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 Croire, encore et toujours...

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Polly

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MessageSujet: Croire, encore et toujours...   Lun 29 Sep - 0:07

Auteur : Polly
Genre : Angst, romance, aventure...
Disclaimers : Non, malheureusement, je ne gagne pas d'argent en écrivant cette fanfic, si c'était le cas, je me payerais des cours de français! LOL
Time-Line : Post IWTB
Résumé : Depuis l'Affaire Bannan, les choses ont changé pour Mulder et Scully, amenant dans leurs vies son lot de surprises et de souvenirs, plus ou moins douloureux.



Croire, encore et toujours...


Andrew devait en avoir plus qu’assez de lui. Toujours à demander s’il est possible de l’emmener ça où là. A croire qu’avec le salaire de Scully ils ne se faisaient pas suffisamment d’argent pour s’offrir un second véhicule. Les doigts de Mulder tapotaient impatiemment sur la poignée de la portière, suppliant silencieusement son conducteur d’accélérer. Tout cela à cause d’un coup de téléphone passé par une parfaite inconnue. Cependant, le sujet de la conversation avait capté toute son attention car il s’était porté sur l’unique personne importante à sa vie.

Sa souffrance ne lui avait pas échappé depuis quelques jours mais jamais il n’aurait soupçonné que les choses puissent s’envenimer à ce point. Pourquoi n’avait-il pas agit plus tôt ? Un soupir exaspéré se faufila entre ses lèvres, s’évaporant en un nuage de condensation. Le froid hivernal s’insinuait dans chaque recoin de l’habitacle jusqu’à les faire trembler sous les couches empilées de leurs vêtements. La neige avait recommencé à tomber de plus belle, formant un mur blanc et impénétrable rendant la circulation périlleuse, surtout en pleine nuit.

A ses côtés, Andrew secouait la tête, agacé d’avoir été tiré du lit et des bras de sa femme alors qu’il venait tout juste d’aller se coucher. Ils étaient amis, certes, mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Dès le lendemain, il l’accompagnerait une dernière fois et cela, chez le concessionnaire, qu’il le veuille ou non. Quitte à lui payer lui-même le pire des tacots disponibles. Deux paires de chaînes et le tour serait joué.


« Est-ce que je dois t’attendre ici ? » Se risqua Andrew, à contre cœur, sa gentillesse le perdrait.

« Non, non Andy, merci pour tout, on rentrera avec la voiture de Scully. » Le libéra Mulder d’un signe de tête.

« Faîtes attention à vous tous les deux. » Lança son vieil ami avant de reculer avec précaution.

Mulder acquiesça de nouveau puis pivota pour faire face à l’hôpital Our Lady of Sorrow. Le ton employé par l’infirmière lui avait vite fait comprendre que quelque chose était arrivé à Scully et qu’il ferait mieux de se dépêcher avant que la situation ne dégénère. C’est qu’il détestait être mis au courant en dernier, surtout lorsqu’il existait un rapport de près ou de loin avec Scully. Propulsé par ses craintes, il emprunta les escaliers et déboucha dans le couloir de la neurologie.


« Je cherche le Dr. Scully, une infirmière m’a contacté… » S’annonça-t-il en atteignant le comptoir d’admissions.

« Vous devez être Mr. Hale, je suis Nancy. » Sourit la jeune femme qui se trouvait là. « Je me suis permise de vous appeler car vous étiez le numéro un sur sa liste de rappel. » S’expliqua-t-elle en lui indiquant le couloir.

« Est-ce qu’elle va bien ? Où est-elle ? » S’enquit-il, impatient d’en savoir davantage.

« Suivez-moi. Elle a opéré le petit Christian aujourd’hui, ce devait être l’avant dernière intervention. » Commença-t-elle, l’hésitation évidente dans sa voix.

« Oui, elle m’en a parlé, c’était risqué mais elle avait l’air confiante. Est-ce que… Est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? » Osa-t-il enfin demander bien qu’il se doutait déjà de la réponse.

« Christian n’a pas supporté le choc, il a fait une hémorragie, elle a tenté de le réanimer pendant plus de 3 heures. On avait beau lui dire que c’était fini, elle continuait de lui injecter des doses d’adrénaline et elle s’est mise à le masser elle-même quand on lui a pris le défibrillateur des mains. » Décrivit la jeune femme, un triste sourire accroché à ses lèvres pincées.

Mulder ferma les yeux tout en marchant, il pouvait aisément imaginer l’état de détresse dans lequel elle devait se trouver à l’heure actuelle. Savoir qu’elle avait échoué à sauver la vie de ce petit bout en aurait brisé le cœur de Mulder.


« Lorsqu’on a annoncé l’heure du décès, elle a ôté ses gants et a disparu. Je l’ai cherchée partout jusqu’à voir que la porte du toit était mal fermée. » Désignant l’ascenseur à quelques mètres d’eux.

« Appuyez sur le cinq puis prenez l’escalier sur votre gauche. »

« Merci. »

Les directions de l’infirmière le menèrent à bon port et il la trouva accoudée au parapet. Il n’était que vingt-deux heures mais la nuit était déjà opaque et glaciale, pourtant elle se tenait là, uniquement vêtue de son pyjama bleu de chirurgien. Mulder secoua la tête avec dépit, lorsqu’elle souffrait intérieurement elle ressentait souvent le besoin de se faire du mal physiquement. Un moyen pour elle de se focaliser sur une autre douleur, parfois passagère, la plupart du temps paralysante. Silencieux, il s’approcha à pas de loup et abaissa sa fermeture éclaire pour ouvrir son manteau et le glisser sur les épaules de la jeune femme. Il sourit en la voyant noyée dans sa parka, elle paraissait si petite et si faible tout à coup. Il détestait tant la voir ainsi qu’il ne pu se retenir de la prendre dans ses bras sans même lui poser la moindre question. A quoi serviraient-elles ? Tout ce que Scully lui répondrait ne serait que mensonge, incapable d’avouer son désarroi par peur de le communiquer ou d’être prise pour une moins que rien.

« J’ai abandonné. » Soupira-t-elle, sa voix étranglée par l’étreinte de sa gorge, empêchant toute émotion de s’échapper.

« Non, Scully, tu n’as pas abandonné, tu t’es battue et tu as perdu. Ca arrive, aussi insupportables les conséquences soient-elles, ça arrive et ce n’est pas de ta faute… » Murmura-t-il en embrassant ses cheveux, une fois de plus persuadé que Dieu n’existait pas.

« Si je ne l’avais pas opéré contre l’avis de… » Commença Scully avant que Mulder ne l’interrompe, un doigt sur ses lèvres gercées.

« Tu sais très bien que si tu n’étais pas intervenue, il ne s’en serait pas sorti et il aurait probablement souffert bien davantage des suites de sa maladie. » Expliqua-t-il à vive allure pour qu’elle ne puisse pas le rebuter. « Scully, tu as offert l’espoir à cet enfant, si tu n’avais pas été là, il serait décédé dans quelques semaines, après s’être morfondu sur son lit de mort. Tu crois vraiment que ça lui aurait été plus favorable ? » Demanda-t-il en priant pour qu’elle ne trouve rien à lui dire pour contrer ses propos.

Pour son plus grand soulagement, Scully ne trouva rien à répliquer et au lieu de ça, elle resserra ses bras autour de sa taille. Son parfum, la douceur de sa main dans sa nuque, Scully se sentit rassurée et coupable à la fois. Rassurée de toujours avoir cette présence à ses côtés et coupable de la posséder alors que Monsieur et Madame Fearon n’avaient plus leur enfant.

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Dernière édition par Polly le Dim 23 Nov - 5:27, édité 1 fois
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Polly

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mar 30 Sep - 22:22

« Lorsque j’ai quitté la salle d’opération, je suis directement allée voir les parents de Christian. Si tu avais vu leur regard… Jamais je ne me suis sentie plus pitoyable qu’en face d’eux tout à l’heure. » Souffla-t-elle contre son torse, ses muscles tendus et contractés au possible.

« Il fallait que tu le fasses, je te connais, tu te serais sentie encore plus pitoyable si tu avais choisi la facilité en les évitant. » La raisonna Mulder, satisfait de la voir acquiescer doucement.

A travers les mailles de son pull Mulder commençait à pâtir du froid et se demanda une fois de plus comment elle avait pu supporter de rester exposée aux éléments pendant plus d’une heure avant qu’il n’arrive. Inconsciemment, il caressa ses cheveux pour la débarrasser d’un amas de flocons qui se répandait sur toute leur longueur. Il empoigna ensuite sa main et l’entraîna à l’intérieur jusqu’à rejoindre les vestiaires où elle se changea en vitesse pour que tous les deux puissent rentrer se coucher.


***


« Les Seychelles ? »

« Mulder, jamais ils ne m’attribueront ce congé alors qu’ils m’ont engagée il y a moins d’un an. Je viens juste d’obtenir un poste à plein temps, tu crois vraiment que c’est le moment de demander 2 semaines pour partir en vacances ? » Fit Scully, plus rhétorique qu’autre chose. « Et depuis quand tu aimes partir en vacances ? » L’interrogea-t-elle de là où elle se trouvait, c'est-à-dire allongée sur une couverture étendue au beau milieu du salon.

« Avant je trouvais toujours une affaire à mettre sous la dent. Maintenant, tout ce qui requiert quelques recherches c’est la plomberie qui fuit. » Répliqua-t-il en apparaissant enfin dans la pièce, une bouteille de vin dans une main, un tire-bouchon dans l’autre. « Et tu sais très bien que la plomberie ce n’est pas mon truc. » Ajouta-t-il clignant de l’œil pour lui rappeler un souvenir lointain.

« Oh… Mon Dieu, ne m’en parles pas. Jamais je n’avais eu un patient aussi agité. » Le railla Scully, amusée par les images qui lui venaient en tête.

« Ce n’est pas tous les jours qu’on a une infirmière personnelle aussi… consciencieuse. » Affirma-t-il, faisant mine de chercher le mot le plus approprié.

« J’avais pitié de ton pauvre petit postérieur Mulder. C’était une sacrée ecchymose. » Se moqua Scully, elle avait pris appui sur ses coudes pour le regarder verser du Merlot dans un verre qu’il lui tendit aussitôt.

« Ouais c’est ça. » Souffla Mulder avec un sourire, la séance de soins avait vite pris une différente tournure lors de leur retour à l’hôtel. « A nous. » Célébra-t-il en cognant doucement son verre à celui de la jeune femme.

Il était content de lui changer les idées après ces derniers jours qui leur avait semblés interminables. Le Père Ybarra, le supérieur de Scully, la surveillait de près, guettant sa prochaine erreur pour la rétrograder. Sa promotion avait été validée par la direction peu de temps avant que Christian ne décède et il n’avait donc pas pu prendre de mesures à l’encontre de la jeune femme. Quant aux parents du petit Fearon, la mère était inconsolable et le père avait profité de la situation pour déverser sa colère sur Scully. Cette dernière avait encaissé sa tirade avec une résignation admirable, sans flancher sous la pression des mots qu’il pouvait lui envoyer au visage. Mulder était passé chercher Scully à son travail car il avait gardé la voiture et être témoin de cette scène l’avait bouleversé. D’autant plus que ce père dévasté avait lâché prise au beau milieu du couloir le plus fréquenté de l’hôpital. Scully n’avait pas ouvert la bouche et lorsque l’orage fut passé, elle se dirigea directement vers le parking sans même lever les yeux sur Mulder. Elle s’était couchée après avoir sauté son repas et Mulder l’avait laissée faire son deuil à sa manière, seule mais inconsciemment accompagnée. Jusqu’à ce jour. Comment rester impuissant face à sa souffrance ? Mulder avait décidé de lui changer les idée serait le meilleur moyen de la détendre. Quoi de mieux que de parler voyage ? Soleil ? Lumière ?


« Alors ? Tahiti ? Hawaï ? L’Île Maurice ? » Enuméra-t-il de plus belle dans le simple but de la faire saliver.

« Jamais je ne pourrai convaincre Père Ybarra. » Insista Scully en se rapprochant de lui quand Mulder s’assit sur la couverture.

« C’est dommage. » Ronchonna-t-il, ses mains caressant la clavicule dénudée de Scully.

« Merci Mulder. » Murmura-t-elle sans crier gare, sa voix de nouveau profonde.

« De ? » Questionna-t-il, ses doigts traçant un chemin de son épaule à sa gorge.

« De me faire penser à autre chose. Je sais que je n’ai pas été agréable ces derniers temps et que tu as dû prendre sur toi pour me supporter. » Avoua-t-elle, un fragile sourire sur les lèvres pour lutter contre ses émotions.

« Chacun son tour, quand j’étais à la limite de la dépression, tu étais là pour moi. Scully, ça fait 15 ans, je crois que les « merci » ou les « pardonne-moi » sont dépassés. » Assura-t-il avec conviction.

Comme pour justifier ses dires, il se pencha au dessus d’elle, scellant leur pacte d’un baiser. Les mains de Scully vinrent se perdre dans sa nuque et Mulder la captura d’un étreinte cajolante. Il se plaça au dessus d’elle, équilibrant son poids sur ses bras, de chaque côté de Scully. Leur bouches ne se quittèrent pas une seconde, l’une et l’autre domptée par des lèvres qui s’accordaient en une mélodie gracieuse et touchante. Le feu crépitait à proximité, offrant chaleur et réconfort mais ne diminuant pas la dureté du sol qui les accueillait.


« Euh Scully, pas que l’idée de faire ça dans le salon me dérange mais je ne suis plus tout jeune. » Susurra Mulder avant de mordre la peau de son cou.

« Dans la chambre… » Gémit Scully, sentant les mains de Mulder sur sa poitrine.

« Scully, le sofa… Plus près… » Rétorqua Mulder en s’attaquant au pantalon de la jeune femme qui tentait de se relever.

« Oh et puis… » Céda-t-elle sous ses assauts, bien que le fantasme du canapé en cuir soit celui de Mulder, avec les années, elle avait appris à discerner ses avantages. « On va finir par le ruiner. » Remarqua-t-elle en passant une jambe au dessus de celles de Mulder qui avait déjà trouvé sa place.

« On en rachètera un autre. »

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Jeu 2 Oct - 18:44

***


« Ce n’est pas d’un neurologue dont cet homme a besoin mais d’une évaluation psychologique. » Affirma Scully avant de refermer la porte derrière elle.

Quelques mètres plus loin elle profita de l’activité régnant dans le couloir pour s’accorder un long soupir d’épuisement. Qui aurait cru que la neurologie soit aussi réclamée en cette période de Noël ? Haussant les épaules, Scully se dit que les vacances poussaient les gens à sortir de chez eux et que les routes glissantes ne faisaient que multiplier le nombre d’accidents. Une sixième année où Mulder et elle passeraient les fêtes rien que tous les deux. Ces soirées au coin du feu, nichée dans ses bras, avaient le don de la ravir mais une partie d’elle ne pouvait s’empêcher de penser à sa famille, à sa mère, ses frères… Maintenant qu’ils avaient travaillé avec le FBI sur l’affaire Bannan, Skinner avait semblé rassurant vis-à-vis de leur situation mais cela signifiait-il qu’elle était libre de reprendre contact avec sa famille ? Comment Mulder le prendrait-il si elle lui avouait ce manque ? Penserait-il que ce qu’il a à lui offrir n’est pas suffisant ?

Un patient bouscula Scully au passage et elle revint à la réalité. Celle d’un hôpital rempli de malades et de blessés qui avaient besoin qu’on s’occupe d’eux au lieu de s’apitoyer sur son propre sort.

Alors qu’elle pressait le bouton pour appeler l’ascenseur, une voix fébrile l’interpella et Scully fit demi-tour. Face à elle se trouvait un père tenant son fils par la main, et à en juger par son regard, l’angoisse s’était éprise de lui.


« Monsieur, je peux vous aider ? » Fit-elle, interloquée.

« Vous êtes bien le Docteur Scully ? » Questionna-t-il, ses yeux surveillaient les alentours, quoi qu’il craigne, Scully commençait également à s’en méfier.

« Oui, c’est bien moi, est-ce qu’on se connaît ? »

« Je m’appelle Stephen Van de Kamp… Nous avons un ami en commun. Walter Skinner était mon officier supérieur au Viet Nam… Je n’ai pas le temps de vous expliquer en détails mais… Voici William, votre fils. » Annonça-t-il en lui tendant la main de l’enfant, lui aussi apeuré.

Scully resta paralysée, la bouche entrouverte, incapable d’articuler le moindre mot. Son… fils ? William ? Dans ce simple couloir d’hôpital ? Ce n’était pas possible que les choses se règlent aussi facilement, il devait y avoir un piège, une condition, quelque chose. Ce n’était peut-être pas réellement William ? A cette hypothèse, elle se pencha vers l’enfant, reportant toute son attention sur lui, son visage, ses vêtements, la peluche qu’il serrait contre sa poitrine. Ses genoux faiblirent comme pour lui indiquer qu’elle ferait mieux de s’accroupir pour l’observer. Le petit garçon la dévisageait lui aussi et semblait réconforté par le regard de cette femme dont il ne connaissait que le nom de famille.


« Nous sommes traqués… il y a quelques jours ils ont tué ma femme, sectionnant le câble des freins. William aurait dû mourir avec elle mais il était malade alors au lieu de le conduire à l’école, elle a fait venir la voisine pour le garder et elle est partie à la pharmacie… Maintenant ils me poursuivent… Walter, c’est lui qui nous amené William lorsqu’il a su qu’on ne parvenait pas à avoir d’enfant. Il nous a prévenu du danger qui pouvait nous guetter, que sa mère ne pouvait plus veiller seule sur lui… Nous avons accepté de prendre soin de lui et pendant six ans, nous avons vécu comme dans un rêve. Mais du jour au lendemain on s’est senti suivi, Walter m’avait confié une photo de vous, au dos il y avait votre nom, il m’a dit de vous trouver en cas de problème, que vous étiez la seule en mesure de le sauver. Est-ce que… Est-ce qu’il avait raison ? » S’enquit-il, des larmes dévalant ses joues sans même qu’il en soit réellement conscient. « Docteur Scully ? Est-ce que vous pouvez le protéger ? » Répéta M. Van de Kamp lorsque Scully ne lui répondit pas.

Bien que focalisée sur cet enfant, sur ses grands yeux bleus et tendres, Scully avait bu les paroles de cet homme. Sa tête hocha de l’affirmative, plus instinctivement qu’autre chose, et le père n’en attendit pas plus. Il s’agenouilla à leur hauteur, déposa un sac à dos au sol et prit le petit garçon dans ses bras. Ce dernier lui rendit son étreinte sans quitter Scully des yeux et reçut un baiser sur le bout du nez.


« Comment m’avez-vous trouvée ? » S’étonna Scully en retrouvant sa voix.

« Un article de presse sur la disparition d’une agent du FBI… Je suis tombé sur votre nom. » Eclaircit-il avant de reporter son attention sur son fils.

« William, je t’aime fort, cette dame va prendre soin de toi, j’ai confiance en Walter. Sois sage, hein bonhomme, tu me le promets ? » Réclama M. Van de Kamp, n’obtenant qu’un murmure de la part de son enfant. « Il… Il est capable de certaines choses… Vous verrez, n’en ayez pas peur, c’est… C’est un don, un miracle. » Décrivit-il en se mordant les lèvres pour résister aux assauts de sa peine.

Un miracle, c’était en ce terme que Scully avait évoqué William lorsqu’il était né. Cet homme ne saurait pas si bien dire. Quand elle voulut le remercier, il avait disparu comme par enchantement, la laissant seule dans ce couloir, accompagnée de ce petit garçon mystérieux. Il avait dû prévoir cette scène depuis des jours se dit-elle, pour avoir la force de tourner le dos à son propre fils dans le but de lui sauver la vie.


« William, est-ce que tu sais qui je suis ? » Se risqua Scully lorsqu’elle retrouva sa voix.

Il examinait son visage avec une telle intensité, comme s’il la reconnaissait mais refusait d’y croire tant la situation était improbable. Cependant, il leva la main pour poser ses doigts sur les lèvres de Scully qui se tint immobile sous son geste. Ce qu’il fit ensuite étreignit le cœur de la jeune femme car il ramena son index et son majeur sur son propre front. C’était une exacte imitation des baisers qu’elle avait l’habitude de lui donner quand il était bébé et qu’il avait fini de téter ou se réveillait de la sieste. Elle l’embrassait juste à la limite de ses cheveux, un mouvement qui avait toujours eu l’effet de l’apaiser et de faire naître un sourire aux coins de sa bouche.


« Oh mon Dieu. » Balbutia Scully en le prenant dans ses bras, comment résister à l’envie de l’enlacer ?

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Dim 5 Oct - 3:01

Les gens grouillaient dans le couloir, les évitant tant bien que mal car ils se trouvaient en travers de leur chemin. Scully avait imaginé ces retrouvailles un millier de fois, recroquevillée au fond de son lit, sous les couvertures. Elle s’arrangeait toujours pour tourner le dos à Mulder afin de pleurer en silence mais son stratagème ne tenait jamais le coup très longtemps. Mulder finissait inévitablement par se rapprocher d’elle et par la réchauffer en lui murmurant des mots rassurants. Désormais, ce serait à son tour de le réconforter et quoi de mieux que de lui ramener la personne la plus précieuse au monde ?

« Il faut… Il faut que j’aille me changer. » Souffla-t-elle dans ses cheveux, agrippant sa petite main avec un peu trop de force et attrapant son sac en même temps.

La peur de le perdre demeurait présente à chaque détour qu’ils prenaient pour rejoindre les vestiaires. Là, elle le fit s’asseoir sur le banc, récupéra un change dans son casier puis se glissa derrière le paravent des douches pour enfiler ses vêtements tout en gardant un œil sur lui. Il ne parlait pas encore mais cela ne l’inquiétait pas réellement, ce devait être un vrai traumatisme de se retrouver seul avec une quasi inconnue. Une inconnue sensée assurer sa sécurité mais qui tremble comme une feuille, a les yeux humides, les gestes désordonnés. Ce n’était pas surprenant qu’il reste muet, son comportement semblait probablement très déroutant pour un petit garçon aussi jeune. Sans oublier qu’il percevait certainement tout autant qu’elle le danger les épier à chaque seconde qui s’égrène.

Lorsqu’elle fut prête, Scully récupéra ses affaires et les entassa dans son sac. Contrairement à ses collègues, Scully s’était refusée d’apporter des objets trop personnels à l’hôpital, le moindre détail aurait pu guider une personne malintentionnée jusqu’à Mulder. Ce qui la chagrinait le plus, c’était de ne pas avoir de photo de lui sur elle. Cela faisait quinze ans qu’ils ne vivaient que l’un pour l’autre et il lui était interdit de posséder ce simple cliché dans son portefeuille. Une image qu’elle pourrait présenter à ses amies infirmières en leur disant que oui, elle avait trouvé son autre. Ces derniers jours, elle avait pensé à le faire puisqu’il n’avait plus à se dissimuler et venait même régulièrement lui rendre visite, mais avec tout ce qu’elle avait à l’esprit, elle oubliait sans cesse. Un léger sourire nostalgique étira ses lèvres à l’instant où elle referma son casier, abandonnant par la même occasion son emploi. Scully prit une grande inspiration, s’armant de courage pour les jours à venir, elle en aurait besoin. Effectuant un demi-tour, elle caressa la joue de William, assis là à l’observer comme si elle allait s’envoler en fumée s’il osait cligner des yeux. Son visage était un mariage exact entre ses propres traits et ceux de Mulder. Si elle l’avait aperçu dans une foule, il ne faisait nul doute qu’elle l’aurait reconnu au premier regard. Ses lèvres avaient la même forme que celles de son père. Néanmoins, son expression transmettait ce même refus d’irrationalité que Scully se savait capable d’arborer à la perfection. Mulder lui en avait assez souvent fait la remarque pour qu’elle en soit convaincue.


