Les fanfics de la Gillian Community

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 Reconnaissance

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Polly

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MessageSujet: Reconnaissance   Lun 20 Avr - 3:39

Auteur : Polly
Genre : shiiipp
Time-Line : Vous le comprendrez vite en lisant.
Disclaimer : Je gagne rien pour ça, je suis à la rue à cause d'ADH!!! lol
Résumé : Scully tente de se faire la belle discrètement mais ce n'est pas gagné...


Reconnaissance


« Agent Scully ? »

Cette dernière fit demi tour subitement, et lissa les pans de sa veste d’une manière tout sauf innocente. Doggett n’était pas sensé se trouver là pendant l’heure de midi et son apparition compliquait ses plans. Le bâtiment se remplissait peu à peu de monde, mais personne ne semblait s’intéresser à leur début de conversation.

« Bonjour Agent Doggett. »
Fit-elle cordialement, ses yeux balayaient le couloir dans l’espoir d’éviter de croiser l’Agent Reyes en sa compagnie.

Scully ravala sa salive avec difficulté, cherchant à la fois un prétexte pour ne pas s’éterniser et une collègue qu’elle pourrait interpeller afin de fuir les lieux. A toute vitesse.


« Je croyais que vous étiez à Quantico pour les deux prochains jours. »
S’étonna-t-il avec légitimité.

Ses yeux bleus étaient rivés sur Scully, sondant son propre regard comme s’il pouvait lire à travers elle comme dans un livre ouvert. Il avait vécu un terrible cauchemar en perdant son enfant et désormais il se considérait comme une sorte d’ange gardien, investi d’une mission visant à la surprotéger. Evidement, il était inutile de préciser qu’elle détestait ce côté de sa personnalité.

« Je le croyais également mais Skinner avait besoin de me parler d’une affaire et on en a profité pour déjeuner ensemble. »
Se justifia-t-elle le plus naturellement du monde.

Le bord de sa jupe caressait son genou d’une manière désagréable mais elle ne tenait pas à éveiller encore plus sa curiosité en gigotant. Ses orteils se crispaient dans ses chaussures, comprimant ses pieds qui supportaient déjà la hauteur admirable de ses talons. Ce qu’elle pouvait détester être nerveuse, il n’y avait rien à faire. Jamais elle ne lui dévoilerait ses projets et s’il continuait à la retenir, Scully ne savait pas combien de temps elle maintiendrait cet écran de fumée en place.

« Oh, sa réunion s’est terminée plus tôt que prévu. »
Remarqua-t-il, intrigué.

« Exactement. Je vous prie de m’excuser mais j’ai encore deux autopsies à effectuer cet après-midi et je ne tiens pas à être en retard. »
Glissa-t-elle finalement, avant de se faufiler dans le hall.

La foule s’était déjà épaissie dans les artères du J. Edgar Hoover Building ce qui offrit à Scully le moyen idéal pour fuir cet agent soupçonneux. Scully s’était toujours sue très mauvaise menteuse, encore plus en présence des personnes qui la connaissaient. Avec un peu de chance, elle aurait déjà mis les voiles avant que Doggett ne mène sa petite enquête sur son compte et ne tente de l’empêcher.

D’un pas décidé, elle rejoignit le parking souterrain et s’enferma dans sa voiture. Il aurait fallu qu’elle appelle sa mère, qu’elle la rassure mais le courage lui manquait. Elle aurait souhaité serrer William dans ses bras, juste assez fort pour sentir son petit cœur battre contre le sien. Au lieu de cela, Scully s’installa derrière le volant et reposa sa tête dessus quelques instants. Les yeux fermés, elle inspira lentement afin de retenir ses larmes. Elle se sentait à bout de nerfs, fragile, vidée de toute énergie… Aussi heureuse d’être maman que triste de ne pas partager ce bonheur avec le père de son enfant. Chaque jour, elle faisait face à ces gens qui la croyaient forte, froide et insensible. Elle apparaissait comme inébranlable aux yeux de ses amis qui, quelque part, s’attendaient tout de même à la voir soudainement défaillir. Bien sûr, ils seraient là pour la rattraper si chute il y a, mais ce n’était pas de leurs épaules dont elle avait besoin.

