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 Larmes sucrées.

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Clem

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MessageSujet: Larmes sucrées.   Dim 1 Juin - 15:11

L’homme plaqua violemment la jeune femme dos au sol et se mit à cheval sur son bassin afin de la maintenir la plus immobile possible. Elle retint un cri de douleur. Elle était épuisée, ils se livraient un combat acharné depuis bien trop longtemps. Un combat inégal, perdu d’avance, et elle le savait. Gagner du temps, c’est tout ce qu’elle pouvait faire, mais du temps pour quoi ?
Ils se trouvaient au sous-sol d’une vieille demeure, loin de tout. A l’extérieur, il faisait maintenant nuit noire. Elle était ici, avec lui, depuis le début de la matinée. Au début elle avait crié dans l’espoir que quelqu'un l’entende, elle était même parvenue à tirer un coup de feu qui avait été dévié par son adversaire, mais personne n‘y avait réagi. Il l’avait ensuite désarmée, bâillonnée, et menottée à une chaise. Pieds et poings liés, elle était restée dans cette position plusieurs heures, s’habituant à l’obscurité et observant la pièce dans l’espoir d’élaborer un quelconque plan pour se sortir de ce mauvais pas. A l’exception des débris d’une ou deux caisses en bois et de quelques bouts de verre jonchant le sol, il n’y avait rien. La seule chose pouvant la relier à l’extérieur était cette minuscule lucarne en haut d’un des quatre murs de pierre. Son ravisseur était ensuite revenu, un sourire carnassier sur les lèvres. Elle tentait de ne pas montrer son inquiétude, elle pouvait encore le défier, elle en avait le courage, la volonté. Elle avait cependant effectué un geste de recul lorsqu il s’était approché d’elle pour déposer sa large main sur sa joue et ensuite la remonter dans sa chevelure rousse.
-Alors ma belle, il serait temps qu’on fasse plus ample connaissance tu ne crois pas ?
Elle lui avait lancé un regard noir, un regard capable de faire frissonner n’importe quelle personne normalement constituée. Mais pas lui. Non lui, elle l’amusait. Sa résistance et son calme apparent l’amusaient. Il savait que ce n’était qu’une question d’heure, qu’elle finirait par céder, comme toutes les autres avant elle. D’un geste brusque, il ouvrit la veste du tailleur de la jeune femme. Elle ne le quitta pas des yeux, fuir son regard c‘était lui montrer ses faiblesses. Il fouilla ses poches avec une curiosité non dissimulée. Enfin, il tomba sur ce qu’il cherchait. Il lut et jubila.
-Alors comme ça, on est du FBI ? Je vois que mon choix est encore meilleur que je ne le pensais. Je suis vraiment enchanté…Dana.
Elle avait envie de se lever, de lui donner une bonne correction. Elle vociféra quelques paroles mais le bâillon empêchait toute compréhension.
- Oh, mais c’est qu’on veut communiquer ? Bien, bien. J’en avais assez de monologuer de toute manière. Et puis, comme tu as dû le comprendre, tu pourras crier aussi fort que tu le voudras, personne ne t’entendra d’ici. Le bâillon c’était juste pour le confort de mes propres oreilles.
Il enleva donc le tissu crasseux de la bouche de Scully. Elle ne perdit pas une seconde et déclara d’une voix froide et assurée:
- Vous avez vu qui je suis, je vous préviens que quand on vous retrouvera, vous paierez le prix fort !
- SI, on me retrouve ma chère. C’est toujours le même problème, SI. Et ça n’est jamais arrivé encore.
Il souriait d’un air mauvais. Scully elle, bouillonnait intérieurement. Comment en était-elle arrivée là ? Elle ne cessait de se raisonner, de se dire que quelqu'un allait finir par la retrouver. Mulder, Mulder viendrait la secourir. A coup sûr, elle n’avait qu’à attendre. Il suffisait qu’elle prenne son mal en patience. Mais son mal empirait d’heure en heure. Cet homme ne la connaissait pas mais elle le connaissait. Elle savait de quoi il était capable, elle savait ce qu’il avait accompli par le passé. Un monstre, c’était un véritable monstre, elle en avait parfaitement conscience. Elle avait faim, elle avait soif mais elle se refusait à lui demander quoi que ce soit.
-Je te laisse encore quelques heures et à mon retour, crois-moi, on va s’amuser. Sur ces mots il s’éloigna d’elle, ouvrit la lourde porte qui les séparait du reste de la maison et sortit. Scully entendit le bruit du verrou. Elle ne put retenir un soupir de soulagement. Elle était de nouveau seul, mais pour combien de temps ? Elle n’avait plus de téléphone, plus d’arme, rien qui ne puisse lui être d’un réel secours. Elle tenta de faire le vide dans sa tête. Depuis combien de temps était-elle là maintenant? Sept ou huit heures tout au plus ? Elle commençait à perdre la notion du temps, c’était mauvais signe. Ses mains étaient engourdies, le fer des menottes sur ses poignets la faisait de plus en plus souffrir.

Après un temps qui semblait avoir duré une éternité, elle entendit à nouveau le cliquetis des clés dans la serrure. Il revenait. Pour la première fois, il alluma la lumière. Une faible ampoule éclairait la pièce. Scully ne put se retenir de plisser les yeux. Elle le vit marcher vers elle, toujours aussi sûr et fier de lui. Cependant, son regard avait changé. Il avait l’air plus déterminé, plus malsain aussi. Scully frissonna. Ne pas craquer, elle ne devait pas craquer, si elle voulait faire quelque chose, c’était maintenant ou jamais. Contre toute attente, il la détacha de sa chaise. Il l’attrapa par le bras sans aucune délicatesse et la força à se relever. Scully vacilla quelque peu, ses jambes avaient souffert d’une si longue immobilité. Elle posa sa main au sol afin de ne pas tomber. Il la poussa alors sans ménagement au centre de la pièce. Elle y atterri à genoux. Elle se releva le plus vite qu’elle put et poussée par son instinct de survie, courut vers la porte. A peine avait-elle posé sa main sur la poignet qu’il la rattrapa. Elle se retourna vers lui et, munie d’un morceau de verre qu’elle avait précédemment ramassé dans sa chute, elle lui entailla la joue droite. Surpris, l’homme poussa un cri de rage mêlé de douleur et fondit sur elle. Scully réussit à l’éviter en se réfugiant dans le coin opposé de la pièce. C’est alors qu’il cadenassa la porte et rangea la clé dans la poche de son pantalon. Cette fois, elle était vraiment prise au piège. Plus agressif que jamais, il revint à ses côtés. Elle s’empara de tous les débris qui se trouvaient à proximité afin de se défendre du mieux qu’elle pouvait. Elle abattit une planche de bois sur le torse de son adversaire. Ce dernier recula de quelques pas mais retrouva bien vite son équilibre. Il en fallait beaucoup plus pour le mettre à mal. Scully se dirigea ensuite vers la chaise sur laquelle elle se trouvait quelques minutes auparavant. Elle la brandit comme un bouclier. L’homme se mit à rire, elle faisait peine à voir. Il commençait à en avoir assez de ce petit jeu. Il s’avança à nouveau vers la jeune femme mais fut heurté de plein fouet par la chaise. Il tituba quelques secondes, se tenant la tête entre les mains. Scully le frappa à nouveau mais cette fois il fut plus rapide, il attrapa un pied de la chaise au vol, désarmant de ce fait la jeune femme. Elle recommença à courir vers la porte, tout en sachant que cela ne servait à rien. Moins de cinq secondes plus tard, elle se retrouvait maintenue à terre, l’homme lui écrasant le bassin de tout son poids. Il la regarda intensément. Scully perçut la haine dans son regard. Elle voulut parler mais il plaqua sa main contre sa bouche. Il la bâillonna à nouveau. Elle tenta de le frapper mais il se saisit de ses poignets et les lia l’un à l’autre. Elle gesticulait pour se défaire de l’étreinte de son adversaire mais n’y parvenait pas. A bout de force, elle abdiqua. Il sortit alors un couteau de sa poche et, d’un air sanguinaire, l’approcha de la jeune femme.
En cette nuit de mai, un cri déchirant s’éleva d’une vieille bâtisse que tout le monde pensait inoccupée depuis bien longtemps. Un cri qui vint troubler le calme apparent de cette campagne profonde.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Dim 1 Juin - 15:12

Cela faisait maintenant plus de 24 heures qu’il était sans nouvelle d’elle. Plus de 24 heures qu’il ne faisait que penser à elle. Plus de 24 heures qu’il imaginait le pire sans vouloir y croire. Il ne quittait plus son téléphone des yeux, espérant à tout moment voir le nom de sa collègue s’afficher sur l’écran. Il lui avait laissé des dizaines de messages, en vain. Il n’aurait jamais dû la laisser partir seule. Leurs opinions avaient été divergentes, comme à chaque fois. Elle avait choisi de suivre sa propre piste tandis que lui, borné dans ses convictions, avait refusé de penser qu’elle pouvait avoir raison. Ils s’étaient donc séparés, tôt la veille, et depuis, un mauvais pressentiment ne cessait de grandir en lui. Quelque chose n’allait pas, il le savait, et cette absence de coup de fil n’était pas pour le rassurer, bien au contraire. Et surtout, si Scully avait vu juste, alors elle se trouvait peut-être avec un homme des plus dangereux, un être impitoyable, capable des pires abominations qu’un être humain puisse commettre. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne l’avait pas crue. Non, pour lui, tous ces crimes sans nom n’avaient pu être perpétrés par un simple être humain. Il fallait être guidé par une force maléfique ou ne pas avoir de conscience pour commettre de tels actes irréparables. Mulder se prit la tête entre les mains, il avait les traits tirés, de gros cernes se dessinaient sous ses yeux. Sa collègue avait laissé le nom de son suspect sur le bureau: Peter Jonas, maintes fois soupçonné de crimes mais jamais inculpé. En revanche, elle n’avait donné aucune indication quant au lieu où elle pensait le trouver. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle était partie seule alors qu’elle connaissait le danger de la situation. Elle savait se défendre mais il n’était pas dans ses habitudes d’être imprudente. Non, quelque chose d’imprévu avait dû se passer, quelque chose que tout le monde ignorait encore à l’heure actuelle. Scully avait sûrement elle aussi été prise de court par la situation.
Alors qu’il faisait les cent pas afin de trouver un moyen de localiser son amie, Mulder fut interrompu par l’arrivée d’un agent dans son bureau. Sans attendre il lui demanda:
- Vous avez du nouveau ??
L’homme acquiesça.
- La localisation satellite de son téléphone n’a pas été concluante, en revanche, on vient de retrouver sa voiture, grande ouverte, sur le bord d’une nationale.
Il tendit ensuite un morceau de papier contenant toutes les informations. Mulder s’en empara et, sans même le remercier, quitta la pièce en toute hâte.

Il ne lui fallut pas plus d’une heure pour rejoindre l’endroit indiqué sur le papier. Des policiers se trouvaient déjà sur place, inspectant les moindres recoins de la voiture de Scully. Mulder se joignit à eux, pressé et anxieux à l’idée d’en apprendre davantage. Les clés étaient encore sur le contact, le dossier de l’enquête gisait en désordre sur le siège passager, la fenêtre côté conducteur était brisée et deux des pneus étaient crevés. Tout laissait croire qu’elle avait été tirée de force hors du véhicule. Mulder inspecta les documents qu’elle avait laissés. Ils concernaient tous Peter Jonas mais ne lui apprirent rien qu’il ne connût déjà. L’homme avait récemment été vu à proximité de cette ville mais aucune adresse n‘était mentionnée. Scully se rendait là-bas afin d’interroger la population. Mulder ne cessait de se dire qu’il aurait dû l’accompagner. Même s’il n’était pas d’accord avec elle, il était de son devoir de partenaire de la seconder. Ce genre de situation ne leur était pas inconnu, alors pourquoi cette fois-ci tout avait dérapé ? Toute cette histoire le ramena cinq ans en arrière, lorsque Donnie Pfaster avait séquestré Scully. Ces deux affaires se ressemblaient étrangement, ce qui inquiétait d’autant plus Mulder. Mais aujourd’hui Pfaster était bel et bien mort et ne devait plus être qu’un mauvais souvenir.
Un policier informa Mulder qu’un groupe d’homme se rendait dans la maison la plus proche qui se trouvait à 11 kilomètres, tandis que les autres allaient continuer de fouiller les environs. D’un simple signe de tête, Mulder fit comprendre qu’il avait reçu le message et partit explorer les alentours. Il ne semblait plus maître de ses pas, il avançait, sans réfléchir, se laissant guider par son instinct. Il marcha ainsi plus d’une heure, traversant un bois, à l’affût d’un quelconque signe de vie. Enfin, il déboucha devant une maison délabrée. Un frisson lui parcourut l’échine. Le malaise qu’il ressentait depuis bientôt une trentaine d’heure s’amplifia. Sans plus attendre, il saisit son arme et se rua vers la bâtisse. La porte était entrouverte, il la poussa et entra progressivement dans la pièce seulement meublée d’une table, de deux chaises et d’une vieille commode. Les volets n’avaient pas été ouverts et il dû allumer sa lampe torche afin de savoir où il mettait les pieds. C’est alors qu’il vit, posé sur la table, le téléphone de sa collègue, juste à côté de son arme. Son sang ne fit qu’un tour.
Il traversa la pièce à grande enjambée et enfonça la première porte qu’il trouva. Rien, une simple chambre, avec un matelas posé sur le sol, il n’y avait aucun signe de vie. Il se dirigea ensuite vers une deuxième porte et tourna la poignet. Elle n’était pas fermée à clé. Il l’ouvrit avec appréhension. Visiblement, c’était la cave. Il trouva l’interrupteur et descendit les quelques marches qui le séparaient du sol. Il manqua s’étrangler en découvrant l’insigne de sa partenaire, tâché de sang. Un combat avait eu lieu ici, mais la pièce était désespérément vide. Des débris et des traces de sang jonchaient le sol. L’atmosphère était morbide. Mulder suffoqua et ressortit précipitamment de la demeure.
Il s’empara de son téléphone afin d’appeler du renfort. Par chance, le réseau n’était pas totalement inexistant dans cette partie du monde. Il ne parvenait plus à se calmer. L’angoisse le saisit. Et s’il arrivait trop tard cette fois ? Il s’époumona, criant le nom de sa collègue dans toute la campagne environnante. Il fut bientôt rejoint par des collègues et tous se mirent à ratisser les alentours à la recherche de la jeune femme. Soudain, un policier s’écria:
- ON A UN CORPS !!!

Mulder se sentit blêmir. Il respira un grand coup et, tel un automate, s’approcha du groupe d’homme qui s’était formé tout autour du corps. De loin il devinait une forme allongée, sans vie. Il soupira, cette silhouette massive ne pouvait être Scully. Il se dirigea alors vers le cadavre avec plus d’assurance. Peter Jonas, il n’avait vu sa photo qu’une seule fois mais son visage était resté gravé dans son esprit, un homme bouffi, rougeaud, d’une corpulence impressionnante, au nez busqué et au menton allongé. Même mort son air cruel et menaçant ne le quittait pas. Mulder ne resta pas plus longtemps dans les parages. Pour l’instant, sa seule préoccupation était Scully. Il apprendrait bien assez tôt ce qui était arrivé à cet individu sordide.

- ON L’A TROUVEE !
Mulder accourut. Le shérif se tenait aux côtés d’une frêle silhouette, assise sur le sol. Mulder saisit une couverture que tenait un des policiers et ordonna qu’on appelle une ambulance. Il se sentait soudain plus léger, la boule qu’il avait dans l’estomac venait de s’en aller. Il se dirigea vers Scully et lui déposa délicatement la couverture sur les épaules, en lui souriant. Celle-ci eu d’abord un mouvement de recul qui ne lui échappa pas et le surprit mais elle s’enroula ensuite dans la chaleur du tissu. Mulder fit signe aux autres policiers de s‘éloigner. La jeune femme n’avait pas encore prononcé un seul mot. Mulder s’agenouilla auprès d’elle, et scruta son regard, inquiet.
- Scully ? Scully, tu m’entends ?
Elle ferma un moment les yeux, les rouvrit, et dans un souffle murmura.
- Mulder, je..
Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle tenta de les réprimer. Elle ne parvenait plus à parler. Tout tourbillonnait autour d’elle, elle entendait un bourdonnement incessant, ses membres lui faisaient mal. Elle luttait pour ne pas s’endormir. Elle chercha le regard réconfortant de son collègue. Elle avait tellement espéré sa venue que maintenant elle n’osait plus y croire. Comme s’il lisait dans ses pensées, il l’enlaça et lui récita des paroles apaisantes. Elle se laissa faire, se laissant bercer par la voix et les mouvements de son ami.
- Tout est fini Scully. Tu es en sécurité, on va bien s’occuper de toi maintenant.
Il relâcha lentement son étreinte et se redressa. Scully voulut faire de même mais ses jambes ne lui obéissaient plus. Elle s’effondra dans les bras de Mulder et perdit connaissance.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Dim 1 Juin - 19:53

Sa chevelure rousse reposait sur l’oreiller. Ses yeux étaient clos. De temps en temps un petit rictus venait troubler l’expression paisible de son visage. Sa paupière gauche, quelque peu gonflée encore, avait pris une teinte bleutée. De nombreuses petites coupures étaient présentes sur ses lèvres et ses joues étaient anormalement rouges. On lui avait administré des somnifères pour qu’elle parvienne enfin à dormir. Les deux premières nuits à l’hôpital avait été particulièrement difficiles. Tout d’abord, la douleur provenant de ses nombreuses blessures ne s’était pas dissipée et il avait fallu une dose massive de sédatifs pour parvenir à la calmer. Ensuite, les images traumatisantes de son expérience ne cessaient de refaire surface, empêchant ainsi toute forme de sommeil paisible. Dès son entrée à l’hôpital, elle avait exposé les circonstances de son enlèvement et de son agression aux enquêteurs, ne souhaitant pas devoir répondre à plus de questions dans le futur. Cependant, certaines de ses contusions et leur emplacement laissaient suggérer qu’elle n’avait pas tout dit. Elle refusait qu’on l’examine davantage et demeurait anormalement évasive lorsqu’on lui demandait de préciser les circonstances de la mort de Peter Jonas.
L’autopsie avait révélé qu’il avait été poignardé. On avait retrouvé le couteau sur le lieu du crime, couvert de son sang et de celui de Scully. Celle-ci avait expliqué qu’elle avait eu l’homme à son propre jeu, réussissant à retourner contre lui un coup fatal qui lui était destiné. Mais la manière dont cette femme de même pas cinquante kilos avait accompli ce miracle, face à un homme en pesant le double, restait un mystère. Les alentours de la maison de Peter Jonas avait été fouillé de fond en comble et les preuves de ses précédents crimes y avait été découvertes. Aucun doute n’était possible concernant la culpabilité de cet homme dans les affaires d’enlèvements non résolus les plus sordides de ces quinze dernières années. Seulement quelques jours après les faits, le bureau avait classé l’enquête, cherchant à minimiser un maximum l’incompétence des services chargés des affaires précédentes. Pourquoi cette sinistre demeure, lieu de tous les crimes sans nom, n’avait-elle pas été découverte plus tôt ?

Pour Scully aussi toute cette histoire n’était plus que du passé. Du moins, c’est ce qu’elle laissait croire à quiconque souhaitait prendre de ses nouvelles. Elle était restée en observation trois jours. En parfait état de se déplacer seule, elle s’était jugée apte à reprendre une vie normale et, le quatrième jour, contre toute attente, et surtout contre l’avis des médecins, elle avait retrouvé son appartement. Mulder, qui était resté le plus possible à son chevet durant son hospitalisation, fut surpris lorsqu’on lui apprit la nouvelle. Il décida donc de passer chez elle pour s’assurer que tout allait bien. Il frappa trois coups à la porte. Rien. Il frappa une nouvelle fois. Toujours ce même silence en réponse.
-Scully, c’est moi.
Il attendit désespérément une réaction. N’y tenant plus, il introduisit sa propre clé dans la serrure mais au même moment, la porte s’ouvrit. Scully était là, devant lui, vêtue d’un pyjama en soie bleue, un sourcil levé, elle n’avait pas l’air franchement ravie de le voir. Confus, il tenta de se justifier:
-Je..euh…On m’a dit que tu étais rentrée alors..je passais juste..
Sa collègue se déplaça sur le côté et lui fit signe d’entrer. Il ne se fit pas prier. Comme elle n’avait encore rien dit, il demanda, inquiet:
- Scully, est-ce que tout va bien?
Elle soupira, irritée.
- Oui je vais bien Mulder. Pourquoi tout le monde ne cesse de me demander cela ? Ce n’est pas la première fois qu’il m’arrive une chose de ce genre. Donnie Pfaster, Duane Barry, Gerry Schnauz, et même ce virus qu’on m’a inoculé pour ensuite me transférer en Antarctique, cette histoire n’est en rien plus grave que les précédentes.
- Si justement, ce qui est plus grave, plus préoccupant, pour moi, ainsi que pour ta famille et tes amis, c’est les zones d’ombres qui demeurent dans ton récit.

- Ah parce que quand je suis mystérieusement réapparue dans cet hôpital en 1994 il n’y avait pas de zones d’ombre peut-être ?
- Scully, ne fais pas comme si tu ne comprenais pas. A l’époque c’était différent, toi-même tu ne savais pas ce qui t’était arrivé. Cette fois-ci c’est le cas non ?
Le doute s’empara de lui. Ne voulait-elle pas, ou ne pouvait-elle pas en dire davantage ?
Scully parut pensive, ses yeux se perdirent dans le vague, Mulder cru apercevoir un voile assombrir le regard de son amie l’espace de quelques secondes. Elle gonfla sa poitrine et lâcha d’un bloc, sans trembler:
- Je me souviens de tout Mulder, de chaque détail sans exception. Je peux encore sentir son odeur, la trace de ses mains sur moi, son regard assoiffé de cruauté. Je me souviens de beaucoup plus de choses que je ne devrais mais j’aimerais juste qu’on me laisse en paix avec ça. Les images s’en iront, la vie doit juste…tu vois…reprendre son cours. Elle ponctua ses paroles d’un faible sourire en direction de son partenaire. Celui-ci la regarda dans les yeux et ajouta:
- Je veux juste que tu saches que si jamais tu as besoin d’extérioriser, de tout raconter sans être jugée, de te confier ou tout simplement d‘un peu de compagnie, je suis là, comme à chaque fois. Ce que tu as dû vivre, beaucoup ne l’auraient pas supporté, tu n’es pas seule avec tes démons Scully.
Sur ces dernières paroles, il fit demi-tour. Il la connaissait, il savait que si elle ne voulait pas parler, alors elle ne le ferait pas, cela ne servait à rien de la forcer davantage.
Scully ne souffla mot et le laissa partir. Elle ne se sentait pas le courage d’une quelconque discussion pour l’instant. Dans trois jours elle allait reprendre le travail, elle se devait d’oublier les horreurs qu’elle avait vécues. Mais à chacun de ses mouvements, les douleurs dans ses articulations lui rappelaient son calvaire. Toutes ces traces sur son corps allaient finir par s’effacer, elle espérait qu’il en serait rapidement de même pour celles laissées dans son esprit. Elle ne souhaitait qu’une chose, que tout cicatrise au plus vite.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Lun 2 Juin - 20:10

Mulder et Scully étaient assis face à Skinner. Ce dernier les avait convoqués dans son bureau afin de discuter de leur dernier dossier en cours, une banale affaire de disparition de bovins. Certaines personne avaient déclaré haut et fort que ces animaux étaient emmenés par une puissance supérieure et qu’ils revenaient sous la forme d’êtres animés de cruelles intentions, ce qui avait conduit les deux partenaires à enquêter. En réalité, il n’y avait rien de paranormal là-dedans, juste des fermiers peu scrupuleux qui s’enrichissaient tout en effrayant la population. Une matinée d’investigation leur avait suffit pour découvrir le fin mot de l’histoire.
Trois semaines s’étaient écoulées depuis l’affaire Peter Jonas, et cela en faisait deux que Scully avait repris le travail. Tout le monde avait été surpris de son retour si rapide, mais elle n’en avait pas démordu, elle était prêtre à retravailler et surtout, elle le souhaitait. Mulder ne s’y était pas opposé, il savait que d’une certaine manière elle avait besoin de venir ici tous les jours, c’était un moyen pour elle de ne pas perdre pied. Chaque jour, elle avait un but, une tâche à accomplir et elle s’y tenait. Cependant, ils avaient ralenti la cadence. Les affaires de routines se succédaient. Mulder ne rechignait plus devant la banalité des cas qu’on lui exposait, il obéissait aux ordres de Skinner, se moquant presque de l’absence de tout caractère paranormal. Scully n’était pas dupe, elle savait qu’ils faisaient ça pour la ménager, cela l’irritait au plus haut point mais elle ne trouvait pas la force de leur tenir tête. Elle était épuisée, ses heures de sommeil se déclinaient en minutes, elle avait énormément de mal à se concentrer sur quoi que ce soit et son esprit était continuellement ailleurs. Mulder l’avait remarqué. Il tentait d’adopter une attitude calme et sereine mais son inquiétude face au comportement de la jeune femme était grandissante. Chaque jour, elle se refermait davantage, devenant plus froide, plus distante. Elle restait de longues heures sans même lui adresser un mot ou un regard. Au début, il avait essayé de lui parler de nouveau mais elle était restée insensible à ses sollicitations. Il avait donc décidé de lui laisser encore plus de temps, mais plus les jours passaient, plus la situation se détériorait.