« On va partir d’ici d’accord ? Je suis sûre que tu ne dois pas aimer l’hôpital. » Suggéra-t-elle en s’efforçant de rester calme et maîtresse de la situation.

L’enfant acquiesça doucement et faufila sa main dans la sienne sans même que Scully n’ait à remuer le petit doigt. Il venait de lui accorder sa confiance malgré les hésitations évidentes de Scully et cette dernière n’était pas prête de la briser. Cela signifiait qu’il percevait en elle autre chose que l’appréhension, un sentiment, une émotion particulière qui lui donnait envie de la suivre.

Tout doucement, elle tourna la poignée et jeta un coup d’œil à l’extérieur où rien ne semblait dénoter de l’ordinaire. C’était le milieu de l’après-midi et ils se trouvaient au rez-de-chaussée, là où les urgences regorgeaient de monde. Ils profitèrent de cette surpopulation pour se frayer un discret chemin jusqu’à la sortie principale.

Malheureusement, les choses ne se révélèrent pas aussi faciles que Scully l’aurait espéré. En effet, alors qu’ils s’approchaient du bureau des admissions, elle décela une désagréable sensation qui lui remonta le long du dos. Son instinct aux aguets, Scully tourna la tête vers le comptoir pour y apercevoir deux hommes vêtus de noir, des pieds à la tête. Certaines personnes avaient le don de se fondre dans le décor se dit la jeune femme avant d’accélérer le rythme. Ils étaient sur le point d’atteindre l’extérieur quand l’un des hommes les remarqua et alerta son partenaire. Scully ne fit ni une, ni deux, elle prit le petit garçon dans ses bras et courut en direction des escaliers qui menaient au parking privé de l’hôpital. Cependant, elle n’avait pas encore parcouru dix mètres qu’un grand fracas résonna derrière eux. S’accordant une pause infime, elle réalisa que ses poursuivants étaient entrés en collision avec un brancard, le renversant dans leur précipitation. William frissonnait contre elle alors Scully caressa ses cheveux, tentant de le calmer par tous les moyens. Il nicha alors son visage dans son cou.

Dehors, le froid les heurta de plein fouet et Scully resserra de nouveau son étreinte sur William sans oublier de surveiller ses pas afin de ne pas manquer la première marche.

La neige tombait à gros flocons, s’échappant d’un ciel grisâtre et couvert. Heureusement, les chasse-neige avaient fait leur travail, déblayant routes et parking, salant le béton pour éviter que le verglas ne se forme. Scully se précipita vers sa voiture et installa William à l’arrière. Elle regrettait de ne pas avoir de siège rehausseur car elle aurait à conduire rapidement malgré les intempéries. Du coin de l’œil, Scully s’assura que ses poursuivants ne couvraient pas leur retard tout en passant la ceinture de sécurité autour de l’enfant. La chance était de leur côté car les deux hommes semblaient garés un peu plus loin, ce qui rallongeait leur parcours. Scully en profita pour se glisser au volant et déguerpir à toute allure.


« William, écoute-moi… » Scully lui fit signe, essayant de capter son attention avec ses mots, souhaitant lui faire oublier les hommes à leurs trousses. « On va retrouver… Un monsieur, un monsieur très gentil avec qui je vis et qui va nous aider à nous enfuir… d’accord ? » Fit-elle, ses mains moites et frissonnantes.

« C’est ton mari ? »

Sa voix était lisse, animée d’une curiosité enfantine qui surprit Scully. Elle savait que c’était idiot, après tout, il n’avait que 6 ans, il était normal qu’il ne saisisse pas l’étendue de leurs problèmes. Pourtant dans son regard, elle avait perçu une telle intelligence, une sagesse qui ne correspondait pas à la candeur qu’il venait d’exprimer. Scully secoua la tête, chassant de son esprit cette idée saugrenue.

« En quelques sortes. » Répliqua-t-elle, souriant dans l’espoir de ne pas lui communiquer son appréhension.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Lun 6 Oct - 15:39

« Il s’appelle Mulder, on t’expliquera tout ça un peu plus tard. » Lui promit-elle, ses yeux rivés sur le rétroviseur.

Pour le moment, aucun autre véhicule ne se trouvait derrière eux et elle se reconcentra sur la route. Ce n’était pas parce qu’elle ne voyait pas le danger qu’il ne les guettait pas.

Dans son empressement, elle n’avait pas pris le temps de refaire sa tresse et ses cheveux retombaient désormais en cascade sur son visage, gênant sa visibilité. D’un geste agacé, elle repoussa les mèches qui lui piquaient les yeux, se demandant encore pourquoi elle les avait laissés pousser autant. Bien sûr, Mulder ne serait pas de cet avis étant donné qu’il lui avait ordonné de ne plus s’approcher d’une paire de ciseaux ou d’un salon de coiffure. Elle avait tenté de lui faire changer d’avis, jurant que s’il ne se rasait pas, il n’y avait pas de raison qu’elle se plie à sa requête. Mulder avait alors insisté par tous les moyens, usant de ses charmes et de son corps pour lui faire comprendre combien il la trouvait belle ainsi. Comment aurait-elle pu lui refuser ce plaisir ? Celui d’entremêler ses doigts dans sa chevelure tout en l’embrassant ? Ou encore, celui de la shampooiner à sa manière. Technique très particulière impliquant davantage la bouche que les mains et très peu efficace question nettoyage capillaire. En revanche, pour ce qui concernait ses amygdales, elles semblaient en parfait état. Mulder s’en assurait personnellement, chaque jour, avec un zèle plus qu’équivoque.

Scully faillit se mettre à rougir quand elle réalisa ce à quoi elle pensait au lieu de se focaliser sur ses soucis actuels. Un coup d’œil à l’arrière et elle soupira de soulagement quand elle vit que personne ne les filait.

Scully rentrait chez elle, dans la maison qu’elle partageait avec Mulder et elle ramenait leur fils. Leur fils. Six ans de prières non exaucées et comme ça, tout à coup, sans raison, il leur tombe du ciel. Peut-être était-ce réellement un piège ? Peut-être que cet homme ne connaissait pas Walter ? Ils auraient pu se faire passer pour lui afin d’obtenir la confiance de Scully, utilisant son fils comme appât pour qu’elle les mène tout droit à Mulder et qu’ils puissent les tuer tous les trois. Une bonne fois pour toutes.

Cette hypothèse lui donna des sueurs froides, que devait-elle donc faire ? La solution lui vint à cet instant précis, leur code, leur plan en cas d’urgence… Ils avaient tout prévu, au début, lorsqu’ils changeaient de ville tous les deux mois, remettant sans cesse en place une échappatoire. Puis un jour, l’épuisement, la lassitude, le besoin de s’installer dans un endroit à eux où ils pourraient se créer une illusion de vie sociale… Ils étaient venus habiter en Virginie Occidentale. Scully avait trouvé un emploi d’infirmière à l’hôpital tout en reprenant ses études pour devenir chercheuse. Peu à peu ils s’étaient fondus dans cette nouvelle existence, Mulder s’était quelque peu renfermé sur lui-même mais la présence de Scully tous les soirs semblait le maintenir à la surface, lui donner l’espoir qu’un jour il pourrait sortir de ce cocon étouffant. Ses seuls moments de liberté étaient les weekends où ils partaient en voiture et conduisaient pendant des heures. Une fois suffisamment éloignés de la frontière de l’Etat, ils ouvraient leurs portières et faisaient de longues balades en pleine air. Dans la forêt, en plein centre ville, dans un petit village inhabité, qu’importe. Ils respiraient tous les deux, s’affichaient comme un couple, un vrai couple, et ne se souciaient de personne d’autre qu’eux-mêmes pendant l’espace de deux jours.

Sa décision était prise, elle rallierait l’arrêt de bus dont elle avait appris l’adresse par cœur pour ne pas avoir à la noter quelque part.


« William, finalement, on va prendre le bus tous les deux et de là on appellera Mulder pour qu’il nous rejoigne autre part, ce sera plus sûr. » Exposa-t-elle en tournant la tête pour lui lancer un sourire compatissant.

Le petit garçon haussa les épaules, quel choix avait-il de toute façon s’accusa Scully. Elle l’observa dans le rétroviseur, son petit minois rendu pâle par la faible température et la confusion qu’il éprouvait sans nul doute.

A cette heure, les deux hommes qui les recherchaient avaient probablement découvert son nom à l’hôpital. Si elle avait été à leur place, elle se serait directement rendue à son domicile. C'est-à-dire, celui indiqué dans son dossier à l’hôpital, autrement dit, une fausse adresse. Malgré ça, il était évident qu’ils ne s’arrêteraient pas là, Our Lady of Sorrow était comme une petite ville où les informations circulent facilement. Une personne rencontrée ici ou là en faisant des courses, une conversation anodine, ils découvriraient la maison où Mulder et elle avaient vécu ces dernières années. Ce n’était qu’une question de temps.

Enfin, Scully immobilisa son véhicule sur le bord de la route. Elle sortit son portable et composa un numéro lui aussi connu sur le bout des doigts.

Dans son siège, elle se tourna de côté, incluant instinctivement William dans sa conversation.


« Mulder. »

« C’est moi, Mulder, tu me manques. » Lui annonça la jeune femme en gardant son calme, attendant la réponse qu’elle devait obtenir comme une confirmation de leur pacte.

« Tu me manques encore plus. » Répliqua-t-il avant de raccrocher.

Scully se relaxa quelques secondes, tranquillisée, Mulder serait bientôt à leurs côtés. William la dévisageait d’un drôle d’air. Le pauvre, il se demandait sûrement si cette femme était vraiment sa mère s’il aurait à supporter cette folle à lier pendant encore longtemps.


« Ne t’inquiète pas, tout va bien. » Lui assura-t-elle en tendant le bras pour caresser sa joue.

« Je sais. » Dit-il, avec une certitude attachante.

« Aller, on a un bus à prendre. » Lança Scully en défaisant sa ceinture de sécurité.

Elle ouvrit sa portière, puis celle de William pour l’aider à sortir de la voiture sans glisser dans la neige. Ses petits pieds étaient encastrés dans des Moon boots bleus nuit, accordées à sa parka. Ils s’arrêtèrent devant le coffre que Scully ouvrit pour entasser ses affaires de rechange dans un sac de voyage déjà prêt. Jamais elle ne le quittait car en cas de fuite, ce serait les seuls effets personnels qui lui resteraient. Elle s’assura également qu’elle avait bien le bagage de William et que lui, de son côté, tenait toujours sa peluche contre son torse. Lorsque ce fut le cas, elle enfila son sac à dos sur une épaule, empoigna le sien et retrouva la petite main de l’enfant. Ce dernier avait revêtu les gants que son père adoptif, Monsieur Van de Kamp, avait dû laisser dans son manteau. Une fois parés, ils se mirent à marcher en direction de l’arrêt de bus situé à quelques encablures.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mer 8 Oct - 18:26

L’imposant véhicule vrombit enfin en haut de la longue route qu’ils venaient de parcourir, les soulageant d’une attente frigorifique mais pour le moins rassérénante. Scully possédait déjà un ticket dans son portefeuille mais elle en acheta un second pour William pour que tous deux puissent prendre place à l’arrière. Assis tout au fond du bus, ils tentèrent de se faire discrets mais ne souhaitaient pas non plus adopter une attitude trop suspecte. Scully glissa un bras dans le dos du petit garçon, souriant avec bienveillance quand il leva les yeux sur elle, intrigué. Elle tira avantage de sa position pour surveiller les voitures qui les suivaient. L’une d’elle, relativement sombre, déboîta pour se garer à la hauteur de sa Taurus. Les deux hommes qu’elle avait vus un peu plus tôt en sortir et Scully remercia les cieux lorsque le car tourna sur la gauche, abandonnant ces inconnus sur la chaussée. Ils avaient semble-t-il perdu leur trace.

***


Le car marqua une courte pause, permettant à Scully et William de descendre afin de continuer à pied. La nuit commençait peu à peu à tomber malgré la fin d’après-midi. En hiver, même dans un ciel sans nuage, le soleil avait tendance à se faire plus rare et ce, de plus en plus tôt. Scully avait souvent l’impression que ses journées ne prenaient jamais fin, se trouvant encore à l’hôpital quand dehors il fait déjà noir.

Tout près d’elle, William trébucha et manqua de tomber, rattrapé au dernier moment par la main bienveillante de la jeune femme. Elle l’ausculta d’un regard et se rendit compte que la neige s’était accumulée sur ses chaussures et son bonnet. Le froid s’insinuait progressivement en lui et son organisme étant plus jeune, il lui était plus difficile de lutter contre les frisson qui le secouaient. Inquiète à son sujet, elle lui tendit les bras et décida de le porter pour le reste du chemin, calant un sac sur chaque épaule. L’un contre l’autre ils se réchaufferaient mutuellement. De toute façon ses coudes étaient déjà ankylosés alors elle ne serait pas à même de sentir le poids de l’enfant tirailler ses muscles fatigués.


« On est bientôt arrivés. » Lui promit-elle, déposant instinctivement un baiser sur son front.

En effet, à peine quelques minutes plus tard, ils parvinrent à une petite clairière et Scully quitta la route qu’elle avait longée jusque là. S’enfonçant dans les bois qui bordaient cette étendue blanche et aveuglante, Scully scrutait les alentours à la recherche de leur point de rendez-vous. Elle n’avait visité les lieux qu’une seule fois, plusieurs années plus tôt et en plein jour. Si l’on ignorait la neige, ce lieu paraissait désœuvré mais à cet instant, recouvert de flocons, l’herbe et les arbres sortaient tout droit d’un conte de Noël. Ses yeux se posèrent enfin sur un poteau marquant la fin d’une barrière et Mulder patientait là, emmitouflé dans un épais manteau.

Un sourire se dessina sur ses lèvres gercées puis disparut tout aussi vite lorsqu’il aperçut l’enfant dans ses bras. Il marcha jusqu’à eux, ses pas plus légers que ceux de Scully, sa taille plus imposante lui permettant ce luxe.


« Scully ? Qui est-ce ? Que se passe-t-il ? » S’enquit-il d’un ton grave.

« C’est William. » Chuchota Scully comme si la forêt les espionnait à l’aide de ses branches.

Les larmes lui montèrent aux yeux, elle avait résisté jusque là mais voir la confusion dans ses yeux la fit céder un moment.


« William ? » Répéta Mulder, abasourdi, il s’était attendu à tout sauf à cela.

« Je t’expliquerai, il faut le mettre au chaud. » Fit-elle en laissant Mulder porter William jusqu’à un quatre quatre qu’ils avaient dissimulé à l’orée du bois.

Il serra William contre lui comme l’on prend un œuf dans sa main, avec la peur de le briser si l’étreinte est trop forte mais en même temps incapable de la relâcher par crainte de le faire tomber. Son fils. Dans ses bras. Pour la première fois depuis 6 ans. Comment connecter toutes ces bribes de la réalité ? Il respira son parfum, ses cheveux, sentit ses petites mains s’accrocher autour de son cou. Une rafale et Mulder nota qu’il faisait étonnement frais au Paradis. Il revint à ses esprits.


« C’est ouvert. » Précisa-il afin que Scully lui ouvre la portière arrière.

William observait en silence ce petit manège qui se tramait autour de lui. Quand Mulder voulut attacher sa ceinture, il la lui ôta des mains et le fit à sa place, démontrant qu’à six ans, il était peut-être toujours un enfant mais pas aussi démuni qu’on ne l’aurait imaginé. Mulder se redressa pour le dévisager, heureux - aussi inopiné que ce constat le soit - de voir qu’il n’avait pas hérité de son nez.


« Comment l’as-tu trouvé ? » Lança Mulder par-dessus son épaule quand il sentit Scully se poster derrière lui.

« C’est son père qui m’a trouvée, grâce à l’affaire Bannan, il y a eu plusieurs articles de presse. Skinner lui avait donné mon nom au cas où et… »

Mulder fit demi-tour lorsque Scully s’interrompit, se demandant pourquoi elle ne terminait pas sa phrase. Il la trouva les joues rougies par le vent hivernal et humide, pour toutes autres raisons.

« Hey, ça va aller. » Souffla-t-il en l’attirant vers lui pour qu’ils s’approchent de William et se protègent du froid derrière la portière restée ouverte.

« On m’a dit que vous allez vous occuper de moi. » Confia William, choisissant cet instant pour se mettre à communiquer normalement.

« Et tu sais qui nous sommes. » Se permit d’adjoindre Scully, repensant à ses doigts sur ses lèvres.

« Mes vrais parents. » Répliqua-t-il sans trop d’émotion.

Il était compliqué de savoir ce qu’il en pensait, si c’était la situation périlleuse dans laquelle ils s’embarquaient qui le troublait, ou bien le fait de retrouver ses véritables géniteurs. Scully n’était pas persuadée qu’il comprenait réellement les choses à leur juste valeur ou en mesurait la signification.


« Des hommes sont à sa poursuite, j’ai réussi à les semer en prenant le bus comme prévu. » Le renseigna Scully, faisant le tour du véhicule.

« Quand tu m’as appelé, j’ai tout de suite récupéré nos sacs et Andrew m’a déposé de l’autre côté du chemin. Avec les affaires qu’on a prévues dans le coffre, on a tout ce qui nous faut. » L’informa à son tour Mulder en fermant la portière de William avant de prendre place au volant.

« Et dire que je pensais retrouver une vie normale grâce à ce pacte avec Whitney et Drummy. » Maugréa Scully, dépassée.

« Ne t’inquiète pas, on se fait oublier quelques temps, on contacte Skinner et on voit quelles sont nos options. » Planifia Mulder, il emprunta la voie rapide et remercia la nuit de tomber aussi vite pour couvrir leurs traces.

Scully hocha la tête, leurs idées semblaient si simples de prime abord. Cependant cette journée finissait par étrangement ressembler à leur vie précédente, 6ans auparavant, quand ils étaient toujours sur la route à voyager d’hôtel en hôtel. Bien sûr, une différence fondamentale venait de bouleverser leur existence, s’ajoutant comme un douloureux bonheur dans ce parcourt dissolu.


« Est-ce que ça va William ? » S’inquiéta Mulder, son regard déchiré entre la route qu’il devait surveiller et le désir insatiable de contempler son fils.

« J’ai faim. » Répondit William haussant les épaules.

Scully sourit au son de sa voix, il était bon de l’entendre parler plus librement. A côté d’elle, Mulder lui désigna la boîte à gant d’un mouvement de tête et elle y découvrit une boîte de gâteaux. Des Oreos, ses préférés, ceux au chocolat noir – pour éviter le trop plein de calories – et fourrés à la crème. Combien de fois Mulder en avait-il volé dans ses paquets ? Tout ça pour le simple plaisir de séparer les deux parties en biscuit pour lui faire râper du bout des dents l’intérieur onctueux au lait. Il la connaissait mieux que quiconque.


« Tiens William, je ne sais pas quand on pourra s’arrêter. » S’excusa Scully, lui tendant les Oreos ainsi qu’une petite bouteille d’Evian.

« Il va falloir qu’on parle Scully. » Murmura Mulder sans vouloir inquiéter William.

***


Assis sur le bord du lit, les coudes sur les genoux, Mulder observait l’entrée de la salle de bain avec attention. L’hôtel n’était pas des plus huppés, mais il ferait l’affaire pour la nuit. Scully s’était appuyée sur le chambranle pour surveiller William qui prenait un bain. Tous les deux avaient peur d’étouffer William de leur présence, préférant rester en retrait. Scully avait simplement un peu plus de mal à résister à l’envie de le garder sous ses yeux. Juste au cas où. Ce dernier se prélassait dans la baignoire, s’amusant avec les bulles comme un petit garçon normal et insouciant.


« Je n’aurais jamais dû céder. » Maugréa Mulder en secouant la tête, pessimiste. « J’aurais dû t’en dissuader. »

« Qu’est-ce que tu veux dire Mulder ? Que je n’aurais jamais dû reprendre la médecine, c’est ça ? » L’interrogea Scully, interloquée que l’idée puisse ne serait-ce que l’effleurer.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Ven 10 Oct - 19:16

« Non ! Oui… » Commença-t-il, perdu. « Je ne sais pas, c’était trop évident. » S’expliqua-t-il en plongeant son visage dans ses mains.

« J’en avais besoin Mulder, tu le sais. Tu étais d’accord. » Lui rappela-t-elle, son regard allant et venant entre la salle de bain et la chambre.

Son ton se voulait explicite, partagé entre le reproche et la supplique. Tout ça ne disait rien qui vaille, cependant, Mulder ne pouvait nier le côté pratique d’un poste public. Si Scully n’avait pas eu cet emploi, jamais leur fils ne leur aurait été rendu.


« Oui, je le sais, crois-moi… Seulement, aussi bénies qui soient ces retrouvailles, elles nous obligent de nouveau à faire face à ces gens. Je… Je ne sais pas si on en aura la force, l’endurance… » Essaya-t-il de se justifier. « Surtout avec la vie d’un enfant en jeu. »

Jetant un coup d’œil à William qui heureusement semblait s’être évadé dans son monde et ne gigotait plus à outrance. Il ne risquait plus de glisser à cause de ses mouvements brusques alors Scully risqua un pas dans la direction de Mulder. Arrivée à sa hauteur, elle s’agenouilla au sol, entre ses jambes, et inclina sa tête pour l’obliger à écouter.

« L’imprévu, ça nous connaît, tu te souviens de cette conversation dans les vestiaires de l’hôpital, quand j’ai voulu te dire d’arrêter ? » Demanda-t-elle avant de continuer suite à son acquiescement. « Tu m’a ignorée, comme toujours. Tu as été attiré par ce monde et j’ai dû t’y rejoindre car une fois encore, tu t’étais mis dans le pétrin. C’est ce qui m’a ouvert les yeux, quand je ne savais pas ce qui t’était arrivé, quand Christian est mort… Aussi insupportable que cela soit, c’est notre vie et c’est ce qui nous façonne, ce qui nous unit et nous renforce. Depuis que l’on s’est rencontrés, on n’a jamais pu y échapper, c’est qu’il doit y avoir une raison, quelque part, quelque chose. » Se confia Scully, elle se releva doucement pour conclure son discours d’un baiser.

Mulder glissa ses mains dans ses cheveux, rapprochant sa bouche de la sienne, encore et encore, assoiffé de cet amour inépuisable.


« Docteur Scully, seriez-vous en train de m’avouer que vous croyez au destin ? » Souffla-t-il contre sa joue, faisant naître quelques frissons au passage.

« Non, je pense que c’est un simple constat. Ca s’appelle ‘‘arrêter de se voiler la face’’ » Plaisanta Scully l’embrassant une nouvelle fois, dans le cou.

Au lieu d’y répondre, Mulder encercla ses hanches et la maintint en place. Intriguée, elle comprit par son expression qu’ils n’étaient probablement plus seuls dans la pièce. En effet, William se tenait dans l’entrée de la salle de bain, emmitouflé dans une serviette trop grande pour lui.


« J’ai fini. » Annonça-t-il, son regard fixé sur eux.

« Je vais aller nous chercher quelque chose à manger. » Proposa alors Mulder.