***

Les paysages défilaient, montagnes, arbres, pleines, villages sans que Scully n’y prête une réelle attention. Son pied tremblait sur l’accélérateur et elle avait que c’était de sa faute. Partie à la va vite, rien d’autre ne l’importait plus que la destination finale de son voyage. Préparer un sac ? Rassembler des vêtements chauds ? Toute pensée sereine et réfléchie avait quitté son esprit à l’instant où elle avait pris sa décision. Ses mains elles aussi étaient frigorifiées et pourtant, Scully avait chaud, elle transpirait d’impatience. La sonnerie de son téléphone portable la fit bondir et sa voiture zigzagua sur la route jusqu’à ce qu’elle en reprenne le contrôle.

« Scully. »
Sa voix était sèche, n’acceptant pas de futilités.

« On peut savoir où vous êtes ? »

« Vous avez parlé à l’Agent Doggett. »
Devina Scully en entendant le ton réprobateur du Directeur Adjoint Skinner.

Scully lâcha un soupir, elle se trouvait non loin de la frontière Canadienne, il ne pourrait plus l’arrêter. Les seules personnes à même de tracer le signal de son téléphone portable avec suffisamment de précision étaient justement celles qui l’avaient aidée à se faire la belle. Aucune chance que ces trois compères ne la trahissent en apportant leur soutient à Skinner.


« A moins que je n’ai été frappé d’Alzheimer depuis ce midi, je ne me souviens pas avoir déjeuné avec vous. »
Ironisa-t-il amèrement.

« J’ai dû improviser. » Répliqua-t-elle, faussement désolée.

« Agent Scully… » Commença-t-il durement avant de continuer plus doucement. « Dana, vous vous mettez volontairement en danger. »
Lui reprocha-t-il avec un air paternel.

Elle leva les yeux au ciel, un de plus à vouloir lui faire la leçon. Parfois, Scully avait l’impression qu’ils la prenaient pour une petite fille qui n’en fait qu’à sa tête et mérite d’être réprimandée à chaque initiative. Ils ne pourraient jamais comprendre alors à quoi bon s’escrimer ?


« Je me moque de ce que vous pensez, vous, l’Agent Doggett… Je ne suis peut-être plus une Agent de terrain mais jusqu’à preuve du contraire, j’ai toujours un badge, un permis de port d’arme et neuf années d’expérience derrière moi. Je ne suis pas sans défense. »
Le sermonna Scully comme si elle inversait les rôles.

« Scully, vous êtes seule, probablement au beau milieu de nulle part, sans renfort… William est avec sa grand-mère je présume, qu’est-ce qui vous dit qu’ils n’hésiteraient pas à s’en prendre à lui pour vous faire sortir de votre tanière ? »

Les mains de Scully se recourbèrent sur le volant jusqu’à ce que ses ongles lui rentrent dans les paumes. Comment osait-il sous estimer ainsi sa manière de procéder ? Remettre en question son amour pour son fils, car c’était ce qu’il insinuait à travers ses propos. Qu’elle n’était pas capable de protéger William, qu’en le quittant égoïstement, elle faillissait à son devoir de mère. Résister était l’unique solution, ne pas le laisser induire le doute en elle, à aucun prix. Elle avait raison, quoi qu’il se passe, quoi que Skinner en pense.

« J’ai pris mes dispositions, je n’en dirai pas plus sur cette ligne. Repensez à tous ces coups que vous avez pris aux côtes, par une femme qui plus est. Cela serait dommage de recommencer. »
Murmura-t-elle, acide, plus elle raccrocha.

