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 [Silence]

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Julia
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MessageSujet: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:32

Auteur: JuScoully
Date: Mai 2006
Résumé: Une petite ville tranquille, un meurtre. Une nouvelle enquête pour Mulder et Scully.

Note: Voilà Jen,un de mes petits cadeaux pour toi. Je ne pourrai jamais assez te remercier, et toutes les richesses du monde ne pourraient remplacer notre amitié. Mais avant que tu commences à lire, je voudrais que tu ailles ici: ScOullys
Voilà bonne lecture, j'espère qu'elle te plaira!




Ses cheveux étaient encore mouillés: les boucles rousses tombaient sus ses épaules dénudées, ce qui la fit frissonner. Fermant son gilet avec des gestes maladroits, elle attendit comme on lui avait demandé. Son regard bleu reflétait peu à peu une peur grandissante. Un courant d’air glacial souleva légèrement sa jupe, découvrant des jambes d’un blanc cadavérique parsemées de bleus plus ou moins important. Depuis combien de temps était elle là? A travers les carreaux brisés, elle vit que la nuit était déjà tombée. Grelottant de plus en plus, elle chercha un endroit où elle pourrait se mettre à l’abris pourquoi ne venait il pas?
Le vent qui pénétrait par les fissures et les lézardes hurlait, déchirant la solitude de la nuit par de longues plaintes. Quel était cet endroit misérable? Ses mains se refermèrent sur le fin collier d’or et elle tenta de calmer sa respiration saccadée: les battements de son cœur résonnaient comme un tambour effréné jouant un rythme incontrôlable. Le bruit caractéristiques de ses pas se firent entendre: soulagée, elle se releva avec rapidité et courut jusqu’à lui. La main de l’homme se souleva et vint s’abattre sur son visage de porcelaine: arrêtée dans sa course, elle tomba.


**************************
Silence
**************************


La Ford de location s’engagea sur la vieille route délabrée et parcourut les derniers mètres avec peine. Les pneus s’enfoncèrent légèrement dans la boue mais réussirent à se dégager avant d’arriver sur le haut plateau qui surplombait Willow Creek. Les talons de la jeune femme s’enfoncèrent à leur tour dans le mélange de boue et de gravier. Dans son fin tailleur elle frissonna des pieds à la tête. Son coéquipier, comme à son habitude, plaça sa main au bas de son dos, l’invitant à avancer. L’aube venait à peine de naître et déjà cet endroit si calme était remplit de monde. Une ambulance, des voitures de police et des badauds avançaient jusqu’à ce qui ressemblait à un immense hangar à l’abandon. Avant d’entrer, Mulder intercepta un secouriste qui passait près d’eux:

- Que s’est il passé ici?
- Autant vous dire que ce n’est pas très beau là dedans.


Il les quitta sans leur donner plus de précision.

- Mulder peux tu me dire pourquoi j’ai du me lever à cinq heures du matin?
- Je n’en sais pas plus que toi. Le bureau m’a appelé et m’a demandé de te prévenir qu’il y avait un problème ici et qu’on avait besoin de nous.
- Allons y alors.


Ils poussèrent la lourde porte d’entrée : malgré le soleil qui perçait doucement les nuages matinaux, l’endroit était très sombre. Quelques projecteurs avaient été installés et quelque part des flashs crépitaient. Descendant des marches, ils se dirigèrent vers le fond. Des nouvelles marches les obligèrent à descendre encore plus bas dans ce qui semblait être le lieu le plus glacial que la terre ait pu porter. Les courants d’air amplifiaient cette impression inquiétante qui se dégageait du hangar. Scully était frigorifiée mais c’était le mauvais pressentiment qui naissait au fond d’elle qui la faisait frissonner. Les flashs apparurent sur leur droite: une longue balustrade en fer offrait une vue plongeante quinze mètres plus bas à ce qui devait être l’ancienne chaîne de montage. L’image apparut devant leur yeux consternés: une douleur déchirante et lancinante transperça la poitrine de la jeune femme et Mulder ne put réprimer une exclamation de dégoût devant cette réalité indéniable. Au bout d’une corde se balançait le corps d’une petite fille. Sa jupe blanche pouvait contraster avec la couleur cadavérique de ses membres. Ses boucles rousses tombaient épars autour de son visage, et ses yeux bleus grands ouverts reflétaient autant de peur que de souffrance. Le vent qui s’engouffrait avec fureur lui donnait un faible mouvement de balancier. Les policiers déjà présents finissaient de prendre les photos de la scène du crime. Ils commencèrent les diverses manipulations pour la détacher, maniant avec le plus de douceur cet être meurtri.

- Où est le médecin légiste? Le FBI nous avait promis de nous l’envoyer avec un autre agent!

Mulder et Scully détachèrent leurs regards de l’enfant, conscients que l’on parlait d’eux.

- Scully? Tu vas y arriver?
- Bien sûr.


Ses mains tremblaient légèrement mais ses yeux ne cillèrent pas: elle était médecin et agent fédéral, elle se devait de se montrer plus forte que les émotions qu’elle ressentait.

- Nous sommes les agents Mulder et Scully, ma collègue est le médecin légiste.
- Merci d’être venus si rapidement…on doit vous avouer que cette histoire nous dépasse tous.


Le corps reposait maintenant sur le brancard que les secouristes avaient amené. Enfilant ses gants, le premier geste de Scully fut de fermer les yeux de la petite fille. Elle ne pouvait supporter ce regard emprunt de souffrance effroyable. Mulder remarqua ce geste furtif , il sut que pour Scully c’était toute une vie qui prenait fin pour la deuxième fois entre ses mains. A voix haute, elle commença à faire son premier constat:

« Le corps est celui d’un enfant, sexe féminin, âgé de cinq ou six ans. Le cou porte des marques de strangulation dû à la corde utilisée lors de la pendaison. Sur le corps, des ecchymoses et des hématomes plus ou moins importants marquent les jambes, les bras et l’abdomen. A première vue, la mort remonte à environ 8 heures. »

Prenant soin de recouvrir le corps de l’unique drap présent, Scully revint auprès de Mulder.

- Scully je te présente le shérif Moore, le chargé local.
- On connaît l’identité de l’enfant?
- Vous savez nous sommes une petite ville…ici tout le monde connaît tout le monde…c’est la petite Carla Cassidy, la fille de John, un journaliste.
- Les parents ont été prévenus?
- Le père arrive…je dois vous dire qu’il est veuf , sa chère épouse est morte quelques mois après la naissance de Carla…vous vous doutez que cela va être horrible de lui annoncer cette nouvelle si accablante.
- Où est elle? Où est Carla?


Tous se retournèrent et virent arriver un homme en courant: son front était perlé de sueur et ses yeux paniqués jetaient des regards inquiets tout autour d’eux. Tout d’un coup il sembla comprendre: la corde qui se balançait au vent, la forme inerte sous le drap.


- Non…non…ce n’est pas possible…dites moi que ce n’est pas vrai…pas elle….pas Carla…
- John on va tout vous expliquer.
- Expliquer? M’expliquer quoi? Quel est le salaud qui a osé touché à mon enfant?


En retrait, Mulder et Scully assistaient impuissants à la peine de ce père seul , sans pouvoir intervenir de quelque manière. John Cassidy ne parvenait pas à se calmer: il versait des flots de larmes répétant sans cesse des paroles dénuées de sens. Le shérif l’emmena à l’extérieur, le soutenant le mieux possible. Alors que Mulder descendait pour inspecter le lieu en s’attachant au moindre détail, Scully restait prostrée près du brancard, ses yeux ne pouvant se détacher du petit bras qui dépassait du drap.

- Scully est ce que ça va?


La voix de son collègue la sortit de ses diverses pensées.

