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 Et plus si affinité...

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Polly

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MessageSujet: Et plus si affinité...   Mar 1 Aoû - 21:24

Auteur : Polly
Genre : Mystère/Suspense
Time-Line : En parallèle à la saison 9 je dirais, mais cette fic se déroule dans un univers alternatif.
Disclaimers : Cette fanfiction est réalisée à but non lucratif, simplement dans un but divertissant, je n'en retire aucune source pécuniaire. Les personnages de Fox Mulder et de Dana Scully ne m'appartiennent en aucun cas, ils sont la propriété de Chris Carter, de 1013 Production et de la 20th Century Fox.
Résumé : Mulder et Scully ne se sont jamais rencontrés et pourtant ils vont devoir faire équipe pour survivre, ils devront apprendre à se connaître et à accepter le point de l'autre.
Feedbacks : AndreaParCoeur@hotmail.fr





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Et plus si affinité...
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Une goutte… Puis une seconde… C’est avec cette sensation de froid que ses paupières se soulevèrent enfin. Il cligna des yeux, ajustant sa vue à la lumière du jour. La pluie tombait finement sur la vallée où il se trouvait. Une légère averse qui ne faisait rien de plus que le rafraîchir et le revigorer. Un frisson lui parcourut le corps, l’obligeant à se redresser. Sa tête lui tourna mais il était déterminé à se mettre debout. Son corps n’était qu’un enchevêtrement de courbatures et de muscles endoloris.

Au dessus de sa tête, les nuages grondaient, s’agglutinant dans une sombre masse menaçante. Le vent se levait peu à peu, balayait sa peau nue et le forçant à croiser les bras sur sa poitrine meurtrie de cicatrices. Un simple pantalon de toile le couvrait encore, troué de part en part. Ce morceau de tissu ne le protégeait guère des rafales qui le bousculaient sans ménagement.

Titubant, il rejoignit tant bien que mal la route qui accotait le champ d’où il venait d’émerger. Que lui était-il arrivé ? Il avait beau se creuser l’esprit, aucun souvenir ne lui revint en mémoire. Son nom ? Il n’en avait pas la moindre idée. Tout ce qu’il savait, c’était que s’il ne trouvait as rapidement un endroit chaud, il passerait la nuit dehors et le froid de l’hiver aurait raison de lui.

Avançant d’un pas mal assuré, il suivit cette route délabrée, qui dans les deux sens, ne menait qu’à des rangées d’arbres qui se découpaient dans l’horizon. Ses pieds nus le faisaient souffrir à chaque fois qu’il marchait sur un gravillon mais il ne s’arrêterait pas. Il devait savoir. Savoir qui il était, ce qu’il faisait là, ce qui avait laissé sur lui les stigmates d’une opération récente.

Soudain, un son familier et régulier lui poussa à concentrer son regard loin devant lui. Au bout du chemin il aperçut un véhicule qui arrivait à vive allure. Il se surprit à lâcher un profond soupir de soulagement. Celui-ci fut néanmoins de courte durée lorsque la voiture en question fit un écart et faillit atterrir dans le fossé qui jouxtait la chaussée. Le conducteur parvint finalement à reprendre le contrôle de sa Toyota et dépassa l’étranger sans même lui porter la moindre attention. Ce comportement ne le dérangea pas le moins du monde, préférant continuer à pied plutôt que de risquer sa vie aux côtés d’un automobiliste vraisemblablement trop alcoolisé.

Il se retourna et se remit en marche vers le soleil qui se couchait déjà derrière les épais nuages. Son trajet ne fut pas plus long qu’une dizaine de mètres car un incroyable vacarme retentit dans son dos. Immédiatement, il pivota sur lui-même et se trouva face à un spectacle qui le laissa muet. Ce conducteur ivre venait d’entrer en collision avec un autre véhicule qui arrivait de l’autre direction.

Il ne fit ni une ni deux et se précipita vers le lieu de l’accident à toute jambes, oubliant ses douleurs. Tout d’abord il vérifia le pouls de l’homme qui était au volant de la Toyota, sans résultat. Il observa alors la seconde voiture, la portière avant considérablement déformée durant le choc. Ne pouvant l’ouvrir, il passa par le coté passager avant et découvrit une femme inconsciente à l’intérieur de l’habitacle. Sa chevelure flamboyante recouvrait son visage éteint, alors d’une main, il glissa une mèche derrière son oreille. Il pouvait presque entendre les battements de son cœur dans sa poitrine. Rassuré, il l’entoura de ses bras et l’extirpa de ce qui, à l’origine, devait être une Ford.

Il courut le plus vite possible pour rejoindre un talus à proximité et il s’accroupit derrière, tenant cette femme contre lui. Sa tête reposait désormais sur son torse, du sang s’échappait abondamment de la blessure qu’elle avait au front. A l’instant précis où il passa son doigt sur le liquide ambré, afin de l’empêcher de rejoindre l’œil de la jeune inconnue, les deux véhicules explosèrent simultanément. Par reflexe, il se recroquevilla sur elle, la couvrant d’une éventuelle chute de débris.

Lorsque le bruit cessa, il jeta un œil aux carcasses qui fumaient sur la route. Il ferma les yeux, même s’il n’avait pas épargné l’homme saoul, il avait au moins pu sauver cette femme. Cette pensée lui réchauffa quelque peu le cœur. Immobile, il profitait d’ailleurs de ses vêtements et de la température de son corps pour ne pas tomber en choc hypothermique.

Le soleil disparut bon de bon et seul le reflet de la lune éclairait encore le visage de cette étrangère endormie. Il resserra encore son étreinte autour d’elle, priant pour qu’elle survive à cette nuit qui promettait d’être froide.

***


Un mouvement contre lui, il sursauta presque lorsqu’il sentit la femme se redresser. Lorsqu’il se réveilla, leurs regards de croisèrent et elle se leva brusquement, s’éloignant de lui comme du Diable.

[b]« Qui êtes-vous ?! Et où sommes-nous ?! »
S’exclama-t-elle, portant la main à ses tempes lorsque qu’un étourdissement la déstabilisa.

« Euh… Je… » Emit-il en indiquant le deux véhicules calcinés.

« Oh mon Dieu… » Murmura-t-elle quand il la retint de tomber.

Elle s’appuya quelques secondes contre lui, retrouvant son équilibre, puis s’écarta de nouveau. Il plongea ses yeux dans les siens, émerveillé par leur beauté. Jamais il n’en avait vus de cette couleur, d’un bleu azur qui, peu à peu, à mesure qu’il rejoignait la pupille, prenait une teinte légèrement dorée.

« C’est vous qui m’êtes rentré dedans ? » Questionna-t-elle, le sortant de sa rêverie Ô combien agréable.

« Oh, non… J’étais là, c’est tout… L’autre conducteur est mort sur le coup. » Lui expliqua-t-il, comprenant en parlant qu’il serait difficile à croire.

« Mais d’où venez-vous alors ? » Demanda-t-elle, les poings repliés sur les hanches.


« Mais d’où venez-vous alors ? » Demanda-t-elle, les poings repliés sur les hanches.

Il réalisa tout à coup que la jeune femme était plus petite qu’il ne l’avait estimé. Elle portait des talons sous son pantalon noir et une veste en cuir de la même couleur recouvrait ses épaules, ainsi que son chemisier, antérieurement blanc. Il ne pu s’empêcher de remarquer que les boutons du haut avaient sauté et découvraient sa peau très pâle, ainsi qu’une griffure au creux de son décolleté.

« Je suis désolé… Je ne sais pas… » S’excusa-t-il, sachant à l’avance qu’il allait être difficile de la convaincre.

« Vous ne savez pas ? Vous voulez me faire croire que vous marchez au beau milieu de la Virginie sans savoir ce que vous faites là ? » Lui lança-t-elle, levant les yeux en signe d’exaspération.

« La Virginie ? Nous sommes en Virginie ? » La reprit-il, rassuré de ne pas être trop loin de Washington.

« Vous ne vous moquez pas de moi ? Vous n’avez réellement aucune idée de ce que vous faites ici ? » S’intéressa-t-elle finalement à lui, intriguée par cet inconnu.

C’était à son tour de le dévisager, s’arrêtant particulièrement sur son visage fatigué et ensuite sur les cicatrices qui lui parcouraient le corps. Cet homme avait dû souffrir le martyre à en juger par l’état de ces traces irrégulières au centre de son torse.

« Non… Je ne connais même pas mon nom… Je me suis réveillé hier soir, allongé dans l’herbe. » Se confia-t-il sans retenue.

Il sentait quelque chose d’étrange se produire entre eux. Il avait l’irrésistible envie de lui faire confiance, comme si ça lui était tout à fait naturel. Pourtant, au fond de lui, même sans un seul souvenir, il savait qu’il n’était pas le type de personne qui accordait facilement son crédit.

Pendant un instant, la jeune femme baissa la tête, puis s’approcha de lui très lentement. Elle leva ensuite ses grands yeux bleus océans et les posa sur lui avec une douceur rassurante.

« Je m’appelle Dana Scully, je suis médecin à Quantico. » Se présenta-t-elle en lui tendant la main.

Il la serra volontiers, soulagé d’avoir trouvé quelqu’un qui pourrait peut-être l’aider. Elle esquissa un bref sourire puis observa les carcasses qui bloquaient la route.

« Je présume que vous n’avez pas de portable avec vous ? » Fit-elle sans le regarder.

« Désolé. » Souffla-t-il, peiné de ne pouvoir en faire davantage.

« De toute façon, on est trop loin d’Ashville pour avoir du réseau… » Maugréa-t-elle, se tournant alors dans la direction qu’il avait empruntée la veille. « Je me rendais dans ma seconde résidence, elle trouve à environ 10 kilomètres d’ici. Il n’y a pas le téléphone, mais on pourra au moins reprendre des forces, se laver et se soigner. Et j’ai un voisin qui est chasseur, il vient chez lui tous les trois jours, il nous ramènera mardi. » Lui annonça-t-elle en haussant les épaules. « Vous vous sentez la force d’y arriver ? »


Dernière édition par le Sam 5 Aoû - 15:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mar 1 Aoû - 21:27

« Oui, je terminerai à quatre pattes s’il faut ! » Plaisanta-t-il pour détendre l’atmosphère. « Nous sommes quel jour vous avez dit ? » L’interrogea-t-il en reprenant son sérieux.

« Samedi matin, le samedi 23 janvier 2000 pour être plus précise. » Le renseigna la jeune femme en commençant à marcher à ses côtés.

« Oh… »

« Ca ne vous éveille rien du tout ? »

« Non, c’est tellement étrange. Je connais la capitale de l’Azerbaïdjan mais je ne sais même pas mon propre prénom… »
Se plaignit-il en levant les yeux au ciel.

