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 [La fée verte]

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Julia
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MessageSujet: [La fée verte]   Mar 1 Aoû - 2:13

Auteur: Julia
Date: 31 juillet....
Résumé: Un parfum d'absinthe, une histoire sordide qui ressort, des plaies non cicatrisées, un meurtre étrange: Mulder et Scully devront faire face aux fantômes du passé.
Disclamer: Les personnages de Mulder et Scully ne m'appartiennent pas et je dirai à Mr Carter qu'avant de me coller un procès au derière, il n'a qu'à régler ses ennuis avec la Fox.
Commentaire: Je ne sais pas encore où va me mener cette fanfic mais je pense qu'elle sera à prendre avec des pincetes dans le sens où je compte aborder des sujets assez difficiles(après le Sida, yeepee, quand je disais que j'étais une fille joyeuse).
Avertissement: Aucun je pense, au cas où je vous préviens à l'avance.


_.*°*._

_.*°*._La Fée Verte _.*°*._

_.*°*._




- Mulder sais tu ce que l’on appelle la fée verte?
- La fée Clochette dans un pot de peinture?


Le sourcil droit de Dana Scully vint se relever avec grâce, comme à son habitude. Non pas que l’humour de Mulder la dérangeait mais lorsqu’elle était au travail, elle aimait rester concentrée et attentive.

- La fée verte est un des noms de l’absinthe.
- C’est un alcool assez fort, non? La prohibition en Amérique a interdit toute importation d’absinthe car cet alcool, d’après les dires, rendait fou et dangereux.
- Je vois que tu es bien renseigné.
- Quel est le rapport avec notre affaire?
- On a retrouvé un taux d’absinthe très élevé dans le corps de la victime. La question est de savoir…
- Comment cet homme s’est il procuré de l’absinthe…
- Alors qu’ après la fin de la prohibition, l’interdiction est quand même restée.
- Tu vois Scully, je te l’ai toujours dit, la communication entre nous est formidable.


Il réussit enfin à lui arracher un sourire. Exquis. Sublime. Il aurait voulu figer cet instant où les lèvres de son amie s’entrouvrent avec volupté pour former ce sourire si ravageur. S’obligeant à revenir sur terre, il continua de la fixer, légèrement amusé de la situation. Ces derniers temps, Scully et lui ne pouvaient s’empêcher de jouer à ce jeu dangereux de la séduction. Il vit ses lèvres bougées mais trop subjugué il n’entendit pas ce qu’elle était en train de lui dire.



- Mulder tu m’entends quand tes yeux sont fixes de cette manière?
- Pardon?
- Je disais donc, par où commencer? Le corps de cet homme a été retrouvé à dix kilomètres de son domicile et à quinze de son lieu de travail. Il était médecin, père de famille rangé, marié depuis plus de vingt ans, une personne connue et plus que respectable dans l’immensité de New York. Le rapport d’autopsie explique qu’il est sûrement mort de sa principale blessure: une barre de fer enfoncé à environ sept centimètres dans sa poitrine.
- Charmant. L’idée du suicide a donc été éloignée?
- Oui car d’autres blessures sont présentes: de profondes plaies aux pieds, aux mains et au cœur, et tous ses effets personnels comme son portefeuille, ses clés de voiture ont disparus. Un avis de recherche a été lancée pour retrouver la voiture mais pour l’instant il n’y a aucune nouvelle.
- Et donc tu m’as dit qu’il avait un fort taux d’absinthe?
- Oui il devait être proche du coma éthylique. Le médecin légiste qui s’est occupé du corps parle d’une hypotonie musculaire, une hypotension et surtout d’une hypothermie avancée, séquelles les plus fréquentes lors d’un coma de ce genre.
- Pourtant cet homme n’était pas du genre à boire jusqu’à s’effondrer, non?
- Sa famille, ses amis parlent d’un homme sans défaut, qui parlait peu mais agissait beaucoup, refusant toute forme de perversion.
- De perversion? Alcool, tabac, drogue?
- Et abstinence. Après la naissance de leurs deux filles, il s’est fait faire une vasectomie et avait arrêté toute forme de…vie sexuelle avec son épouse.
- Non? Mais comment faisait il?
- Mulder ce n’est pas parce que tu es un mâle qui ne sait pas contrôler ses pulsions que tous les autres hommes sont comme toi.
- Me dis pas que tu admires ce genre de personne?
- Je ne dis pas que j’admire ce genre de comportement mais il vivait tel que Dieu aurait aimé voir les hommes vivrent. Il a donné deux belles filles à son épouse et il voulait consacrer le reste de sa vie à sa foi et à son amour pour Dieu.
- Famille très catholique alors?
- Oui très.
- Qui pourrait en vouloir à un homme aussi…parfait?
- Je ne sais pas. C’est un médecin réputé à New York. A ce qu’il paraît il pouvait faire des miracles dans une salle d’opération, il a sauvé des centaines de vies.
- Qui a trouvé le corps?
- Un passant, tôt ce matin.
- Une visite s’impose chez la veuve et après nous irons interroger l’homme qui l’a retrouvé.
- D’abord je voudrais aller à la morgue pour faire une simple vérification.
- Quelque chose te dérange dans le rapport du médecin légiste?


Il la connaissait mieux que quiconque, elle ne pouvait rien cacher.

- Je trouve sa description du corps assez sommaire…et sur le cliché j’ai crû voir un détail, et tant que je n’aurais pas vu le corps de mes propres yeux, je ne pourrai continuer l’enquête.
- C’est le chiffre 8 tatoué sur son poignet qui t’alerte de cette manière?
- Alors ce n’est pas une illusion, tu le vois aussi?
- Oui je comptais t’emmener à la morgue plus tard mais je vois que nous sommes sur la même longueur d’ondes, pour une fois.
- Crois moi, nous le sommes plus souvent que tu ne pourrais l’imaginer.


Surpris, Mulder mit quelques secondes à reprendre ses esprits: Scully avait déjà mis sa veste et l’attendait près de la porte. Chassant comme un voile imaginaire qui aurait pu cacher ses yeux, il tenta de mettre sa veste tout en réfléchissant aux paroles de Scully. Pensait elle à la même chose que lui où était il en train de se laisser submerger par son imagination trop débordante?

Le trajet en voiture se passa dans une atmosphère détendue où chacun exposa sa façon de voir cette nouvelle affaire. Tandis que Scully se penchait sur le côté religieux, Mulder lui ne cessait de revenir sur ce tatouage qui le laissait perplexe.

- Mulder nous n’avons pas vu le corps, ce 8 est tellement indistinct, avec le jeu de lumière et d’autres éléments, ce n’est peut être qu’une illusion.
- Tu ne veux pas admettre que tu soupçonnes la même chose que moi.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.


Détournant les yeux du visage bien trop arrogant de son coéquipier, elle laissa son regard vagabondait sur la nature ravagée par la rudesse de l’hiver. Alors qu’ils allaient pénétré dans cette immense ville qu’est New York, Scully posa sa main sur le bras de Mulder:

- Arrête toi Mulder. Maintenant.

La voiture se gara sur le bas côté: la fine pluie vint se déposer sur le pare brise, formant des gouttes de plus en plus nombreuses.

- Mulder et si tu avais raison…à propos du tatouage…ce serait une découverte horrible…
- Je sais, c’est pour cela que nous allons avancer en douceur et à tâtons.
- Je ne pourrai pas le croire. Ni le concevoir.
- C’est une réalité affligeante.
- Je ne veux pas revivre cela.
- Cela n’arrivera pas.


La main qui était restée sur son bras vint se perdre au creux de la sienne: il ne pouvait pas rassurer Scully du moment où lui même ne l’était pas. Il sentait la peur de sa partenaire, et petit à petit cette profonde angoisse vint s’insuffler en lui. Ils restèrent quelques minutes prostrés dans un silence énigmatique. Elle ne voulait lâcher cette main si protectrice. Elle ne pouvait parler mais les mots étaient de toute façon insuffisants et dispensables. Ils n’avaient rien à se dire, tout résidait dans leur cœur et leurs yeux: une âme lisant dans une autre sa propre angoisse et sa propre inquiétude a le pouvoir de ne pas exprimer ses sentiments et ses intentions car elle sait qu’elle sera toujours lue comme un livre ouvert.