Quand il passa près de William, il ébouriffa ses cheveux humides et jeta un coup d’œil à Scully en même temps. Celle-ci acquiesça subrepticement, lui donnant la permission de mener son plan à bien. Mulder s’empara alors de leurs deux téléphones portables puis ouvrit le tiroir de la table de nuit pour y récupérer son arme. Ils n’étaient peut-être plus au FBI mais Mulder leur avait déniché deux Smith&Wesson brillant le neuf.


« Les numéros de série ont été effacés et ils n’ont jamais servi. » Lui avait assuré Mulder en revenant de sa course.

A l’époque, ils voyageaient encore de motel en motel, s’abandonnant rarement de peur d’être séparés. Scully avait recommencé à se ronger les ongles après avoir banni cette mauvaise habitude depuis plus de 20 ans. Il avait mis une éternité à revenir et il faisait nuit quand Mulder était réapparu. Avec profusion, il s’était excusé. Tellement pris par ses démons, il avait raté la sortie d’autoroute et avait tourné en rond plusieurs heures avant de retrouver son itinéraire initial. Scully avait voulu rester en colère, afin de lui donner une bonne leçon, mais son air de chien battu avait eu raison d’elle et l’altercation avait tourné court. D’une très belle manière.


« Scully ? Tu es encore avec nous ? » Lui parvint la voix lointaine de Mulder.

« Oh… Oui, je suis désolée. » Balbutia-t-elle, un sourire gêné naquit sur ses lèvres.

« Je m’en débarrasse comme conclu et j’appelle Skinner. » Résuma Mulder en désignant leurs deux téléphones portables.

« Oui, je veillerai sur William. » Fit-elle, rejoignant le petit garçon pour justifier ses dires.

« A tout à l’heure. »

***


Le vent était si froid par moment que Mulder se revoyait en Antarctique, dix ans auparavant. Il se souvenait de ce blizzard cinglant qui vous brûle le visage et vous gèle les lèvre en deux respirations. C’était comme prendre une inspiration et se retrouver la gorge emplie de cristaux de verre. On a beau tousser, on souffre toujours autant si ce n’est plus encore.

Mulder s’enferma dans une cabine téléphonique resserrant ses mains devant sa bouche et soufflant de l’air chaud à l’intérieur de ses paumes. Il avait des crampes dans les doigts mais parvint à composer le numéro de son ancien supérieur malgré la douleur. Cela lui apprendrait à ne pas oublier ses gants.


« Skinner. »

« C’est Mulder. Nous avons un problème. » Déclara Mulder sans prendre de détour.

« Quel genre ? Est-ce que vous allez bien tous les deux ? » S’alarma instantanément Skinner.

Il leur avait confié son numéro personnel, juste au cas où. Il n’avait pas imaginé que Mulder devrait en faire usage dans un lapse de temps aussi court.


« Oui, nous allons bien mais ça risque de ne pas durer. Nous sommes suivis. » Lui répondit Mulder, exaspéré, leur cauchemar ne se terminerait jamais.

« Ca ne me surprend pas, l’Affaire Bannan a fait resurgir beaucoup de choses. Il y a eu du changement ici aussi. » Compatit Skinner, il semblait préoccupé.

« Que se passe-t-il, vous êtes au courant de quoi que ce soit ? » S’étonna Mulder, le moindre renseignement pourrait avoir sa valeur.

« Kersh est mort. J’ai quelques contacts bien placés qui m’ont confirmé la nouvelle. Il aurait été retrouvé assassiné d’une balle en pleine tête devant sa porte. Bien sûr, aucun témoin, la balle a traversé son crâne et reste introuvable. » Raconta Skinner avec ennui. « Il a déjà un remplaçant, un certain Larker. » Ajouta-t-il finalement.

« Larker, je ne connais pas. Vous croyez que… »

« J’ai jeté un coup d’œil à sa nuque, rien à signaler de ce côté-là. Mais ça ne veut pas dire qu’il soit totalement clair. » Devina-t-il avant même que Mulder n’ait à s’expliquer.

« J’aurais besoin d’aide, avec Scully… » Il ne pu continuer sa phrase immédiatement, de peur de se trahir et de prononcer le nom de William. « Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ? » Demanda Mulder, son ancien patron était le seul désormais en qui il avait confiance en dehors d’une certaine jeune femme rousse.

« Faîtes profil bas pour l’instant, je ne peux vous envoyer personne, on révèlerait votre position. Je vais voir ce que je peux faire de mon côté avec les quelques contacts dont je vous ai parlé. Bon courage à vous Mulder, prenez soin de Scully. »

« Comme toujours. Je vous rappelle au plus vite. » Soupira Mulder en raccrochant.

***


Quand Mulder entra dans la chambre, seules les deux lampes de chevet étaient allumées. La lumière feutrée éclairait suffisamment la table où William et Scully étaient assis. Tous les deux se concentraient pour créer un château de carte, retenant leur souffle pour ne rien faire tomber. A l’arrivée de Mulder, ils tournèrent la tête vers lui, esquissant un sourire gêné mais néanmoins reposé.


« Je vais prendre ma douche. » Annonça Scully afin de laisser le temps à Mulder de s’accoutumer à William, entre hommes.

Il en profita pour déballer la nourriture qu’il avait achetée, disposant les cartons de nourritures sur la tables. A chaque geste, William ne le quittait des yeux, observant ses mouvements avec admiration et attention. Mulder sentait bien qu’il ne savait comment agir avec eux, comment se comporter. Peut-être pensait-il que ces deux inconnus, qui prenaient soin de lui pour le moment, s’apprêtaient à l’abandonner à leur tour ?


« Est-ce qu’il y a quelque chose que tu veux nous dire William ? Tu sais, si tu as une question, quoi que ce soit, tu peux nous le demander. » Fit Mulder en s’accroupissant à sa hauteur.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Dim 12 Oct - 17:08

Le petit garçon baissa la tête, basculant d’un pied sur l’autre, affronter un adulte d’aussi près semblait le mettre mal à l’aise.

« On va rester ici ? » Murmura-t-il, timide.

« Non, c’est seulement pour cette nuit. Demain on va reprendre la route, on doit se cacher des messieurs qui te cherchent. » Lui expliqua Mulder, devinant l’incompréhension dans ses yeux, mêlée à la crainte. « Est-ce que tu sais qui c’est ? Tu les déjà vus quand tu étais avec tes parents ? » Questionna Mulder, gardant son ton léger pour ne pas lui faire percevoir l’importance de ses interrogations.

« Oui, ils ont fait du mal à mon papa et ma maman. » Acquiesça William sans cesser de fixer ses orteils.

« Ca va aller, on va s’occuper de toi William, on fera tout pour que rien ne t’arrive. D’accord ? » Lui promit Mulder en frottant son dos pour le réconforter. « Viens par là. » Fit-il en le hissant sur ses genoux pour le serrer dans ses bras.

William était tendu mais il se décontracta quelque peu, acceptant ce câlin mais pour le moment incapable de le rendre. Ce fut ainsi que Scully les trouva, sortant de la douche vêtue d’un peignoir blanc. Ses cheveux étaient humides et ses pieds nus mais elle portait son pyjama de soie lavande. Immobile, elle contempla ces deux personnes si précieuses, enchantée de les voir nouer un contact de plus en plus prononcé. William la remarqua à cet instant et Mulder relâcha son étreinte pour qu’il puisse rejoindre sa chaise. Ils mangèrent en silence, échangeant ça et là quelques commentaires taquins sur le repas. L’atmosphère demeurait tendue mais tous les trois se doutaient que les hésitations actuelles s’évaporeraient avec le temps. Du moins, ils l’espéraient de tout leur cœur.


« Il est tard, on devrait peut-être se coucher. Une grosse journée nous attend demain. » Suggéra Mulder, se massant le ventre avec délectation.

« Aller William, il faut se brosser les dents. » L’entraîna Scully, désignant la salle de bains.

Ils y allèrent ensemble puis Mulder les remplaça quelques minutes plus tard. Quand il eut terminé, il alla déposé un baiser sur le front de William, couché dans son lit jumeau. Scully se tenait là, assise sur le bord du matelas. Ses doigts s’obstinaient à ajuster la couverture, encore et encore, alors que ce n’était pas nécessaire.


« Bonne nuit William. » Souhaita Mulder pour que la jeune femme se décide à laisser William dormir.

« Bonne nuit. » Répondit ce dernier, il tourna le dos à Mulder et Scully, trouvant une position agréable.

Scully caressa ses cheveux puis se rendit à l’évidence et rejoignit Mulder sous les couvertures. Il modela son corps au sien, embrassant sa nuque dans l’espoir de l’apaiser. Avec toutes ces émotions, ils auraient tous des difficultés à trouver le sommeil mais s’ils parvenaient ne serait-ce qu’à reposer leurs organismes, ce serait déjà un grand pas.


« Dors, on est là pour lui et personne ne sait où nous sommes. » Chuchota-t-il dans son oreille.

Scully répliqua en resserrant son bras contre sa poitrine, calant sa main sous sa joue et fermant les yeux. Elle était exténuée et il ne lui fallut pas longtemps pour regagner les bras de Morphée.


***


« NOOOOON !!! La voiture !!! »

Mulder et Scully bondirent de leur lit à ces cris, se ruant vers William qui gesticulait dans tous les sens. Mulder alluma la lumière tandis que Scully enveloppait leur fils dans son étreinte. Les larmes coulaient à flot, ravageant son petit visage déformé de peur.

« Chut… Ca va aller mon ange, on est là. » Répétait Scully pour tenter de le rassurer mais ne sachant pas si leur présence lui paraissait comme positive.

« La voiture… » Sanglotait William. « La voiture. »

Son corps était secoué de trémolos et Mulder fit signe à Scully de le ramener dans leur lit. William s’était blotti contre elle et Mulder s’était allongé de l’autre côté pour qu’il se sente protégé.

« C’est fini William, c’était un cauchemar. » Souffla Mulder, son front appuyé contre celui de Scully qui tremblait tout autant que l’enfant. « Tu n’es pas tout seul. »

Au bout d’une bonne heure, William finit par se rendormir, bercé par quatre bras qui lui apportaient un réconfort longuement réclamé. Scully leva quelque peu la tête et échangea un baiser soulagé avec Mulder, il avait porté sa main au dessus de William pour la déposer sur la hanche de son amie. Son pouce allait et venait, instaurant un climat plus relaxé.

« Bonne nuit. » Dit-il une dernière fois et ils fermèrent les yeux à leur tour.

***


Une main cramponnée à la poignée de la portière, l’autre appuyée contre le tableau de bord, Scully surveillait avec angoisse le véhicule qui les suivait de près.

« Accrochez-vous ! » Leur conseilla Mulder avant de donner un coup de volant.

La jeune femme se prépara au choc, non sans vérifier que William allait bien. Celui-ci s’était recroquevillé dans son siège comme ils le lui avaient ordonné dès les premiers coups de feu échangés. La riposte de Scully avait brisé leur pare-brise mais les agresseurs avaient continué leur route, déterminés à les rattraper. Elle ne souligna pas le fait que la voiture à leur poursuite les rattrapait peu à peu, Mulder le remarquerait bien assez tôt. Un regard sur sa gauche indiqua d’ailleurs à ce dernier le meilleur moyen de prendre de la distance. Il effectua un virage soudain et dirigea leur 4x4 vers un champ et jachère. Ils étaient peut-être à bord d’un véhicule massif, donc facilement repérable, mais cela leur procurerait un atout indéniable : celui de pouvoir alterner route et roche en un clin d’œil.


« William, est-ce que ça va ? » S’inquiéta Scully, entre ses mauvais rêves et les circonstances actuelles, le pauvre enfant avait dû connaître de biens meilleurs moments.

« Je vais bien… Je vais bien… » Répétait-il, plus pour s’en convaincre que pour rassurer Scully semblait-il.

Ils étaient secoués dans tous les sens à force de conduire sur ce terrain impraticable, parsemé de racines ou autres souches de bois. Scully parvint néanmoins à se pencher pour récupérer son arme qui lui avait glissé des mains et s’était réfugiée entre ses pieds sur le tapis de sol. Ils passèrent une bosse mais elle maintint le Smith&Wesson avec force se tordant dans son siège pour viser leurs agresseurs. Elle tira à plusieurs reprises, atteignant finalement leur capot et, par la même occasion, la fin de son chargeur. Les deux hommes bifurquèrent subitement de leur trajectoire et s’enfonçèrent dans un sous bassement jusque là dissimulé par la végétation. L’une des balles de Scully avait à priori éclaté l’un de leurs pneus, les précipitant vers un accident inévitable. Victorieuse, elle baissa les yeux vers William qui tremblait comme une feuille et continuait à balbutier des « je vais bien » en se balançant d’avant et d’arrière.


« William ? » S’enquit immédiatement Scully, abandonnant son arme et attrapant son épaule pour l’obliger à se redresser ? « William ?! » L’appela-t-elle encore.

« Quoi ? Que se passe-t-il ? Il est blessé ? » Réclama Mulder son regard allant et venant entre son fils et le chemin de terre qui s’offrait à eux.

Malheureusement, sa vitesse et son inattention les menèrent au désastre. Le changement le prit au dépourvu : ce qui avait auparavant été une surface irrégulière et semée d’embûches se transforma en une terre lisse et gravillonneuse. Les roues dérapèrent et Mulder perdit le contrôle du 4x4 qui alla s’encastrer dans un arbre.

Mulder fut sonné mais à par quelques égratignures et des courbatures généralisées, il se portait plutôt bien. Immédiatement, il se retourna vers Scully qui revenait doucement à elle. Du sang lui coulait dans les yeux, provenant d’une coupure située à la limite de son cuir chevelu. D’un revers de manche, elle essuya son visage, capturant le regard de Mulder pour à son tour s’assurer qu’il n’avait rien. Comme s’ils retrouvaient subitement leurs esprits, ils pivotèrent dans leurs sièges pour trouver William recroquevillé dans l’espace normalement destiné à ses pieds.


« William ? Tu es blessé ? » Demanda Mulder, détachant sa ceinture pour se déplacer librement.

« Je vais bien. » Affirma-t-il pour la énième fois, enfouissant sa tête dans ses bras.

« Tu es sûr William, tu dois nous le dire si tu as mal quelque part. » Insista Mulder en tendant le bras pour caresser les siens, à la recherche de coupures ou d’ecchymoses.

« C’est juste la ceinture. » Souffla-t-il en indiquant sa poitrine. « Ca m’a fait tousser. »

« C’est normal, ça va aller. » Soupira Mulder, soulagé de le savoir indemne.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mar 14 Oct - 19:44

Scully n’avait pas participé à l’échange, Mulder s’était parfaitement débrouillé et de toute façon, elle ne pouvait pas se retourner.

« On ne doit pas traîner, on a pas mal d’avance sur ces types mais s’ils ont entendu l’accident, ils vont venir fouiller le coin. » Remarqua Mulder, ouvrant sa portière pour observer les alentours.

Ils se trouvaient en contrebas de la colline qu’ils avaient dévalée à toute allure. Ni Mulder ni Scully ne connaissait leur position exacte mais pour le moment, tout ce qui leur importait était d’échapper à ces hommes.


« Scully prends ce que tu peux dans le coffre, je prendrai le reste et je couvrirai vos traces. Suivez le chemin et cachez vous quelque part. Je vous rattrape. » Suggéra Mulder en se penchant sur les jambes de Scully pour récupérer deux chargeurs de rechange dans la boîte à gants.

Il sentit la jeune femme retenir son souffle quand il prit appui sur son genou pour se redresser.


« J’ai dû le cogner dans le tableau de bord pendant le choc, ce n’est pas grave. » Répliqua-t-elle du tac au tac pour ne pas lui laisser le temps d’imaginer le pire.

« Tu pourras marcher ? » Se renseigna-t-il en refermant sa portière et lui parlant à travers la fenêtre brisée.

« Fais attention à toi. » Lui offrit-elle comme unique réponse, certifiant qu’elle allait bien et que cette blessure ne l’arrêterait en aucun cas.

Sur ce, elle força sur la poignée pour réussir à sortir, l’armature du véhicule avait été déformée dans la collision. Pour ces mêmes raisons, elle dû faire sortir William par la fenêtre arrière et vérifia s’il était réellement indemne, ce qui semblait être le cas. Scully avait été la seule à ne pas porter de ceinture de sécurité, d’où son léger boitillement. Mulder l’aida à caler son sac ainsi que celui de William sur son dos, puis tous les deux échangèrent un baiser et se mirent en route, chacun de leur côté.

Malgré sa curiosité, elle n’avait pas voulu perdre son temps à réclamer des explications sur son plan. Il ne ferait pas de bêtise, pas maintenant qu’ils étaient tous les trois mais le danger reste parfois imprévisible. A côté d’elle, William serrait sa main, adaptant son pas au rythme bancal de Scully. Rien ne semblait cassé mais son genou la lançait terriblement, chose qu’elle tairait le plus longtemps possible. Cependant, elle se doutait qu’avec Mulder et la perspicacité de William, elle ne les duperait pas plus de quelques minutes.

Au bout du sentier, la terre qui le bordait formait une sorte de petite digue. Ce n’était pas le meilleur endroit pour échapper à la traque de ces hommes mais c’était ça où se dissimuler derrière un tronc d’arbre. N’ayant pas le choix, Scully indiqua le lieu à William et ils allèrent s’allonger derrière.

Un détail la taraudait depuis le début, comment avaient-ils pu retrouver leur trace au beau milieu de nulle part ? Scully était certaine de ne pas avoir été suivie entre leur descente du bus et le moment où ils avaient rejoins Mulder. Alors comment avaient-ils pu réapparaître aussi subitement ? Tout à coup la réponse lui vint et Scully se frappa mentalement le front. Comment avait-elle pu être assez idiote pour négliger un fait de cette importance ? Ravivée par la culpabilité, elle s’empara du sac de William et le retourna pour le vider dans l’herbe. Celui-ci la scrutait d’un air troublé, se demandant sûrement ce que son petit manège signifiait. Scully chercha un instant puis s’attaqua au tissu du bagage lui-même jusqu’à crier victoire. Dans la couture de la poche, elle dénicha un petit émetteur indétectable quand on ne sait pas sur quoi on veut mettre la main. Soupirant d’agacement, elle le tordit en deux afin de le briser et le mécanisme céda sous la pression. Avouer une telle erreur de débutant à Mulder ne serait pas une mince affaire, surtout lorsque l’on tient autant à son honneur que Scully.

Elle n’eut pas le temps d’imaginer la façon d’aborder le sujet en douceur car des bruits de pas furtifs résonnèrent derrière eux et ils firent volte face. Lentement, Scully jeta un coup d’œil au nouvel arrivant qui, avec soulagement, s’avéra être Mulder, essoufflé mais apparemment en un seul morceau.


« On est là Mulder. » L’interpella-t-elle en s’asseyant normalement.

« J’ai laissé des empreintes de pas allant dans l’autre direction puis je suis passé par les fougères pour faire demi tour. » Expliqua-t-il en souriant de présomption.

« C’est de ma faute. » Murmura William en fixant ses pieds, comme toujours.

« Qu’est-ce qui est de ta faute William ? » Questionna Mulder, n’étant pas au courant de l’histoire.

« Non, c’est de la mienne. Ils avaient dissimulé une puce dans son sac et dans l’empressement je n’ai pas pensé à vérifier… » L’éclaira Scully.

Ses yeux n’avaient pas quittés ceux de Mulder mais elle n’en était pas plus fière. Il dût se mordre les lèvres pour se retenir de commenter cette bévue incommensurable.


« Scully… » Maugréa-t-il tout de même, incapable de résister à sa colère.

« Je sais Mulder, j’en suis navrée… Est-ce qu’on peut y aller maintenant ? Avant qu’ils ne viennent jusqu’ici ? » S’enquit Scully, elle avait hâte de changer de sujet.

Sans attendre sa permission, elle s’empara de ses sacs, les endossa et retourna sur le chemin dans le but de continuer sa marche.


« Hey, Scully ? » La héla Mulder en se plaçant devant elle. « Ca arrive à tout le monde d’accord ? Personne n’aurait gardé son sang froid aussi facilement que tu le fais depuis deux jours alors ce n’est pas un petit oubli qui affaiblira ma confiance en toi. » Lui jura-t-il en glissant son bras autour de sa taille pour l’amener contre lui et embrasser brièvement son cou. « Maintenant on peut y aller. » Les autorisa-t-il en récupérant les affaires de William pour alléger le poids que Scully devait porter.

Elle hocha fébrilement de la tête, apaisée de savoir qu’il ne lui tiendrait pas rigueur de cette erreur. William en profita pour faufiler sa main dans la sienne et tous les trois se mirent à marcher rapidement le long d’une petite rivière, dans l’espoir de trouver une petite ville le plus tôt possible.

Lorsqu’ils atteignirent une route fréquentée, ils surent que leurs efforts seraient enfin récompensés. Chacun à leur tour Mulder et Scully portaient William, trop jeune pour effectuer ce genre de randonnée pédestre. En fin d’après-midi, il avait fini par s’endormir, reposant la joue sur l’épaule de Mulder, bercé par les mouvements de son corps à chaque enjambée.


« Scully, tu ne trouves pas ça un peu étrange ? Dans son cauchemar il faisait allusion à une voiture et comme par hasard on a un accident aujourd’hui. Drôle de coïncidence. » Fit enfin Mulder, sachant que William ne l’entendrait pas.

« Tu penses à Gibson n’est-ce pas ? » Devina Scully rien qu’au ton qu’il employait pour s’adresser à elle, le regard en coin.

« C’est différent, Gibson lit dans nos pensées. William semble avoir eu une sorte de prémonition. » Précisa Mulder, les théories fusant déjà dans son esprit.

« Hum… »

« Scully, il y a quelque chose que tu ne me dis pas ? » Décela Mulder, lisant en elle comme dans un livre ouvert.

« C’est… Je ne sais pas quoi en penser… Je t’ai déjà parlé de son mobile… Non, je dois être paranoïaque. » Conclut-elle finalement alors que Mulder secouait la tête avec amusement.

« Tu ne changeras jamais, quelque part ça fait plaisir à voir. Mais d’un autre côté, tu ne peux pas savoir comme ça m’agace quand tu t’obstines à nier l’évidence. » Avoua Mulder avant de continuer sur la même note. « Aller Scully, ne me fais pas languir, tu as dû remarquer des faits concrets, sinon tu ne l’aurais pas mentionné. » L’invita-t-il à se confier, taquin mais respectueux, comme toujours.

« Ca a commencé à l’hôpital, sur le coup j’ai cru qu’il avait froid. Je le tenais dans mes bras et il s’est mis à frissonner quand nous sommes arrivés dans le hall de l’hôpital. A ce moment-là, l’un des hommes a heurté un brancard et cette diversion nous a donné l’occasion de nous éclipser. Puis tout à l’heure, quand j’ai tiré et que leur voiture est restée bloquée dans cette crevasse, William tremblait encore. C’est peut-être juste le choc, la peur… » Décrivit Scully, ne parvenant pas à croire son propre récit.

« Ou alors tout comme il remuait son mobile par la simple pensée, William est aussi capable d’altérer d’autres objets, ou d’autres… situations. » Soupçonna Mulder, rendant service à Scully en lui évitant de prononcer tout haut ce qu’elle pensait tout bas.