« Hum… Et c’est laquelle ? »

« Quoi ? »

« La capitale de L’Azerbaïdjan ! »

« Ah ! Bakou… C’est Bakou. »
lui répondit-il en souriant légèrement, la situation était si inhabituelle.

« Et comme prénom, lequel auriez-vous aimé donner à votre enfant ? » Demanda-t-elle, préférant faire la conversation jusqu’à ce qu’ils rejoignent sa maison de campagne.

« Aucune idée… Peut-être… David ou… William… » Hésita-t-il, ne comprenant pas où elle voulait en venir.

« William, j’aime beaucoup ce prénom. Alors je vous appellerai William, le temps que vous vous souveniez de votre vrai prénom. Ca vous convient ? » Questionna-t-elle gentiment en se tournant vers lui pour s’assure de son assentiment.

« Oui, pourquoi pas, c’est mieux que John Doe. » Avoua-t-il en se frottant les bras pour les réchauffer.

« Ne m’en parlez pas, j’en croise assez tous les jours comme ça… » Réplica-t-elle avant de porter la main à sa bouche en signe de surprise.

Visiblement, c’était une phrase qu’elle aurait aimé éviter de prononcer. Malheureusement, il était trop tard pour cela et l’homme ne se gêna pas pour lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« Tous les jours ? » Répéta-t-il avec étonnement.

« Oui je… Je travaille pour la morgue de Quantico… Je forme aussi les jeunes agents du FBI. » Lui expliqua-t-elle, bien qu’elle aurait préféré ne rien avoir à dire. « Vous trouvez ça répugnant, avouez-le ! »

« Non ! Au contraire je… C’est étrange, Quantico, le FBI, ces mots me semblent comme familiers… »

« Vous êtes sûr ? Peut-être que vous y travaillez, vous êtes bien bâti, ça ne me surprendrait pas si on découvrait que vous êtes agent du FBI. »


« Agent du FBI… Wouaw, rien que ça ! »

Dana Scully ôta son manteau et le lui tendit en inclinant la tête. Il la regarda en retour, l’air perplexe, presqu’amusé.

« Je sais, nous n’avons pas du tout la même carrure mais ma veste est longue et si vous ne couvrez pas vos épaules, vous allez contracter pneumonie avant que l’on arrive chez moi. »

Il s’empara bien volontiers du vêtement et s’enroula dans sa longueur. Emanant de la doublure, il pouvait sentir le parfum enivrant de sa partenaire de fortune. En un éclair, il avait déjà plus chaud et lui était reconnaissant pour le soutient qu’elle lui apportait sans même le connaître.

***


Les deux jeunes gens n’avaient plus échangé de paroles depuis plusieurs minutes lorsque la maison de Dana s’offrit à leur vue. Une somptueuse bâtisse en pierre et en bois, un petit paradis au milieu des bois. A la droite de la villa se trouvait une rivière et plusieurs saules pleureurs donnaient à l’endroit une image de carte postale. La demeure d’étendait sur deux étages dont les volets étaient clos pour préserver les lieux.

Il leur fallait monter plusieurs marches pour atteindre le perron qui servait de terrasse et devait être éclairé par le soleil en plein été. Il eut l’impression de ne jamais avoir rien vu de tel, tout ce qui l’entourait était radieux, aussi bien que le sourire de cette jeune femme qui l’invitait à entrer.

Essuyant ses pieds nus mais néanmoins sales sur le paillasson, il se permit de la suivre jusqu’à la cuisine. Là, elle ouvrit un placard qui devait lui servir de remise et en sortit une bouteille d’eau qu’elle lui tendit sans même se soucier de sa propre soif. Il crut qu’il la viderait entièrement, mais ne voulant pas être impoli, en laissa un peu plus de la moitié pour Dana. Cette dernière hocha négativement la tête quand il voulut la lui rendre.

« Gardez-là, j’en ai tout un stock ! Je n’ai pas soif pour le moment. Tout ce dont j’ai envie, c’est de me laver et de m’allonger ! » Lui lança-t-elle avant de sortir de la pièce.

Ne connaissant pas les lieux, il la suivit de nouveau et ils se retrouvèrent dans ce qui lui apparut être sa chambre. Il n’osa pas entrer, de peur de violer son intimité, et l’attendit dans le couloir. Elle le rejoignit rapidement, lui tendant plusieurs couvertures.

« Prenez cette chambre. » Lui indiqua-t-elle en désignant la porte opposée à la sienne. « Reposez-vous, je vais faire chauffer de l’eau pour que vous puissiez prendre un bon bain. » Expliqua-t-elle en faisant mine de descendre les escaliers mais il la retint doucement par le bras.

« Vous êtes sûre que vous ne voulez pas d’aide ? » Proposa-t-il, de plus en plus mal à l’aise.

« Allez dormir un peu, vous devez reprendre des forces. Pendant que vous vous laverez, je nous préparerai quelque chose à manger. »

Il l’observa pendant qu’elle rejoignait le rez de chaussée, cette femme était un cadeau du ciel. Jamais il ne s’en serait sorti sans elle. Un sourire naquit sur ses lèvres, après tout, elle non plus s’il ne l’avait pas sortie de sa voiture avant qu’elle n’explose. Quelque part, ils devaient être faits pour se rencontrer.
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mar 1 Aoû - 21:30

Après plusieurs allers et retours, de la rivière à la cuisine, puis à la salle de bain, Dana avait rempli une immense bassine en forme de baignoire. Elle était consciente que ce type de méthode datait de l’ancien temps, elle ne pouvait pas se résoudre à faire raccorder sa maison à l’eau courante ou à l’électricité.

C’était ce qu’elle adorait, se détacher du monde, se retirer de la vie stressante et trop superficielle qu’elle menait en ville. Ainsi, elle passait tous ses weekends dans ce petit nid douillet, connu seulement d’elle-même ou de son voisin. Jamais elle n’avait emmené qui que ce soit en cet endroit mais malgré tout, la présence de cet homme ne la dérangeait pas.

Elle se sentait à l’aise avec lui, en confiance, sans besoin de prouver qui elle était ou de justifier ses actes et ses choix. Il semblait l’accepter comme elle était et ne se permettait pas de la juger ou de commenter ses choix. En le faisant entrer dans son cocon, elle avait vu son air émerveillé et respectueux, aucunement outré qu’elle puisse aimer ce genre de vie. Elle se sentait vraiment bien avec lui, et aussi surprenant que cela puisse lui paraître, elle était presque contente de ne pas être seule ici, contrairement à d’habitude.

Estimant qu’elle avait fait chauffer suffisamment d’eau, Dana monta tranquillement à l’étage pour aller réveiller « William ». Sans un bruit elle ouvrit la porte et le trouva endormi, emmitouflé dans ses couvertures. Elle ne pu retenir un sourire en découvrant le petit air infantile qu’il arborait durant son sommeil. Ne voulant pas le brusquer, elle posa sa main sur son épaule et le caressa doucement, presque tendrement. Il ne tarda pas à ouvrir les yeux et s’étira tranquillement.

« Venez, un bon bain chaud va vous détendre. » Lui fit-elle en quittant la chambre pour le laisser se lever.

Il la trouva dans la salle de bain, à observer sa coupure dans le miroir. Elle sursauta quand son reflet rejoignit le sien dans la glace.

« Vous avez ce qu’il faut pour la désinfecter ? » Question-t-il, inquiet pour elle car sa blessure était tout de même assez profonde.

« Oui, je m’en occupe. Tenez, je vous ai mis des serviettes et je vais vous apporter quelques vêtements de mon voisin. Vous devez faire à peu près la même taille. » Lui dit-elle en passant l’encadrement de la porte.

« Vous allez voler votre voisin ? » Demanda-t-il d’un ton enjoué.

« Ce n’est qu’un emprunt, et puis, ce n’est pas comme s’il y avait effraction puisqu’il m’a donné sa clé. » S’expliqua-t-elle en secouant son trousseau devant elle. « Oh et puis. » Ajouta-t-elle avec amusement. « C’est ça où vous restez avec votre vieux pantalon troué ! »

Ils rirent franchement à cette remarque sensée puis elle ferma la porte derrière elle. Il soupira de satisfaction, cet endroit était définitivement un bout de paradis. Ôtant son unique vêtement, il se glissa bien vite dans l’eau chaude et parfumée. A côté de cette baignoire improvisée, Dana avait déposé serviettes, savon et shampoing. Tout était absolument parfait se dit-il en s’adossant à la paroi de la grande bassine. Ses jambes étaient pliées, faisant dépasser ses genoux de l’eau et la mousse lui chatouillait gentiment la peau.

***


De retour de la petite ferme de son voisin, Dana était plutôt contente d’elle. Sans trop chercher, elle était parvenue à trouver deux jeans, deux tee-shirts ainsi que deux gros pulls. Et cerise sur le gâteau, elle avait même eu la chance de mettre la main sur un rasoir et de la mousse à raser. Qui aurait cru qu’on puisse trouver si facilement autant de choses au fin fond de la Virginie, au pied du Blue Ridge ?

Elle était maintenant derrière la porte de la salle de bain. Dans ses bras, elle tenait les affaires qu’elle avait promis d’apporter à cet homme qui de l’autre côté, se trouvait entièrement nu, uniquement recouvert d’une petite couche de mousse. Se mordillant la lèvre inférieure, elle frappa mais n’entendit aucune réponse. Après tout, il lui suffisait de garder son regard fixé sur ses pieds et il ne pourrait rien lui reprocher.

Prenant son courage à deux mains, elle tourna la poignée de la porte et entra discrètement. Rapidement, elle déposa les affaires sur l’étagère puis ressortit aussi vite qu’elle était entrée, sans même vérifier qu’il soit éveillé.

Emergeant d’un agréable rêve, il eut l’impression d’entendre du bruit mais n’était pas sûr de ne pas l’avoir imaginé. Après s’est fait tout propre, il sortit de la baignoire, et comprit qu’il ne s’était rien inventé car il découvrit les affaires que Dana lui avait trouvées. Il ne savait pas ce qu’il avait fait pour la mériter mais dans tous les cas, il en était heureux.

Il se dépêcha de s’habiller et de se préparer puis sortit de la salle de bain, espérant ne pas avoir mis trop de temps. Il savait qu’elle n’avait toujours pas pris le temps de soigner sa blessure et qu’elle aussi, aimerait se délasser dans un bon bain.

Ce fut dans la cuisine qu’il la trouva, faisant chauffer des pâtes grâce à un réchaud et sur un grill, un poulet était en train de dorer. Une formidable odeur lui caressait les narines et lui ouvrait furieusement l’appétit.

