ce que son front repose sur le dessus de la table. Quelqu’un ne tarderait plus à venir le chercher pour passer son coup de téléphone. Du moins, il l’espérait.

***


« Alors Agent Scully, il semblerait que vous ne soyez pas plus loquace que votre camarade. » Remarqua Rafferty en pénétrant la salle d’interrogation où patientait Scully.

Bien qu’ils se trouvent enfermés depuis plusieurs heures, Scully était toujours le symbole du professionnalisme et de la tenue. Pas un cheveu hors de place, maquillage léger et discret, tailleur impeccable. Personne n’aurait pu deviner qu’elle n’avait pas dormi de la nuit et s’acharnait à répéter les mêmes mots, encore et encore. Sa gorge commençait à s’assécher à nouveau alors elle porta à ses lèvres le gobelet d’eau qu’on lui avait cédé. Si les choses continuaient à ce rythme, elle finirait par réclamer une cigarette à Rafferty. Sa main droite étant menottée à la table, elle s’engourdissait régulièrement et de temps à autres, elle secouait son poignet pour éviter d’attraper des crampes.


« Que voulez-vous que je vous dise de plus, l’Agent Mulder et moi n’avons pas de comptes à vous rendre. Nous étions revenus poser quelques questions à cette femme pour l’une de nos enquêtes en cours. » Soupira-t-elle, exténuée.

« Hum… » Marmonna simplement Rafferty, faussement intéressé.

« Nous sommes ressortis avant les coups de feu. » Continua-t-elle sans se laisser déstabiliser. « Vous ne pouvez pas accorder d crédit à un témoin qui ne nous a pas vus repartir. J’ai déjà précisé à votre lieutenant que le portier n’était plus à son poste. » Insista-t-elle, elle avait l’impression de parler dans le vide.

Pourtant, elle revoyait sans cesse la scène dans son esprit. Une fois aux pieds des escaliers, elle avait poussé la porte avec brutalité car elle ne contrôlait plus réellement sa colère. En descendant les dernières marches qui menaient à la rue, un vacarme avait résonné dans son dos et elle avait éprouvé une pointe de culpabilité à l’idée de briser cette lourde vitre en verre. Heureusement, rien de plus qu’un claquement n’avait retenti et elle avait pu rejoindre sa voiture sans perdre davantage de temps.


« Et depuis quand l’Agent Mulder tutoie-t-il vos témoins ? » S’aventura Rafferty, s’engouffrant dans toutes les possibilités.

« Et qu’est-ce qui vous dit que cette femme était un témoins ? Elle nous aidait dans une affaire, l’Agent Mulder la connaissait depuis plusieurs années. » Le renseigna Scully, peut-être que si elle donnait plus de détail il serait moins tatillon.

« Oh, une connaissance, je vois que ça se précise. » Pensa tout haut Rafferty. « Vous voulez mon avis ? Tous les deux vous essayez de me mener en bateau depuis le début. Je suis prêt à parier que tout cela n’a même rien à voir avec une quelconque enquête du FBI. » Dit-il d’un ton convaincu et presque défiant.

Intérieurement, Scully riait de bon cœur, c’était bien la seule chose sensée que lui et son équipe avaient suggérée depuis qu’ils avaient entamés leurs échanges. Un peu plus et elle l’aurait applaudi. Jamais elle n’avait eu l’occasion de rencontrer un homme plus antipathique que Rafferty, tellement persuadé qu’il détenait la science infuse. Peut-être que Mulder se fiait souvent plus à son instinct qu’aux preuves mais il n’ignorait pas les faits. Là se situait toute la différence entre les deux hommes. Ca, et le fait que Mulder était un gentleman qui aurait pu user des atouts physiques qu’il possédait, ce à quoi il ne s’était jamais réduit. Qualités qui faisaient cruellement défaut à cet inspecteur à l’allure bedonnante et au discours pernicieux.


« Vous couchez ensemble n’est-ce pas ? » L’interrogea-t-il tout à coup, ses propos venant de nulle part.

« Pardonnez-moi ? » Rétorqua Scully, interloquée par la nature douteuse de sa question.

« Et cette femme est son ex ou sa maîtresse. Vous aviez probablement besoin de régler vos comptes. Je vous comprends, les ménages à trois ce n’est pas trop mon truc non plus. » Expliqua-t-il avec un sérieux déconcertant.

« Vous avez des capacités de déduction absolument renversantes Inspecteur Rafferty. » Reconnu Scully, inutile de préciser s’il s’agissait d’un compliment ou non.

Rafferty s’assit sur le coin de la table puis croisa les bras et se pencha sur elle d’un air intrigué. Contrairement à ce qu’il s’était sûrement imaginé, elle ne céda pas et le fixa avec un regard froid et détaché. Ses deux mains se trouvaient devant elle et Scully tapotait la surface métallique du bout de ses ongles, créant une mélodie au rythme inégal.


« Aller, je suis sûr que ça doit arriver tous les jours. Deux collègues, un homme, une femme, votre bureau a dû en voir des vertes et des pas m… »

La voix de Rafferty s’interrompit lorsqu’il reçut une gifle magistrale en plein visage. Sa réaction ne se fit pas attendre et il enserra le cou de la jeune femme qui ne pouvait lui échapper.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Lun 17 Mar - 1:50

« T’as intérêt à te contrôler avec moi ! » Grogna-t-il en relâchant la pression sur la gorge de Scully.

Celle-ci n’avait toujours pas parlé car elle ne souhaitait pas lui donner l’occasion de s’en prendre encore à son intégrité. Il lui était difficile de respirer convenablement car Rafferty l’étouffait toujours d’une main, trop agacé pour se contrôler. Au fond d’elle, Scully savait qu’elle n’aurait pas dû le frapper et qu’il ne faisait que répondre à son agression. Cependant, il avait dépassé les limites en employant un tel vocabulaire et elle avait répondu violement, son bon sens momentanément affaibli par la fatigue et l’exaspération. Au bout que quelques secondes, la porte s’ouvrit avec fracas et Rafferty la relâcha si soudainement que Scully faillit en tomber de sa chaise. Son cou lui faisait mal alors elle le massa tout en se tournant pour voir qui avait fait irruption dans la pièce.


« Monsieur ? » Fit-elle avec surprise.

« Agent Scully, vous êtes libre. Inspecteur Rafferty, suivez-moi à l’extérieur. » Ordonna Skinner, adressant un regard noir à l’homme qui le suivit sans broncher.

Un policier vint déverrouiller sa menotte et Scully pu enfin se dégourdir les jambes pour la première fois depuis quelques heures. Lorsqu’elle sortit de la salle d’interrogation, elle ne pu s’empêcher s’entendre Skinner passer un savon à Rafferty, la porte de son bureau pourtant close. Elle ne pouvait dire qu’elle avait pitié de lui de toute façon, il méritait tout ce qu’il recevait. Cherchant Mulder du regard, elle rejoignit le bureau des saisies où se trouvait la femme qui lavait confisqué leurs effets personnels. Cette dernière ne se fit pas prier pour remettre à Scully non seulement ses propres affaires mais également celles de Mulder.


« Scully ? » Fit une voix familière dans son dos, l’invitant à faire demi-tour.

« Ton arme et ton badge. Tes autres objets sont dans cette enveloppe. » Lui dit-elle en lui tendant le tout.

« Skinner a fait plus vite que je ne le pensais. » Remarqua-t-il en vérifiant qu’il ne lui manquait rien.

Scully acquiesça silencieusement, évitant de redresser la tête car elle ne voulait pas qu’il ne voie sa peau si elle portait déjà des ecchymoses. Au lieu de cela, elle se concentrait sur son bracelet montre qu’elle refermait avec soin autour de son poignet irrité par la menotte.


« Est-ce que ça va Scully ? » S’inquiéta alors Mulder en la voyant si pensive.

« J’ai juste envie de sortir d’ici le plus vite possible et de prendre un bain. » Expliqua-t-elle entre deux soupirs et un haussement d’épaules.

Mulder ne pu la questionner plus longtemps car Skinner arrivait dans leur direction. A en juger par l’expression de son visage, il n’était pas en train de passer une journée très agréable. Il désigna la sortie de l’index et les deux agents surent qu’ils feraient mieux de lui emboîter le pas sans rechigner.

Une fois à l’extérieur, Skinner hâta son pas jusqu’à s’arrêter devant son véhicule et de pivoter pour leur faire face.


« Agent Scully, Rafferty m’a dit que vous l’aviez giflé, est-ce que c’est la vérité ? » Demanda-t-il, Skinner était connu pour aller droit au but et pour en exiger autant en retour.

« Il m’avait insultée par ses propos, je sais que mon comportement est inadmissible… » Commença Scully sous le regard éberlué de Mulder qui découvrait les faits.

« Ca ne me surprend pas de lui et à en voir sa réaction je crois que je suis arrivé au bon moment. Je dirais que vous êtes quittes à présent. » Confirma Skinner, les poings repliés sur les hanches. « Il ne portera pas plainte car il sait qu’il n’avait pas lieu de vous mettre en garde à vue. A priori les caméras de sécurité vous ont filmés alors que vous sortiez de l’hôtel, le coup de feu n’a été entendu qu’une minute après votre départ. » Les rassura-t-il en fouillant ses poches à la recherche de son trousseau de clés.

« Monsieur, est-ce qu’il serait possible de récupérer ces bandes ? Il s’agit de Diana Fowley. » Se risqua Mulder.