Un matin, elle ne vint pas. Il se dit qu’elle avait peut-être enfin réussit à dormir et il resta au bureau à l‘attendre, en profitant pour étudier quelques affaires qu’il avait laissé en suspend. Vers 16 heures, voyant qu’elle n’était toujours pas là, il décida de lui téléphoner. Personne ne répondit. Il laissa un message sur le répondeur. Vers 19 heures, n’ayant toujours pas eu de nouvelle, il quitta les locaux du FBI et se rendit sans plus tarder chez son amie. Il traversa le couloir au pas de course et tambourina à la porte de Scully. Sans même attendre une quelconque réponse, il entra dans la pièce. Les fenêtres étaient fermés, les stores baissés, aucune lampes n’était allumée. Au début, il crut que l’appartement était désert, mais il entendit l’eau couler. Il se dirigea vers la salle de bain et ouvrit la porte sans réfléchir. Il poussa alors un cri de surprise. Elle était là, allongée sur le sol, les yeux fermés, couverte d’un peignoir blanc. La douche ne cessait de déverser son flot continu d’eau chaude. La buée avait envahi la pièce. Mulder s’agenouilla aux pieds de Scully. Il poussa un soupir de soulagement, elle respirait, faiblement certes, mais elle respirait. Il coupa l’eau et prit le visage de sa collègue entre ses mains, lui tapotant délicatement les joues. Les paupières de la jeune femme frémirent. Il la souleva alors doucement et la porta jusqu’à son lit. Il attrapa une couverture qu’il déposa sur elle. Durant le transport, il avait pu apercevoir ses jambes nues sur lesquelles s’étendaient de larges cicatrices, très probablement dues à des entailles plus ou moins profondes. Il frissonna, se demandant quels autres traces d’abominations étaient encore visibles sur ce corps frêle et délicat. Il lui passa ensuite la main sur le front. Elle était brûlante. Il allait se séparer d’elle pour appeler un médecin quand il vit ses lèvres s’entrouvrir.
- Scully ?
Elle tourna lentement son visage vers lui et ouvrit les yeux.
- Je…Que fais-tu ici ?
- Tu n’es pas venue travailler aujourd’hui, alors je suis passé voir si tout allait bien. Et de toute évidence, ce n’était pas le cas. Répondit-il avec un air navré.
Scully prit une profonde inspiration. Elle puisait dans ce qui lui restait de force pour parler.
- Oui, je me souviens…j’étais..j’allais rentrer dans la douche quand soudain, tout s’est obscurci. Je suis tombée et je ne parvenais plus à me relever. Elle termina sa phrase dans un souffle.
- Tu veux dire que tu es restée toute la journée sur le sol ? J’appelle un médecin.
- NON ! Elle avait crié, commençant à paniquer. Mulder, écoute, ça va aller. C’était juste un malaise, j’ai tout ce qu’il me faut ici pour aller mieux.
-Il est hors de question que je te laisse jouer avec ta vie.
- Je ne joue en rien avec ma vie, je suis médecin, et si je savais que je courrais un danger immédiat alors je n’hésiterais pas à le dire.
- Tu te moques de moi ?? Ca fait des semaines que tu t’es plus que l’ombre de toi-même, et aujourd’hui je te retrouve sans connaissance dans ta salle de bain. Tu ne t’imagines pas ce que j’ai pu ressentir en entrant chez toi. Scully, l’espace d’un instant, j’ai cru que ç’en était fini…

Leurs regards ne se quittaient plus. Ils demeurèrent silencieux quelques instants puis Scully reprit la parole.
- Je ne suis peut-être pas au mieux de ma forme mais s’il y a une chose dont je sois sûre, crois-moi, c’est que je tiens encore à la vie.
Elle avait dit ça d’un ton rassurant. Mulder esquissa un sourire.
- Pas au mieux de ta forme ? Doux euphémisme agent Scully…
Celle-ci baissa la tête. Mulder la releva en plaçant un doigt sous son menton.
- Je sais que cela ne va pas te plaire mais cette fois, je prends les choses en main. Tu auras beau protester, crier ou même tenter de m’assommer à coups d’oreiller, je vais rester ici et m’occuper de toi.
La jeune femme ne broncha pas, elle savait qu’il avait raison, elle ne pouvait plus continuer comme ça, seule.
Il replaça une de ses mèches rousses derrière son oreille et palpa à nouveau son front. Sa température semblait avoir quelque peu baissé, il alla tout de même chercher un linge humide. Scully l’entendit fouiller dans les placards de sa cuisine et cria.
- Dans la salle de bain ce serait mieux ! A moins que tu ne sois en train de ranger mes étagères, auquel cas je ne sais pas si je dois me réjouir de ce service ou bien avoir peur.
Mulder revint vers elle, arborant un air victorieux, et lui tendit un bol dans lequel il avait fait infuser une tisane.
-Aah, je me disais bien qu’il y avait une raison à cette absence longue de plus de 3 minutes. Elle saisit la tisane et le remercia d’un signe de la tête.
- Et j’ai tout remis en place, ta cuisine est toujours la même, enfin…presque.
Scully haussa un sourcil inquisiteur.
- Ne me regarde pas comme ça, j’ai juste jeté les plantes qui étaient fanées sur ta table. J’ai bien fait non ? A moins que les tulipes sèches soient tendance…
Scully buvait à petite gorgées. Cette boisson la requinquait. Elle ne prit pas la peine de répondre à son ami, il était déjà reparti, mais dans la salle de bain cette fois. Il refit son apparition dans la chambre muni d’une dizaine de boîtes de médicaments.
- Alors maintenant, mademoiselle Scully, c’est l’heure du traitement. Tu préfères quoi en entrée ? Pilule bleue, rouge, jaune ? Quoique ce comprimé de la taille de mon pouce ait l’air très alléchant…
Scully fit semblant de réfléchir.
- Mhhmm, je crois que pour l’instant un simple antipyrétique serait souhaitable.
Devant le regard d’incompréhension de son collègue, elle précisa:
- Les petits comprimés blancs s’il te plaît. Et il m’en faudrait deux, avec un grand verre d’eau.
Mulder obtempéra et en profita pour lui demander si elle avait besoin de quelque chose d’autres. Elle lui répondit négativement et ferma les yeux, elle se sentait déjà soulagé d’un poids, mais le plus dur était à venir, il fallait qu’elle parvienne à affronter une nouvelle nuit…
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mer 4 Juin - 20:36

Un cri. Mulder se réveilla en sursaut et courut vers la chambre de Scully. Elle se tenait contre le dossier de son lit, en boule, ses jambes repliées contre son corps. Il s’approcha d’elle et posa délicatement sa main sur son épaule. Elle ne réagit pas.
La seule source de lumière de la pièce était la lune dont la lueur conférait aux objets des ombres inquiétantes qui se reflétaient de part et d’autre. Mulder s’assit à côté de Scully et l’attira tendrement contre lui. Elle se laissa faire et des sanglots ne tardèrent pas à se manifester. Discrets au début, ils se transformèrent bien vite en grosses larmes venant s’échouer dans le cou de Mulder. Ce dernier resserra son étreinte. C’était la seule chose qu’il pouvait faire pour le moment. Elle était en train d’évacuer toute sa douleur, toute sa peine, toute la détresse qu’elle avait accumulée ces dernières semaines. Elle avait cessé de lutter contre elle-même et laissait le champ libre à ses émotions, du moins, autant que Dana Scully pouvait le faire. Progressivement, elle se calma et se détacha de l’emprise de son ami. Elle s’adossa de nouveau, un oreiller venant soutenir sa nuque. Mulder n’avait pas bougé. Il observait le profil de la jeune femme dans la pénombre. Elle se tourna alors vers lui, cherchant à capturer son regard.
- Je..j’ai juste fait un mauvaise rêve. Déclara-t-elle sur un ton qui se voulait plus proche de l’excuse que de la réelle confidence.
- Un mauvais rêve ? Dans la famille Mulder, quand cela engendre de telles réactions, on appelle ça davantage un cauchemar qu’un mauvais rêve.
Comme elle demeurait silencieuse, il enchaîna:
- Mais tu as de la chance, tu as avec toi le spécialiste du cauchemar, profites-en pour recueillir quelques uns de ses précieux conseils avant que tu ne sois toi aussi obligée d’acheter son livre: « J’ai des cauchemars mais mes nuits sont belles » comme n’importe quel autre citoyen de ce pays.
- Hum..étant donné le titre du livre il y a fort peu de chance que je me l’approprie.
Mulder prit un air faussement outré.
- Tu crois que je devrais songer à autre chose ? Parce que j’avais aussi pensé à « Ces cauchemars qui rendent nos nuits plus trépidantes ».
- Tu veux vraiment mon avis sur la question ?
- Heu…non.

- Et bien je te le donne quand même. La littérature grand public et toi, je pense que vous n’êtes pas fait pour vous rencontrer.
-Je perçois comme une pointe de déni dans ta voix. C’est mal de briser les espoirs d’un écrivain en herbe de cette façon Scully, tu devrais avoir honte.

Un sourire naquit sur les lèvres de cette dernière, son collègue avait toujours le don de détendre l’atmosphère même dans les pires situations.
- Et si tu me racontais de quoi il s’agissait alors, en lot de consolation. Promis, je ne l’écrirai pas dans un quelconque bouquin. Et puis qui prendrait au sérieux un livre dont l’auteur s’appelle "Fox" ?
Scully parut pensive.
- Je ne sais pas si c’est une très bonne idée…
- Tu sais, avant que je ne divague en parlant de littérature de gare, tout ce que je disais était vrai.
Il était tellement rare qu’il fasse allusion à ses cauchemars que Scully se sentit touchée. Elle avait tendance à oublier que lui aussi souffrait. Elle prit une profonde inspiration et commença son récit.
- A chaque fois que je ferme les yeux, je revois son visage et je revis sans cesse le même moment. Il est au-dessus de moi, un couteau à la main. Je suis plaquée au sol, je ne peux plus bouger. Son poids m’écrase le corps, je respire avec difficulté, je vois son visage de plus en plus proche du mien, je sens son souffle sur ma peau, j’essaie de détourner mon regard mais je ne peux pas, je suis comme paralysée, comme si je ne parvenais plus à contrôler mon propre corps. Je suis impuissante, à sa merci.
Elle avait dit tout cela sans ciller une seule fois, comme si elle décrivait une scène qui se déroulait en direct sous ses yeux. Mulder lui saisit la main et d’une faible impulsion, lui fit signe de continuer.
- Je vois la lame du couteau se rapprocher, je ne vois plus que ça, il l’approche de mon cou et soudain je sens le métal froid sur ma peau et je me mets à crier, à crier de plus en plus fort, comme si cela pouvait me sauver. Il s’arrête un instant et je croise à nouveau son regard. Un regard glacial, il me sourit et me chuchote à l’oreille qu’il n’y en a plus pour longtemps, que je serai bientôt délivrée. Je commence alors à paniquer, je me débats à nouveau mais rien n’y fait, dès que je bouge il m’entaille à nouveau une partie du corps. Je sens les plaies s’ouvrir sur mes bras. Il me regarde saigner et il jubile. Et puis d’un seul coup, il entre dans une rage folle et commence à m’enlever mes vêtements. Je le supplie d’arrêter, mes larmes se mêlent à mon sang, ma vue se brouille, j’ai la tête qui tourne et je me réveille en sueur, tremblante dans mon lit.

Mulder ne l’avait pas quitté des yeux une seule seconde, il fut soudain pris d’une rage immense. Comment cet homme avait-il pu commettre de tels actes sur sa collègue ? Pourquoi cela lui été arrivé à elle ? Elle n’avait rien fait pour mériter de telles souffrances perpétuelles, personne ne devrait avoir à endurer de telles choses. Il passa son bras libre autour des épaules de la jeune femme qui ne lui avait toujours pas lâché la main. Elle s’appuya contre lui, essayant de chasser toutes ces images de son esprit et continua, hésitante.
- Tout cela, je l’ai vécu, exactement, mot pour mot, ce ne sont pas des extrapolations dues à mes cauchemars. Cette scène est récurrente et je ne parviens jamais totalement à l’effacer.
- Tu as une idée de la raison pour laquelle tu revis ce moment en particulier ?
Il n’obtint aucune réponse et réitéra sa question de sa voix douce qui d’habitude mettait son amie dans une confiance totale.
- Scully ? J’ai, j’ai besoin de savoir, est-ce que tu crois que te réveilles à ce moment-là car après il a… Je t’en prie, dis-moi ce qu’il s’est passé après…Scully…
Sa voix était devenue implorante, il vivait dans le doute depuis bien trop longtemps, il devait savoir jusqu’où se monstre était allé.
Leurs visages n’étaient séparés que de quelques centimètres, leurs yeux ne se quittaient plus, ils vivaient un de ces moments où leur lien unique refaisait surface, un de ces moments durant lesquels plus rien n’existait autour d’eux, où la présence de l’autre était plus que rassurante, elle était nécessaire, un de ces moments d’abandon durant lequel chacun pénètre l’esprit, les pensées de l’autre.
Scully rompit ce lien, baissa la tête et dans un souffle a peine audible avoua:
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Jeu 5 Juin - 19:53

- Ses caresses, ses caresses, c’était le pire. J’avais l’impression que ses mains me brûlaient la peau…
- Est-ce qu’il a…
- Non, Mulder, non, il a bien essayé mais je l’en ai empêché.

Mulder ne put retenir un soupir de soulagement.
- Comment ? Je veux dire, tu semblais vraiment en position de faiblesse, il aurait très bien pu…
- Je n’étais plus qu’un jouet pour lui, je n’existais pas en tant que personne mais en tant que chose à sa merci. Il n’avait que faire de mes cris, de mes paroles, c’est là que j’ai compris que tu avais raison. Elle avait repris de l’assurance et sa voix était de nouveau forte et claire. En voyant l’état des corps de ses précédentes victimes, démembrées, désossées, la chair à vif, tu avais soutenu qu’un être humain ne pouvait être capable de telles choses, qu’un tel degré de monstruosité avait sûrement une origine inconnue, qu’il ne pouvait s’agir seulement d’un déséquilibre psychologique causé par un quelconque traumatisme.
- Mais sur ce coup là, j’ai vraiment cru que je n’avais pas été assez lucide, l’hypothèse paranormale m’était beaucoup plus acceptable dans le sens où elle épargnait la nature humaine. C’était me voiler la face que de penser qu’une personne telle que toi et moi se révélait capable de tant d’atrocité.
- Ce n’était pas une personne telle que toi et moi Mulder.
- Mais l’autopsie n’a pourtant rien montré qui aille dans le sens contraire.
- Et depuis quand tu te fies aux rapports d’autopsies faits par des soi-disant experts du FBI ?
Répondit-elle sur un ton irrité. Il doutait d’elle et elle détestait cela. Il devait penser qu’elle disait tout ceci pour ne pas voir la vérité en face, pour essayer d’expliquer l’inexplicable.
Elle reprit de plus belle:
- Mon jugement est tout aussi fiable qu’avant Mulder, je sais qu’une telle déclaration peut paraître surprenante de ma part mais c’est pourtant vrai. Il y avait chez cet homme quelque chose d’inhumain, au sens strict du terme, même si ce n’en était qu’une infime partie.
Son partenaire ne parut pas davantage convaincu.
- Je ne veux pas que tu penses que je doute de toi Scully, mais parfois, notre jugement peut être obscurci par les expériences que nous traversons, même si nous pensons pouvoir nous en détacher. Le traumatisme est bel et bien présent, que nous le voulions ou non.
Cette phrase eu le don d’exacerber la colère de la jeune femme.
- Comment peux-tu nier si rapidement mes dires ? Tu n’attends même pas de connaître la suite des faits. Tu as ton propre avis sur la question et comme d’habitude, tu es convaincu d’avoir raison et tu ne m’écoutes pas. Lorsque Peter Jonas m’a enlevée, tu t’es rendu compte de ton erreur à son sujet, alors pourquoi ne pas accepter le fait que tu es à côté de la plaque, cette fois encore !
A côté de la plaque ? Mulder fut surpris par la radicalité des propos de son amie. Ca ne lui ressemblait pas de s’emporter de la sorte. Des divergences d‘opinion, ils en avaient, ils en avaient toujours eues, c’était même là toute la force de leur partenariat, mais jamais ils n’avaient discrédité l’autre. Avant qu’il n’ait pu répliquer quoi que ce soit, Scully avait déjà enchaîné:
- Si tu n’es toujours pas de mon côté je crois que ce n’est pas la peine de continuer, j’étais seule dans cette affaire, seule face à cet homme sanguinaire, si maintenant tu me juges irrationnelle et ayant perdu toute objectivité alors ce n’est pas la peine de tenter de m’aider.
Comme pour joindre le geste à la parole, elle s’était levée et se dirigeait vers la porte de son appartement. Mulder resta quelques secondes encore sur le lit, hébété, ne sachant pas comment réagir. Il rejoignit finalement sa collègue qui lui tendit son blouson en détournant le regard.
- Bonne nuit Mulder !
- Scully..je..
- Ecoute je crois que ça suffit pour aujourd’hui, là j’ai juste besoin de calme, alors si ce n’est pas trop te demander, j’aimerais que tu rentres chez toi.

Mulder ne trouva rien à redire. Elle voulait la paix, et bien soit, il était trop abasourdi pour amorcer une quelconque réconciliation. Sans mot dire, il quitta la pièce et entendit Scully actionner le verrou juste après son départ.

Elle resta quelques minutes debout, seule, de l’autre côté de la porte, repensant à ce qu’elle venait de faire. Il était venu pour l’aider et elle l’avait littéralement jeté dehors. Il faut dire qu’il l’avait mise hors d’elle. Pourquoi fallait-il qu’il prenne si peu son avis en considération subitement ? Elle qui croyait qu’il régnait entre eux une confiance totale, elle tombait de haut. Elle alla s’asseoir sur son sofa, tout en continuant à bougonner. Il croyait la comprendre alors qu’il en était incapable. La seule fois où il avait vu Peter Jonas, celui-ci était étendu, mort, sur le sol, il ne connaissait rien de lui à part ce qu’il avait lu dans les rapports de police alors, qu’elle, elle, elle l’avait côtoyé, elle avait perçu sa vraie nature, celle que tout le monde méconnaissait. Plusieurs jours lui avaient été nécessaires à l’accepter. Même si sur le coup cela s’était révélé être une évidence, une fois remise de ses émotions, le doute s’était emparé d’elle. Maintenant elle était persuadée d’avoir vu juste, elle en était intimement convaincue, et le fait que Mulder se permette de remettre son jugement en question l’avait profondément blessée. Les pensées se bousculaient dans son esprit mais soudain, elle y vu plus clair, ce que Mulder avait fait avec elle, c’était ce qu’elle lui faisait depuis plus de sept ans: ne pas accepter aveuglément les paroles de l’autre afin de les rendre les plus légitimes possible. Le doute était ce qui les menait à la vérité.
Elle commença alors à culpabiliser. Que devait-elle faire ? Le rappeler en pleine nuit ? Non, elle avait bien trop de fierté pour cela. Et puis dans quelques heures le jour se léverait, une autre journée allait commencer, apportant avec elle son lot de douleur. Lorsqu’elle s’était trouvée dans les bras de Mulder, Scully avait cru apercevoir le bout du tunnel, elle s’était dit que maintenant qu’il était à ses côtés, tout serait plus facile. Mais elle s’était trompée, il lui fallait d’abord faire disparaître son sentiment d’amertume, car oui, elle lui en voulait, elle lui en voulait de l’avoir laissée seule suivre la piste de Peter Jonas, elle lui en voulait de ne pas l’avoir crue dès le début. Ce sentiment n’avait pas lieu d’être, ce n’était pas la première fois qu’ils partaient séparément de leur côté, Mulder suivant son propre instinct et elle tentant de chercher les preuves les plus tangibles possible. Mais peut-être était-ce la fois de trop. Scully s’empêcha d’aller plus loin dans son raisonnement. Leur façon de collaborer avait toujours fonctionné, elle n’avait aucune raison de la remettre en cause maintenant. Et pourtant…


Dernière édition par Clem le Ven 6 Juin - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Ven 6 Juin - 19:40


Mulder n’avait pas dormi une seule minute et, dès l’aube, il s’était rendu au FBI afin d’éplucher au peigne fin l’affaire Peter Jonas. Les paroles de Scully l’avait heurté de plein fouet, il voulait s’assurer qu’aucun élément ne lui échappât. Il relut méticuleusement les rapports, tentant de mettre le doigt sur un détail pouvant un tant soit peu étayer la thèse de sa collègue. La première victime recensée de ce monstre se nommait Laura Becker, son meurtre avait été perpétré seize années auparavant. Son corps avait été retrouvé à moitié enterré non loin du domicile de cette mère de famille. Aucun sévisse sexuel n’avait été notifié et l’absence de preuve concernant l’identité de son agresseur avait conduit à l’abandon de l’enquête, jusqu’à ces dernières semaines et la découverte de son portefeuille sur la propriété présumée de Peter Jonas. En effet, ce dernier semblait avoir collecté les papiers d’identité de chacune de ses victimes et les avait rassemblés dans un seul et même coffre qu’il avait soigneusement mis sous clé et dissimulé dans un recoin de l’immense forêt qui bordait son domaine. Autant dire que la découverte de toutes ces évidences n’avait pas été une mince affaire et avait mobilisé un nombre assez conséquent d’hommes. Certains habitants des alentours s’était même portés volontaires pour aider à ratisser la forêt, comme pour se faire excuser de n’avoir jamais prêté attention à tout ce qu’il se passait dans ce coin retiré de leur région. Visiblement l’homme tenait à garder une trace de ces victimes, il les avait recensées, répertoriées, et cela avait fini par le trahir. Mulder repensa avec effroi au moment où il avait découvert la plaque de Scully dans cette cave sombre, il s’en était fallu de peu pour que son nom s’ajoute à la liste lugubre qu‘il avait sous les yeux. Elle avait miraculeusement réussi à s’en sortir mais il ignorait toujours comment. La veille elle était sur le point de le lui révéler mais il l’avait bêtement interrompue avant que n’éclate leur stupide dispute. Il chassa ce souvenir de son esprit, pour l’instant il devait se concentrer sur l’enquête, sur les faits. Mais la vision de sa collègue dans son lit, dans le noir en train de sangloter lui revint un mémoire. Il avait ressenti un immense pincement au cœur en la voyant dans cet état, sur le moment il en avait voulu au monde entier et un sentiment d’injustice s’était emparé de lui. Scully…que faisait-elle en ce moment même ? Lui en voulait-elle toujours autant ? Il saisit son téléphone, commença à composer le numéro de son amie puis se ravisa. Pour l’heure, il ne se sentait pas apte à affronter un nouveau rejet de sa part et espérait que cette fois-ci, ce serait elle qui ferait le premier pas vers lui.