« Est-ce que vous me permettez au moins que je prépare un bain pour vous pendant que vous finissez de cuisiner et que vous allez nettoyer cette coupure qui aurait dû l’être depuis notre arrivée ? » Demanda-t-il en s’appuyant contre le chambranle, croisant les bras devant lui.

Dana se retourna à sa question et soupira en baissant la tête. Elle remua un peu les pâtes puis tendit sa fourchette à William.

« Vous prenez le relai pendant que je m’occupe de moi et je prendrai ce bain après manger. » Imposa-t-elle en lui collant l’ustensile dans la main.

« D’accord, mais c’est moi qui vous apporterai l’eau. Il est hors de question que vous vous fatiguiez davantage. » Commanda-t-il en retour, lui bloquant la sortie.

« Marché conclu. »

***


« Je crois que je n’ai jamais aimé autant savouré un plat de pâtes et de poulet ! »

« Parce que vous vous en souvenez maintenant ? »
Se moqua-t-elle en ramassant les assiettes.

« Attention, ou sinon c’est un bain d’eau froide que vous aurez, et je vous y plongerai personnellement ! » Renchérit-il en se levant pour l’aider. « Vous me montrez le puits ? »

« Venez. » Fit-elle en attrapant le seau dont elle s’était servie une heure auparavant.

Elle le conduisit à l’extérieur et lui expliqua le mécanisme en quelques mots, suivis d’une démonstration. Cela lui fit une étrange sensation de voir une femme telle que Dana, obligée d’aller chercher de l’eau au puits et de la faire chauffer pour prendre un bain. Mais cette vision l’amusa et il se prit vite au jeu, bavardant avec elle au sujet de sa vie à Washington, tout en s’occupant de son bain.

Au bout d’une demi-heure, la tâche était accomplie et il laissa Dana seule dans la salle de bain pour se nicher dans le salon. Pendant qu’elle profitait enfin de l’eau chaude, il décida de préparer un bon feu dans la cheminée car la fin d’après-midi approchait et la température diminuait peu à peu.

Il commençait légèrement à somnoler quand elle sortit de la salle de bain. Ayant la tête ailleurs, elle avait oublié de prendre des sous vêtements. Ce qui expliquait qu’elle sorte uniquement vêtue d’une serviette de bain. Sans faire un bruit, elle se faufila derrière le sofa et s’apprêtait à monter l’escalier lorsqu’elle l’entendit dans son dos.

« Vous n’avez pas froid comme ça ? » Questionna-t-il tout à fait innocemment.

Se pinçant de nouveau les lèvres, et tenant fermement sa serviette avec sa main libre, tenant de l’autre ses habits, Dana pivota sur elle-même. Il s’était retourné et la fixait en souriant légèrement, ne se gênant pas pour l’observer des pieds à la tête.

« Si, justement, c’est pour ça que je vais m’habiller. Alors arrêtez un peu de me reluquer comme vous le faites ! » Lui intima-t-elle gentiment.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu’au fond de moi je ne suis pas une personne qui suit les règles… » Répliqua-t-il, restant exactement à l’endroit où il se trouvait.

« Hum… Rebelle ! » Lança Dana en arrivant à l’étage et s’enfermant pour s’habiller.
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mar 1 Aoû - 21:32

Quand elle redescendit un peu plus tard, elle avait finalement opté pour l’un de ses pyjamas en soie et s’était elle aussi enroulée dans une couverture.

Des flammes dansaient dans l’âtre, crépitant dans une calme mélodie. Désormais assis normalement, face à la cheminée, William s’était endormi avec sa tête reposant sur le dossier. Sa bouche s’entrouvrait à mesure qu’il respirait.

« Vous comptez dormir ici ? » Questionna-t-elle en le voyant ainsi.

« Oh… Non, je vous attendais. » Répondit-il en se redressant, s’enfonçant davantage dans sa place pour mieux observer son hôte. « Alors dites-moi Dana, que faites-vous toute seule ici, tous les week-ends ? » Engagea-t-il, intéressé par la vie que menait la jeune femme.

« Je viens ici pour me vider l’esprit de toute les monstruosités que je vois chaque jour. » Se confia-t-elle en se recroquevillant un peu plus.

« C’est vrai que vous êtes au premier rang du spectacle dépravant du comportement humain. » Acquiesça-t-il en étouffant un soupir de lassitude.

Le silence les enveloppa quelques secondes, le sujet ne se révélant pas très approprié.

« Je viens lire. » Recommença Dana, désignant les étagères couvertes de livres et qui envahissaient sa salle de séjour. « Je fais des balades dans la forêt, en été je viens bronzer… » Enuméra-t-elle avant de porter sa main à sa bouche pour dissimuler un bâillement.

« Je suis désolé, vous êtes fatiguée, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. » S’excusa-t-il en se lavant, lui tendant la main pour qu’elle en fasse autant.

Elle se mit debout avec son aide mais leur contact se rompit au pied de l’escalier. Arrivés devant leur chambre respective, ils se trouvèrent de nouveau muets l’espace d’un instant.

« Je me posais une questions… On pourrait peut-être se tutoyer non ? » Proposa-t-il avec hésitation.

« Bien sûr, si… Tu veux. » Accepta-t-elle gentiment avant de se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un furtif baiser sur sa joue.

A ce geste, il sourit, heureux que leur confiance soit réciproque. Il n’en revenait toujours pas du fait qu’il se sentait si à l’aise et naturellement bien avec cette femme.

« Bonne nuit Dana. »

« Bonne nuit William. »


Le gratifiant d’un dernier regard amical, elle disparut dans la chambre. Il resta immobile devant sa porte, ne cessant de se demander ce qui les avait conduits l’un à l’autre. Cette femme lui semblait si familière, il était même prêt à croire qu’ils se connaissaient auparavant. Pourtant, elle ne paraissait pas se souvenir de lui et jusqu’à preuve du contraire, c’était sa mémoire à lui qui lui jouait des tours, pas la sienne.

***


Un cri déchirant la nuit puis… plus rien. Dana se redressa dans son lit, émergeant d’un sommeil qui avait été difficile à gagner. Elle tendit son bras pour s’emparer de sa robe de chambre et l’enfila en sortant de la pièce.

Sans réfléchir, elle entra directement dans celle de son invité, ne prenant même pas la peine de frapper. Elle l’aperçut immédiatement malgré la pénombre dans laquelle la pièce était plongée. Assis dans son lit, William était encore haletant, la respiration courte et saccadée. Dana prit place à ses côtés, une main caressant son dos pour le rassurer.

Sans réfléchir, elle entra directement dans celle de son invité, ne prenant même pas la peine de frapper. Elle l’aperçut immédiatement malgré la pénombre dans laquelle la pièce était plongée. Assis dans son lit, William était encore haletant, la respiration courte et saccadée. Dana prit place à ses côtés, une main caressant son dos pour le rassurer.

« Ce n’était qu’un cauchemar, ça va aller, vous êtes en sécurité ici. » L’apaisa-t-elle d’une voix douce, ne pouvant se résoudre à le tutoyer si aisément.

Sans qu’elle ne s’y attende, il se réfugia instinctivement contre elle, entourant sa taille de ses bras et enfouissant son visage dans le creux de son cou.

Alors elle commença à le bercer au rythme de ses sanglots, caressant ses cheveux et sa nuque. Dana était réellement peinée de le voir souffrir de la sorte et de n’être capable de rien pour adoucir sa douleur. Elle l’entendait craquer, ses larmes glissant dans son cou jusqu’à inonder son haut de pyjama. Il se passa une heure avant qu’un mot ne soit prononcé.

« J’étais torturé… Attaché à une chaise de dentiste… Enfin, ça y ressemblait… Des pics me rentraient dans les joues et une espèce de fraise pénétrait dans ma bouche et… Perçait mon palais… » Décrit-il, la gorge prise par l’émotion. Et revivant chaque passage de ce mauvais rêve comme s’il y était encore.

« C’est terminé, vous ne risquez plus rien. » Le rassura-t-elle, se demandant de plus en plus ce qu’il lui était arrivé.

Dana avait envie de croire à son récit car les traces qui persistaient sur son visage prouvaient qu’il avait affronté une terrible épreuve. Ses doigts délicats parcoururent sa peau rendue rugueuse par les cicatrices. Ces marques sortaient de l’ordinaire et leur disposition éveillait sa curiosité. Qu’avaient-ils essayé de lui faire ? Comptaient-ils lui extirper des informations ? Travaillait-il pour le FBI ou n’importe quelle autre agence gouvernementale ?

***


C’était sur ces questions qu’elle se rendormit, pour ne se réveiller qu’avec la lumière du jour. Son dos lui faisait mal car elle avait passé la nuit appuyée contre la tête de lit, le visage de William reposant sur ses cuisses. Ses deux mains étaient encore dans ses cheveux et il ouvrit les yeux lorsqu’elle les retira.

« Je suis désolé. » Fit-il, se sentant affreusement honteux et maladroit suite à son comportement durant la nuit.

« Ne le soyez pas, vous avez dû subir un terrible traumatisme. Chaque jour, vos souvenirs vous reviendront un peu plus. Il va falloir réussir à les assimiler. » Lui conseilla-t-elle avant de se lever et d’aller s’habiller.

Il descendit les escaliers en gardant une main appuyée sur son dos endolori. Ce dernier le faisait souffrir depuis son réveil dans un champ, deux jours plus tôt. Un doux parfum de caféine le guida alors à la cuisine où il rejoignit Dana.

« Etant donné que mes courses ont brûlé avec ma voiture, je me suis encore aventurée chez mon voisin et j’ai trouvé de quoi faire du pain. Un vrai festin ! » Se moqua-t-elle en indiquant la chaise vide à côté d’elle.

Il ne se fit pas prier et, tout en mangeant, ils planifièrent le reste de leur journée. Ils se décidèrent pour un pique-nique dans la forêt, suivi d’une promenade au bord de la rivière.

***


Il tenait le panier contenant leur nourriture, marchant aux côtés de Dana, qui longeait la rive de la rivière Rappahannock. Malgré la température un peu fraîche, en raison de la saison, le soleil était haut dans le ciel entièrement dégagé de tout nuage. Une légère brise leur donnait la chair de poule mais le paysage était trop grandiose pour se déranger avec ce petit désagrément.

Dana indiqua un endroit près de l’eau, où l’herbe était grasse et épaisse, parfaite pour manger aussi confortablement que possible. Il étendit la couverture qu’ils avaient apportée et elle s’occupa de déboucher le vin qu’elle avait pensé à prendre.

« Un Merlot ? » Remarqua-t-il, un sourire aux lèvres. « On ne se refuse rien Dana ! »

« Si vous n’aimez pas ce n’est pas grave vous savez… »

« Premièrement, je n’ai pas dit que je n’en voulais pas, deuxièmement : on n’avait pas dit qu’on se tutoierait ? » Lui signifia-t-il en disposant le peu d’aliments qu’ils possédaient sur des assiettes en carton.