La voiture s’éloigna dans le brouillard épais qui s’était levé: New York apparaissait, ses buildings imposaient leur grandeur et dans le reflet des tours vitrées c’était deux âmes en peine que l’on pouvait apercevoir.






A suivre!


Dernière édition par le Sam 12 Aoû - 1:01, édité 1 fois
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Julia
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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Mer 2 Aoû - 23:46

Des les méandres des avenues, la Ford avançait au pas, inlassablement à travers la foule de taxis jaunes. La jungle New Yorkaise, elle était là, dans tous ses états. Jungle où la nature n’était que bitume, où les hauts arbres n’étaient que des buildings, où les oiseaux aux mille couleurs étaient des oiseaux de fer survolant les nuages de la ville et où les pires prédateurs étaient les hommes eux mêmes. Au détour d’Upper East Side, la façade grise et austère de l’hôpital Mount Sinai apparut, s’élevant à travers le brouillard de plus en plus épais et oppressant.

-Scully, rappelle moi pourquoi nous ne travaillons pas en Floride?
- Parce que là bas, la seule affaire non classée est l’abondance de personnes âgées!

Resserrant leurs manteaux tout contre eux, ils se dépêchèrent de pénétrer dans l’immense édifice, un léger sourire aux lèvres. A l’intérieur, une effervescence incroyable régnait :des médecins et des infirmières passaient dans un bruissement à peine perceptible, tellement leur obligation les obligeait à être présents et actifs à tout moment.

- Tu vois Mulder, le Mount Sinai est un des plus grands complexes hospitaliers de New York….l’élite y travaille…dont notre victime, le Docteur Mark Miller.
- Belle façon de finir….congelé dans la morgue de son lieu de travail.
- Ce n’est pas drôle Mulder.
- Si ça l’est, je te vois sourire.
- Je ne souris pas, c’est une crampe dû au froid.
- Si tu souris.
- Non je ne…
- Où allez vous comme ça?

Ils furent interrompus par un médecin qui les avait croisé:

- Je vous ai demandé, que faites vous dans ce sous sol?
- Excusez nous, sommes les agents Mulder et Scully et nous nous rendons à la morgue.
- La morgue n’est pas là, elle est au bâtiment à côté.
- Merci.


Bon nombre d’étudiants se retournèrent à l’entrée de la jeune femme: ses yeux d’un bleu enivrant semblèrent subjuguer l’assemblée entière réunit autour du corps sur la table d’examen.


- Pardon d’interrompre le cours, je suis l’agent Dana Scully et on m’a demandé de vérifier un corps au plus vite, c’est pour une enquête.

Le professeur Thomson, tout autant charmé que ses élèves, balbutia qu’elle était la bienvenue, et que la salle serait libérée pour elle. Devant tant de dévotion et sous la montée fulgurante de testostérone dans la pièce, Scully se sentit bien trop femme et bien trop seule. Priant pour que Mulder ait finit de chercher le médecin légiste, elle resta sous les regards des étudiants comme sous un projecteur d’une puissance inimaginable.

- Scully?
- Ah Mulder!

Soulagée, elle l’accueillit avec son plus beau sourire mais lorsqu’elle s’approcha de lui, elle chuchota les dents serrées:


- La prochaine fois que tu me laisses seule au milieu d’autant d’hommes, je démissionne.
- Ils ne t’ont rien dit au moins?
- Non mais leurs regards étaient là.

Jetant un coup d’œil inquiet autour de lui, Mulder fit comprendre que sa partenaire était avec lui. Ce regard protecteur, jaloux et fier était celui d’un homme…amoureux? Il s’était posé cette question des dizaines de fois mais la réponse restait toujours sans réponse. Il préférait vivre chaque moment à ses côtés comme des instants magiques, comme si le lendemain plus rien ne serait la même chose. Poser sa main sur sa main revenait à lui dire combien il tenait à elle dans ces moments d’intimité. Lui parler tout bas, devant un verre de vin ou une bière en regardant distraitement un film, c’était lui faire comprendre qu’elle était plus que sa collègue. Chaque intonation de sa voix se teintait différemment quand il lui parlait. Il était là, tapis dans l’ombre, près à tout pour elle. Le sacrifice d’une vie n’est rien comparé à la survie de l’être que l’on aime et respecte. Une blessure ne fait pas souffrir tant que l’autre est là pour panser les plaies. Scully. Combien de fois avait il rêvé de rencontrer cet autre si différent mais pourtant si proche? Alors que le bonheur l’avait quitté depuis longtemps, le soleil était à nouveau entré dans sa vie un matin où la porte s’était ouverte sur la jeune et talentueuse Dana Scully. Il pouvait se remémorer chaque seconde de cette première rencontre: son sourire si franc, sa timidité naturelle, son apparence bien trop parfaite et son intelligence. Sa fulgurante capacité à réagir et rebondir à chacune de ses théories. Son intégrité, sa confiance, son amitié. Sa beauté. Saisissante, indéniable, inimaginable tant que ses yeux ne s’étaient pas posés sur elle. Il pouvait désormais séparer sa vie en deux étapes bien distinctes: l’avant et l’après Scully. Elle l’avait changé, le rendant plus vrai, plus honnête. S’il était lui, c’était grâce à elle.


- Mulder as tu trouvé le médecin légiste?
- Pardon? Je n’ai pas entendu…
- Tu vas bien? Je te trouve étrange depuis que tu es arrivé ici.
- Je pensais à une chose.
- Laquelle?
- Que parfois un être peut représenter plus que ce que l’on pensait.
- Je me le dit souvent.

Un moment de flottement, un silence unique et délicat se déposa comme un voile protecteur autour d’eux. Le temps reprit sa course inlassable lorsque le médecin entra dans la salle d’autopsie.

- Je présume que vous êtes l’agent Scully, Mr Mulder m’a dit que vous nous attendiez ici.
- Est ce que nous pouvons voir le corps ?
- Bien sûr.

Il les conduisit au fond de la salle et les fit pénétrer dans une nouvelle pièce, encore plus froide, encore plus impersonnelle. Cherchant le nom correspondant, il ouvrit le dernier casier sur la droite afin de présenter le corps de la victime. Mettant déjà ses gants en latex, Scully sentit la main de Mulder se posait en bas de son dos alors qu’elle avançait vers la casier. Le corps gelé et sans vie de Mark Miller attendait. Sa nouvelle vie, ailleurs. Il attendait la sépulture qu’il méritait. Il attendait le jour où, en costume et couché dans un cercueil sa famille viendrait pleurer sur son corps avant que l’obscurité ne l’enveloppe à tout jamais, le rendant aveugle, sourd et inexistant pour le monde terrestre. Poussière il était, poussière il serait. Sa vie s’était interrompu un soir de pleine lune dans un square de New York. Une personne habile pourrait elle percer le mystère de ce brusque départ?

- Le rapport d’analyse sanguine met en avant la présence d’un élément végétal mais non répertorié, n’est ce pas?
- Oui lorsque j’ai autopsié cet homme, j’ai remarqué que sa langue ainsi que sa gorge étaient tapissées d’une matière blanche, mais c’était végétal et non nocif.
- Vous avez un échantillon, que je puisse l’observer au microscope?
- Oui…attendez s’il vous plait.

Après une vérification au microscope, Scully se tourna vers Mulder, triomphante.

- Tu as trouvé quelque chose?
- J’avais pensé à cet élément lorsque nous avons appris que la victime avait un fort taux d’absinthe. Comment un homme aussi respectable aurait pu se mettre dans un tel état? Sa gorge et sa bouche étaient tout simplement tapissées d’une plante que l’on appelle symphyton des pierres. Elle pousse essentiellement entre les pierres et les rochers, et lorsqu’on la mélange à une boisson quelconque, elle absorbe le goût de celle ci…c’est à dire que tu pourrais autant boire un verre d’eau qu’une capsule de cyanure, tu ne sentirais pas la différence.
- Donc on l’a fait boire à son insu?
- Oui.
- Meurtre avec préméditation.
- Il faut juste vérifier une dernière chose….son poignet.


Mulder et Scully s’approchèrent à nouveau du corps: soulevant avec délicatesse le bras droit de la victime, ils observèrent son poignet: un 8 de couleur noire était imprégné dans la peau. A tout jamais.