Scully ne trouva rien à redire, après tout, c’était bien l’idée qu’elle avait voulu exprimer mais articuler les mots exacts se révélait toujours aussi compliqué. Lorsque Mulder énonçait ce type d’hypothèses, elles semblaient tellement plus crédibles et concevables. Sa passion faisait sa force, intense, inébranlable. Il possédait un tel pouvoir de persuasion, comment ne pas boire ses paroles et les accepter comme des vérités irréfutables ? Durant leur partenariat, elle avait usé de toute sa bonne volonté et toutes ses convictions pour tenter de le supplanter. En revanche, dans la position où elle se trouvait désormais, aller à l’encontre de ses principes ou de sa foi devenait souvent vital. Elle s’éloignait de ses croyances pour y revenir ensuite, sans pour autant trahir sa religion ou sa science. Au-delà des épreuves, elle persistait, restait fidèle à ces notions pour les bousculer de temps à autres dans le but d’admettre, du bout des lèvres, les théories farfelues de son compagnon de vie.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Jeu 16 Oct - 18:03

« Scully ? »

« Pardon, je réfléchissais à tout ça. » S’excusa-t-elle en comptant sur sa bonté pour ne pas intensifier le débat.

« C’était juste pour dire qu’on arrive à une station service, on devrait pouvoir obtenir quelques renseignements sur les agences de location de voitures environnantes. » Soumit-il, ses attentes enfin satisfaites.

***


Mulder poussa la porte vitrée à bout de bras, faisant passer devant lui Scully qui avait insisté pour porter William sur les derniers mètres. Quoi qu’il dise, jamais elle n’aurait admis souffrir du genou de toute façon, et s’occuper de leur enfant était un moyen de prouver sa détermination. « Leur » enfant, Mulder avait encore du mal à réaliser que William était auprès d’eux. Avoir un fils, jamais il n’aurait imaginé cela possible. D’une part car il n’avait jamais ressenti le moindre instinct paternel. Et d’autre part, lorsqu’il avait appris la stérilité irréversible de Scully, il avait en quelque sorte fait une croix sur sa propre paternité. Sous aucun prétexte il ne se le serait avoué dix ans auparavant mais ce constat s’imposait aujourd’hui à Mulder comme une évidence.

Ils s’approchèrent d’une table et Scully se laissa tomber sur la banquette. William ne se réveilla même pas malgré les mouvements brusques de la jeune femme. Au contraire, il s’allongea de manière à reposer sa tête sur les cuisses de sa mère qui n’osa pas l’en empêcher.


« Tu veux quelque chose à manger ou à boire ? » Proposa Mulder à l’attention de Scully qui acquiesça doucement.

« Un café et… »

« Une croissant ou un pain au chocolat. » Termina Mulder, il lui jeta un regard réprobateur lorsqu’elle voulut s’opposer à lui. « On se fiche des calories, on doit reprendre des forces. » Ordonna-t-il, s’éclipsant sans attendre sa réponse.

Seuls quelques hommes se trouvaient dans le restaurant de la station, des chauffeurs effectuant une pause avant de repartir sur la route. Scully baissa les yeux, ses mains encadraient le visage de William, se perdant occasionnellement dans ses cheveux pour revenir sur sa joue. Le temps dans l’Oklahoma se révélait bien plus agréable qu’en Virginie Occidentale où ils se déplaçaient sous des monceaux de neige. Se situant plus au Sud, le climat était frais mais les flocons avaient cédé la place à une brise plus supportable pour marcher sur de longues distances. Les nuages étaient sombres au dessus de la région, ils avaient échappé à la pluie jusque là mais Scully se doutait qu’un orage ne tarderait pas à éclater. C’était une bonne chose qu’ils aient trouvé refuge ici et avec un peu de chance, ils auraient rapidement un nouveau moyen de locomotion.


« Il a l’air pompé votre petit gars. » Lança un homme en s’arrêtant à la hauteur de Scully.

Celle-ci leva la tête, ne l’ayant pas vu venir, elle fut prise au dépourvu et ne su que répondre.


« Le mien me manque, ils doivent avoir à peu près le même âge. » Continua l’inconnu sans se rendre compte de la méfiance de son interlocutrice.

« Il est jeune, il n’a pas l’habitude de voyager… » Murmura Scully, elle n’avait qu’une envie, qu’il parte et au plus vite.

Comme s’il avait deviné qu’on parlait de lui, William ouvrit les yeux à cet instant et se redressa pour s’asseoir correctement. Il frottait son visage pour tenter d’évacuer la fatigue qui l’accablait, en vain.


« Il a vos yeux, il est très beau, il va en briser des cœurs avec ce regard. Tout comme sa mère a dû le faire un bon nombre de fois. » Plaisanta l’homme sans parvenir à la faire sourire.

Scully leva la tête vers lui d’un air incrédule et fut rassurée de voir Mulder revenir dans leur direction car son visiteur ne s’éternisa pas plus longtemps. Elle eut envie de rire en voyant sa réaction, le souvenir d’un pauvre livreur de pizza se rappela à elle, tout comme les yeux noirs de son ami.


« Je ne peux pas te laisser une seconde que tu cherches déjà à t’enfuir avec le premier venu. » Remarqua-t-il en s’installant face à elle.

« Ca t’apprendra à m’abandonner à tout bout de champ pour aller à la chasse. » Répliqua Scully, son ton ne comportait qu’une pointe d’humour, le reste n’étant que pure vérité.

Mulder tendit le bras et posa la main sur la sienne, exerçant une légère pression sur sa paume pour lui montrer qu’il comprenait parfaitement là où elle voulait en venir.

L’après-midi touchait à sa fin mais il leur restait encore plusieurs détails à mettre à plat. Ils se trouvaient à la sortie de la ville de Ponca City Oklahoma, si seulement ils pouvaient s’éloigner des lieux de leur accident, Mulder se sentirait plus soulagé de les savoir tous les trois à l’abris. Leur souci principal était leur manque de véhicule mais grâce au serveur, un taxi passerait les chercher dans une petite heure pour ensuite les déposer à proximité d’un lieu où ils loueraient une voiture sans problème.


« Qu’est-ce que tu lui as dit ? » Questionna Scully en indiquant l’homme appuyé contre le comptoir, il essuyait un verre avec énergie.

« Rien d’extraordinaire, que le moteur nous a lâché et qu’il faut absolument que l’on soit à Amarillo ce soir pour l’anniversaire de ma belle-mère. » Admit-il innocemment.

« Si seulement c’était le cas. » Murmura-t-elle en contemplant William, celui-ci s’était jeté sur la corbeille que Mulder avait déposée devant eux.

Il dégustait un pain au chocolat comme si on ne lui en avait jamais acheté de sa vie, les miettes jonchaient déjà la table. Scully se surprit à penser que si elle ne l’en empêchait pas, il finirait par humidifier le bout de ses doigts pour les regrouper et les manger elles aussi afin d’en effacer toute trace.


« Doucement William, tu vas t’étrangler. » Recommanda Scully, lui ôtant littéralement la nourriture de la bouche.

« Toi aussi il faut que tu manges, on ne sait pas encore quand on pourra dîner. » Souligna Mulder en poussant la corbeille dans sa direction.

Ils en avaient tous les deux fait l’expérience, combien de fois s’étaient-ils arrêtés au beau milieu de nulle part simplement pour dormir et récupérer le peu de force qui leur permettrait de rallier l’étape suivante ? Il avait culpabilisé de voir Scully si frêle et pourtant si combative, même avec la peau sur les os et une intraveineuse dans le bras, elle aurait continué à avancer. Encore et encore. Uniquement propulsée par la volonté d’échapper à ces hommes en noir. Tous les deux en avaient perdu le sommeil pendant des années et il leur avait fallu des mois pour le retrouver. Non pas qu’ils faisaient des cauchemars, mais à cette époque leurs nuits avaient été habitées par la crainte d’entendre la porte voler en éclats et ces inconnus faire irruption pour se débarrasser d’eux.


« William je peux te poser une question ? » Se risqua Mulder, à l’aveuglette.

L’enfant hocha la tête, visiblement inquiet du sort qu’on lui réservait. Il avait la bouille d’un petit garçon s’attendant à être réprimandé pour une bêtise. Pourtant à leur connaissance, il n’avait rien de fait de mal, il était simplement en Terre inconnue. Comment prévoir les réactions de ses parents quand on ne partage leur existence que depuis deux jours ?


« Est-ce que tu as fait quelque chose cet après-midi, à la voiture des hommes qui nous suivaient ? »

Mulder avait employé le ton le plus doux qu’il lui était possible de revêtir. Scully quant à elle, remuait sur sa banquette, dérangée par l’idée que Mulder puisse avoir raison. Une fois encore.

« Je suis désolé. Je sais que c’est pas bien. » Balbutia-t-il, étonnement il se trouvait au bord des larmes mais luttait de tout son courage pour ne pas céder à la culpabilité.

« Qu’est-ce qui n’est pas bien William ? » S’impliqua Scully, frottant son dos pour lui montrer qu’ils ne lui reprochaient rien, ils désiraient seulement comprendre.

« Je ne fais pas exprès, quand je ferme les yeux et que je demande quelque chose très très fort, elle se passe. » Expliqua-t-il d’une moue adorable. « Mes autres parents ils me grondaient quand je le faisais. C’est promis je ne le ferai plus. »

« Non, William, ce n’est pas… Trop grave… » Le rassura Mulder. « Il faut juste que tu fasses attention à ce que tu réclames d’accord ? Quand tu as fermé les yeux dans la voiture tout à l’heure, à quoi est-ce que tu pensais ? »

« Je voulais qu’ils nous laissent tranquilles, je voulais juste qu’ils nous laissent partir. » Promit le petit garçon, mordillant sa lèvre inférieure et martyrisant les restes d’un malheureux croissant.

« C’est bien, ce n’étaient pas de mauvaises pensées William, ne te fais pas de soucis. » Fit Scully, apaisante, comme toujours.

« Il avait dit de ne pas le faire. » Bredouilla-t-il, se sentant responsable.

« Tout va s’arranger William et puis c’est génial, tu es encore plus fort que Batman ou Spiderman ! » S’exclama Mulder pour alléger l’atmosphère.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Sam 18 Oct - 20:17

Sa tentative retomba à plat lorsque William l’observa d’un air dubitatif. A priori, il n’avait pas eu l’honneur de découvrir les aventures de ces héros cultes.

***


Comment avait-il choisi Amarillo, Texas, Scully n’en avait pas la moindre idée. Dans ce genre de circonstance, elle avait appris à se taire et à le suivre les yeux fermés. Après tout, il savait ce qu’il faisait, il avait disparu de la surface de la Terre pendant presqu’un an sans se faire repérer. D’après ce qu’il avait accepté de lui révéler. Au fond d’elle, Scully soupçonnait depuis longtemps déjà que Mulder ne lui avait pas dit toute la vérité sur cette période de sa vie. Ils avaient échangé de nombreux e-mails, en utilisant toujours des boîtes de réception différentes. Parfois il lui avait répondu en quelques heures, d’autres fois il lui avait fallu attendre des semaines voire des mois avant d’obtenir un signe. Un mot. Un espoir auquel se raccrocher quand elle avait fait adopter William, qu’elle se sentait déboussolée, et que seule subsistait cette foi écorchée de toutes parts. Combien d’heures était-elle restée plantée devant l’écran d’ordinateur d’un café plein à craquer, à résister de toutes ses forces pour ne pas avouer sa situation à Mulder. Pour ne pas lui écrire qu’elle abandonnait tout, sa vie, sa famille, ses amis. Juste pour être avec lui et ne plus sentir son cœur tomber en lambeau à chaque jour qui passe, à chaque épreuve qui se présente, sans cesse, sans fin.

A présent, elle avait perdu une partie de sa famille pour en retrouver une autre. Perdu son ancienne vie pour en reforger une nouvelle, afin de mieux en être dépossédée. Et son seul ami se révélait être également son plus grand amour, son confident, sa moitié et le père de son enfant. Quoi qu’il en soit, jamais elle n’avait la sensation d’avoir perdu au change.

Ils dormaient tous les deux assis à l’arrière et Scully, trop soucieuse pour se reposer, avait insisté pour conduire. Enfin, conduire était un bien grand mot, dompter correspondrait davantage pour qualifier le fait d’être au volant du tas de boue qu’on leur avait confié. La boîte de vitesse était capricieuse et Scully supportait mentalement les essuie-glaces, priant pour leur coopération tout au long du trajet. Trajet qui d’après leur carte toute neuve devait trouver son terme dans une vingtaine de minutes, s’ils étaient chanceux. Il était vingt-deux heures et la fatigue de ces deux derniers jours s’accumulait à un rythme difficile à suivre.

Scully observait les pancartes qui défilaient sous ses yeux, à travers le pare-brise couvert des lignes d’eau qui s’écoulaient du toit. Peut-être qu’à Amarillo, ils auraient l’opportunité de se détendre pendant quelques temps. Ce n’était pas une vie pour William, il avait besoin d’un environnement stable, pas de l’existence que mènent les héros de bande dessinées. Un regard dans son rétroviseur lui montra qu’il s’était endormi contre Mulder, serrant dans ses mains sa peluche. Il s’agissait d’un petit mouton blanc, rendu beige par la saleté mais sa fourrure devait être aussi douce qu’elle en avait l’air. Tous les enfants avaient un jour ce genre de doudou, celui qui est décousu de toute part, dont les tâches et l’odeur sont douteuses mais fait de ce morceau de tissu un bien irremplaçable. Scully elle-même avait gardé en souvenir cette poupée de chiffons affreuse que Mulder lui avait offerte lorsqu’elle était encore enceinte. Skinner l’avait expédiée accompagnée de quelques photos et autres effets personnels dont Scully ne pouvait se séparer, même en cavale.

Plongée dans ses pensées, Scully réalisa qu’ils étaient arrivés à destination et qu’ils avaient à leur disposition plusieurs hôtels à la devanture dénuée de charme. Tant pis, ils n’étaient pas en mesure d’être exigeants, elle s’embarqua dans le premier parking disponible.


« On y est. » Chuchota-t-elle en caressant la joue de Mulder.

Ce dernier jeta un coup d’œil aux alentours et lâcha un soupir explicite.


« Hum… Maintenant je suis sûr que j’étais en train de rêver. Je nous voyais déjà au Ritz. » Maugréa-t-il en se redressant et réveillant en même temps William sans le faire exprès.

« On est arrivés ? »

« Oui William, tu vas rester avec Scully comme hier soir pendant que je passe un coup de fil et je passerai chercher quelque chose à manger. » Annonça Mulder en captant le regard de la jeune femme pour avoir son accord implicite.

« Si tu pouvais trouver autre chose que du chinois comme hier soir… » Laissa-t-elle s’envoler en faisant tomber les clés dans sa main.

« Je reviens vite. » Fit Mulder déposant un baiser sur ses lèvres et prenant sa place au volant.

***


Le temps ne s’était pas réchauffé mais ça tombait bien, Mulder avait besoin de prendre l’air et de se rafraîchir les idées. La porte de leur chambre s’ouvrit et Scully vint s’asseoir à ses côtés sur la dernière marche. Son genou semblait encore la faire souffrir mais ça n’aurait servi à rien d’appliquer de la glace dessus car il avait déjà enflé. Mulder avait simplement réussi à la convaincre à avaler deux aspirines afin de réduire la douleur. Il s’en était voulu de l’autoriser à conduire mais mieux valait accepter plutôt que de risquer un accident à cause de son état évident de fatigue.


« Il s’est endormi. » Le renseigna-t-elle avant qu’il ne pose la question. « Il… Il m’a demandé s’il devait m’appeler maman. » Ajouta-t-elle après un long silence.

Mulder sourit en imaginant la scène, le minois adorable de William, expressif, avide de savoir. Puis l’expression de Scully, habitée par ce scepticisme habituel soudainement illuminé par une touche d’espoir et de fierté. Pour finir par un sentiment de blessure, celle d’une mère dont le fils ignore tout et doit découvrir, pas à pas.


« Qu’est-ce que tu lui as répondu ? » S’enquit-il, glissant un bras sur ses hanches pour la rapprocher de lui.

« De m’appeler maman seulement s’il en avait envie, que je ne l’obligeais à rien mais que s’il le faisait je serais heureuse. » Répliqua-t-elle, presque coupable de placer un tel poids sur les épaules d’un jeune enfant. « Si c’est plus facile, je lui ai dit qu’il pouvait juste m’appeler Dana. »

« Tu as bien fait, il est encore petit mais il est déjà très intelligent. Chaque chose en son temps. » La rassura Mulder alors qu’elle appuyait sa tête contre son torse, fondant son corps dans le sien, ne se sentant jamais assez proche.

« Tu as réussi à joindre Skinner ? » Changea-t-elle de sujet, ils devaient faire face à tous les soucis en même temps.

« Il était au courant pour notre petit incident à Ponca City. » Commença-t-il, Scully se raidit mais il continua sur la même voie. « Il a quelques amis qui nous surveillent de loin. Ce qui m’inquiète c’est que le remplaçant de Kersh aimerait me rencontrer. » Lui expliqua Mulder, indécis.

Le matin même, avant que William ne se réveille et qu’elle n’aille leur chercher un petit déjeuner, Mulder lui avait rapporté sa conversation téléphonique avec leur ancien supérieur. Il avait été bref, lui indiquant qu’un certain Larker était à la tête du Bureau de Washington et que Skinner gérait la situation pour eux, comme il le pouvait. Il n’avait pas pu développer davantage car déjà William ouvrait les yeux et tous les deux ne comptaient pas davantage inquiéter l’enfant avec des histoires qui n’appartenaient qu’à eux. Pour l’instant.


« Qu’est-ce que tu lui as répondu ? » S’intéressa Scully, leurs doigts s’entremêlaient pour ensuite se relâcher et de nouveau se retrouver, un jeu commun entre eux quand la pression doit être évacuée.

« Il m’a promis qu’il ferait tout en son pouvoir pour assurer ma sécurité. Larker a l’air plutôt déterminé, Skinner avait l’air mystérieux. Comme s’il essayait de me faire passer un message. » Se confia-t-il sans pouvoir trop détailler son intuition.

« Du genre ‘‘vous pouvez vous fier à lui mais ne gâchez pas sa couverture’’ ou plutôt ‘‘je suis sur écoute, déguerpissez.’’ ? » Fit Scully, serrant ses mains dans les siennes.

« Aucune idée. Je verrai bien demain soir. » Conclut Mulder avec un peu trop d’empressement.

A cela, Scully se redressa, brisant leur étreinte et revêtant un regard assassin. Ses cheveux lui barraient la vue alors elle les repoussa avec agacement et descendit de trois marches pour accroître la distance physique entre eux, la distance mentale lui étant impossible à acquérir aussi aisément.


« Je n’y crois pas, tu lui as déjà donné ton accord ? Et si c’était un piège ? Si ça se trouve ils ont déjà retracé l’appel et ils sont en train de foncer tout droit sur Amarillo ! » S’exclama Scully, absolument hors d’elle.

Mulder la rejoignit et poser son doigt sur ses lèvres pour la faire taire le temps qu’il s’explique. Son geste eu le don de l’énerver encore plus et Scully retira sa main avec violence. Qu’il arrête de jouer les protecteurs, ce n’était vraiment pas le moment, il avait dépassé les bornes.


« J’ai appelé d’une cabine éloignée de tout, pourquoi tu crois que ça m’a pris si longtemps pour revenir ? On est tranquilles pour la nuit, on est à l’entrée de la ville, il y a plus de motels au kilomètre carré que de maisons individuelles. Le temps qu’ils le fouillent tous on sera déjà rendus au Nouveau Mexique. » Remarqua-t-il, presque arrogant.

« Alors c’est comme ça ? Pendant 6 ans, tu te tiens à carreaux mais il suffit qu’une affaire resurgisse et tu retrouves toutes tes mauvaises habitudes ? » Fit Scully, les bras croisés sur sa poitrines, sur la défensive.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Jeu 30 Oct - 16:43

« J’ai un plan Scully. Je ne vous mettrai jamais en danger volontairement. » Rétorqua Mulder, outré qu’elle puisse penser cela de lui.

Un petit rire acerbe échappa à Scully, accompagné d’un autre regard noir. Ce qu’il pouvait être naïf parfois. Bien sûr qu’il prendrait soin d’eux mais lui arrivait-il de comprendre qu’elle voulait également le savoir en sécurité ?


« Tu ne me crois pas ? » L’interrogea Mulder, excédé.

« Mulder ! Tu n’es plus tout seul ! Quand est-ce que tu vas te rentrer ça dans le crâne ? Pendant presque 10 ans tu as joué avec mes nerfs, on finit enfin par se retrouver, par… partager nos vies totalement… et maintenant que l’on a récupéré William, tu redeviens ta tête de mule ! » L’accusa Scully, la mâchoire contractée pour ne céder complètement à la colère. « Il n’y a pas que notre bien être qui compte, le tiens aussi ! Tout autant que nous ! William vient à peine de retrouver son père, tu me vois lui annoncer que ce dernier a tenté égoïstement de régler la situation et qu’il ne reviendra plus ? » L’adjura-t-elle ne luttant pas contre les larmes qui emplissaient ses yeux sans pour autant s’écouler.

« Scully… » Marmonna Mulder, réalisant enfin son erreur, tellement désireux de les mettre à l’abris qu’il s’en était oublié.

L’amour que lui vouait Scully semblait si inconcevable, même au bout de toutes ces années, de toutes ces preuves et démonstrations… Une petite voix au fond de lui n’avait de cesse d’échafauder des prétextes pour justifier sa présence perpétuelle à ses côtés. Se l’entendre dire aussi clairement revenait toujours à lui infliger un choc électrique en pleine poitrine. Tous les deux n’étaient pas du genre à s’exprimer sur leurs émotions avec une profusion débordante. C’étaient ces conversations intenses, ces joutes verbales qui ravivaient des désirs gardés dissimulés mais bel et bien présents. Et ce depuis bien longtemps.

Ils s’enlacèrent sans un mot, chacun réalisant la véritable signification de la situation. Aucun d’eux n’avait d’espace dans leur marge de manœuvre alors la prudence restait de mise, comme toujours. Perdre son souffle et son énergie à se disputer était contre productif, ils en étaient conscients et travaillaient sur ces mauvais traits.


« Il faut mettre une stratégie au point. » Se résolut Scully, mordillant sur sa lèvre inférieure pour se convaincre de ne pas créer un esclandre supplémentaire.

« J’y ai déjà pensé, j’ai regardé la carte et le plus simple serait que tu emmènes William à Logan, c’est juste à la frontière du Nouveau Mexique. » Proposa-t-il en se balançant d’un pied sur l’autre pour la bercer.

« Et comment veux-tu qu’on se retrouve Mulder, on n’a plus de portables. » Lui rappela-t-elle, peu rassurée.

« Vous pourriez m’attendre devant les bureaux de la mairie. Une fois mon rendez-vous terminé je viendrai vous rejoindre et on avisera selon ce qui sera ressorti de ma rencontre avec Skinner et Larker. » Suggéra Mulder, satisfait de n’avoir omis aucun détail.

« Et je suppose que si tu n’es pas devant la mairie la nuit prochaine, je suis sensée emmener William et disparaître ? » Devina Scully, sarcastique.

« Quelque chose comme ça, oui. » Admit Mulder en souriant légèrement pour faire passer la pilule.

« Tu ne changeras jamais. »

« Toi non plus. » Décocha-t-il, soulagé de voir que leur conflit prenait une voie plus calme.