« Je ne sais pas ce que vous fichiez là-bas à 6h du matin mais je ne veux pas le savoir. En attendant, Rafferty a accepté de me confier une copie des bandes. C’est tout ce que j’ai pu faire pour vous. » Leur annonça Skinner, il se plaça derrière son volant et abaissa la vitre. « Scully, si vous souhaiter pratiquer l’autopsie, ils seraient ravis de profiter de votre expérience. » Ajouta-t-il juste avant de démarrer et de disparaître pour de bon.

Mulder et Scully se retrouvèrent seuls sur le trottoir, les bras le long du corps et l’air particulièrement fatigué. Mulder savait que leur supérieur était de leur côté mais il s’était montré plus qu’efficace sur cette affaire et toujours aussi réfléchi. Jamais il ne leur posait de questions auxquelles il se doutait qu’ils ne pourraient apporter de réponses concrètes.


« On devrait trouver un taxi pour aller récupérer la voiture chez Diana. » Proposa Mulder, glissant ses mains dans les poches de sa veste en cuir.

« Hum… » Emit simplement Scully en tournant vers lui.

Le soleil donnait en plein sur le parking et lorsque Scully s’approcha, ce fut la première fois que Mulder remarqua les traces rouges autour de son cou. Il ne pu s’empêcher de courber la tête pour mieux les distinguer et son amie se laissa observer sans objecter.


« Est-ce que c’est comme ça que Rafferty a réagi à ta gifle ? » S’enquit-il avec nervosité.

« Ce n’est pas grave, je l’ai bien cherché. » Le rassura-t-elle en espérant qu’il s’insisterait pas davantage.

Il hocha la tête comme s’il comprenait que la discussion était close. Cependant, son regard resta figé sur la gorge de Scully, incapable de s’en détacher. Sa contemplation prit lorsque Scully replaça ses cheveux derrière son oreille et garda sa main devant son cou pour empêcher Mulder de l’ausculter plus longtemps. D’après ce qu’il pouvait en déduire, elle n’avait plus l’air en colère ou irritée mais plutôt perdue, indécise. Son attitude démontrait combien Scully avait besoin de se retrouver seule mais il restait une demande que Mulder devait effectuer, ce à contre cœur.


« Est-ce que… Est-ce que tu pourrais aller jeter un coup d’œil au corps de Diana s’il te plaît ? » Fit-il avec hésitation.

« Pourquoi ? M’assurer qu’elle est réellement décédée ou pour être sûre qu’elle soit bien traitée ? » Répliqua Scully d’une voix qui ne lui allait pas.

Mulder su immédiatement que sa question n’appelait pas de réponse et que s’il osait s’y rabaisser, il en essuierait les conséquences. Il se gratta l’arrière de la tête et Scully faillit lui arracher les yeux. C’était évident qu’il n’avait qu’une idée : fuir d’ici au plus vite.


« Ecoute, vas essayer de récupérer les bandes auprès de Rafferty, moi je vais à la morgue. Si tu peux venir me chercher une fois que tu auras récupéré la voiture, je te serai reconnaissante. » Décida Scully avant de faire volte-face pour héler un taxi.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mer 19 Mar - 13:36

***


Le soulagement. Ce fut la sensation que ressentit Scully lorsqu’elle poussa les portes de la salle d’autopsie dans laquelle se trouvait le corps de Diana Fowley. Il ne lui avait pas fallu effectuer trois pas pour découvrir que le Docteur Stanton, pathologiste du comté, avait déjà pratiqué les examens principaux et recousu son incision en « Y ». L’homme se retourna en entendant ses pas se rapprocher, il ne perdit pas de temps.

« Je peux vous aider ? » Demanda-t-il d’un ton aussi froid que la température régnant dans la pièce.

« Je suis le Docteur Scully, je travaille pour le FBI, mon supérieur m’a dit que je pourrais consulter vos conclusions et jeter un œil au corps avant qu’il ne soit envoyé au crématorium. »

« Pourquoi ? On ne me fait pas confiance alors on me fiche un petite jeune sur le dos histoire de dénicher des vices de forme ? » Aboya-t-il, arrachant son masque de son visage.

« Pas du tout, je suis juste intéressée par l’affaire et je vous suis d’ailleurs reconnaissante de vous en être occupé aussi vite. J’aimerais simplement avoir votre avis et me forger le mien. » Expliqua-t-elle en gardant son calme, il ne serait pas utile de le pousser à se braquer davantage.

« Et vous forger le vôtre ? Il s’agit de sciences ici mademoiselle, pas d’un tour de magie où on peut retirer ce qu’on veut de son chapeau. » Continua-t-il sur sa lancée, bien décidé à la mettre à la porte, qu’elle le souhaite ou non.

« Tout d’abord, c’est Docteur Scully. Ou Agent Scully. Ensuite j’aimerais relire vos notes sur cette affaire et si vous n’êtes pas d’accord avec cette idée, allez vous plaindre à votre supérieur. » Lui conseilla-t-elle de manière plus qu’explicite.

Sur ce, elle attrapa une paire de gants en latex qu’elle enfila en un clin d’œil et s’empara du dossier qui gisait sur la table d’examen. D’une oreille, elle entendait le Docteur Stanton qui bougonnait dans son coin alors qu’il passait ses nerfs sur son matériel. Il les stérilisa comme on le recommandait puis jeta son tablier en tissu ainsi que ses gants à la poubelle. Un silence se posa doucement pendant qu’il terminait et Scully patienta un instant, se doutant qu’il ne pourrait quitter la salle sans faire claquer les portes à battant l’une contre l’autre. Un bruit sourd ne tarda pas à retentir tout autour de la femme qui ne se déconcentra pas et se pencha sur le dossier en cours.

Malheureusement, elle ne pu tirer beaucoup d’informations, ni du rapport parfaitement rédigé, ni du corps étendu sous ses yeux. Jamais Scully n’avait eu à observer le cadavre d’une connaissance, reposant sur cette table métallique et glaciale. C’était pourquoi elle l’évitait par tous les moyens, examinant ses membres uns à uns sans pour autant se concentrer sur le tout qui formait un être humain doué de pensée et de sentiments. A supposer que cet être en particulier ait un jour éprouvé des sentiments. Scully secoua la tête à cette pensée, il était injuste de la considérer ainsi, même si elle la considérait comme une ennemie, elle n’avait pas mérité de mourir. Personne ne méritait de finir ainsi. Nue dans une salle d’autopsie impersonnelle, triturée par des mains expertes mais tout sauf familières.


« Aucun dépôt sous les ongles… » Murmura Scully.

Il ne serait pas possible d’identifier leur suspect grâce à son ADN. Cependant, Scully refusa de se décourager et étudia de nouveaux chaque centimètre du corps de Diana, concentrée et impartiale.

Plongée dans ses analyses, elle ne remarqua pas qu’un heure plus tard Mulder l’avait rejointe et se tenait près de la porte, les bras croisés sur le torse. Ses yeux balayaient les lieux de gauche à droite et ne se posèrent que brièvement sur la corps de cette femme. Comment la considérer après tout ce temps et ces trahisons à n’en plus finir ? La nervosité qui l’avait envahi depuis leurs retrouvailles se nouait désormais au creux de son estomac jusqu’à lui en donner la nausée. Ces odeurs de formaldéhydes, ces instruments aiguisés que Scully maniait avec dextérité et professionnalisme… Tout cela ne l’avait jamais atteint auparavant mais il devait faire fasse à la présence de ce cadavre encore familier. La bile donnait un goût amer à sa gorge, il fit demi-tour pour sortir discrètement au moment où Scully terminait son examen.


« Mulder ? » Fit-elle en levant les yeux sur lui. « Est-ce que ça va ? » Questionna la jeune femme à la vue de son visage blême.

Ce dernier hocha la tête, faisant mine d’ouvrir la porte mais les mains tremblantes glissèrent sur la poignée. Inquiète, Scully s’approcha de lui en ôtant ses gants qu’elle jeta à la poubelle qui se situait à proximité. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, il était enfin dans le couloir et elle lui prit le bras pour le diriger vers les toilettes.

Là, il s’appuya contre le mur en respirant profondément et son amie humecta quelques serviettes en papier habituellement réservées pour s’essuyer les mains. Son front perlait de sueur et Scully l’épongea sans lui poser de questions. A quoi bon, il n’y répondrait pas ou tournerait autour du peau. Un coup d’œil lui avait suffit pour déterminer son état. Tout le monde réagit de la même façon lorsqu’il entre dans une salle d’autopsie saturée par l’odeur de la mort et finit par apercevoir le corps d’une personne, qu’elle soit encore aimée ou une simple connaissance. Le fait d’avoir vu cette femme vivante et en pleine possession de ses moyens puis étendue sur cette table, le torse ouvert des clavicules au pubis rendrait n’importe qui malade. C’était l’épreuve la plus dure à vaincre pour des étudiants en médecine, se détacher de ces âmes pour ne s’intéresser qu’au cas lui-même, aux réponses que les gens cherchent à obtenir grâce à une autopsie. C’était ce genre de résultats qui la faisaient tenir et gérer ses propres émotions.


« Merci, c’est la première fois que ça me fait cet effet là… » S’excusa-t-il, presque timide.

« Tu as eu une histoire avec elle, c’est plutôt si tu n’avais pas réagi que je me serais fait du souci. » Le rassura-t-elle, accompagné d’un léger sourire.

« Est-ce que… tu as trouvé quelque chose ? » Demanda-t-il avant de glisser ses mains sous le jet d’eau et de s’asperger le front et la nuque.