- Mulder regarde…le tatouage vient d’être fait…il est encore tout boursouflé et rouge, même après la mort….
- Le tueur le lui a fait…
- Après la mort.


La pluie tombait encore lorsque les deux agents regagnèrent leur voiture. Aucun mot ne fut échangé sur le chemin du retour. Jusqu’au moment où Scully craqua. Les souvenirs firent surface. Les larmes coulèrent. Une fois de plus.

Une fois de trop.
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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Jeu 3 Aoû - 19:14

******


Tout avait commencé à Atlantic City , huit mois auparavant.

- Mulder si tu penses que je vais croire à ton mensonge, c’est raté!
- Je t’assure qu’il n’y a plus assez de chambres! Tous les hôtels sont complets, je t’ai dit que j’étais désolé. Je pourrai toujours dormir par terre.


Relevant la tête, Scully croisa le regard que Mulder lui offrait lorsqu’il voulait obtenir quelque chose d’elle. Sa moue d’enfant malheureux était trahie par ses yeux rieurs et enjoués.

- C’est bon mulder. Tu dors loin de moi, et je t’interdit de te retourner durant la nuit!
- Promis!


Empoignant la lourde valise de Scully, il se mit à monter l’escalier avec entrain, un large sourire dessiné sur ses lèvres: cette enquête n’allait pas être aussi désespérante qu’il ne l’avait pensé. Dès qu’ils étaient arrivés à Atlantic City, ils avaient été impressionnés par la foule déjà présente. Bien sûr, les chambres avaient été prises d’assaut ce qui forçait Mulder et Scully à partager la même.
Arrivés dans la luxueuse chambre, ils installèrent leurs affaires et Scully sortit directement le dossier sur lequel ils devaient travailler. La veille, un homme avait été retrouvé mort dans la grande salle du Paradise casino, une croix gammée tatouée sur son ventre. Partout on criait au scandale et Mulder et Scully avaient été assignés sur cette affaire.


- Tu vois Mulder comment les gens sont répugnants? La rumeur qu’un cadavre recouvert d’une croix gammée a été retrouvé, et tout le monde se précipite pour voir le lieu du crime.
- Chaque homme a un côté morbide qui le pousse à être malsain à différents moments de sa vie…ralentir au bord d’une route pour regarder l’accident qui vient d’avoir lieu, aimer la violence récurrente à la télévision…
-Je ne pense pas que ce soit une généralité…je ne ressens aucun besoin morbide Mulder.
- Scully tu dissèques des cadavres. Tu vois des morts tous les jours. Il ne manquerait plus que tu ressentes ce genre d’attraction.
- Je…
- Désolé je ne voulais pas te dire ça ainsi…je veux dire tous les deux nous voyons des cadavres depuis des années, tu as une formation de médecin, sans être dénués de tout sentiment, nous ressentons tout de même ce sentiment de banalisation de la mort, de la douleur, de la souffrance.
- C’est peut être pire.
- Peut être.


Ils étaient restés huit jours sur place afin de trouver le meurtrier. Mais ce fut leur pire échec. Il n’y avait aucun mobile, aucun indice, aucun meurtrier. Le meurtre parfait avait déclaré Scully. Trop parfait. La victime était un député, le plus aimé, le plus adulé. Qui aurait pu en vouloir à un homme qui avait sauvé plusieurs sites protégés afin d’éviter la propagation des parcs immobiliers? Et pourquoi avoir peint cette croix gammée, signe horrible et blasphématoire? Ils n’en surent jamais rien. Le dernier soir avant leur départ, ils remontèrent en silence dans leur chambre. Aucun n’osait aborder le sujet. Enfin Mulder s’énerva, claquant la porte avec rage:

- Peux tu m’expliquer pourquoi cela nous arrive à nous et maintenant?
- Je ne sais pas Mulder…c’est la première fois que je me sens aussi inutile et lamentable.
- Le meurtre parfait….pourquoi as tu déclaré ça aux autorités locales?
- Parce que nous avons aucune piste, aucune preuve, aucun mobile et que maintenant cette affaire n’est plus pour nous.
- Parfait….parfait….
- Mulder arrête maintenant.
- Mais tu ne te rends pas compte? Nous sommes peut être en présence d’un néo-nazi détraquée et tu me demandes de me calmer?
- tu sais très bien que cette piste a été écartée…cela peut être autant l’œuvre d’un voyou qui provoque de manière réussie les autorités.
- Tu as raison…le meurtrier peut être n’importe qui…une nouvelle affaire non classée pour moi…une de plus.
- Une de trop…mais c’est ainsi, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Nous avons besoin de repos et de rentrer chez nous.


La jeune femme s’était déjà éclipsée dans la salle de bain alors que Mulder commençait à rédiger son rapport, afin de le rendre le plus vite possible et d’oublier à tout jamais cet échec déroutant. C’est une Scully apaisée et en pyjama qui revint à ses cotés un peu plus tard. Ses cheveux encore humides retombés en boucles, et elle sentit son regard bien trop insistant:

- Je n’avais pas envie de me coiffer Mulder.
- Je n’ai rien dit!
- Bien sûr.


La lumière était déjà éteinte lorsqu’il sortit à son tour de la minuscule salle de bain: il avait pris son temps pour évacuer toutes les tensions violentes qui l’habitaient lorsqu’il perdait un combat en terrain pourtant connu. Et c’était aussi pour profiter du parfum de sa partenaire qui flottait gracieusement dans l’air qu’il s’était attarder dans la pièce. Scully. Enivrante. Étonnante. Alors qu’il avançait avec précaution, elle murmura qu’elle avait éteint car la lumière accentuait sa migraine. A tâtons, il s’installa à son tour dans le lit, veillant à bien se placer près du bord.

- ‘Nuit Mulder.
- Bonne nuit.



La respiration de la jeune femme se fit de plus en plus en lente: il savait qu’elle était épuisée. Durant cette éprouvante semaine, il l'avait forcé à le suivre dans tous ses essais pour trouver le tueur, mais il n’était arrivé qu’ à rendre Scully un peu plus faible et fatiguée. Son cancer sommeillait en elle, et elle ne plaignait jamais. Jamais. Se reprochant encore une fois son égoïsme, il se promit de s’occuper de Scully dès leur retour à Washington: il pourrait peut être l’inviter au restaurant et passer une agréable soirée à discuter avec elle. A cette promesse, il sourit, heureux d’imaginer ces quelques heures qu’il allait passer avec elle. Au prix d’un effort surhumain, le sommeil vint abattre la barrière de cet insomniaque et il s’endormit, paisible.

- Nooooooooooooooooooooooon!

Son cri déchira la nuit. Un cri horrible, de terreur et de souffrance. Un cri qui sembla l’abattre sur place.

- Scully qu’est ce qui se passe?
- Oh mon dieu…oh mon dieu….


A bout de force, le front et le dos en sueur, elle se laissa entourer par les bras de Mulder.

- Ce n’est rien juste un mauvais rêve….je suis là…
- Mulder…


Les larmes coulaient en abondance, la peur se lisait sur son visage de marbre. Les tremblements incontrôlables de son corps ne rassuraient point Mulder, et il avait beau la tenir tout contre lui, rien n’y faisait, elle n’arrivait pas à se calmer. De longues minutes passèrent jusqu’à ce que son corps perde la bataille et se laisse contrôler par la parole de Mulder.

- Raconte moi.
- Il faisait froid…il y avait de la neige, partout…il faisait nuit et tout autour de nous était glacé…
- J’étais là aussi?
- Tu …tu…gisais à mes pieds, une balle logée dans ton cœur…et je restais debout, droite, tremblante…je te laissais mourir Mulder.
- Ce n’est rien c’était un cauchemar…
- Un homme était penché sur toi….il te tatouait un..8...oui c’est ça un 8 sur le poignet…comme pour te marquer…je hurlais mais on ne m’entendait pas, on me parlait mais je ne comprenais rien….c’est lorsqu’il a gravé cette croix gammée sur ta poitrine que je me suis réveillée….



Elle passa le reste de la nuit à être bercée doucement par Mulder. Ce qu’elle venait de lui avouer, c’était le rêve qui l’a hanté depuis des mois. Sauf que ce soir là, il était tout près d’elle, et elle n’avait pas pu cacher ces images qui la rendaient malade et honteuse. Comment pouvait elle cauchemarder sur la mort de son partenaire? De son ami. De son protecteur, de l’être qu’elle chérissait aveuglement?