Une heure venait de passer. Mulder s’étira sur sa chaise. Il avait été plongé en plein cœur d’un trop grand nombre de dossiers sanglants. Il n’y avait aucune correspondance entre les différentes victimes de Peter Jonas. Leur âge, leur sexe, leurs activités étaient divers. Il semblait les avoir choisies au hasard, comme sur le coup d’une impulsion. Le seul fait marquant qu’il ait découvert était la violence croissante des actes du tueur. A chaque fois il s’enfonçait de plus en plus dans l’horreur, repoussant sans cesse les limites de la monstruosité. Son profil devint alors plus précis dans l’esprit de Mulder.
Toutefois, tous les mystères ne parvenaient pas à être éclaircis. On n’avait jamais retrouvé aucune empreinte ni trace d’ADN sur ses victimes, l’homme était doué pour passer inaperçu. D’ailleurs tout son passé demeurait flou. On ne lui avait jamais connu d’adresse fixe ni aucun métier quelconque, il n’y avait jamais eu aucune fiche de paye à son nom, pas de permis de conduire, pas de diplôme particulier, il semblait vivre en décalage avec le reste du monde. Seul son nom faisait son identité. Un nom et un prénom, c’était peu, trop peu pour faire de lui une personnalité à part entière. Son extrait de naissance avait étonnamment été déclaré indisponible, tout comme le détail de son parcours scolaire. Peter Jonas semblait être sorti de nulle part, c’était à se demander comment il avait réussi a être reconnu en tant que citoyen américain.
Mulder se massa les tempes. Il avait résolu bien des casse-tête mais celui-ci s’annonçait plus corsé que prévu. Il se sentait comme pris au piège dans une impasse, il existait des réponses quelque part, il en était certain, mais il ne parvenait pas à savoir comment y accéder. La seule personne susceptible de l’aider était Scully et à l’heure actuelle, il était hors de question qu’il aille requérir son aide de peur d’ouvrir encore davantage des blessures qui ne parvenaient pas à cicatriser.
A peine ces pensées avaient-elle traversé son esprit qu’il vit la poignée de la porte de son bureau s’abaisser et Scully fit son apparition. Elle marcha dans sa direction d’un pas sûr et s’assit face à lui.
- Mulder, j’ai besoin de faire une autopsie.
Ce dernier tressaillit en entendant ces mots. Il hésita un instant à lui répondre « Bonjour Scully, comment ça va Scully ? », mais aux vues de leur petite altercation de la veille, il préféra se taire et sur un ton qui se voulait le plus innocent du monde lui demanda de préciser sa pensée.
- Peter Jonas, je veux lui faire ma propre autopsie.
Mulder ne put contenir un regard surpris.
- Pour cela il nous faudrait un permis d’exhumation et je crains que..
Scully le coupa:
- C’est justement pour ça que je suis venue te voir. Mulder, il y a forcément dans ce dossier quelque chose qui pourrait justifier un tel acte. Je veux dire, l’enquête a été si vite bouclée, nous devons trouver un point défaillant à creuser.
Un faible sourire naquit sur les lèvres de Mulder, ce qui n’échappa pas à sa collègue qui leva un sourcil en signe d’incompréhension.
- Non..c’est.. l’expression que tu as employée, « à creuser », et juste avant tu parlais d’exhumation alors…
- Mulder..
Pour la première fois depuis son arrivée dans la pièce elle croisa son regard, c’était un regard désabusé, un regard qui se voulait faussement sévère, un regard familier, ce qui réconforta Mulder. Elle ne semblait pas éprouver de rancune à son égard. Il l’observa quelques secondes. Visiblement elle non plus n’était pas parvenue à dormir, de larges cernes se dessinaient sous ses yeux bleus dans lesquels il pouvait lire une détermination toute nouvelle.
- J’étais justement en train d’examiner les dossiers de l’affaire et je pense que ce ne sera pas facile.
- C’est pour cette raison que j’ai besoin de toi. Répondit-elle franchement. Je..je veux que tu m’aides à mieux comprendre toute cette histoire. Je veux pouvoir tirer un trait sur ton ça en toute connaissance de cause. Reprit-elle hésitante.
- Je ne demande que ça, mais alors il va falloir que tu sois franche avec moi Scully. Je sais qu’il y a des choses que tu préfères garder pour toi, je le comprends parfaitement, mais sans certaines informations, il me sera encore plus difficile d’y voir clair.
Tout en disant cela il s’était levé et s’était placé aux côtés de son amie. D’un geste amical, il lui tendit une poignée de main. Elle le regarda, interloquée.
- Alors ? Partenaire ? S’enquit-il d’un air amusé.
Sans trop comprendre pourquoi, Scully lui serra la main, d’un geste plus mécanique que sincère. Cette réaction ne satisfit en rien Mulder. Il s’agenouilla à hauteur de sa collègue, tenant toujours sa main dans la sienne et lâcha:
- Je suis désolé.
Elle le regarda, surprise du ton que prenait leur conversation. Elle était juste venue pour lui faire part de son envie d’enquêter à ses côtés, pas pour qu’il lui rende des comptes. Elle prit sur elle, tentant de cacher au mieux son agacement.
- Désolé pour quoi Mulder ? Demanda-t-elle sur un ton plus froid qu’elle ne l’avait souhaité.
Celui-ci parut quelque peu décontenacé. Elle ne lui rendait pas la tâche aisée, c’était le moins que l’on puisse dire. Un moment, il eut envie de jeter l’éponge, mais il savait que s’il n’allait pas au bout de sa pensée maintenant, il n’en n'aurait plus l’occasion avant longtemps.
- Désolé de t’avoir laissée seule avec lui, désolé de ne pas t’avoir véritablement crue. Jamais je n’aurais pensé que..
D’un geste de la main gauche, elle lui intima l’ordre de se taire. Il n’était pas nécessaire qu’il continue. Tout ça, elle le savait déjà. Elle savait qu’il culpabilisait à chaque fois que quelque chose lui arrivait, qu’il culpabilisait de la vie qu’il lui infligeait, qu’il leur infligeait. Mais cette vie, elle l’avait choisie, autant que lui, elle avait eu l’occasion d’y renoncer mais avait préféré continuer le chemin aux côtés de cet homme qui était devenu bien plus qu’un simple partenaire. De l’amertume, de l’agacement, elle en avait ressenti, mais tout cela venait de se dissiper. Toute l’affection et le dévouement dont il faisait preuve à son égard venait à nouveau de se manifester et cela valait toutes les excuses du monde.
- Tu n’as pas de quoi l’être, vraiment. Murmura-t-elle.
Et pour le rassurer, elle arbora un sourire plein d’émotion qui ne pouvait mentir. Elle se leva ensuite lentement, faisant signe à Mulder de faire de même et lança:
- Je meurs de faim. Je t’invite ?
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Dim 8 Juin - 17:54

- Tu ne vas pas me faire croire que cette simple salade diététique suffit à te remplir l’estomac ?
Mulder fixait avec dégoût et incompréhension l’assiette de sa collègue. Attablés depuis 10 minutes, ils n’avaient pas échangé un seul mot sur l’enquête et profitaient de ce moment de détente pour retrouver leur complicité d’antan.
- Quand je vois l’aspect de ton hamburger, je n’ai qu’une envie, c’est de devenir végétarienne.
- Tu sais que c’est anti-américain ce que tu viens de dire ? Tiens, passe moi le ketchup plutôt.
- Tu as décidé de battre le record du repas le plus calorique au monde ?

Mulder ne daigna pas répondre et commença à déverser le contenu du flacon sur toute la surface de bovin non identifié. Il referma ensuite le tout avec fierté et application et mordit goulûment dans son repas.
- Touchaiquechtuchdevraichechayeraumoincheunefoich.
- Pardon ? Il y a quelque chose d’important dont tu voudrais me faire part ?
demanda Scully, amusée.
- Toich, manchech hambourger, chai très bonch.
- Et en plus cette nourriture est un frein à la communication…

Mulder déglutit difficilement.
- Il me faudrait des frites avec ça. Mais comme c’est toi qui payes, je ne sais pas si…
- L’agent Mulder se soucie de mon portefeuille maintenant ?
- J’ai vu la manière dont tu reluquais ce manteau tout à l’heure dans la vitrine, et bien que je ne sois pas un expert en la matière, si tu veux te l’offrir un jour, trois possibilités s’offrent à toi: demander une augmentation mais par les temps qui courent ce serait plutôt risquer, gagner le gros lot au loto mais si toi tu te mettais aux jeux de hasard alors le monde ne tournerait plus rond, et la troisième et la plus plausible selon moi, tu te serres la ceinture pendant environ cinq ans et cet objet de luxe sera à toi.
-Hum..il risque d’être démodé d’ici cinq ans…

- Oh tu sais, ce genre de chose, je suis sûr que ça traverse toutes les époques.
- Que quelqu'un me pince, l’agent Mulder est en train de parler mode.
- Mes centres d’intérêt sont beaucoup plus variés que tu ne le crois, tu me sous-estimes Scully.
- Oh, j’y suis maintenant: Les aliens, les enlèvements inexpliqués et les manteaux hors de prix.
- C’est tout moi ! Tu as toujours eu un don pour me percer à jour.

Ils rirent franchement.
- Allez, commande-les tes frites.
- Tu es sûre ? Non parce que je peux aussi te piquer une feuille de salade en guise d’accompagnement.
- La dernière fois que tu as englouti de la verdure remonte à quand ?
- Je pense qu’il faudrait demander à une de mes vies antérieures pour connaître la réponse à ta question.

- C’est dommage, je ne crois pas qu’on ait le temps de tester l’hypnose avant la fin de cette journée.
- Ne prends pas cet air désolé, tu n’y es pour rien.
Un éclair de lucidité traversa l’esprit de Mulder. AAAh si, je me souviens. Lorsque tu étais à l’hôpital, ils t’avaient servi des haricots verts que tu n’as pas daigné toucher. J’avais faim alors… Et entre nous, c’était infect, tu n’as absolument rien raté.
Il se sentit soudain coupable d’avoir évoqué cette douloureuse période alors que l’ambiance était détendue et voulu enchaîner sur un autre sujet mais Scully ne semblait pas avoir été heurtée de quelque manière que ce soit et mâchait toujours aussi avidement sa salade.
- Les hôpitaux ne sont pas les meilleurs endroits pour diversifier ses goûts en matière de cuisine.
- Bah la prochaine fois invite-moi dans un restaurant gastronomique.
- Ca sous-entend que je doive définitivement renoncer au manteau ?

Devant la fausse mine de chien battu de sa collègue, Mulder ne put s’empêcher de répliquer:
- Si d’ici noël j’ai toujours un emploi, je te l’offre. Ou du moins…une des deux manches.
- Ce serait un sacrilège mais marché conclu !

Ils se sourirent et continuèrent leur repas dans la bonne humeur.

- Mais prends au moins un dessert ! Je suis sûr qu’ils font quelques une de ces glaces allégées que tu apprécies tant.
- Si c’est pour que tu me sautes dessus et me l’arrache des mains encore une fois, non merci.
- Nous sommes en public, je pense que je saurai me contenir, du moins, je l’espère.

Tous deux avaient terminé leurs plats et s’apprêtaient à partir quand Mulder avait prétexté qu’un véritable repas ne pouvait se passer de dessert et insistait auprès de sa collègue pour qu’elle en commande un.
Cette dernière s’y refusait obstinément mais Mulder ne l’entendait pas de cette oreille.
- Très bien, comme tu voudras, mais permets-moi de prendre un muffin avec des boules de glace au chocolat, je lorgne dessus depuis qu’on a mis les pieds dans cet endroit.
De cette façon, il espérait la faire céder, en vain.
On apporta bien vite son dessert à Mulder et ce dernier resta ébahi devant l’énorme quantité de chantilly qui recouvrait sa glace. Scully ne put s’empêcher de sourire devant le regard enfantin de son ami. Il ne perdit pas une seconde et en avala une bouchée avec délectation. Il perçut alors le regard envieux de sa collègue et lui tendit sa cuillère.
- On partage.
Celle-ci ne se fit pas prier plus longuement et engloutit à son tour une part de ce savoureux dessert. Chacun leur tour ils piochaient au creux de cet amas de chantilly, se délectant et s’échangeant des regards entendus quant au fait que l’inventeur de la crème glacée ne pouvait être qu’un bienfaiteur universel. Ils en vinrent bientôt à bout et, rassasiés, payèrent avant de retourner à l’air libre.
- Je ne sais pas toi Scully mais après un tel repas, il me sera difficile de trouver de quoi me satisfaire dans mon frigo.
- Mulder, il n’y a jamais rien eu dans ton réfrigérateur…
- Mauvaise langue ! Des bières, il y a des bières.

D’ailleurs, en parlant de ça, hier quand je suis passé chez toi, j’ai pu me rendre compte que la fée du logis que tu es n’avait plus eu le temps de refaire le plein de provisions.
Scully baissa la tête. Elle avait considérablement diminué la quantité et la qualité de ses repas depuis son agression. Elle avait tout simplement perdu l’appétit, jusqu’à..aujourd’hui.
- Je pensais justement passer au supermarché. Tu m’accompagnes ? Demanda-t-elle avec un regard malicieux, sachant à quel point son collègue détestait ce genre d’endroit. A sa grande surprise, il accepta, émettant cependant quelques réserves.
- Un petit supermarché alors, une épicerie, calme, accueillante, et sans une foule de personnes à la caisse.
Scully acquiesça et fit signe à Mulder de la suivre.
- Mais n’en profite pas pour me faire acheter des légumes ! Je ne sais pas les cuisiner de toute manière. Cria-t-il, la jeune femme ayant déjà quelques pas d’avance sur lui.


- Dépose tout ça sur la table.

Mulder et Scully déboulèrent dans l’appartement de cette dernière, les bras chargés de courses. Ils avaient fait vite malgré les jérémiades quasi permanentes de Mulder qui ne comprenait pas comment il pouvait exister autant de marques et de variétés d’un même produit. Pour lui, des petits pains étaient des petits pains, il n’avait que faire de savoir s’ils contenaient plus de glucides que la normale ou s’ils avaient eu le privilège de cuire dans un four à chaleur tournante. Il s’affala dans le canapé de Scully, se plaignant que cette tâche était une des plus difficiles qu’il ait jamais eu à accomplir.
Scully s’afféra quelques minutes dans sa cuisine, histoire de ranger les quelques provisions encore entassées sur la table et vint s’asseoir aux côtés de son ami.
- Bienvenue dans la vraie vie Mulder.
- Ouh-là, je n’appellerai même pas ça une vie. En plus je suis persuadé que l’on a oublié d’acheter quelque chose
.
- Sentiment post-achat tout à fait classique, tu vois que ça commence à rentrer.
Mulder se tourna vers elle et feignit la peur panique. En voyant son visage ridicule, elle étouffa un rire. Mulder soupira d‘aise, cette journée avait été agréable tout compte fait. Son amie avait retrouvé le sourire et tout semblait être rentré dans l’ordre entre eux deux.
Ils restèrent quelques secondes sans rien dire, perdus dans leurs pensées respectives, mais la sonnerie du téléphone vint rompre le silence.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mar 10 Juin - 22:06

Scully décrocha sans tarder.
- Oui, non, oui, je t’assure que ça va. Non maman je ne suis pas seule. Oui il est là.
Mulder sourit, à la seconde où son amie avait répondu, il avait su que c‘était Maggy. Scully avait une manière bien à elle de s’adresser à sa mère. Malgré un ton qui se voulait quelque peu agacé, on ressentait à travers ses paroles tout l’amour et le respect qu’elle lui portait. Il admirait la relation qu’entretenaient les deux femmes. Même si elles se parlaient et se voyaient peu, le lien qui les unissait ne faiblissait jamais. Il éprouvait un grand respect pour la mère de sa collègue, elle n’avait jamais manifesté le moindre sentiment d’antipathie à son égard et ce, même dans les pires moments, contrairement à son fils. Maggy semblait avoir en lui une confiance totale, elle savait qu’il était capable de se dévouer corps et âme pour le bien de Scully et il lui en était réellement reconnaissant.
Scully raccrocha et vint se rasseoir en soupirant. Mulder l’interrogea du regard.
- Elle se fait juste du soucis. C’est…je..j’ai l’impression qu’elle ne me croit pas quand je lui dis que tout va bien. Elle voulait venir ici mais je lui ai dit que tu étais là, ça semble l’avoir rassurée. Si tu savais comme je m’en veux de toutes les frayeurs que je lui fais subir.
- Même si parfois elle peut être anxieuse à l’idée de tout ce qui t’arrive ou ce qui peut t’arriver, je suis convaincu qu’elle est fière de toi, de ce que tu accomplis, de la femme que tu es devenue et elle sait que toutes ces inquiétudes sont le revers de la médaille pour avoir une fille agent du FBI, elle ne doit t’en tenir aucunement rigueur.

Il avait dit ça sur un ton tellement naturel que Scully ne put contenir son amusement.
- Monsieur devient expert en relation mère-fille ?
- Non, mais plus ça va, plus je commence à comprendre la psychologie féminine.
- Tu veux rire ? Aucun homme n’a réussi à percer ce secret jusqu’à ce jour.

- Hum..peut-être suis-je trop présomptueux alors. Mes compétences dans ce domaine doivent seulement se limiter aux femmes de la famille Scully.
- Je ne serais pas si catégorique à ta place. Mais j’en conviens, tu te débrouilles pas mal.

Elle ponctua sa phrase d’un faible clin d’œil et se dirigea vers sa chambre. Mulder n’osa pas la suivre et resta là, seul, dans le salon de son amie, sans savoir que faire ni que dire. Il fallait qu’ils abordent à nouveau l’affaire Peter Jonas, il devait entendre la suite du récit de Scully mais craignait d’assombrir à nouveau l’humeur de sa partenaire.
Elle revint bien vite, tenant un fin classeur entre ses mains.
- Ce sont mes propres recherches concernant Jonas, effectuées avant et après mon enlèvement.
Mulder parut quelque peu surpris.
- Tu veux dire que même après ton agression tu récoltais encore des informations à son sujet ?
- J’avais réellement besoin de comprendre. Je sais que j’aurais dû t’en parler mais j’avais peur que tu me dissuades de poursuivre cette piste. Tout était tellement confus dans mon esprit, je ne savais pas comment te faire percevoir toute l’importance que cela revêtait pour moi. Et plus je me plongeais dans cette faire, plus je coulais avec et…
- Et le reste de ton existence te paraissait lointain et étranger. Tu n’avais plus qu’une seule idée fixe, celle
d’apporter la lumière à tous les recoins sombres de cette histoire.
- Je suis désolée de t’avoir tenu à l’écart je…
D’un signe de main compréhensif, il lui fit signe de se taire. Elle n’avait pas besoin de continuer à s’excuser.
- Et qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ? Pourquoi être finalement venu me retrouver ce matin ?
- Cette nuit, après ton départ, j’ai repensé à toutes ces années, à toutes ces épreuves que l’on a traversées et je me suis rendu compte que j’étais redevable envers toi, que te mettre sur la touche maintenant n’avait aucun sens, que c’était remettre en cause tous les fondements de notre relation, que… Elle se tut et se mordit la lèvre, elle ne pouvait aller plus loin, elle avait la conviction qu’il connaissait tout ce à quoi elle faisait allusion.
Visiblement touché, Mulder la gratifia d’un regard perçant et la contempla quelques secondes. Les traces sur son visage avaient maintenant totalement disparu, ses yeux avaient retrouvé leur éclat d’autrefois, quelques mèches de cheveux lui barraient le visage et il dut contenir sa furieuse envie de les lui replacer derrière ses oreilles. Cette vision le rassura. La voir juste là, toute proche, alors qu’il avait bien failli la perdre lui conférait un sentiment de bien être. Il avait de nouveau confiance en l’avenir, il savait que si elle lui faisait à nouveau confiance alors ils surmonteraient cette épreuve.
- Mulder, hé Mulder ! Je te lis sur ce qu’il y a écrit sur ces pages ou bien tu préfères continuer à rêvasser ?
Mulder sursauta et sans plus tarder proposa à sa collègue de d’abord lui exposer les éléments qu’il connaissait pour qu’elle puisse ensuite compléter ses affirmations. Scully hocha a tête, s’adossa à l’accoudoir de son canapé, remonta ses jambes de manière à être assise en tailleur, et fit signe à Mulder de commencer son récit. Il lui rapporta ce qu’il avait découvert le matin même. Elle ne sembla pas le moins du monde surprise. Tout cela, elle le savait déjà, elle l’avait étudié juste avant de prendre la route qui lui avait malencontreusement fait croiser le chemin de Peter Jonas.
- C’est un homme en quête perpétuelle d’identité. Ajouta-t-elle. Nous ne savons pas qui il l’est et d’où il vient et lui non plus. Lorsque j’étais avec lui dans cette salle, il m’a semblé qu’il m’étudiait. J’avais l’impression qu’il avait le pouvoir d’anticiper mes mouvements et mes pensées, je me comportais selon un schéma type de défense et il avait déjà vu cela avec ses précédentes victimes. J’avais beau me refuser à lui montrer mes faiblesses, je voyais dans son regard qu’il avait la conviction que j’allais finir par me rendre, par craquer. Plus je paniquais et plus cela semblait le rassurer. Il prenait de l’assurance à mesure que j’en perdais.
Mulder buvait les paroles de son amie, imprimant dans sa mémoire chaque mots qu’elle employait, il sentait qu’elle était prête à tout lui révéler. Il n’osait pas l’interrompre, de peur de lui faire perdre le fil de son histoire. Seuls ses regards encourageants lui donnaient suffisamment d’assurance pour poursuivre son récit.
Au moment où il s’est retrouvé assis sur moi, j’ai compris que si je voulais sortir de ce lieu en vie, il fallait que j’agisse le plus vite possible et la seule façon de m’en tirer était de le surprendre. Je connaissais les procédés qu’il avait employés précédemment. J’avais d’abord était surprise par la diversité de ces méthodes mais au fond, elles n’avaient rien d’exceptionnelles. On n’avait jamais eu de difficultés particulières à savoir comment chaque victime avaient été tuées et pour cause, chaque abomination commise avait un précédent. Il n’inventait en rien les faits mais les reprenait. Tu vas peut-être me prendre pour une folle mais j’avais l’impression que chaque meurtre nourrissait son savoir. Il se servait de ce qu’il avait acquis afin d’être toujours plus monstrueux.
Elle fit une pause et Mulder en profita pour lui poser une question.
- Mais comment explique-tu l’état de délabrement dans lequel chaque corps était ensuite retrouvé ?
- Les sévices notés étaient à chaque fois postérieurs à la mort. Il n’avait aucune difficulté à tuer, il savait parfaitement comment s’y prendre. Les premières marques de mutilation ne sont apparues que plus tard, comme si tuer ne lui suffisait plus. Il semblait de plus en plus vouloir s’approprier le corps de l’autre, n’hésitant pas à commettre de véritables boucheries. C’est pour cette raison que j’ai eu le sentiment qu’il étudiait le comportement humain mais également son anatomie. Ce n’était pas seulement de la perversité, c’était aussi une soif d’apprendre, de comprendre. Elle ne put retenir une moue de dégoût.
Mulder dut admettre que toutes ces déduction tenaient véritablement la route. La seule chose qui demeurait toujours un mystère, outre la victoire de Scully sur son adversaire, était le pourquoi de tout cela. Comment un homme pouvait-il être à ce point perdu ou ignorant pour commettre de tels actes ? Qu’est-ce que la vie lui avait fait subir pour faire de lui un individu inhumain, sans conscience, sans connaissance et sans aucune moralité ? Il était clair que cet homme manquait véritablement de points de repère et le seul moyen pour lui de comprendre le monde qui l’entourait avait été de s’en prendre aux personnes le peuplant.
Scully continua, inébranlable:
- C’est comme ça que j’ai compris que quelque chose clochait, qu’il y avait dans le passé de cet homme quelque chose qui dépassait l’entendement.
- Et cela t’a aidé à t’en sortir ?

- Oui et non. Au début cela m’a effrayée, je savais qu’il ne reculerait devant rien, qu’il n’y avait aucun moyen de lui faire entendre raison, mais au final, sa détermination était une faiblesse. J’ai cherché un moyen de le désarçonner à tout prix. Je voulais faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, quelque chose qu’il ne connaissait pas, car je savais que cela ébranlerait tout son savoir dans le domaine de la torture.
Mulder n’y tenait plus.
- Par pitié, Scully, ne me fait pas languir plus longtemps. Qu’as-tu fait ?
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mer 11 Juin - 19:09

- J’ai ri.
Mulder ouvrit grand les yeux et resta sans voix.
- Oui, et il a eu a peu près la même réaction que toi en me voyant..Ce n'était pas un rire nerveux mais un rire qui se voulait le plus franc possible, un rire clair. Je sais que cela peu paraître ridicule voire hors de propos mais je me devais d’avoir une réaction inattendue et le rire dans de telles circonstances lui était assurément méconnu. Il a de suite relâché son étreinte, il paniquait, je voyais tous ses repères s’effondrer autour de lui, il ne comprenait pas ma réaction, jamais il n’avait lu ou entendu quoi que ce soit qui puisse lui dicter l’attitude à adopter face à quelqu'un qui feint le bonheur ou la joie de vivre. J’en ai alors profité pour me lever, j’ai ramassé le couteau qu’il avait laissé choir sur le sol et toujours en riant, je me suis approchée tout près de lui afin d’attraper la clé du cadenas qu’il avait dans sa poche de pantalon. Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dit à ce moment là, mais j’avais des paroles gaies et il demeurait parfaitement immobile. Je me suis donc empressée d’aller ouvrir la porte mais à peine avais-je tourné le verrou que j’ai entendu son pas lourd derrière moi. J’ai tiré la porte à tout vitesse et me suis ruée dans la pièce voisine. Je n’avais pas fait trois pas qu’il me rattrapait et d’un coup de poing dans le ventre, il m’obligea à me retrouver face contre terre. Mon chemisier était ouvert et je peux encore sentir la sensation du carrelage froid et rugueux sur ma peau. Il ne servait plus à rien de rire, j’avais déjà utilisé cette ruse, il la connaissait maintenant, je devais trouver un autre moyen. Je me débattais, tentant d’attraper mon arme que j’avais aperçue posée sur la table toute proche. Il le devina. Un moment je crus qu’il allait s’en saisir pour m’éliminer mais je me suis souvenu qu’il ne tuait plus à l’arme à feu depuis bien longtemps. C’était en quelque sorte un crime trop simple, il avait dépassé ce genre de facilité et était en quête de nouvelles sensations.
Scully ne put réprimer un frisson, ses yeux étaient de nouveau sombres et perdus dans le vague. Mulder ne bougeait pas, muet devant de tels propos. Il s’assura cependant de l’état de sa collègue et de sa capacité à aller plus loin. Elle reprit, déterminée à en finir.
- Il m’a attrapé les chevilles et m’a tiré hors de la pièce. Je ne sais plus combien de temps cela a duré. J’essayais de m’accrocher à tout ce que je trouvais mais je n’avais aucune prise. Il m’a amené dehors, je sentais la terre froide et les cailloux contre mon corps. Arrivé à hauteur de la forêt, il a cessé de marcher et s’est de nouveau agenouillé sur moi. J’ai littéralement hurlé de douleur, tout mon corps avait rougi suite au frottement du sol. J’avais l’impression de n’être plus qu’une plaie géante, mes coupures ne cicatrisaient pas. Le calvaire n’en finissait plus, j’avais le sentiment qu’il durait depuis des journées entières et je n’en voyais pas la fin. Lui, il jubilait. Il avait repris le contrôle de la situation et tout cela lui était familier. Il a approché son visage du mien et…la gorge de Scully se serra, elle avala péniblement sa salive, et c’est là que je l’ai embrassé, lâcha-t-elle dans un sanglot. Elle se leva précipitamment et courut vers la salle de bain. Mulder entendit la porte claquer.