« Danaaaa !! »

Les cris de William leur parvinrent de la chambre malgré la porte close. Tous les deux sursautèrent en entendant sa peur, brisant le silence glacial de cette nuit d’hiver. Ils se précipitèrent en haut des marches et allèrent apaiser leur enfant angoissé de se réveiller seul dans une pièce peu familière. Ses cauchemars semblaient récurrents mais ni Mulder ni Scully ne se faisait trop de soucis, ils finiraient par s’évaporer lorsqu’il aura trouvé une stabilité.

***


William était déjà assis et ceinturé à l’arrière, installé dans le siège rehausseur qu’ils avaient loué en même temps que la voiture. Sous un faux nom bien entendu, grâce au vrai faux permis de conduire de Mulder.


« C’est la première fois qu’on se quitte plus d’une journée en 6 ans. » Nota Scully en fermant le coffre contenant tous leurs bagages.

Mulder avait gardé un simple sac à dos avec le minimum vital. Il serra l’épaule de son fils puis fit le tour du véhicule pour se poster dans le dos de son amie.


« Volontairement. » Corrigea-t-il en repensant à cette froide nuit qui avait failli être la dernière, sans compter sur Scully et une miraculeuse latte de bois.

« Volontairement. » Confirma-t-elle amèrement, c’était vraiment parce qu’ils devaient protéger William que Scully acceptait de partir avec lui et d’abandonner Mulder derrière elle pour cette réunion intrigante.

« J’appellerai un taxi pour aller plus au sud de l’Etat et troubler les pistes. Avec un peu de chance, ils ne se doutent pas que vous serez au Nouveau Mexique. » Espéra Mulder en la prenant dans ses bras.

« C’est pour la magnétite n’est-ce pas ? La raison pour laquelle tu es si décidé à nous expédier là-bas. » Décela Scully, elle voyait clair dans son jeu.

« Je pensais que tu me prendrais pour un fou si je le disais. » Souffla Mulder contre ses lèvres.

« Ca fait déjà longtemps. » Se moqua-t-elle, plaisantant malgré sa peine.

« Que tu me prends pour un fou ou que tu as deviné mon plan ? » Questionna Mulder.

« Les deux. » Fit-elle avant de l’embrasser. « Rejoins-nous vite. Entier. » Lui ordonna-t-elle plus sérieusement.

« J’aimerais le promettre. » Se confia-t-il, répondant à ses avances. « Aller, partez vite et restez discrets. » Leur conseilla-t-il en ouvrant la portière pour que Scully se glisse derrière le volant. « Hey William, maintenant c’est toi l’homme de la voiture, prends soin de ta maman d’accord ? »

« D’accord. » Répéta William automatiquement, touché qu’on lui attribue cette tâche. « Tu reviens quand ? » S’enquit-il par la suite, inquiet de ne pas le voir les accompagner.

« Je ne sais pas encore. Veillez l’un sur l’autre en mon absence. » Leur demanda Mulder en se penchant une dernière fois pour déposer un baiser sur la joue de Scully.

Cette dernière mit le contact et après un dernier regard, ils disparurent au coin de la rue. Mulder eut l’impression d’avoir oublié son cœur sur le bord de la route et que Scully avait roulé dessus. Non pas qu’elle le faisait souffrir consciemment mais les voir partir sans lui était une idée pénible à digérer. Cet instant lui rappela leurs premières années en Virginie Occidentale, lorsqu’elle enchaînait d’interminables gardes de plus de trente six heures et qu’il se morfondait dans leur vieille maison en ruine. Jamais il ne s’était considéré comme un bon bricoleur mais la solitude et le manque lui avaient appris à se trouver des passe temps. En quelques mois il avait remis leur demeure sur pieds, rafistolant le toit du hangar voisin et ralliant les lieux à l’eau courante et à l’électricité.

***


Le moins que l’on puisse dire, c’était que William n’était pas très bavard. Scully avait tenté de le faire parler, de sujet variés comme le sport ou l’école. Il ne répondait que vaguement. A priori, de ce qu’elle avait pu en tirer, c’était sa maman qui le faisait étudier à la maison. Son père passait ses semaines en déplacements pour son travail. Plusieurs fois Scully avait remarqué que William cherchait le contact avec elle ou Mulder, s’emparant de leurs mains comme s’il avait peur qu’eux aussi s’en aillent. Peut-être n’avait-il pas reçu autant d’amour que M. Van de Kamp l’avait laissé paraître par son attitude dévouée ?


« Il va falloir que je m’arrête pour faire le plein d’essence. Tu ne bouges pas William. » L’avertit Scully, récupérant sa carte de crédit avant de sortir.

Arrivée à la pompe, elle la décrocha puis l’introduisit dans le réservoir, surveillant les chiffres défilaient sur le compteur. Après avoir fait le plein, elle récupéra sa carte dans la machine et fit le tour de la voiture pour retrouver son siège et partir au plus vite.

La panique s’empara d’elle en un éclair quand elle s’aperçut que William n’était plus dans son siège. Le temps qu’elle s’asseye, il avait prit la fuite et Scully bondit à l’extérieur du véhicule pour le rechercher. Heureusement, elle ne mit qu’une seconde à le repérer dans le petit attroupement qui s’était formé à l’opposée du parking. Intriguée, elle rejoignit l’enfant et réalisa qu’un homme d’une soixantaine d’années gisait sur le sol. A genoux à côté de lui se trouvait une femme en pleure, sanglotant en boucle ce qui devait être son prénom.


« Jack… Jack s’il te plaît… »

« Quelqu’un a appelé le 911 ? » Questionna un passant en scrutant le petit groupe.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Sam 1 Nov - 16:48

L’un des badauds acquiesça en brandissant son téléphone portable. Scully ne perdit pas de temps à se frayer un passage pour venir s’accroupir près de l’homme qui avait perdu connaissance.

« Je suis médecin. » Indiqua-t-elle sous le regard apeuré de la vieille femme au visage ravagé par ses larmes.

Scully se pencha davantage pour détecter un souffle éventuel provenant de ses voies respiratoires. Rien. Elle tâta son pouls, toujours rien. Il était temps d’agir. Elle ôta son manteau pour faciliter ses gestes puis commença un massage cardiaque. Les talons de ses mains placées sur la moitié inférieure du sternum, elle se dressa sur les genoux pour être droite et lui infligea une trentaine de compressions. Sans perdre le rythme, elle raidit sa trachée et lui pinça le nez pour lui insuffler de l’air à intervalles réguliers. Elle réitéra ses mouvements plusieurs fois durant de longues minutes, priant intérieurement pour que son patient revienne à lui et que les secours apparaissent enfin.

Tout le monde autour d’elle l’observait avec admiration et de ses murmures l’encourageait discrètement. Scully était totalement immergée dans ses actes implorant cet inconnu de respirer, de ne pas la laisser sur un échec. Il n’avait pas le droit d’abandonner sa femme comme cela, elle avait encore besoin de lui…

Le miracle eut lieu, entre deux tentatives de réanimations, elle repéra enfin de faibles pulsations dans sa carotide. Sa respiration reprit également mais elle était à peine décelable. Scully crut qu’elle aurait besoin d’effectuer la même opération sur la femme qui hyperventila en voyant son mari présenter des signes de vie.


« Oh mon Dieu Jack ! Mon Dieu ! Merci ! » S’exclama celle-ci en couvrant ses joues rougies à la fois de joie et de crainte.

Le son d’une ambulance approchant les lieux ramena Scully à la réalité et elle sursauta presque en reculant. Se cognant dans les gens qui l’entouraient elle finit par retrouver William. Sans réfléchir plus longtemps, elle le prit dans ses bras et courut jusqu’à leur véhicule. Le petit garçon serrait son cou, nichant sa gorge et murmurant encore et encore.


« Je savais que tu le sauverais… Je le savais maman... »

Scully ne s’attarda pas sur ses propos, trop pressée de quitter les lieux avant que quelqu’un ne la retienne et trahisse son identité.

« Madame ! Attendez ! » S’écria l’un des curieux en venant à leur rencontre.

Elle ouvrit la portière pour William et le laissa s’attacher tout seul pendant qu’elle faisait le tour du véhicule. Les gens suivaient leur départ de loin, confus par la situation et surtout la fuite de cette femme qui n’avait rien à se reprocher.


« Qu’est-ce que tu faisais là-bas William ? » Le sermonna Scully, surveillant son rétroviseur. « Je t’avais dit de rester dans la voiture ! »

« Je suis désolé, je ne le referai plus… C’est promis… Me tape pas… » Bredouilla-t-il en protégeant sa tête.

« Quoi ? Non, William, jamais je ne te frapperai. » Répliqua immédiatement Scully en se tournant vers lui l’espace d’une seconde.

Elle voulait juste qu’il lise les mots dans ses yeux pour lui faire confiance et se rendre compte qu’elle ne lui ferait jamais de mal. Comment pouvait-il avoir ce comportement à 6 ans à peine ? Qui avait bien pu lever la main sur lui ? Pour quelle raison ? A part ce petit écart, il avait été sage comme une image, poli, à l’écoute. Bien plus agréable que n’importe quel petit garçon de son âge.

Préoccupée, elle s’assura que personne ne la suivait et se déporta sur la droite pour se garer le long de la bande d’arrêt d’urgence.

Ensuite, elle tendit les bras pour défaire la ceinture de William et lui fit signe de passer à l’avant. Au dernier moment, elle décida de le prendre sur ses genoux et de lui apporter tout le réconfort dont elle était capable. Celui-ci parut satisfait de cette initiative et l’enserra tout aussi fort, nichant sa tête sous son menton. Scully sourit en se remémorant le nombre de fois où elle-même avait adopté la même position, contre le torse de Mulder. La différence de taille se transformait en avantage lorsqu’on savait comment innover. Pendant un long moment ils restèrent ainsi joints, Scully caressant tendrement ses cheveux, William serrant son cou comme pour l’empêcher de s’envoler.


« William, est-ce que c’est ton autre papa qui t’a fait du mal ? » Se risqua-t-elle finalement, le besoin d’enquêter devenu irrépressible.

« C’est parce que je faisais des bêtises. » Affirma William, sa voix noyée sous la culpabilité.

« Non William, ce n’était pas de ta faute. Il n’avait pas le droit de faire ça, personne n’a le droit de te frapper avec ou sans raison. » Insista Scully, déposant un baiser sur son front.


***


Le froid s’était levé avec la fin d’après midi mais Mulder ne sentait plus les attaques du vent. Son esprit virevoltait avec les véhicules qui défilaient sous ses yeux. A chaque passage d’une voiture sombre, il s’attendait à la voir s’arrêter pour que Skinner et Larker en sortent et viennent à sa rencontre. Il pensait à Scully et William, seuls sur la route, sans aucun moyen de communication. Et s’il avait eu tort ? Et s’il n’avait pas paré à toutes les éventualités ? Et si ce matin avait été la dernière fois qu’il les voyait ? Mulder secoua la tête coupable de s’imposer de telles images. Non, il devait garder les idées claires, rester détaché et calme. Ils tenaient toutes les cartes en main, rien ne laissait présager une suite en demi teinte.

Finalement une vieille Ford pénétra le parking où Mulder patientait discrètement. Deux hommes en descendirent, manteaux longs, costumes cravate, lunettes noirs. Ce fut le fait d’apercevoir enfin ce crâne dégarni familier qui rassura Mulder et lui indiqua qu’il pouvait se montrer.


« Mulder, content de vous voir. » L’accueillit Skinner en lui serrant la main.

Le second visiteur le dévisageait derrière ses verres fumés, un rictus flanqué sur ses lèvres d’où se balançait une cigarette à peine entamée. Mulder ne pu s’empêcher d’effectuer un rapprochement entre lui et CGB Spender. Avec sa chance, c’était peut-être son frère ou son cousin.


« Aaron Larker. » Se présenta-t-il simplement, omettant de préciser le titre que Mulder lui connaissait déjà.

« Pourquoi teniez-vous absolument à me rencontrer ? » Questionna Mulder, sans préambule.

Il croisa les bras, plantant ses pieds sur le bitume et gardant la tête dissimulée sous la capuche de son pull. Il avait abandonné sa veste en cuir et son sac à dos sous un buisson à l’angle du parking, préférant s’avancer tranquillement, son Smith & Wesson calé à l’arrière de sa ceinture.


« Est-ce que le Docteur Scully va bien ? » L’interrogea Larker, balayant l’endroit des yeux à sa recherche.

« Oui, elle va très bien, merci. » Rétorqua Mulder, plus méfiant que jamais.

« Mulder, si nous sommes venus c’est pour être sûrs que personne ne pourrait écouter notre conversation. » Tenta de l’apaiser Skinner, il lui présenta ses paumes en signe de paix. « Je ne vous mettrais pas volontairement en danger, vous me croyez ? »

« Bien sûr que oui, c’est en lui que je n’ai pas confiance. » Expliqua Mulder en hochant le menton, condescendant.

« Vous avez tort Monsieur Mulder. Je suis là pour vous apporter une bonne nouvelle. » Annonça Larker, écrasant son mégot au sol alors qu’il n’était que très peu consumé.

« Du genre ? »

« Du genre : Vous pouvez rentrer à Washington, vous et le Docteur Scully. Nous assurerons votre sécurité. » Répliqua Larker comme si l’information était des plus banales.

« Vraiment ? » Le reprit Mulder, sceptique, pour une fois.

« Oui, vraiment. Monsieur Skinner et moi-même avons quelque chose à vous montrer ainsi qu’une proposition qui ne pourra être faite que sur les lieux. Ce n’est pas un piège, Skinner en est la preuve. » Souligna-t-il en le fixant droit dans les yeux.

« Et qui me dit que vous ne le faites pas chanter d’une manière ou d’une autre pour mieux nous attirer dans la bergerie ? » Fit Mulder, désormais ouvertement acerbe.

« Montrez ce cliché au Docteur Scully vous comprendrez que le piège a déjà été tendu par d’autres factions. Heureusement, vous y avez échappé par je ne sais quel miracle. » Continua Larker en ouvrant sa veste pour atteindre la poche intérieure.

Mulder s’empara de la photo qu’il lui tendit et scruta le visage inconnu qui s’y trouvait. Un homme assez grand, corpulence moyenne, les cheveux châtains. Il se tenait debout sur le bord d’un trottoir, serrant son manteau contre lui pour échapper au froid. Rien de suspect ne semblait de dégager de lui mais Mulder savait justement que les personnes aux airs les plus innocents sont souvent celles qui nous trahissent sans merci.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Lun 3 Nov - 23:38

« Mulder, faîtes-moi confiance, s’il vous plaît. Où que se trouve Scully, allez la chercher et ramenez-là à Washington où nous pourrons établir une surveillance constante. » Le pria Skinner, son sérieux inquiéta légèrement Mulder.

« Oui, c’est ça, pour épier chacun de nos faits et gestes, je connais déjà, merci. » Maugréa Mulder de plus belle.

« Monsieur Mulder, si nous avions voulu vous créer des soucis, nous serions déjà en vol pour Washington pendant que votre cadavre girait sur le sol de ce parking. Ce n’est pas ce que nous voulons et vous non plus. » Résuma Larker, peignant avec les doigts ses cheveux poivre et sel dérangés par le vent.

« Alors vous me laisseriez repartir comme ça ? » Questionna Mulder, intrigué par cette homme mystérieux.

« Je vais même faire mieux. » Promit-il en retournant à la voiture pour y récupérer une mallette.

Avec soin, il la déposa sur le capot, l’ouvrit et présenta une liasse de billets verts à Mulder ainsi que le trousseau de clé provenant du contact de la voiture.


« Je vous donne un véhicule pour rejoindre le Docteur Scully. Les plaques ont été rendues illisibles. Et voici suffisamment d’argent pour vous payer un vol direction Washington. En première classe, bien sûr. » Spécifia-t-il avec un petit sourire que Mulder ne pu interpréter.

« Tout ça aux frais de la Princesse ? Elle est où la caméra ? » Fit Mulder, observant les alentours pour montrer qu’il n’était pas dupe.

« Nous vous l’avons dit Monsieur Mulder. Nous avons quelque chose à vous montrer. Une fois à Washington, vous comprendrez tout. »

« Vous pouvez le croire Mulder, il est réglo. Je ne pouvais pas vous le dire au téléphone sans compromettre sa position si nous avions été sur écoute. Mais maintenant je vous regarde dans les yeux et vous le répète. Faîtes-lui confiance. » Insista Skinner d’un ton qui ne laisserait passer aucune réclamation.

La salive se fit rare dans la gorge de Mulder mais il tenta tout de même de la ravaler. Son goût amer ne facilitait pas les choses. D’un côté il y avait Skinner qui lui maintenait que la situation était sous contrôle et de l’autre cet inconnu à qui il devrait confier non seulement sa vie mais également celle de Scully et de leur enfant nouvellement retrouver. Il s’agissait d’une responsabilité incommensurable et Mulder s’en voudrait toute sa vie s’il effectuait le mauvais choix. Par ailleurs, tous les deux avaient présenté tous les arguments à leur disposition. Comme mentionné, s’ils avaient souhaité se débarrasser de lui, cela aurait été le cas depuis bien longtemps, cette conversation se révélant parfaitement inutile. Pourquoi se rabaisser à lui parler au lieu de lui mettre tout de suite une balle entre les deux yeux. La solution était plus radicale à moins que depuis sa disparition les méthodes aient changé de manière drastique. Mulder élimina cette hypothèse aussi vite qu’elle lui était parvenue.


« Très bien… D’accord, on vous retrouve à Washington. Vous avez un lieu de rencontre en tête où on doit juste débarquer au Hoover Building les mains dans les poches ? » S’enquit Mulder, regrettant déjà de céder si subitement.

« Vous acceptez ? » S’étonna Skinner, passant la main sur son crâne.

« Oui, pourquoi ça vous surprend tant que ça ? » Demanda Mulder, à son tour déstabilisé.

« Parce que je m’attendais déjà devoir vous tirer une balle dans le pied pour vous convaincre. » Répondit-il, à moitié amusé, à moitié préoccupé.

« On va éviter d’aller jusque là. Mais je vous préviens, si on touche à un cheveu de Scully ou de sa famille… » Les menaça-t-il avec une conviction assez évidente pour ne qu’ils ne faillissent pas à leurs serments.

Il ne s’embêta pas à préciser à quelle famille il faisait allusion. Celle qu’elle formait désormais avec William et lui-même. Celle que Scully avait abandonnée derrière elle en fuyant avec Mulder plusieurs années auparavant. Sa mère, ses frères, ses neveux… Tant de sacrifices, Mulder n’avait qu’un espoir : qu’ils valent le coup.

Les deux hommes acquiescèrent simplement puis se dirigèrent vers la sortie du parking. Mulder supposa qu’ils rejoindraient une rue passante et se trouveraient un taxi pour retourner à l’aéroport. De son côté, il alla récupérer ses affaires et glissa la photo dans sa poche afin de démarrer au volant de sa nouvelle voiture.


***


Ce n’était pas elle. Non, Scully ne se reconnaissait pas en cette personne, en cette femme qui s’était jetée à son cou pour l’embrasser. La pression, la crainte d’être retrouvée ou que Mulder ne revienne jamais… Elle n’aurait su dire. A un moment elle se revoyait assise sur un banc, serrant William sur sa hanche, luttant contre les frissons qui l’envahissaient avec la tombée de la nuit. A un autre instant, elle apercevait enfin la silhouette de Mulder se découper dans la pénombre. Et finalement elle bondissait sur ses pieds et courait jusqu’à lui pour l’embrasser avec une fougue qu’elle ne soupçonnait pas posséder. Un peu plus d’ardeur et ils en seraient tombés à la renverse sur le marbre gelé et impardonnablement dur de cette place désertée. Ce qui la dérangea le plus était l’idée qu’elle avait oublié William derrière elle, dans son empressement… Juste une seconde protestait une partie d’elle, une seconde de trop rétorqua l’adversaire, douloureusement honnête.

« Mulder… »

« Je vais bien. » Lui jura-t-il en étreignant son corps tout entier, s’imprégnant de sa présence tout en gardant William sous ses yeux.

« William ! » S’exclama-t-elle tout à coup.

Scully fit volte-face et s’accroupit au sol en ouvrant les bras pour que l’enfant coure s’y réfugier. Mulder se joignit à ce câlin collectif et tous les trois purent enfin se sentir soulagés pour la première fois depuis plus d’une douzaine d’heures.


« Hey William, tu as déjà pris l’avion ? »

***


Mulder entra dans la salle de bain, laissant William devant la télévision, muet d’admiration. Il ne tarda pas non plus à rester muet d’admiration devant la femme qui se trouvait sous ses yeux. Scully avait enfilé un pyjama en soie comme elle les chérissait tant et s’appliquait avec soin de la crème sur le visage. Mulder se posta dans son dos, les mains sur ses hanches pour les passer sous son haut et caresser sa peau.


« Mulder ? » Questionna-t-elle d’un air innocent, comme si elle ne savait pas ce qu’il faisait là.

« Scully ? » Répliqua-t-il de la même façon, ses doigts ne s’arrêtèrent pas pour autant.

« William… » Soupira-t-elle en guise de réponse.

Mulder sourit puis ferma la porte à l’aide de son pied. William ne risquait rien, la chambre était fermée à clé et le trousseau se trouvait dans la poche du jean qu’il portait encore. Il baissa la tête, déposant quelques baisers le long de la nuque de Scully et celle-ci retint son souffle. Leurs regards ne se quittaient pas, fixés sur le reflet de l’autre parfaitement conscient de ce qu’ils ressentaient, désiraient.


« Quand on arrive à Washington, on prend une suite avec deux chambres… » Murmura Mulder s’activant toujours à la tâche, celle de dévorer le cou de sa compagne. « Avec des barreaux aux fenêtres, on ne sait jamais. » Ajouta-t-il finalement, ses mains vagabondant un peu plus haut sous les vêtements de Scully.

« Tu n’as qu’à arrêter de choisir des motels miteux, comme à chaque fois. » Fit-elle, les paupières closes pour savourer son contact.

« Tu as raison, après tout, ils ne s’attendraient pas à ce qu’on débarque au Ritz. » Abonda-t-il dans son sens.

« Qu’est-ce que tu as avec le Ritz Mulder, c’est une obsession ? » Demanda-t-elle, honnêtement intriguée.

« Hum… Une obsession qui t’inclut… » Acquiesça-t-il de plus belle.

« Oh, laisse-moi deviner. » Se méfia Scully. « Il y a aussi des menottes qui font une apparition dans ce rêve ? » Décocha-t-elle, amusée, détendue contre son torse.

« Pas un rêve Scully, ça ne se réalise jamais. Tandis qu’un fantasme… » Susurra-t-il dans son oreille couvrant sa poitrine de ses mains juste avant qu’elle ne se détache de lui pour terminer sa phrase.

« Attendra qu’on soit seuls et en sécurité pour se réaliser. » Conclut-elle en replaçant son pyjama et ouvrant la porte de la chambre.

« Scully ? » L’appela-t-il, curieux.

« Oui ? »

« Tu as bien dit ‘‘attendra’’, ça veut dire que… »

« Ce que ça veut dire Mulder. » Confirma-t-elle, catégorique.

Ce dernier arbora un large sourire et haussa les sourcils d’une manière presque lubrique. Scully laissa échapper un petit rire léger mais franc puis se glissa sous les draps. Mulder referma la porte et entreprit de se doucher. A l’eau froide, de préférence.