- Excuse moi j’étais…
- Ailleurs?
- Oui. Tu as remarqué quelque chose?
- Non. Comme me l’a dit le shérif, aucune empreinte, rien de suspect, aucun objet , aucune fibre. Il faut espérer que l’autopsie sera plus concluante.
- Dois je comprendre que je dois la faire au plus vite?
- Après avoir vu John Cassidy, je te rejoindrai à la morgue.
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Julia
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:33

******


Il était huit heures passées lorsque Scully pénétra dans l’hôpital de Willow Creek. La morgue, située au sous sol; était la seule de toute la région. Passant au milieu de ces couloirs aseptisés et emprunts d’un malaise inexplicable, elle sentit au fond d’elle que cette autopsie serait sûrement la plus difficile de toute sa carrière. Lorsqu’elle s’occupait d’un corps adulte, c’était une victime parmi tant d’autres, l’acte était horrible mais les sentiments moins présents. Alors qu’un enfant, toute la cruauté du monde s’emparait de son scalpel quand elle s’attaquait à la peau fragile de ces êtres si jeunes.
Après avoir descendu quelques étages, elle se retrouva au sous sol, dans un labyrinthe de couloirs sans fin. Elle avait l’impression de marcher depuis des heures mais elle rejeta ce sentiment étrange sur le compte de la fatigue. Les murs nus ruisselaient d’eau à certains endroits et des dizaines de tuyaux couraient le long de ces parois en béton brut. Les faibles lumières oranges clignotaient et des grésillements se faisaient entendre:le système électrique devait être vétuste et défaillant. Le bruit de ses pas résonnait et lui revenait en écho, ce qui ne la rassurait en aucun point: par simple précaution, elle passa sa main dans son dos: son arme était là, fidèle alliée. Enfin elle déboucha au détour d’un couloir sur une immense salle entièrement visible aux yeux de tous ceux qui passaient: la salle d’autopsie était entièrement vitrée. A l’intérieur, un médecin était en train d’apporter un corps. Poussant la porte, elle pénétra dans la cage de verre.


- Bonjour je suis l’agent spécial Dana Scully.
- Vous êtes le médecin légiste envoyé par le FBI?
- Oui nous avons été appelés ce matin avec mon collègue.
- Une sombre histoire…pauvre Carla.
- Vous la connaissiez?
- Vous savez nous sommes une petite ville….tout le monde connaît tout le monde. En plus j’étais le pédiatre de Carla.
- Le pédiatre? Mais alors que faites vous ici?
- Je suis également le médecin légiste de l’hôpital…nous sommes à peine quatre confrères à exercer à Willow Creek.
- Pourtant ce lieu est immense.
- C’est parce que nous avons installé cet hôpital dans l’ancienne caserne militaire, il y a beaucoup de place mais très peu de personnel.
- Et ce sous sol est impressionnant. Ainsi que cette morgue.
- Aux premiers abords elle peut être gênante mais comme personne ne vient ici, on s’habitue vite à être exposé.
- Il y a un endroit où je peux me changer?
- Oui les vestiaires sont sur votre droite.
- Merci.


Prenant un ensemble bleu, la jeune femme partit abandonner ses habits de civile pour redevenir l’espace d’un instant le Docteur Scully. Le petit corps avait été installé sur la dernière table: le médecin regarda Scully passer avec attention. Chacun de ses gestes, le moindre de ses mouvements étaient orchestrés à la perfection: sur la partition de ce métier si dur, elle était la clé de sol, la pièce maîtresse qui veillait au déroulement exact de chaque enchaînement. Elle faisait abstraction de tout ce qui se passait autour d’elle afin de porter son entière attention à l’examen de la victime. La tâche était horrible tant cet enfant la bouleversait. Cette peau de porcelaine, ces boucles rousses, chaque détail lui faisait mal. Mais pour rendre justice au père dont le cœur semblait déjà réduit en milliers d’éclats de verre, elle commença sa première incision, tenant fermement son scalpel. Le sang se mit à couler sous la peau encore souple: ses yeux se fermèrent pour mieux s’ouvrir, elle affrontait la cruelle vérité avec la plus grande peine du monde.



Mulder ne cessait de consulter sa montre depuis qu’il était arrivé chez John Cassidy. Ce dernier n’avait plus à parler, il laissait son visage dans ses mains, pleurant jusqu’à en mourir.


- Monsieur Cassidy je sais que c’est un moment terrible mais nous avons réellement besoin de savoir comment cela s’est passé.

Les larmes redoublèrent. Cet homme était effondré et n’importe qui pouvait se douter du désespoir dans lequel il devait être après avoir perdu et sa femme et sa fille.

- Hier, parvint il à articuler au prix de nombreux efforts, j’étais en train de réparer notre abri de jardin. Carla était dans sa chambre, occupée avec ses poupées. J’ai entendu un cri alors je me suis tout de suite précipitée à l’étage…et là elle n’y était plus…j’ai retrouvé son ours en peluche qui ne la quittait jamais et son petit collier…au pied du lit…
- Et vous n’avez rien vu d’autre? Vous n’avez rien entendu lorsque vous êtes montez? Un autre bruit de pas?
- Rien la maison était ouverte….vous savez nous sommes une petite ville où tout le monde connaît tout le monde…je laisse toujours ouvert devant et derrière…il a pu partir….et moi je n’ai rien pu faire…alors j’ai appelé la police et ils sont venus…
- Je suis vraiment désolé Monsieur Cassidy. Dès que nous aurons du nouveau, nous vous tiendrons au courant.
- Promettez moi d’attraper cette ordure.
- Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir.


Mulder quitta la demeure avec empressement: l’angoisse de cet homme semblait s’insinuer en lui. Comment pouvait on encore tenir debout alors que sa fille venait de mourir? Pour l’instant l’enquête ne pouvait avancer: il n’avait aucune preuve pour tenter d’établir un profil psychologique convaincant. Seule Scully pouvait encore grâce à l’autopsie, trouver des indices.



********



« Après examens, je n’ai pu relever aucune empreinte, ni fibre sur le corps de la victime. Autopsie terminée. »


Enlevant ses lunettes de protection et ses gants en latex, Scully s’installa sur le tabouret le plus proche. Ces dernières heures avaient été éprouvantes, ce corps étant l’amalgame de toute la souffrance qu’un être pouvait ressentir. Sortant de son bureau, le médecin légiste vint à ses côtés:

- Avez vous trouvé quelque chose?

La jeune femme avait de plus en plus d’antipathie pour cet homme mais elle ne savait pas expliquer ce sentiment. Refusant de transmettre la moindre information, elle secoua la tête en signe de négation. Il sembla soulagé ou étonné. Il fit le tour de la table et voulant pousser le plateau où les instruments qui avaient servi à l’autopsie étaient posés, il le fit tomber dans un geste maladroit. Scully se précipita pour les ramasser et il en fit de même. Attrapant un scalpel encore ensanglanté, il lui le tendit avec brusquerie: une première goutte de sang, fine comme une perle s’écrasa au sol.

- Oh! Je suis désolé…je suis si maladroit et gauche! Vous n’êtes pas trop blessée?
- Ce n’est rien c’est juste une coupure…faites attention lorsque vous maniez ce genre d’instrument.
- Scully?


Mulder venait d’entrer dans la morgue et assistait avec étonnement à la scène qui s’offrait à lui: Scully et un autre homme étaient accroupis au milieu de scies et autres scalpels. La jeune femme se releva et vint à sa rencontre, souriant de soulagement: ce médecin commençait à la gêner de plus en plus.

- Mulder je te présente le Docteur….
- Docteur Allan Grey, enchanté.
- Bonjour…alors Scully tu as trouvé quelque chose?


Le regard de sa partenaire lui fit tout comprendre: un silence pesant s’installa dans la pièce. Sentant enfin qu’il était de trop, il retourna dans son bureau. Les deux agents allèrent près de la table d’examen et Scully commença à lui détailler ce qu’elle avait pu remarquer:

- Ici comme tu le vois le cou et les cervicales ont pris une teinte noire foncée: les vertèbres ont été brisées suite à la strangulation et à la pendaison. L’heure de la mort remonterait à 23 heures, soit sept heures avant que le corps soit retrouvé. La raison de la mort est évidente, après l’autopsie j’ai pu voir que les poumons ont subi une réduction considérable suite au manque d’air.
- Et pour ce qui est des différents bleus ?
- Il est indéniable que cette enfant a été battue mais comme le montre ses ecchymoses, les marques ne remontent pas à hier. Elle était battue bien avant son enlèvement: ce ne sont pas de simples bleus d’enfants, ce sont de réels coups.
- Pas de trace de violence sexuelle?
- Non aucune. Maintenant il nous reste plus qu’à attendre les résultats du labo et surtout à interroger le père, dans cette histoire il n’est pas si innocent que cela.
- Pourtant il paraît réellement bouleversé…peut être une autre personne la battait?
- C’est pour cela que j’aimerai le voir…il ne t’as pas semblé suspect?
- Non.
- Ah oui encore une chose Mulder.
- Laquelle?
- L’effet de la corde autour du cou peut provoquer un repli de la peau…voilà ce que j’ai trouvé en…replaçant sa nuque.