Prise de spasmes et de tremblements, elle déversait tout le contenu de son estomac dans la cuvette. Tout le dégoût et l’horreur de son geste remontaient à la surface. Son diaphragme ne cessait de se contracter, la faisant hoqueter de plus belle. Elle se calma progressivement et se dirigea vers le lavabo. Elle se rinça, voulant faire disparaître la sensation de bile qu’elle avait dans la bouche. Elle entendit Mulder de l’autre côté de la porte, il voulait savoir si elle avait besoin d’aide. Elle ne répondit pas. Elle n’en avait pas la force. Il comprenait, il la laissait seule. Elle se passa de l’eau sur le visage, respira un grand coup et quitta la pièce. Mulder la vit apparaître, blême, les traits tirés, elle avait rarement eu l’air plus épuisé. Il s’approcha d’elle et d’une main au creux du dos, la mena doucement jusqu‘au sofa. Elle ferma les yeux quelques secondes, sa tête reposant contre le dossier du canapé. Mulder lui tendit un grand verre d’eau qu’elle bu d’une seule traite. Elle le remercia et voulut recommencer à conter son histoire mais il l’interrompit.
- Tu sais, si c’est trop difficile, la suite peut attendre, tu…
- Il faut que je le fasse, maintenant, et puis..j’en ai besoin
, le coupa d’elle dans un murmure.
Elle voyait l’air préoccupé de son ami mais elle était proche de la fin, si elle renonçait maintenant, peut-être ne retrouverait-elle jamais le courage de se remémorer toute l’histoire. C’était maintenant ou jamais. Elle s’éclaircit la gorge et replongea dans ses souvenirs.
- Je n’avais pas le temps de réfléchir davantage. Bien que l’idée d’avoir sa bouche contre la mienne me révulsait, je devais gagner du temps, de n’importe quelle manière. Les baisers, il devait connaître, en revanche, je pensais que jamais personne ne lui en avait sciemment donnés, et à juste titre. L’effet de surprise était réussi. Il s’est soulevé, m’a regardée comme si j’étais la bête la plus curieuse qu’il ait jamais vue et est resté bouche bée. J’avais un horrible goût dans la bouche, je sentais encore son haleine se mélanger à la mienne mais j’ai glissé hors de sa portée, m’accaparant encore une fois son couteau. J’ai couru en direction de la maison pour chercher mon arme mais il m’a poursuivi. J’étais las de tout cela. A chaque fois que je l’éloignais de moi, il revenait. Je me suis donc arrêtée et je l’ai attendu, impassible. Il est arrivé en courant vers moi et moins de trois secondes plus tard, il était à terre, son couteau planté dans le ventre. Tout s’est passé très vite, je tenais le couteau dans ma main droite et je savais qu’il n’y avait pas d’autre issue. Je l’ai donc enfoncé dans son ventre, de toute mes forces, sans aucune hésitation et cela me terrifie. Il représentait l’horreur absolue mais je ne peux m’empêcher de penser que tout n’était pas véritablement sa faute. Il n’était pas conscient de ses faits et gestes, il…Mulder, j’ai tué cet homme sans savoir réellement qui il était, je n’étais plus moi-même, mes pensées était engourdie, tout mon corps criait à l’aide, je souffrais comme rarement j’avais souffert et je pensais qu’en me débarrassant de lui tout le mal disparaîtrait. Mais j’ai eu tort, Peter Jonas a quitté ce monde et pourtant je ne peux me détacher de lui, c’est comme s’il me hantait. Il est toujours là, menaçant mes nuits, et a chaque fois que je regarde mes jambes, mes bras, ou même mon bassin, je le sens sur moi.
Les larmes lui brouillaient la vue. Elle s’essuya les yeux et renifla. Mulder prit ses mains dans les siennes, espérant lui transmettre ainsi toute la force qu’il avait en réserve.
- Tu as fait la seule chose que tu avais à faire Scully. Si tu ne l’avais pas neutralisé, tu ne serais peut-être plus là aujourd’hui. Le personnage odieux dans tout ceci, c’était lui, pas toi. Tu as été la plus humaine possible, tu as compris comment il fonctionnait et tu t’en es servi pour survivre. Ce que tu as fait, crois-moi, peu en aurait été capable, ne te juge pas pour cela. Je te promets qu’on va découvrir qui était réellement cet homme, même si c’est dur, tu retrouveras la paix. Tu n’as plus besoin de te battre contre lui, le plus dur est derrière toi, il est loin dorénavant.
La jeune femme se sentait déjà plus légère, elle avait la sensation de ne plus être la seule à porter un tel fardeau. La fin du récit, Mulder la connaissait. Peter Jonas était à terre, Scully l’avait laissé, souhaitant s’éloigner le plus possible de lui. Au début elle avait voulu rejoindre la demeure afin d’appeler les secours mais elle en avait été incapable, la lugubre bâtisse lui rappelant tout ce qu’elle avait subi. Elle avait donc erré dans la forêt, sans réellement savoir où aller. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était partir, oublier toute cette histoire. A bout de force, elle s’était adossée à un arbre et s’était laissé tomber le long du tronc. Elle avait attendu plusieurs heures, repliée sur elle-même, et puis elle avait entendu des voix, dont celle de son collègue. Cela l’avait ramenée à la réalité, elle s’était relevée, avait effectué quelques pas mais la douleur ne lui permettait pas de se déplacer aisément. Elle s’était donc assise et avait attendu qu’on la retrouve, ce n’était alors plus qu’une question de minutes.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Sam 14 Juin - 0:22


Elle reposa brutalement le flacon de somnifères sur sa table de chevet. Non, elle n’en avait pas besoin, elle savait comment cela finirait si elle continuait ainsi, elle devait pallier toute dépendance éventuelle. Mais l’angoisse s’empara d’elle, elle ne pouvait pas se permettre une nouvelle nuit sans sommeil, son corps finirait pas craquer. Elle reprit le flacon entre ses mains et le contempla quelques secondes. La dernière fois, c’était la dernière fois qu’elle se l’autorisait. Mulder s’était proposé de rester encore cette nuit là mais elle avait refusé. Ils avaient déjà passé une bonne partie de la journée ensemble. Elle avait besoin de son espace et lui aussi. Elle lui avait raconté toute l’histoire, il fallait maintenant qu’il encaisse la nouvelle, il avait sûrement besoin de réfléchir, de penser, de se retrouver au calme chez lui. Elle souleva la couverture et se glissa dans son lit avec ravissement. Elle était épuisée, elle priait pour qu’aucun cauchemar ne vienne à nouveau assombrir sa nuit. Elle ferma les yeux et se laissa totalement gagner par la fatigue.

Avait-il bien fait de la laisser seule ? Il savait que les nuits de son amie allaient encore être difficiles pendant quelque temps, il avait l’expérience de ces choses là. Elle avait beau se montrer forte, elle ne pouvait contrôler les images qui hantaient son inconscient. Il lui avait fait jurer de l’appeler en cas de besoin mais doutait qu’elle le fasse réellement. Il s’affala dans son canapé en repensant à toute cette histoire. Il ne savait plus si continuer à enquêter sur Peter Jonas était une bonne ou une mauvaise idée. Il n’était pas du genre à abandonner sans connaître toutes les réponses mais se faisait de soucis pour la résistance de Scully. Il alluma sa télévision d’un geste machinal et resta là plusieurs heures, se demandant quelle piste suivre pour élucider cette affaire.

Sa respiration était saccadée, elle était en sueur, elle peinait à calmer son rythme cardiaque. Contrairement à ce qu’elle avait cru, elle n’y arrivait pas. Le fait d’avoir tout raconté à Mulder ne l’avait pas aidée à trouver la paix. Peter Jonas s’était encore infiltré dans ses pensées. Elle se releva et alla boire un grand verre d’eau. Son regard se posa sur le téléphone. Elle savait qu’elle n’avait qu’un mot à prononcer pour qu’il vienne. Elle attrapa le combiné mais le reposa avant d’avoir composé le numéro. Pas cette nuit, il était déjà 3h30. Elle reverrait Mulder dans la matinée, à la première heure, pour travailler. En attendant, elle devait trouver quelque chose pour occuper son esprit. Elle s’installa devant son ordinateur et chercha pour la énième fois tout ce qu’elle pouvait sur Peter Jonas. Elle avait déjà tout lu, tout emmagasiné, mais cela virait à l’obsession. Il fallait qu’elle l’autopsie et pour cela elle devait trouver un motif valable. Vers 5 heures, ses yeux commencèrent à piquer. Elle se prit le visage entre les mains et resta quelques minutes sans bouger avant d’aller prendre une douche et de partir rejoindre les locaux du FBI.


- Depuis quand je ne suis plus le premier arrivé ?
Mulder n’était qu’à moitié surpris de trouver sa collègue ici à une heure si matinale.
- Hum..ça roulait bien ce matin.
- Tu m’étonnes, les gens normalement constitués sont encore devant leur petit déjeuner à écouter la radio.

Il ne lui demanda pas comment avait été sa nuit, la regarder suffisait à lui donner la réponse. Et elle ne l’avait pas appelé, bien entendu…
- Je vais chercher du café, tu en veux un ? Lui proposa-t-il.
- Ce ne serait pas de refus, je te remercie.
Mulder quitta la pièce et Scully en profita pour s’étirer de tous ses membres. Elle était engourdie et avait la tête lourde. Elle s’empara ensuite du dossier qui était devant ses yeux et en commença la lecture. Il s’agissait des résultats du test ADN effectué sur Peter Jonas. Elle eut soudain une intuition et se dirigea vers l’ordinateur le plus proche.
Lorsque Mulder revint, il trouva sa collègue dans un tel état d’excitation qu’il crut un moment qu’elle avait déjà ingurgité une quantité non négligeable de caféine.
- J’aurais peut-être dû prendre des déca…
Scully ne releva pas la remarque et s’empressa de lui faire un rapport de ses découvertes.
- L’ADN de Peter Jonas, ce n’est pas le sien !
- Tu pourrais être plus explicite, je..
- C’est un faux ! Je veux dire, le résultat de son test PCR est déjà référencé comme appartenant à un certain Walter Burgen.
- C’est peut-être une erreur du labo.

- C’est ce que je croyais, donc je les ai appelés, d’ailleurs entre parenthèses, nous ne sommes pas les seules à travailler à cette heure-ci. Ils m’ont bel et bien assurée que le test avait été effectué à partir d’un échantillon de cheveux de Peter Jonas mais ils vont le refaire par mesure de sécurité. Cependant, si le résultat trouvé est le même que le précédent, cela voudra dire que l’échantillon prélevé est faux et il faudra en prendre un autre et pour cela, déterrer le corps de Peter Jonas !
- Et tu auras ton autopsie…

Le manque d’enthousiasme de son collègue n’échappa pas à Scully.
- Mulder ? Tu es avec moi sur cette affaire ou.. ?
- Oui non, je.. excuse-moi, je réfléchissais simplement à une chose. Peter Jonas peut tout aussi bien être Walter Burgen. Ca expliquerait le manque d’information que nous avons à son sujet.
- C’est exact. Sauf que Burgen est en vie et qu’il travaille actuellement dans un centre de recherche génétique de Virginie.
- De génétique ?
Mulder était de plus en plus intéressé.
Scully était fière de son petit effet, ils avaient enfin une piste.
- Je vais appeler sa secrétaire pour prendre rendez-vous dans la journée. On peut bien lui rendre visite, on n’a rien à perdre.
- Et je vous suivrai agent Scully.
Déclara Mulder amusé par le regain d’énergie de la jeune femme. Tiens ton café ! Bien que je pense que ça ne sois plus tellement indispensable.
Elle le saisit et le remercia avant d‘ajouter:
- Bon maintenant on a une heure pour convaincre Skinner du bien fondé de nos recherches.
- Oh à ta place je ne m’inquiéterai pas pour ça. Dans le pire des cas-tu te mets en congé maladie et moi je prends quelques jours de vacances dans le but d’apporter un soutien à ma partenaire et on enquêtera de manière officieuse, ce ne serait pas la première fois, cela passera comme une lettre à la poste.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Sam 14 Juin - 18:48

- A droite ! Mulder, je te dis que c’est à droite !
- Mais c’était un sens unique.
- Tu es sûr que l’on parle de la même droite ?
- Tu es sûre d’avoir le plan de la bonne ville ?
- Ok, trouve un endroit pour faire demi-tour ou laisse moi ici, je vais continuer à pied.

Cela faisait dix minutes qu’ils se chamaillaient en tentant de trouver le lieu de travail de Walter Burgen.
- On peut toujours demander l’itinéraire à un passant.
- Mais bien sûr, deux agents du FBI qui demandent leur chemin, on aurait l’air de quoi ?
- De deux personnes perdues.
- Nous ne sommes pas perdus Mulder, tu as juste du mal à tourner à temps.

- Bon bon bon, dis moi où il faut que j’aille maintenant toi qui connais si bien les lieux.
Scully replongea le nez dans sa carte en maugréant.
- Reprends à gauche, ça devrait rejoindre.
Mulder s’exécuta sans rechigner et un quart d’heure plus tard tous deux mirent les pieds hors du véhicule.
- Tu vois, ce n’était pas si compliqué que ça !
La jeune femme leva les yeux au ciel. Des fois elle se demandait comment elle faisait pour le supporter.

Ils entrèrent dans un grand bâtiment dont le hall d’entrée s’étendait sur des dizaines de mètres carrés. Mulder se dirigea d’un pas rapide et assuré vers l’accueil et se présenta, ainsi que sa collègue. On leur donna des badges visiteurs avant de leur indiquer le bureau de Monsieur Burgen au cinquième étage. Scully fut la première à entrer dans l’ascenseur et lorsque les portes se refermèrent elle eut du mal à contenir son impatience. Il y avait des caméras de sécurité dans tous les coins et Mulder ne parvenait pas à être à l’aise. Il n’aurait su dire pourquoi mais ce lieu ne lui inspirait aucune confiance. Une femme les attendait à la sortie de l’ascenseur et les mena dans une salle d’attente d’une blancheur et d’une propreté telles que Mulder se demanda si on n’allait pas bientôt leur faire prendre une douche de décontamination avant de les autoriser à franchir une nouvelle porte. Ils restèrent dans cette pièce dix minutes sans mot dire, s’échangeant seulement des regards entendus sur l’étrangeté du lieu. Avant de venir ils avaient eu le temps de recueillir bon nombre d’informations sur Walter Burgen ainsi que sur le centre de recherches pour lequel il travaillait. L’homme avait une soixantaine d’années et était bardé de diplômes. Dès la fin de ses études il avait été embauché dans l’entreprise et ne l’avait jamais quittée. Inutile de préciser qu’il en était maintenant un des piliers. N’ayant ni femme ni enfant, il semblait avoir voué toute sa vie à son travail. Le gouvernement avait été très intéressé par ses recherches en génétique et entretenait avec lui un partenariat particulier qui rendait la plupart de ses travaux top secrets.
Un homme d’allure massive entra à son tour dans la pièce et fit signe à Mulder et Scully de le suivre. Tout se déroula dans le plus grand des silences, seuls les talons de Scully émettaient un son qui résonnait dans les étroits couloirs sans fins. Arrivé devant une porte en fer, l’homme frappa et obtint la réponse qu’il souhaitait. Il ouvrit et Mulder et Scully s’engagèrent dans la pièce, sans trop savoir où aller. De grandes étagères de livres recouvraient les quatre murs et un immense bureau en bois trônait au centre de la pièce.
- Je vous en prie, asseyez-vous.
Mulder et Scully se retournèrent en sursautant. Un homme en blouse blanche se tenait derrière eux. Il les contourna sans même leur tendre la main en signe de politesse et alla s’asseoir derrière le bureau.
- Monsieur Burgen ? Nous sommes les agents Mulder et Scully du FBI, nous aurions voulu vous poser quelques questions. S’empressa d’annoncer Mulder
- Je sais qui vous êtes, mais je ne vous attendais pas si tôt. L’homme semblait irrité. Il n’avait pas pour habitude d’être dérangé dans ses recherches en pleine journée mais n’avez pu refuser le rendez-vous.
Scully se lança à son tour.
- Monsieur, connaissez-vous le nom d’un certain Peter Jonas ?
Burgen demeura impassible, hochant seulement la tête en signe d’affirmation.
- Comme la plupart des citoyens se tenant au courant de l’actualité de ce pays.
Mulder essayait d’analyser le regard de cet homme froid mais des lunettes aux verres opaques ne lui permettait pas de capter la lueur de ses yeux.
- Vous ne l’avez jamais rencontré ou vous ne connaissez pas une personne qui aurait été en contact avec lui ?
- Vous savez, mes recherches et la criminologie n’ont aucun point en commun. Puis-je savoir pourquoi cela vous intéresse-t-il ?
Mulder et Scully ne pouvait lui cacher plus longtemps ce qui avait motivé leur visite et lui contèrent donc l’histoire de l’ADN.
La bouche de Walter Burgen se contracta légèrement et il mit quelques secondes avant de reprendre la parole.
- Et vous n’avez même pas attendu la confirmation définitive du labo avant de venir à ma rencontre ?
- Nous sommes vraiment navrés de vous déranger de la sorte mais cette affaire est d’une grande importance et nous n’avions pas de temps à perdre.
Répondit Mulder que l’agressivité de son interlocuteur commençait à énerver.
- D’une grande importance ? Il est mort non ? Je pensais que le dossier avait été classé.
Scully prit le relais.
- Il ne sera pas totalement classé tant que des éléments resteront en suspens.
Monsieur, pouvez-nous nous dire en quoi consistent vos recherches exactement ?

- Je n’ai aucun compte à vous rendre quant au contenu de mes travaux. Je n’en ai ni le droit ni l’envie. Alors si vous voulez bien m’excuser, j’ai une expérience qui m’attend
.
Sans leur laisser le temps de répliquer il se leva et alla ouvrir la porte qui menait à la sortie. Mulder tenta une dernière approche mais l’homme resta sourd à toute sollicitation. Ils prirent donc congé et un vigile les escorta jusqu’à la sortie.
Une fois dans la voiture, Mulder se tourna vers sa collègue.
- Je ne sais pas toi mais j’ai de plus en plus envie de retourner dans ce lieu la nuit pour voir ce que ça cache.
- Mulder, cet endroit est encore plus surveillé que le Pentagone.
- Nous aurons juste besoin des longunmen, tu ne crois pas que..
- Il est inutile de prendre des risques inconsidérés pour l’instant. Attendons déjà la confirmation du test ADN et après nous aviserons
.
La journée touchait à sa fin et la jeune femme était épuisée. Mulder voyait bien qu’elle peinait à garder les yeux ouverts. Il décida de la reconduire jusque chez elle. Lorsqu’il se gara devant l’immeuble de la jeune femme celle-ci s’était endormie, la tête légèrement penchée sur la droite. Il coupa le contact, ne sachant pas s’il devait la réveiller ou non mais, ouvrant les paupières, elle ne lui permit pas de se poser la question plus longtemps. Elle se pencha et posa sa main sur la poignée de la portière et le remerciant de l’avoir déposée et le salua.
- Oh oh oh, pas si vite. Si nous voulons mener cette opération commando dans le laboratoire de Burgen il faut que tu sois au mieux de ta forme et pour cela, tu as besoin de faire une nuit complète. Or, je te rappelle que ça fait des semaines que ça n’est pas arrivé et quelque chose me dis que ce ne sera pas non plus pour aujourd’hui.
Scully soupira et s’adossa à nouveau au siège passager.
- Et ? Où veux-tu en venir ? Tu as découvert un moyen infaillible de parer aux cauchemars ?
- Ce moyen il se pourrait que ce soit moi !
Scully le regarda suspicieusement.
- Je n’ai pas la force de jouer aux devinettes.
- Tu as oublié ce que je t’ai dit l’autre jour ? Tu ne te débarrasseras pas de moi et cette nuit, je m’invite chez toi, que tu le veuilles ou non, cela ne se discute pas.
- Et que comptes-tu faire ? M’assommer à chaque fois que j’ai le malheur de me réveiller ?
- Tu ne crois pas si bien dire.

La jeune femme haussa un sourcil, surprise. Mulder rit avant de lui intimer l’ordre de sortir de cette voiture et de rejoindre son appartement au plus vite. La nuit venue, il pourrait mettre son plan à exécution.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Sam 14 Juin - 21:12

- Scully tu n’aurais pas quelque chose qui pourrait me faire office de pyjama par hasard ? Et j’entends par là un tee-shirt ou une chemise d’homme…
- Hum, attends une minute.

Scully disparut dans sa chambre, laissant Mulder en plan au milieu du salon. Elle revint quelques minutes plus tard, tenant fièrement un tissu pouvant s’apparenter à un tee-shirt masculin datant des années 70.
- Mais d’où sors-tu cette horreur ?
Sur fond noir on pouvait lire en grande écriture orange une phrase vantant les louanges de la paix, le tout entouré de couleurs vives et de fleurs multicolores.
- Souvenir de jeunesse.
- C’était à toi ?

- Non pas du tout c’était…peu importe ! Je pense qu’il t’ira.
Devant la mine déconfite de son ami, elle ne put s’empêcher d’ajouter:
- J’ai le caleçon assorti si jamais tu le souhaites. Je ne te l’ai pas proposé plus tôt mais comme je vois que tu accroches vraiment avec le style je pense que…
- Le caleçon ? Scully, dis-moi qui a osé porter cela avant moi !

La jeune femme haussa les épaules, elle n’avait visiblement pas le cœur à en dire plus pour l’instant.
- Je dois t’avouer qu’il m’arrive encore de le porter, l’été, pour dormir, et quand je suis sûre que je ne risque pas d’être dérangée en pleine nuit. Autant dire que depuis qu’on se connaît je ne l’ai plus mis une seule fois.
Mulder contempla de nouveau le tissu avec effarement.
- Alors si je m’attendais à trouver quelque chose de ce type chez toi ! Je le prends, c’est mieux que rien. Enfin non, rien ce serait mieux mais je ne tiens pas à ce que tu me jettes dehors pour atteinte à la pudeur. Il ponctua sa phrase d’un sourire charmeur qui eut pour effet d’arracher un soupire d’exaspération à sa collègue.
- Je t’ai aussi mis une couverture sur le canapé. Je te préviens, il n’est pas du tout confortable mais c’est toi qui tiens tant à dormir ici alors…
- Ca ira. Bon, ma tenue risque de jurer avec la couleur de ton canapé mais je ne suis plus à un détail esthétique près.
- Bonne nuit Mulder.
Scully tourna les talons, visiblement pressée de retrouver son lit.

La soirée s’était déroulée dans le calme. Ils avaient dîné puis avait échangé quelques mots sur l’enquête quand les bâillements de la jeune femme les avait obligés à remettre leur conversation au lendemain. Mulder se dirigea vers la salle de bain, prit une douche et enfila le tee-shirt en n’en croyant toujours pas ses yeux puis, après une minute d’hésitation, se décida à essayer le caleçon en se jurant de penser à prendre des vêtements de rechange la prochaine fois. Il prit ensuite possession du canapé et passa une bonne heure à zapper de chaîne en chaîne avant de se décider à dormir. A peine avait-il fermé les yeux que ce qu’il redoutait arriva. Il entendit du bruit dans la chambre de son amie. Sans tarder, il se leva, frappa doucement à la porte et entendit sa collègue, qui, d’une voix étouffée, l’assura que tout allait bien. Nullement convaincu, Mulder entra dans la chambre. Scully alluma la lumière et ne put retenir un cri de surprise.
- Oh mon dieu, dîtes moi que je suis encore en train de rêver ! Mulder, tu t’es vu dans un miroir ?
Mulder baissa les yeux, il en avait presque oublié son accoutrement
- Content que ça te plaise. Tout en disant cela il s’était assis au bord du lit de la jeune femme. Son regard se dirigea alors vers les nombreuses boîtes de somnifères. Scully le vit et para à toute question éventuelle.
- Je n’en ai pas pris cette fois, et puis, ça ne m’aide pas beaucoup.
- Toujours le même cauchemar ?

Elle acquiesça. Il remonta alors à sa hauteur et s’installa à côté d’elle dans le lit.
- Mulder ? Je peux savoir ce que tu fabriques ?
- Je t’aide à dormir.
- Comment ça ? En me privant de la moitié de mon lit ?

Il lui attrapa alors une main et l’obligea à le regarder dans les yeux.
- Je mets simplement mon plan a exécution. J’espère qu’avec quelqu'un tout près de toi, tout ce qu’il y a de dérangeant dans ton esprit n’aura pas l’occasion de faire surface durant le reste de la nuit.
- Et j’imagine que cela n’est pas discutable.
- Bien, on dirait que cela commence à rentrer
.
Ils se sourirent et Scully s’installa de nouveau sous les draps. Mulder lui, préféra rester au-dessus de la couverture et éteignit la lumière.
D’une voix faible sa collègue l’interpella:
- Mulder ?
- Oui ?
- C’est ton tee-shirt qui risque de me faire faire des cauchemars.
- C’est un moyen détourné pour me faire comprendre qu’il faut que je l’enlève ?

Scully grommela
- Bonne nuit. Et j’espère que tu ne ronfles pas trop.
Mulder s’allongea à son tour et se laissa bercer par la respiration régulière de son amie.

Cela faisait maintenant plus de deux heures qu’elle dormait à poings fermés et Mulder s’autorisa enfin à rejoindre le pays des songes quand soudain il sentit que Scully commençait à s’agiter. Doucement, il se rapprocha d’elle et lui déposa une main sur l’épaule en signe d’apaisement. Elle se tourna alors complètement vers lui et se blottit au creux de son épaule. Il déposa un léger baiser sur son front et l’encouragea à se rendormir en murmurant. Il l’entendit sangloter et l’entoura alors de ses bras. Elle ne dit plus rien et il sentit son corps se décontracter progressivement. Il ne relâcha pourtant pas son étreinte et finit par s’endormir, enlaçant son amie.