Le retour à Washington se fit dans le plus grand des calmes. Exténuée par sa nuit éprouvante, et par la maladie qui continuait à la ronger intérieurement, elle s’endormit. Les yeux fixés sur la route, Mulder tentait de donner un sens à ces dernières heures, mais l’angoisse de blesser son amie avec ses questions le laissa dans un état perplexe. Ils ne reparlèrent plus jamais de ce cauchemar car Scully ne savait pas que quelques jours plus tard, après avoir couvert Mulder et avoir mentit pour lui, elle allait entrer en phase terminale de son cancer.

******



Les larmes de Scully s’écoulaient avec volupté alors qu’elle écoutait Mulder: c’était ces souvenirs qu’ils l’avaient fait craquer sur le chemin du retour.

- Scully calme toi. Tu ne peux pas faire de rapprochement entre le meurtre de Mark Miller et ce cauchemar que tu as fait il y a quelques mois.
- Mais le 8 sur le poignet que nous avons découvert…je le voyais clairement dans mon rêve.
- Oui mais tu m’as bien dit que c’était sur mon poignet,non? Ce soir là l’affaire t’avais encore plus affecté que les autres jours, tu avais fait un amalgame d’émotions et de sentiments, voilà tout.
- Mulder ce rêve je le faisais bien avant l’enquête. Bien avant le meurtre de ce député à Atlantic City et bien avant le meurtre de Mark Miller, tu le sais très bien.
- Tu tentes de me dire qu’il y a un lien entre ton cauchemar et les meurtres?
- Oui, même si ce mauvais rêve te concernait, il contenait les éléments des différents meurtres: la croix gammée, le 8.
- Scully tu ne devrais pas faire ce genre de rapprochement entre ta vie privée et des affaires bien différentes.
- Tu essayes d’éviter le sujet du 8.
- Pas du tout.
- Tu as peur parce que tu sais qu’un 8 tatoué au poignet est le signe des adorateurs d’Hitler.
- Tais toi Scully.
- Le 8 représente le H, huitième lettre de l’alphabet. Et si c’était un adorateur d’Hitler? Un néo nazi?
- Et quel serait son mobile? Les victimes étaient chrétiennes, issues de très bonnes familles.
- Je ne sais pas…mais c’est une piste à ne pas écarter,non?
- Cette visite à New York n’a pas été de tout repos, je te ramène directement chez toi.



Prête à répliquer, Scully se ravisa aux derniers moments: pourquoi le comportement de Mulder avait il changé de cette façon? Que cachait il derrière sa volonté d’éviter cette piste?
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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Ven 4 Aoû - 5:17

Était ce la tempête de neige ou le mal être de Scully qui semblait noyer l’ambiance dans un puit sans fond de silence et de non dits? Mulder tapotait machinalement sur son ordinateur, alors que sa partenaire restait prostrée dans un coin de l’appartement de celui ci.

- Mulder pourquoi m’as tu fait venir par ce temps terrible?
- Tu n’es pas heureuse d’être là avec moi?
- Un bain chaud, mon lit, un bon livre, sont des éléments qui peuvent contribuer à mon bonheur. Être ici à attendre cet inconnu sans échanger un mot avec toi est plutôt proche du désespoir.
- C’est toi qui n’a pas prononcé un mot depuis que tu es arrivée.
- Mais c’est toi qui refuse de discuter car tu sais que l’on reviendra forcément sur cette histoire de cauchemar et de tatouage. Et je pensais que tu me faisais plus confiance que cela.
- Que dois je comprendre?
- Que le soir où je me suis effondrée dans tes bras, que je t’ai raconté ce cauchemar, j’ai été sincère….je t’ai ouvert une partie de moi.
- Je ne vois pas où tu veux en venir.
- La nuit où tu es venue à mon chevet à l’hôpital alors que mon cancer était en phase terminale, tu as pleuré. Je t’ai vu. Et entendu. Tu étais là tout contre ma main. Je n’ai pas osé dire quoique ce soit. Mais cette nuit là tu n’es pas venu pour rien. Et tu vois très bien ce que je dis.
- Tu veux entendre que j’ai fait ce même cauchemar? Que chaque nuit je rêve de toi à mes pieds, morte, une balle dans le cœur? Que je ne peux rien faire contre? C’est ça que tu voulais entendre? Que je suis un lâche qui te fait souffrir autant en rêve que dans la réalité? Tu préfères entendre ça?
- Oui.


Le ballon de basket vola à travers la pièce et parti se fracasser contre une porte dans un bruit sourd.

- Tu voulais savoir eh bien tu es servie.
- Je voulais la vérité. N’est elle pas la base de notre amitié?
- Je détruis ta vie en rêve…et je détruis tes rêves dans la réalité…tout est de ma faute.


Il lui tournait le dos ostensiblement afin d’éviter de se montrer faible devant elle. Mais lorsqu’il sentit la main de la jeune femme, si fine, si délicate se posait sur son dos, il ne put retenir ses larmes si lentement refoulées. Se retournant, il croisa son sublime regard azur: quelles fées s’étaient penchées sur son berceau pour la rendre si belle? Quel Dieu devait il bénir, lui le non croyant, pour partager la vie de Scully? Ce n’est que lorsqu’elle fut réfugiée au creux de ses bras que le monde bascula. Ils n’étaient plus Mulder et Scully. Ils étaient deux êtres différents mais attirés par une attraction puissante et inévitable. Sa tête posée contre son torse, elle pleura.

- Mulder…si tout le mal que j’ai enduré était la condition pour te rencontrer, je serai prête à tout revivre. Sans exception.

Relevant délicatement son visage, il scruta celui de son amie: ne semblait il pas apaisé? N’avait elle pas retrouver la douceur qui caractérisait les traits de ce dernier?Déposant un baiser aérien sur son front, il pria pour que le miracle se produise. Leurs regards ne pouvaient se détacher, leurs larmes brillaient d’un éclat commun, leurs respirations s’accordaient sur le même rythme, sur la même partition, leurs mains s’entrelaçaient dans un ballet frénétique…


- Mulder la porte…on toque.
- Ce n’est pas le moment…
- Va ouvrir Mulder, c’est impoli.
- Reste après….j’ai quelque chose à te dire.


Les joues roses et les yeux brillants, Scully acquiesça et consentit à se défaire de cette étreinte merveilleuse. Ne voulant pas se montrer dans un état pareil, elle partit à la salle de bain, pendant que Mulder accueillait l’homme qu’il avait appelé en début de soirée.
Face au miroir, la jeune femme ne put s’empêcher de sourire: elle n’était plus qu’une enfant, vivant les premiers émois de l’amour. Jeunesse perdue mais sagesse atteinte: il était celui qu’elle aimait. Depuis toujours. Rejoignant le salon, elle sera la main du vieil homme:


- Enchanté Miss Scully, je suis Daniel Smith.
- Mr Smith est historien, je l’ai appelé pour lui parler du 8.


S’installant sur le canapé, l’historien observa avec attention les deux personnes: lui, un grand brun plutôt mystérieux, elle, menue mais déterminée. Quel couple étrange et atypique fut sa première pensée.

- Voilà une photo de la victime, elle date de la veille.
- On voit très bien le 8 tatoué sur le poignet…vous devez savoir que le 8 est un signe des adorateurs d’Hitler. Ce signe provient des prisonniers de guerre: alors qu’Hitler venait de mourir et que le nazisme s’effondrait, ils ne pouvaient afficher en public et surtout sous les yeux de leurs ennemis, leur fanatisme maladif. Alors ils ont trouvé ce petit signe, un simple 8, lourd en signification.
- Aujourd’hui est il encore utilisé?
- La preuve oui, regardez vote cadavre.


Interloquée, Scully croisa le regard froid et sans vie de l’inconnu: il avait répondu à la question de Mulder avec cynisme et dureté.

- Je veux dire, si je suis ici, c’est pour cette raison.
- Qui l’utilise d’après vous?
- Les néo-nazis qui persistent à penser qu’Hitler était un Dieu parmi les hommes et les fascistes violents assoiffés de retrouver un régime aussi épatant que le nazisme. Ainsi que les virulents négationnistes.
- Franchement quelle est la différence entre tous ces hommes qui ne sont que des monstres?
- Les néo nazis attaquant avec leur force et les négationnistes avec leur parole. Que savez vous du négationnisme chère Dana?