« Hum… Tu as raison, c’est juste que… »
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mar 1 Aoû - 21:35

« Tu n’oses pas. »

« Je ne sais pas, d’un côté je trouve ça tellement naturel de… te… tutoyer. Mais de l’autre, je me demande pourquoi, c’est vrai, on ne se connaît même pas ! »
Se confia-t-elle en leur versant le liquide ambré dans deux verres.

« C’est vrai, depuis que nous nous sommes parlés la première fois… C’est comme si… Comme si tout était normal… »

« Ca me fait un peu peur. »

« Moi ? Je te fais peur ? Il ne faut pas, je te promets que je ne pourrais jamais te faire de mal. »
Lui promit-il, inquiet de perdre son amitié.

« Non, pas toi, aussi étrange que ça puisse paraître, je me sens parfaitement bien avec toi, c’est ça qui me fait peur ! » Lui expliqua-t-elle, ses lèvres se fendant d’un énième irrésistible sourire.

« Ah… Peut-être qu’on se connaissait dans une vie antérieure… Où parallèle ? » Supposa-t-il en levant son verre en même temps qu’elle.

« Toi, si tu travailles au FBI, tu dois être issu des affaires non classées ! » Se moqua-t-elle en cognant son verre au sien.

« Les affaires non classées ? » Répéta-t-il, interloqué que ce terme lui sonne comme familier.

« Laisse tomber… A toi, en espérant que ta mémoire te revienne au plus vite. » Dit-elle en tendant son bras un peu plus haut dans l’air.

« A nous, à notre amitié. » Répliqua-t-il tout en imitant son geste.

Chacun but une gorgée avant de s’allonger sur le côté, le coude enfoncé dans la couverture et une main soutenant leur tête. Ils mangèrent tranquillement, dégustant le raisin que Dana avait une fois de plus emprunté effrontément à son voisin.

« Il va trouver sa maison bien vide en rentrant ! » Lança-t-il en se goinfrant dudit fruit.

« Je lui dirai que c’est de ta faute, que tu manges comme quatre. » Rétorqua Dana en terminant la dernière gorgée de vin.

« Merci Dana, merci pour tout ce que tu fais et… Pour la confiance que tu m’accordes, je crois que je n’aurais jamais pu tomber sur quelqu’un de plus agréable et accueillante. Ton aide m’est considérable. » Lui avoua-t-il en adoptant un air plus sérieux, presque triste.

« Non, merci à toi de m’avoir sauvé la vie. Sans toi je ne serai pas là, c’est la moindre des choses. »

Il posa la main sur la sienne et leurs doigts s’entrelacèrent. Dana frissonna légèrement, elle qui n’admettait habituellement personne dans ce havre de paix, elle qui laissait si rarement transparaître ses émotions. Mais elle se sentait si naturelle, si vraie et vivante avec lui, elle baissait sa garde sans remords. Il apaisait chaque tension, faisait disparaître chaque interrogation par sa simple présence ou par l’échange d’un regard… complice ?

Peu à peu elle sentit son souffle chaud caressant sa joue et bientôt son nez. Il se rapprochait d’elle et contrairement à ce qu’elle aurait fait en temps normal, elle resta immobile. Elle attendait ce contact de leurs lèvres, impatiente, pressée…

Il posa alors une main dans le creux de son cou pour l’amener doucement à lui et elle se laissa glisser, fondant ses yeux dans le siens et y découvrant un désir réciproque. Dana Katherine Scully, comment pouviez-vous vous comporter de manière aussi inconsciente ? Parce qu’elle en avait envie… Terriblement envie et qu’elle cèderait à la tentation.

Se mains trouvèrent leur chemin dans les cheveux de l’homme pour qui elle tremblait, celui qui accélérait indéniablement les battements de son cœur.

Le souffle coupé, ils sursautèrent au moment où leurs lèvres allaient se frôler, le son d’une branche cassée les ayant interrompus. Ils se jetèrent un regard à moitié déçu et gêné puis se levèrent pour observer les alentours.

« Tu penses que c’était quoi ? » Demanda William en tournant la tête vers elle.

« Probablement un animal. Il y a des animaux de toutes sortes dans cette montagne, des lynx, des couguars… » Le rassura-t-elle en haussant les épaules.

« Dana ? » Fit-il se manière à peine audible pour son amie.

« Oui ? » Fit-elle en essayant de suivre son regard.

« COURS ! » Cria-t-il en s’emparant de sa main et l’attirant à sa suite.

Sans comprendre la raison de sa crainte, elle ne pu s’empêcher de faire comme lui et de se sauver. Elle avait juste aperçu un homme mais elle n’avait pas eu le temps d’essayer de le reconnaître que déjà sa main était prisonnière de celle de William.

« Mais qu’est-ce qui se passe ? » S’exclama-t-elle en gardant son souffle le plus régulier possible. « Qui est cet homme ? Je croyais que tu avais tout oublié ? » Ajouta-t-elle en le suivant difficilement.

« J’ai eu des flashs… Dans l’un d’eux il essayait de me tuer. » Haleta-t-il, préservant sa respiration pour leur fuite.

Ils arrivèrent devant un immense arbre couché sur le sol, étant entourés par la forêt, ils n’avaient d’autre choix que d’enjamber le tronc qui se présentait à eux. Avec souplesse, il sauta par-dessus pour atterrir deux mètres plus bas et se retourna pour offrir ses bras à Dana afin de l’aider à descendre. Cette dernière se laissa glisser dans son étreinte, de plus en plus inquiète néanmoins, par la tournure que prenaient les évènements.

Aussi vite qu’ils le pouvaient, ils couraient côte à côte, guidés par les indications de Dana pour retrouver la route. Ainsi, ils auraient peut-être la chance d’arrêter un véhicule et donc, d’échapper à cet étrange individu.

« On va devoir traverser la rivière ! » Lança-t-elle en désignant le cours d’eau qui se profilait de nouveau sur leur droite.

Il tourna la tête une fraction de seconde pour vérifier si l’homme les suivait toujours et malheureusement, c’était le cas. Ce qui l’inquiéta davantage fut qu’il était même parvenu à reprendre du terrain et se rapprochait dangereusement d’eux. Il pivota encore une fois, se replongeant dans sa course et priant pour échapper à cet être infâme.

Soudain il réalisa qu’il n’entendait plus ni le souffle ni les pas de Dana alors il fit demi tour et l’aperçut quelque mètres plus loin. Il se précipita vers elle de peur qu’elle ne se soit blessée dans sa chute. En effet, elle venait de se prendre les pieds dans un amas de racines qui dépassait de la terre.

« Dana ! Ca va ? » S’angoissa-t-il en l’aidant à se relever.

« Ca va, je vais bien. » Affirma-t-elle en se remettant en route tant bien que mal.

Il remarqua rapidement que ce n’était pas le cas, étant donné qu’elle avait du mal à s’appuyer sur sa cheville droite. Mais elle l’impressionna par sa détermination, ne s’arrêtant pas pour se plaindre et lui faisant signe qu’ils pouvaient continuer.

D’instinct, il passa son bras autour de sa taille pour la soutenir et il comprit que bien qu’elle eut envie de refuser, accepta son aide à contre cœur. Ils se remirent à fuir à travers les bois, rejoignant plus vite que prévu la rive. Ils s’immergèrent sans hésiter dans l’eau froide qui les paralysa instantanément et avancèrent lentement. Pour une rivière, le courant se montrant particulièrement fort et ils faillirent plusieurs fois perdre l’équilibre. Déstabilisée par sa cheville douloureuse, Dana ne se laissant pas faire par les remous et ils rejoignirent l’autre bord relativement vite.

Ils s’échouèrent sur le sol, à bout de force et de souffle. Leurs poitrines se soulevaient avec leurs longues inspirations et leurs poumons les faisaient souffrir en réclamant toujours plus d’air.

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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:13

La tête de Dana reposait sur le bras de son ami et tous deux faisaient face au ciel toujours aussi bleu depuis le lever du soleil. Peu à peu leurs respirations saccadées se calmaient pour retrouver un rythme plus ou moins normal.

« Tu vas réussir à rejoindre la route ? » S’inquiéta William en roulant sur le côté et dégageant le visage de la jeune femme, encore recouvert de ses cheveux humides.

« Oui, je terminerai à quatre pattes s’il le faut ! » Le nargua-t-elle en retrouvant son sourire rayonnant l’espace d’un instant.

« Viens. » L’invita-t-il en lui tendant sa main pour se lever.

De l’autre coté de la rivière, l’intrus les observait sans un bruit, prêt à les rattraper en un éclair. Mais ils ne lui portèrent pas plus d’attention, préférant se concentrer sur leur fuite et priant pour qu’un véhicule les croise rapidement. Malheureusement, Dana savait que la chance de croiser une voiture dans cette région était bien mince. C’était la raison pour laquelle elle ne comprenait toujours pas son accident : cela avait déjà plus de deux heures qu’elle n’avait croisé personne. Elle soupira, il avait fallu qu’elle croise LE véhicule qu’il ne fallait pas croiser.

D’autant plus que sa cheville ne lui permettrait pas de résister bien longtemps. Elle n’en avait touché mot à William mais celle-ci lui provoquait des lancements dans toute la jambe à chaque fois qu’elle posait le pied au sol.

***


Pas un chat… C’est route était plus déserte que le coin le plus retiré du Sahara. Une demi-heure qu’ils avançaient en surveillant leurs arrières sans jamais apercevoir une seule satanée voiture.

Il avait bien remarqué que Dana souffrait énormément, mais il n’osait pas lui demander de se reposer. D’une part, elle aurait refusé et d’un autre côté, ils ne savaient pas où était cet individu suspect. Cet homme qu’il avait vu changer de visage dans ses rêves n’avait pas refait surface depuis l’épisode de la rivière. Il était préoccupé par tous ces détails, où pouvait-il bien être ? Emergerait-il d’un taillis juste au moment où ils ne s’y attendraient pas ?

C’était plus fort que lui, il craignait pour leur vie à tous les deux car ses flashs se faisaient de plus en plus violents et il n’en comprenait pas encore le sens. Evidemment, il avait saisi que dans son passé, il avait dû s’intéresser à un milieu peu recommandable comme la mafia ou un quelconque trafic ou encore une secte et que désormais, ils voulaient le faire taire.

« Tu crois qu’on l’a semé ? » Se risqua Dana en le voyant plongé dans ses pensées.

« Non, je ne pense pas, il doit nous guetter… Analyser nos faiblesses pour attaquer au moment le plus opportun. » Lui expliqua-t-il en resserrant son étreinte autour de sa taille, sentant qu’elle fléchissait. « Viens-là. » Fit-il en la prenant dans es bras, l’un sous les genoux, l’autre sous les aisselles, comme il l’avait fait pour l’éloigner de sa voiture en flammes.