La lumière du jour fit irruption dans la pièce, forçant Scully à ouvrir les yeux. Elle mit quelques secondes à comprendre d’où venait le souffle qu’elle entendait. Collée à Mulder, elle contempla son visage paisible. Elle n’avait pas pour habitude de le voir si proche et si calme. Elle le regarda avec un sourire tendre. Dès qu’il l’avait prise dans ses bras tout était devenu plus facile. Elle s’était laissé aller au sommeil, sans aucune résistance, et plus rien n’était venu la déranger. Elle dut s’avouer qu’elle ne pensait pas qu’il était possible de dormir aussi bien dans les bras de quelque un. Elle referma les yeux, voulant encore profiter de ce moment paisible durant quelques instants mais Mulder se réveilla à son tour. Elle lui sourit et lui chuchota un bonjour à l’oreille pour ne pas le brusquer. D’une voix encore endormie il lui demanda si elle avait bien dormi, ce à quoi elle répondit affirmativement en l’assurant qu’il ne ronflait pas le moins du monde.
- Et Scully ?
- Oui Mulder ?
- Quelle heure est-il ?

Ils n’avaient toujours pas changé de position, profitant mutuellement du corps de l’autre pour se réchauffer.
- Je ne sais pas, tu me caches le réveille.
Mulder se retourna alors à contrecoeur.
- Tu ne vas pas me croire.
Elle leva alors la tête et lut les chiffres inscrits avec étonnement.
- 9h45 ??? Mais je n’ai pas dormi aussi tard depuis…
- Depuis que tu me connais ?
- C’est à peu près ça oui.
Répondit-elle d’un air amusé.
- Le tee-shirt que je porte était donc destiné aux grasses matinées ?
- Disons qu’il les encourageait. Bon, je vais préparer le petit déjeuner. Tu veux quelque chose en particulier ?
- Tu fais des pancakes ?

Scully l’assomma d’un coup de coussin.
- Désolée, je ne me suis pas munie du kit de la parfaite femme au foyer.
Elle intercepta le coussin avant que Mulder ne lui renvoie en plein visage et se leva. Il ne tarda pas à en faire autant, désireux de quitter au plus vite ce tee-shirt qui, à la lumière du jour, paraissait d’encore plus mauvais goût.

Elle se resservait une deuxième tasse de thé quand elle entendit son collègue l’appeler de la salle de bain.
- Scully tu n’aurais pas vu ma chemise ?
Elle observa les alentours et un seul regard lui suffit pour découvrir la chemise de son collègue posée sur le rebord du canapé.
- Si. Tu veux que je te l’apporte ou bien tu as assez d’autonomie pour marcher jusqu’au salon ?
Cinq secondes plus tard il passa devant elle torse nu, un tantinet gêné.
- C’est que j’étais persuadé de l’avoir prise avec moi alors..
Il l’enfila et la boutonna avec empressement. Scully se surprit à l’observer par-dessus sa tasse. Elle avait oublié ce que c’était que d’avoir de la compagnie au réveil et dut s’avouer que cela lui avait manqué.
- J’ai fait du café aussi si tu veux.
Elle lui tendit une tasse qu’il attrapa tout en s’asseyant.
- Avec tout ce que j’ai dormi je n’en ai pas forcément besoin mais c’est proposé si gentiment.
- Oui et puis j’espère bien ne pas l’avoir préparé pour rien. Avec la journée qui nous attend, ce n’est pas du luxe.

Mulder but une gorgée et admit que cela lui faisait du bien.
- Tu as décidé de nous faire rencontrer un autre chercheur antipathique ?
- Quelque chose dans ce goût là. Je vais me préparer. En attendant, fais comme chez toi.

Sur ces derniers mots, elle quitta la pièce mais fit cependant rapidement demi-tour.
- Oublie mes dernières paroles, tu es chez moi donc je ne veux pas de crayons au plafond et si tu veux jouer au basket, épargne ma table basse. Quoique je n’ai pas de ballon donc la question ne se pose même pas…
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Lun 16 Juin - 17:52

- Toujours rien ?
- Absolument rien. Je viens à nouveau de téléphoner au labo et ils m’ont assurée nous avoir faxé le compte rendu des analyses mais je n’ai rien reçu.
- Et ils n’ont pas une copie quelque part ?
- Il y a quelque chose qui cloche Mulder, tout cela manque de logique. Comment un laboratoire du FBI peut-il égarer des preuves ou même faire disparaître tous les détails concernant un criminel assassiné ? Ils m’ont dit ne plus avoir d’échantillon en réserve et la seule chose à ma disposition est ce rapport d’autopsie qui pourrait être celui de n’importe quelle autre victime.

- Je crois que tu tiens ton permis d’exhumer. Même mort, on se doit de conserver des traces des caractéristiques de Peter Jonas, ne serait-ce que si on découvre un autre cadavre dont il aurait pu être le bourreau.
- Je vais faire la demande de ce pas mais cela ne me dit rien qui vaille, des personnes plus puissantes qu’on ne le soupçonnait sont peut-être derrière tout ça.

Mulder dut admettre qu’elle avait raison. Apparemment certains étaient prêts à tout pour ne pas que l’on découvre l’identité de Peter Jonas, même à trafiquer des données confidentielles.
- Le plus surprenant c’est que personne n’ait relevé ce détail avant nous.
- Peter Jonas est mort et enterré, l’affaire a été classée, plus personne ne semblait et ne voulait se préoccuper de cette histoire, le coup a donc pu être fait dans la plus grande discrétion.

La matinée s’achevait et Mulder et Scully étaient de nouveau à pied d’œuvre, voulant découvrir au plus vite le fin mot de l’affaire mais plus le temps passait, plus l’histoire s’épaississait, apportant avec elle son lot d’interrogations et de doutes.

Dans l’après-midi ils purent enfin se rendre sur la tombe de Peter Jonas. La pelleteuse dégagea bien vite le cercueil et Mulder s’avança vers lui, une main sur le visage, afin de l’ouvrir. Scully resta en retrait. Elle avait besoin d’un peu plus de temps pour se préparer à ce qu’elle allait voir. Son agresseur, l’homme à qui elle avait ôté la vie et qui l’avait fait souffrir le martyre était étendu là. Elle ne savait plus si elle serait capable de revoir son visage ou du moins ce qu’il en restait après des semaines passées sous terre. Mulder jeta vers elle un regard inquiet et d’un signe de tête elle lui assura qu’il pouvait soulever le couvercle. Elle ne put cependant s’empêcher de tourner la tête lorsqu’elle entendit le grincement du bois.

- Il est vide ! La voix de Mulder s’éleva dans le silence du cimetière et sonna comme une véritable sentence.
Scully le rejoignit en courant pour s’assurer qu’elle avait bien entendu. Rien, il n’y avait aucune trace d’un quelconque corps. Stupéfaits, ils mirent quelques secondes avant de reprendre leurs esprits. La jeune femme fit ensuite demi-tour sans émettre le moindre son et retourna dans la voiture. Mulder ne tarda pas à la suivre et s’installa au volant.
- Tu peux m’assurer qu’il était bel et bien mort lorsque vous l’avez retrouvé dans le bois ? Demanda-t-elle à la fois inquiète et agacée.
- Parfaitement mort Scully, nous étions des dizaines d’hommes autour de lui, il n’y a aucun doute possible.
- Et tu étais là lorsqu’ils ont pris le cadavre pour l’amener à la morgue ?
- Non, je…non, j’étais avec toi dans l’ambulance.

- Donc tu n’as pas vu qui est venu chercher le corps ?
- Le dispositif mis en place était vraiment important. Tu crois que quelqu'un de mal intentionné aurait pu l’intercepter ?
- Je ne sais pas Mulder, je ne sais plus. Tout cela paraît tellement…dingue, j’ai l’impression que cela nous dépasse, que nous n’arriverons jamais à y voir clair, que plus on avance moins on en sait.
Sa voix était montée d’un cran, elle commençait à paniquer. Je veux en finir une fois pour toutes, j’ai peur de ne plus pouvoir tenir encore longtemps. Elle baissa la tête pour cacher ses yeux embués de larmes de découragement.
Mulder déposa sa main sur l’avant-bras de son amie et d’une voix rassurante lui rappela qu’ils avaient encore un moyen d’en apprendre davantage et ce moyen se nommait Walter Burgen. Le test ADN trouvé à son nom ne pouvait plus être une malheureuse coïncidence. Cet homme était impliqué d’une manière ou d’une autre et ils ne tarderaient pas à le démasquer.
Quelque peu rassurée, Scully tourna son visage vers son collègue et le gratifia d’un faible sourire.
- Nous devons éplucher tout ce qui concerne cet homme Mulder. Articles de journaux, documents officiels, tout. On en aura sans doute pour une bonne partie de la soirée voire de la nuit.
- Bien, ça te fera une nouvelle occasion de me servir ton merveilleux café
.


Un nombre incalculable de pages de journaux s’étalaient sur la table de cuisine de Scully. Elle en avait déjà parcouru une bonne partie sans pour autant y trouver quoi que ce soit d’intéressant. Mulder fit son apparition dans la pièce, de retour de son appartement avec en prime de la nourriture chinoise à emporter.
- Et voici le ravitaillement !
Scully s’empressa de le débarrasser et, affamée, se jeta sur son repas.
- Et bien, on dirait que parcourir des années d’archives du bureau, ça creuse.
- Tu ne crois pas si bien dire, et encore, il y en a encore une quantité non négligeable à consulter sur internet.
Mulder s’assit à son tour et se plongea sans plus tarder dans la lecture des précieux documents.

La fatigue ne tarda plus à se faire ressentir. Cela faisait plus de deux heures et demie qu’ils collectaient des informations qui de toute évidence ne leur seraient d’aucune utilité particulière. Walter Burgen était un scientifique reconnu et admiré pour l’ensemble de son travail. Les écrits à son éloge ne manquaient pas mais ils ne s’éloignaient jamais vraiment du cadre professionnel. C’était en somme un homme mystérieux qui semblait exercer un contrôle rigoureux sur tout ce qui l’entourait ou le concernait. Alors que l’espoir de mettre la mains sur des informations sortant de l’ordinaire s’amenuisait, Mulder poussa un cri de surprise. Il brandit la page d’une revue scientifique datant de 1974 et s’approcha de Scully pour qu’elle puisse lire le texte qui s’y trouvait.
« Le professeur Walter Burgen est arrivé ce matin en compagnie de son fils afin de» Elle n’alla pas plus loin, trop effarée pour continuer.
- Un fils ?!
- Scully si c’est vrai, cela voudrait dire que..

- Ca ne voudrait absolument rien dire du tout Mulder, ne nous emballons pas. Ce n’est peut-être qu’une mauvaise interprétation du journaliste ou..
- Ou Walter Burgen entretenait des rapports particuliers avec un jeune garçon. Plus loin il est mentionné que ce « fils » se passionnait de biologie et l’aidait dans ses recherches.

- Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi seul cet article parle de lui. Il y a une photo ou un nom ?
- Rien du tout mais la personne qui l'a écrit est peut-être encore joignable aujourd’hui et pourrait nous renseigner.
- Si tant est qu’elle s’en souvienne, elle a dû écrire des centaines d’articles avant et après celui-ci.

- A mon avis, quelqu'un qui rencontre Walter Burgen s’en rappelle toute sa vie, que ce soit en bien ou en mal…
-Hum..espérons que tu ais raison. Il me reste encore quelques pages à consulter, peut-être nous en apprendront-elles davantage.

Cette récente découverte les motiva à nouveau et leur donna suffisamment d’énergie pour venir à bout de toutes les archives qui ne leur permirent cependant pas d’étayer la thèse d’un hypothétique fils.
La nuit était maintenant bien entamée et Mulder ne put réprimer un bâillement qui n’échappa pas à l’œil averti de Scully.
- C’est étrange comme plus on dort plus on est fatigué. Parvint-il a articuler entre deux mouvements incontrôlés de sa mâchoire.
- Ce n’est pas étrange, c’est simplement ton corps qui…
- Stop ! Scully, à n’importe quel autre moment je serai prêt à écouter la passionnante explication scientifique relative à ce phénomène mais pour l’heure je crois que mon cerveau même s’il l’écoutait ne parviendrait pas à la comprendre.

La jeune femme n’osa pas lui demander où il avait prévu de dormir cette nuit-là. Au fond d’elle-même elle espérait qu’il resterait mais la situation la mettait mal à l’aise. Son ami semblait au contraire avoir davantage d’assurance.
- Heureusement pour toi, et pour moi, cette fois j’ai pensé à tout.
Il souleva fièrement un sac contenant quelques uns de ses effets personnels.
- Oh, je ne te connaissais pas si prévoyant.
- A croire que cela vient avec l’âge. Ou alors ton cher tee-shirt de jeunesse m’a définitivement donné une leçon.

Scully se pencha pour ranger les derniers dossiers se trouvant sur la table et partit ensuite dans la salle de bain. Quand elle en ressortit, elle trouva son collègue assis sur son lit, un énorme sourire lui barrant le visage.
- Tu verrais ta tête Scully, on dirait que tu viens de voir CGB Spender dans ta baignoire. Quoique ce n’est pas très flatteur pour moi.
Il tentait de rendre la situation la plus naturelle possible. Il était convaincu que s’il restait avec son amie cette nuit-là, alors elle dormirait encore d’une seule traite mais il ne savait pas de quelle manière l’aborder sans avoir l’air de lui imposer sa présence. Après tout, il lui demandait de l’accepter dans son propre lit, ce qui n’était pas rien et pouvait être mal perçu. En aucun cas il ne voulait provoquer un quelconque malaise entre eux. Scully se ressaisit et marcha dans sa direction.
- Avoue que tu ne supporterais pas de passer cinq minutes de plus couché dans mon canapé. Le début de la nuit précédente a eu raison de toi.
- Tu sous-estimes les capacités d’adaptation de mon dos.
Il fit une pause et ajouta:
Dois-je comprendre que vous m’acceptez en ce lieu agent Scully?
- A choisir entre toi et les somnifères, je préfère encore avoir moins d‘espace dans mon lit.
- Parfait, n’oublie pas d’enclencher ton réveille, ça me manque de ne plus être le premier debout pour travailler.

Tout en disant cela il se leva et partit se changer. Scully en profita pour se glisser sous les couvertures et ferma les yeux. Elle l’entendit revenir dans la pièce mais ne fit pas le moindre mouvement. Elle se sentit puérile et honteuse mais elle ne savait pas de quelle façon se comporter et l’ignorance semblait être la solution la plus simple. Mulder se coucha à son tour, se demandant si elle dormait réellement. Un tant soit peu embarrassé, il ne chercha pas à croiser le regard de la jeune femme et éteignit rapidement la lumière. Bien que fatigué, il ne parvenait pas à garder les yeux fermés. Scully était anormalement silencieuse, preuve qu’elle aussi était toujours éveillée. La tension était palpable, chacun préférant se taire plutôt que faire un geste en direction de l’autre. Le remords commença a envahir Mulder. Il se tenait près d’elle afin qu’elle puisse dormir en toute tranquillité mais sa présence la rendait nerveuse et il devinait que comme pour lui, bon nombre de pensées devaient se bousculer en ce moment même dans l’esprit de la jeune femme. Que devait-il faire ? S’approcher encore davantage d’elle et la prendre dans ses bras comme il l’avait fait la nuit précédente ou bien rester en retrait et se faire le plus discret possible ? Pour la première fois depuis bien longtemps il eut l’impression de ne plus rien contrôler, de ne plus être à la hauteur. Il était comme tétanisé, ne sachant plus ce qu’il était bon ou juste de faire. Le contact d’une main contre la sienne le fit sortir de sa torpeur. Il tourna la tête de côté et le visage de sa collègue le regardant intensément fut la première et seule chose qu’il vit. L’éclairage public s’immisçant dans la chambre il pouvait clairement percevoir le contour de sa figure mais aussi les reflets roux de ses cheveux et l’intensité du bleu de ses yeux. Cette vision le subjugua. Il ne bougea pas d'un centimètre, se contentant de la contempler droit dans les yeux. Elle s’approcha alors un peu plus, comme poussée par une force inconnue, elle avait l’intime conviction qu’elle ne se sentirait bien qu’une fois contre le corps de cet homme. Elle posa sa tête contre son torse, lentement, doucement, comme si elle voulait se faire la plus légère possible et ferma les yeux, calme, apaisée. Mulder remonta le drap jusqu’aux épaules de la jeune femme, lui prouvant ainsi qu’il approuvait totalement son action. Scully se laissa bercer par les mouvement régulier du thorax de son ami. Elle respirait son odeur et se sentait parfaitement sereine.
L’avoir tout contre lui était une des sensations les plus chères à Mulder. Il pouvait la sentir bouger, respirer et s’assurer que rien de dangereux ne pouvait lui arriver. Son sentiment d’affection pour elle était décuplé. Elle était la femme la plus admirable qu’il ait jamais rencontrée et il ne cessait de s’étonner qu’elle soit restée à ses côtés durant toutes ces années. Elle méritait tellement plus, elle méritait tout ce qu’il y avait de meilleur dans ce monde. Sa main se mit alors à vagabonder dans le dos de la jeune femme, il la caressait tendrement. Scully émit un petit gémissement et changea de position. Mulder crut qu’il était allé trop loin ou qu’il l’avait réveillée mais fut rassuré lorsqu’elle cala sa tête contre sa clavicule. Toujours plus proche, Scully recherchait inlassablement le contact de son ami. Elle avait besoin de lui, c’était un besoin vital, elle n’avait jamais ressenti ça auparavant, chaque moment passé loin de lui semblait terne comparé à ceux passés en sa compagnie. Il était la seule personne capable de lui ôter cette carapace qu’elle se construisait afin de se protéger, la seule personne capable de lire en elle comme dans un livre ouvert. La manière qu’il avait de prendre soin d’elle la touchait bien plus qu’elle ne voulait l’avouer. Alors que le silence régnait en maître dans la pièce, elle lui murmura un faible « merci » au creux de l’épaule. En guise de réponse, Mulder lui caressa le visage et déposa un doux baiser sur sa joue. Ils s’endormirent tous deux dans une incomparable sensation de bien-être.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mar 17 Juin - 17:24

Le son d’une douce mélodie presque imperceptibe vint lui titiller les oreilles. Elle se demanda d’abord d’où elle pouvait bien provenir puis la réalité des faits se rappela à elle. Enquête, réveille, travail, Mulder, Mulder… Elle ne se trouvait plus contre lui mais, mi-surprise, mi-attendrie, elle réalisa que durant la nuit leurs doigts s’étaient entremêlés. Il émergea à son tour du pays des songes en émettant un petit grognement.
-Mais c’est quoi cette musique Scully ? Une chance qu’on ait le sommeil plutôt léger, au moins tu ne risques pas de réveiller les voisins.
- Ce n’est que la radio et à vrai dire, cela faisait tellement longtemps que je ne m’en étais pas servi que j’ignorais avec quoi nous serions tirés de notre sommeil.
- Rha, du Elvis ! Ca, ç’aurait présagé d’une bonne journée. Non pas que celle-ci s’annonce particulièrement mauvaise.
Tout en prononçant ces mots il roula sur le côté de manière à apercevoir sa collègue sans avoir besoin de tourner la tête. Elle avait eu la même idée au même moment si bien qu’ils se retrouvèrent parfaitement face à face, leurs fronts se touchant presque.
- Eh bien, on a évité de peu la collision.Souffla Mulder.
Scully ne répondit rien. Le regard perdu dans le vague, songeuse, elle semblait être partie à des milliers de kilomètres. Leurs mains étant toujours liées, d’une petite impulsion du pouce, Mulder la fit redescendre sur Terre.
- Je, j’étais juste en train de penser à… Elle se tut quelques secondes, hésita, puis continua: ton tee-shirt de la nuit précédente me manque.Elle feignit une petite moue de tristesse ce qui fit littéralement fondre Mulder.
- S’il n’y a que ça qui puisse te faire plaisir, je te promets d’envisager la possibilité de le porter la nuit prochaine.
Son visage se ferma subitement. Il venait de réaliser la portée de ses dernières paroles et à en juger l’expression qu’affectait son amie, elle aussi n’y était pas restée insensible. Combien de temps pourraient-ils continuer ce jeu de l’ambiguïté ? Cette situation s’était naturellement instaurée mais ce type de rapprochement ne pouvait demeurer éternellement sans conséquences. Leurs regards se croisèrent, s’interceptèrent, s’accrochèrent. La crainte, la peur, le doute, mais également une nouvelle lueur pouvant s’apparenter au désir d’aller plus loin y était lisible. Ils retenaient leur souffle, chacun essayant d’anticiper les mouvements et les réactions de l’autre. Seuls quelques centimètres restaient à franchir pour que leur relation prenne une toute nouvelle direction, un seul petit geste qui pouvait s’avérer être le plus important de toute leur histoire commune. Ils avaient parfaitement conscience de se trouver à un tournant de leurs existences, un tournant qu’ils ne pouvaient prendre seuls, sans l’accord de l’autre. La crainte de perdre tout ce qu’ils avaient réussi à construire durant toutes ces années dominait leurs pensées. Mais tout ceci n’était-il pas simplement dans la suite logique des choses ? D’une simple collaboration professionnelle était née une profonde amitié, d’abord basée sur le respect, puis sur l’admiration, elle avait ensuite mué en un rapport de confiance absolue et indéniable. Leurs liens n’avaient cessé de se consolider, bien plus que de simples amis, ils étaient devenus le point de repère de l’autre, sa référence. Ils faisaient partie intégrante de l’autre, absolument rien ne pouvait les séparer. Indissociables, complémentaires, ils se connaissaient mieux que personne et, plus que de l’entraide, il s’était créée une véritable dévotion entre eux. Il ne manquait plus qu’une seule chose pour que leur relation soit parfaite mais elle symbolisait tout ce qu’ils s’étaient toujours refusé, l’abandon total, l’appartenance indéfectible à l’autre.
Mulder pencha la tête de quelques millimètres, entièrement absorbé par le scintillement des yeux de Scully. Cette dernière retint son souffle. Ne pensant plus à rien, elle voyait uniquement le visage de son ami s’approcher inexorablement du sien. Elle était pétrifiée et, après un moment qui lui sembla durer une éternité, elle sentit ses lèvres effleurer les siennes. Elle ne réagit pas, fermant simplement les yeux pour mieux savourer ce contact de quelques secondes. Elle devina alors qu’il s’éloignait mais garda les paupières closes. Elle avait peur de croiser son regard, peur de ce qu’elle pourrait y lire, peur de la réaction qu’elle pourrait avoir. Il avait fait le premier pas, c’était à elle d’effectuer le deuxième mais elle ignorait de quelle façon. Son visage se contracta et elle déglutit péniblement. Elle entendit alors Mulder se lever. Il quittait le lit. Elle se devait de le retenir, ce qu’ils avaient tous les deux craint étaient en train de se dérouler. Elle avait été incapable de répondre à ses attentes. Peut-être était-il déjà en train de penser qu’il avait fait le mauvais choix. Elle s’arma de courage, se releva et tendit son bras vers lui, lui attrapant le coude pour l‘obliger à lui faire face. Il se tourna alors vers elle et ce qu’elle lut sur son visage la bouleversa. Elle se mordit la lèvre. Comment avait-elle pu hésiter tout ce temps ? Elle ne résista pas plus longtemps et lui entoura le visage de ses deux mains avant de déposer à son tour un doux baisers sur ses lèvres. L’accord était enfin scellé. Ils ne savaient pas encore exactement dans quoi ils s’embarquaient mais ils y allaient en toute connaissance de cause et surtout, sans aucun regret. Elle voulut s’éloigner mais, ayant glissé sa main sur sa nuque, Mulder l’attira à nouveau vers lui. D’une volonté commune, leurs bouches se rencontrèrent, le contact se fit plus intense, plus long. Le désir s’empara d’eux, leur langues se cherchèrent, désireuses d’entrer en terrain inconnu. Ils se laissèrent aller à ce que leurs corps leur dictait et finirent par se séparer, front contre front, forcés de reprendre leur souffle.
Le besoin de parler était absent, leurs actions l’avaient fait pour eux. Scully se blottit dans les bras protecteurs de Mulder et ce dernier la serra avec tout l’amour et l’affection dont il était capable. La jeune femme se mit alors à lui embrasser le cou, remontant ainsi jusqu’à sa bouche qu’elle captura une nouvelle fois, tentant de faire durer l’instant le plus longtemps possible. Entre deux baisers enflammés Mulder parvint à articuler:
- L’heure, on va encore être..
Il ne put finir sa phrase, trop accaparé par les assauts de celle qui pour l’heure occupait la totalité de ses pensées.
A contrecoeur, Scully rompit le contact.
- Mhmm, tu as raison, je..on aura bien le temps de reprendre ça plus tard.
- Oh, pour ça, tu peux compter sur moi.
Il l’embrassa une dernière fois avant qu’elle ne mette les pieds hors du lit, lui chuchota que cela valait bien toutes les chansons d’Elvis réunies et, main la main, ils sortirent de la chambre, le bonheur illuminant leurs figures respectives.