« Pas ici. Rentrons. » Suggéra-t-elle en s’éclipsant de la pièce pour se changer et récupérer ses affaires ainsi que ses prises de notes.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Jeu 20 Mar - 23:24

« C’est tout ce que tu as pu trouver ? » Demanda Mulder comme s’il allait se frapper la tête contre la portière si Scully acquiesçait.

« Malheureusement oui, les traces de poudre sur son visage et son torse indiquent que le coup a été tiré à bout portant. Elle n’avait pas de griffures ou d’hématomes, pas de résidus de peau sous les ongles. Peut-être connaissait-elle son assassin et elle lui aura ouvert la porte sans se méfier. » Supposa la jeune femme avec un haussement d’épaules désolé.

Encore heureux que ce soit elle qui conduise, au moins elle n’avait pas d’émotions à maîtriser en même temps qu’un volant. Mulder ne lui adressa plus la parole pendant de longues minutes qui s’égrenèrent dans une lenteur accablante. La nuit commençait peu à tomber, entraînant les paupières de Scully dans leur sillon et elle dû se secouer plusieurs fois pour se reconcentrer sur la route. Au détour d’un panneau, elle aperçut l’entrée d’une station service et s’engagea sur la voie correspondante. Le changement de bitume tira Mulder de sa torpeur. Il se redressa pour se frotter les yeux et observa ses traits tirés dans le miroir de courtoisie niché derrière le pare-soleil.

Une fois sortis de la voiture, Scully fit signe qu’elle prenait de l’essence et Mulder compris qu’il était celui désigné pour payer le plein. D’une main il vérifia que son portefeuille était bien à sa place dans sa poche de veste et trotta jusqu’au magasin. A l’intérieur, il se dit qu’il pourrait aussi bien leur prendre à manger alors il s’aventura dans l’un des rares rayons à la recherche d’une nourriture convenable pour sa collègue. Lorsqu’il s’approcha de la caisse, ce fut pour remarquer que le propriétaire était en pleine observation, fixant l’extérieur avec attention. Mulder suivit son regard et sourit en réalisant que l’homme ne scrutait nulle autre que sa partenaire. Celle-ci se trouvait en pleine lumière, marchant d’un pas élégant et déterminé en direction des toilettes publiques. Ses cheveux renvoyaient des reflets cuivrés qui lui donnaient une sorte d’aura naturelle. Bien que très fatiguée, Mulder devait reconnaître qu’elle était toujours aussi séduisante.


« Y’en a qui sont nés avec le cul bordé de nouilles. » Déclara le type en se tournant vers Mulder.

Ce dernier tendit ses courses et sortit sa carte de crédit, ravi de rendre cet homme jaloux simplement parce qu’il avait la chance de travailler avec elle et d’être son ami. Le caissier compta ses articles et ajouta le prix du plein d’essence puis Mulder fut de nouveau dehors, sac papier en main. Il avait pris place derrière le volant quand Scully le rejoignit, s’installant calmement à ses côtés.


« Je me suis dit que je pourrais conduire comme ça tu pourras te reposer. » Fit-il avant de croquer dans son sandwich. « Je t’ai pris à manger, tu dois être aussi affamée que moi. » Ajouta-t-il avec un clin d’œil complice.

Scully sourit avec gratitude, soulagée de ne plus avoir à lutter pour garder les yeux ouverts afin de leur éviter un accident de la route. Elle fouilla le sachet et découvrit une salade de crudités, l’emballage déjà ouvert.


« Euh… Tu n’aimes pas les œufs durs alors je les ai retirés. » Se justifia Mulder, presque gêné de la connaître aussi bien.

Est-ce que ça lui ferait plaisir de voir qu’il s’intéressait à elle et à ses goûts ? Ou lui en voudrait-elle de la materner de la sorte, surveillant ce qu’elle mange et se souciant de ton état physique après des heures debout à autopsier.


« Tu as quelque chose à me demander pour être aussi prévenant ? » L’interrogea Scully, sourcil droit dressé, signe de méfiance.

Mulder ne répondit pas à la question et rit doucement tout en démarrant le véhicule. Le fait de la savoir en bonne santé, nourrie et de bonne humeur suffisait à lui remonter le moral. Alors quand il en était à l’origine, d’une manière ou d’une autre, rien ne le satisfaisait davantage.


« Dors Scully, je te dépose chez toi et je file apporter les bandes aux Gunmen avant de rentrer chez moi. » Suggéra Mulder, il avait tout planifié.

Scully s’enfonça dans son siège, ôta ses chaussures et se couvrit de son propre manteau pour essayer de suivre son conseil. Quelques instants plus tard, elle était sur le point de se rasseoir afin d’allumer le chauffage dans la voiture quand, du coin de l’œil, elle vit le bras de Mulder pointer vers le tableau de bord et tourner le bouton correspondant. Silencieuse, Scully l’espionna plus longtemps et imprima son image dans son esprit pour de nouveau fermer les yeux. Chaque fois, il prédisait des besoins si simples et naturels, cela n’avait de cesse de l’impressionner et, au fond d’elle, de la charmer.


***


Il n’était pas possible de trouver le sommeil, quoi qu’elle face, Scully se tournait et se retournait sous les couvertures. Cela faisait plus de deux heures que Mulder l’avait déposée à son domicile, continuant sa route pour rendre visite à leurs amis communs. Elle lui avait proposé de rentrer un instant, de venir boire un café mais il avait décliné son offre en affirmant qu’il était déjà tard.

Au beau milieu de la nuit, elle se retrouvait à scruter le plafond, partiellement éclairé par les lueurs de la rue. Son moral n’était pas non plus au beau fixe, comment aider un ami quand on ne sait pas comment s’y prendre ? Qu’attendait-il d’elle ? Valait-il mieux le questionner, s’assurer de son état en envahissant son espace personnel ou devait-elle simplement lui laisser du temps pour panser ses blessures ?

Même décédée Diana créait toujours autant de troubles autour d’elle.

Scully ravala sa pensée et noya son visage dans son oreiller. Comment pouvait-elle entretenir de telles idées ? Il était évident Diana n’était pas une femme droite et honnête, mais de là la traiter de la sorte, Scully se sentit coupable vis-à-vis de Mulder. Cette femme avait dû réellement compter dans sa vie, elle l’avait cru et soutenu dans sa quête. Ce que Scully ne faisait qu’à moitié, tandis qu’elle l’accompagnait dans ses recherches, elle avait souvent l’impression d’être le bâton dans ses roues. Mulder avait eu de réelles difficultés à lui faire confiance au tout début. Peut-être était-ce parce qu’il avait déjà été trahi par une femme, une collègue à qui il s’était ouvert. Un peu trop à en voir les conséquences. La différence dont son amie était à présent consciente et qu’apparemment Mulder semblait discerner à son tour, était que jamais Scully ne l’abandonnerait ou ne bafouerait son engagement envers lui.

Pour la énième fois, Scully remua dans son lit, se positionnant sur le côté et scrutant amèrement son réveil. L’écran digital indiquait en chiffres rouges qu’il était déjà trois heures treize du matin. Jamais elle ne dormirait à ce rythme. Le couronnement s’annonça lorsque quelques minutes plus tard, au moment où elle commençait seulement à somnoler, quelqu’un frappa à sa porte. Les coups résonnèrent si fort dans le silence épais de son appartement que Scully en sursauta. A cette heure-ci, il ne pouvait être question que de Mulder.


« J’arrive… » Souffla-t-elle en arrivant dans le salon, nouant le lien de sa robe de chambre.

Son visiteur nocturne s’impatientait et devenait plutôt bruyant. Scully inspira profondément, priant pour qu’il ne la traîne pas hors de chez elle pour l’emmener sur une nouvelle piste à travers le pays. Elle ouvrit la porte et resta muette, l’observant de haut en bas, interloquée.


« Mulder ? Tu as bu ? » S’exclama-t-elle, désormais intriguée.

« J’ai comme une impression de déjà vu… » Balbutia-t-il avec un sourire bête.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Dim 23 Mar - 20:38

Ses cheveux étaient tout ébouriffés et sous sa veste, Scully pouvait deviner qu’il avait remis son pull à l’envers. S’ils ne s’étaient pas trouvés là en plein milieu de la nuit, elle en aurait ri.

« Est-ce que ce sont les Gunmen qui t’ont fait boire ? » Demanda-t-elle en tirant sur son bras pour le guider jusqu’au canapé sans qu’il ne trébuche.

Mulder se laissa faire puis s’échoua sur son sofa en soupirant. Et comme si la question de son amie avait finalement atteint son cerveau, il y répondit.


« Non, je leur ai donné les bandes et puis… j’ai été m’en enfiler quelques unes au bar du coin. » Marmonna-t-il de manière pas toujours très distincte.

« Au bar du coin ? » L’interrogea Scully de la cuisine, elle lui préparait un thé vert.

« Ouais… La musique est meilleure et puis tu es juste à côté. » Expliqua-t-il, penchant la tête en arrière sur la haut du dossier.

« Je suis sensée comprendre un message ? »

« Quoi ? »

« Non, laisse tomber Mulder. » L’incita la jeune femme en s’asseyant près de lui. « Tiens, bois-ça. » Conseilla-t-elle en lui tendant une tasse de porcelaine blanche.

« M’ci… » Fit-il avant de goûter une gorgée.