« William ! Pose-moi s’il te plaît ! Je peux très bien marcher toute seul ! » S’exclama-t-elle en essayant de redescendre toute seule.

« Pas question, tu sais mieux que moi qu’il ne faut pas t’appuyer sur sa cheville. Alors ne discute pas ! » Lui commanda-t-il gentiment, la sentant bientôt abandonner le combat.

Elle entoura son cou de ses bras en tentant de se faire la plus légère possible et observant la route dans son dos. Elle s’arrêta de respirer quand elle reconnut la silhouette de l’homme qui les suivait de nouveau.

« Il est là ! Derrière ! » Cria-t-elle soudainement, effrayée qu’il puisse les rattraper.

« Il va beaucoup plus vite que n… UNE VOITURE ! » Hurla-t-il presque, soulagé par cette vision salvatrice.

Le véhicule, qui arrivait plutôt rapidement, s’immobilisa à leur hauteur. Il s’agissait d’une Ford sombre et assez puissante. La vitre s’abaissa rapidement et un homme les regarda avec surprise.

« Agent Mulder ! Docteur Scully ?! »

William resta muet, a priori cet homme les connaissait tous les deux. Ils trouvaient une voiture au beau milieu de nulle part et il se trouvait que cet étranger semblait les reconnaître. Il nageait en plein rêve.

« Agent Doggett ?! » S’exclama Dana en retour.

« John ! Vite, il est là-bas ! »

La personne qui l’avait prévenu était une femme aux cheveux et aux yeux foncés, occupant le siège passager.

« Montez vite ! » Lança Doggett en indiquant la portière arrière.

Après un bref coup d’œil vers Dana pour s’assurer qu’il pouvait leur faire confiance, il s’exécuta sans la lâcher une seule seconde.

« Mon Dieu Mulder c’est bien vous ? Nous ne rêvons pas ? » S’interrogea ce “Doggett” en le dévisageant dans le rétroviseur.

« Nous ne pensions plus vous retrouver vivant. » Déclara la jeune femme brune.

« Je crois qu’une explication s’impose… L’agent Mulder… Incroyable. » Murmura Scully, installée aux côtés de William qui ne quittait plus sa main, tremblant légèrement.

« Je crois aussi… » Acquiesça le conducteur sans dévier son regard des deux nouveaux passagers, sauf l’espace d’une seconde afin d’effectuer un brusque demi-tour et abandonnant l’intrus sur le bord de la route.

***


« Je travaillais aux Affaires Non Classées ? Un agent du FBI… » Répéta Mulder en soufflant doucement sur son café pour le refroidir.

A ses côtés, sur la banquette d’un vieux bar perdu à l’entrée de Washington, Dana réchauffait ses mains autour d’un mug brulant.

« Oui, et parfois, Scully nous donne des coups de main, pour élucider nos affaires. Vous ne vous étiez jamais croisés auparavant ? » Questionna la jeune femme brune qui s’était présentée sous le nom de Monica Reyes.

« Je le connais de réputation mais avouez que les photos n’ont aucun rapport avec la réalité. » Répondit Dana avec certitude, croisant le regard rassurant de William, qui s’avérait être Fox Mulder, “Spooky” comme le surnommaient ses détracteurs.

« Nous avons été engagés pour vous rechercher, il y a quatre mois. Votre ancien supérieur, Walter Skinner, était avec vous le jour de votre disparition. » Leur expliqua Doggett avant de boire une gorgée de café.

« Comment ça s’est passé ? » Demanda “Mulder” en s’adossant à la banquette inconfortable.

« Et bien… Vous devriez plutôt en parler avec Skinner directement je pense. Il sera plus à même de vous… Donner des détails. » Lui confia l’agent aux yeux clairs avant de se lever. « Nous devrions reprendre notre route, vous avez besoin de repos. Nous éclairciront tout ça demain. Plus rien ne presse maintenant que vous êtes là tous les deux, sains et saufs. »

« Justement, pourriez-vous nous déposer à un hôpital en chemin ? » Questionna Mulder en désignant Dana qui l’observait avec interrogation. « Il faut que quelqu’un voie ta cheville. » Affirma-t-il avec un soupçon d’inquiétude.

« Ma cheville va très bien, un peu de pommade, un bandage et dans deux jours on n’y verra plus rien. » Protesta Dana en se levant, ne posant néanmoins pas son pied à terre.

« Hum… Ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés Dana. » Lui fit remarquer Mulder en souriant faiblement.

La jeune femme soupira en signe d’assentiment. Sans hésitation, il passa son bras autour de sa taille pour l’aider à sortir et à remonter dans la voiture. Ils prirent place à l’arrière et Doggett céda le volant à Monica qui les conduisit l’hôpital Pitié.

« Et comment nous avez-vous retrouvés au beau milieu de nulle part ? » S’étonna Mulder une fois encore.

« Demain, Agent Mulder, nous vous expliquerons tout demain. »

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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:16

Mulder ouvrit la porte à Dana qui sortit difficilement, la cheville immobilisée dans un bandage protecteur. Le médecin lui préconisait deux jours de repos avec interdiction de s’appuyer sur le pied, son entorse étant sérieuse.

« Je vais nous appeler un taxi. » Proposa-t-il en approchant du bord de la route.

Dana l’observa avec sympathie, il était préoccupé pour elle et ça lui faisait plaisir. Non pas qu’elle soit ravie de son inquiétude mais il était rare que quelqu’un d’autre que sa mère soit si attentionné avec elle.

Il l’aida à s’installer dans le véhicule et elle donna l’adresse de sa maison, à Georgetown. Mulder restait silencieux, il se demandait ce qu’il allait pouvoir faire désormais. L’Agent Doggett lui avait appris que son appartement avait été vendu, ce qui signifiait qu’il n’avait plus d’endroit où vivre. Il n’avait même pas de quoi se payer l’hôtel, à moins qu’il ait de l’argent à la banque ? Il haussa les épaules, possible, il faudrait qu’il essaie. Un coup d’œil sur l’heure qu’affichait l’autoradio du conducteur : il était déjà 17h49, jamais il n’arriverait avant la fermeture. Il haussa les sourcils, où avait-il la tête ? Les banques n’ouvraient pas le dimanche… Soupirant, il contemplait les bâtiments qui disparaissaient peu à peu, laissant défiler de confortables maisons aux clôtures blanches et aux jardins fleuris. Il avait également appris qu’il n’avait plus aucune famille. Un douloureux, bien qu’il s’en doutait, au fond de lui il le savait déjà.

« William ? Ca va ? » La voix de Dana le rappela à la dure réalité.

« Oui. Et… C’est Mulder maintenant. » Rectifia-t-il d’un ton las.

« Excuse-moi… Ca va être difficile de devoir s’habituer à ce nom. » Se livra Dana, accoudée à la portière et les yeux vagabondant sur le paysage extérieur.

« Ca fera 15$ m’sieur dame. » Annonça le chauffeur en se garant.

Dana lui tendit les billets que l’Agent lui avait donnés précédemment pour rentrer chez elle. Rapidement, Mulder fit le tour du véhicule pour lui offrir une énième fois sa main et ils arrivèrent dans l’appartement de la jeune femme en un clin d’œil.

« Euh… Dana… Ca me gène de te demander ça mais… Est-ce que tu pourrais me prêter un peu d’argent pour payer l’hôtel ce soir ? Demain, dès que les banques seront ouvertes, j’irai en retirer pour te rembourser. » Lui promit-il, n’osant entrer dans le salon de son amie.

« Mulder, ne dis pas de bêtise. Tu peux dormir ici, mon canapé est très confortable tu sais ! » Lui lança-t-elle en indiquant le large sofa.

« Merci mais… Tu en as déjà fait suffisamment pour moi, je ne veux plus m’imposer… » Refusa-t-il, toujours immobile.

« Ce n’est pas toi qui t’impose mais moi qui t’oblige à accepter cette offre. Aller viens, je meurs de faim ! » S’exclama-t-elle en tirant sur sa main et refermant la porte derrière lui.

***


« Une bonne pizza, rien de tel pour vous remplir l’estomac ! » Annonça Mulder en essuyant le coin de sa bouche.

« Hum… » Acquiesça Dana qui terminait sa dernière bouchée.

« C’est étrange de savoir qu’on travaille à quelques bâtiments d’écart. » Lui confia-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.

« Ce que je n’arrive pas à croire c’est qu’on ne se soit jamais croisés. Je veux dire, ta réputation n’est plus à faire au FBI, et je n’ai jamais eu l’honneur de te rencontrer. » Lui expliqua-t-elle en refermant le carton vide.

« Ma réputation ? » La reprit-il avec curiosité, il voulait tellement en savoir plus sur lui.

« Oui, le chasseur d’extraterrestres… Un farfelu perdu dans son monde irréel… “Spooky Mulder”. » Lui apprit-elle avec un demi sourire. « Je n’ai jamais aimé ce surnom si tu veux tout savoir. Après de hautes études à Oxford et une licence de psychologie, je trouve ça triste que les gens aient si peu de respect pour ton travail, même s’il sort de l’ordinaire. » Ajouta-t-elle, semblant en connaître long sur le sujet.

« Oh… Tant que ça ? Pour l’instant, je n’en ai pas le moindre souvenir… Mais, lorsqu’on a parlé des affaires non classées, tu n’as pas pensé que je pouvais être “l’Agent Mulder” ? » Questionna-t-il, particulièrement intrigué.

« Si… Bien sûr... Mais d’après les photos que j’avais vues de toi et puis… Tu t’étais réveillé au beau milieu d’un champ, sans vêtements et tu as des cicatrices sur tout le corps… Tu es méconnaissable Mulder. » Souligna-t-elle en baissant la tête, mal à l’aise.

« Je suis désolé… J’ai tellement envie de tout savoir sur moi. » Murmura-t-il en relevant son visage d’un doigt sous son menton.

Dana se redressa, leurs couverts en mains pour les apporter à la cuisine mais Mulder les lui prit des mains et le fit à sa place. Du salon, elle le regarda faire puis rejoignit sa chambre en titubant. Elle ouvrit son placard et en sortit un bas de jogging et un tee-shirt d’homme. Au passage, elle attrapa également une couverture et retourna dans la salle de séjour où Mulder l’attendait en zappant sur plusieurs chaînes d’affilées.

« Tu as encore la force de regarder la télé après cette journée ? » Le questionna-t-elle en lui lançant les affaires à la figure.