Elle sortit une petite poche en plastique dans laquelle reposait un fin collier d’or et une petite croix. Mulder l’examina puis soudain se rappela ce que lui avait dit le père de Carla.

- Scully je crois que nous avons une piste.
- C’est vrai?
- Lorsque j’ai interrogé John Cassidy, il m’a dit qu’après le kidnapping de sa fille, il avait retrouvé son nounours et son collier.
- C’était peut être un autre collier?
- A nous d’aller le prouver!


Après que Scully se fut changée, ils prirent le chemin de la sortie. Alan Grey les regarda s’éloigner dans les profondeurs de ces couloirs sans fin. Sortant son portable, il composa un numéro:

« John? C’est Allan. Préparez vous, ils arrivent. »


A suivre: partie II
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Julia
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:33

La voiture se gara devant la maison. Replaçant une mèche de cheveux, derrière son oreille, Scully surprit Mulder en train de la regarder.

- Qu’est ce qu’il y a ?
- Rien.


Cachant sa gêne, il sortit dans l’air frais. Il fut bientôt suivie par Scully qui ne cessait de jeter des regards inquiets autour d’elle. Cette affaire la rendait mal à l’aise et semblait épuiser son corps et son esprit. A peine eurent ils toquer que John Cassidy leur ouvrait la porte, le visage baigné de larmes.

- Mr Cassidy je vous présente ma coéquipière Dana Scully…je suis désolé de revenir mais nous aurions encore quelques questions.
- Entrez.


A nouveau Mulder se retrouva dans ce lieu qui l’angoissait tant. Les volets étaient baissés, conférant une sensation de promiscuité et d’étouffement à la pièce. Scully ne cessait de bouger, sentant elle aussi la peur que pouvait dégager un tel endroit.

- Nous sommes désolés de vous accabler de notre présence, mais après avoir réalisé l’autopsie de votre fille, je dois avouer que j’ai quelques questions qui restent sans réponses.
- Vous avez trouvé quelque chose?
- Non pas vraiment…
- Pas vraiment? Cela veut dire quoi?


Son ton venait de monter d’un cran, ce qui avait figé Scully. Pourtant, ne se laissant pas abattre , elle continua.

- J’ai trouvé des bleus et des ecchymoses sur le corps de Carla. Le battiez vous?
- Pardon?
- Vous est il arrivé de poser la main sur votre fille?
- Qui vous dit que ce n’est pas cet enfant de salaud qui l’a blessé?
- Les marques remontent à quelques jours, voire semaine pour certaines. Êtes vous violent? Avez vous des accès de colère?
- Non!
- Prenez vous des médicaments? De la drogue? De l’alcool?
- Non bien sûr que non! Jamais je n’oserai blesser ma douce enfant…ma seule fille, mon unique bébé…
- Alors d’où viennent ses bleus?
- Je ne sais pas…à l’école, les autres gamins…les jeux d’enfants…
- Monsieur, sur l’abdomen elle a une ecchymose qui pourrait facilement remonter à deux semaines, sa peau est à cet endroit violacée voir noire, de plus elle a deux côtes cassées.


Mulder se tourna vers elle: elle n’avait pas parlé de cette blessure à la morgue.

- Nous ne sommes là que pour résoudre cette affaire, notre seule demande est: avez vous déjà battu votre fille?

Au prix d’un effort surhumain, le père lâcha une longue plainte sourde .

- Oui…oui…j’ai levé ma main sur mon enfant…je ne le voulais pas…elle était un véritable petit démon.
- Tous les enfants de son âge sont turbulents.
- Je n’arrivais pas à m’occuper d’elle…sans ma femme…
- Nous n’avons pas le choix mais nous sommes dans l’obligation de vous arrêter: vous êtes notre seul suspect pour le moment et vous venez d’avouer que vous avez déjà brutalisé votre fille.
- Ce n’est pas moi…ce n’est pas…ce n’est pas moi….ce n’est pas….


Il scandait ces phrases comme des incantations, se balançant d’avant en arrière.

- Mulder est ce que je peux te parler à part?


Ils se levèrent et s’éloignèrent du père de Carla sans pour autant sortir de son champs de vision.

- Mulder cet homme semble souffrir d’une névrose et d’une dépression post traumatique. Il serait préférable d’appeler une équipe pour qu’il vienne le chercher. Un bilan psychiatrique s’impose également. Même s’il est innocent dans ce meurtre, il n’empêche qu’il a battu cette pauvre enfant donc nous devons prévenir les services sociaux.
- Je veux juste lui poser une dernière question…au fait pourquoi tu ne m’as pas parlé des côtes cassées?
- Oh ce n’était pas vrai! Je voulais juste qu’il avoue!


Elle lui sourit avec malice avant de s’éloigner pour passer quelques appels. Ils retournèrent auprès de John Cassidy, il marmonnait des phrases sans cohérence, tordant ses mains moites dans tous les sens.

- Mr Cassidy? J’aurai une dernière question à vous poser avant qu’on vienne vous chercher.
- Laquelle?
- Vous m’avez dit que lorsque Carla a disparut, vous avez trouvé son collier dans sa chambre.
- Oui sa petite croix…
- Comme celle ci?


Scully venait de sortir le bijou de sa poche: entrelaçant la chaîne entre ses doigts fins, elle laissa pendre la petite croix qui se balançait à un rythme lent.

- Voleurs! Pilleurs! Comment avez vous osé la prendre dans sa chambre?
- Je l’ai trouvé autour de son cou durant l’autopsie.


Angoisse. Peur. Pardon. Repentir. Désolation. John Cassidy se leva en proie à une véritable crise de panique. Prévoyant la moindre attaque, Mulder lui passa les menottes.

- Nous sommes désolés mais vous allez subir une interrogation, vous serez en garde à vue.


**********



- Tu devrais tourner à gauche Mulder.
- Non à droite.
- Crois moi le motel indiqué par le FBI est sur notre gauche.


La Ford s’engagea sur la nationale D9 de Willow Creek, sur leur droite. La nuit était déjà tombée et de vives étoiles éclairaient le ciel d’encre. Scully tremblait de froid: l’hiver à l’intérieur des terres semblait encore plus rigoureux qu’à Washington. La journée avait été longue et fatigante, son seul désir était de prendre un bain chaud et de dormir au fond d’un lit douillet. Sur environ deux kilomètres, la voiture roula sur une étroite route à travers une forêt. La puissance des phares ne suffisait pas à percer l’épaisse obscurité dans laquelle ils s’étaient engouffrés. De part et d’autre de ce chemin, des centaines de pins immenses imposaient leur magnificence, enveloppant de leurs branches quiconque osait s’aventurer dans cet endroit oppressant. Malgré le chauffage, Scully avait de plus en plus froid. Resserrant son écharpe , elle ferma avec soin les derniers boutons de son manteau. Du coin de l’œil, Mulder la surveillait: elle ne lui aurait dit, à aucun moment, qu’elle n’était pas bien. Il attrapa sa veste qu’il avait posé sur la banquette arrière et tout en surveillant la route, il la posa sur ses jambes frigorifiées.

- Mulder ce n’est pas la peine, je n’ai pas fr…
- Nous arrivons à la sortie de la forêt, le motel doit être ici.


En effet, à peine ils eurent quittés cet endroit sinistre qu’ils engagèrent sur le chemin délabré d’un petit motel. Prenant ses différentes affaires, elle tendit sa veste à Mulder, le remerciant. Ils entrèrent dans ce qui devait être la réception de l’hôtel: un comptoir en bois brut était le seul meuble présent. Un homme d’un âge passé les regarda d’un mauvais œil.