Le liquide n’était pas brûlant, Scully s’en était assurée, et il avala le tout d’une traite. Il reprit sa position initiale, un bras étendu derrière Scully qui ne s’était pas adossée. Elle pouvait encore sentir l’odeur de la bière sur ses vêtements et sur sa peau. Le bas de son visage était ombragé par une barbe naissante qui lui donnait un air plus sauvage, plus libre. Cette allure quelque peu négligée le rendait pourtant attirant. Mulder ne semblait pas se rendre compte que la nature l’avait particulièrement choyé et ne faisait rien pour se mettre en valeur. Cette attitude je-m’en-foutiste, cette espèce d’inconscience avait le don d’agacer Scully. Combien de fois s’était-elle surprise en train de l’observer d’un air rêveur ? Mentalement elle s’en donnait des gifles, elle n’avait plus quinze ans et ce n’était pas son délicieux professeur de sport ! Il était temps de se reprendre car il s’agissait ici de son ami, de son collègue de travail et il avait visiblement besoin d’aide, pas de sentiments futiles.

De son côté, les pensées de Mulder avaient une sérieuse tendance à toutes se mélanger et il éprouvait quelque difficulté à faire le tri entre les paroles qu’il était possible de prononcer et celles qu’il ferait mieux de garder pour lui. Après tout, il n’était pas venu ici pour se faire mettre dehors. Quand Scully lui avait posé cette question à son arrivée, il avait failli lui répondre que ce soir, il préférait qu’elle se déshabille au lieu de rajouter des épaisseurs mais il avait tourné huit fois sa langue dans sa bouche. Puisqu’il se trouvait encore sur le canapé de Scully et qu’elle était là, tout près de lui, il ne devait pas si mal se comporter pour un homme qui avait ingurgité plus d’un pack de bière à lui tout seul.

Ses yeux parcoururent le corps de son amie, en plus de son pyjama de soie, elle portait une robe de chambre du même tissu fluide et volatil. S’il écoutait son instinct, il courberait son bras pour l’attirer vers lui et l’embrasserait sur le champ. Cependant, même ivre, Mulder conservait un semblant de raison en lui et ne répondrait pas à un tel désir d’impulsivité.

La vérité le frappa de plein fouet, là, immobile sur le sofa, il se souvint de la raison pour laquelle il était venu à elle. L’unique personne à qui il se raccrochait, la seule à qui il accordait une confiance sans limite.


« Tout est parti en flammes. » Murmura-t-il avec une voix d’enfant.

« Mulder, ça va aller, on va retrouver l’homme qui a fait ça. » Lui affirma Scully en se rapprochant pour prendre sa main dans la sienne.

« Non, tu ne comprends pas, tout a brûlé. » Répéta Mulder, exerçant une pression plus forte sur les doigts de Scully.

« Mulder ? Regarde-moi, qu’est-ce que tu veux dire ? » Persévéra Scully, elle avait peur d’en savoir plus. « Qu’est-ce qui a brûlé ? » Questionna-t-elle, tremblant de plus belle en anticipant sa déclaration.

« Mon appartement. » Dit-il brièvement, le regard vide.

« Oh mon Dieu… » Fut tout ce que Scully trouva à répondre.

Sa révélation était si soudaine que Scully ne su que dire. Bien sûr qu’elle s’était attendue à ce que ça arrive après que leur bureau ait lui-même subi ce sort mais de là à ce que cela se produise réellement. Des frissons grimpèrent le long de sa colonne vertébrale à l’idée de tout ce qu’il avait perdu, toutes ses photos de Samantha, des longues recherches conservées sur papier ou dans son ordinateur, tous ses effets personnels… Ce lieu qui était comme un nid pour lui, malgré de nombreuses intrusions, il s’était habitué à y vivre et à y souffrir de temps à autre. Scully ne possédant pas les mots pour le réconforter, elle fit la seule chose qu’elle savait un tant soit peu efficace, elle le prit dans ses bras.


« On va trouver une solution Mulder, jamais rien ne t’a empêché d’avancer et ce n’est pas comme ça qu’ils t’arrêteront. » Promit-elle après un long moment à le serrer contre elle.

Scully s’écarta de lui un instant pour chercher son regard afin de mieux le convaincre et leurs visages ne se trouvèrent plus qu’à quelques centimètres. A la surprise de la jeune femme, Mulder réduisit cet espace et ses lèvres couvrirent les siennes avidement. Passé le choc, Scully commença à répondre à ses avances, rencontrant son baiser avec tout autant d’ardeur et de besoin. Les yeux de Mulder étaient clos, comme pour s’imprégner davantage des sensations qui l’envahissaient. Ses mains caressaient le dos de Scully, remontant jusque son cou pour ensuite s’emmêler dans ses cheveux et la rapprocher encore plus de son torse.

Leur contact physique fit réaliser à Scully la gravité de l’erreur qu’ils étaient en train de commettre et elle le repoussa avec hésitation. Mulder interpréta son geste à l’inverse et crut qu’elle voulait se pencher en arrière pour qu’il recouvre son corps du sien, ce qu’il s’empressa de faire. L’esprit toujours embrumé par l’alcool et un désir depuis longtemps réprimé ne lui permettaient plus de faire la part des choses.


« Mulder… Non… S’il te plaît… » Le suppliait-elle sans trop de volonté, frémissant à chaque baiser qu’il déposait à la naissance de son épaule.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Lun 24 Mar - 19:13

« Mulder, pas comme ça… » Ajouta-t-elle en dernier recours, couvrant sa bouche avec la paume de sa main.

Sa réaction fut immédiate et il leva les yeux sur elle, horrifié par son propre comportement. Mulder se rassit, frottant son visage pour se remettre les idées en place.


« Je ne sais pas ce qui m’a pris je m’excuse… Je… » Sa voix tressaillit et il haussa les épaules avec dépit.

« Il n’y a rien à dire Mulder, ton jugement est troublé par l’alcool et par tout ce qui t’es arrivé dernièrement. Tu n’as pas à t’excuser, je t’assure. » Essaya-t-elle de le convaincre en esquissant un simple sourire et réajustant sa robe de chambre dont la ceinture était défaite. « Je vais te préparer le lit. » Expliqua-t-elle suite au regard inquiet qu’il lui lança quand elle se leva.

« Je vais prendre le sofa Scully, je ne vais pas en plus te… »

« Mulder. » L’interrompit-elle. « Il faudrait que tu te plies en deux pour tenir en entier, je prends le canapé, tu prends mon lit. » Insista-t-elle, son ton ne laissant place à aucune objection.

Seul dans le salon, Mulder ferma les yeux et des images de ce qui venait de se passer emplirent son esprit. Comment pouvait-elle encore le regarder en face et l’accepter chez elle après qu’il se soit jeté sur elle de la sorte ? L’amitié que Scully lui avait accordée était si précieuse qu’il ne saurait quoi faire s’il la perdait. Surtout après un acte aussi impardonnable. Embarrassé, il rejoignit la chambre et trouvé Scully courbée au dessus du lit, elle glissait le drap housse sous l’angle du matelas. Mulder souhaita se montrer utile et il se rendit à l’opposé, imitant sa technique appliquée, probablement héritée de l’éducation militaire que son père lui avait prodiguée.

Les couvertures disposées, Scully se retourna pour attraper du linge dans son armoire et tous deux allèrent jusqu’au salon pour réitérer leur opération sur le canapé.


« Mulder, je ne veux pas que tu te sentes mal à l’aise à cause de ce qui s’est passé, on devrait en reparler plus tard… Quand les choses se seront rétablies, d’accord ? » Se risqua Scully, caressant son avant bras pour le réconforter.

« Je ne sais pas comment tu fais pour me supporter Scully. » Marmonna-t-il, toujours aussi incrédule.

« Honnêtement, moi non plus. » Répliqua-t-elle avec un clin d’œil complice. « Bonne nuit Mulder. » Fit-elle en le dirigeant vers sa chambre d’une petite tape sur le dos.

Mulder n’eut pas besoin de se faire prier et il rejoignit sa chambre sans grincher. Une fois la porte fermée, il s’assit sur le lit, s’imprégnant des lieux et des la présence permanente de son amie. Des fleurs dans un vase, chaque objet à sa place, quelques photos sur la commode. Si peu d’efforts pour rendre cette pièce parfaitement agréable. Mulder supposait qu’il en serait capable mais à quoi bon, il ne possédait même plus de chez lui. Il espérait également que jamais ils ne s’en prendraient à l’appartement de Scully par sa faute. Le simple fait d’être connectée à lui avait apporté tellement de désastres dans la vie de son amie. Peut-être ne le savait-elle pas mais Mulder s’en mordait chaque jour les doigts, il ne comptait pas rester ici et attendre qu’une catastrophe de plus ait lieu.


***


« Bonjour, bien dormi ? » L’accueillit Scully quand il rentra de son jogging.

Mulder était sorti tôt dans la matinée, se faufilant à pas de loup dans le salon pour ne pas la réveiller. Glissant sa veste sur ses épaules, il n’avait pu s’empêcher de l’observer à la dérobée, étendue là sous les couvertures, le visage détendu. Un sourire aux lèvres, il s’était éclipsé afin de récupérer son sac de voyage dans le coffre de sa voiture. C’était tout ce qui lui restait de ses affaires, celle qu’il gardait toujours à portée de main en cas de départ imprévu. Il était venu se garer et boire plusieurs verres dans un bar qui se trouvait non loin de chez Scully afin de ne pas avoir à conduire en étant ivre. Ensuite, bagage en main, il était remonté se changer chez Scully et était allé courir en pensant rentrer à l’heure pour le lever du soleil.