A nouveau, une lueur irréelle, un peu folle brilla dans ses yeux lorsqu’il s’adressa uniquement à la jeune femme. Déconcertée, Scully chercha ce qu’elle avait entendu lors d’un colloque à son arrivée au FBI.

- Je sais que les négationnistes réfutent l’existence d’un plan d’exécution massive à l’encontre du peuple Juif, ils réfutent entre autre l’existence des chambres à gaz et des camps d’extermination.
- C’est vrai…ils prétendent même que le génocide est une escroquerie politique-financière d’origine sioniste.
- C’est abominable de penser cela.
- Je ne suis pas dans votre enquête mais je pense que vous devriez interroger un membre de l’institut américaine du négationnisme. Ils pourront vous faire un topo assez brillant sur leur manière d’agir: bien sûr ils essayeront de vous provoquer avec leur thèse et leur fabulation mais vous pourrez voir s’ils sont au courant de toutes ces histoires de croix gammée et autre tatouage en forme de 8.
- Oui…nous verrons.
- Je vais vous laisser vous devez avoir du travail.
- Merci beaucoup.


La porte se referma et la tenson sembla tout d’un coup remonter.

-Merci mon Dieu!
- As tu ressenti la même chose que moi Scully?
- Oui…enfin je pense! Il me mettait mal à l’aise à me regarder de cette façon si soutenue comme s’il pouvait voir en moi, comme s’il me connaissait…franchement où as tu été cherché un homme aussi…bizarre?
- Il fait partie des historiens spécialisés: il est affilié au travail du FBI.
- Je vais rentrer je crois…je me sens un peu contrariée par cette entrevue.
- Veux tu que je te raccompagne?
- Non je te remercie, je vais prendre un taxi.


Alors qu’elle allait sortir, la jeune femme se retourna vivement:

- Mulder?
-Oui?
- Tu lui avait dit comment je m’appelais lorsque tu m’as présenté?
- Je lui ai dit « agent Scully », pourquoi?
- Il m’a dit Dana à un moment…comment a t’il su pour mon prénom?
- Je ne sais pas.
- Et en plus du 8, tu lui avais parlé de la croix gammée et du meurtre du Paradise Casino?
- Euh…non j’ai juste parlé du dernier meurtre.
-Dis moi alors comment il l’a su?
- Nous avions notre tueur sous les yeux?
- Ou son complice.
- Il a eu le culot de venir ici…sous nos yeux….mais c’est pas vrai!
- Calme toi Mulder, on doit agir mais dans le calme…tu as le numéro de téléphone de cet homme?
- Oui.
- Donc on va trouver son adresse, on fait une demande de perquisition et on verra ce que l’on peut trouver chez lui.
- Je n’aurai pas la patience d’attendre l’autorisation…j’y vais maintenant.
- Non Mulder!


Sa voix était à la fois autoritaire et suppliante.

- Il va sûrement rentré chez lui, il est presque minuit.
- Non il est venu pour nous provoquer, il nous a manipulé, il ne sera pas chez lui.
- Et alors? Tu vas aller fouiller sa maison sans l’autorisation, tu vas perdre ton travail pour ne pas avoir attendu quelques heures? Et comment veux tu qu’un homme de son âge commette des meurtres aussi violents?
- Je ne sais pas….la piste d’un complice n’est pas à écarter…non?
- Non elle est même quasi certaine. Je t’en supplie Mulder, maintenant va te coucher et rejoint moi à la première heure à notre bureau. D’accord?
- Je..
- D’accord?
- Oui.
- Bien…à tout à l’heure alors.


Mais à peine avait il fermé la porte, que Scully fit demi tour et toqua à nouveau:

- Allez viens Mulder, prends ta veste on y va.

Encore une fois, elle avait craqué. Elle savait que d’une façon ou d’une autre il serait partit seul. Au moins elle serait là pour tempérer et canaliser son énergie bien trop débordante. Et encore une fois elle serait là pour le couvrir.
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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Mar 8 Aoû - 19:28

Leurs pas résonnaient dans ce couloir silencieux du FBI.

- Scully on n’aurait pu s’épargner cette formalité.
- Crois moi qu’il est préférable de prendre des renseignements sur lui avant de pénétrer dans sa maison sans mandat.
- Je ne serai pas passé par cette étape….
-Qu’est ce que tu ferais sans moi?


Elle laissa échapper un éclat de de rire sous les yeux effarés de son ami:

- C’est vrai Mulder, tu es beaucoup trop impulsif, tu te soucis peu du règlement.
- Alors que toi tu réfléchis et tu appliques les règles à la lettre.
- Voilà….ne me regardes pas comme ça!
- Tu es formidable.


Scully s’arrêta et se tourna vers lui:

- Qu’est ce que tu as dit?
- Rien.
- Si je t’ai entendu…


Regardant autour d’elle, elle vit que le couloir menant aux archives était vide: c’était le moment ou jamais. Mulder accueillit un baiser doux et fruité sur ses lèvres et savoura cet instant avec délice. Ce ne fut que lorsqu’elle mit fin à cet entretien charnel et exquis, qu’il sentit la réalité revenir le frapper petit à petit. Souriant avec sérénité, elle prit sa main dans la sienne et l’entraîna dans l’immense salle des archives. Devant lui il y avait une autre Scully: la femme heureuse. Amoureuse. S’installant devant le premier ordinateur qui était à sa portée, elle rentra le nom de Daniel Smith. Plusieurs documents s’affichèrent.

- Le premier recensement auquel il a participé date de 1952. Assuré social, marié en 1955, grand historien spécialisé dans les régimes totalitaires du vingtième siècle, il a été conservateur au Musée de la Guerre de New York et maintenant il est affilié au FBI pour des recherches.
- Son casier est vide?
- Vierge, aucun délit, aucun problème, le citoyen lambda. Pourtant…
- Oui?
- Il manque par exemple son acte de naissance, et il n’y a aucune adresse jusqu’en 1952. Où était il avant cette date?
- Une visite chez lui s’impose.
- Je crois, je prends son adresse.


Leur voiture se gara au coin de la rue. Mulder s’empressa d’éteindre le moteur et les phares et se mit à scruter la vieille maison de pierres. Le toit était ravagé par les nombreuses intempéries et les volets ne demandaient que d’avoir une seconde jeunesse, tant le vernis s’effritait et les rendait plus laids qu’ils n’étaient déjà.

- Charmante demeure, je suis impatiente de découvrir l’intérieur.
- Après toi chère collègue.


Scully sortit son portable et composa le numéro qu’elle avait soigneusement noté. Au bout d’une quinzaine de sonneries, elle fit signe à Mulder: la voie était libre. Alors qu’ils avançaient en silence, ils sursautèrent sous les aboiements et les assauts d’un chien attaché à sa laisse. D’un commun accord, ils firent le tour afin de forcer la porte située à l’arrière. La maison était plongée dans l’obscurité la plus profonde: Mulder avait raison, Daniel Smith aurait pu rentrer chez lui après les avoir provoqué de la sorte. L’intérieur d’apparence rustique ne dévoilait aucune intimité: on n’aurait pu dire qui vivait dans un tel décor. Ils commencèrent à fouiller le moindre tiroir et les moindres recoins de la maison. Plus d’une heure passa mais aucun détail alarmant ne se fit voir: sous cette apparence calme, la maison semblait tout simplement inhabitée. Scully pénétra dans la dernière pièce du fond du couloir: la chambre. Le mobilier était minimaliste et réduit à un grand lit en chêne, une armoire et un imposant coffret en bois travaillé.

- Mulder…viens voir.

S’approchant de sa partenaire, il remarqua une lueur d’inquiétude dans ses yeux azurs.


- Tu as trouvé quelque chose?
- Regarde ce qui est gravé…sur le coffret.


Braquant sa lampe de poche sur l’objet en question, il vit sur le couvercle un 8 gravé avec soin et précision.

- Le 8...notre fameux 8...qu’est ce que l’on fait maintenant Mulder? Le coffre est cadenassé.
- Et je peux pas forcer ce type de cadenas….il faut une pince pour le couper.
- C’est interdit de subtiliser un objet, surtout si nous n’avons pas de mandat ou de commission rogatoire.
- Chez toi ou chez moi?