Pourvu qu’il ait saisi le message, cela le soulagerait d’en savoir plus et alors, peut-être qu’il la prendrait au sérieux lorsqu’elle dit s’être organisée avec réflexion.

Son regard se porta sur un muret de pierre, celui qui indiquait le chemin que Scully devait emprunter. Son cœur s’emballa à la réalisation des évènements à venir, de ce moment qu’elle anticipait avec tant d’ardeur. Tout s’éclaircissait et elle se sentait comme une petite fille attendant le Père Noël pour ouvrir ses présents, trépignant d’impatience, les yeux brillants, le sourire timide… Le sentier de terre n’avait de fin, traversant un bois puis débouchant sur une vallée désœuvrée. Au bout se trouvait une maison, postée à côté d’une énième forêt de conifères à la hauteur imposante et aux branches majestueuses. L’hiver arrivait à grands pas, une fois recouvert d’un manteau neigeux, ce lieu revêtait sûrement un caractère mystérieux et festif, sorti tout droit d’un conte de fée. Cependant, Scully ne s’attarda pas bien longtemps sur le décor, lui préférant le chalet qui grandissait à mesure qu’elle s’approchait.

La gorge sèche, les mains moites, elle tremblait néanmoins de plus belle, incapable de se contenir davantage. Une cinquantaine de mètres la séparait encore de l’habitation quand la porte s’ouvrit, révélant une silhouette masculine. Scully en eut le souffle coupé, comme si ses craintes s’étaient envolées à l’apparition de cet homme qui comptait tant. Elle gara sa voiture et il était là, ouvrant sa portière puis l’extirpant de l’habitacle pour l’engouffrer dans son étreinte.

« Oh, Scully… »
Souffla-t-il, désespéré.

Celle-ci avait le visage plaqué contre son torse, les mains raccrochées à son dos et s’était hissée sur la pointe des pieds. Des larmes si souvent retenues dévalaient ses joues, encore et encore, sans qu’elle ne tente de les effacer ou n’ait honte de les évacuer. Tant de mois s’étaient écoulés depuis leurs derniers contacts, dans le couloir de son appartement, juste avant qu’il ne monte dans un taxi pour disparaître.

« Mon Dieu… »
Balbutia-il de nouveau, respirant son parfum, ses cheveux, sa peau.

« Tu n’y crois pas Mulder. »
Bredouilla Scully, entre rire et sanglot.

« Tu es transie de froid… » Remarqua-t-il sans s’arrêter sur son commentaire. « Où sont tes vêtements ? » S’étonna-t-il en voyant son mince tailleur.

« Je… » Scully baissa la tête, gênée de reconnaître devant lui qu’elle n’avait pas pris le moindre bagage avec elle. « J’ai pensé à tout sauf à ça. Dès que j’ai eu ta réponse, j’ai demandé à ma mère de s’occuper de William et j’ai couvert mes arrières au Bureau. »
Expliqua-t-elle d’une traite.

« Rentrons. »
Répliqua Mulder en tant qu’acquiescement et soucieux de sa santé dans ce vent glacial.

Ils marchèrent bras dessus, bras dessous jusqu’à cette cabane en rondins où Mulder l’invita à s’asseoir près du feu. La petite bâtisse consistait d’une seule et unique pièce dominée par l’âtre de la cheminée. Dans un coin se trouvait une sorte de cuisine aménagée par les soins de Mulder. A en juger par l’endroit, les toilettes devaient se situer à l’extérieur et Scully frissonna à l’idée d’avoir une envie pressante en pleine nuit.


« Comme tu peux le voir, ce n’est pas le grand luxe, mais je pense être à l’abri ici. » Intervint Mulder en déchiffrant son regard.

« Comment fais-tu pour consulter tes e-mails ? » Questionna-t-elle en réalisant qu’il n’avait pas le courant.

« Je fais une centaine de kilomètres en voiture pour me rendre au cyber café le plus proche. »
Décocha-t-il en souriant bêtement.