Il observa les vêtements masculins avec un air mi-intrigué, mi-craintif. A qui pouvaient-ils bien appartenir auparavant ? Où avait-elle quelqu’un dans sa vie ? Mais pourquoi ne le lui avait-elle pas dit plus tôt ? Il haussa les épaules, après tout, ça ne le regardait aucunement.

« Ce son les affaires que mon frère a laissées chez moi la dernière fois qu’il est venu. La carrure n’est pas la même mais c’est mieux que rien. Demain, on ira à l’endroit où tes affaires sont stockées. » Annonça-t-elle en faisant demi-tour pour lui indiquer la salle de bain avant de s’enfermer dans sa propre chambre.

Il lâcha un soupir de soulagement : son frère. Un sourire se dessina sur ses lèvres, contrairement à ce qui aurait été normal, la savoir célibataire lui réchauffait le cœur. Néanmoins il secoua rapidement la tête, quel égoïste faisait-il ?

Prenant les affaires il alla dans la salle de bain, prit une douche, s’habilla et se glissa sous la couverture. Dana avait raison, son sofa était plus qu’agréable. Sans s’y attendre, une vision s’offrit à lui et il comprit qu’il dormait également dans son canapé lorsqu’il était chez lui. Pour quelle raison ? Il n’aurait su y répondre, à part celle d’être toujours prêt à partir ou à répondre à une hypothétique agression.
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:20

« Dana ? Tu dors ? » Se risqua-t-il en passant sa tête dans l’entrebâillement de la porte.

« Hmm… Mulder ? » Marmonna-t-elle en guise de réponse.

« Je… Non, excuse-moi, dors. » Répliqua-t-il en faisant mine de refermer la porte.

« Non ! Mulder, viens… » Le retint-elle, s’asseyant dans son lit et lui faisant signe d’approcher lorsqu’il réapparut. « Viens, tu as fait un autre cauchemar ? » S’inquiéta-t-elle en apercevant son visage tendu à la lueur de la lune.

Elle tapota le rebord de son lit et il s’assit à côté d’elle, les mains sur les genoux et la tête basse. Sans attendre, elle entrelaça ses doigts aux siens, ce geste les rassurant tous les deux, les soulageant d’un poids pesant sur leurs épaules. Le simple contact de leur peau était curatif et apaisait les tensions environnantes.

« J’ai vu… Ma sœur… Elle s’appelait Samantha. On était tous les deux dans le salon, je devais jouer les baby-sitters. Et tout à coup il y a eu une lumière vive et… Ses cris… Dana ses cris étaient si déchirants… Elle m’appelait au secours mais je restas paralysé de peur et la laissait s’envoler loin de moi… Je ne la sauvais pas… Je l’abandonnais… » Sanglota-t-il doucement, voulant dissimuler sa souffrance à Dana, en vain.

Il sentit bientôt sa main se soulever et Dana l’attira vers elle, le forçant à lui faire face. Elle l’entoura de ses bras et il fondit de nouveau en larmes contre elle, la serrant comme si elle était la seule chose qui le maintenait à la vie.

« Ils l’enlevaient… Elle était si jeune… » Murmura-t-il encore, sans parvenir à croire à sa lâcheté. « Je n’ai rien fait pour les en empêcher… »

« Tu étais un petit garçon Mulder, tu n’aurais rien pu faire. » Assura-t-elle en lui caressant le dos et la nuque.

Bientôt elle déposa un baiser sur sa tempe, elle avait si mal pour lui. Il souffrait et elle ne savait que faire d’autre pour l’aider que de le tenir dans ses bras. Elle avait l’impression qu’il en avait besoin… peut-être autant qu’elle avait besoin de le sentir contre elle.

Avec un naturel qui les surprit tous les deux, ils se faufilèrent sous les draps et Mulder s’installa dans le dos de Dana, un bras enserrant sa taille. Elle s’empara de sa main pour y déposer un baiser et la garda près de son visage, sur l’oreiller. Mulder, quant à lui, embrassa sa joue et ils fermèrent tous les deux les yeux, gagnés subitement par le sommeil. Jamais ils ne s’étaient sentis si complets.

***


« Dana… » Chuchota Mulder en lui caressant la joue.

Elle ouvrit fébrilement les paupières, dissimulant un bâillement derrière sa bouche. Il prit place à ses côtés et lui présenta un plateau qui sentait particulièrement bon. Se redressant, elle y découvrit du café et des croissants alors elle tourna la tête vers Mulder avec surprise.

« Je me suis permis d’emprunter la monnaie du taxi pour faire un tour à la boulangerie. » Se justifia-t-il en comprenant son étonnement.

« Merci, j’en rêvais. » Répondit-elle avant de dévorer l’un des croissants.

« Wow, doucement, tu vas t’étouffer ! » Se moqua-t-il en la voyant faire.

« Désolée, je meurs de faim. »

« L’Agent Doggett a appelé, j’ai décroché parce que tu dormais… Je… »
Hésita-t-il quelque peu, craignant envahir l’intimité de Dana.

« Ne t’inquiète pas, tu as bien fait. Qu’est-ce qu’il a dit ? » Le rassura-t-elle en terminant son café.

« Qu’il nous attendait avec L’Adjoint Skinner dans son bureau à 10H. » L’informa Mulder en dégustant le dernier croissant.

« Alors on devrait profiter du temps qu’il nous reste pour passer chercher tes affaires. » Proposa-t-elle en jetant un coup d’œil à son réveil.

« Oui, L’Agent Doggett a parlé de trois copains à moi qui travaillent pour un journal… Tu te souviens du nom ? »

« Les Bandits Solitaires. »
Termina-t-elle à sa place.

« Voilà… Tu les connais ? »

« Non, ça ne me dit rien du tout. Mais il t’a donné leur adresse non ? »

« Oui, ils nous conduiront au débarras. Tu te rends compte, ils ont gardé mes affaires alors que tout le monde me croyait mort. Ca doit vraiment être des amis très proches. »

« J’en suis sûre. »
Acquiesça-t-elle avant de se lever pour rejoindre la salle de bain. « Merci pour le petit déjeuner. J’en ai pour une demi-heure. » Annonça-t-elle en disparaissant derrière la porte.
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:23

« Performant le système de sécurité. » Jugea Mulder en entendant la demi douzaine de serrures claquer les unes après les autres.

« Mulder qu’est-ce que je suis content de te revoir ! » S’exclama un homme dont la taille ne dépassait pas celle de Dana.

Il le prit dans ses bras et resta immobile un bon moment avant que Mulder ne s’impatiente.

« Euh… Oui… Moi aussi je présume… » Balbutia-t-il, mal à l’aise.

« Oh… Oui, Doggett nous a passé un coup de fil pour nous annoncer votre arrivée. Moi c’est Melvin Frohick, voici John Byers et Richard Langley. » Expliqua l’homme en désignant ses comparses.

« Salut les gars ! » Lança Mulder en levant la main en signe de salut.

Il s’écarta ensuite pour laisser apparaître Dana qui se faisait discrète dans son dos. Elle ne savait pas trop quoi dire où faire dans cet endroit qu’elle ne connaissait pas et avec tous ces étrangers autours d’elle, elle ne sentait pas à sa place, tel un intrus.

« Oh, vous devez être le Docteur Dana Scully ? » Questionna Byers en s’approchant. « Enchanté de faire votre connaissance. » Dit-il en s’approchant un peu plus.

« Elle est canon… » Affirma Frohick en restant dans son coin, recevant un agréable regard réprobateur de la part de Mulder.

« Bien, L’Agent Doggett m’a dit que vous aviez gardé une bonne partie de mes affaires. » Leur expliqua Mulder pour entrer dans le vif du sujet.

« Oui… Tiens… » Répondit Langley en lui tendant des clés. « C’est dans l’espace de stockage de Clearview, à côté de Bethesda. » Expliqua-t-il sans le quitter des yeux, n’y croyant toujours pas.

« Merci les gars, j’apprécie ce geste. » Leur confia Mulder en jouant avec le petit porte clé en forme d’alien.

« Tu n’as vraiment aucun souvenir de ton passé ? » S’étonna Byers en croisant les bras.

« Pas grand-chose pour l’instant, seulement quelques bribes qui me reviennent de temps en temps. Je me souviens juste m’être réveillé dans un champ. » Les renseigna-t-il, toujours aussi perplexe.

« T’inquiète pas Mulder, on découvrira ce qui t’es arrivé. Après tout, c’est grâce à nous que Doggett et Reyes t’ont retrouvé ! » Se vanta Frohick en bombant imperceptiblement le torse.

« Vous ? » Questionna Mulder, dubitatif.

« Oui, on a détecté une forte activité dans la zone grâce à nos capteurs et à… disons… l’emprunt d’un satellite gouvernemental… » Continua Langley en désignant leurs ordinateurs connectés à des dizaines d’appareils électroniques parfaitement indescriptibles.

« Une forte activité ? » S’étonna Dana, ne comprenant pas à quoi il faisait allusion.

« Oui, euh… Pour faire simple… Lorsqu’un vaisseau extraterrestre s’approche de la Terre, il développe une sorte de voile protecteur autour de lui. C’est un champ magnétique d’une fréquence presqu’indétectable, même du matériel ultra-performant. Mais quand ons ait ce qu’on cherche… » Il fut interrompu par la jeune femme.

« Un vaisseau extraterrestre ? »

« Oui… Euh… »
Se mêla Mulder, sentant que la discussion se compliquait. « Je suis désolé mais on a rendez-vous avec l’Adjoint Skinner. » S’excusa-t-il pour Dana et lui, sa main appuyant doucement sur le bas de son dos pour la forcer à avancer.

« Mulder ? » Protesta-t-elle légèrement mais se laissant faire finalement.

« A bientôt. » Salua Mulder avant de sortir de cette pièce sombre et exigüe.

« Je l’espère, prenez soin de vous ! » Leur conseilla Byers.

« Vraiment canon… » Insista Frohick alors que la porte n’était pas totalement fermée, permettant à Mulder d’entendre une fois encore cette remarque déplacée.

Il n’avait aucune idée des circonstances dans lesquelles il était devenu ami avec ces individus mais il n’était plus sûr de vouloir réellement s’en souvenir désormais. Ils étaient encore plus étranges que tout ce qu’il aurait pu s’imaginer : paranoïaques, dérangés et… grossiers. Il assumait le fait de correspondre aux deux premiers qualificatifs mais refusait de se conformer au dernier. Pour s’en convaincre, il ouvrit la portière pour Dana : être gentleman, il appréciait le fait d’être doté de cette qualité. Il espérait tout de même intérieurement que Dana n’était pas ce genre de femme qui se sentait rabaissée ou méprisée par ce genre de comportement. Mais elle ne semblait pas s’en plaindre à en juger par les sourires qu’elle esquissait à chacun de ses gestes courtois.