- C’est vous les gens du FBI?
- Comment le savez vous?
- Ben ici tout le monde connaît tout le monde…tout se sait….sale histoire, pauvr’Carla.
- Nous voudrions deux chambres s’il vous plait.
- La ptite dame est fâchée? Elle refuse de dormir avec vous?
- Le petite dame en question voudrait une chambre à part car elle n’est que la collègue de ce Monsieur.
- De mon temps c’était moins compliqué…


Il déposa deux clés devant eux.

- Bonne nuit quand même mon gars…
- Merci.


Scully attrapa une clé et sortit dehors à la recherche de sa chambre: arrivée devant la porte numéro treize, elle pénétra dans ce qui devait être l’endroit le plus rustique de tout le pays.
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:34

Scully attrapa une clé et sortit dehors à la recherche de sa chambre: arrivée devant la porte numéro treize, elle pénétra dans ce qui devait être l’endroit le plus rustique de tout le pays.


Arrivant derrière elle, Mulder jeta un coup d’œil à l’intérieur de la pièce et refoula un début de fou rire.

- Bonne nuit Scully…
- Merci...à demain.



Dans la chambre 14, il se laissa tomber sur le lit minable: passant une main dans ses cheveux, il sut qu’une nuit de repos ne serait pas de refus.
Alors qu’elle attendait désespérément que l’eau devienne chaude, Scully se résigna à mourir de froid sous la cascade glacée de la douche. Assise en tailleur sur son lit, elle reprenait les différents commentaires qu’elle avait pu faire durant l’autopsie. On frappa à la porte, ce qui l’obligea à se lever et à abandonner sa concentration: lorsqu’elle ouvrit, elle ne dut contrôler son regard car le jeune coursier du FBI crut se briser sous ses yeux d’un bleu froid et dur.


- Excusez moi agent Scully….je…enfin…Mr Kersh voulait que vous ayez les résultats ce soir…alors….donc…une signature s’il vous plait.
- Oh merci.



Après qu’elle ait signé, il s’éloigna le plus rapidement possible. Ouvrant l’enveloppe plastifiée, elle trouva tous les rapports du labo: analyse de sang et des toxines. Elle dû s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre ce qu’elle était en train de lire. Était ce possible? Se rhabillant en hâte, elle prit le double de la clé de la voiture de location. Si elle était rapide, elle en aurait pour une heure aller-retour. Elle ne voulait pas déranger Mulder: tôt dans la journée, il lui avait confié qu’il avait besoin de passer une bonne nuit de sommeil. Alors ne voulant troubler le calme et la quiétude de sa nuit, elle prit seule le chemin tant angoissant de la forêt. Elle détestait cette étouffante nature et c’est avec soulagement qu’elle quitta cette route.
Lorsqu’elle pénétra dans le grand hôpital désertique, elle fut de suite accostée par une infirmière de garde:


- Puis je vous aider?
- Excusez moi d’arriver à une heure aussi avancée de la nuit…je suis Dana Scully.
- Oh l’agent du FBI?
- Oui. J’ai réalisé une autopsie ce matin, celle de Carla Cassidy.
- Pauvre Carla…
-Vous la connaissiez?
- J’ai assisté à sa naissance, j’aide la sage femme lors des accouchements.


Légèrement déstabilisée, Scully regardait autour d’elle: un sentiment d’oppressement, comme une porte qui pourrait se refermer sur elle, l’entourait et l’angoissait.


- Agent Scully? En quoi puis je vous être utile alors?
- Pardon je…il me faudrait un accès aux archives et aux dossiers des patients.
- Je suis désolée mais je me vois dans l’obligation de vous refuser cette demande.
- Je suis médecin et je suis chargée de cette enquête, d’où vient cette ordre?
- Du chef de service.
- Alors prévenez le de ma présence.
- Il n’est pas e garde ce soir. Vous devez partir maintenant….vous n’avez pas envie que j’appelle la sécurité quand même?


Le regard noir qu’elle reçut de Scully ne la gêna en aucun point: elle avait des ordres et comptait s’y tenir. La jeune femme, furieuse, la quitta. Prenant le chemin inverse, elle ne cessait de s’énerver, elle ne voulait pas en rester là. Les kilomètres passèrent et la vue rassurante du motel la calma. Toquant avec douceur à la porte de Mulder, elle attendait une invitation à rentrer. Il était minuit passé et un froid hivernal enveloppait quiconque osait sortir. Tournant la poignée, elle put entrer: ne fermait il pas à clé? A tâtons elle avança jusqu’au lit: des habits et des dossiers encombrés le sol mais ses yeux ne pouvaient se détacher du dos de son partenaire. Assise au bord, elle frôla avec délice son épaule puis son visage. Son cœur s’accéléra et diverses pensées vinrent s’infiltrer en elle. Cette peau si douce, ce corps si parfait qui se détachait de la pénombre de la pièce, son visage profondément endormi qui exprimait un bien être intérieur: qu’aurait elle fait pour rester des heures à le contempler, lui le tableau si sublime?

- Mulder?
- Mumm…pas ce soir, je suis fatiguée.


Surprise, elle nu put réprimée un léger éclat de rire: étonné il ouvrit les yeux et la vit.

- Scully? Où je suis? Qu’est ce que tu fais dans mon lit?
- Mauvais réveil? Je suis désolée j’avais besoin de toi…


Parfaitement réveillé, il s’assit à côté d’elle, un léger sourire aux lèvres: combien de fois avait il sorti Scully de son sommeil? Des dizaines et des dizaines de fois, alors aujourd’hui elle avait le droit de lui rendre la pareille.

- Voilà quand nous sommes rentrés, j’ai reçu les résultats des analyses de Carla et j’ai découvert une chose que je n’aurais jamais pu imaginer.- Laquelle?
- Elle était séropositive.
- Et avait développé le SIDA?
- Oui. Les analyses sont formelles. Le virus rongé déjà son corps. Les différentes marques n’étaient peut être pas des bleus mais des amas de sang contaminé et des tâches dû au virus….Mulder je ne pouvais pas savoir…


Elle passa une main inquiète sur ses yeux. Elle était fatiguée et avait besoin de repos.


- Scully je sais ce que tu te dis: que tu as peut être accusé cet homme u peu trop vite mais li même a avoué la battre. Tu n’as rien à te reprocher, crois moi.
- Je sais. En attendant il me faut l’accès à son dossier médical et à celui de ses parents.
- Alors allons y.
- Attends. Je reviens de l’hôpital où on m’a refusé l’entrée aux archives.
- C’est là que tu as besoin de moi?
- Tu sais juste pour crocheter une ou deux serrures…
- Agent Scully ? Vous ne respectez plus la loi?
- Je ne passe pas outre le règlement puisque dans l’intérêt de l’enquête je collecte le plus d’informations possibles.
- D’accord donne moi cinq minutes.


Alors qu’elle était déjà installée dans la voiture, Mulder se dépêcha de se préparer. S’asseyant du côté passager, il fut obligé de reculer le siège pour avoir plus de place. Scully vit son petit manège ainsi que le sourire qui naissait peu à peu sur les lèvres de son coéquipier.


- Mulder tu ne feras aucun commentaire sur ma taille.
- Je ne me permettrai pas.



*******



La nuit noire enveloppait de son lourd voile le grand bâtiment. Ayant fait le tour par l’arrière, ils se retrouvèrent du côté de l’entrée des pompes funèbres: poussant avec lenteur la porte qui servait de sortie de secours, ils pénétrèrent dans un minuscule corridor, plongé dans l’obscurité la plus totale.

- A toi Mulder.

Éclairé par la lampe de Scully, il força le premier passage avec habilité. Ils débouchèrent dans ce qui devait être une ancienne morgue, à la vue des différents casiers de fer. Se rappelant soudain que la morgue était entièrement vitrée, Scully fit signe à Mulder d’éteindre sa lampe et de s’approcher. Pour éviter tout problème, elle s’avança près de lui et se mit à chuchoter:

- Mulder écoute moi…le docteur Grey est là presque 24 heures sur 24. On va devoir avancer sans lumière jusqu’aux archives.
- Ce qui est impossible, on ne voit rien.
- Pas besoin de voir…donne moi ta main.
- Pardon?
- J’ai eu le temps de visualiser les lieux, je pense pouvoir aller jusqu’aux archives….alors donne moi ta main et suis moi.