« Mieux que je ne le pensais. Je me suis permis de t’emprunter quelques aspirines pour tenir le coup. » Précisa-t-il en ôtant ses chaussures pour ne pas salir la moquette claire.

Scully sourit puis lui tendit une tasse de café encore fumante. Mulder s’en empara et remarqua que la jeune femme était déjà prête, habillée, maquillée, coiffée. Il était jaloux de voir qu’elle semblait en forme et que même très tôt le matin, elle était déjà sublime. D’une main il lui fit signe qu’il allait se doucher et se préparer avant qu’ils n’arrivent en retard au travail.

Pour s’y rendre, ils ne prirent qu’une voiture, se souciant guère des commentaires qu’ils pourraient éveiller. Skinner leur avait laissé un message, leur demandant expressément de venir à son bureau dès leur arrivée. Kimberly, sa secrétaire, les fit patienter un instant puis ils furent admis dans la pièce où Skinner les attendait.


« Bonjour Monsieur. » Prononcèrent Mulder et Scully, presque à la même seconde, avant de s’asseoir.

« Quel entrain. » Commenta Skinner avec un brin d’amusement à peine perceptible. « Je vous ai demandé de venir car l’équipe de Rafferty a étudié les bandes et ils ont bien repéré un visage. Il ne s’agit que d’un reflet et leur technologie n’est pas suffisante pour l’agrandir et obtenir un portrait robot satisfaisant. Ils ont bien essayé de le montrer au portier et au réceptionniste mais ceux n’ont pas été capables de l’identifier. Je me disais que vous auriez peut-être plus de chance de votre côté ? » Demanda-t-il sans dissimuler sa curiosité.

« J’ai quelques amis qui étudient ces vidéos à l’heure où je parle. On n’attend leur coup de fil. » Le renseigna Mulder.

« Bien, tenez-moi au courant si vous avez quoi que ce quoi. Pour l’instant, Rafferty semble décidé à abandonner l’affaire à cause de ce manque de pistes. » Les informa Skinner en se levant.

« J’espère que nous aurons plus de chance. » Acquiesça Mulder.

Tous les deux retournèrent à leurs quartiers dans les sous-sols du FBI. Ils s’occupèrent de quelques dossiers en retard, patientant en silence et priant pour que leur téléphone sonne rapidement. Les Lone Gunmen n’étaient pas du genre à les décevoir et trouvaient toujours de quoi creuser la terre.

Comme s’ils avaient été entendus, le téléphone finit par sonner en milieu d’après-midi. Ce fut Mulder qui décrocha et il annonça à Scully qu’ils possédaient peut-être quelque chose qui valait la peine d’être approfondi. Ils attrapèrent leurs vestes et se mirent en route.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mar 1 Avr - 19:48

Les verrous claquèrent contre la porte, résonnant dans le couloir vide, puis Frohike apparut dans l’entrée, échevelé. D’un signe de tête, ils les invita à le suivre à l’intérieur du sombre appartement. Ses yeux scrutaient les moindres mouvements des deux agents, détectant quelque chose de différent. Une impression, un sentiment, ils n’agissaient pas de la même façon qu’à l’habitude. Ils n’étaient pas distants mais plutôt mal à l’aise, comme s’ils s’excusaient l’un à l’autre lorsqu’une épaule rencontre une omoplate ou qu’une main en frôle une autre. Le courant électrique qui les animait auparavant et dévoilait une rare alchimie avait désormais cédé la place à une ribambelle de petites châtaignes peu agréables.

« Hey Mulder, viens voir ce qu’on a trouvé ! » Lança Langley, sans se rendre compte de la tension qui régnait dans la pièce.

Mulder s’approcha de l’écran, escorté de Scully et tous deux inhalèrent au même instant, le regard rivé sur ce visage familier.


« On a retrouvé le reflet que le laboratoire de la police a repéré et on a testé quelques petits programmes maison. Langley a passé la nuit dessus. » Les informa Frohike, impressionné.

« Mulder ? » Fit Byers lorsqu’aucun d’entre eux ne réagit.

« C’est lui, c’est l’indic qui m’a dit de me méfier d’un certain Frank. » Expliqua l’agent, incrédule.

Ce ne fut qu’à cet instant qu’ils réalisèrent que Scully n’avait pas prononcé le moindre mot. Elle se tenait là, une main sur la bouche, l’expression totalement figée et le corps prostré. Les quatre amis avaient beau appeler son nom et promener leurs doigts devant elle, ils n’obtenaient pas la moindre réaction. Ses yeux étaient comme embués, le bleu étincelant qui les caractérisait en temps normal était devenu infiniment profond et ombrageux.

Mulder glissa son bras autour de sa taille et la conduisit jusqu’au sofa, déstabilisé par l’allure mécanique avec laquelle elle marchait. Il parvint à la faire s’asseoir et Byers lui apporta un verre d’eau qu’il s’empressa de porter à la bouche de la jeune femme. Elle but quelques gorgées quand l’eau entra en contact avec ses lèvres mais n’insista guère plus.

Ses paupières clignaient à intervalles réguliers, s’ajustant au rythme de ses respirations lancinantes. Tout démontrait qu’elle se trouvait dans un état hypnotique mais Mulder ne pouvait se résoudre à y croire. Après avoir patienté un moment, il caressa doucement son épaule, l’exhortant de revenir à elle de toute urgence. Comme par magie, Scully secoua la tête, se frotta les yeux et les fixa avec intensité.


« C’est lui, l’homme qui m’a posé cet implant... C’est lui j’en suis sûre. » Affirma-t-elle avant de se relever pour revenir devant l’écran d’ordinateur.

Mulder s’était redressé en même temps qu’elle et l’avait rejointe en posant sa main entre ses reins. Il préférait prévenir que guérir, sa collègue tremblait encore et il voulait être auprès d’elle en cas de malaise.


« Je croyais que l’homme qui avait expérimenté ses techniques sur toi était d’origine asiatique ? » Se risqua-t-il en remarquant les traits ariens de leur suspect.

« Peut-être que ce n’était qu’un anesthésiste ? » Présuma Scully sans détourner son attention. « Je revois cet homme, penché au dessus de moi, scalpel en main alors que l’anesthésie n’a pas encore fait son effet. Je sens ses doigts sur ma cuisse et mon bras, tournant mon corps sur le côté pour atteindre ma nuque… » Décrivit Scully, sans aucun doute revoyait-elle la scène dans un rêve éveillé.

« Bon alors où ça nous mène tout ça ? » Questionna Frohike, perdu.

« L’home qui a indiqué l’adresse de Diana à Mulder n’est autre que Frank. » Conclut Byers, haussant les épaules.

« C’est aussi l’homme avec qui elle couchait à Berlin pendant qu’il passait ses après-midi à poser des implants sur des citoyens américains. » Précisa Mulder, n’en croyant pas lui-même ses propres oreilles. « Est-ce que vous pensez qu’elle savait pour Scully ? » Demanda-t-il soudainement, la colère montant en lui.

« Je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’elle a elle-même organisé mon enlèvement. » Suggéra Scully avec un sarcasme peu dissimulé.

Si ça trouve, elle l’a carrément supplié de m’implanter elle-même cette puce dans la nuque. Pensa-t-elle ensuite, n’osant pas partager son idée avec le reste du groupe.


« Son plan ne comporte pas de faille à première vue. Mettre ce micro chez toi, t’attirer chez Diana… Il cherchait une cible à qui faire porter le chapeau pour pouvoir se débarrasser de Diana sans se créer le moindre souci. » Expliqua Langley, accoudé à son bureau, ses lunettes tombant sur son nez.

Mulder avait beau se repasser tous les évènements à l’esprit, il avait du mal à tout assimilé. Les éléments coïncidaient tous les uns avec les autres à part peut-être l’incendie provoqué dans son appartement. Il aurait dû se douter que cela l’aurait poussé tout droit chez Scully, où était son avantage ? Créer des tentions ? Jouer sur celles qui existaient déjà depuis qu’ils avaient appris que Diana n’était pas morte lorsqu’ils l’avaient cru ?


« Est-ce que vous avez un moyen d’en savoir plus sur lui ? De trouver son nom ? Là où il réside ? » S’enquit Scully, massant inconsciemment l’endroit où l’implant se trouvait dans sa nuque.

« On peut le passer dans plusieurs bases de données, FBI, CIA, NSA. La police et les services secrets allemands, les aéroports… S’il est où que ce soit, on le trouvera » Leur assura Langley, il fit craquer ses doigts pour souligner ses dires et se mit à pianoter sur son clavier à toute allure.

« On vous appellera si on trouve quoi que ce soit. » Promit Frohike, accompagné de Byers il les raccompagna à la porte.

« Est-ce que ça va aller agent Scully ? » S’inquiéta Byers en remarquant son teint blême.

« Oui John, j’ai juste besoin de rentrer chez moi. » Se justifia Scully en esquissant un faible sourire.