***


« C’est une sensation bizarre que de se déguiser en agent du FBI. » Lança Mulder en sortant de la voiture pour rejoindre l’accueil du J. Edgar Hoover.

« A mon avis, ce sont les regards surpris qui vont se poser sur toi qui te rendront réellement mal à l’aise. » Le corrigea Scully en présentant son badge à l’entrée. « Nous avons rendez-vous avec l’Adjoint Directeur Skinner. » Annonça-t-elle à l’agent qui vérifiait son identité.

« Très bien, allez-y. » Les autorisa-t-il en s’écartant de leur chemin.

« Cet endroit me semble familier. » Murmura Mulder en observant les couloirs avec curiosité.

« Tant mieux, je suis sûre qu’après cet entretien, tu auras une meilleure idée de ton ancienne vie. » Le rassura-t-elle en caressant gentiment son avant-bras pour lui montrer son soutien.

« Mulder ! » S’exclama un homme au crâne dégarni lorsqu’ils entrèrent dans la pièce où ils étaient attendus.

« Adjoint Skinner ? » Se risqua Mulder en serrant la main de l’homme plutôt baraqué.

« Docteur Scully je présume ? » Questionna Skinner en saluant Dana. « Nous nous connaissons je crois ? »
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:25

« Adjoint Skinner ? » Se risqua Mulder en serrant la main de l’homme plutôt baraqué.

« Docteur Scully je présume ? » Questionna Skinner en saluant Dana. « Nous nous connaissons je crois ? »

« Oui, j’ai parfois travaillé avec les Agents Doggett et Reyes depuis leur arrivée. » Le renseigna-t-elle en prenant place face au bureau, et aux côtés de Mulder.

« Est-ce que tout va bien Agent Mulder ? Vous vous souvenez de l’endroit où vous étiez ? » L’interrogea Skinner en ôtant ensuite ses petites lunettes arrondies pour les nettoyer.

« Non, pas vraiment. Je sais que j’ai subi des expériences, des machines et des hommes m’entouraient mais je ne sais pas ce qu’ils me faisaient. Ni pourquoi. » Décrit Mulder, légèrement agacé de ne pas pouvoir se rappeler plus de détails.

« Monsieur, connaissez-vous les circonstances dans lesquelles l’Agent Mulder a disparu ? » Demanda Dana, sachant que cette enquête ne la regardait pas mais elle voulait en savoir plus.

« Je vous avais accompagné en Oregon, à Belle Fleur. Vous aviez détecté des traces d’activité extraterrestre et vous étiez persuadé que certaines personnes déjà enlevées… le seraient de nouveau… » S’expliqua Skinner, mal à l’aise à l’idée de discuter de ce genre de chose dans son bureau et en présence d’une scientifique qu’ils connaissaient à peine.

« Je pense que je devrais vous laisser, je ne vous suis d’aucune aide… Je vous faxerai mon rapport sur… la façon dont l’Agent Mulder est réapparu. » S’excusa Dana en se levant pour partir.

La réaction de Skinner fut plus rapide que celle de Mulder et il barra la route à la jeune femme en se plaçant entre elle et la porte.

« S’il vous plaît, ne faites aucune allusion à cette discussion avec une autre personne que nous deux Docteur Scully. » La pria-t-il en se voulant à la fois amical et clair comme de l’eau de roche.

Au premier abord, Dana crut avoir affaire à une menace mais elle comprit le sens de sa requête lorsque leurs yeux entrèrent en contact.

« De toute façon je ne suis pas sûre que l’on me prenne au sérieux. » Remarqua Dana alors que Skinner s’éloignait pour libérer la poignée de la porte. « Et puis… Vous pouvez me faire confiance, je n’ai jamais eue la langue très pendue. Si vous avez besoin de moi, je suis à la morgue. » Les informa-t-elle en quittant définitivement la pièce.

Une fois qu’ils furent seuls, Skinner se tourna vers Mulder et se précipita à ses côtés en le voyant courbé sur sa chaise.

« Mulder ? Est-ce que ça va ? » S’inquiéta-t-il en le voyant se tordre de douleur, les mains plaquées sur les tempes.

« Oui… Je… Ce sont mes souvenirs, ils me reviennent par dizaines et… C’est juste que de les recevoir tous en même temps me fatigue beaucoup. J’essaie de me concentrer pour les visualiser mais tout est trop brouillon. » Lui expliqua Mulder en se redressant quelque peu pour se donner plus de contenance.

« Vous voulez un verre d’eau ? » Proposa Skinner en retrouvant la place, derrière son bureau.

« Non… Je veux Dana… » Marmonna-t-il, presque inaudible.

« Pardon ? » Questionna Skinner qui n’avait pas compris ses propos.

« Je voudrais reprendre mes fonctions. » Exigea Mulder en se mettant debout, ses forces retrouvées.

« Il vous faudra d’abord repasser vos tests d’aptitude psychologique et physique. Et les tests de tir. » Le prévint Skinner, arborant un air compatissant.

« Tout ce que vous voulez. Je dois y aller. » Acquiesça Mulder en s’éclipsant bien rapidement.

Skinner l’observa partir, passant une main sur son visage fatigué. Il était très content de pouvoir de nouveau son meilleur Agent parmi les siens mais son état mental l’inquiétait. Il espérait que ce petit voyage – qu’il présumait intergalactique – ne lui avait pas retourné l’esprit. Il sourit intérieurement, réalisant que Mulder était déjà bien atteint avant sa disparition.

***


« Non, je suis désolé, vous n’avez pas les autorisations requises. Cette zone est réservée au personnel qui… »

« S’il vous plaît, allez au moins avertir le Docteur Dana Scully de ma présence ! » S’exclama la voix que Dana avait reconnue.

Les deux mains plaquées sur la table d’autopsie où reposait encore un corps, Dana soupira longuement. La victime qu’elle était sensée étudier était une femme blonde, dont les causes de la mort n’avaient pas été expliquées. Elle avait déjà deux autopsies de retard pour la matinée et il venait l’empêcher de réaliser son travail à temps.

Soufflant une nouvelle fois, elle ôta les gants de latex qui lui avaient été inutiles et les fit tomber négligemment dans la poubelle. Depuis cet entretien avec l’Adjoint Skinner, elle ne savait plus où elle en était. Ces deux-là lui avaient parlé de vaisseaux extraterrestres avec un naturel déconcertant. Comment deux êtres qui semblaient pourtant avoir toute leur tête pouvaient raconter une histoire aussi incroyable et surprenante ?

« Le Docteur Scully est occupée pour le moment. » Affirma l’assistant qui retenait Mulder derrière la porte de la morgue.

« Ca va aller Jack, est-ce que vous pouvez commencer avec le corps ? Je vous rejoins très vite. » Promit Dana en empoignant le bras de Mulder pour l’emmener à l’écart.

D’un geste, elle se débarrassa du masque qui lui pendait encore autour du cou et plongea son regard dans celui de Mulder.

« Dana, il faut qu’on parle de tout ça, je dois t’expliquer certaines choses… » Commença Mulder en se penchant quelque peu pour rendre leur conversation plus discrète.

« Tu as raison, j’ai certaines questions à te poser… Mais pas maintenant Mulder, ce n’est pas du tout le bon moment. » L’informa-t-elle en désignant la salle d’autopsie.

« Très bien, mais on devra avoir cette discussion Dana, promets-le moi. » Lui demanda-t-il en tenant ses épaules, l’obligeant à lui faire face.

« Tu as raison, j’ai certaines questions à te poser… Mais pas maintenant Mulder, ce n’est pas du tout le bon moment. » L’informa-t-elle en désignant la salle d’autopsie.

« Très bien, mais on devra avoir cette discussion Dana, promets-le moi. » Lui demanda-t-il en tenant ses épaules, l’obligeant à lui faire face.

« Descends dans ton ancien bureau, relis tes anciennes affaires et je te rejoins quand j’en ai fini avec cette victime. Ca te va ? » Répliqua-t-elle en feignant l’exaspération.

« Parfait. Merci. » Fit-il simplement en la voyant rejoindre cette pièce stérile et aseptisée.

Il ne savait pas pourquoi mais il était persuadé qu’elle devait être l’une des plus compétentes dans sa discipline. Intelligente, méticuleuse et à coup sûr travailleuse, Dana regroupait toutes les qualités qui faisaient d’elle un très bon médecin.

Sans s’en rendre compte, ses souvenirs inondaient son esprit d’informations et il recouvrait la mémoire à une vitesse fulgurante. Une rapidité qui l’empêchait de faire le tri dans ses flashs, ses visions, ainsi que tous les sons qui assaillaient ses tympans. Toute sa vie se reconstituait progressivement, il avait désespérément besoin d’en parler. Au fond de lui, il savait que Dana était la seule à personne à qui il pouvait se confier sans crainte. Car bien que l’Adjoint Skinner lui ai paru connaître son passé et partagé son expérience, il ne se sentait pas assez proche de lui pour exprimer ses sentiments présents.

***


Devant la porte du bureau des X-Files, Dana inspira profondément, s’apprêtant à avoir une discussion de laquelle elle ne sortirait pas indemne. Depuis sa rencontre avec Mulder, et surtout leur retour à Washington, les choses s’étaient particulièrement compliquées.

« Docteur Scully, nous vous attendions. » L’accueillit la voix de l’Agent Doggett, une fois qu’elle eut frappé et tournée la poignée.

« Installez-vous. Comment va votre cheville ? » S’inquiéta l’Agent Reyes en la voyant marcher doucement.

« Ca va, merci. Je vous ai interrompus ? » Demanda-t-elle en prenant place dans l’unique chaise libre.

« Nous expliquions à l’Agent Mulder les recherches que nous avons menées pour le retrouver. Au cours de nos différentes enquêtes, nous avons réunis plusieurs éléments troublants. » Commença Monica en leur tendant à chacun un dossier.

« En résumé, bien que cela va vous paraître incroyable Docteur Scully, nous avons pu mettre à jour l’existence de… » Doggett hésita à prononcer le mot exact, n’y croyant pas lui-même.

« Super-Soldats. » Termina Monica à sa place.

« Super-Soldats ? » Répéta Dana, perplexe.

« Avant sa disparition, l’Agent Mulder avait déjà des soupçons concernant des êtres… Venus d’ailleurs. » Précisa-t-elle, ne sachant pas comment amener le sujet pour faciliter l’assimilation à Dana.

« Oui, une sorte de race extraterrestre, des rebelles capables de se métamorphoser en n’importe quel être humain. »
Expliqua Mulder pour montrer qu’il se souvenait lui-même parfaitement des affaires qu’il étudiait encore avant de disparaître.

Dana, pour éviter de croiser les regards de ses collègues, feuilletait le dossier avec intérêt, se demandant si elle devait rire ou s’inquiéter pour leur santé mentale.