Scully déposa les deux tasses de thé sur la table basse de son salon. Mulder venait de sectionner le cadenas du coffre, et il attendait, cherchant dans ses yeux la réponse à la question qu’ils se posait tous deux: allaient ils découvrir quelque chose d’important? Un certain malaise s’était installé face à ce délit qu’ils venaient de commettre, mais la recherche de la vérité incluait un certain goût pour le non respect du règlement, goût que Scully avait appris à apprécier depuis tant d’années aux côtés de Mulder. Prenant la main de son amie dans la sienne, Mulder lui intima d’ouvrir le couvercle. Ce fut d’une main tremblante que Scully mit à jour quarante six ans de mensonges et d’horreurs inavouées.


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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Mar 8 Aoû - 19:30

Mercredi 2 janvier 1944:

Me voilà médecin du camps de Birkenau Auschwitz. Mes expériences vont enfin pouvoir prendre un nouveau départ. Bien sûr mes pouvoirs ne s’étendent pas qu’à l’infirmerie du camps, je suis également administrateur adjoint. Quelle fierté, j’aurai aimé le dire à mes parents! Mon jeune âge n’as pas gêné le Furher, il se dit fier de la jeunesse allemande. Servir sa patrie et faire avancer la médecine, tel sera mon destin. Le troisième Reich durera mille ans….


Lundi 22 février 1944:

Les chambres à gaz marchent à plein régime! L’effectif exigé par le Furher est largement atteint jour après jour. Ici mes travaux expérimentaux avancent bien, donnant des résultats très concluants. Ainsi j’ai pu constaté qu’une cellule cancéreuse greffée chez une femme d’âge moyen la laissait en vie à peine cinq jours contre dix pour l’homme! Bien sûr nous sommes loin de trouver des solutions ou des remèdes mais c’est ainsi que nous faisons avancer la science! Je m’étonne à m’habituer à ma vie presque routinière que j’adopte depuis que je suis ici à Auschwitz. Certains gardiens se plaignent du nuage de fumée qui nous entoure constamment: les quatre cheminée des fours crématoires tournant 24 heures sur 24, nous ne pouvons éviter ce léger désagrément. On s’habitue très vite à l’odeur de toute façon.


28 février:

Le temps me manque tant je suis débordé! Ma vie est rythmée entre mes travaux et mon inspection quotidienne du camps. Quand je vois ces corps faméliques me lançaient des regards de haine, je rêve de dégainer mon revolver pour les achever les uns après les autres. Mais j’ai déjà assez de travail sans m’encombrer à réduire l’effectif des travailleurs et des cobayes pour mes expériences. Un voyage en France m’attend, mais je ne sais pas pour quand. Il est vraiment agréable de se sentir utile pour notre grand Furher.

6 mars:

Me voilà absent de plus en plus souvent . Un nuage noir et lourd entoure à présent le camps et le village voisin: nous avons été obligés de dire que c’était une usine à caoutchouc mais l’odeur de chair brûlée est reconnaissable entre toutes, ce mensonge ne tiendra pas longtemps. La matinée est à peine entamée et deux mille corps sont déjà envolés en fumée! Hitler est fier de notre camps et il nous encourage à l’agrandir. Des travaux ont commencé mais il devient de plus en plus dure à contrôler les détenus: ils connaissent déjà leur avenir et un vent de rébellion souffle sur le camps. Bien sûr nous avons les arguments pour les faire taire. A tout jamais.

14 mars:

Mon premier voyage en France fut un délice. La cuisine française est un délice. La collaboration ne semble pas gêner les habitants: ils sont dociles et doux comme des agneaux. Oh il y en a qui persistent à désobéir à l’ordre du Reich….les résistants. Les maquisards. Ils sont d’un comique: ils pensent que faire sauter une voie ferrée nous ralentira dans notre emprise de domination du monde. On en a attrapé une poignée à la sortie d’un petit village, leur exécution fut d’un amusement! Tous alignés sur le bord de la route, ils ont refusé de parler et même sous la menace des armes ils sont restés muets: ils étaient pathétiques! Tellement attachés à un pays qui presque allemand….même lorsque nous les avons fusillé, pas un mot n’est sortit de leur bouche. Courageux les gaillards!
Quand je relis ces pages que j’écris en anglais, j’ai presque l’impression de trahir notre Furher mais celui ci nous interdit de laisser une trace écrite de nos actes…l’anglais reste ma seule échappatoire mais vive l’Allemagne! Vive le troisième Reich! Vive le grand Hitler!



Avec rage, Scully referma le journal: des larmes de dégoût noyaient son visage de porcelaine. Elle avait lu de sa voix claire quelques extraits, s’effondrant au fur et à mesure qu’elle avançait dans sa lecture. Mulder semblait perdu, son regard tentant de s’accrocher à un objet fixe, son esprit étant le prisonnier d’une tumulte et d’une tempête ravageuse.

-Karl Brandt…Daniel Smith s’appelle Karl Brandt…regarde la couverture « Karl Brandt, troisième du nom sous officier SS, médecin d’Auschwitz »…quelle prétention d’oser écrire ceci….

Une photo qu’elle avait posé sur la table le représentait devant le camps, sous la plus abjecte des phrases « Le travail rend libre ». Mulder parla enfin:

- Il apparaît dans un dossier aux affaires non classées…enfin son nom est mentionné car il était un des médecins qui a travaillé sur le projet de l’euthanasie T-3.
- Il y a quelque chose qui ne colle pas…son âge. Admettons qu’il ait eu la vingtaine en 1944, ce qui est fort peu réaliste, il aurait aujourd’hui…
- 86 ans ce qui est très cohérent.
- Mais aucun de ces hommes aussi haut gradé avait 20 ans, ils avaient entre trente et quarante ans voire plus!
- Mais regarde le…lorsqu’il est venue chez moi, quelle a été ta première pensée?
- Que seul son regard paraissait vif…c’est vrai qu’il est très vieux mais si c’est vrai…nous venons alors de retrouver le nazi le plus recherché depuis la Seconde Guerre Mondiale….non il y a quelque chose qui nous échappe.
- Attends moi ici, je vais chercher son dossier dans les vielles affaires non classées et pendant ce temps, finis d’inspecter ce coffre et son contenu. Je serai rapide.



Se relevant, Mulder mit sa veste et prit ses clés. Alors qu’il allait partir, il se pencha vers Scully afin de l’embrasser: fermant les yeux sous cette délicate attention, elle laissa monter en elle l’infime sensation de bonheur qu’un baiser pouvait lui provoquer afin de se parer contre les prochaines difficultés qui l’attendait.
Un à un, elle sortit les différents objets présents dans l’immense coffre. Elle avait la plus grande des peines à contenir son désarroi et sa douleur lorsqu’elle ouvrit un album photos contenant des centaines de clichés. Cherchant le courage là où il n’y avait plus que de la peur, elle tourna une à une les pages jaunies où les photos étaient accrochées telles des trophées de guerre remportés avec fierté. Les premiers instantanés étaient des photos de cet homme abominable posant avec d’autres gardiens SS devant le camps de Birkenau Auschwitz. Ses yeux habituaient aux pires abominations ne supportaient pas de voir ces hommes arrogants et fiers qui n’étaient que des monstres. Le sommet de l’horreur fut atteint lorsqu’elle entra dans la deuxième partie de l’album: cet homme qui se disait médecin avait pris en photos ce qu’était sa vie au quotidien. Des corps affamés des regards suppliants, des ciels noirs de fumées, des cadavres, des lieux infâmes…tout défilait et achevait la frêle jeune femme. Ce n’était pas des coups physiques pourtant la douleur l’envahissait autant que si on l’avait battu. Chaque détail était cliché, et chaque cliché était souffrance. Des photos de ses différents voyages en France le montrait en compagnie de policiers qu’elle reconnut, de part leur costume, comme étant ceux de la Gestapo. Ses yeux se posèrent sur ce qui devait être une salle d’interrogation: on reconnaissait sur la droite Karl, arborant un sourire immense, un policier assit et deux autres personnes, sûrement en train de se faire interroger. C’était elle et Mulder.