Mulder serra la main à ses deux amis puis rattrapa Scully à la voiture pour se faufiler dans le siège conducteur à sa place. Il fut presque déçut lorsqu’elle n’y objecta pas et s’installa à ses côtés. Tout en tournant la clé pour mettre le contact, il l’observa du coin de l’œil, la tempe appuyée contre la vitre du véhicule et le regard perdu au loin. Il détestait la voir ainsi, repliée sur elle-même, comme un chien qui part au loin pour lécher ses blessures plutôt que de d’avouer qu’il souffre en public. En aucun cas il ne parviendrait à la faire parler davantage que ce que Scully avait déjà dévoilé. Ce serait à lui de faire en sorte qu’elle sache qu’il était présent et se préoccupait de son état d’esprit. Quelques gestes, quelques, juste de quoi la rassurer et lui faire relever le menton et affronter le reste avec la force qu’il lui connaissait.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mer 2 Avr - 18:28

De nouveau dans l’appartement de Scully, Mulder observa la jeune femme alors qu’elle s’installait dans le sofa. Ses traits étaient tirés et son pas lourd et nonchalant. Il sourit quand il la vit fermer les yeux et soupirer sans enthousiasme. Discrètement, il continua son chemin jusqu’à la salle de bain. Scully n’avait allumé qu’une petite lampe qui ne procurait que peu de lumière en ce début de soirée, si bien qu’il passa inaperçu. Une fois dans la pièce carrelée et exigüe, il tourna les robinets afin de lui faire couler un bon bain chaud dans lequel il ajouta de quoi provoquer de grosses bulles vanillée. Le parfum lui rappela instantanément celui qui embaumait la peau de sa partenaire. Mulder reposa le flacon et prit place sur le bord de la baignoire, glissant ses doigts dans l’eau de temps à autre pour en tester la température. Jamais Scully ne lui le pardonnerait si elle se retrouvait aux urgences avec des brûles ou au contraire, des engelures.

« Que fais-tu Mulder ? » Questionna tout à coup la jeune femme qui se tenait dans l’encadrement de la porte.

Elle avait recroisé ses bras sur sa poitrine et son sourcil droit était dressé en signe d’incompréhension. Elle avait toujours imaginé que Mulder préférait les douches à l’idée de rester allongé à rien faire pendant une demi-heure.


« J’ai pensé que tu pourrais te détendre dans un bon bain en attendant que je commande de la nourriture à emporter. » Expliqua-t-il d’une voix charmeuse.

« Tout sauf des pizzas Mulder, mon estomac ne tiendrait pas le coup. » L’avertit Scully en avançant vers lui.

« Chinois ? J’ai vu qu’un nouveau restaurant avait ouvert en bas de ta rue. Je vais leur téléphoner pendant que tu fais trempette. » Annonça-t-il en s’éclipsant.

« Mulder ? » L’interpella Scully, serrant son poignet avec gratitude quand il réapparut. « Merci. » Murmura-t-elle d’un ton peu affirmé.

Mulder fit alors un pas en avant, il entoura le visage de Scully de ses mains et pencha la tête pour déposer un baiser sur front. Ils restèrent immobiles quelques secondes, leurs regards se croisant pour s’assurer que tous les deux pensaient à la même chose. Puis se sont leurs lèvres qui se rencontrèrent pour se dévorer pendant un long moment. A bout de souffle, ils durent se sépare et Mulder attira son amie contre lui, la noyant dans ses bras protecteurs. Quand ils eurent repris leurs esprits, des sourires gênés furent échangés mais ils gardèrent les mots pour lui tard et Mulder l’abandonna pour qu’elle puisse prendre son bain en paix.

Scully ferma la porte mais laissa le verrou intact. Elle n’avait pas besoin de tendre l’oreille pour savoir que lui aussi s’était arrêté de l’autre côté pour se demander s’ils n’avaient pas rêvé.


***


« Alors j’ai dû dire que c’était les miens… » Bafouilla Mulder entre pouffements de rire.

« La pauvre, elle devait être tellement mal à l’aise. » Souligna Scully, secouant la tête avec consternation.

« En même temps, si Frohike avait été un peu plus prévoyant, il n’aurait pas laissé sa collection de magazines porno trainer sur sa table ! » Répliqua Mulder, moqueur.

« Ca te va bien ! Combien de fois j’ai pu retrouver tes cassettes vidéo éparpillées aux quatre coins du bureau. Imagine si un collègue ou un témoin les avait vues ? » Contre-attaqua Scully, le pointant non pas du doigt mais de sa fourchette.

« Scully, jamais personne ne s’aventure dans les sous sol, même la femme de ménage a peur de ce qu’elle pourrait croiser. » Lui fit reconnaître Mulder d’un air faussement vexé.

« Et moi ? Ca ne te dérange pas que je tombe dessus chaque fois que je cherche un dossier ? » Questionna Scully, faisant mine de s’intéresser au nem qu’elle tentait de saisir au fond de sa boîte.

« Ce n’est pas pareil Scully, je ne… Enfin je n’essaie pas de te séduire ou quelques chose du genre. » Se justifia-t-il, tout à coup mal à l’aise.

« Oh, merci, je suis rassurée. Parce que ce n’est pas vraiment comme ça qu’il faut s’y prendre en général. » Le renseigna-t-elle sans trop réfléchir à ses mots.

« En général ou avec toi Scully ? » Profita Mulder, il ne pouvait laisser l’occasion de reprendre le dessus lui échapper.

Scully ouvrit la bouche pour répondre mais elle se ravisa et lui adressa un regard mystérieux. Elle essayait à la fois de découvrir ce qu’il sous-entendait et de ne pas lui faire entrevoir ce qu’elle pensait réellement. L’action fut un échec et Scully céda sous la pression qu’il lui imposait sans le vouloir.


« Avec moi. » Murmura-t-elle, hésitante. « Mais je ne suis pas sûre que tu aies trop d’efforts à fournir de ce côté-là. » Avoua-t-elle finalement, affrontant son regard avec détermination.

« Traduction ? » Souffla-t-il en retour, approchant son visage du sien.

« Peut-être que ça ne sert à rien d’essayer de me séduire. » Balbutia-t-elle, sentant des nœuds se former au creux de son estomac, telle une adolescente en mal d’amour.

Ils s’embrassèrent à nouveau, leur repas chinois oublié sur la table. Scully passa ses bras autour du cou de Mulder, l’autorisant à la repousser dans le sofa et à s’allonger au dessus d’elle. Elle sentit ses mains à sa taille, dénouant la ceinture de son peignoir. Mulder n’eut pas à lutter bien longtemps car le vêtement s’entrouvrit à la hauteur de sa poitrine et il glissa ses doigts à l’intérieur pour caresser sa peau. Prise de cours, Scully retint son souffle, vulnérable sous le pouvoir qu’il exerçait sur elle avec simple contact.


« Quand tu disais pas comme ça hier, est-ce que c’était parce que tu voulais que les choses aillent plus doucement ? » Susurra-t-il à son oreille, haletant.

« Je voulais surtout que tu sois conscient de tes gestes et qu’il n’y aie pas la moindre place pour le regret le lendemain. » Expliqua-t-elle avec difficulté, sa bouche noyait le cou de Mulder sous une pluie de baisers furtifs. « Et je voulais surtout que tu t’en souviennes… » Ajouta-t-elle plus tard, juste avant de perdre le nord.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Sam 5 Avr - 0:20

***


Etendus parmi les draps blancs, les jambes entremêlés, ils s’étaient réveillés tout en douceur. A l’extérieur, le soleil s’était levé depuis plus d’une heure mais les deux collègues n’avaient aucun envie de l’imiter. Ils préféraient se prélasser dans ce lit chaud et confortable, blottis dans les bras l’un de l’autre et murmurant de temps à autre.

« Est-ce que tu dors ? » S’enquit Scully quand Mulder ne répondit pas à sa dernière question.

« Non, j’essaie de me convaincre de la réalité des choses. » Souffla-t-il avec un sourit presque béat.

A sa remarque, Scully se redressa, prenant appui sur son coude et caressant son torse du bout des doigts. Mulder glissa les siens dans les cheveux de la jeune femme, les replaçant derrière son oreille et apprivoisant quelques mèches rebelles.

Scully pencha la tête et déposa un baiser sur son épaule avant que son visage ne change d’expression. Auparavant détendue et relaxée, elle sembla tout à coup pensive, une touche de préoccupation mariant le reste de ses traits.


« Qu’y a-t-il ? » S’inquiéta Mulder, s’attendant à ce qu’elle le mette à la porte en moins de deux.

« Je pensais à cet homme. Tu crois qu’on a une chance de le retrouver ? » Demanda-t-elle en le prenant au dépourvu.

« Oh… » Fit-il tout d’abord. « Je ne sais pas, je n’espère pas pour lui en tout cas. » Promit-il avant d’éclaircir sa pensée. « J’ai le poing droit qui me démange. »

Scully hocha la tête puis la posa dans le creux de son cou. Sa respiration fragile chatouilla la peau de Mulder, le faisant frémir de plaisir.

« Quand je pense que Diana était probablement mêlée à tout ça. » Se rappela Scully, sa main parcourant le ventre de Mulder dans un mouvement lent et maîtrisé.

« Je suis sûr qu’on en saura davantage grâce aux Gunmen, ce sont les meilleurs pour ce genre recherche. » La rassura-t-il en resserrant son étreinte autour d’elle pour embrasser son front. « J’aimerais d’autant plus qu’on ne parler pas d’elle quand… Enfin tu vois ce que je veux dire. » Répliqua-t-il en esquissant un sourire explicite.

Scully acquiesça discrètement avant de se retourner pour sortir du lit en prenant le drap en otage. L’esprit joueur, Mulder l’empêcha d’aller plus loin en retenant le tissu. Cette dernière fit demi-tour sur elle-même, s’enroulant davantage dans la soie, son sourcil dressé tel une menace.