« William, lorsque Mulder aura fini il faudra dormir. » Alerta Scully d’une voix douce.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mer 5 Nov - 23:12

Jamais elle n’aurait imaginé que reprendre son rôle de mère puisse être aussi facile. Malgré tous les soucis qu’ils rencontraient, une chose se révélait positive : leur relation avec William. Evidemment, ça ne durerait pas, en ces temps de crise, il n’avaient qu’eux à qui se raccrocher alors son esprit n’était pas à désobéir ou à faire son cinéma. La seule fois où il avait agi contre les dires de Scully avait été à la station service mais cela avait permis à sa mère de sauver une vie. Elle pouvait difficilement le réprimander pour un tel acte. Mulder avait partagé son point de vue lorsqu’elle avait abordé le sujet dans la voiture. Rassuré que rien de grave ne se soit produit et tout aussi fière de savoir que Scully avait aidé ce pauvre homme, grâce à l’instinct étonnant de leur fils. Son sourire s’était élargi quand elle lui annonça que William l’avait appelée « maman », peut-être était-ce sous le coup de l’émotion mais ce petit lapsus leur faisait plaisir. Ils avançaient.

Installé en position d’indien, sa peluche contre lui et les yeux rivés sur le petit écran. Il avait a priori hérité ce trait de Mulder, le besoin du son et de l’image pour se concentrer, s’apaiser jusqu’à être capable de trouver le sommeil.

Il faudrait bien qu’ils parlent du passé, qu’ils abordent le thème de son adoption, de ses parents précédents. Scully appréhendait la discussion pour diverses raisons. La crainte de le faire souffrir, le mystère rôdant autour de l’éducation qu’il avait reçue, de ces probables coups… Il n’avait pas la moindre cicatrice, elle s’en était assurée quand il avait pris son bain chaque soir depuis son retour. Peut-être son père avait-il su lui faire mal sans laisser de trace ?


« La Terre à Scully ? »

« Oh, pardon, je crois que je commençais à m’endormir. » Balbutia-t-elle en clignant des yeux pour s’éclaircir les idées.

« J’ai couché William. » Fit Mulder en s’allongeant près d’elle.

Scully se retourna pour voir qu’en effet, William dormait paisiblement. Elle ne se risqua pas à aller l’embrasser par peur de le réveiller. Juste à l’instant où elle allait se blottir dans les bras de Mulder, quelque chose attira son attention. Il s’agissait d’une photo gisant sur la table de nuit. La jeune femme l’attrapa et son regard se figea sur l’homme qui y figurait.

« Mulder ? Qu’est-ce que c’est ? » S’enquit-elle à toute vitesse, les mots déboulant de sa bouche en un éclair.

« Oh, j’attendais que William dorme pour en parler. C’est la photo que Larker m’a donnée. Il m’a dit de te la montrer, il a dit que tu comprendrais qu’un piège avait déjà été mis en place. Quelque chose comme ça, pourquoi ? Tu reconnais cet homme ? »

« C’est Stephen Van de Kamp, le père adoptif de William. » Lui annonça-t-elle, effarée.

« Ca veut dire qu’il était dans le coup depuis le début ? »

« Ou ils ont réussi à le faire coopérer en lui faisant du chantage. Ils l’ont probablement utilisé pour essayer de te retrouver. En me rendant William ils se doutaient que je les mènerais tout droit à toi. » Réalisa Scully, jetant la photo au sol et enlaçant Mulder, l’attirant contre elle, toujours plus près.

« Hey, tout va bien. On a été plus rusés qu’eux avec notre plan d’évacuation. Mais j’avoue qu’ils ont pris de gros risques en acceptant de se séparer de William dans le simple but de mettre la main sur moi. » Remarqua Mulder, incrédule.

Il ne fit pas le moindre commentaire quand Scully s’éloigna de lui pour aller chercher leur enfant et le placer entre eux. Ils avaient trop besoin d’être rassurés, de se serrer les uns contre les autres pour être sûrs qu’aucun d’eux ne disparaîtrait pendant la nuit.


« On est à l’abris ici Scully. » Chuchota Mulder, tendant le bras pour atteindre sa hanche.

« La magnétite ? Il y en a ici aussi ? » Comprit Scully.

« Quand le crash de Roswell a eu lieu, les débris se sont propagés dans toute la région, s’intégrant aux carrières environnantes. Logan fait partie des villes exposées. S’ils viennent jusqu’ici, ils se mettent en danger car le sol en regorge. » Expliqua Mulder à voix basse.

« Merci. Merci de parer à toute éventualité. » Répondit Scully, entrelaçant leurs doigts pour intensifier leurs liens.

« Dors. » Fit-il en déposant un dernier baiser sur son front.

***


« Tu ne changeras jamais. » Souligna Mulder en esquissant un sourire presque moqueur mais empli de tendresse.

« Je ne fais pas exprès Mulder. » Riposta Scully, contrôlant sa respiration et regardant droit devant elle.

« Quelque part ça a quelque chose de rassurant. Ca me rappelle toujours la première fois qu’on a pris l’avion ensemble pour cette enquête dans l’Oregon. Tu t’en souviens ? » La questionna Mulder, nostalgique.

« Je me souviens surtout que j’ai failli avoir une attaque quand les turbulences ont commencé. » Se rappela douloureusement Scully. « Et toi qui restais tranquillement allongé sans même attacher ta ceinture. » Continua-t-elle avec un coup dans les côtes et une jalousie mal dissimulée.

« Ouch… Alors c’est depuis ce jour-là que tu as peur de voler ou ça n’a fait qu’amplifier cette phobie… »

« Mulder… » L’interrompit-elle avant qu’il ne regrette l’emploi d’un adjectif désobligeant.

Assis dans le siège central, William dormait paisiblement et ce depuis leur montée à bord de l’appareil. Sa tête était appuyée contre le bras de Scully et lorsque l’avion fut en vol, elle souleva son coude pour permettre à William d’allonger le haut de son corps sur ses cuisses. Mulder, quant à lui, s’empara de ses jambes pour les poser sur les siennes, ainsi William se retrouva dans une position plus confortable. Le pauvre enfant tombait de fatigue, ils s’étaient levés avant l’aube. Ils avaient conduit jusqu’à Albuquerque et embarqué dans le premier vol en partance pour une mégapole qui les rapprocherait de Washington.


« Je sais que tu n’es pas seulement nerveuse à cause de l’altitude. Skinner ne me mentait pas, j’en suis certain. » Lui assura Mulder, toute trace de plaisanterie avait quitté leur conversation.

« Je me doute bien que tu ne nous aurais pas mis en danger si tu ne lui faisais pas totalement confiance Mulder. Tu n’as pas besoin de me convaincre. Je crois que c’est l’accumulation, toutes ces découvertes… On ne sait pas ce qui nous attend là-bas… tout ça m’inquiète. » Admit-elle à demi-mots.

« Moi aussi, mais on est ensemble, William est là. Je pense qu’ils peuvent tout essayer, maintenant que l’on est tous les trois réunis, je ne me suis jamais senti aussi invincible. » Lui confia-t-il à son tour.

Il ne pouvait nier que la présence de William renforçait ses doutes et l’angoisse d’être piégé par les Super Soldats car le perdre de nouveau le détruirait. Cependant, il était leur petit miracle, une petite boule d’énergie qui leur procurait la force de tout rompre, de tout affronter. Pour lui, ils se sacrifieraient sans réfléchir. Aussi immense qu’était son amour pour lui, Scully avait eu l’indicible courage d’aller jusqu’à l’abandonner pour le protéger. Mulder admirait son geste et reconnaissait qu’il en aurait fait autant la situation aurait-elle été inversée. Seule, elle n’avait su quoi faire d’autre. Il l’avait laissée et Scully avait dû faire un choix, il était tout aussi responsable. Désormais ils avaient une seconde chance et ni lui, ni Scully, ne s’autoriserait l’échec.


« Je me demande comment ils vont réagir lorsqu’ils vont nous voir débarquer à l’aéroport avec William. » S’interrogea oralement Scully.

« S’ils ne sont pas déjà au courant. » Maugréa Mulder, avec amertume.

***


La foule qui grouillait dans le terminal eut le don de rappeler à Mulder et Scully pourquoi ils s’étaient sentis si bien dans leur petite ville de Virginie Occidentale reculée de tout. La pression de tous ces regards, l’empressement de leurs pas, la bousculade… Ils avaient la sensation qu’ils allaient étouffer. William se trouvait entre eux deux, serrant leurs mains pour ne pas les perdre dans ce nuage de voyageurs impatients. Pour une fois, la chance avait été de leur côté, une tempête avait cloué une demi douzaine d’avions au sol et leur vol avait été le dernier autorisé à atterrir avant le lendemain. L’agacement général se décelait dans les expressions de ces inconnus déterminés à quitter les lieux au plus vite.


« Mulder. » Fit une voix sur leur gauche et ils se retrouvèrent en compagnie de Skinner, flanqué de deux agents en civil.

« Skinner, vous serez notre chauffeur personnel ? » Ironisa Mulder.

Le regard de Skinner ne s’attarda pas sur lui, en effet, il venait tout juste d’apercevoir Scully et dans la foulée l’enfant qu’elle tenait par la main.


« Bonjour Monsieur. » Lança-t-il en se mettant accroupi.

« Bonjour. » Répondit William avec hésitation.

« Est-ce que ? » Questionna Skinner, se demandant s’ils avaient eu un autre enfant ou si…

« Je vous présente William. William, voici Walter Skinner, c’est un ami à nous. Tu verras, il est très gentil et il va nous aider. » Le rassura Scully en frottant la paume de l’enfant avec bienveillance.

« Je crois que vous avez quelques explications à me donner. » Annonça Skinner en tapant sur l’épaule de Mulder, amical et conspirateur à la fois.

« A votre âge, vous ne savez toujours pas comment ça marche ? » S’étonna Mulder avec humour.

« Ah ah, très drôle. Aller, vite, on ne devrait pas s’éterniser en public. » Rétorqua Skinner, faussement vexé.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mar 11 Nov - 3:00

Scully prit place à la longue table de réunion et Mulder vint s’asseoir à côté d’elle. Il posa la main sur sa cuisse pour la réconforter, laisser William seul en compagnie de la secrétaire de Skinner avait le don de les angoisser tous les deux. Ils avaient confiance en la jeune femme mais le fait de ne pas l’avoir dans leur entourage immédiat leur posait comme un poids sur les épaules.

« Mulder, Scully, je vous présente James Carrion, directeur du MUFON ainsi que Todd Mayfield, directeur du NICAP. Mulder, vous avez déjà rencontré M. Brett Larker, directeur du FBI. Et voici M. Michael Hayden, directeur de la CIA. » Commença Skinner en indiquant chaque homme à chaque fois qu’il les désignait.

La tension augmenta d’un cran dans la pièce, Mulder se sentit prendre une valeur qu’il n’avait jamais connue jusque là. Cette rencontre devenait subitement capitale et le fait de rencontrer des personnes aussi importantes suffisait à le convaincre que quelque chose de grand se préparait. Malgré toutes ses interrogations actuelles, un détail l’intrigua davantage que les autres.


« Attendez, je ne comprends pas, le NICAP a été dissout au début des années 80. » Objecta-t-il finalement.

« C’est ce qui a été annoncé officiellement, oui. » Confirma Mayfield. « Mais les dissensions internes ainsi que nos attaques envers certains membres de la CIA n’étaient qu’un écran de fumée destiné à dissimuler nos vraies intentions. » Continua-t-il avant de faire signe à Hayden de pendre la suite.

« Nous n’avions pas infiltré le groupe comme il avait été annoncé, nous avions en revanche établi un plan de coopération mutuelle. » Précisa Hayden.

« Et ils sont ensuite venus demander la participation du MUFON de manière à former un front uni et indépendant avec le Bureau Fédéral. » Termina Carrion.

« Vous voulez dire que le FBI, la CIA, le MUFON et le NICAP se sont alliés ? Et ce dans le but de… ? » Les interrogea Scully, légèrement perdue.

« De faire face à l’invasion extraterrestre qui aura lieu en 2012. » Répliqua Skinner comme si la réponse allait de soit.

Une chape de plomb s’abattit sur la salle, Mulder et Scully se trouvèrent muets de stupéfaction. En résumé, cela faisait presque trente ans qu’un accord incroyable avait été mis en place et tous les deux n’en n’avaient pas la moindre idée.


« Je sais que c’est beaucoup d’informations à digérer en si peu de temps. Sachez néanmoins que ces accords ont été dissimulés derrière les accusations de conspiration auxquels l’Etat fait face depuis 1947. » Ajouta Larker.

« D’une pierre deux coups. » Maugréa Mulder, abasourdi.

« Le projet a débuté avec seulement 2 hommes en 1947, le Directeur de la CIA et celui du MUFON. Depuis lors, il s’est développé très lentement car trouver des hommes de confiance est très... Compliqué. »

« C’est le moins qu’on puisse dire. » Le railla Scully, elle perdait patience.

Cela ne la rassura pas d’entendre des gens arriver dans la pièce adjacente, celle où la secrétaire de Skinner gardait William. Mulder réprima un sourire lorsqu’il vit son amie se lever et sortir de la salle sous les regards étonnés de tous ces hommes de pouvoir. Ce n’était pas parce qu’ils dirigeaient toutes ces institutions qu’elle se plierait à un quelconque protocole. Les règles de politesse lui passaient au dessus de la tête quand son inquiétude concernait son enfant. Ou lui-même, se plut-il à penser. Toujours décidé à la couvrir, il lui emboîta le pas et sortit à son tour du bureau. Il découvrit alors que la famille de Scully se trouvait-là au beau complet, la jeune femme serrant sa mère dans ses bras, réfrénant les larmes qui s’obstinaient à lui brouiller la vue.


« Madame Scully ? » Questionna-t-il, décidément, ils allaient de surprise en surprise.

Cette dernière se détacha enfin de sa fille pour venir le saluer pendant que Scully embrassait ses frères.


« Margaret, s’il vous plaît. Je suis si heureuse de vous revoir. Tous les deux. » Annonça-t-elle avant de l’étreindre à son tour.

« Je me suis dit que Dana voudrait les revoir au plus vite. » Se justifia Skinner.

Scully était trop occupée à accueillir ses proches pour entendre son commentaire donc Mulder le remercia à sa place.


« Est-ce que c’est… William ? » S’enquit rapidement Margaret en désignant le petit garçon assis sagement sur le sofa.

Quand elle l’avait aperçu, elle n’avait pas tout de suite fait le rapprochement, le désir de retrouver sa fille surpassant tout le reste. Cependant, à le voir auprès de Mulder et Scully, le doute n’était définitivement plus de mise. Il était leur portrait craché à tous les deux. Les yeux bleu azur et le nez de sa mère, les cheveux brun et les lèvres charmeuses de son père. Son petit fils était tout simplement parfait et lorsque Scully hocha la tête, Margaret ne pu résister à l’envie de faire sa connaissance. Le revoir enfin après plus de 6 longues années insupportables lui donna presque la chair de poule.

William chercha sa mère du regard et quand il la trouva, Scully su qu’il comprenait l’identité de cette femme qui le câlinait avec une familiarité réchauffante.


« Mulder, je te présente Charles, mon petit frère. » Fit Scully en s’approchant de lui tout sourire.

« Je suis ravi d’enfin faire votre connaissance, malgré les circonstances. » Répliqua Mulder en serrant la main du jeune homme.

« Moi de même, vous savez, ça fait un bail que j’attendais ce jour. » Confia Charles, il était la copie conforme de sa sœur mais au masculin, il faisait la même taille que Mulder.

« J’ai peur d’en demander la raison… » Plaisanta Mulder.

« Je voulais vous remercier de prendre soin de Dana comme vous l’avez fait toutes ces années. Je sais que tout n’est pas simple mais Dana m’a expliqué certaines choses. Je suis son frère, je l’aime mais disons que j’ai une manière différente de le montrer. » Souligna-t-il plus discrètement en faisant allusion à Bill.

« Charles. » L’interpela celui-ci, pas pour amorcer une querelle mais plutôt pour calmer les choses avant qu’elles ne dérapent.

« Bill. » L’accueillit Mulder sans pour autant s’approcher, le manque d’effusion ne surprit personne.

Scully échangea quelques mots avec sa belle sœur et ses neveux pour présenter William à cette nouvelle famille. Ne souhaitant pas les déranger, Skinner prit Mulder à part et lui annonça qu’ils prenaient tous la route pour un lieu tenu secret jusqu’à leur arrivée. Mulder eut beau l’interroger, son ancien supérieur ne céda pas, excepté pour lui dire que Brett Larker les accompagnerait. Tous les cinq monteraient à bord du même véhicule afin d’approfondir quelque peu leur récente conversation avec les grands pontes de l’Etat. La famille de Scully semblait déjà avoir été briefée, ce pourquoi leur départ ne causa aucun souci majeur.


***


« Docteur Scully. »

Larker présenta sa main à Scully pour l’aider à descendre du 4x4 et cette dernière sourit doucement à son geste. Une fois au sol, elle se retourna et attrapa William dans ses bras, adressant un regard serein à Mulder qui l’avait rejoint.

La route n’avait pas été très longue, ils avaient simplement rallié la banlieue de New York, une région peu habitée et nichée au creux d’une forêt verdoyante. Au cours du trajet, ils s’étaient arrêtés pour ouvrir un large portail bordé par une sorte de longue muraille en pierre. La propriété qui s’était offerte à eux se propageait sur plusieurs milliers d’hectares, aux dires de Skinner. Leur véhicule, suivi de près par deux autres contenant le reste des proches de Scully, avait ensuite emprunté un chemin de terre qui s’enfonçait dans les bois.

La cabane qu’ils atteignirent ressemblait à une ruine négligée qui n’avait pas été visitée depuis des lustres. Cela n’annonçait rien de bon mais Skinner ouvrit le verrou qui maintenait la porte fermée et les invita à entrer.

Intrigué, ils lui emboîtèrent néanmoins le pas, chacun tenant une main de William, et restèrent bouches bées devant la cabine qui se trouvait au centre de l’unique pièce. La cabine d’un ascenseur.


« Je ne comprends pas ? » Demanda Mulder en cherchant le visage de Skinner.

« Nous attendons que votre famille arrive, ensuite nous descendrons. » Leur expliqua Larker en observant Scully.

Ses proches entrèrent à leur tour et Skinner appela l’ascenseur. Ils s’engouffrèrent à l’intérieur et la descente leur parut interminable. Savoir qu’ils s’enfonçaient aussi profondément n’avait pas le don de les rassurer. Finalement, les portes s’ouvrirent sur un long couloir au sol bétonné.


« Nous somme à deux cents mètres sous terre dans un souterrain dont la construction a débutée en 1990. Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’un abris anti-nucléaire mais pas seulement. La particularité de ce lieu et d’une dizaine d’autres dans le pays, est qu’ils sont entièrement entourés de magnétite. » Décrivit Larker en passant sa main sur la paroi lisse et froide.

« Alors ça aussi vous le saviez ? » Questionna Mulder, se passant la main dans les cheveux.

« C’est quoi la magnétite ? » S’étonna Tara qui, la pauvre, ne saisissait pas grand-chose à la situation.

Pas plus que Bill, Charles ou Margaret qui écoutaient la conversation avec intérêt de manière à ne pas manquer les détails vitaux qui leur permettraient de comprendre. Assembler les pièces du puzzle s’annonçait des plus corsés.


« C’est une roche dont l’origine du nom est grecque, elle a un effet magnétique sur les métaux, surtout le fer et l’aluminium. » Les informa Mulder, décidé à en savoir plus. « Combien de personnes peuvent venir se réfugier ici ? »

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Ven 14 Nov - 15:05

« Environ 50 000. » Répondit Skinner.

« Nous essayons d’en construire le plus possible mais cela prend du temps, du matériel et des hommes. » Continua Larker avant de sortir une carte de sa poche.

Il la glissa devant un détecteur soudé au mur et une diode rouge vira au vert, leur signalant qu’ils pouvaient ouvrir la porte. Ce qu’il fit sans attendre.

Une fois de plus, ce fut la surprise générale, en effet, la petite troupe découvrit un immense hall surplombé de plusieurs étages ouverts sur cette large esplanade. Ce qui retint leur attention fut les centaines de plantes réparties le long des murs, posées sur les tables qui se trouvaient devant eux, suspendues au plafond. Les lieux en regorgeaient littéralement.


« Mais qui fait tout cela ? L’Etat ? Avec l’aide de l’armée ? Des mineurs ? » S’interrogea Scully, sa main n’avait pas quitté celle de William une seule seconde.

« Des hommes du MUFON et du NICAP en exclusivité. Nous ne voulons pas que cela se sache, si les adresses des abris sont révélées au Consortium, ce sont des dizaines de milliers de personnes que l’on ne pourrait pas sauver. » Fit Skinner, il les invita à emprunter un autre couloir sur leur droite.

Alors qu’ils le suivaient, Mulder et Scully s’arrêtèrent devant l’entrée d’une pièce où un homme se trouvait occupé à peindre un chiffre sur le dos de la porte. Les dernières retouches, d’où l’absence d’âme qui vive à part quelques ouvriers.


« Nous vous avons réservé une annexe afin que vous ayez un lieu à vous. » Les avertit Skinner en ouvrant une large baie vitrée.

« Monsieur Mulder, Docteur Scully, veuillez me suivre s’il vous plaît. Le Directeur Skinner va s’occuper de vos proches. » En profita Larker, les guidant vers une autre partie de l’édifice.

« On veillera sur lui. » La rassura Charles lorsque Scully dû se séparer de William.

Confiante, elle caressa ses cheveux puis s’éloigna pour rejoindre Mulder et Larker dans une salle adjacente. Celle-ci n’avait pas encore été meublée alors avec ses murs nus et son faible éclairage, Mulder eu la sensation de se retrouver dans cette prison d’où Scully l’avait fait évader six ans plus tôt. La jeune femme détecta son frisson et s’approcha de lui pour empoigner sa main, lui montrant qu’elle savait parfaitement l’instant qu’il venait de se remémorer.


« Je vais faire court Mulder, vous êtes l’homme dont nous avons besoin. Vous êtes la personne la mieux placée pour nous aider à mener ce projet à bien et à temps. » Amorça Larker en sortant un paquet de cigarettes.

« Si seulement je savais de quoi il retournait je pourrais peut-être vous être plus efficace. » Grommela-t-il en retour.

« Un projet de protection à l’échelle mondiale, pour préserver la survie de millions de gens Monsieur Mulder. Bien sûr, vous vous doutez qu’on ne saurait protéger tout le monde, ces abris ne se construisant pas en un clin d’œil. »

« Et n’accueillent pas plus de 50 000 personnes à la fois. » Termina Mulder à sa place.

« Exactement. C’est pourquoi le Docteur Scully rentre en compte. »

« Vous voulez développer le vaccin, c’est pour ça que vous nous voulez Mulder et moi parce qu’on y a tous les deux été exposés et parce qu’on le porte en nous. » Devina cette dernière, partagée entre l’irritation et la fascination.

Ils s’étaient donnés du mal pour les amener jusqu’ici, ils devaient être ravis de voir que William les accompagnait. Une pièce de plus à ajouter à leur puzzle, un atout pour défier les membres du Consortium, ainsi que des hommes comme Knowles Rorher.


« C’est tellement plus agréable de parler à des gens qui comprennent tout sans que l’on s’explique durant des heures. » S’exclama Larker, il alluma sa cigarette et prit une première bouffée presque salvatrice.