Elle enferma dans sa main fine celle de Mulder: ce contact si anodin la fit sourire malgré elle. Commençant à avancer avec douceur, ils sortirent de cette première pièce: Scully revoyait avec détail l’emplacement de chaque objet. Avec facilité ils traversèrent la salle d’autopsie, évitant les tables et les chariots. Enfin ils arrivèrent à la porte vitrée: la jeune femme la poussa, sortit et marqua un temps d’arrêt. Puis d’un pas décidé, elle s’engagea sur la droite, tenant toujours fermement la main de Mulder, sentant parfois son corps bousculer le sien. Le système électrique avait du être coupé car le pénombre se faisait maîtresse des lieux. Une main contre le mur humide, elle continua de marcher inlassablement à travers ce véritable labyrinthe de couloirs. En son for intérieur, Mulder remerciait l’intelligence de sa collègue et sa mémoire infaillible. Des bruits de pas se firent entendre quelque part derrière eux: paniquée, Scully se mit à avancer plus vite, lorsque sa main toucha la première poignée, elle la tourna et s’engouffra dans une pièce inconnue, suivit de Mulder. Tous deux essayaient de calmer leurs respirations saccadées, en vain. Un sifflotement, des bruits de talons, un rire de femme, puis celui d’un homme. Si on les trouvait ici sans autorisation, c’était le licenciement, comme leur avait prédit Kersh.
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Julia
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:35

Si on les trouvait ici sans autorisation, c’était le licenciement, comme leur avait prédit Kersh.
Le bruit s’éloigna enfin: soulagée Scully s’avança et percuta Mulder.


- Excuse moi …

Coincée entre une étagère et le corps de son partenaire, Scully sentit le rouge lui monter aux joues. Cherchant avec frénésie dans sa poche sa lampe, elle la trouva enfin mais sa nervosité lui fit tomber l’objet des mains. Se baissant en même temps, ils se cognèrent l’un à l’autre: la jeune femme sut à ce moment précis que ce qu’elle était en train de vivre devait être le moment le plus surprenant de toute sa vie. Avec lenteur, ils relevèrent, toujours plongés dans le noir.

- Scully?
- Oui?
- Tu devrais peut être allumer, non?
- Ah oui…bien sûr.


Allumant sa lampe torche, elle vit qu’elle était réellement contre lui. Reculant légèrement, elle balaya la pièce et ils purent constater qu’ils étaient dans un minuscule local pharmaceutique. Attendant encore un peu, ils calmèrent leurs cœurs affolés puis sortirent dans l’obscurité lugubre de cet hôpital. Reprenant la main de Mulder dans la sienne, Scully emprisonna la confiance aveugle qu’il avait pour elle. Encore un couloir. Une fois à droite, une fois à gauche, puis tout droit. Comptant trois portes, elle s’arrêta devant une nouvelle porte vitrée. Elle était verrouillée par un code. Soupirant Mulder sortit son portable: après un message envoyé, il murmura un code à Scully:

- Akilam? T’es sûr?
- Parole des Bandits Solitaires.


La porte s’ouvrit sans problème, ce qui fit rayonner Mulder:

- Va y Scully trouve ce dont tu as besoin, je reste là à surveiller.
- Merci.




******



Allan Grey sortit de sa maison, une pile de dossiers en mains. Il commençait sa journée un peu plus tôt afin de replacer aux archives toute la paperasse qu’il avait pris durant la nuit. Maladroitement, il entra dans la voiture, déposa toutes ses affaires et démarra direction l’hôpital. Alors qu’il était arrêté au feu rouge d’Idas Street, son téléphone se mit à vibrer:

« John? Comment vous allez? Oui je sais très bien…J’ai fini de faire les dossiers factices, oui ils sont très réussis…je n’ai plus qu’à les remettre aux archives à la place des autres…de toute façon avec la lenteur du FBI, elle n’aura pas les résultats du labo avant cette après midi…oui j’en suis sûr! Comme ça si l’envie lui prend d’aller faire un tour aux archives, elle aura de la lecture….oui c’est vrai qu’elle sublime…je vais bien réussir à la coincer dans cette morgue éloignée de tout et de tous…ne vous inquiétez pas John, il y en aura aussi pour vous….il faudra faire vite avant que…vous devez raccrocher? Dites moi juste comment se passe votre garde à vue? On va vous sortir de là très, tout le monde est derrière vous…au revoir. »

Satisfaits, les deux hommes raccrochèrent. Un garde vint rechercher John Cassidy, son laps de temps libre étant écoulé. Las, il se laissa traîner jusqu’à la salle d’examen où il était interrogé depuis huit heures.

Le Docteur Grey referma la porte des archives, un sourire aux lèvres. Sifflotant avec gaieté, il se dirigea vers la morgue. Alors qu’il débouchait sur l’entrée de la salle d’autopsie, il ne put s’empêcher de marquer un temps d’arrêt: l’agent Scully était assise à son bureau, ses yeux traversant la baie vitrée pour fixer les siens. Cette vision sembla électriser la moindre parcelle de son corps: elle, seule sous cette lumière vive, ses yeux bleus azurs soutenant son regard. Avançant avec lenteur, il pénétra dans la vaste pièce:

- Agent Scully…que me vaut cette visite matinale?
- J’aurai eu besoin d’un ou deux renseignements…entre confrères.
- En quoi puis je vous être utile?
- Il me faudrait le dossier médical de Carla Cassidy, d’Ashley sa mère ainsi que celui du père.
- Pour John et Carla il n’y a aucun problème mais pour celui d’Ashley il risque d’y avoir un empêchement.
- Et pourquoi?
- Cet hôpital n’a que six ans, Ashley était soignée dans l’ancienne clinique.
- Pourtant elle a accouché ici, non?
- Qui vous a dit cela?
- L’infirmière qui s’occupe des accouchements avec la sage femme.
- Oui mais toutes deux faisaient parties de l’ancienne clinique.
- Et de cette clinique il ne reste aucune archive?
- Je ne sais pas…
- Vous ne savez pas…puis je au moins voir ce que vous avez ici?
- Suivez moi.


Ils marchèrent au fil de ces longs couloirs sinueux. Scully se retrouva dans la même salle que la veille: Mulder lui avait demandé de piéger Allan Grey, ce qu’elle s’était empressée de faire. Il lui tendit les deux dossiers qu’elle parcourut avec un malin plaisir. Il n’y avait que des choses inintéressantes, des rhumes, des petites fractures. Scully émit un petit rire tant la petitesse du docteur Grey était risible.

- Puis je savoir ce qui vous fait rire?
- J’aime le soin avec lequel vous me menez en bateau.
- Je vous demande pardon?
- Le dossier de Carla que vos venez de me donner est falsifié. Pensez vous que je suis un médecin sans pratique?
- Non…
- Les résultats du labo m’ont appris que cette pauvre enfant portant en elle le virus du SIDA alors que ce dossier est celui d’un enfant sain de corps.
- Êtes vous sûr de ce que vous avancez? Comment une petite fille comme Carla aurait pu développer ce virus?
- C’est ce que je cherche à savoir.


Le docteur au visage outré ne devait pas être si innocent que cela. Étant le pédiatre de Carla, aurait il pu rater les symptômes de l’enfant? Scully lui rendit les dossiers tout en lui jetant un regard de mépris. Le laissant seule, elle s’éloigna rapidement. Alors qu’elle était partie, il sortit son téléphone et composa un numéro:


« Révérend Adam? Oui c’est Allan. Elle vient de me quitter et j’ai bien peur qu’elle et son collègue se mettent à fouiner partout…oui bien sûr que je lui ai montré les faux dossiers mais elle ne me croit pas…elle est beaucoup plus compétente que je ne le pensais…non je ne vais pas me laisser abattre…mais il faudrait faire quelque chose…j’espère que ma première tentative a marché…Merci Révérend, que Dieu vous bénisse aussi. »
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:37

« Révérend Adam? Oui c’est Allan. Elle vient de me quitter et j’ai bien peur qu’elle et son collègue se mettent à fouiner partout…oui bien sûr que je lui ai montré les faux dossiers mais elle ne me croit pas…elle est beaucoup plus compétente que je ne le pensais…non je ne vais pas me laisser abattre…mais il faudrait faire quelque chose…j’espère que ma première tentative a marché…Merci Révérend, que Dieu vous bénisse aussi. »[/b]

**********




- Tu crois qu’il faut combien de temps ici pour une exhumation?