- Oh mon Dieu…


Il n’y avait pas de doute, de l’autre côté de la table de bois, les deux personnes étaient bien Mulder et elle…mais beaucoup plus jeunes…elle reconnut de suite leurs regards qui ne se quittaient jamais…leurs mains entrelaçaient …leurs déterminations apparentes…c’était eux. La jeune femme tenta de se calmer et de réfléchir avec raison. La ressemblance devait être tout simplement frappante, ces personnes avaient vécu un demi siècle plus tôt qu’eux. Soulevant la photo, elle tenta de voir s’il y avait ne inscription quelconque: « France, siège de la Gestapo, mai 44 ». Son cœur battant à un rythme effréné et les mains moites, elle attrapa le journal: les pages tournèrent avec rapidité jusqu’au mois de mai. Elle se força à lire ces lignes qui n’étaient que torture et crimes contre l’humanité, jusqu’à ce qu’elle trouve ce qu’elle cherchait.

8 mai:

Mon séjour en France a été rallongé, un collègue cherchant une nouvelle forme d’expérience pour notre projet d’euthanasie T-3. Et notre chasse aux résistants continue, ils sont les meilleurs cobayes à la torture et ils nous livrent parfois de très bons secrets avant de mourir. Aujourd’hui mon cher ami Franz a trouvé un repère de maquisards et à notre grande surprise, il y avait des anglais et des américains dans leur groupe. La plupart ont été exécutés étant murés dans leur silence, sombres idiots! Mais nous gardons en vie un petit couple: ils sont inséparables et les voir souffrir est d’une jouissance extrême. Ils sont surtout les chefs d’un puissant réseau de résistance commandé depuis les États Unis. Je ne saurai dire pourquoi mais ils m’attirent, dans le sens où ils sont tellement attacher l’un à l’autre, ce serait trop simple de les tuer tous les deux. Nous avons décidé de les garder en vie tant qu’ils n’auront pas livrer leur secret, nous savons juste qu’ils préparent un coup énorme contre l’empire du Reich.

9 mai:

Nous avons réussit à soutirer leurs véritables identités. C’est le grand brun qui a tout lâché après qu’on est brisé les deux mains de sa bien aimée. Elle a une sacré résistance face à la douleur la petite, pas un cri n’est sortit de sa bouche, seuls le bruit des os brisés se faisaient entendre. Elle doit avoir un fichu caractère car quand il nous a enfin annoncé leur identité, elle lui a lancé un regard lourd de colère. Une vraie battante la Dana! Dana et Fox, ce couple est atypique jusque dans les prénoms!

10 mai:

Je reste en France, mon attraction favorite étant d’assister aux scènes de torture de nos deux tourtereaux. Elle aussi a pas mal avoué aujourd’hui: son cher fiancé avait presque les larmes aux yeux tant il souffrait. Alors elle nous a dit qu’ils étaient en France depuis deux ans afin de mettre en place un réseau puissant et de fonder une armée pouvant fonctionner sans la réelle armée française ou américaine. Le soir ils sont dans la même cellule, c’est un ordre d’un de mes collègues: c’est tellement désopilant de la voir elle, avec ses mains brisées tentant de le soigner comme elle peut. Une telle femme souillant le troisième Reich…pourtant sa beauté est indéniable et bon nombre de sergents et de policiers prennent plaisir à la voir souffrir en silence. Sa beauté….la beauté n’est rien mais la sienne…

11 mai:

Tous deux ont refusé de parler: ils ont été torturés mais aucun des deux n’a prononcé un seul mot. Lorsque nous les avons transporté dans leur cellule, ils étaient presque morts: mon cœur a sentit comme un pincement quand je l’ai vu, ses cheveux roux collés à son front, sa respiration lente et difficile, le sang ravageant son corps…leurs jours sont désormais comptés, il est dans leur intérêt de parler. Ainsi ils mouront plus vite.

12 mai:

Il en fut ainsi. Il sont morts.


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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Mar 8 Aoû - 19:31

Une nausée souleva le cœur de Scully. Elle ne comprenait plus rien, tout était flou et un voile épais et opaque recouvrait sa perception des choses. Se levant avec peine, elle se dirigea vers son bureau. Elle se connecta au portail du gouvernement et rentra ses identifiants: l’accès lui fut refusé. Pensant qu’elle était secouée par cette nuit abominable, elle tenta à nouveau de rentrer sur son compte. Cela ne marcha pas. Elle fut obligée d’utiliser le code que lui avait fourni les Bandits Solitaires: ce code permettait de rentrer dans n’importe quelle partie du site. C’était du piratage mais lorsqu’un agent était suspendu, c’était sa seule manière d’accéder aux différents documents. Se souciant peu de savoir pourquoi son compte était bloqué, elle accéda aux archives et répertoires du FBI et du Pentagone. Rentrant le nom de Fox Mulder, elle tomba sur une page vierge qui n’avait comme date que celle de la réouverture des affaires non classées. Tapant alors son propre nom, c’est une page ne contenant que son arrivée aux affaires non classées qui apparut. Où étaient leurs actes de naissances, les différents documents attestants leur nationalité, leurs diplômes, leur dossiers médiaux? On avait plus rien sur eux.
Au même moment, Mulder entra, soucieux et paniqué:


- Scully…je…je n’existe plus! Mes papiers ne sont plus dans ma poche, je n’ai plus mon badge…alors j’ai utilisé le faux des Bandits Solitaires…le bureau des affaires non classées est vide…c’est un sous sol…vide…qu’est ce qui se passe? Pourquoi effacer notre existence?
- Parce que nous sommes morts et que notre existence s’est arrêtée le 12 mai 1944.
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MessageSujet: Re: [La fée verte]   Sam 12 Aoû - 0:58

- Scully…je…je n’existe plus! Mes papiers ne sont plus dans ma poche, je n’ai plus mon badge…alors j’ai utilisé le faux des Bandits Solitaires…le bureau des affaires non classées est vide…c’est un sous sol…vide…qu’est ce qui se passe? Pourquoi effacer notre existence?
- Parce que nous sommes morts et que notre existence s’est arrêtée le 12 mai 1944.

- Pardon?
- Mulder nous sommes…morts.
- Je…mais c’est impossible, tu le sais très bien!


Scully le fit asseoir à ses côtés et lui raconta tout ce qu’elle avait découvert durant sa courte absence. Elle lui montra la photographie où on pouvait les reconnaître. Elle lui lu l’extrait du journal. Il cria, il tempêta, mais Scully resta imperturbable: aujourd’hui, c’était à elle que la vérité s’était présentée et c’était elle qui avait compris.

- Scully tu ne peux quand même pas croire que là, à ce moment précis, nous n’existons pas.
- Pourtant tout me pousse à croire ce que j’avance. Tu n’as plus aucun papier d’identité, le bureau des affaires non classées est vide…Mulder ouvre les yeux…pour une fois que c’est moi qui croit…pour une fois que j’accepte un aspect paranormal…
- Il y a quelque chose qui ne va pas….comment toi la scientifique, femme de sciences, médecin diplômé, pourrais tu avancer que nous sommes morts?
- Où es tu né Mulder?
- Pardon?
- Dis moi ta date de naissance ainsi que le lieu.
- Je…c’est très simple….c’est le….


Une vague de panique passa dans les yeux de Mulder: il n’arrivait plus à retrouver ces informations pourtant enfantines. Il avait beau fouiller au plus profond de sa mémoire mais un brouillard épais semblait l’enfermer dans une bulle d’ignorance et d’angoisse.

- D’accord Scully…je n’arrive pas à trouver ce que tu me demandes…
- Je ne me souviens plus de rien depuis que nous avons ouvert le coffre…et j’ai enfin compris une chose.
- Laquelle?
- L’explication de notre cauchemar que nous faisions depuis des mois. Nous rêvions de notre propre exécution.


La sonnerie du téléphone les fit sursauter. Scully ne décrocha pas, trop occupée à sonder le regard de Mulder: pourquoi était elle la seule à admettre l’indéniable vérité en ce moment si difficile et étrange? Le répondeur se mit en route et une voix se fit entendre. Celle de l’ennemi. Du bourreau.