A mesure qu’ils le côtoyaient, Mulder et Scully sentaient leur sympathie décroître à l’égard de Brett Larker. A un instant il se montrait charmant et professionnel, à d’autres moments il leur paraissait des plus condescendants. Comment se fier à un tel caractère ? Skinner avait l’air de suivre sa route mais cela signifiait-il que tous les deux devaient également se plier à ses exigences sans battre des paupières ? On lui avait souvent rabâché combien il était paranoïaque mais Mulder avait tendance à préférer se faire critiquer de la sorte plutôt que de commettre des erreurs irréparables à cause d’une naïveté débordante. Larker avait déjà une place attitrée sur la liste des dix personnes avec lesquelles il se tiendrait sur ses gardes.


« Il n’y a pas que cela Docteur Scully, Skinner m’a parlé d’une solution à base de magnétite qui aurait été injectée à votre fils sans qu’il y ait d’effets secondaires. » S’aventura Larker d’un ton sombre, il s’approcha d’un pas.

Mulder voyait d’un mauvais œil l’intérêt que Scully éveillait chez cet homme. A chaque fois qu’il leur adressait la parole, il n’avait d’yeux que pour elle. Sa manière de s’exprimer traduisait un respect bien plus prononcé envers Scully qu’envers n’importe qui d’autre. Désormais, ses allusions à William ne faisaient qu’ajouter à sa méfiance grandissante. Ils se trouvaient déjà sous terre mais la conversation le rendait de plus en plus claustrophobe. Cet homme était bien trop inconstant et imprévisible à son goût, tout comme ses méthodes.


« Skinner vous a dit ça ? » Questionna Scully, imperturbable et toujours aussi en proie au doute.

« Pas exactement, mais nous avons nos propres sources. Nous savons que le fils de CGB Spender a échappé à la surveillance du Consortium et s’est enfui avec une dose prototype d’un vaccin qu’ils avaient mis au point pour se protéger des Super Soldats. » Les notifia Larker, décidément très au courant.

« Si les Super Soldats apprennent que le Consortium a mis au point une substance permettant d’échapper à leur contrôle alors qu’ils ont passé un accord, ils risquent de ne pas être très contents. » Remarqua Mulder, amusé de savoir qu’à part Scully et lui, personne autour d’eux ne se faisait confiance.

« Vous voulez que j’isole cette substance et la reproduise, tout comme le vaccin. » Présuma de nouveau Scully.

« Deux précautions valent mieux qu’une. » Acquiesça Larker.

« Trois précautions, si l’on prend en compte ces abris. » Précisa Mulder en désignant les lieux d’un tour d’index.

« Exactement. Nous avons besoin de vous deux pour vos capacités uniques ainsi que votre matériel génétique. Mulder je veux que vous vous occupiez de la communication entre toutes nos unités. Docteur Scully, je voudrais que vous travailliez avec nos scientifiques pour mettre au point ces deux vaccins. Je ne pourrais pas être plus explicite. » Déclara Larker en expulsant un nuage de fumée bleutée et opaque.

Avant qu’ils n’aient le temps de répondre quoi que ce soit, des coups résonnèrent contre la porte laissée grande ouverte. Scully fit demi-tour et aperçut William qui se tenait à l’entrée du couloir. Maggie venait de le rattraper et semblait gênée de l’avoir laissé s’échapper.


« Je suis désolé, j’ai tourné la tête un instant et il s’était sauvé. » S’excusa-t-elle en tentant de l’emmener à l’écart.

« Est-ce que je peux vous parler ? » Fit l’enfant, son regard allait et venait entre Mulder et Scully.

Ses parents ne se consultèrent même pas pour le suivre, sans donner leur décision à Larker qui resta planté là. Mulder et Scully accompagnèrent William jusqu’au bout du hall, ainsi ils étaient éloignés aussi bien de la famille de Scully que des oreilles de Larker.


« William ? Tu veux nous dire quelque chose ? » Demanda Mulder en l’aidant à s’asseoir sur une table pour leur éviter de se pencher.

« On ne peut pas rester ici. On doit partir, on ne peux pas rester ici. » Affirma-t-il, visiblement secoué et perturbé.

« Est-ce que tu sais quelque chose ? » Insista Mulder en sachant que Scully n’apprécierait pas la suite de la discussion.

Ses jambes battaient l’air nerveusement et il se rongeait les ongles jusqu’au sang. Scully n’aimait le voir ainsi et s’empara de sa main pour l’encadrer des siennes, espérant lui transmettre un peu de son calme.


« Je le sens… Ce monsieur… Il n’est pas bon mais il n’est pas méchant non plus… Je ne veux pas rester ici. » Continua-t-il de plus belle, serrant les doigts de Scully avec une force déconcertante.

Préoccupée, elle l’enlaça de ses bras puis chercha Mulder du regard, le priant d’écouter leur fils. Il était surprit de sa réaction, elle qui d’habitude était l’incarnation du scepticisme. Evidement, le fait qu’il s’agisse de leur enfant influençait très certainement son désir de ne prendre aucun risque et de se fier à son instinct. Il fit un pas en avant et étreignit sa famille, enfouissant son visage dans les cheveux de Scully et caressant le dos de William pour le réconforter.


« Où devrions-nous aller ? » S’interrogea-t-il oralement aussi bien pour Scully que leur enfant.

***


2 ans plus tard - Novembre 2010.

« Docteur Scully, je crois que vous devriez venir. Il y a un problème à l’entrée du hall 3. » Annonça une voix par l’entrebâillement de la porte.

« Zack, vous ne pouvez pas demander à Skinner de s’en charger ? » Répondit Scully d’une voix irritée.

Vêtue d’une blouse blanche, elle était penchée sur un patient qui l’observait d’un air inquiet. Elle tapota son épaule pour le réconforter et d’un regard, elle lui assura son retour imminent. Expulsant un soupir, Scully fit demi-tour, ôta son stéthoscope et sortit de la pièce en suivant cet homme devenu son ami au cours des derniers mois.


« Depuis que Mulder est parti, vous êtes sa remplaçante attitrée. » Se justifia Zack, désolé de chaque fois la déranger au mauvais moment.

Sa phrase la fit plus souffrir qu’autre chose, le départ de Mulder était toujours un sujet sensible pour elle et Scully esquissa un faible sourire pour dissimuler sa peine. Son absence était surtout très difficile à supporter pour William qui choisissait de s’isoler pour lutter contre son désespoir.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Lun 17 Nov - 1:54

« Skinner tente de gérer la situation au mieux mais Larker semble intransigeant. » Expliqua Zack, énigmatique.

« Même à des kilomètres de nous il continue à faire la loi et à nous mettre des bâtons dans les roues. Apparemment, ça ne lui a pas suffit de s’en prendre à Mulder et à moi. » Maugréa Scully, serrant les poing dans ses poches pour contenir sa colère.

« Il a donné de nouvelles directives un peu… sévères à l’encontre de certaines personnes accueillies dans les abris. Il en a même expulsées certaines et cela aurait donné lieu à plusieurs débuts de mutineries à New York et Washington. »

« J’en ai entendu parler, il semblerait que Larker et ses hommes tentent de faire une sorte de sélection des gens à héberger et font preuve d’un peu trop de zèle dans leurs décisions. A priori, il a interdit l’entrée à plusieurs handicapés qui pourtant présentaient une très bonne forme physique et mentale. » Se souvint Scully, les informations ne leur parvenant bien souvent que par le bouche à oreille, les réseaux étant soit saturés soit hors service.

« Il est à l’entrée. » Glissa Zack, embarrassé par cette révélation.

« Larker ? Il est à Seattle ? » S’étonna Scully, son rythme de marche momentanément déréglé.

Il ne se déplaçait jamais au-delà des états du New Jersey, du Connecticut ou du Maryland. Voyager n’était plus un plaisir mais une corvée, un danger à éviter par tous les moyens. Larker n’était pas du genre à se mettre en ligne de mire sans avoir une bonne raison, c’était ce qui alarmait d’autant plus Scully.


« Hum… » Acquiesça-t-il, gêné, avant qu’ils n’arrivent à l’endroit en question.

Un petit attroupement s’était déjà formé autour des deux portes à battants contrôlées électroniquement. Des cris résonnaient ça et là suivant les mouvements de la foule. Plusieurs hommes de l’abris, des Protecteurs comme on les appelait désormais, tentaient d’apaiser les esprit et de parlementer. En vain à première vue. En s’approchant, Scully découvrit la cohue qui avait lieu également à l’extérieur du hall et Larker se trouvait entre les deux groupes, cerné de deux de ses propres agents de sécurité.


« Docteur Scully. Vous tombez bien. » Fit-il en l’apercevant puis il se fraya un chemin à l’aide ses coudes.

« Je peux savoir ce qui se passe ici ? » Exigea-t-elle, le sourcil dressé et les bras croisés sur la poitrine en signe d’autorité.

Larker réprima un sourire en la voyant ainsi, ses attitudes éveillaient toujours autant son intérêt. Même après deux ans d’échauffourées. Surtout après ces deux années, à vrai dire. Il n’avait pas apprécié d’être venu les chercher lui-même avec des propositions alléchantes pour obtenir en retour qu’ils collaborent uniquement à distance. Mulder n’avait pas eu tort lorsqu’il avait mentionné le besoin d’avoir une structure forte et développée sur tout le pays. D’autant plus que Seattle entretenait des liens serrés avec Anchorage, un atout de plus pour assurer l’efficacité de leur plan. Cependant, perdre le plaisir de côtoyer quotidiennement le Docteur Scully l’avait peiné, ce petit retour improvisé lui redonnait l’espoir de l’apprivoiser, avec le temps. Bien sûr.


« Carrion et Mayfield ont pris de nouvelles mesures. Je suis navré mais je ne fais que les appliquer, le FBI et la CIA se doivent de faire front avec le MUFON et le NICAP. » Commença-t-il d’un air faussement désolé.

« Je ne comprends pas, de quelles mesures parlez-vous ? » Questionna Scully, cela ne disait rien qui vaille.

Depuis le début de la matinée, elle avait eu ce pressentiment. Son ventre qui la tiraille, les impressions de déjà vu, ces phrases que l’on a la certitudes d’avoir entendu mot pour mot à peine quelques jours avant…


« Et bien de la restriction aux accès basée sur l’âge des nouveau pensionnaires. » Décocha-t-il avec évidence.

« Dana ! »

Scully tourna la tête en direction de la porte et ce fut à cet instant qu’elle repéra Skinner, dépassant tous les autres d’une tête. Ce qui l’inquiéta néanmoins, fut de trouver sa mère à ses côtés. De l’autre côté. Il n’avait pas osé ? Non, ce n’était pas possible, empêcher des handicapés de pénétrer ces lieux était une aberration mais quel prétexte ridicule avait-il pu trouver pour justifier l’exclusion de sa mère ? De ces autres personnes autour d’elle ?

« Maman ? Skinner ? Je… »

« Ils ne veulent pas nous laisser entrer Dana… Ils m’ont dit que je n’avais pas de permis valable, je leur ai montré ma carte magnétique mais ils n’ont rien voulu savoir. » Expliqua Maggie au dessus des bras de ces armoires à glace.

« Ce sont les ordres. Les personnes de plus de 60ans ne seront plus admises dans les abris, ils recevront le double vaccin mais nous manquons de place. Il faut se rendre à l’évidence. » Révéla-t-il finalement comme si de rien n’était.

« Quoi ? Non mais vous vous fichez de moi Larker ? » S’indigna Scully, elle voulut courir vers les portes mais Larker la retint par le bras.

« Vous n’y pouvez rien Docteur Scully, votre bonté de cœur est admirable mais pensez à ces enfants qui sont encore dehors. Des cibles si faciles pour les Super Soldats, alors qu’ils pourraient être ici, bien au chaud, protégés. Au lieu de ça, ils doivent perdre le vie pour que des vieillards puissent ramper dans les couloirs de ce centre sans le moindre scrupule ? » Grogna-t-il, les dents serrés et le regard accusateur.

« Vous n’êtes qu’une pourriture ! Au lieu d’envoyer vos hommes se faire tuer inutilement, vous feriez mieux de leur faire construire plus d’abris. C’est à vous de regarder la vérité en face, vous les envoyez se battre contre des moulins à vent pendant que VOUS vous restez votre cul vissé sur une chaise à donner des ordres sans queue ni tête ! » S’écria Scully, à bout de nerfs et d’argument.

D’un geste violent, elle se dégagea de son emprise et accourut vers sa mère à l’instant où les portes se refermèrent. Paniquée, elle se mit à frapper la paroi de métal, elle donna des coups de pieds, d’épaule, s’acharna plusieurs longues minutes jusqu’à ce que le reste des témoins la rejoigne dans sa détresse. Larker se tenait à l’écart, son expression vide de tout sentiment. Scully retrouva son passe et elle eu beau le plaquer contre le détecteur, celui-ci ne lui accorda pas l’ouverture automatique. Larker avait dû se douter de sa réaction et il avait certainement désactivé ses autorisations pour la journée. Le rassemblement se fit plus houleux et bruyant, des hommes utilisaient des chaises en tant que baudrier mais cela ne servait à rien. Dans un accès de rage, Scully retourna sa haine sur Larker et lui assena une gifle monumentale. Ce dernier, prix au dépourvu, tituba sur quelques pas, une main sur sa joue rosie par le choc.


« Vous êtes un monstre ! » Hurla la jeune femme, hors de contrôle. « C’est ma mère ! Vous êtes un assassin ! » L’invectivait-elle encore et encore jusqu’à ce que Zack la retienne.

Il s’était placé face à elle, les mains sur ses épaules et planta son regard dans le sien.


« Docteur Scully, s’il vous plaît, vous devez vous calmer. Vous ne pourrez réfléchir qu’en ayant repris votre calme, nous allons trouver une solution, d’accord ? » Lui promit-il, toujours aussi bienveillant.

C’était devenu comme une mission pour lui, celle de prendre soin aussi bien de Scully que de son fils. Il tentait de leur changer des idées, innovant chaque jour pour leur redonner le sourire, même un simple rictus. Un pique-nique dans le laboratoire, assis sur des glacières, des courses en chaises à roulettes pendant que Scully joue les arbitres… Toutes sortes de loisirs farfelus qui les rassérènent le temps d’un repas ou d’un après-midi.


« Vous devez contacter Mulder, lui seul saura quoi faire. » Se risqua Zack à contrecœur.

Scully resta un instant bouche bée, comme si la seule prononciation de son nom suffisait à la blesser profondément. Le pauvre Zack ne savait plus quel comportement adopter. Comment faire renaître une fleur fanée ? A part lui redonner de l’eau en effectuant une prière, il ne voyait pas d’autre issue. Lorsqu’il s’agissait du Docteur Scully, il avait tendance à la voir comme une rose, une rose en manque d’eau… une eau du nom de Mulder.


« Non… non, je ne peux pas… Pas maintenant… » Murmura-t-elle en couvrant son visage de ses paumes.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Mer 19 Nov - 19:38

« Je sais que c’est difficile mais vous devez essayer. Vous voulez que je le fasse pour vous ? » Suggéra-t-il, à la recherche de la réponse qui soulagerait Scully.

« Suivez-moi… » Fit-elle en l’attirant à l’écart de Larker. « Je vais appeler Mulder mais vous restez à l’intérieur et vous vous occupez de William, vous ne le quittez pas des yeux c’est compris ? » Lui ordonna Scully, elle ne laissait pas la possibilité à Zack de refuser.

« C’est promis, je veillerai sur lui et votre famille. » Lui assura-t-il en hochant la tête.

« Est-ce que… Est-ce que vous pouvez mettre Charlie et Bill au courant pour notre mère ? » Fit-elle d’une voix tout à coup brisée par la colère et le désespoir.

« Quelqu’un devrait vous accompagner, essayez de trouver Skinner. »

Si sa mère ne se trouvait pas en sécurité, Scully comptait justement sur Skinner pour la protéger et elle avait l’intention de lui parler au plus vite. Larker ne s’en tirerait pas aussi facilement et qu’importe la méthode à employer, elle lui ferait payer cette condescendance mal placée. La vengeance n’était pas un acte reconnu par la Bible et Scully le regretterait presque dans ce genre de circonstances.

« Je verrai une fois dehors. » Lança-t-elle en s’éloignant.

« Docteur Scully ! Je viens d’y penser, comment allez-vous sortir d’ici s’ils ont bloqué les portes automatiques ? » Demanda Zack, désormais des plus curieux.

« Mulder et moi avons aidé à l’élaboration de cet abris en sachant que l’on y vivrait. Nous nous sommes parés à toute éventualité. » Affirma-t-elle d’un clin d’œil entendu.

Ce que Zack ne savait pas, c’était que William les avait guidés dans leur choix. Grâce à lui, ils avaient échappé aux Super Soldats et fondé cette petite ville souterraine aux abords de Seattle. Les abris n’avaient été qu’officiellement ouverts au début de l’année 2010 de manière à accueillir les gens n’ayant pas encore reçu les vaccins mis au point par Scully un an auparavant. Depuis lors, des millions de personnes avaient été immunisées, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. L’Europe s’était découvert des étendues de magnétite recouvrant des kilomètres à travers l’Autriche et la Hongrie. L’Afrique quant à elle, organisait sa défense avec l’aide des autorités du Mozambique, pays regorgeant de précieuses carrières. De même pour la Sibérie en ce qui concernait l’Asie.


***


Scully atteignit finalement le couloir qui représenterait son échappatoire, là où était dissimulée une porte à verrouillage autonome, indépendant de tout le reste du réseau. Tout ce dont elle avait besoin était de taper un code à huit chiffres que Scully avait appris par cœur en cas d’urgence. Elle composa les trois premiers numéros avant qu’une voix ne l’interrompe en pleine réflexion.

« Maman ? »

« William ?! » S’exclama-t-elle, une main sur la poitrine en signe de surprise.

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur. » S’excusa le jeune garçon.

Il avait beaucoup grandi en deux ans et dans peu de temps, il dépasserait sa mère jusqu’à la surplomber comme le faisait son père. Ses yeux avaient légèrement foncé, arborant un bleu plus intense, mêlé de teintes dorées et grises. Ses cheveux étaient coupés courts mais quelques mèches lui retombaient sur le front. Encore un point commun avec Mulder, ou du moins, la dernière image qu’elle possédait de lui, imprimée dans son esprit à jamais.


« Qu’est-ce que tu fais ici William ? Où est Zack ? » S’enquit-elle en l’attirant dans le renfoncement du mur.

« Tu sais bien que je peux me sauver quand je veux… » Lui rappela-t-il, grâce à son ‘‘don’’ il avait la fâcheuse tendance à prendre la poudre d’escampette quand ça lui chantait.

« William, tu ne peux pas m’accompagner, je ne veux pas prendre le moindre risque. » Le contra-t-elle immédiatement en devinant ce qu’il comptait faire.

« C’est aussi mon père. Vous m’aviez juré que jamais on ne se séparerait. D’abord c’est papa qui nous laisse et maintenant tu veux m’abandonner ici ! » S’écria-t-il en tirant sur son bras avec une force ahurissante.

« Non William, je ne te quitterai plus jamais, je veux simplement ramener ton père et ta grand-mère… Je veux juste réunir notre famille, je t’aime William, tu seras plus en sécurité ici. » Insista Scully, l’enlaçant tout contre elle.

« Ici ? Avec Larker ? » Questionna-t-il sur un air faussement innocent.

« William… » Soupira-t-elle, à bout d’arguments.

« Emmène-moi, tu sais que tu peux t’être utile, on n’en aura que pour quelques heures c’est tout. Emmène-moi. » Répétait William, a priori infatigable.

Ce qui agaçait Scully était de reconnaître qu’il n’avait pas tort, il saurait déjouer les pièges les plus vicieux que l’on était susceptible de leur tendre. Ce n’était qu’un aller et retour de plusieurs kilomètres et l’avoir à ses côtés avec un petit quelque chose de rassurant. Scully ne se ferait pas de film en imaginant que le pire se serait produit en son absence.


« Très bien… » Céda Scully, un sourire au coin des lèvres. « Vas enfiler un pull et dépêche-toi de revenir. » Lui demanda-t-elle craignant néanmoins le froid extérieur.

Cela faisait si longtemps qu’ils n’avaient pas été exposés aux éléments. De temps à autre, ils s’aventuraient à la sortie de l’abris pour communiquer avec les autres communautés, soit par le biais d’un voyage sous haute surveillance, soit par une ligne de téléphone enterrée qui ne les reliait qu’au groupe de Salt Lake City. La plupart des grandes villes possédaient plusieurs liaisons, suivant leur location. S’ils avaient choisi Seattle, c’était pour son isolement qui offrait des avantages comme un climat tempéré, le littoral, la frontière avec le Canada. Malheureusement, cet éloignement les obligeait à se débrouiller par eux-mêmes en cas de problème et incluait ce souci d’accès à la communication.


« On peut y aller. » L’informa William à son retour, emmitouflé dans un pull over et un sac sur l’épaule.

Scully aussi avait prévu quelques provision au cas où, elle s’en empara et recomposa sa combinaison sur le clavier qui l’autorisa à sortir. Tous les deux remontèrent un long tunnel à petites foulées pour rejoindre l’ascenseur principal qui leur permettrait de s’évader.


***


Le vent les figea sur place, non pas à cause de sa fraîcheur, mais par le plaisir soudain de sentir ses cheveux et ses vêtements remuer à leur gré dans cette brise automnale. Les yeux fermés, les bras entrouverts, ils se laissèrent pénétrer par le bien-être de cette vie à l’air pur et non assaini mécaniquement.

« J’avais oublié à quoi ressemblait le soleil. » Murmura Scully comme si elle ne voulait déranger ce calme reposant.

« Moi aussi, j’en ai plus qu’assez des lampes à UV. » Acquiesça William avant de se remettre en route.

Scully esquissa un sourire suite à sa remarque et emprunta un chemin de terre qui s’enfonçait dans les bois. Ils n’avaient pas effectué trois pas que déjà ils aperçurent le groupe de gens refoulés un peu plus tôt à l’entrée du hall trois.


« Scully ? » S’étonna Skinner en la voyant s’approcher.

« Que faites-vous ici ? » Demanda-t-elle, ils auraient dû se réfugier dans le second abri.

C’était Mulder qui en avait eu l’idée, au cas où, avoir un second endroit où se cacher rassurait tout le monde. Il était étroit, certes, mais servait à accueillir les voyageurs en perdition, évitant ainsi de mener les ennemis au vrai lieu qui les protégeait tous.


« Dana ! » S’exclama Maggie en prenant sa fille dans ses bras.

« Ca va aller. Je vais appeler Mulder, il saura quoi faire pour se débarrasser de Larker et de ses stupides décisions. » Affirma Scully en haussant le ton pour que tous l’entendent.

« Est-ce que tu veux que William reste avec nous ? » Proposa sa mère en caressant les cheveux de l’enfant.

« Non, je préfère l’avoir sous les yeux. Merci. On va faire au plus vite. Soyez discrets, allez dans le bois. Je vous tiens au courant à mon retour. » Leur assura Sully avant de faire signe à William qu’ils repartaient.

« J’ai préféré rester avec eux pour assurer leur sécurité. » Se justifia Skinner, seul membre du groupe à ne pas avoir encore passé la marque fatidique des soixante ans.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Sam 22 Nov - 18:41

La jeune femme le remercia et William embrassa sa grand-mère avant d’emboîter le pas à Scully. Il faisait presque la même taille qu’elle désormais et leurs enjambées s’accordaient parfaitement. Ils parlaient peu tous les deux, mais montraient toute leur affection dans leurs gestes. Souvent, Scully travaillait tard au laboratoire ou à l’infirmerie alors il n’était pas rare que William lui rende visite. William la trouvait assise à son bureau et venait se poster derrière elle, entourant son cou de ses bras et collant sa joue à la sienne. Tous les deux fermaient les yeux et savouraient cet instant en silence, quelques secondes, quelques minutes, cela dépendait de celui qui se détachait de l’autre le premier. Une sorte de concours entre eux, une compétition qui désignait tous les participants comme des vainqueurs.