« Pendant votre disparition Agent Mulder, nous avons découvert une nouvelle race extraterrestre, les super-soldats. Il s’agit d’humains qui ont été enlevés plusieurs fois et nous reviennent avec un génome différent… Ils sont… » Monica marqua une pause, à la fois troublée par le regard passionné de Mulder et mal à l’aise face à la réaction de Dana. « Immortels. »

Les souffles s’arrêtèrent net dans la petite pièce sombre, permettant à Mulder de se lever pour s’asseoir sur l’angle du bureau, faisant directement face à Monica.

« Cet homme qui nous poursuivait, c’était Billy Miles, n’est-ce pas ? » Questionna-t-il avec un naturel et un sérieux déconcertant.

« Ou… Oui. Comment le savez-vous ? »

« Je vous l’ai dit, mes souvenirs me sont presque entièrement revenus, j’ai donc fait quelques déductions durant votre explication. »
Se justifia Mulder, observant désormais Dana et comprenant qu’elle était de plus en plus mal à l’aise.

« Je n’aurai qu’une seule question, avez-vous la moindre preuve de ce que vous avancez ? » Demanda Dana en refermant le rapport pour le poser sur le bureau.

Elle croisa ensuite les bras sur sa poitrine, et patienta un instant, que l’un d’entre eux veuille bien se lancer. Tous étaient indécis, Mulder n’avait pas la moindre idée de ce que John et Monica avaient trouvé pendant son absence. Lui-même n’avait pas d’éléments concrets, mais eux, peut-être avaient-ils eu plus de chance que lui ? Peut-être que les hommes du Consortium avaient été plus laxistes durant son enlèvement, ne se doutant pas que d’autres personnes se mettraient en quête de la Vérité ?

« Docteur Scully, durant les fois où nous avons collaboré pour nos affaires, vous avez vu des choses que n’importe qui penserait incroyables. Moi-même, je ne suis pas facile à convaincre, mais je peux vous dire que ces dernières semaines, j’ai vu des choses que… Je ne saurais expliquer. » Tenta de la convaincre John, y mettant tout son pouvoir de persuasion.

« Oh Agent Doggett, de la part de l’Agent Reyes, d’accord, mais pas vous ! Les affaires que vous m’avez présentées pouvaient toutes être expliquées par des faits plus ou moins scientifiques. Dans le cas présent, vous me parlez d’hommes immortels ! » S’exclama-t-elle en levant les yeux au ciel. « Et puis, pourquoi ne jamais m’avoir dit que vous recherchiez l’Agent Mulder, pourquoi ne m’avoir jamais parlé de ces découvertes avant aujourd’hui ? » Ajouta-t-elle, arborant désormais un air intrigué.

« Simplement par peur de votre réaction, celle que vous avez aujourd’hui. Nous savions que vous rejetteriez nos hypothèses comme vous le faites en ce moment même. » Répliqua Monica en haussant les épaules avec évidence.

« D’accord, admettons. Admettons que ce que vous me dîtes est probable et vérifié, pourquoi ? Pourquoi des gens modifieraient le génome de ces humains, et surtout, qui aurait intérêt à le faire ? » Interrogea Dana, ne pouvant nier le fait que toute cette affaire l’intéressait de plus en plus.

« Le Consortium. » Déclara simplement Mulder. « Un groupe d’hommes qui a passé un pacte avec certains extraterrestres rebelles afin de survivre à la colonisation de la Terre. Ils offrent des cobayes à leurs expériences et en échange, ils auront la vie sauve et le contrôle de la planète sera partagé. » Détailla-t-il, s’attirant bientôt trois paires d’yeux rond comme des soucoupes volantes.

« Je crois que j’ai eu ma dose d’inepties pour la journée. » Annonça Dana en sortant de la pièce, une main sur le front indiquant la naissance prochaine d’une migraine.

« Dana ! » La retint Mulder en la rejoignant dans le couloir.
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MessageSujet: Re: Et plus si affinité...   Mer 2 Aoû - 1:27

« Je sais que ça te semble parfaitement invraisemblable mais… Tu m’as fait confiance jusque là, pourquoi plus maintenant, alors que j’en ai le plus besoin ? » La supplia-t-il presque, se penchant légèrement en avant pour l’obliger à le regarder dans les yeux.

« Parce que les choses ont pris une tournure qui… Enfin Mulder, c’est une chose de faire confiance à quelqu’un qui vous sauve la vie et de l’inviter à ne pas dormir dehors. Là, tu me demandes de croire à une histoire qui n’a pour moi aucun sens, avec des extraterrestres et une sombre affaire de Consortium. Je suis une femme de science, j’ai besoin de faits plus concrets, palpables, vérifiables… » S’expliqua-t-elle sans détacher son regard du sien afin de lui prouver qu’elle était sûr d’elle et qu’il était inutile d’insister.

Mais c’était sans compter sur la détermination et la profonde envie de croire que Mulder possédait. Il était décidé à lui faire admettre au moins certains faits, au fond de lui, il savait que son devoir était de la convaincre et de la garder auprès de lui. Il avait comprit qu’elle était un atout indispensable pour lui et sa quête, ses instincts le poussaient à croire qu’elle était la clé de sa réussite.

« Je sais que la plupart des faits qui ont été évoqués sont pour toi totalement improbables, mais accorde-leurs au moins le bénéfice du doute. Je te le prouverai, tu assisteras à tout ça et tu ne pourras que croire à ce que tes yeux verront. » Certifia-t-il avant qu’un silence oppressant ne les enveloppe.

« Je travaille pour la morgue Mulder, je ne suis plus Agent de Terrain. » Lui fit-elle remarqué, le sourcil droit arqué.

« Comment ça, tu veux dire que… » Le doute s’empara de lui lorsqu’elle s’écarta imperceptiblement.

« Je suis agent du FBI mais je travaille pour Quantico désormais. J’ai quitté le terrain il y a 3 ans. » Lui avoua-t-elle en baissant la tête.

« Pourquoi ne l’as-tu pas dit plus tôt ? » S’étonna Mulder, à son tour perdu par ces révélations soudaines.

« Je ne sais pas… Je n’en voyais pas l’importance. » Se justifia Dana avec incertitude.

« Pas l’importance ? Dana, rejoins-moi aux Affaires Non Classées, demande un transfert. » L’enjoignit-il avec un aplomb déstabilisant.

« Quoi ? Tu plaisantes j’espère ? » S’estomaqua Dana, la bouche entrouverte en signe de surprise.

« Non, je dois repasser les tests psychologies et de tir demain, passe-les avec moi et rejoins-moi sur le terrain. » Lui proposa-t-il avec une évidence qui fit trembler Dana.

« Je… Non, ma place est à la morgue, entrain de finir des deux autopsies qui m’attendent encore… Je suis désolée. » Se disculpa-t-elle en pressant le bouton de l’ascenseur.

« Je t’en pris Dana, je sais que je n’y arriverai pas seul, pas même avec Doggett et Reyes. C’est de toi, de tes connaissances scientifiques, de ta rationalité, de… De ta confiance dont j’ai besoin. Réfléchis-y au moins ! » Implora Mulder en laissant enfin les portes de la cabine de se refermer sur une Dana décontenancée.

***


Un casque sur les oreilles, son arme bien en main, Mulder se concentra pour tirer au mieux. Coups plus tard, la cible s’avança à lui et un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Son retour sur le terrain serait rapide s’il réussissait aussi bien le test psychologique qu’il venait de l’emporter contre cette silhouette en papier.

Il retira le chargeur, prêt à le remplacer lorsqu’il sentit une main sur son épaule. Se retournant, il se trouva en face de Dana, son visage était plus détendu que la veille et cela le rassura.

« Dana ? » Questionna-t-il en retirant son casque et ses lunettes protectrices.

« Est-ce qu’on pourrait se parler, dans ton bureau ? » Demanda-t-elle en ôtant elle aussi ses protections.

« Oui, bien sûr, je te suis. » Fit-il sans même prendre le temps de ranger son matériel, il avait bien trop hâte d’entendre ce qu’elle avait à lui dire.

***


« Assis-toi. » Fit-il en lui désignant l’un des sièges en face de son bureau.

Elle y prit place, croisant les jambes à la hauteur du genou et replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Il la dévisagea un instant, elle était vêtue d’un tailleur noir et d’un d’une chemise blanche qui retombait élégamment sur sa jupe. Ajouté aux talons, elle était sublime, son regard lui aussi l’était, apaisé et rassurant.

« Je t’écoute. » L’invita-t-il à commencer, s’adossant à la chaise pour reposer son dos encore légèrement ankylosé.

« J’ai… J’ai reçu un coup de téléphone de l’Adjoint Skinner hier soir, après qu’il ait eu une entrevue avec toi. » S’engagea-t-elle avec une hésitation qui lui donna un charme fou.

« Je vois. » Déclara Mulder, espérant de toutes ses forces que sa discussion avec son supérieur aura été fructueuse.

« Il m’a dit que tu lui avais parlé de moi, il a feuilleté mon dossier… Enfin, bref, je ne vais pas y aller par quatre chemins, il m’a demandé de te rejoindre aux Affaires Non Classées car, je cite, “mon bagage scientifique saurait offrir une crédibilité extrêmement nécessaire à ce type de section”. » Lui expliqua-t-elle, osant finalement le fixer directement dans les yeux.

Sans réfléchir, Mulder se leva pour s’accroupir devant Dana, prenant sa main dans la sienne et mélangeant une fois de plus son regard dans le sien. Il priait intérieurement pour que cette femme réalise son plus grand rêve, être la personne sur qui il pourrait compter nuit et jour, être son immuable repère, sa pierre de touche…

« Je n’ai pas pu refuser son offre. » Avoua enfin Dana, au bout de plusieurs longues secondes de silence. « Je crois qu’au fond de moi, c’était l’occasion que j’attendais depuis toujours, la proposition d’un travail qui me passionnerait réellement. Un travail qui corresponde à mes attentes et non pas celles de mon père. » Se confia-t-elle encore, le coin des yeux brillant de plus en plus.

« Merci. » Balbutia Mulder en la prenant dans ses bras. « C’est la première fois qu’on me fait ce cadeau. » Lui annonça-t-il en la serrant encore plus fort contre son torse, sentant les mains de la jeune femme dans son dos et sa nuque.

« Ce cadeau ? » Esquissa Dana en cachant son visage dans la naissance du cou de Mulder.

« Une personne qui m’accepte tel que je suis, une personne en qui je sais que je peux avoir une confiance aveugle. »

« Alors ce présent est réciproque. » Murmura-t-elle en déposant un baiser sur sa peau brûlante, sentant les battements de leur cœur frapper leur poitrine avec une force surnaturelle.

FIN
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