« Mulder… »

« De sont mes derniers jours ici, il faut que je parte ailleurs de toute façon. »
La rassura-t-il en s’agenouillant devant Scully pour appuyer sa tête sur ses cuisses.

Scully ne tenta même pas de résister à l’envie de glisser ses mains dans ses cheveux, un geste si familier auparavant.


« Parle-moi de Will… Est-ce qu’il va bien ? Et toi ? »
L’interrogea-t-il sans bouger, bercé par le simple mouvement de ses doigts sur son crâne.

« Je… Je crois qu’il a mon nez et mes yeux… mais ce sont bien tes lèvres… »
Annonça Scully, choisissant ses mots avec attention.

« C’est un bon début. »
Affirma Mulder, soulagé que son fils échappe aux moqueries que lui-même avait subi concernant son… attribut nasal.

Le fauteuil sur lequel Scully s’était assise grinça quand elle s’adossa, les ressorts vieux et bruyants lui rentraient dans les hanches et le dos même à travers le tissu qui le recouvraient. Un cadre était accroché au mur, une toile d’araignée en tombait, effectuant la liaison avec une commode décolorée. Le matelas qui gisait sur le sol semblait propre lui mais les fenêtres devenaient à peine distincte sous leur centimètre de crasse. Tout comme le dessus du peu de meubles qu’il possédait, croulant sous la poussière. Curieusement, Scully n’aurait quitté les lieux pour rien au monde.

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MessageSujet: Re: Reconnaissance   Mer 22 Avr - 3:40

« Est-ce qu’il parle ? » S’enquit Mulder en se redressant.

« Il n’a que 5 mois Mulder, il est à peine passé aux biberons et aux petits pots. » Lui rappela-t-elle en collant son front au sien.

« J’ai l’impression que c’est une éternité déjà, je vais manquer tant d’étapes, de moments importants. » Se confia-t-il en s’emparant des mains de Scully.

« Je sais que c’est dur mais tu fais ça pour lui, il comprendra plus tard et je consigne tout dans un journal… Je prends le plus possible de photos et je note tous les détails. C’est souvent des instants futiles, mais ce sont des instants futiles que tu mérites de connaître. » Lui raconta Scully, souhaitant elle aussi qu’il les accompagne au jour le jour au lieu de vivre retiré.

Mulder se releva légèrement et l’embrassa enfin, comme s’il venait de se rendre compte qu’il ne l’avait pas encore fait. Des gestes d’amour pour oublier des sentiments de douleur. Leurs dents s’entrechoquèrent, leurs bras se cognèrent tels des adolescents savourant leur première fois. Chaotique mais pleine de désir, chargée d’électricité et d’appréhension. Mulder bascula volontairement en arrière sur le matelas, entraînant Scully avec lui, au dessus de lui, sans que jamais leurs bouches ne se séparent.

Leur baiser trouva son terme lorsque Scully expira longuement, sentant les mains de Mulder retenir sa taille, plaquant la jonction de ses jambes contre les siennes. Nul doute, il avait autant envie qu’elle de prolonger ce moment. Sans plus attendre, Scully attaqua les boutons de sa veste pendant que Mulder ôtait son pull et son tee-shirt dans le même mouvement. Le simple fait de se retrouver au contact de sa peau fit gémir Scully d’une façon que jamais Mulder n’avait entendue. Ils se dépêchèrent de retirer le reste de leurs vêtements, la hâte les rendant de moins en moins patients.