- Décédé depuis trois ans, pas d’héritiers, pas de famille proche et ses biens ont été dilapidés.
Encore dans une impasse, Scully ne put contenir sa frustration. L’auteur de l’article qui avait fait naître tant d’espérance pour la suite de l’enquête n’était plus de ce monde et toutes ses connaissances semblaient avoir disparu avec lui.
- Je crois qu’une petite visite nocturne du lieu de travail et pourquoi pas du domicile de Walter Burgen est désormais bien plus qu’envisageable.
Bien qu’effrayée par cette idée, la jeune femme ne pouvait nier que c’était là leur unique et dernière chance.
- J’en ai déjà touché deux mots à Langly. Ils passeront chez moi en début d’après-midi afin de mettre le plan au point. Ils sont vraiment motivés à nous aider et puis, ce n’est pas le travail qui les étouffe en ce moment.
Scully resta muette. Elle savait ce que ce genre d’expédition impliquait. Ils allaient prendre un véritable risque. Ils n’avaient même pas pris la peine de songer à demander un mandat, sachant par avance qu’il leur serait refusé et si par malheur Burgen apprenait qu’ils avaient toujours des soupçons quant à son implication dans l’affaire, alors il n’hésiterait pas à faire disparaître sans tarder tout ce qui pourrait le compromettre, enterrant à jamais la vérité.

- Mulder, quel que soit le plan prévu, nous irons ensemble. Il est hors de question que je reste dehors à attendre ou à faire le guet pendant que tu seras en train de risquer ta peau.
Il déposa ses mains sur les hanches de sa partenaire et elle encercla son cou de ses bras.
- C’est d’accord, et puis, il se pourrait bien que tu me sois indispensable. Il l’embrassa furtivement et ajouta: comme toujours…
Ils se séparèrent à regret et quittèrent les locaux du FBI pour rejoindre l’appartement de Mulder, emportant avec eux tous les documents et le matériel pouvant leur être d’une aide potentielle.
Au cours du trajet ils ne cessèrent de se jeter des regards en biais. Ils flirtaient ouvertement, tels deux adolescents essayant de séduire l’autre. Ils avaient conscience de l’absurdité de leur comportement mais cela les amusait.
- Scully, nos trois amis risquent de rester des heures en notre compagnie, tu crois qu’on parviendra à se contrôler pendant tout ce temps ?
- Tu doutes de mon professionnalisme ? Mulder on a bien réussi à tenir pendant sept ans alors, une journée de plus ou de moins…
- Raison de plus pour ne pas en perdre une seule minute !
Il se sentait empli d’une énergie toute nouvelle et voulait profiter de la vie à pleine dent. Il avait rarement était aussi heureux, Scully était pour lui une véritable bouffée d’oxygène. Il la trouvait d’ailleurs radieuse, plus éblouissante que jamais. Personne n’aurait pu croire que seulement quelques jours auparavant elle souffrait de terribles insomnies suite aux tortures qu’elle avait subies.
Non, décidément, l’amour leur allait bien. L’amour..il se répéta ce mot plusieurs fois dans sa tête. Cela sonnait étrangement, il était loin d’être un romantique, Scully aussi d’ailleurs, et pourtant, ce qu’ils vivaient avait tout d’une idylle passionnelle, certes entrecoupée d’une histoire de crimes sanglants mais non moins réelle et intense.
- Mulder ? Oh Mulder, il serait peut-être temps de couper le contact tu ne crois pas ? A moins que tu ne veuilles redémarrer mais dans ce cas là, je te conseille fortement d’appuyer sur la pédale.
Elle l'observait, un sourire en coin. S’ils voulaient que l’enquête aboutisse, ils devraient faire un effort pour être moins distraits.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mer 18 Juin - 23:41

Plans, cartes, papiers divers, appareils de mesure et surtout ordinateur dernier cri recouvraient le bureau de Mulder. Bien que les trois compères soient des as dans l’art du piratage informatique, l’accès aux données du centre de recherche génétique s’avérait être une tâche plus ardue que prévu.
Scully tournait en rond, essayant de dissimuler au mieux son impatience. Ils avaient réussi à mettre la main sur le plan de l’intérieur du bâtiment mais celui-ci leur avait également montré que pas un seul centimètre n’était épargné par les caméras de surveillance. Une parade était donc nécessaire afin de les désactiver les unes après les autres sans éveiller les soupçons des gardiens de nuit. Outre ce problème majeur, les laboratoires de recherches et les bureaux étaient protégés par des codes d’accès dont les combinaisons possibles se comptaient par milliers.
Mulder et Scully assistaient, impuissants, à l’excitation disproportionnée des Longunmen. En effet, plus la tâche se corsait, plus leur taux d’adrénaline montait. Pour eux c’était un véritable jeu, un immense défi à relever. Scully soupira, dépitée. Son scepticisme revenait à la charge. Les chances de trouver une solution lui semblaient quasi nulles. Mulder lui, plus confiant, n’hésitait pas à questionner les trois hommes sur l’avancé de leurs recherches environ toutes les deux minutes.

Six heures et des dizaines de faux espoirs plus tard, Frohike lâcha un "eurêka", signe de leur délivrance à tous.
Il ne leur restait plus qu’à établir un plan d’action précis, en tenant compte des rôles et des positions de chacun. Mulder et Scully s’introduiraient à l‘intérieur, non pas par l’entrée principale mais par une gaine d’aération débouchant à la base du bâtiment. Leur itinéraire devait être calculé en fonction des déplacements potentiels des gardes. Par mesure de prudence, chaque caméra se trouvant au dessus d’une porte ne pouvait être éteinte plus de trente secondes. Il leur faudrait jouer avec le temps et désactiver les systèmes d’alarme.

Vers 21h30, la préparation toucha enfin à sa fin. Frohike, Langly et Byers rangèrent tout leur matériel puis proposèrent à Scully de la raccompagner jusqu’à chez elle en attendant la mise à exécution de leur projet le lendemain soir. Cette derniere jeta un coup d’œil furtif à Mulder, lui faisant comprendre qu’elle ne pouvait refuser. Exposer le statut réel de leur relation n’était pas envisageable pour le moment. C’était encore trop frais dans leur esprit pour le partager avec qui que ce soit. Il voulait que cela reste personnel, ça ne concernait qu’eux et eux seuls.
- Bien entendu, je…je vous suis.
Elle attrapa sa veste et avant qu’elle ne franchisse la porte à la suite des trois hommes, Mulder la retint.
- Scully si jamais tu…
Elle déposa sa main contre son torse en signe d’acquiescement. Il n’avait pas besoin d’en dire davantage.
- Je sais Mulder, je t’appelle. Murmura-t-elle.
Elle s’empressa ensuite de sortir, jetant un dernier regard empli de tendresse vers son partenaire.

Allongée dans son lit, elle faisait tournoyer le téléphone dans ses mains depuis plusieurs minutes maintenant. Il lui manquait. Elle se sentait stupide, ridicule, mais c’était un fait, se retrouver à nouveau seule dans cette chambre la dérangeait. Elle tenta de se raisonner. Elle ne voulait pas ressembler à ces femmes qui ne peuvent dormir sans la présence de leur compagnon. Indépendante, elle n’avait pas peur de la solitude alors pourquoi ressentait-elle ce vide, ce besoin de l’avoir tout prêt d’elle, de le toucher, de l’embrasser ? Non, elle devait résister, la dépendance à un homme était un sentiment qui l’horrifiait. Oui, mais les autres femmes n’allaient pas passer la nuit suivante à chercher ce qu’il avait pu advenir du cadavre d’un monstrueux personnage. Elle n’osait se l’avouer mais elle avait peur, peur que tout ne se déroule pas comme prévu, qu’un événement vienne gâcher des journées qui promettaient d’être bien plus belles. Sans réfléchir plus longtemps, elle composa le numéro de Mulder. Il décrocha instantanément.
- Mul..
- J’arrive de suite !

Elle sourit au son de sa voix enjouée.

Quelques minutes plus tard la jeune femme entendit la porte de son appartement s’ouvrir. Il avait fait vite. Ses pas se rapprochaient de sa chambre. Elle ne bougea pas et n’alluma pas une seule lampe. Après tout, il connaissait le chemin maintenant.
Un mauvais pressentiment naquit soudainement en elle. Les pas semblaient plus lourds, plus hésitants que ceux qu’elle connaissait, comme s’il ne savait pas exactement où aller. Sans plus attendre, elle sauta hors de son lit et se rua sur sa commode afin d’attraper son arme. Tout à coup, la porte de la pièce s’ouvrit avec fracas et la lumière jaillit. Elle tourna la tête et ce qu’elle vit la glaça d’horreur. Elle ne pouvait en croire ses yeux, était-elle encore en train de faire un mauvais rêve ? Massif, le teint cireux, les vêtements sales, Peter Jonas se tenait debout devant elle, la contemplant avec haine et délectation.
La jeune femme était comme paralysée, ses affreux souvenirs qui commençaient juste à s’estomper lui revinrent en mémoire. Elle brandit son arme vers ce terrifiant intrus mais celui-ci n’en sembla pas le moins du monde dérangé. Il s’avança vers elle, doucement, la regardant avec lubricité. Il était hors de question qu’elle fasse un pas en arrière, elle avait un avantage sur lui, il lui suffisait de tirer. Cependant, elle s’y refusait. Elle ne pouvait l’abattre sans avoir les réponses aux dizaines de questions qu’elle se posait. La mystérieuse réapparition de son assaillant représentait peut-être une chance d’éclaircir toute cette affaire. Elle le menaça alors clairement de son arme, lui ordonnant de se retourner et de mettre les mains en l’air. L’homme ne lui obéit pas, trop occupé à la dévisager. Il la mettait terriblement mal mais elle tentait de camoufler sa gêne. Elle effectua alors une petite pression sur la gâchette ce qui eut l’air de désarçonner son adversaire. Ils étaient parfaitement immobiles, face à face, seul le bruit de leurs respiration était perceptible.

Mulder monta les marches quatre à quatre, pressé de la retrouver. Son appel lui avait mis du baume au cœur, il l’avait tant espéré que lorsque le téléphone avait finalement sonné il s’était rué dessus, abandonnant tout ce qu’il était en train de faire. Arrivé devant sa porte il ne put s’empêcher de froncer les sourcils, elle n‘était pas verouillée. Peut-être Scully lui avait-elle ouverte présageant qu’il allait oublier ses clés. A peine avait-il fait trois pas dans l’entrée qu’un coup de feu le fit sursauter. Il se précipita sans plus tarder dans la chambre de la jeune femme et ne put retenir un cri de surprise. Peter Jonas ! Même de dos il l’avait immédiatement reconnu. Accroupi, se tenant le pied, il déversait un flot continu de paroles haineuse à l’encontre de Scully. Cette dernière n’en semblait pas le moins du monde offensée, elle s’en contrefichait, tout ce qu’elle souhaitait était de le neutraliser sans pour autant lui ôter la vie. Lorsqu’il entendit les pas de Mulder dans la pièce, Peter Jonas le fixa intensément, à la fois déconcerté et avide de vengeance. Scully ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit et avec l’aide de Mulder, elle le menotta. Ils le firent ensuite s’asseoir sur une chaise et se mirent à l’interroger après avoir appelé des renforts.
Scully fut la première à lui poser une question:
- D’où venez-vous ?
Elle avait ce ton menaçant qui d’habitude impressionnait ses interlocuteurs. L’homme ne dit mot. Mulder passa à la charge.
- Où étiez-vous durant ces dernieres semaines ?
Devant le manque de réaction du criminel, il se mit à le fouiller sans aucun ménagement.
- Tiens donc, une carte de visite. Vous faites dans les mondanités maintenant ?
Il lut l’inscription à haute voix: "Professeur Walter BURGEN, Institut de recherche de.. " Scully lui arracha le carton des mains, voulant s’assurer que tout ceci était bien réel. Ses yeux s’enflammèrent, elle sentit la colère monter en elle et ordonna à Peter Jonas de leur révéler comment et pourquoi il connaissait cet homme.
- Vous étiez bien plus sympathique lorsque vous m’embrassiez. Je n’ai cessé de repenser à cette étreinte, quel dommage qu’on n’ait pu aller plus loin. Déclara-t-il, un sourire malsain sur le visage.
Mulder sortit de ses gonds, il ne pouvait supporter davantage d’offense à l’égard de Scully. Il allait le frapper violemment au visage lorsqu’une horde d’agents du FBI débarqua dans l’appartement.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Jeu 19 Juin - 20:58


Avec ses murs clairs, meublées seulement d’une table en ferraille et d’une chaise, cette salle d’interrogatoire ressemblait à n’importe quelle autre, ce qui différait ici c’était l’étrange trio présent à l’intérieur: Une femme de petite taille au regard froid mais déterminé et assuré dont la hauteur des talons méritait le plus grand des respects, un grand brun dont les expressions du visage trahissaient à la fois l’inquiétude et le soulagement et enfin, un homme à la stature ogresque et menaçante sur lequel était portée l’attention des deux autres. Ce dernier, guère coopératif, ne cessait de fixer la jeune femme avec colère.
Mulder prit Scully à part et se pencha vers son visage, de sorte que Peter Jonas n’entende pas ce qu’il avait à lui dire.
- Je ne suis pas sûr que ta présence ici soit très judicieuse, je veux dire, sans..
Scully le fusilla du regard. Elle lui attrapa le bras et le traîna hors de la pièce.
- Mulder, j’ai autant le droit que toi de l’interroger et je te rappelle que je le connais mieux, je sais quels sont ses points faibles et comment le faire parler.
- Le problème n’est pas là Scully. Ecoute, il t’a séquestrée et alors que tu le croyais hors d’état de nuire, il s’est introduit chez toi. Tu entretiens un rapport avec lui très particulier, celui d’une victime et de son geôlier, et dans ces circonstances, je ne suis pas certain qu’une nouvelle confrontation à lui te soit profitable.
- Tu me crois incapable d’être objective ? De faire la part des choses ?
Elle ne pouvait davantage contenir son agacement, elle avait l’impression qu’il la sous-estimait.
- Je t’en prie, ne le prends pas mal, si je dis ça c’est simplement pour t’éviter de..
Elle le coupa, ne souhaitant pas en entendre davantage.
- Fin de la discussion Mulder. Nous le questionnerons tous les deux, comme nous l’avons toujours fait, cet homme nous l’avons arrêté alors Peter Jonas ou non, nous devons faire notre boulot !
- Tu vois comme tu perds ton sang froid ?! Tu es trop impliquée Scully, tu..
Elle bouillonnait intérieurement, cette fois ç’en était trop. Sans même lui adresser un dernier regard, elle fit volte face et claqua violemment la porte qui les séparait du reste du monde. Mulder resta là, pantois, les bras ballants, encore sous le choc de la fougue dont Scully avait fait preuve. Il fallait qu’il la rattrape, qu’ils s’expliquent, tout ce qu’il voulait c’était pour son bien, pour s’assurer de sa sécurité. Néanmoins, il avait des obligations, celle de boucler au plus vite cette enquête et pour se faire il devait retourner auprès de Peter Jonas, espérant que la colère de sa partenaire s’apaiserait d’elle-même.

Enfin à l’air libre, Scully respira un grand coup. Le jour se levait à peine, ils avaient passé le reste de la nuit à compléter des rapports et à faire des dépositions pour enfin avoir l’opportunité d’interroger eux-mêmes le prisonnier et tout ça pour quoi ? Pour que Mulder la mette sur la touche ! Elle savait pertinemment qu’il avait fait cela sans méchanceté aucune mais elle ne voulait pas être surprotégée. Elle avait la sensation que les événements des derniers jours allaient bouleverser leur façon de travailler et elle s’y refusait. Elle fonça vers sa voiture et enclencha le moteur. Si elle ne pouvait seconder Mulder alors elle règlerait cette histoire par ses propres moyens !

- Je suis Dana Scully du FBI, merci de me conduire immédiatement auprès du Professeur Burgen !
Elle avait roulé jusqu’au centre de recherche et, plus déterminée que jamais elle s’était jetée sur la personne qui tenait l’accueil.
- Je suis désolée, il ne reçoit aucune visite à une heure si matinale..
- Vous ignorez donc ce que ceci signifie ?
Elle lui mis encore une fois son insigne sous le nez.
- FBI ou pas, il…
- Vous entravez une enquête fédéral, vous risquez de très..

Ses paroles heurtèrent quelque peu son interlocutrice.
- Je vais demander à..je vous demande un instant..
Elle laissa Scully seule devant le comptoir. Cette dernière n’avait pas la patience d’attendre, après tout, elle connaissait le chemin. Elle se rua dans l’ascenseur en priant pour que personne ne l’attende à la sortie, mais ce fut peine perdue. Une véritable armoire à glace se tenait devant elle.
- FBI. Il faut absolument que je voie Monsieur Burgen, c’est une affaire urgente.
L’homme parut quelque peu décontenacé.
- Je vous assure, je sais où le trouver, alors si vous voulez bien me laisser la voie libre.
Ne sachant que faire, le vigile l’escortant jusqu’au bureau du professeur. Elle toqua faiblement à la porte et entra sans même attendre de réponse. Il se tenait assis derrière son bureau, le nez dans des dizaines de papiers.
- Agent Scully ? Je peux savoir ce que vous…
- J’ai un mandat contre vous, nous possédons des preuves alors je vous conseille de coopérer sinon..
- Mais comment ? Pourquoi ?
S’enquit-il à la fois paniqué et furieux.
- Peter Jonas. Répondit-elle simplement.
Elle s’approcha de lui et lui pointa son arme dans le dos afin de le menotter. Elle avait conscience de la gravité de ses actes mais son mensonge tenait la route et il était maintenant trop tard pour faire machine arrière. La rage s’empara d’elle, elle se sentait prête à tout pour en finir. La dernière fois qu’elle avait connu ce sentiment remontait à sa confrontation avec le meurtrier de sa sœur. En dehors de la vérité, plus rien n’avait d’importance. Elle ordonna ensuite à Walter Burgen de lui ouvrir les portes de son laboratoire. Il s’exécuta sur le champ, impressionné par l’intransigeance de la jeune femme.

Elle n’en croyait pas ses yeux, devant elle s’étendaient des centaines de tubes à essai, répartis selon leur contenu mais aussi leur ancienneté. Fouiller cette pièce prendrait probablement plusieurs jours entiers. Toujours tenu en joug par Scully, Burgen n’osait faire un pas, lui qui se croyait protégé il avait la sensation que tout son monde s’écroulait, que cette femme était en train de profaner un domaine qui lui appartenait. Il ne pouvait se laisser faire sans combattre. Il reprit soudainement ses esprits, dépassé et pris de court, il en avait oublié l’essentiel.
- Et ce mandat, puis-je le voir ?
Scully blêmit, elle avait su que tôt ou tard elle devrait rendre des comptes mais elle s’était laissé emporter par l’excitation et la colère, ne mesurant pas toute l’impacte de ses paroles.
Elle tenta de garder son calme.
- Je..
- Agent Scully ??!!

D’un mouvement brusque elle se retourna et, dans l’enceinte de la porte, aperçut Skinner, aussi surpris qu’elle de la voir en ce lieu.
- Monsieur ? Mais que..que faites vous ici ?
- Ce serait à moi de vous poser la question. J’ai reçu un appel de l’agent Mulder me disant d’envoyer une équipe ici au plus vite mais il n’a nullement mentionné votre présence.
La jeune femme baissa la tête, elle repensa aux derniers mots qu’elle avait échangé avec son partenaire avant qu’ils ne se séparent: qu’elle perdait son sang froid.. Encore une fois, il avait vu juste et cela l’agaçait. Elle rangea son arme avec dépit et deux hommes vinrent encercler le professeur en lui expliquant qu’il était en état d’arrestation. L’homme se mit immédiatement à hurler à Scully qu’elle allait payer pour ce qu’elle lui avait sans aucune autorisation et qu’il ne manquerait pas de porter plainte auprès de sa hiérarchie. Elle ne trembla pas d’un poils, résignée et résolue à accepter n’importe quelle punition du moment que cet individu se retrouve derrière les barreaux et crache le morceau.
Ne voulant pas perdre une seconde de plus elle se rua sur l’ordinateur personnel de Burgen dans l’espoir de rassembler des pièces du puzzle mais Skinner l’intercepta.
- Agent Scully, je me vois dans l’obligation de vous suspendre de vos fonctions. Vous n’aviez aucun droit d’arrêter cet homme, aucun droit de faire irruption chez lui de la sorte, alors à moins que vous me montriez des preuves justifiant vos agissements, je me verrai dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires, même si je vous avoue que ce ne sera pas de gaîté de cœur.
Elle lui déballa alors toute l’histoire, de l’ADN à la carte de visite, en ayant parfaitement conscience que c’était un peu léger comme chef d’inculpation. Son supérieur l’écouta avec attention avant d’affirmer avec raison qu’elle avait fait d’un suspect un coupable.
- Et j’en suis parfaitement désolée, ajouta-t-elle, mais je ne me suis pas trompée non ? Puisque vous êtes ici, vous…
La sonnerie de son téléphone l’interrompit. D’un signe de tête, Skinner lui indiqua qu’elle pouvait répondre. C’était Mulder, elle dérocha en soupirant.
- Scully c’est moi, je..
- Tu as fait envoyer des hommes chez Burgen et tu es en ce moment même sur le chemin mais tu voulais passer chez moi pour que je t’accompagne.
- Mais comment tu..

- La première partie je la connais parce que je suis en ce moment même face à Skinner et la deuxième, parce que je te connais.
- Ne bouge pas, je te rejoins dans quelques minutes.

Ils raccrochèrent. Comprenant qu’elle ne pourrait rien faire de plus en restant ici, Scully décida d’aller l’attendre sur le parking. Des dizaines d’agents s’afféraient autour des biens du professeur Burgen, elle espérait qu’ils soient assez compétents pour ne pas passer à côté d’informations essentiels.

Lorsque Mulder descendit de sa voiture elle courut vers lui, soulagée d’enfin voir un visage ami. Toute trace de ressentiment à son égard s’était volatilisé. Elle avait eu tout le temps de réfléchir et s’en voulait d’avoir eu un comportement aussi radical.
Timidement, elle sonda son regard afin de le déchiffrer. Rassuré, elle lui sourit faiblement.
- Mulder, je..
Il déposa son index sur la bouche de la jeune femme pour la faire taire.
- S’il te plaît, écoute ce que j’ai à te dire avant de me mordre. Il retira ensuite son doigt et enchaîna : Je sais qu’on a des choses.. personnelles à se dire mais pour l’instant il y a cette enquête et..
- Et toi qui a encore le droit de mettre les pieds à l’intérieur du bâtiment alors je te conseille d’y foncer.
- Pardon ??

- Longue histoire, Skinner t’en touchera deux mots mais en résumé, je suis momentanément suspendue de mes fonctions pour m’être jetée un peu trop violemment sur Burgen.
Mulder ne savait pas s’il devait se montrer surpris, fier, ou amusé. Scully mise à pied lui paraissait aussi invraisemblable que lui respectant le règlement. Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer.
- Mulder, cet homme est un scientifique, il doit forcément avoir noté quelque part avec minutie le rapport de tous ces travaux. Si tu pouvais mettre la main dessus et le ramener en douce pour que je puisse y jeter un œil, je…
- Tu me demandes d’intercepter une preuve et la plus importante qui plus est ? J’ai décidément une mauvaise influence sur toi…

Les joues de Scully se colorèrent.
- Ce serait juste pour…je ne veux pas être tenue à l’écart.
Mulder la rassura d’une caresse sous la joue.
- Tu ne le seras pas, tu peux avoir ma parole. Je vais trouver un moyen.
- Merci..et file avant que je ne te saute dessus pour t’embrasser, ce qui serait une très mauvaise idée étant donné le nombre de personnes du bureau dans le secteur. J’ai déjà fait assez de dégâts pour la journée
.
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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Ven 20 Juin - 15:25

Scully était assise dans leur bureau du sous-sol du FBI, contemplant depuis bien trop longtemps à son goût l’immuable «  I want to believe » du poster de Mulder. Elle attendait son retour impatiemment, sursautant au moindre bruit pouvant s’apparenter à des pas dans le couloir. Mais que faisait-il donc ? L’après-midi ne tarderait pas à toucher à sa fin. Mulder lui avait raconté de quelle façon il avait convaincu Peter Jonas d’arrêter de nier l’implication de Walter Burgen dans l’affaire, ou plutôt, comment il lui avait fait cracher le morceau. Il avait tenté d’atteindre le côté affectif de l’être abominable. Dans son profil, Mulder avait établi que Peter Jonas ne pouvait se passer des autres, même s’il les tuait ensuite. Il recherchait le contact humain coûte que coûte. De ce besoin de se confronter aux humains il avait fait une faiblesse. Mulder lui avait conté un aperçu de ce que serait sa vie future s’il ne disait rien. Une vie de solitude, de retranchement, dans une prison quelconque, enfermé sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il lui avait dépeint un tableau pire que la mort, lui assurant qu’il ne recevrait aucune visite, condamné à demeurer à jamais entre quatre murs. Il noircissait les faits à l’excès si bien que Jonas craqua, hurlant que Burgen l’avait sauvé une fois alors il le pourrait une deuxième. Il s’en était ensuite mordu les doigts mais le mal ou plutôt, le bien, était fait. Suite à cette déclaration il n’avait pas été plus loquace mais cela avait été suffisant pour déployer une équipe d’investigation chez le chercheur.