« J’ai déjà vu tout ce que tu caches Scully. » Souligna Mulder, d’humeur à risquer sa peau.

« Toi peut-être mais pas les voisins Mulder et je n’ai aucune envie de me donner en spectacle. » Rétorqua-t-elle, finalement amusée par son petit manège.

« Tu as tort, ils te seraient reconnaissants. » Décocha-t-il en l’attrapant par les avant-bras et la faisant retomber sur lui.

« Je ne t’imaginais pas du genre à partager Mulder. »

« Et tu as tout à fait raison. » Confirma Mulder, roulant au dessus d’elle pour lui dire bonjour à sa façon. « Et tu comptais aller où comme ça ? » Questionna-t-il en rendant son souffle à Scully.

« Préparer du café. » Murmura-t-elle, fébrile.

Mulder ne pu ajouter quoi que ce soit car un téléphone portable qui se trouvait dans le salon retentit avec une sonnerie stridente et immanquable. De son côté, Scully s’esclaffa en voyant le regard déçu de Mulder puis elle profita qu’il soit occupé à enfiler son boxer pour enfiler son peignoir et se faufiler à la cuisine. Il hâta son pas jusqu’au sofa et saisit l’appareil plus que bruyant qui gisait sur la table basse. Ce fut la voix du directeur adjoint Skinner qui accueillit Mulder de si bon matin.

« Mulder ? Je pensais avoir composé le numéro de l’Agent Scully, je n’arrivais pas à vous joindre. » S’étonna leur supérieur.

« Oui, j’ai décroché car elle est… aux toilettes pour l’instant. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? » Proposa-t-il, embarrassé de sembler si hésitant.

A l’autre bout de la pièce, Scully secoua la tête, dubitative. Il s’en sortait toujours avec de belles pirouettes. Cependant, ils n’avaient pas de soucis à se faire, les rumeurs à leur sujet allaient de bon train alors qu’elles soient validées ou non n’importait que peu. Skinner n’avait jamais fait la moindre remarque, il n’avait pas non plus insinué quoi que ce soit ce qui abondait dans leur sens. Elle versa donc deux tasses de café brûlant et rejoignit son partenaire au salon. Ils prirent place sur la canapé pendant que Mulder continuait sa conversation avec leur patron. Calmement, Mulder lui expliqua qu’ils possédaient un début de piste ainsi que certains soupçons fondés. Néanmoins, comme rien n’était encore totalement avéré, ils préféraient attendre quelques renseignements supplémentaires avant de rendre les choses officielles part la rédaction d’un rapport. L’adjoint Skinner, étant habitué à leur fonctionnement, ou plutôt à leurs tâtonnements, n’émit aucune objection à leurs réserves et lui fit simplement promettre de rédiger un dossier solide au plus vite. A cela, Mulder n’eut rien à redire, il accéda à sa requête puis mit fin à la communication.

« Combien de temps nous a-t-il donné avant de clore l’affaire ? » Demanda Scully, lui tendant sa tasse.

« Il n’a pas dit, seulement qu’on devait se dépêcher car la police commence à s’impatienter. Ils n’aiment pas trop que l’on joue les inspecteurs des travaux finis. » Fit-il après avoir bu une gorgée.

« S’ils n’aiment pas que l’on insiste, ils n’avaient qu’à continuer à enquêter eux-mêmes au lieu de classer ce meurtre sans suite. Je suis sûre qu’ils croient qu’il s’agit d’un simple cambriolage ayant mal tourné. » Maugréa Scully, tournant sa cuiller dans son café avec un peu trop d’ardeur.

« Ne t’en fais pas Scully, on n’arrêtera pas tant qu’on ne sera pas allés jusqu’au bout. Que ce soit pour élucider la mort de Diana ou mettre la main sur le type qui t’a implanté cette puce. » Jura Mulder avec un regard si déterminé qu’il en fit presque frissonner Scully.

« Je vais prendre une douche. » Annonça tout à coup la jeune femme en se lavant pour aller mettre sa tasse dans l’évier.

« Besoin de quelqu’un pour te frotter le dos ? » Suggéra Mulder, faussement innocent.

La seule réponse qu’il obtint fut un sourit plus qu’explicite et une démarche plus que déhanchée. Il courut derrière elle et ils s’enfermèrent dans la salle de bain.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mar 8 Avr - 15:16

C’était Mulder qui avait décroché et il avait immédiatement fait signe à Scully de se préparer. Il était encore au téléphone lorsqu’elle referma la porte de son appartement à clé et commença à le guider jusqu’à sa propre voiture. D’une oreille, elle écoutait son côté de la conversation, de l’autre, elle faisait attention au trafic accentué durant l’heure de pointe. Mulder était parvenu à la convaincre de ne pas quitter la salle de bain pendant plusieurs heures. En contrepartie, elle avait réussi à le faire prendre un bain et à en apprécier les avantages certains. Excepté que la prochaine fois ils rempliraient peut-être un peu moins la baignoire, nota la jeune femme d’un sourire dans le rétroviseur. Scully effectua un virage sur la droite quand Mulder le lui indiqua et ses yeux se posèrent sur un panneau signalant la direction de l’aéroport de Dulles International. Il n’avait pas besoin de lui en dire plus.

« Merci beaucoup les gars. » Fit Mulder en raccrochant.

« Est-ce qu’ils sont sûrs qu’il sera là bas ? » S’enquit Scully sans lui laisser le temps de prendre la moindre respiration.

« Ils ont tout vérifié il me semble. D’après leurs recherches, son nom serait Frank Schäfer. Ils ont trouvé des liens entre lui et un certain CGB Spender qui remontent à une quinzaine d’années. Ils auraient travaillé ensemble au Pentagon avant que Shäfer ne reparte pour Berlin pour diriger une unité de tests. Inutile de demander, ils n’en savent pas plus. Toujours est-il, un Fritz Wepper apparaît sur la liste des passages d’un vol Dulles-Charles de Gaulles. Rien de plus simple que de prendre ensuite un vol direction Tempelhof, un aéroport de Berlin. » Expliqua Mulder en jetant un coup d’œil à sa montre.

« Est-ce qu’ils ont pu le localiser sur les vidéos de surveillance ? » Insista Scully, les yeux rivés sur la route.

« Langley essaie encore d’y avoir accès, ils nous recontacteront s’ils trouvent quoi que ce soit. » La rassura Mulder, il attrapa l’accoudoir et s’y cramponna lorsque Scully augmenta sa vitesse.

« Si on pouvait arriver vivants, je te serait reconnaissant… » Marmonna-t-il avec un demi-sourire.

Scully ne répondit pas à sa remarque car de toute façon, le parking de l’aéroport se présentait déjà à eux. Un macaron disposé sur son pare-brise indiquait que son véhicule appartenait à un agent du FBI. Grâce à cela, ils n’avaient pas à perdre du temps avec des facéties supplémentaires.


« Vols internationaux. » Fit Mulder, pointant le doigt en direction du panneau.

Par chance, il n’y avait pas une foule trop importante mais il n’était pas facile de se faufiler discrètement à travers la foule pour rechercher un homme. Surtout lorsque celui-ci sait qu’on est à sa poursuite et qu’il est presque impossible pour deux agents du FBI de paraître innocents. Mulder et Scully marchaient côté à côté, le premier profitant de sa hauteur pour observer les alentours et la dernière de sa petite taille pour scruter tous les visages se présentant à elle.

Mulder dirigea sa collègue d’une main dans le dos lorsqu’il repéra le comptoir de la Lufthansa, compagnie aérienne Allemande. Pour continuer sur leur élan de fortune, celle d’Air France se trouvait juste à proximité, ce qui arrangeait bien leurs affaires. A cet instant, Mulder attira la jeune femme non loin de là, dans une sorte de renfoncement qui marquait la limite du hall principal. A cet endroit, le sol s’affaissait en une pente douce, permettant aux personnes handicapées de se rendre sans problèmes dans les toilettes de l’aéroport.

Ce fut à cette minute que l’attention de Scully se trouva attirée par une silhouette familière. Un homme venait d’ouvrir une porte et se dirigeait vers la sortie, sac de voyage en main. Une écharpe entourait sa gorge et dissimulait le bs de son visage tel un masque de chirurgien. Ce détail lui mit la puce à l’oreille et Scully tira sur la manche de Mulder pour l’en avertir. Il ne fit ni une ni deux, se jetant sur leur suspect, Mulder le plaqua au mur, avant bras pressé sur le cou de cet inconnu.


« Alors Frank, on comptait retourner en Allemagne comme si de rien n’était ? » Murmura Mulder d’une voix menaçante.

Scully se tenait devant eux, surveillant que personne n’empruntait le couloir assombri. Deux femmes les avaient croisés en rejoignant le hall à leur arrivée. Par ailleurs, grâce à la fin d’après-midi, beaucoup de vols étaient en partance aux mêmes heures, forçant les gens à se hâter en direction des salles d’embarquement.


« Qu’est-ce que vous voulez Mulder ? Vous ne pouvez pas me liquider en face des caméras de surveillance ! » Rétorqua l’homme en gesticulant pour essayer de se dégager.

« Non mais je peux vous refaire la face, ce n’est pas comme si vous pouviez porter plainte étant donné que la police a votre portrait robot. Vous savez, pour le meurtre de Diana Fowley. » Lui rappela Mulder.

Bien que les Gunmen étaient les seuls à posséder une photo suffisamment distincte, un coup de téléphone et la police recevrait le cliché.