A nouveau leurs lèvres se découvrirent avant de retrouver nuque, gorge et clavicules, arrachant ça et là des soupirs mal maîtrisés. Mulder aurait voulu être plus patients, faire monter en elle des sensations trop agréables pour ne pas être assouvies. Malheureusement, il en était incapable, trop désireux de la posséder encore et encore. Il se plaça au dessus d’elle, soulagé de détecter dans ses yeux le même besoin sauvage et irrépressible. N’y tenant plus, il se fondit en elle, sentant son bassin se lever pour venir à sa rencontre. Doucement, ils se retrouvèrent dans cette dance charnelle, Mulder se contenant par peur de lui faire mal après tant de semaines sans le moindre rapport. Leurs corps créèrent un rythme régulier, aussi subtil qu’intense. Face à elle, le regard de Mulder se montrait insistant et rappelait à Scully l’avidité avec laquelle ils avaient espéré cet acte d’amour. A chaque seconde qui passait, elle voulait fermer les paupières pour mieux profiter de toutes ces sensations qui l’envahissaient par vagues successives. Elle ne pouvait s’y résoudre, captivée par la contemplation qu’il avait d’elle, ses hanches en mouvement perpétuel, sa concentration imperturbable. Scully comprit brusquement son souhait, toute cette animalité dirigée vers elle, il voulait la marquer à jamais comme sienne. Et lui faire connaître un plaisir si bouleversant, qu’elle se cambrerait jusqu’à empêcher l’air d’atteindre ses poumons. Cette révélation eut le don de lui faire recroqueviller les orteils, d’autant plus que Mulder faisait toujours preuve d’une détermination sans faille, quelque soit le projet dans lequel il se lançait.

Déjà elle se sentait partir, Mulder semblait s’être rapidement familiarisé avec les nouvelles courbes de son corps, appréciant sans nul doute sa poitrine plus généreuse et ses lignes arrondies. Et dire qu’elle avait appréhendé ce détail… Il fit vagabonder sa main jusqu’à leur jonction et Scully crut défaillir… Cinq mois, cent soixante treize jours et il n’avait rien oublié…

Scully sentit son orgasme la heurter de plein fouet, montant en elle et dévastant tout sur son passage : muscles incontrôlables, respiration intermittente, un froid lui traversant le bas ventre jusqu’à la poitrine… Puis cette chaleur déboussolante qui la rendit totalement muette et lui fit perdre, durant quelques secondes, la notion de la réalité. Quand elle revint à elle, Scully découvrit que la suite de spasmes qui l’avait engloutie n’était pas passée inaperçue et que Mulder ne boudait pas son propre plaisir. En un instant lui aussi fut submergé par cette explosion de sensations plus délicieuses les unes que les autres jusqu’à l’abandonner pantelant. Il s’effondra sur elle, le temps de récupérer son souffle et de déposer un furtif baiser dans son cou.


***


Le soleil s’était couché mais la fatigue ne les avait pas emportés dans un sommeil très profond. Ils somnolaient l’un contre l’autre, blottis sous un monceau de couvertures pour parer contre l’absence de chauffage. Le feu de bois ressemblait à un simple tas de braises, Mulder n’ayant pas le courage de se lever pour le raviver. Cela signifierait quitter les bras de Scully et c’était au dessus de ses forces. Mener cette vie de paria l’emplissait peu à peu de haine envers les gens qui les maintenaient à l’écart. Ne pas avoir le droit de voir son fils grandir, de croiser le sourire de la femme qu’il aimait, ces deux punitions équivalaient la peine de mort. Une mort lente et douloureuse, le consumant petit à petit.

« N’y pense pas pour l’instant, il nous reste quelques heures. » L’avisa Scully, s’appuyant sur son coude.

« Comment éviter d’y penser. » S’esclaffa-t-il tristement.

« Nous avons pris cette décision ensemble, nous devons l’assumer. Il n’y a pa d’autre choix. Qui sait, dans quelques semaines tout cela sera de l’histoire ancienne et les choses reprendront leur cours. » Se risqua-t-elle, une main caressant son torse, de son sternum jusqu’au ventre.