« Tu as peur ? » Questionna William en s’emparant de sa main mais regardant ses pieds pour ne pas trébucher.

« Un peu. » Avoua Scully, serrant ses doigts, peut-être un peu trop fort.

« De lui parler ou de ne pas réussir à l’avoir au téléphone ? » Insista William, clairvoyant.

« Les deux je crois. J’ai l’impression qu’il est parti depuis une éternité. » Se confia Scully, elle revoyait sans cesse ce jour où il lui avait dit qu’il devait partir.

La colère l’avait envahie et Scully lui en avait voulu pendant un instant. Elle n’avait tenu qu’une heure avant de finalement l’attirer tout contre elle pour lui dire qu’elle lui faisait confiance. William s’était senti revigoré par cet aveu mais coupable d’éloigner son père. Coupable de séparer ses parents. Au début, Mulder avait refusé catégoriquement de les abandonner mais il avait dû s’y résoudre. C’était son devoir et tous les trois s’en rendaient compte même s’ils ne comprenaient pas encore vraiment bien comment William faisait pour savoir tout ce qu’il savait.


« C’est de ma faute. » Murmura William.

« William, non. Ton père et moi savions tous les deux que c’était la seule chose à faire. Tu as eu raison de nous le dire. » Lui jura Scully en s’arrêtant net, il ne pouvait continuer à se sentir responsable.

« Papa m’a dit qu’un jour il t’avait laissée toute seule, tu étais enceinte de moi et il est parti. Il n’était pas au courant mais quand il est rentré et qu’il ta vue avec ton gros ventre il m’a dit qu’il n’avait jamais eu aussi mal de toute sa vie. A part peut-être quand tu t’es faite enlever et qu’il t’a retrouvée en Antarctique. Il avait raté tellement de choses, tout ça parce qu’il pensait faire le bon choix, faire le bien. J’ai peut-être fait la même bêtise… Si ça se trouve il est mort… Ou il ne réussira pas à revenir et ce sera de ma faute… » Sanglota William, les larmes s’accumulant aux coins de ses yeux et menaçant de tomber à chaque seconde.

« Oh William… Non… Il devait partir, tu n’as fait que lui transmettre le message. » Le raisonna Scully en l’enlaçant. « Il va revenir d’accord ? Il est toujours revenu, moi aussi, on est faits pour être tous les trois quoi qu’il arrive. Je… Tu ne m’as jamais parlé comme ça auparavant, je suis soulagée que tu te confies à moi, on a besoin l’un de l’autre. Que ce soit pour partager nos joies ou nos peines, je suis là, d’accord ? Jamais je ne t’accuserai du départ de Mulder. Rien ne pourra changer le fait que je t’aime, que ton père t’aime et qu’on résoudra tout ça d’une manière ou d’une autre. »

Scully s’écarta de lui, juste assez pour déposer un baiser sur son front et lui arracher un petit sourire. Sa façon à elle de clore la discussion. William ne trouverait rien à y redire, il priait juste pour qu’elle est raison et que son père rentre vite à la maison. Du moins, s’ils pouvaient désigner ce souterrain comme une maison.

***


« Il est passé il y a de cela deux semaines environ. Je crois qu’il allait à Denver. » La renseigna l’homme au bout du fil.

« S’il vous plaît, est-ce que vous pouvez essayer de les joindre pour moi, demandez-leur s’ils savent quoi que ce soit sur l’endroit où il se trouve. C’est très important. » Insista Scully, l’estomac noué par la peur.

William s’était assis à côté d’elle sur un tronc d’arbre mort. La situation était des plus cocasses, Scully tenait le téléphone dans une main et de l’autre elle maintenait la porte du caisson métallique ouverte. Le temps s’était couvert et le vent soufflait dans les feuilles des arbres. Au dessus de leurs têtes, un crissement suspect émanait du mouvement irrégulier des branches qui menaçaient de céder sans crier gars. L’atmosphère était des plus oppressantes, couplée à la tonalité angoissante du combiné, Scully et William n’étaient pas rassurés de se trouver seuls ici. Au beau milieu de nulle part.


« Je n’ai pas réussi à joindre Mulder directement mais on m’a dit qu’il avait quitté l’abris de Kansas City il y a un mois environ. Depuis, nous n’avons pas reçu un signe de lui. Je suis navré Docteur Scully, j’espère qu’il ne lui est rien arrivé. » Compatit cet inconnu, il semblait honnête et cela faillit faire fléchir Scully.

« Je vous remercie… Si vous parvenez par un moyen ou par un autre à le contacter, dîtes-lui de rentrer au plus vite s’il vous plaît. Dîtes-lui que sa famille va bien mais qu’on a besoin de lui. » Le pria-t-elle, sachant que si jamais Mulder obtenait ce message, il rappliquerait au quart de seconde.

Ce n’était pas dans les habitudes de Scully, les appels au secours, les suppliques, il comprendrait la signification de cette requête. Mulder l’avait prévenue, ce voyage serait terriblement long et éreintant, traverser la moitié du pays à cheval se révélerait être un défi de tous les instants. Larker et ses hommes avaient la chance de posséder des véhicules à hydrogène, ces derniers avaient échappé à la rupture magnétique. Toutes les autres voitures, camions ou appareils électriques à la surface de la Terre étaient tombés en rade sous les assauts répétés des Super Soldats. Déterminés à rompre toute communication entre les hommes de ce pays. Heureusement que Mulder avait eu l’idée d’enfouir ces lignes dans des caténaires cerclés de magnétite. Sans ses prévisions, chaque abris se serait retrouvé isolé en un clin d’œil. C’était l’une des nombreuses raisons pour lesquelles Mulder était admiré parmi les personnes vaccinées et protégées. Elles étaient encore là grâce à lui et ne l’oublieraient pas.


« Il n’est plus très loin. » Promit William devant l’air dépité de sa mère.

Scully hocha la tête comme un automate et referma le boîtier qu’elle cella puis recouvrit ensuite de branchages et de mousse. Concentrée sur ses gestes, elle parvenait à contrôler ses émotions mais quand William s’accroupit à ses côtés pour l’enlacer de ses bras elle ne pu résister plus longtemps. Un sanglot s’échappa de sa gorge et Scully serra son enfant contre elle, si fort qu’elle l’étouffait presque. Ce dernier sentait sa douleur et la laissa faire, l’étreignant davantage encore comme s’ils pouvaient empêcher quiconque de les séparer.


« Je sais qu’il va revenir… Et quand je le verrai, je lui donnerai la gifle la plus monumentale qu’il n’a jamais reçue. » Affirma-t-elle pour masquer sa peine.

A genoux dans l’herbe ils restèrent ainsi de longs instants, respirant l’air frais et revigorant de la nature qui les encerclait.


« Plus jamais je ne vous écouterai tous les deux, c’est fini… » Jura-t-elle encore en berçant William de gauche à droite.

« Tu n’auras plus jamais ce genre de choix à faire. » Lui révéla William, sa voix était étrange soudainement.

« Que veux-tu dire par là ? » S’enquit Scully en l’empoignant par les épaules pour le regarder dans les yeux.

« Que quand papa sera rentré, tout finira par s’arranger. » Expliqua-t-il, un sourire en coin.

« Je déteste quand tu fais ça William, mais quand tu me dis ce genre de chose j’ai juste envie de te serrer très fort pour ne plus te lâcher. » Admit Scully avant d’embrasser son front. « Ne me dis plus rien, garde tout ça pour toi, je sais le plus important, le reste peut attendre. Je ne suis pas sensée le savoir. » Confia-t-elle en attrapant sa main pour le guider vers l’abri.

Seuls quelques éléments suffisaient à déclencher ces sortes de ‘‘visions’’ à William. Le fait de participer à ce coup de téléphone était assez pour lui permettre de capter des informations invisibles à tous. Scully le croyait désormais mais elle refusait de trop utiliser ce don, que cela soit à des fins personnelles ou plus charitables. La crainte de voir débarquer un jour les Super Soldats pour le récupérer était trop intense. Ses parents et quelques proches étaient au courant de ce pouvoir mais avaient été briefés et garderaient cette information pour eux.


« On devrait rentrer avant que la nuit ne tomber et que Larker ne s’aperçoive de notre disparition. » Suggéra Scully en se remettant debout.

***

« Je ne sais pas où est Mulder ni quand il rentrera mais ça ne saurait tarder. »

Scully venait d’informer la petite communauté de cette manière et Skinner la prit à part pour lui poser quelques questions supplémentaires. Ils s’étaient regroupés dans l’abri de secours, les lieux étaient sombres et étroits mais toujours plus agréables que le sol dur de la forêt. Une pièce unique où se mêlaient matelas, boîtes de conserve et réservoirs d’essence pour fournir de la lumière. L’endroit provoquait en Scully une sensation qu’elle n’aurait pu décrire à personne d’autre que Mulder. Quelques mois auparavant, ils avaient dit aux autres qu’ils allaient passer un appel à Salt Lake City pour savoir s’il était possible d’effectuer quelques échanges de nourriture contre du tissu. Sur le chemin du retour, Mulder l’avait attirée jusqu’ici, avait fermé la porte et allumé plusieurs lampes à pétrole. Sous son regard interloqué, il avait installé une sorte de cocon au centre de la pièce, entouré des lueurs jaunes qui conférait à ce décor un romantisme inégalable. Mulder s’était approché d’elle tout en l’embrassant, il avait déboutonné son chemisier, et ôté un par un tous ses vêtements pour ensuite la porter jusqu’à ce lit tout juste confectionné. Ses mains avaient été extrêmement douces et révérencieuses, comme s’il redécouvrait son corps après toutes ces années. La tension qui régnait dans l’abri avait déteint sur eux et leurs humeurs changeantes avaient empêché un quelconque rapprochement. Depuis des semaines ils n’avaient pas partagé plus qu’un baiser, trop préoccupés par leurs missions respectives. Ses lèvres l’avaient vénérée, son corps l’attelant à lui offrir un plaisir qui leur avait manqué à tous les deux. Leur absence plus longue qu’à l’habitude avait déclenché maints commentaires et messes basses, cependant ils ne perdirent pas leur temps à se justifier. Leur amour n’était plus un secret et jamais ils ne se s’excuseraient de savourer ces sentiments trop souvent refoulés. Ils ne s’affichaient pas ouvertement, trop pudiques pour se laisser aller, cependant, ils ne souhaitaient pas non plus attiser de jalousies ou d’envie. De nombreux couples avaient été séparés dans la torpeur et d’autres n’avaient pas tenu le choc sous la pression de l’enfermement.

« Vous devez rentrer avec William. Je vais rester ici et m’occuper de tout le monde. » Lui assura Skinner sans remarquer qu’elle se trouvait à des années lumière. « Scully ? Est-ce que ça va ? » S’inquiéta-t-il quand elle ne répondit pas.

« Oh, pardonnez-moi. Je pensais à autre chose. Oui, je vais ramener William et voir ce que je peux faire en attendant Mulder. » Approuva-t-elle. « Qu’ils fassent attention à eux et vous aussi. » Ajouta-t-elle avant d’indiquer encore une fois à William qu’ils s’en allaient.

« C’est promis, je veillerai sur votre mère. Rentrez rassurer vos frères, ils doivent être morts d’inquiétude. » Lui Rappela-t-il en ouvrant la porte pour elle.

« Zack les aura sûrement tenus au courant. Je reviens vite. »

William se mit à marcher devant elle et Scully le rattrapa pour être la première à faire face aux hostilités si le besoin se présentait. Il n’avait plus prononcé un mot depuis leur arrivé à l’abris de secours et cela ne présageait rien de bon. Scully décida de ne pas tracasser William avec ses propres interrogations, s’il sentait la nécessité de se confier, il le ferait sans qu’elle n’intervienne.

Le chemin en pente les obligea à faire attention où ils posaient les pieds pour éviter les racines qui ressortaient ça et là du sol escarpé. Les arbres se firent plus rares et leur destination se rapprochait d’eux à toute allure.


« Il y a quelqu’un. » Déclara tout à coup William en s’arrêtant net.

« Est-ce que c’est Skinner ? Un homme de Larker ? » Le questionna Scully, sur ses gardes.

Ses yeux balayèrent les alentours, scrutant chaque recoin de ces bois, chaque ombre suspecte. Les troncs semblaient se resserrer les uns contre les autres et le soleil se couchant, leur vue était diminuée.


« Il y a comme des… des interférences… » Souffla William, la mâchoire serrée et les mains sur les tempes pour lutter contre la migraine qui l’envahissait subitement.

« William ! » S’écria Scully en courant à son chevet.

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MessageSujet: Re: Croire, encore et toujours...   Dim 23 Nov - 21:33

Il était tombé à genoux et se contorsionnait de douleur alors Scully vérifia ses pupilles mais celles-ci n’indiquaient rien d’inquiétant. Un mal si foudroyant devait avoir une explication mais elle n’avait pas le temps de la chercher. Scully prit son fils dans ses bras, investie d’une force qu’elle ne soupçonnait pas et décidée à les cacher tous les deux afin d’échapper à un danger imminent.

« Ca se rapproche… Maman je… »

William ne pu terminer sa phrase, de nouveau secoué par une crise inconnue. Accroupie derrière un tronc d’arbre, Scully tenait son corps frêle contre le sien, priant pour que cet intrus ne les découvre pas. S’agissait-il d’un Super Soldat ? Il n’y avait qu’eux pour posséder une telle influence sur William, avec ces morceaux de métal nichés dans leur colonne. Peut-être étaient-ce ces vertèbres artificielles qui créaient ces troubles dans l’esprit de son enfant ? Son instinct la poussa à vérifier sa hanche, dans l’espoir d’y trouver son Smith&Wesson. Malheureusement, lorsque le nuage magnétique s’était couché sur eux deux ans plus tôt, Mulder s’était trouvé à l’extérieur et son arme à déclencheur automatique en avait subi les frais. Scully lui avait donc confié la sienne avant son départ afin qu’il soit plus en sécurité. Mulder avait refusé au premier abord mais elle avait insisté, lui assurant qu’il en aurait plus besoin qu’elle, que Skinner possédait encore son révolver.

Des bruits de pas résonnèrent non loin d’eux, froissant les feuilles déjà tombées en masse qui jonchaient le sol terreux. Scully perçut une respiration et tout à coup elle se figea. Ils étaient deux, une deuxième personne venait d’éternuer. Que faire à part rester les plus discrets possible ? Ce qui était rendu difficile par les gémissements de William, le visage plaqué contre l’épaule de sa mère il se mordait les lèvres pour ne pas s’époumoner et par là même, révéler leur position.


« Par ici… Attendez… Je sens quelque chose d’étrange… » Fit une voix à quelques mètres d’eux, curieuse et méfiante.

Scully tendit l’oreille, avait-elle déjà entendu ce ton rauque auparavant ? Peut-être que la son n’était pas exactement le même mais il semblait pour le moins familier.


« Dépêche-toi, il va bientôt faire nuit. » L’entraîna le second homme, à bout de souffle.

William et sa mère restèrent pantois. Il n’y avait aucun doute. C’était lui !


« Mulder ! » S’exclama Scully en se relevant sans pour autant lâcher William.

Ce dernier accourut dans leur direction et les enveloppa de ses bras. Les mots leurs manquaient à tous les trois, satisfaits dans le plaisir simple de s’étreindre pour la première fois depuis plus de deux mois. Mulder porta William quand Scully faiblit sous le poids de l’émotion et de ce jeune homme qui grandissait trop vite. Ils avaient leurs visages à la même hauteur les uns des autres et s’observaient sans vraiment croire que la scène était réelle.


« La prochaine fois, qu’importe le danger, je vous emmène tous les deux avec moi où que j’aille. » Leur affirma Mulder.

Sa barbe avait eu raison de ces longues heures de marche en pleine campagne, rappelant à Scully les quelques années passées en Virginie Orientale. Le meilleur moyen de passer inaperçu, de se fondre dans le décor. Elle la lui ferait néanmoins raser aux premières lueurs du jour.


« Il n’y aura pas de prochaine fois. » Rétorqua Scully, elle ne se laisserait plus marcher sur les pieds aussi aisément. « Est-ce que ça va William ? » S’enquit-elle finalement en remarquant qu’il ne grimaçait plus.

« Oui, c’est moins fort que tout à l’heure. » La rassura-t-il sans se détacher de son père.

« C’était de ma faute. »

Le trio se retourna pour faire face à Gibson Praise, le bras en écharpe et le sourire gêné. Scully faillit reculer d’un pas en voyant comme il avait grandi, il le dépassait d’une tête mais portait toujours ces affreuses lunettes cerclées de fer. Son regard vert se faisait doux et reconnaissant.

« Gibson… » Murmura Scully en s’approchant de lui pour l’embrasser sur la joue. « Je suis tellement soulagée que Mulder t’ait retrouvé. » Offrit-elle en caressant son bras immobilisé.

« C’est grâce à William, c’est lui qui m’a entendu et qui l’a conduit jusqu’à moi. » Expliqua ce dernier en désignant le jeune garçon.

« Donc c’est à cause de nos pouvoirs que j’ai mal à la tête ? » Questionna William en se massant les tempes pour évacuer les dernières tensions qui y résidaient.

« Je m’en servais en arrivant sur le chemin, Mulder ne se souvenait plus du trajet exact. Je sais le contrôler et atténuer son intensité alors quand je t’ai senti tout près, j’ai comme qui dirait éteint la lumière pour ne pas te désorienter. » Décrivit-il le plus simplement possible. « Désolé de t’avoir refilé la migraine. » S’excusa-t-il en s’approchant pour lui serrer la main.

« Ca va, je vais bien. » Insista William, faisant comprendre à Mulder qu’il pouvait le reposer au sol.

Après tout, il était assez grand pour savoir ce qu’il faisait et prendre des décisions alors qu’on le traite comme un enfant le mettait mal à l’aise.


« Rentrons, sinon on va mourir de froid ici. » Suggéra Mulder, il glissa sa main dans celle de Scully et la porta à sa bouche pour déposer un baiser sur ses doigts.

Celle-ci exerça une pression sur sa paume, tellement soulagée de le retrouver à ses côtés comme avant. Gibson et William ouvrèrent la voie, bavardant comme si de rien n’était et échangeant leurs impressions sur ce pouvoir étonnant qu’ils possédaient.


« Comment s’est-il blessé ? » Questionna-t-elle en repensant au bras de Gibson.

« Je l’ai aidé à s’évader du bâtiment où l’un des hommes de Larker le retenait prisonnier, il est tombé dans un ravin et s’est probablement cassé le bras. J’ai essayé de replacer l’os au mieux mais il faudra que tu y jettes un œil. » Lui raconta Mulder en l’attirant encore plus près de lui.

« Je le ferai. Mulder, il faut trouver un moyen de se débarrasser de Larker… Il a pris de nouvelles mesures, ma mère ne peut plus pénétrer l’abri… Je ne sais plus quoi faire. » Se confia-t-elle en secouant la tête, lasse et dépitée.

« Ne t’inquiète pas, j’ai rencontré Hayden, le directeur de la CIA, quand j’étais à Kansas City. Il m’a dit que Carrion et Mayfield ont été influencés par Larker dans leurs prises de décisions. Mais ce n’est rien d’irréversible, dans quelques jours il viendra ici et informera Larker de son remplacement immédiat. » Annonça Mulder à leur plus grande satisfaction.

« Dieu merci, j’espère simplement que ma mère tiendra le coup jusque là. » Fit Scully, un bras se faufilant sur la hanche de son ami.

« Est-ce qu’ils sont seuls ? Ils sont dans l’abri de secours je présume ? » Demanda Mulder alors qu’ils apercevaient l’entrée de leur actuelle ‘‘demeure’’.

« Oui, Skinner s’est proposé de rester avec eux pour assurer leur protection. » L’informa Scully avant de composer le code qui leur permettrait de retourner dans leurs murs par la porte dérobée connue d’eux seuls.

***


La lumière tamisée de la pièce ne révélait que la silhouette fine de la jeune femme pourtant Mulder ne pouvait détacher son regard d‘elle. Seul un drap la couvrait, légèrement appuyée contre le chambranle de la porte, pieds nus et cheveux décoiffés. Il l’attendait dans l’entrée de leur chambre, l’observant pendant qu’elle veillait sur leur fils endormi. Chaque soir, avant d’aller se coucher, elle devait vérifier qu’il était bien dans son lit et ne manquait de rien. Une fois rassurée, elle referma sa porte et parcourut le petit couloir à pas de loup. Un sourire embarrassé étira ses lèvres quand elle réalisa que Mulder avait assisté à son petit manège nocturne.


« Viens par ici. » L’invita Mulder en ouvrant ses bras pour l’accueillir.

Scully n’hésita pas une seconde et alla se lover contre lui, nichant son visage dans le creux de son cou.


« Combien de temps crois-tu que l’on devra rester ainsi, à vivre sous terre ? » Questionna la jeune femme, ses mains remontant le long de son dos.

« Je ne le sais pas encore exactement, les Super Soldats ont été décimés par la magnétite. Sans leur appui, les hybrides n’ont que peu de chances d’aboutir à leurs fins, surtout qu’ils sont en sous-nombre par rapport à nous. Et puis grâce à toi, tout le monde a été vacciné à temps. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne. » Lui garantit Mulder dans un élan d’optimisme.

« Quand je pense à la peur panique qui nous a tous envahis quand on est arrivés au 22 décembre 2012. » Souffla-t-elle, ne croyant toujours pas que cette date fatidique était enfin derrière eux.

« Ils sont venus, ils ont vu, ils n’ont pas vaincu. » Conclut Mulder, fier d’avoir tenu tête à ces légions d’Hybrides venus les réduire en poussière quelques mois plus tôt.

« Dès que nous seront venus à bout de tous ces problèmes, je veux qu’on parte vivre au bord de la mer. » Rêva Scully à haute voix, pensant à son père et à la liberté que l’océan permettait d’éprouver.

« Je te laisserai le dire en personne à Carrion et Mayfield. » Plaisanta Mulder en l’attirant vers leur chambre.

« Tu as été dirigeant des opérations pendant plus de deux ans. Il est temps que tu prennes ta retraite et qu’on trouve la relève. » Remarqua Scully, tapant de l’index sur son menton.

« Gibson fera un très bon meneur, il est jeune mais il sait ce qu’il fait. » Acquiesça Mulder.

Il baissa la tête et leurs bouches se rencontrèrent en un tendre baiser qui dura de longues secondes. Les choses rentraient peu à peu dans l’ordre malgré des pertes humaines conséquentes les survivants avaient tenu le coup. La détermination, le désir de vivre, avaient été plus forts que tout. Savoir qu’ils pourraient bientôt revivre à l’extérieur comme par le passé leur procurait des frissons. Plusieurs années auparavant, le fait d’être propriétaire d’une maison n’avait rien d’extraordinaire, désormais, c’était devenu le fantasme de toutes ces communautés souterraines.

Les jambes de Mulder heurtèrent le matelas et il s’apprêtait à se laisser tomber en arrière sans pour autant lâcher son emprise sur Scully. Malheureusement, un cri retentit à cet instant et le couple sourit à cette occasion manquée.


« Vas le chercher, je veux te voir lui donner le sein. » Murmura amoureusement Mulder.

FIN

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