Mulder attendait l’autorisation de leur supérieur par fax: la feuille apparut enfin. S’emparant de celle ci, il la signa et la déposa devant le responsable des pompes funèbres. Ce dernier jeta un regard épouvanté sur le nom inscrit:

- Je refuse de le faire, dit il d’un air obséquieux.
- Pourtant vous allez devoir donner l’ordre ou c’est une équipe du FBI qui se déplace pour le faire, répondit Scully d’une voix ferme.


Faisant un signe dédaigneux à ses deux employés, le responsable autorisa ainsi l’exhumation du corps d’Ashley Cassidy.

- Si on refuse de me donner le dossier, dit Scully, je vais le reconstituer par mes propres moyens.
- J’espère juste qu’il restera quelque chose à examiner…après toutes ces années le corps doit être dans un état pitoyable.



Ouvrant sa veste, Scully passa une main nerveuse sur son cou, puis sur son visage.

- Tu ne trouves pas qu’il fait chaud Mulder?
- Non…le thermomètre n’a pas encore dépassé les zéro degrés depuis aujourd’hui….tu n’as pas de fièvre?


S’approchant d’elle, il voulut déposer sa main sur son front si délicat, mais celle ci l’arrêta:

- Depuis quand tu fais des diagnostics?
- Je n’ai pas le droit de m’inquiéter de l’état de santé de ma collègue?


Relâchant la main de Mulder qu’elle avait arrêté en pleine course, elle le laissa toucher son front brûlant.

- Tu veux rentrer? J’attends la fin de l’exhumation et…
- Non c’est bon, je me sens bien
.

Rien qu’avec le sourire charmeur qu’il lui adressa, Scully aurait pu justifier son état fébrile. Regardant ailleurs, son regard s’arrêta sur la foule qui bordait le cimetière dans lequel ils étaient.


*******


- Laissez nous passer, c’est un ordre!
- La ferme et retourne chez toi sale….


Mulder allait perdre son sang froid: s’approchant de celui qui avait osé insulter Scully, il était prêt à lui oter la vie mais la main de Scully se posant sur son torse l’en empêcha. D’une voix douce, elle lui demanda de se calmer. Reculant, il s’appuya contre leur voiture, son visage exprimant une colère insoupçonnée.

- Outre le fait que vous venez de faire outrage à mon statut de femme et à celui d’agent du FBI, je vous demanderai de nous laisser passer, nous avons l’autorisation de faire l’autopsie du corps.
- Vous n’avez pas le droit!


La population de Willow Creek était venue en masse soutenir John Cassidy: tous refusaient un examen du corps de la défunte.

- On s’en fout de votre autorisation!
- Profanateurs!
- Le diable…le diable est en eux mes enfants.


La voix claire du révérend s’éleva au milieu de la foule: les habitants ne prononcèrent plus un mot, gardant les yeux rivés sur l’homme d’Église. Mulder s’approcha de Scully et lui chuchota quelque chose à l’oreille.

- Regardez les comploter contre nous.

Mal à l’aise, Scully baissa les yeux et recula de quelque pas. Seul Mulder restait face à la foule.

- Laissez la peine de John et le malheur d’Ashley en paix.
- Nous voulons juste un examen du corps de la mère de Carla, c’est la procédure.
- Dieu refuse de laisser de tels brebis galeuses toucher aux âmes saintes.
- Mais Dieu laisse une enfant mourir du sida et être kidnappée puis pendue telle une vulgaire poupée de chiffon.


C’était la voix pleine d’émotion de Scully qui s’était fait entendre: Mulder lui avait demandé de rester à part, étant conscient qu’en tant que chrétienne elle serait principalement visée. Le révérend s’approcha de Scully et toucha du bout de ses doigts son fin collier d’or:

- Vous parlez de Dieu sombre idiote…vous portez le signe du supplicié autour de votre cou alors que vous êtes impure…votre corps est souillé…une femme telle que vous mérite un châtiment à la hauteur du mal qu’elle peut enrayer…

Scully aurait pu répondre et briser la parole blessante de cet homme mais aucun mot ne put sortir de sa gorge nouée. Sous les sourires arrogants et les sifflets des habitants, elle pénétra dans leur voiture. Mulder n’arrivait toujours pas à comprendre ce qu’il venait de se passer: sa collègue venait de se faire lapider sur la place publique et son caractère si fort était tombé sous les pierres du blasphème. Entrant lui aussi dans leur véhicule, il se tourna vers la jeune femme: ses yeux se perdaient au loin et elle semblait détruite.

- Mulder…démarre…

Tournant la clé de contact, il obtempéra. Aucun mot ne fut échangé jusqu’à l’arrivée au motel. Scully contenait ses larmes pour ne pas craquer devant son partenaire mais son regard brillant et fuyant ne pouvait s’empêcher de la trahir. La voiture se gara et la jeune femme défit la ceinture de sécurité.

- Scully?
- Pas maintenant…excuse moi.


Lâcheté. Faiblesse. S’enfermant dans sa chambre minable, elle laissa exploser sa colère. Comment avait elle pu être traitée de la sorte par un homme d’Église? Il lui avait dit qu’elle était impure: des larmes de dégoûts vinrent ravager son visage si pâle. Son corps entier hurler de douleur: de violentes nausées s’emparèrent d’elle. S’enfermant dans les toilettes, elle laissa échapper toutes les souffrances qu’elle ressentait.

Mulder toqua à sa porte et attendit l’autorisation d’entrer. La jeune femme s’était douchée et portait déjà un pyjama de soie. La journée l’avait exténuée et son humiliation publique venait encore en rumeurs incessantes dans son esprit.

- C’est ouvert…


Il trouva Scully debout au milieu de la pièce, légèrement pâle mais nettement moins bouleversée que lorsqu’il avait ramené.

- Je voulais savoir comment tu allais.
- Mieux merci.
Il s’approcha doucement d’elle pour remettre en place une de ses mèches: plongeant son regard dans le sien, il vit combien elle était encore tourmentée.


- Scully je voulais te dire…ne crois aucun mot de cet homme…il n’y a pas femme plus parfaite que toi….Tu es dévouée dans ton travail, tu pratiques tes croyances et tu avances dans la vie en faisant le bien…
- Ce n’est pas vrai…il avait raison…je fais du mal autour de moi…Ma sœur….Emily…


Il prit son visage entre ses mains, la forçant à le regarder dans les yeux:


- Écoutes moi: il a voulut te blesser, te faire reculer, t’abattre par ses paroles horribles et malheureusement il t’a touché. Tu ne dois croire ce qu’il osé te dire: tu penses faire la mal? Et bien moi je pense le contraire. Ta sœur ou Emily sont des moments de ta vie où tu n’as pu rien faire pour les contrôler mais sache que tu fais plus de bien que tu ne le crois.

A nouveau Scully adopta cette moue sceptique qui la caractérisait tant.

- Mulder il m’a dit que j’étais….
- Arrêtes d’y penser. Tu fais mon bonheur et c’est déjà un grand bien voir un miracle en soit. Alors maintenant oublies cette après midi
- Merci.


Un silence majestueux sembla stopper les minutes et les secondes: il tenait toujours Scully tout près de son visage et seuls leurs yeux communiquaient. Alors, mue par une conviction incontestable, elle s’approcha encore plus de lui et déposa un baiser aérien et délicat sur ses lèvres si sublimes. A peine eurent ils échangés ce premier baiser, que le téléphone de Mulder sonna. A regret, il décrocha et parla un léger temps avec son interlocuteur.