Il retint ses doigts avant qu’elle ne descende plus bas. Misérable, déprimé… Le fait de la toucher aggravait en un sens son calvaire. Lorsqu’elle repartirait de son côté, la blessure que Scully lui infligerait serait béante et nécessiterait beaucoup de temps pour cicatriser. Ou du moins, pour cesser de saigner. Le mal assené par son départ ne pouvait lui être imputé, Scully souffrirait tout autant que lui. Si ce n’est plus, car observer son enfant évoluer au jour le jour sans avoir un père sur lequel compter la faisait certainement rager intérieurement.


« Qu’a dit Skinner à ce sujet ? Comment t’a-t-il couvert ? » Demanda-t-il en réalisant le danger guettant Scully suite à cette escapade secrète.

« Je ne l’ai pas prévenu. » Rétorqua Scully en retombant sur le dos pour scruter le plafond.

« Comment ça, il n’est pas au courant de notre rencontre ? Mais est-ce que… » S’inquiéta Mulder avant d’être interrompu.

« Les Lone Gunmen ont fait la moitié du travail, m’inventant un emploi du temps et promettant de surveiller William. Ce midi je suis passée au Bureau pour m’assurer que Holly transfère mes appels si nécessaire. Le problème, c’est que j‘ai croisé l’Agent Doggett et qu’évidemment, il n’a pas cru un seul de mes mensonges. Résultat, j’étais déjà en route quand Skinner m’a appelée pour essayer de me dissuader. » Expliqua-t-elle, visiblement exaspérée que tout le monde tente de d’intervenir dans sa vie.

Si Mulder se mettait à la sermonner, Scully ne jurait plus d’elle, que ce soient ses mots ou son comportement. Même si elle devait quitter ce chalet simplement vêtue d’un drap et conduire de nuit dans une région reculée de l’Etat de New York. Sa réflexion terminée, elle se rendit compte que Mulder souriait.


« Quoi ? » Fit-elle, confuse.

« C’est juste… Je suis content que tu aies eu le courage de tout lâcher pour venir me retrouver. » Admit-il, ému par la volonté sans faille de Scully.

« N’en doute jamais Mulder. » Déclara-t-elle solennelle, se tournant sur le côté pour lui faire face. « Je ferais n’importe quoi pour toi ou pour William, tu devrais le savoir depuis le temps. » Ajouta Scully en le poussant pour s’allonger sur lui et prendre le rôle d’un agréable duvet humain.

« J’ai tellement peur qu’un jour tu te réveilles et te demandes pourquoi tu t’entêtes à te coltiner un cas désespéré comme moi. C’est vrai, ce serait tellement plus facile de m’oublier et de refaire ta vie avec un type bien rangé, avec un boulot stable et une passion débordante pour le football américain. » Murmura Mulder d’une voix désabusée.

Le corps de Scully se mit à convulser et Mulder fut pris de panique, il la renversa sur le dos et s’immobilisa en voyant son visage. Il eut presque envie de la gifler pour la faire cesser de rire aussi ouvertement, se moquant délibérément de lui.


« Mulder, tu m’en as débité des bêtises mais je crois que celle là surpasse toutes les théories farfelues jamais échafaudées. » Gloussa-t-elle en secouant la tête : un cas désespéré peut-être mais *son* cas désespéré. « Si j’avais vraiment voulu te quitter je l’aurais fait depuis longtemps, maintenant tais-toi d’accord ? » Conseilla-t-elle sans détour.

« Fais-moi taire Scully. » Grogna-t-il contre sa gorge.

***


Après s’être endormis bien tard et surtout bien exténués, Mulder et Scully se réveillèrent avec un soleil aussi paresseux qu’eux. Les nuages assombrissaient le ciel, assurant à Scully un trajet chaotique et pluvieux. Comme leur humeur à l’heure actuelle.

Scully était assise sur le bord du matelas, elle venait d’enfiler sa jupe et plaçait les bretelles de son soutien-gorge sur ses épaules. Mulder se faufila derrière elle pour agrafer son sous-vêtement, à regret. Ses mains glissèrent sur ses hanches tandis que son front se nichait dans le creux de son cou, expirant un air chaud qui la fit frissonner.