- Tu l’as ?!!
Scully se leva d’un bond et arracha un disque de données que Mulder tenait entre les mains. Elle l’introduisit dans l’ordinateur sans même attendre que son collègue ne lui délivre une quelconque information. Elle trépignait pendant que le chargement s’effectuait et laissa échapper un cri de satisfaction lorsque les premières écritures apparurent sur l’écran.
- Scully tu me laisses une petite place pour que moi aussi je puisse lire tout ça ou bien tu préfères que je reste là, à te contempler ? Non pas que ce soit désagréable mais niveau utilité…
Elle le dévisagea, honteuse de son comportement et se décala de quelques centimètres pour qu’il puisse s’installer à ses côtés.
- J’ai l’impression d’être toi Mulder.
- Pourquoi ? Parce que tu prends toute la place ?

Elle secoua la tête, amusée.
- Non, ce côté impulsive, parfois irréfléchi…
- Je dois prendre ça pour un compliment ?

Elle fit mine de réfléchir.
- Mhmm, si nous en sommes où nous en sommes c’est que quelque part, ça doit me plaire.
Elle ponctua ses dires d’un mouvement de sourcils charmeur.
- Tu as toujours eu ce côté impétueux Scully. Certes, plus modéré que le mien mais il est là et ressort par moment. Rappelle-toi lorsque nous nous sommes rencontrés, quand sous cette pluie torrentielle je t’ai fait part de mes théories farfelues, tu étais plus qu’intéressée même si tu n’en croyais pas un mot. Ton excitation était aussi palpable que la mienne et lorsque des indices sont venus étayer mes soupçons j’ai dû te contenir pour que tu ne t’emballe pas trop rapidement en écrivant des rapports que personne n’aurait pris au sérieux.
- J’en ai fait du chemin depuis.
Déclara-t-elle songeuse
- NOUS avons fait du chemin Scully.
Il entoura ses épaules de son bras et elle déposa sa tête contre lui.
- Je meurs d’envie de découvrir ce qu’il y a dans ses fichiers mais je ressens comme une certaine appréhension. D’où viennent-ils d’ailleurs ?
- Tu avais raison, un scientifique méticuleux garde toujours la trace de ses expériences, même s’il la cache dans un coffre-fort nécessitant une mini explosion pour être ouvert.
- Vous ne lui avez pas demandé le code ?
- Je ne sais pas encore exactement quel est le lien entre Jonas et Burgen mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas leur côté volubile qui les étouffe.
- Les scientifiques ne sont pas des grands bavards, c’est bien connu.
- Laisse-moi rire, quand tu veux tu es un vrai moulin à paroles.
- Il faut bien te tenir tête.
- Mouais, en attendant tu parles toujours et on ne lit pas.

Elle se redressa alors et commença à faire défiler le texte qui regroupait des années et des années de travaux de recherches, un véritable journal de bord qui débutait en 1965. Mulder posa le menton sur l’épaule de la jeune femme en soupirant. Cela promettait de longues heures de veille.

La nuit était complètement tombée sur Washington. Mulder et Scully étaient toujours à la tâche, désireux d’aller le plus vite possible avant que Skinner ne découvre pas que Scully se mêlait de nouveau de l’enquête, même s’ils étaient convaincus que leur supérieur n’était pas dupe de leur petit manège mais plutôt complaisant. Ils allaient de surprise en surprise et étaient tellement absorbés par leurs découvertes qu’ils en oublièrent de dîner. Ils y passèrent toute la nuit et une bonne partie de la matinée, ne ressentant pas la fatigue, trop ahuris et bouleversés par les faits.
- Oh mon dieu Mulder. Murmura Scully alors qu’elle venait de lire le dernier mot du rapport.
Il était tout aussi bouche bée qu’elle, ne parvenant pas à croire que de tels actes, même au nom de la science, aient été possibles.
- Ce salaud va avoir le procès qu’il mérite, tu peux en être certaine.
- Le gouvernement protégeait ses recherches, tu crois que…
- J’ose espérer que non mais rien n’est moins sûr
. Répondit Mulder grinçant des dent de colère et dégoût.
Il leur restait encore à mettre au clair les informations recueillies afin d’en informer les autorités ce qui leur demanda une partie de l’après-midi. Mulder porta ensuite le rapport à Skinner qui, avant de l’ouvrir, convoqua Scully dans son bureau. Elle en ressortit un quart d’heure plus tard. Mulder l’attendait derrière la porte.
- Alors ?
- Deux semaines de congés forcés. Je lui ai dit que quand il aurait lu le rapport il comprendrait un peu mieux mon geste mais il n’a pas semblé apprécier même s’il n’a pas été le moins du monde étonné que j’en connaisse également le contenu.
- De ce côté-là on peut dire qu’il ne nous met pas de bâtons dans les roues.

Scully acquiesça. Ils prirent machinalement l’ascenseur afin de rejoindre leur bureau.
- Espérons que Skinner aura le temps de lire tout ça rapidement. L’affaire n’est plus entre nos mains Scully.
Trop fatiguée pour parler, elle se contenta d’hocher la tête. Elle n’arrivait pas à se convaincre que tout était véritablement fini. La sensation de libération qu’elle attendait était absente. Cela venait sans doute du fait que toutes les questions n’avaient pas été résolues mais pour cela, Burgen devait passer aux aveux et se lancer dans des explications scientifiques, choses auxquelles on ne pouvait le contraindre pour le moment.
Le ventre de la jeune femme émit un gargouillement qui n’échappa pas aux oreilles de Mulder.
- Hé, ça te dis un resto pour te requinquer ? Je t’en dois toujours un.
- Je meurs de faim mais..
- Laisse-moi deviner ! Mais tu préférerais autant être dans un endroit calme, tranquille, sans une foule de personne à proximité.

Tout en disant cela il passa une main dans ses cheveux et l’attira tout contre elle.
- J’aime quand tu lis dans mes pensées. Dit-elle à mi-voix.
- Il le faut bien, surtout depuis que nous formons un… Il se tut, incapable de terminer sa phrase tant le mot qu’il allait employer lui paraissait surréel.
- Un ?
- Tu sais bien, maintenant que notre relation a…

Il était embarrassé et elle ne l’aidait pas, amusée par sa gêne apparente.
- Le mot que tu cherches commencerait-il pas un « C » ?
Il prit soudain un air grave.
- Ca ne te fait pas étrange à toi ? Je veux dire, c’est merveilleux, mais j’ai toujours du mal à réaliser.
- Honnêtement je n’ai pas encore eu assez suffisamment de temps pour y penser. On pourra reprendre cette conversation sur le statut exact de notre relation si tu juges cela nécessaire mais pour l’heure, je n’ai qu’une seule envie, c’est de remplir mon estomac.
- Des lasagnes ?
- Pardon ?
- Si je fais des lasagnes, tu en mangeras ?

Elle le regarda suspicieusement.
- Tu cuisines ou… ?
- Oui, à l’aide d’un congélateur. Allez viens sinon ça n’aura pas le temps de bien décongeler.

- Ca met l’eau à la bouche dis moi. Plaisanta-t-elle en s’éloignant de lui pour attraper ses clés de voiture.
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Sam 21 Juin - 2:28

- Ah non non non, je t’interdis de mettre un pied de plus dans cette cuisine.
- Mais Mul..
- Chez moi on mange assis sur le canapé donc prends ces assiettes si tu veux mais amène-les sur la table basse.

La jeune femme obtempéra et entendit ensuite Mulder lui crier:
- Tu n’as qu’à commencer à regarder un film en attendant que j’aie fini de tout préparer.
- Tu es sûr de ne pas vouloir un coup de main ?
Demanda-t-elle, peu rassurée.
- Scully, arrête de discuter et..
- C’est bon tu as gagné, je me tais. Je peux mettre n’importe quelle cassette ou il y en a qui ne sont pas à toi cachées dans la pile ?
- Toutes celles qui ne m’appartiennent pas sont rangées dans ma chambre en compagnie des magazines qui ne sont pas plus à moi.
- Tu sais ce qui me choque le plus c’est que tu utilise le terme "ranger".
 
Scully enclencha le magnétoscope juste avant que Mulder ne revienne à ses côtés.
- Plan 9 ? S’écria-t-il surpris. Tu as vraiment envie de nous infliger ça ?
- Je ne l’ai jamais vu en entier alors..
Mulder secoua la tête, faussement dépité et lui servit une portion assez conséquente de lasagnes.
- Tiens, régale toi ! Et n’en laisse pas une miette.
Elle porta la fourchette à sa bouche et ne put s’empêcher de déclarer, surprise:
- La faim me fait peut-être tout apprécier mais je me vois dans l’obligation d’avouer que c’est…succulent. Bon, pas succulent, quoique..si si, c’est vraiment bon !

Ils terminèrent leurs assiettes avec plus de voracité que de coutume puis s’adossèrent tous les deux au canapé.
- Scully, ce film est..
- Déprimant ?

- Tu veux que je te récite les dialogues pour rendre tout ceci plus vivant ?
Elle ne répondit pas et son visage s’assombrit subitement. Elle se tourna vers son compagnon.
- Pour ce matin, je voulais juste te dire que…, tenta-t-elle d’articuler, confuse.
- Nous ne sommes pas obligés d’en reparler. Ce que je veux dire par là c’est que des altercations nous en avons toujours eues et cela ne changera pas.
- Tu ne m’en tiens pas rigueur alors ?
- Pourquoi t’en voudrais-je ? C’est moi qui t’ai maladroitement écartée
.
Ils se sourirent. Tout était tellement simple. Ils se comprenaient, respectaient l’opinion de l’autre, ç’en était presque trop facile, mais aucun des deux n’allait s’en plaindre.
Leurs visages se rapprochèrent pour s’unir dans un délicieux baiser. Les mains de Mulder s’égarèrent dans le bas du dos de la jeune femme et d’une simple pression il l’amena plus près de lui, toujours plus près. Leurs corps entiers finirent par entrer en contact et les caresses se firent plus pressantes, plus insistantes. La main droite de Scully remonta de la nuque aux cheveux de Mulder. Une main sur son visage, elle se sépara de lui de quelques centimètres et leurs regards se croisèrent. Ils savaient ce qui allait arriver, ils en avaient tous les deux plus envie que jamais, ils y avaient même souvent pensé sans oser se l’avouer, mais la peur s’immisça en eux. Scully serra les lèvres et ferma les yeux. Elle devait se laisser aller, cesser de réfléchir, la seule chose à laquelle elle voulait penser était Mulder, son Mulder, celui qui, délicatement, la fit s’allonger pour ensuite se coucher à ses côtés. L’un contre l’autre, ils tentaient de calmer leurs respirations. Mulder comprenait bien les craintes de la jeune femme, il les partageait, il ne souhaitait aucunement la brusquer.
- Scully si..
D’un nouveau baiser, elle le fit taire, tout en déboutonnant le haut de la chemise de celui qui de toute évidence, n’était plus seulement son ami. Il frissonna au contact des doigts de la jeune femme sur son torse et elle se noya dans son cou, descendant jusqu’à ses pectoraux dans une ligne ininterrompue de baisers. Elle revint ensuite à hauteur de son visage et d’un doigt, elle se mit à tracer le contour de sa bouche avec une sensualité dont elle n’avait que très peu conscience. Mulder passa alors à son tour sa main sous le chemisier de Scully, et se plaça au-dessus d’elle. Il la contempla et la trouva irrésistible. Elle se mordit la lèvre et sans plus attendre, débarrassa Mulder de sa chemise entrouverte. Ce dernier s’afférait déjà à lui ôter également le vêtement recouvrant sa poitrine. Leurs mouvements devinrent plus frénétiques, ils se laissaient porter par le désir. Scully ne put retenir un gémissement lorsque Mulder déposa un premier baiser entre ses deux seins. Elle entoura alors sa taille de ses jambes et lui susurra à l’oreille.
- Pas ici..
Il comprit de suite et se souleva afin de la porter jusqu’à la chambre. Scully resserra bras et jambes autour du corps de son compagnon et lorsqu’elle se sentit quitter le canapé, elle fit mine de ronchonner.
- Attends, le film, je n’ai toujours pas vu la fin.
Il la regarda, hilare, lui donna une petite tape sur la tête qui se termina en caresse et fonça le plus vite possible vers son lit où ils se laissèrent tomber, toujours enlacés l’un à l’autre.
- Je n’ai pas éteint l’appareil, libre à toi de retourner devant la télévision maintenant.
- Mhmm, je voudrais bien mais le programme m’a l’air plus intéressant par ici.
Comme pour confirmer ses dires, Mulder l’embrassa fougueusement. Il ne pouvait plus attendre, pressé de découvrir la totalité du corps de la jeune femme. Il s’arrêta soudain, sondant le ventre de sa partenaire. De fines cicatrices étaient encore présentes çà et là, témoins de la douleur qu’elle avait ressentie lors de son enlèvement.
- Est-ce qu’elles te font encore souffrir ? Demanda-t-il inquiet.
Les yeux de la jeune femme s’embuèrent alors. Elle les ferma afin de retenir les quelques larmes qui pouvaient s’y échapper. Mulder s’en voulut aussitôt d’avoir aborder un tel sujet et, pour se faire pardonner, la serra contre son torse nu, profitant du contact de la peau de Scully contre la sienne. Cette dernière était submergée par différentes émotions, à la fois heureuse et préoccupée.
- Je…non. Mais il faut que je te dise à quoi t’attendre. Mulder, des marques, j’en ai… Une larme commença à dévaler son visage mais il l’essuya d’un geste tendre du pouce.
Il la berça ensuite, la rassurant, lui murmurant que quelles que soient les traces qu’elle portait, ça ne devait pas être une barrière entre eux, qu’il n’en avait que faire, qu’elles s’estomperaient mais qu’en revanche, ce moment, jamais il ne l’oublierait.
Trop émue pour ajouter quoi que soit, Scully s’abandonna à nouveau aux mains habiles de Mulder qui ne tarda pas à dénicher l’ouverture de son soutien-gorge, faisant ainsi apparaître une parcelle de plus de son corps. Elle se délectait du contact électrisant des mains de cet homme sur sa peau et ne tarda pas à elle aussi prendre des initiatives en lui défaisant la boucle de sa ceinture. En constante recherche de davantage de sensations charnelles, ils éliminèrent bien vite les derniers obstacles à leur nudité parfaite. S’en suivit alors la découverte totale de l’autres dans un ballet de caresses, de gémissements et de mots doux et rassurants susurrés au détour d’un sentiment de plaisir intense. Ne formant plus qu’un, ils perdirent pied, savourant cette sensation de bien-être et de plénitude propre à l’union de leurs deux corps mais également de leurs deux âmes. Plus rien ne séparait ces deux êtres fusionnels qui, après avoir passé des années à se découvrir moralement venaient de faire tomber le dernier rempart à la connaissance ultime de l’autre.
Haletants et en sueur, ils se laissèrent tomber sur le matelas et tentèrent de reprendre leur souffle. Durant de longues minutes, aucun mot ne fut prononcé afin de ne pas briser l’instant magique qui venait d’être vécu. Toutefois, ils ressentaient le besoin de se toucher, comme pour s’assurer que tout cela était bien réel. Mulder dégagea les quelques mèches rousses qui s’étaient collées au front de Scully et la gratifia d’un regard de velours qui la fit immédiatement fondre. Elle se positionna dos à son torse et lui attrapa le bras pour qu’il entoure son bassin. Elle jouait à brosser les quelques poils recouvrant les bras de Mulder tandis que ce dernier était occupé à couvrir sa peau laiteuse de nombreux petits baisers. Le temps semblait s’être arrêté, ils vivaient un de ces moments uniques où tout paraît simple, clair, limpide et que l’ont souhaiterait éternel.
Soudain, la sonnerie du téléphone retentit, les rappelant à la réalité. Mulder grogna.
- Scully, je t’interdis d’y répondre.
Elle commença cependant à se lever à contrecoeur mais Mulder la retint par la main.
- Hé, mais c’est mon téléphone en plus. Veux-tu me faire la plaisir de revenir ici immédiatement.
Sans tenir compte de ses paroles, Scully se recouvrit la poitrine du drap blanc qui avait maintenant grandement besoin d’être repassé et mis une jambe hors du lit.
- C’est sûrement pour l’enquête, ça doit être Skinner, ou alors..oh mon dieu Mulder, les Lone Gunmen, on a complètement oublié de les prévenir de l’annulation de la mission.
- Tu étais obligée de mentionner le nom de mes amis alors que nous venons de vivre un moment particulièrement..comment dire…intense ? Déclara-t-il en bougonnant.
Le sourcil gauche de la jeune femme s’arqua faiblement.
- Tu voudrais bien lâcher ce drap que je puisse aller répondre ? Voyant qu'il ne réagissait pas, elle ajouta: Je t’en conjure, arrête de faire l’enfant.
Il ouvrit grand les yeux, gonfla sa poitrine et pointa un doigt vers son propre visage en demandant:
- Moi ? Faire l’enfant ? Jamais de la vie ! Lorsque je fais l’enfant, ça donne ça !
A ces mots, il se jeta sur Scully et se mit à lui chatouiller tout le corps avant de bondir hors du lit afin d’écouter le message qui avait été laissé sur le répondeur. Scully se redressa en souriant et passa la main dans sa chevelure en bataille afin de la remettre un minimum en place puis partit rejoindre Mulder dans la pièce voisine. En le voyant debout au milieu de son salon, elle ne put réprimer un rire.
- On peut savoir ce qui t’arrive ? Demanda-t-il, surpris.
- Te voir comme ça, nu, tenant simplement ce combiné téléphonique c’est je sais pas..
- Mais tu te moques de moi en plus
! Il courut vers elle, l’attrapa par la taille puis s’entoura lui aussi dans le drap qu’elle gardait collé contre sa peau. Ils se dirigèrent ensuite tous deux vers le répondeur et, retrouvant leur calme, écoutèrent le message laissé par Skinner trois minutes auparavant.
Dans un soupir, ils se questionnèrent du regard et, d’un commun accord, partirent s’habiller. Les choses sérieuses se rappelaient à eux, ils avaient le sort de deux criminels entre leurs mains.

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Lun 23 Juin - 3:25

- Monsieur, l’agent Scully est avec moi, est-ce qu’elle peut…?
- Etant donné les circonstances, je crains que sa présence ne soit tout aussi nécessaire que la vôtre.

Les talons de la jeune femme résonnèrent alors dans le couloir. Elle avait laissé Mulder rejoindre seul Skinner mais, aux vues des derniers éléments apportés, s’était tenue prête à une éventuelle réintégration dans cette affaire .
Lorsqu’elle arriva à hauteur des deux hommes, elle salua discrètement son supérieur puis ce dernier se tourna vers ses deux agents, l’air grave.
- Je sais qu’il est tard mais après avoir lu votre rapport, je me suis précité dans cette prison dans le but de rencontrer Burgen. J’avais besoin de savoir à quoi ressemblait cet homme épouvantable, de m’assurer que ce que j’avais lu était bien de l’ordre du possible.
Il fit une pause. Il avait beau avoir côtoyé pas mal d’horreurs durant sa vie, il lui était toujours difficile d’aborder de pareils faits sans une pointe d’appréhension, de colère, et de dégoût.
J’ai réussi à faire en sorte qu’il subisse un interrogatoire sur le champ et je vous ai appelés, jugeant que vous étiez les mieux placés pour le diriger.
Il leur indiqua ensuite la porte derrière laquelle se trouvait le professeur.

Scully entra la première, suivie de très prêt par son collègue. Dès qu’il aperçut le visage de la jeune femme, Walter Burgen bondit de sa chaise en hurlant.
- Encore vous ?!! Ils ne se sont pas rendu compte de votre incompétence, de votre manque de discipline et de votre absence de jugement au FBI ?
En guise de réponse, elle le mitrailla du regard mais ne dit mot. L’affaire se présentait déjà suffisamment compliquée.
D’un geste, Mulder ordonna à l’homme de se rasseoir.
- Je suppose qu’on vous a déjà lu vos droit ? Dans ce cas autant entrer dans le vif du sujet.
- Je le dis et le répète, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat qui, malheureusement pour lui, a également dû être réveillé en pleine nuit sous prétexte de nouveaux chefs d’inculpation contre ma personne.

Scully se positionna en face du scientifique, le dévisagea et, droit dans les yeux, déclara qu’ils connaissaient toute son histoire.
- Mais quelle histoire au juste ? Ricana-t-il.
Il contemplait les deux coéquipiers avec une telle mesquinerie irrévérencieuse que Mulder ne put en supporter davantage. Froidement, il lui avoua avoir en sa possession une preuve indéniable concernant ses agissements illégaux. Scully enchaîna donc avec l’exposé des faits, détail par détail, sans omettre une seule étape de leurs récentes découvertes.
Walter Burgen, mordu de sciences depuis son plus jeune âge avait, dès la fin de ses études, obtenu une subvention de l’Etat afin d’approfondir les recherches dans le domaine de la génétique. En effet, la découverte de l’ADN était encore à cette époque relativement récente et suscitait bon nombre d’interrogations. L’intérêt de la communauté scientifique pour cette branche de la biologie était, de ce fait, optimal. Alors que de nombreux hommes de sciences ne cessaient d’obtenir les honneurs dus à leurs travaux, Burgen, lui, demeurait dans l’ombre. Ses collègues le savaient extrêmement compétent mais il ne se laissait pas aborder ni approcher, préférant passer des journées entières dans son laboratoire. Il fuyait tout contact humain et s’adonnait à des expériences dont tout le monde ignorait la portée ou même le but. En réalité, Burgen avait une mission, un contrat qu’il avait passé avec un haut dirigeant de l’armée aujourd’hui disparu. En pleine guerre froide, le gouvernement ne reculait devant rien afin de parfaire sa force et il voyait dans la génétique un moyen de plus de prouver sa supériorité face à son adversaire ou du moins, une piste à explorer. Burgen en était tout naturellement venu au clonage, tentant, en se moquant complètement des problèmes d’éthiques, de reproduire chez l’homme ce que d’autres avaient fait avec les cellules embryonnaires d’animaux dès les années 1950. Il lui avait fallu une dizaine d’années avant d’arriver à un quelconque résultat et, entre temps, l’armée avait rompu ses contacts avec lui. Loin de l‘abandon, c’était alors devenu un défi personnel, le but ultime de sa vie, ce à quoi il aspirait jours et nuits: faire de la sciences un moyen de braver la nature, de la prendre de court et de la surpasser, convaincu que si l’on maîtrisait le genre humain, alors, on pouvait tout contrôler. Il avait en sa possession des cellules humaines en culture mais il leur manquait un réel support physique pour pouvoir évoluer et avoir un impact sur le vivant. Le moment était venu pour lui de se muer en un véritable docteur Frankenstein. Il se mit donc à rechercher un hôte parfait, quelqu'un capable de recevoir une greffe de cellules ne lui appartenant nullement.
Une occasion se présenta au bout de quelques semaines seulement : Un accident de voiture impliquant un père, une mère et leur fils unique. Une véritable tragédie qui pour lui s’était révélée être une bénédiction. Le véhicule de ces trois personnes prenait feu, commençant à les consumer. Personne d'autre n’assistait à la scène. Les alentours étaient parfaitement déserts, il avait vu là la chance de sa vie.
Il avait retiré le corps de l’enfant inconscient de la carcasse de la voiture avant qu’il ne soit atteint par les flammes et était parti, laissant tout le reste partir en fumée. Afin que tout le monde croient au décès de la famille tout entière, il avait songé à laisser sur les lieux quelques dents de celui qu’il considérait désormais comme son nouvel outil de travail.

Scully reprit son souffle. Cette histoire elle ne l’avait lu qu’une fois mais les événements étaient gravés dans son esprit comme s’il s’agissait de sa propre vie. Elle avait par ailleurs, contre son gré, fait partie de ce récit, comme bon nombre d’innocentes personnes.
Sachant que les moments les plus pénibles restaient encore à venir, Mulder pris le relais, voulant au moins soulager la jeune femme pendant quelques minutes.
Burgen, lui, restait stoïque, ne laissant transparaître aucun sentiment particulier.

- Vous lui avez littéralement volé sa vie, le privant de son identité et de l’amour d’un père et d’une mère. Pour vous, il n’avez pas plus d’âme qu’une centrifugeuse, car, après tout, il était juste là pour la maturation et la reproduction d'échantillons cellulaires et moléculaires que vous aviez préalablement modifiées. Vous n’avez même jamais pris la peine de vous renseigner sur son nom, son âge, ses origines. Vous considériez qu’il n’avez pas eu de passé et venait tout juste de naître entre vos mains. Vous l’avez poussé à brider le moindre souvenir de sa vie antérieure, effectuant sur lui bon nombre d’expériences s’apparentant à des lavages de cerveau. Vous le vouliez entièrement à vous, comme un être totalement neuf et vide de tout esprit afin de le construire exactement à l’image que vous souhaitiez. Il est resté cloîtré des années sans ne plus jamais distinguer la lumière de l’extérieur mais un beau jour, jugeant qu’il était temps de passer à l’étape supérieure, vous l’avez emmenez avec vous à une conférence, le faisant passer pour votre fils. Vous étiez un personnage tellement mystérieux que ce détail ne surpris personne, en fait, les gens se contrefichez de votre vie personnelle, ce qui les intéressait chez vous c’était l’homme de sciences, pas l’homme tout court. Cet enfant est donc apparu en toute discrétion, ou presque, car un journaliste l’a aperçu, ne relevant toutefois pas l’étrangeté de la situation. Ce fut là votre premier faux pas. Vous aviez mal anticipé la réaction de cet enfant, ou devrais-je dire dès à présent de cet adolescent, vis à vis du monde extérieur. Ce monde que vous rejetiez et fuyiez, lui, il le fascinait. Lorsque vous avez pris conscience de sa dangereuse attirance pour les humains, il était déjà trop tard. Il aspirait à la liberté, à la découverte, à des notions que vous ne lui aviez jamais inculquées. Pour lui, emmagasiner des informations était chose aisée. Tout ce qu’il vivait, lisait, ou voyait, il le retenait et cela devenait une partie de lui. Ce que nous ignorions jusqu’à présent, c’est que vous possédiez également une passion pour l’étude des crimes sanglants. Vous étiez subjugué par ces actes qui pour vous symbolisaient les déviances de cette nature humaine que vous aviez en horreur. Plus l’acte était abject, plus il vous intéressait. Ces faits n’étaient pour vous que de simples objets d’études morbides mais pour votre "protégé", ils représentaient une manière de se comporter, la seule qu’il ait connue en dehors de la vôtre.