« Alors qu’est-ce que vous voulez ? » Aboya le type, impatient et agacé de s’est fait prendre.

« Savoir pourquoi ? » Questionna Mulder, à bout de nerfs.

« Vengeance personnelle, ça vous va ? » Décocha Shäfer, ses ongles s’enfonçant dans le poignet de Mulder.

« Ca, je m’en doutais, elle vous a largué pour revenir aux Etats-Unis et vous ne l’avez pas supporté. » Se moqua presque Mulder, pédant, malgré leur histoire commune. « Mais je m’en fiche, je veux savoir pourquoi Scully ! » Insista Mulder, resserrant son étreinte.

A l’entente de son nom, Scully se rapprocha d’un pas mais elle n’interrompit pas sa surveillance.


« Oh, je vois que vous avez de l’avance. Pourquoi Scully ? Je n’en sais rien, ce n’est pas moi qui choisissais. En tout cas elle a été l’une de mes patientes préférées, de loin la plus agréable à manipuler. » Se vanta Shäfer, éveillant davantage la rage de Mulder.

« Allez-y, rajoutez-en et là je vous jure que je vous brise les cervicales, caméras ou non, j’ai des amis bien placés. » Prévint Mulder, sans préciser que les Gunmen n’avaient pas de rang particulier mais d’autres talents cachés.

« On me les amenait, je ne faisais que ce l’on me disait de faire. Ni plus ni moins. Je ne posais pas de questions. » Expliqua-t-il en soupirant lorsque Mulder relâcha légèrement la pression pour lui permettre de mieux s’exprimer.

« Est-ce qu’elle était enceinte quand vous avez pratiqué ces tests ? »

« Quoi ? Non, certaines l’étaient, d’autres non. Et je ne faisais pas de test, on me demandait juste de placer des implants dans leurs nuques. » Continua l’homme, devenant de plus en plus bavard.

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MessageSujet: Re: Passé Imparfait   Mer 9 Avr - 22:20

Scully fit volte face à cette remarque, qu’importe si des gens s’intéressaient à eux, elle avait besoin d’éclaircir certains points à sa manière.

« Vous mentez. Je me souviens de vos mains parce que vous étiez le seul à ne pas porter de gants en latex. » Commença-t-elle à voix basse. « Je sais que vous m’avez touchée et pas uniquement pour me mettre sur le ventre. » Précisa-t-elle, tremblant de colère et d’amertume.

« Est-ce que… est-ce que vous avez fait plus que de la toucher ? » Grogna Mulder, réalisant que peut-être il avait profité de sa position.

« Non ! » S’empressa de crier Shäfer, comme s’il était choqué. « Non, je n’ai jamais violé personne. » Se reprit-il, redevenu calme. « J’ai peut-être un peu profité de ma position mais rien de plus, de toute façon, elle n’a jamais été laissée seule. » Laissa-t-il échappé avec lassitude.

« Qui était là ? » S’enquit immédiatement Scully, son attention ravivée.

« Diana bien sûr. » Répliqua Shäfer avec évidence.

Le silence qui étouffa Mulder et Scully fut de courte durée lorsqu’un agent de sécurité fit son apparition. Quelques voyageurs intrigués par leur petit manège avaient dû signaler leur comportement suspect à la direction de l’aéroport, qui avait ensuite pris des mesures. A contrecœur, Mulder libéra Shäfer qui épousseta sa veste et replaça sa cravate. D’un air contenté, il ramassa son sac qui gisait au sol et marcha devant eux avec un plaisir non dissimulé.

Mulder alla expliquer leur situation à l’agent sans trop s’étendre sur les réelles circonstances. Pendant ce temps, Scully resta en retrait, remontant le couloir pour voir leur homme présenter son billet à une hôtesse. Avec un dernier coup d’œil dans la direction de Scully, Shäfer s’éloigna pour embarquer sur son vol pour Paris. Si seulement ils avaient été interrompus un peu plus tard, elle aurait pu obtenir des informations bien plus conséquentes, voire vitales. Savoir que cet homme était celui qui hantait ses souvenirs, celui qui avait profité de son état de faiblesse pour lui implanter une puce électronique qui dictait désormais sa vie. Peut-être auraient-ils dû passer par des voix plus officielles, un mandat l’aurait empêché de quitter le pays. A quoi bon, Scully secoua la tête, jamais un juge ne le leur aurait accordé à en voir le peu de preuves qu’ils détenaient. Un simple portrait robot, aucune arme du crime, aucune empreinte, juste un nom obtenu par des indicateurs suspects et agoraphobes. Pourquoi avait-il fallu qu’ils ne retrouvent sa trace qu’à l’aéroport, un lieu si peuplé, si exposé ?


« Scully ? » L’interpella Mulder, le dos de son index caressant sa joue pour l’extirper de son mutisme.

« Est-ce que c’est arrangé ? » Demanda Scully en revenant à elle.

« Je l’ai baratiné, ça ira. » La rassura-t-il sans préciser quel scénario il avait inventé. « On pourrait retourner chez nous pour récupérer quelques affaires. Il doit bien avoir un vol pour Berlin avant la tombée de la nuit. » Suggéra-t-il amèrement, il se doutait bien qu’ils n’avaient aucune chance de le retrouver.

« Et après quoi ? On arrive à Berlin, hors de notre juridiction, et on essaie de faire tomber une organisation secrète qui n’a qu’à lever le petit doigt pour nous faire disparaître ? » Se moqua Scully, emplie d’un sarcasme aussi désagréable pour elle que pour lui.

« Tu as raison… C’est juste que ça m’énerve de me retrouver au pied du mur à chaque fois qu’on commence à détenir un semblant d’information. C’est de ta vie dont il s’agit, je refuse de croise qu’il n’existe aucune solution. » Se lamenta Mulder, il recula d’un pas jusqu’à prendre appui sur l’un des piliers du couloir.

Touchée par son envie de découvrir la vérité totale au sujet de son enlèvement, Scully s’approcha de Mulder pour poser son front contre son épaule. Poussé par son instinct, Mulder caressa l’arrière de sa tête, arrêtant sa paume de main sur la courbure de sa nuque. La chaleur qui se dégageait de sa peau peinait à leur faire oublier que juste en dessous de ces trois couches d’épiderme était nichée une arme redoutable. Aussi minuscule que dangereuse.

Autour d’eux la foule s’était intensifiée, des éclats de voix résonnaient comme des clameurs inaudibles. Les mots n’étaient plus intelligibles et seule la présence l’un de l’autre leur importait. Combien de fois s’étaient-ils retrouvés dans cette situation sans issue ? A se battre contre des moulins à vents, à crier dans le vide et à imposer une vérité que tout le monde ignorait ouvertement. Deux personnes qui se démenaient contre une multitude d’âmes inconscientes du péril qui les guette chaque jour au détour d’une rue ou d’une rencontre fortuite.


« Rentrons, il n’y a rien que l’on puisse faire. » Soupira Scully, aussi démunie que lui.

***


Le soleil le réveilla doucement, ainsi qu’une agréable et peu familière sensation au creux du cou. Cette légère chatouille se propagea lentement puis remonta vers le lobe de son oreille qui fut soudainement dévoré de baisers. Mulder ouvrit les yeux pour trouver Scully assise au bord du lit et penchée au dessus de lui. A en voir ses courbes se dessiner sous son peignoir en soie, elle ne portait que ce vêtement. Il ne pu résister à l’envie de passer son bras autour de ses hanches pour la rapprocher de lui mais elle déposa le journal sur son torse, éveillant sa curiosité.

« Page 2. » Indiqua-t-elle en se glissant sous les draps pour se blottir contre lui.

Mulder découvrit l’article qu’elle voulait lui faire lire et serra les dents pour éviter qu’une guirlande d’insultes ne lui échappe. Un avion en provenance de Dulles avait eu un accident deux jours plus tôt à l’aéroport Charles de Gaulle. Le train d’atterrissage aurait tardé à s’ouvrir, forçant le commandant de bord à se poser avec difficulté. Le nez de l’avion avait alors piqué vers la piste et heurté le tarmac causant la perte de contrôle de l’appareil. Après avoir dérapé sur plusieurs centaines de mètres, l’airbus s’était enfin arrêté. Une fois montés à bord, les secours avaient alors découvert de nombreux blessés légers et malheureusement trois morts, don un allemand du nom de Frank Shäfer.


« Je ne peux pas croire qu’on ait un telle poisse Scully. » Grommela Mulder en jetant le journal au sol.

« A moins que le train d’atterrissage n’ait été trafiqué, après tout, ils ne sont pas à une centaine de morts près. Quoi de mieux pour cacher leurs intentions et empêcher les autorités de savoir à qui ils souhaitaient réellement s’en prendre. » Remarqua Scully avec lassitude.


« Je trouvera le fin mot de l’histoire. » Promit Mulder, déterminé.

« Je le sais, je te fais confiance. » Affirma Scully, esquissant un sourire lorsque Mulder se tourna vers elle.

« Est-ce que c’est maintenant qu’on est sensés parler de… nous ? » Questionna-t-il en découvrant le nouveau et précieux sens de ce mot.

« Je ne sais plus s’il est vraiment utile d’en parler. » Se confia Scully en plongeant ses yeux dans les siens lorsqu’il se plaça au dessus d’elle pour l’embrasser.

« Je crois qu’une démonstration est tout aussi efficace qu’une explication. » Reconnut Mulder frissonnant sou les caresses de la jeune femme.

FIN

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