- C’était Skinner…une équipe a été envoyée pour disperser la foule…tu as l’accès à la morgue pour l’autopsie.
- D’accord…je vais me préparer alors. Encore une nuit en moins pour notre sommeil.
- Et pour nous ….


Il avait appuyé sur le « nous », faisant sourire la jeune femme.
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:38


********



Mulder déposa Scully à la morgue où deux agents en faction attendaient devant la porte. Après un dernier regard où se mêlait mille et un sentiments inexplicables, elle le quitta. Dans la nuit froide et hostile elle vit la voiture s’éloigner dans les profondeurs de la ville. Réprimant des frissons qui parcouraient son dos, elle se dirigea vers les deux hommes qui semblaient frigorifiés.

- ‘Soir agent Scully.
- Bonsoir…veuillez m’excuser pour ce problème. J’espère que la foule ne vous a pas causé d’ennuis.
- Nous avons au prix de quelques efforts arrivé à la disperser. Vous avez la voie libre.
- Merci…vous pouvez partir maintenant, vous semblez épuisés.
- Nous avons l’ordre de surveiller l’arrière du bâtiment et deux de nos collègues se trouvent devant l’entrée principale.


Rassurée par cette présence, elle pénétra dans l’antichambre de la morgue: comme toujours, l’air glacial et l’obscurité étaient les maîtres des lieux. Allumant les lumières, ses yeux clignèrent sous la force crue des néons. Elle vit une table, unique mais pourtant commune aux autres. Un drap fin recouvrait Ashley Cassidy: se donnant le courage nécessaire, elle arracha cette mince couverture qui recouvrait le corps de la défunte. Une odeur indescriptible lui souleva le cœur, une main devant sa bouche et devant son nez l’empêcha de se sentir mal. Son masque et ses gants seraient sa seule protection face à ce corps en décomposition. Mais pouvait on réellement parler de corps? Ce qu’il restait de cette femme était indescriptible: même la robe qu’ on lui avait mis était dans un état pitoyable.
Alors qu’à cette heure des hommes et des femmes s’endormaient heureux et paisibles, Scully ouvrait un à un les boutons du tissu rapiécé et démodé. Ce squelette encore recouvert de ce qui n’était qu’une fine membrane de peau nauséabonde la révulsait. Mais plus les minutes avancèrent, plus elle redécouvrait cette frénésie de la recherche et la fibre médicale la poussait à renoncer à tout arrêt. Alors qu’elle retournait le corps pour le débarrasser entièrement de la robe, son attention fut attirée par un détail: alors qu’elle allait commencer à ausculter les cervicales, elle ne put retenir une exclamation de surprise: dans la chair encore existante était enfoncée une pochette. Regardant autour d’elle comme si elle s’attendait à entendre les cris indignés de la foule, elle ouvrit avec précaution le porte document usé.


****


Après avoir déposé Scully, Mulder était rentré au motel, comme convenu. Il devait attendre l’appel de Scully dès qu’elle aurait fini l’autopsie. Mais un sentiment profond, un désir instable et insaisissable s’était emparé de lui: cette affaire tournait mal car tout semblait lié. La véhémence des habitants, cette solidarité effarante , l’arrogance et la puissance de cet homme d’Église: il y avait forcément un lien entre les différents évènements et les protagonistes. Fermant la porte de sa chambre à clé, il décida de vérifier celle de Scully: dans la précipitation, elle n’avait pas placé le verrou correctement.. Mue par une curiosité naturelle, il alluma la lampe et scruta la pièce minable qui lui parut pourtant différente. Scully. Son parfum, sa féminité, son ordre tout régnait dans sa chambre: d’un rien, elle arrivait à imposer sa présence. Son pyjama sur son lit, son sac de voyage posé à terre, ses dossiers en pile parfaite: elle était elle même, n’importe où, dans chaque condition, à chaque seconde de sa vie. Ses yeux se posèrent sur la table de chevet où un exemplaire usé de Moby Dick trônait: la jeune femme était encore cette adolescente sous la gouverne de son père sauf que l’autorité que lui dictait la vie venait de plus haut, de plus loin. Mulder se plaisait à penser qu’il avait transformé sa partenaire: elle n’était plus aussi soucieuse du règlement et son scepticisme légendaire avait su se faire dompter par la forte croyance de son partenaire. Mais les soirs de doute et de mélancolie, son cœur trop lourd ne se pardonnait pas d’avoir changé Scully: il savait que si elle était devenue fragile, c’était de sa faute. Non physiquement car elle ne cessait de l’impressionner sur le terrain mais elle était fragile par son attitude et son être respirait avec difficulté sous les coups assassins que sa vie lui assenait en véritable traître. La maladie, les deuils, la souffrance et la stérilité avaient accablé ce corps si frêle sans aucune retenu et c’était sans ménagement pour sa conscience que Mulder se rendait coupable de ce changement. Alors qu’il allait éteindre la lumière, Mulder aperçut l’arme de Scully posée sur la misérable commode: leur baiser avait il pu autant la déstabiliser? Amusé, il prit l’arme et la rangea dans sa poche intérieur, afin de lui ramener à la morgue.
Seul, il reprit le chemin de la ville. Se dirigeant vers l’hôpital, son attention fut détournée de la route par le révérend qui sortait du square d’un pas rapide et vif. Ouvrant sa fenêtre, il ne put s’empêcher de l’interpeller:


- Bonsoir révérend…où allez vous d’un pas si pressé?

Dans sa course folle, l’homme d’Église ne prêta aucunement l’attention à la politesse pleine de sarcasme de Mulder. En effet, il continua de remonter l’avenue jusqu’à pénétrer dans l’édifice chrétien. Intrigué, Mulder quitta la chaleur de sa voiture pour se lancer à sa poursuite. Un silence sinistre planait dans cette rue désertique. Les volets étaient clos, les grilles rabattues devant les vitrines hautes en couleurs: était il la seule âme encore éveillée au milieu de l’obscurité accablante? Il s’arrêta devant l’Église, un instant ralenti par l’effrayante magnificence du lieu: des nuages vinrent recouvrir la lune froide, et un éclair déchira la nuit: son ombre, l’espace d’un instant, se découpa sur le bitume légèrement verglacé. La façade baroque, à la fois accueillante et repoussante l’appelait à entrer pour percer ne serait ce qu’un mystère. Son arme à la main, il poussa la lourde porte: un grincement lugubre se fit entendre. Alors qu’il avançait en douceur à travers la nef, ses pas se répercutant tout autour de lui, il aperçut enfin le révérend. A genoux devant l’autel, il tenait au creux de ses bras un nourrisson: avec une douceur extrême, il ramassa un fin couteau qui était posé à terre. La longue lame tranchante brilla sous la lumière des vitraux: avec précaution, il s’appliqua à réaliser une première blessure sur le poignet de l’enfant. Le sang se mit à jaillir à flot, ce qui horrifia Mulder: sans penser aux conséquences, il se jeta sur le révérend mais une déchirure, quelque part dans son ventre lui fit comprendre qu’une lame fine venait de s’enfoncer en lui avec une délicatesse inquiétante. Un rire se fit entendre mais déjà il sombrait dans un puit sans fond. Les hurlements du bébé, la démence de l’homme d’Église résonnèrent encore un court instant, puis ce fut le vide total.