Le professeur cilla et sa bouche se contracta à l’évocation du souvenir de sa plus grande victoire mais aussi, de son plus grand échec, de sa plus grande espérance mais aussi, de sa plus grande déception.
Un matin, il avait trouvé la chambre de son cobaye, car c’est de cela qu’il s’agissait, vide. Son sang n’avait alors fait qu’un tour. L’idée d’une possible évasion ne l’avait jamais effleuré car il avait dépeint la vie à l’air libre comme effrayante et dénuée de sens. Il ne pouvait comprendre que l’on puisse fuir le calme et la sécurité d’un laboratoire pour le chaos et l’incohérence.
- Ce que vous ne dites pas dans votre rapport, articula Scully, c’est pourquoi vous n’avez pas essayé de le rattraper, pour quelle raison alors que vous vous doutiez des crimes effroyables qu’il commettait, vous n’avez aucunement tenté de l’en empêcher.
Le silence fut la seule réponse qu’elle obtint. Elle continua donc, ne se laissant nullement démontée.
- Je suis scientifique de formation et pourtant, je peux vous assurer qu’un homme ce n’est pas seulement un assemblage de cellules ou même le résultat d’un conditionnement. Non, un homme possède un esprit, une âme, un instinct, une conscience, qui le poussent parfois à défier toute logique. Et cela peut être tout aussi intéressant à étudier que sa constitution chimique, physique, moléculaire et on en tire souvent des conclusions bien plus parlantes. C’est pour cette raison que je peux d’office répondre à certaines questions concernant votre comportement et vos réactions sans même vous les poser. Cela s’appelle la psychologie et, de toute évidence, ç’a été votre plus grosse lacune. L’incompréhension de cette partie du monde qui vous entourait a été un obstacle majeur à l’accomplissement de votre création car vous ne pouviez deviner ou anticiper les pensées et les réactions.

Mulder était ébahi par la poigne et l’ardeur que la jeune femme mettait dans ses propos. Rares étaient les fois où elle vantait les mérites de la psychologie face à la toute puissance des sciences dures. Il se rappela que c’était aussi pour cela qu’il l’admirait. Elle avait ses propres convictions, des faits auxquels s’en tenir mais n’hésitait plus à admettre qu’il existait ailleurs des réponses tout aussi pertinentes et légitimes. Il se surprit à sourire bêtement en la contemplant et changea immédiatement son expression. L’entretien étant filmé, il devait garder le plus de contenance possible.
Scully ne semblait même pas percevoir le regard de Mulder sur elle et discourait de plus belle:
- Vous étiez curieux de voir votre produit, votre prodige, interagir sur le monde. Même s’il n’était pas tout à fait ce que vous aviez prévu au départ, il possédait en outre une immunité exeptionnelle et était plus résistant que la moyenne des êtres humains du fait des sélections chromosomiques que vous aviez effectuées sur lui. Il possédait également en lui une force incroyable, celle de se nourrir de toutes les expériences qui se présentaient à lui. Il emmagasinait, reproduisait, avec une soif d’apprendre et de contrôler les choses. Cela, il il tenait de vous. Durant des années, vous avez suivi sa trace sans pour autant l’intercepter. Vous récoltiez les articles faisant actes des abominations qu’il commettait, fier de sa dextérité et de son intelligence pour ne pas se faire prendre. Vous assuriez ses arrières en jouant de vos contacts pour falsifier des données le concernant, comme pour ce fameux test ADN, mais aussi pour ce qu’il y avait en amont: attribution de la nationalité américaine sans aucune question concernant son acte de naissance et la totalité de son passé. Le gouvernement vous devez bien ça compte tenu des travaux que vous aviez effectué pour lui dans le plus grand secret.
Il possédait des faux papiers, un faux nom que vous lui aviez imaginé pour qu’il ne soit pas trop marginalisé dans la société si un jour il vous arrivait quelque chose mais il les savait inauthentiques.


Elle s’arrêta, sachant qu’elle venait de toucher une corde sensible et que pour la première fois, son interlocuteur se sentait menacé.

- Vous avez tout fait pour qu’il devienne une véritable machine à tuer, se nourrissant de victimes possédant une véritable identité afin qu’il ait l’impression d’être quelqu'un, d’en posséder lui aussi une. Sa cruauté apparente était due à votre manque total d'éducation morale et à sa fermeture sur le monde tandis que ses capacités hors normes provenaient des modifications que vous aviez opérées dans son système d'une manière qui me dépasse totalement et qui prouve à quel point la science peut conduire à des aberrations et à de véritable mutilations de personnes. Conclut à son tour Mulder. Mais, il y a quelques semaines, tout à basculé pour vous et la personne responsable de cela se trouve aujourd’hui même devant vos yeux.
Un homme d’une cinquantaine d’année, de grande taille, aux cheveux blancs et au visage fin fit soudain irruption dans la pièce et ordonna qu’on mette un terme à toute cette mascarade. Les deux agents lui affirmèrent détenir une autorisation de leur hiérarchie mais il leur rétorqua que cela concernait son client et qu’il avait les plein pouvoirs, étant lui-même en liaison avec le directeur du FBI.
Skinner entra à son tour dans la pièce et lança un regard impuissant à Mulder et Scully.


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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Lun 23 Juin - 22:22

- Ils le protègent, nous court-circuitent. Si nous ne posons pas les bonnes questions alors, personne ne le fera jamais. Se lamenta Scully.
Ils s’étaient vus contraints de rentrer chez eux, ne pouvant plus approcher leur suspect.
- Au stade où nous en sommes, ce qu’ils peuvent faire de pire c’est étouffer au mieux l’affaire auprès du grand public. Nous en savons trop, Skinner en sait trop pour que Burgen soit relaxé. Crois-moi, ils ne sont pas prêts à se mettre en danger pour préserver un seul homme, aussi brillant soit-il.
Assis l’un contre l’autre sur le canapé de Mulder, ils tentaient de trouver un moyen de pallier les nouveaux obstacles qui venaient d’apparaître.
- Et dire qu’à cette heure-ci nous devions être en train de pénétrer illégalement son laboratoire.
- Ca, nous pouvons toujours le faire ! S’écria Mulder comme s’il venait d’avoir l’idée du siècle.
- Maintenant ? Mais Mul..
- Non, bien sûr que non,
la coupa-t-il, et puis j’ai déjà réveillé Langly en pleine nuit une fois et ce n’est pas une chose que je suis prêt à reproduire mais, en tant qu’investigateurs dans cette affaire, nous avons parfaitement le droit de nous rendre sur les lieux, en plein jour.
- Ca a déjà été fouillé, je ne vois pas ce que ça pourrait nous apporter de plus.
Déclara Scully, ne se laissant pas gagner le moins du monde par l’entrain de son partenaire.
- Mais pas par toi. Peut-être que tes connaissances et ta vision scientifique des choses pourront élucider quelques mystères.
Elle soupira et accepta en haussant les épaules. Après tout, ils n’avaient plus rien à perdre.
Deux heures sonnèrent, aucun des deux ne ressentait l’envie ni le courage de dormir, bien trop préoccupés mais également un peu découragés par cette enquête qui n’en finissait plus. Scully s’installa dans les bras de Mulder et ils restèrent dans cette position plusieurs heures, espérant que le lendemain apporterait son lot de bonnes nouvelles.
- Scully ?
- Moui ?
- Je peux te poser une question ?
- Pose toujours, même si je ne garantis pas la réponse.
- Ce tee-shirt mi-hippie mi-fièvre du samedi soir, il appartenait à qui ?

La jeune femme tourna son visage vers lui et le regarda, éberluée et surprise par cette question qui sortait de nulle part. Un sourire énigmatique illumina ensuite son visage.
- Tu tiens vraiment à le savoir ?
- J’avoue que la présence du caleçon n’est pas pour me rassurer mais j’imagine que bien des vérités sont plus dures à avaler que celle-ci.
- Marcus.
Lâcha la jeune femme avec une pointe de nostalgie.
- Marcus ?! C’est un prénom ça ?
- C’est une remarque sérieuse ou je dois te rappeler quel est le tien ?
- Mais il ne se faisait pas appeler par son nom de famille lui je me trompe ?
- C’est exact mais tu sais Mulder, Marcus c’est un prénom très…
- Tss, je ne veux pas le savoir ! Dis m’en davantage sur lui. Qui était-il exactement pour que tu hérites de ses vêtements fétiches ?
- Le grand amour de mon adolescence.
- Pitié Scully, prends au moins des gants quand tu me dis ce genre de chose. Je commence déjà à détester ce type.
- Tu ne vas pas me faire croire que tu ne t’y attendais pas.
- Il y a une différence entre le soupçonner et en avoir la confirmation. Est-ce que cela signifie que c’est lui qui a eu l’honneur de…enfin…tu vois.

De plus en plus amusée, Scully fit mine de ne pas comprendre.
- De ? Je crains que tu n’aies besoin d’être un peu plus explicite.
- Tu sais bien, ton premier…
- Mulder, on n’a plus 13 ans, il y a des mots pour ces choses là.
- 13 ans ??? Tu avais 13 ans ?!!
- Fox Mulder ou comment être paranoïaque…
- Tu as conscience du fait que je suis en train de vivre un réel supplice tellement le suspense est insoutenable ?

Elle lui lança un regard taquin et lui prit la main.
- J’étais beaucoup plus âgée que cela si ça peut un tant soit peu te rassurer.
- Ce qui m’inquiète le plus c’est que tu aies garder ce souvenir de lui jusqu’à maintenant.
- C’était davantage en souvenir d’une victoire.
- D’une victoire ? Tu as réussi à faire quoi ? Oh mon dieu ne m’en dis pas plus…

La jeune femme se mit à rire franchement.
- Non, je lui avais subtilisé. Vengeance personnelle post-rupture.
- AAAh, je savais bien que cette histoire allait prendre un tournant agréable.
- J’avais décidé de lui faire payer sa trahison en montrant son magnifique petit ensemble à tout le lycée. Comportement très puéril, je te l’accorde. C’est d’ailleurs pour ça que je me suis ravisée. Mais à partir de ce jour, j’ai décidé de ne plus me faire marcher sur les pieds par un homme quel qu’il soit.
- Il avait osé te faire du mal ? Je commence à l’aimer…
- Je te demande pardon ?!
- Non, non, ce n’est pas ce que je voulais dire, c’est juste que s’il n’avait pas été une petite ordure, je n’aurais peut-être jamais pu faire ça
. Il illustra ses paroles en embrassant tendrement la jeune femme.
- Mhmm, sans vouloir t’offenser, il n’a pas été le seul à..
- Hé, si on s’en tenait à l’évocation d’un seul ex par soirée tu veux bien ? Tu sous-estimes ma capacité à rester calme face à l’adversité.
- Il n’y a plus aucune adversité Mulder. Je peux te garantir que je n’ai pas perdu au change
. Lui susurra-t-elle en approchant à nouveau son visage du sien.
- Et oui, tu as eu l’honneur de tirer le gros lot. Déclara-t-il, bombant le torse.
Scully le gratifia d’un regard torve.
- Je peux reconsidérer ma dernière affirmation ?
- N’y compte même pas.

Et comme pour l’empêcher d’aller plus loin, il se jeta littéralement sur elle et noya son cou sous des dizaines de baisers.


- C’est vraiment trop rangé. Scully, on dirait ton appartement.

Le soleil venait seulement de se lever mais ils étaient déjà à pied d’œuvre, ratissant au peigne fin le bureau de Burgen sans toutefois savoir ce qu’ils cherchaient.
La jeune femme se plongea dans les rapports d’expériences du professeur tandis que Mulder effectuait le tour du laboratoire pour la énième fois.
Lorsqu’elle releva enfin la tête, il l’interrogea du regard.
- Ca me dépasse !
- Comment ça ?
- Ce type est un génie, un véritable génie. Il est allé plus loin que n’importe qui dans ses recherches et j’ai bien peur de ne pas avoir les compétences requises pour les comprendre. Trop de notions me sont inconnues nous avons ici le travail de toute une vie.
- Dommage que ces intentions n’aient pas été plus nobles.

Scully acquiesça et ajouta:
- Ce que j’aimerais réellement savoir c’est comment a-t-il fait pour ramener Jonas à la vie? Dans le précédent rapport du professeur, il était écrit qu’à la première minute où il avait appris que Peter Jonas était recherché pour l’enlèvement possible d’un agent fédérale, c’est-à-dire moi..
- Burgen n’a vraiment aucune prédisposition pour retenir les noms des gens.
L’interrompit Mulder.
Elle sourit faiblement. Il avait raison, le scientifique n’avait sans doute même jamais fait le rapprochement entre cette femme enlevée et la personne qui était venue quelques semaines plus tard lui poser des questions sur son propre ravisseur, avant de le menacer et de le menotter sans aucune autorisation.
- Le cadavre de Jonas est bien arrivé à la morgue mais personne ne s’est réellement donné la peine de l’autopsier plus en détail. Les tests de routines ont été effectués mais les véritables résultats ne sont jamais vraiment arrivés, Burgen y veillant personnellement.
N’ayant pas de famille, pas d’amis déclarés, le cadavre de Peter Burgen a été mis en terre sans aucune cérémonie ni aucune attention particulière. Personne n’a daigné ouvrir son cercueil durant les 12 heures précédant l’enterrement. Une aubaine pour Walter Burgen qui a subtilisé le corps, reproduisant ce qu’il avait fait plusieurs dizaines d’années auparavant avec cette même personne. Cette fois, il ne le sauvait pas des flammes mais de l’ensevelissement à vie, refusant que tout son travail soit ainsi gâché pour finir six pieds sous terre. Il possédait l’obstination des grands découvreurs et n’acceptait pas le fait que l’arrêt du cœur soit synonyme d’arrêt du projet et marque ainsi la fin de la vie de cet individu qu’il pensait supérieur. Pour lui, la science n’avait pas de limite et il connaissait suffisamment son sujet pour tenter de lui octroyer un sursis. Cependant, nulle part il n’est mentionné ce qu’il a fait exactement. La manière dont il a ramené cet homme à la vie demeure un mystère à la fois passionnant et effrayant.
- Posséder un tel savoir revient à pouvoir contrôler la vie et la mort, c’est sans doute la plus grande découverte de toute l’histoire de l’humanité mais je n’ose à peine imaginer les dérives qui pourraient en découler.
- Mulder, je ne suis même plus sûre qu’il soit de notre devoir de lui demander de quelle manière il s’y est pris pour effectuer une telle résurrection.
- Tu penses donc que certaines vérités ne sont pas bonnes à connaître ?
- Je crois surtout que cela nous dépasse tous, que nous ne sommes pas en droit de posséder un tel savoir.
- Je serais probablement d’accord avec toi si tout cela n’étaient que de simples hypothèses mais le fait est qu’il y a sur cette terre une personne dénommé Peter Jonas qui a vécu une expérience unique et qui attend peut-être elle aussi des réponses.

Scully le dévisagea quelques secondes.
- Tu souhaites rendre des comptes à ce monstre ? L’aider dans sa quête d’identité ?
- Je veux simplement qu’il ait lui aussi des éléments pour comprendre..
- Mulder, il est déjà trop tard pour lui, tu..tu sais tout ce qu’il a fait, tout ce dont il est capable, il…

Elle perdait son calme. Elle savait pertinemment que Jonas pouvait également être perçu comme une victime mais la haine qu’elle ressentait pour lui était maintenant viscérale. Sa religion lui enseignait le pardon mais pouvait-on pardonner à un être qui vous avez torturé et avez tenté de vous ôter la vie à deux reprises ? Elle avait beaucoup plus de mal que son collègue à percevoir la partie humain de cet individu.
Mulder comprenait parfaitement les réticences de la jeune femme et l’heure n’était pas au débat d’opinions.
- Ce n’est même pas à nous de répondre à ces questions Scully. Notre travail est d’apporter des réponses, de trouver des solutions et pour cela, nous devons aller au bout des choses. S’il y a un moyen d’apporter un peu plus de lumière à ce dossier, alors nous devons le faire et ne pas nous brimer de peur d’être confronter à des choses qui nous dépassent. Burgen est un accusé détenant des preuves et si nous ne faisions pas tout ce qui est en notre pouvoir pour connaître la totalité des faits, alors nous ne serions pas loyaux envers nous-même.
Scully demeurait pensive, elle avait la sensation de nager en pleine science-fiction.
La sonnerie du téléphone de Mulder interrompit leurs réflexions. Il décrocha, laissa échapper un ou deux jurons de surprise et raccrocha en assurant son interlocuteur qu’ils allaient arriver au plus vite. Il se tourna ensuite vers Scully et, d’un ton monacal, lui fit part du dernier événement en date:
- Walter Burgen a été retrouvé mort ce matin dans sa cellule.


Dernière édition par Clem le Mar 24 Juin - 3:19, édité 1 fois
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Clem

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MessageSujet: Re: Larmes sucrées.   Mar 24 Juin - 1:59

Véritable mort ou meurtre déguisé en suicide ? Telle était l‘inévitable question que tous se posaient. L’homme avait été retrouvé pendu, un drap lui ayant servi de corde. Lorsque les secours étaient arrivés, il ne bougeait plus, ne pensait plus, ne respirait plus, il était déjà trop tard. La mort avait emporté avec lui tous les plus grands secrets du chercheurs. Scully avait reçu l’autorisation d’effectuer l’autopsie. Mettant de côté ses sentiments et croyances personnelles, elle avait étudié le cadavre avec le plus grand professionnalisme, gardant son sang froid et n’émettant aucune hypothèse trop hâtivement. Elle dut donc se résigner à accepter les faits, Walter Burgen avait préféré en finir avec la vie plutôt que la passer loin de son laboratoire et assister à sa propre ruine. Seul, plus aucune perceptive d’avenir ne l’avait retenu dans ce monde et il avait jugé que son heure était venue. Ses travaux revinrent de droit aux scientifiques de son centre mais aucun d’eux ne trouva un quelconque indice pouvant révéler le processus de résurrection de Peter Jonas. Ce dernier ne fut d’ailleurs que très peu touché par la mort du chercheur. Aucun lien affectif ne semblait les relier. Malgré une proximité qui avait duré des années, leurs rapports n’étaient jamais allés au-delà de ceux de l’inventeur et de sa création, à savoir, une parfaite indifférence à tout ce qui n’entrait pas dans le cadre professionnel. Le procès du criminel allait débuter dans les prochaines semaines et, en dépit de son histoire et de son caractère hors norme, la peine dont il allait hériter promettait d’être la plus lourde possible. De nombreux psychiatres s’entretenaient avec lui et la majorité s’entendaient pour dire que cet homme sans conscience aucune ne pourrait jamais, même dans les meilleures circonstances, avoir une existence dans laquelle il ne mettrait pas la vie des autres ou bien la sienne en danger. Il était le résultat d’une expérience abominable, une vie gâchée.
Les pièces du puzzle s’emboîtaient du mieux qu’elles le pouvaient et il ne restait qu’à découvrir la réelle identité de Peter Jonas avant que le dossier ne soit définitivement classé. Mulder et Scully, désireux d’aller jusqu’au bout, avaient consulté tous les rapports d’accidents de voiture s’étant déroulé à proximité du domicile du professeur Burgen dans les années 1960 et n’avaient pas tardé à mettre le doigt sur une histoire correspondant au descriptif du chercheur. La famille Hanson, Nathan, Angela et leur fils, Angel. Angel Hanson était donc devenu Peter Jonas, dans le plus grand secret et sans que personne n’émette le moindre soupçon à son sujet pendant plus de trente ans.

Mulder referma le dossier et le posa sur son bureau en soupirant. Scully se tenait face à lui. Aucun d’eux ne prononça un seul mot pendant plusieurs minutes. Terminé, tout était terminé. Il allait maintenant leur falloir passer à autre chose et leur vie aller reprendre son cours, comme avant, ou presque. Mulder se leva et la jeune femme vint à sa rencontre pour déposer sa tête contre son torse. Elle ferma les yeux pendant qu’il la berçait tendrement. Un sentiment de libération s’empara d’eux. Pour la première fois depuis des semaines ils se sentaient légers, libres, sans aucun projet particulièrement pénible prévu le lendemain.
- Mulder, tu te souviens que j’ai écopé de quinze jours de suspension. Je ne suis pas censée mettre un pied dans ce bureau durant deux semaines. Ma question est donc la suivante: te sens-tu capable de travailler seul en ayant la joie de n’avoir personne pour systématiquement te contredire ou préfères-tu avouer que sans moi dans ce bureau ta principale activité va consister en un lancer record de crayons au plafond ?
- Je songeais m’entraîner à écrire "Mulder" avec tous ces crayons. Regarde, il y a déjà un "M" de formé, il ne manque plus que cinq lettres et des dizaines de crayons pour que je parvienne au résultat escompté. Ne t’en fais pas, à ta prochaine mise à pied j’écrirai Scully à côté.
- Oh, je ne peux rivaliser avec de tels projets. Cela risque de te prendre tout ton temps. On se dit à dans deux semaines alors ?

Elle tourna les talons en souriant mais avant qu’elle ait fait un pas, Mulder lui avait attrapé la main et l’attirait à nouveau à lui.
- Ma décision n’est pas irrévocable, tu peux toujours essayer de me faire changer d’avis tu sais…


- Au diable les crayons, je crois bien que rien ne peut rivaliser avec ça !
Le soir même, l’appartement de Scully avait été pris d’assaut par un couple qui, conscient du temps qu’il avait à rattraper n’avait pas daigné sortir de la chambre plus de vingt minutes consécutives.
- Mulder, tu te souviens quand il y a seulement quelques jours tu te tenais ici, à mon chevet, alors que je tentais par n’importe quel moyen de prouver que j’allais parfaitement bien.
- Oui, j’ai l’impression que c’était il y a des semaines. Les choses ont tellement changé depuis…
- Quand on y réfléchit, elles n’ont pas tant évolué que cela.
- Que veux-tu dire ?
- Toi et moi, nos sentiments, maintenant que j’y repense..
- C’était une évidence.
Déclara Mulder, lisant dans ses pensées.
- Les larmes que j’ai versées alors que tu me tenais blottie dans tes bras, jamais je n’aurais pu les verser face à quelqu'un d’autre.
- Cette épreuve aura au moins eu le mérite de nous faire ouvrir les yeux, de nous rapprocher au point qu’aujourd’hui, nous sommes tellement proches que Scully, tu m’écrases la main là.
Elle se déplaça de quelques centimètres puis, perdue dans ses réflexions, reprit à mi-voix.
- Toutes ces larmes étaient sans doute nécessaires, salvatrices et elles ont conduit au bonheur.
- C’était des larmes sucrées.

Scully pouffa.
- Ne te moques pas, tu connais ma passion pour tout ce qui est sucré. Le sucre est un véritable remontant, il est créateur de bien-être, tout comme tes larmes l’ont été pour nous deux.
- Je croyais que ton truc c’était davantage les graines de tournesols ?
- Scully, j’essaie d’être poétique et romantique et là, tu ne m’aides pas.
- Tu as bien des qualités, je serais la dernière personne à contredire ce fait mais pour la poésie tu m’as l’air tout aussi doué que pour les titres de livres si tu vois ce que je veux dire…
- Hé, tu te souviens à chaque fois de la moindre de nos petites conversations ?

- Il faut croire que même quand tu dis des idioties, cela m’intéresse. Elle se mordit soudain la lèvre, faisant mine de regretter ses dernières paroles. Et ne prends pas ça pour un encouragement quelconque surtout !
Des rires retentirent dans cette chambre de Georgetown qui n’avait que trop souvent vécu la solitude, des rires qui allaient devenir récurrents.

FIN


FIN ALTERNATIVE (oui je me la joue à la the truth )

S’il y avait bien quelque chose que le tout jeune diplômé de sciences Arthur Bronks détestait, c’était bien le manque de perspective et le renoncement. Alors, quand on lui avait proposé comme premier emploi la lecture des rapports de recherches du défunt Walter Burgen, bien qu’au début il y ait vu une énorme perte de temps, son esprit avide de découverte n’avait pu s’empêcher d’être fasciné par ce ce que Burgen avait qualifié de « naissance d’un être biologiquement parfait ». Ce qui, pour beaucoup de ses confrères, n’était alors apparu que comme une lubie fictionnelle du généticien, avait aiguisé l’intérêt du jeune prodige, qui, fort des enseignements de Burgen, avait à son tour était capable d’isoler ce qu’il appelait « la clé de la perfection », un fragment d’ADN muté et transposé qui, il en était certain deviendrait un jour la manifestation des souhaits de son prédécesseur. Il avait ainsi décidé d’en faire à son tour le but ultime de sa vie. Le flambeau était repris.
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