« Si William était avec nous, tu serais capable de disparaître pour de bon ? » Souffla Mulder, pensif.

« Je n’en sais rien Mulder, ça aurait déjà été dangereux de l’emmener aujourd’hui alors disparaître pour de bon… » Elle marqua une pause pour chercher la tournure adéquat. « Tout cela, on l’a choisi, on savait dans quoi on s’embarquait. William est innocent, il n’a rien demandé, je ne sais pas si on aurait le droit de lui infliger un mode de vie si restrictif et épuisant. » Répondit-elle en pivotant légèrement. « Tu m’en veux ? »

« Bien sûr que non Scully. » S’empressa-t-il de la rassurer en la prenant dans ses bras. « Ta rationalité… Je crois que c’est grâce à toi qu’on est encore là aujourd’hui... » Reconnut-il à reculons.

« J’aimerais que ce soit vrai. » Affirma cette dernière en s’écarta de lui pour ramasser son chemisier froissé.

Mulder l’observa alors qu’elle s’habillait, appréciant de la voir si naturelle dans des circonstances aussi particulières. Il le concédait, cet instant représentait parfaitement leur histoire. Deux jeunes gens à première vue normaux entraînés dans une existence insolite et singulière. Ce qu’il donnerait pour jeter tout cela au placard et lui offrir la simplicité d’une maison, un foyer dans lequel leur famille s’épanouirait sans avoir à se soucier des actions passées.


« Tu sais ce qu’est mon plus grand rêve ? » S’aventura Mulder, époussetant la veste de Scully qui avait traîné sur le sol toute la nuit.

« Je sens que je vais bientôt le savoir. » Ironisa-t-elle avec tendresse.

« Apprendre à William comment on joue au baseball. Je nous vois dans un parc, tu es à quelques mètres de nous, assise sur une couverture et tu nous regardes attentivement. Tu as les cheveux lâchés et ils sont encore plus longs que ça… » Ses doigts se perdirent dans sa chevelure, les yeux fermés il continua à se remémorer. « Tu as l’air inquiète, comme si tu pressentais que l’un de nous allait se ramasser la batte en pleine face. » Plaisanta Mulder, il parvint à s’attirer un mince mais néanmoins adorable sourire.

« Depuis quand tes rêves semblent-t-ils si réalistes Mulder ? » L’interrompit Scully, amusée.

« Tu as raison, en fait je crois que c’est de la jalousie, tu aimerais être à la place de William pour avoir une nouvelle leçon personnalisée. » Se corrigea Mulder, son ton empli de sous entendus.

« J’espère que ses leçons seront un peu plus adaptées Mulder ou je devrai me faire davantage de soucis…. » Marmonna-t-elle, enfin détendue depuis leur réveil.

Mulder resta silencieux, concentré sur ses paroles il s’était focalisé sur le temps qu’elle venait d’employer. Non pas le conditionnel mais le futur, comme si dans son esprit, ces instants auraient forcément lieu un jour.


« Reste là. D’accord ? » Articula Scully, la gorge serrée.

« Pas d’au revoir ? » Fit Mulder, toujours à genoux sur le matelas, uniquement couvert du drap, autour de sa taille.

« Pas d’au revoir. » Répéta la jeune femme en encadrant son visage de ses mains.

Sans un mot elle se pencha vers lui, l’embrassa et s’éclipsa à toute allure pour ne pas se donner l’occasion de faire demi tour ou de pleurer devant Mulder. Son cœur en était brisé, une partie demeurant prisonnière de ce chalet, sous la protection d’un homme à qui elle cèderait tout. La seconde moitié gisait en elle, presque inanimée, au bord de l’implosion. Scully résisterait, si ce n’était pour elle, au moins pour leur fils, pour Mulder, pour toujours.

FIN

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