- « Miss Scully, c’est Daniel Smith…enfin maintenant que vous et votre collègue avait volé mon coffre, je pense pouvoir dire qui je suis réellement. Hormis le fait que vous avez fouillé ma demeure sans autorisation, vous avez une chose qui m’appartient. Je vous prie de me la ramener, ainsi nous pourrions tous trois discutaient, comme au bon vieux temps… »


Un silence pesant s’empara de la pièce, enfermant Mulder et Scully dans un étau de non dits et de peur. Scully commença à remettre un à un les objets que contenaient le coffre puis le referma avec soin. Ses gestes étaient lents et précis, calculés et amples, elle avançait dans un calme imperturbable.

- Scully, tu joues à quoi?
- Eh bien nous allons rendre une dernière visite à Karl Brandt.
- Cet homme est dangereux, c’est un ex dirigeant nazi, et tu décides d’aller le voir, comme ça? Mais bon sang où est passé ton bon sens?
- Mulder, que veux tu qu’il nous fasse? Nous sommes morts.


Abasourdi par l’aplomb et la légère lueur de hargne que l’on pouvait apercevoir dans les yeux de Scully, il ne put répliquer. Il vérifia que son arme se trouvait bien au bas de son dos comme à son habitude mais sa main ne rencontra que le vide. Interloqué il s’arrêta et regarda autour de lui: son arme n’était nulle part, pourtant il était sûr de l’avoir avec lui.

- Ne cherche pas ton arme Mulder, je n’ai plus la mienne.
- Et tu expliques ça comment?
- Je ne vais pas perdre mon temps à t’expliquer un fait qui est pourtant clair.
- Mais de quoi parles tu?
- Notre monde se dissout maintenant que nous savons la vérité. Nos souvenirs de cette fausse vie, nos effets personnels, tout ce qui faisait de nous Mulder et Scully les agents du FBI disparaît. Nous allons rattraper notre passé.


Mulder ne reconnaissait plus Scully: il avait eu tant de mal à la convaincre de l’existence du paranormal et là elle était déterminée et entêtée à penser qu’ils étaient morts. Une migraine inimaginable s’empara de lui. Et la vérité vint le frapper lorsque Scully commença à refermer la porte de son appartement derrière eux: avant que la porte ne claque, il fut frappé par la grandeur de l’appartement. Mettant son pieds dans l’embrasure, il empêcha la jeune femme de terminer son geste: du chaleureux et agréable appartement de Scully, il ne restait qu’un espace vide. Plus aucun meuble n’était présent, aucun bibelot, aucune bougie au parfum délicieux. Rien. Le vide. Personne n’avait jamais habité dans cet endroit, personne ne connaissait l’existence d’une jeune femme rousse habitant cet immeuble. Le vide. Encore et toujours.

- Dana?
- Oui?
- Nous sommes…morts?
- Oui.


Main dans la main, ils se dirigèrent de l'autre côté de la rue et montèrent dans la voiture. Au volant, Scully paraissait sereine et reposée. Jamais elle n’avait connu cet état de bien être et elle ne sut mettre de mots sur ce qu’elle vivait. La maison du prétendu Daniel Smith était baignée d’une douce lumière. Alors qu’ils montaient les marches menant au perron, Mulder se retourna: la voiture elle aussi n’était plus là. A jamais leurs existences allaient se terminer ici.

- Mais entrez donc, ne restez pas dans le froid.

Dehors c’était l’hiver. Le thermomètre s’était réfugié bien en dessous des zéro degrés. Mais ils n’avaient pas froids, la température n’était plus un souci pour eux.

- Puis je récupérer mon coffre?
- Mais bien sûr.


Toujours de cette attitude calme, Scully donna le coffret qu’elle avait gardé jusqu’à maintenant dans ses bras. Ses yeux étaient d’un bleu glacial et on ne savait si c’était la haine qui rendait son regard aussi paralysant.

- Vous me haïssez, je le sais.
- Pire, j’ai de la pitié pour vous.


Était ce vraiment Scully qui parlait de ce ton agressif? Mulder assistait à la scène avec du recul: un éboulement semblait avancer en lui et il n’était plus le maître de ce qu’il lui arrivait, ce qui le rendait silencieux. Déstabilisé. Effrayé.

- De la pitié, de la haine…les sentiments se ressemblent Dana.
- Comment un aussi abject personnage que vous a pu rester en vie?
- Voulez vous vraiment encore des détails?
- Je ne partirai pas tant que je n’aurai pas eu la vérité. L’entière vérité.
- Avant que le troisième Reich ne s’effondre, j’ai quitté le pays, m’embarquant dans la cargo qui ramenait les soldats blessés chez eux. Mon parfait anglais m’a assurément aidé. Je me suis installé à New York, j’ai changé d’identité ,j’ai changé de physique, je me suis caché et je suis revenu. En vie et plus fort que jamais. Mais Hitler lui n’avait pu résister. L’Allemagne était à feu et à sang. Et on jetait le blâme en invoquant à tout champs la sentence de crime contre l’humanité.
- Mais vous…vous êtes là. Vous avez fui. Vous êtes lâche.
- C’est du passé tout ça…
- Pourquoi avoir encore tué il y a deux jours?
- Car je vous ai croisé dans un couloir du FBI… Il fallait que je vous remette sur mon chemin par n’importe quel moyen…Fox et vous, je vous aurai reconnu au moindre coup d’œil…vous avez hanté mes nuits…vos hurlements, vos supplications…vos corps étendus dans la neige…et cette larme que j’avais versé sur vos cadavres…je n’ai plus jamais tué de la même façon depuis ce soir là….le 12 mai 1944...jamais je ne vous ai oublié…votre amour….votre force….


La balle se logea dans le cœur du vieil homme. Il ne parut pas surpris: ses yeux s’agrandirent sous la douleur mais il ne prononça aucun mot. Scully posa l’arme avec calme sur la table basse et se releva.

- Scully? Cette arme?
- Elle était dans le coffre…c’était son arme lorsqu’il était officier….c’était l’arme de notre exécution.


Il faisait nuit. La neige recouvrait le sentier qui menait à la distillerie d’absinthe. Des éclats de voix se faisaient entendre: des hurlements d’une femme, des cris hystériques qui auraient pu fendre le cœur le plus fermé. Les deux résistants trouvés quelques jours plus tôt étaient debout contre leur mur de la distillerie. La jeune femme avait le visage inondé de larmes, des sanglots qu’elle ne pouvait contenir s’échappaient. Dana et Fox refusaient de mourir comme des criminels, eux qui s’étaient engagés dans la résistance. Mais il était trop tard. L’officier Karl Brandt , accompagnés de quelques amis, se mit à rire voyant les visages figés de peur des deux jeunes amants. Brandt était le plus gradé de la troupe il avait l’honneur de les achever. La balle qui tira dans la tête du jeune résistant lui fit l’effet jouissif qu’il pouvait ressentir à chaque fois qu’il tuait quelqu’un. Mais ce fut la haine qui se dégagea du regard de Dana qui le glaça d’horreur: ses hurlements et ses pleurs redoublèrent lorsqu’elle vit l’homme tant aimé giser à ses pieds.

- Achevez moi. Maintenant.

Le frêle corps tomba sur celui de Fox: leurs sangs se mélangèrent sur le sol enneigé. Le blanc si pur fut souillé par le rouge effrayant. C’était la fin. Karl Brandt effaça la larme qui coulait sur sa joue fraîche: faisant bonne figure il sortit un cigare et d’un sourire vainqueur il invita ses amis à le suivre au café du village afin de fêter autour de bouteilles d’absinthe, leur puissance.


Posant sa tête contre le torse de Mulder, Scully pleura. Leurs mains s’entrelacèrent, leurs lèvres se scellèrent dans un dernier baiser d’adieu. Une épaisse brume semblait flotter tout autour d’eux: tout devint flou et un froid mortel s’empara d’eux .
Cette nuit là, des milliers d‘âmes errantes s’évanouirent sans laisser de trace. Des âmes qui avaient été bafouées, qui cherchaient une vengeance, qui voulaient partir en paix. Des âmes qui depuis des décennies vivaient des vies différentes, en attendant cette heure où ils seraient délivrer. A tout jamais.





Parce que des personnes ont souffert, parce que l’horreur revient sans cesse dans l’Histoire, parce que nous sommes jamais à l’abri du danger, n’oublions pas qu’il y a 61 ans, des camps d’exterminations ont été fermés. A tout jamais?



Fin
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