***



Avec fébrilité, Scully ouvrit la pochette: un fin collier d’or s’échappa et tomba. Le ramassant, son cœur se serra en voyant le pendentif identique au sien. Le mettant de côté, elle continua à sortir les diverses feuilles que contenait le porte document. Ses yeux habitués reconnurent immédiatement un dossier de la police judiciaire ainsi qu’un dossier médical et un rapport d’un médecin légiste. Bondissant de lignes en lignes, son regard bleu prenait une teinte de plus en plus vive. Les pièces du puzzles étaient en train de se mettre en place avec une logique implacable. Ashley s’était suicidée d’après les témoignages recueillis par la police. Pourtant le rapport du médecin certifiait que ses vertèbres avaient été brisées non pas par la force de la corde mais par une force équivalente à celle d’un étau puissant. Alors elle trouva ce qu’elle cherchait: une photo post mortem. Comme elle s’y attendait, le corps de la jeune mère était recouvert de métastases. Si Carla avait le Sida c’est parce qu’elle avait hérité de sa mère. Si ce n’était pas un suicide, c’était un meurtre. Le rapport indiquait que le corps ne contenait plus une goutte de sang lors de l’autopsie. Allant de surprise en surprise, elle trouve l’acte de naissance de Carla accompagnée de celui d’une certaine Samantha, née le même jour, quelques minutes après: Ashley Cassidy avait donc accouché de jumelle. De cette deuxième petite fille, que restait il? Était elle en vie, cachée quelque part ou son corps meurtri était il à des mètres sous terre, enfoui dans l’oubli et dans le secret? John Cassidy apparaissait comme la charnière de toutes ces énigmes. Attrapant son portable, Scully s’empressa d’appeler Mulder: elle avait sous les yeux assez de preuves pour faire inculper le médecin et le père, même si la ville entière semblait être l’alliée de cette conspiration du silence et du mensonge. Les sonneries défilèrent, le répondeur parla mais la voix rassurante ne se fit pas entendre. Que faisait il?

- Alors ma belle, on s’amuse toute seule?

Affolée, elle se retourna: John Cassidy l’observait, un sourire se dessinant peu à peu sur ses lèvres.

- Ma garde à vue vient de se finir, ils disent que je suis innocent alors j’ai pensé qu’un peu de compagnie te ferait du bien.

La jeune femme recula sous l’avancée menaçante de John mais son dos heurta avec violence la table d’examen: elle n’avait pas son arme, elle l’avait de suite remarqué. Glissant une main avec lenteur derrière son dos, elle chercha à tâtons sur la table un scalpel ou un instrument qui pourrait lui servir d’arme. Avec habilité, ses doigts se refermèrent sur une lame tranchante.

- Dis moi, je te trouve bien muette…pour une fois.
- Je n’ai rien à vous dire.
- Tu as le corps de ma femme sous les yeux et tu n’as rien à me dire?
- Voulez vous entendre que vous n’êtes qu’un tueur lâche qui a décimé sa famille sans aucune raison apparente?
- Voilà qui est mieux….rentrons alors dans le vif du sujet.


Parler, encore et encore afin de retarder le moment où elle devrait l’attaquer ou il allait la tuer sans scrupule.

- Quelle est ta théorie ? Tu as le tueur qui plus est devant tes yeux mais as tu le mobile?
- Vous êtes un détraqué, vous avez un problème psychologique, une défaillance….mais mon bon sens me pousse à penser que vous avez un désir de vengeance en tuant votre femme et vos filles.
- Beaucoup plus simple que cela agent Scully. Cherche mieux…au fait, dis moi, tu n’aurais pas eu des nausées et des vertiges ces dernières heures?


Des images défilèrent: la fièvre, ses vomissements et son mal être. Comment savait il?

- Pourquoi cette question? Quel est le rapport entre ces meurtres et mon état légèrement fiévreux?
- Tu es médecin voyons!


Tout d’un coup, une scène remontant à deux jours s’imposa à son esprit: lorsque le médecin légiste à terre lui avait passé le scalpel ensanglanté…..regardant son doigt où la blessure cicatrisait à peine, elle comprit. Tout se mit à tourner autour d’elle et la décadence fatale de sa vie venait de se mettre en marche.

- Vous m’avez contaminé avec le sang de Carla…

Elle fut secouée de tremblements de plus en plus incontrôlables.

- Vous saviez que le virus peut survivre trois jours dans un corps mort…j’ai réalisé l’autopsie juste sept heures après la mort….son sang s’est mélangé au mien.
- Il nous fallait une nouvelle victime et tu étais si tentante. Tu ressemblais tant à Ashley…comprends tu enfin mon mobile? Enfin notre mobile…
- Vous….vous sacrifiez les malades du SIDA?
- Voilà ton cerveau se remet doucement en marche….nous avons tellement peur de la maladie que ce cher révérend a trouvé une solution: des offrandes à Dieu pour nous protéger. Le sang souillé coule et nous empêche de mourir à notre tour…
- Le SIDA se soigne.
- Ce virus est impur, infâme, immonde. Cela fait trente ans que la ville se bat contre cette maladie horrible….un jour nous arriverons à purger tout le mal.
- Mais votre femme l’avait….qui vous dit que vous ne l’avez pas?
- Je suis séronégatif .Maintenant tu vas te taire et tu vas me faire prendre un pied d’enfer avant que je t’amène à l’Église
- Mais vous ne savez pas si j‘ai contracté le virus….il y a des jours, des semaines voire des années avant que le virus puisse se développer et se manifester. Mon corps réagit juste à l’introduction d’un virus trop fort pour mon organisme.
- Je sais tout ça mais de toute façon il nous faut quelqu’un ayant été mis en contact avec du sang impur, et tu es la dernière.


Sans ménagement, il la plaqua encore un peu plus contre la table.

- Tu sais que tu m’excites encore plus dans ce décor? Ma femme en morceaux derrière toi, cette morgue glaciale située à des kilomètres sous terre…tu auras eu au moins la fierté de finir ta vie avec moi…en toi.

D’un geste brusque, il l’attrapa sa nuque la serrant comme une main de fer pourrait serrer une brindille. De l’autre il parcourait avec avidité ce corps inconnue, palpant et caressant la moindre parcelle de peau mise à nue. Il sentit à peine le scalpel s’enfonçait entre ses deux omoplates: sa bouche s’ouvrit avec stupéfaction, ses yeux surpris se raccrochèrent au regard dénué d’émotions de Scully. Il tomba dans un bruit sourd, s’écrasant contre le carrelage gelé. Hébétée et révulsée, la jeune femme se met à respirer avec difficulté: le rythme effréné de son cœur lui déchirait la poitrine. Sa seule envie était de hurler mais elle devait partir avant de rencontrer un autre membre de la ville. Ramassant les dossiers qui seraient ses seules preuves, elle enjamba le cadavre, des larmes brûlantes brouillant sa vue. Tout d’un coup, le souffle froid sembla devenir inexistant et lorsqu’elle s’approcha des portes vitrées coulissantes, son cœur voulut s’arrêter: les portes ne voulaient plus s'ouvrir, la laissant prisonnière. Le système électrique venait d’être coupé: seules la lumière, dépendant d’un système autonome persistait à l’éblouir. Fatiguée, paniquée elle ne chercha pas de solution: attrapant une chaise, elle l’envoya se fracasser contre la vitre la plus proche qui explose en milliers de bris de verre. Au prix de quelques éclats dans sa peau, elle se retrouva dans les couloirs du sous sol. Les faibles clignotements de la lumière orange la guidèrent jusqu’à la première bifurcation mais plus elle avançait plus son esprit se comprimait et étouffait dans un épais nuage d’incertitude. Elle s’était perdue dans ce labyrinthe cauchemardesque, les dédales de couloirs se succédant et se ressemblant. Après avoir choisit de partir sur sa gauche, elle sentit que le sol remontait en pente douce. Soudain soulagée, elle pensait trouver la porte de l’ascenseur mais elle continua son ascension jusqu’à ce que le plafond se confonde avec le sol au bout d’un dernier couloir: trois marches amenaient à une trappe aménagée. Il lui fallait à tout prix sortir de cet endroit maudit, alors elle poussa la plaque de toute ses forces et ses yeux rencontrèrent un nouveau plafond situé à vingt mètres au dessus d’elle, le décor ressemblait vaguement à celui d’une…

- Regardez mes enfants, Satan sort de terre et vient parmi nous pour souiller notre lieu saint!
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:39

Il lui fallait à tout prix sortir de cet endroit maudit, alors elle poussa la plaque de toute ses forces et ses yeux rencontrèrent un nouveau plafond situé à vingt mètres au dessus d’elle, le décor ressemblait vaguement à celui d’une…

- Regardez mes enfants, Satan sort de terre et vient parmi nous pour souiller notre lieu saint!




**********



Une lumière aveuglante. Une forte odeur d’urine, acre et puissante vint envahir ses narines. Son crâne allait il exploser sous ce mal assaillant et incessant? Peu à peu ses yeux s’habituèrent à la lumière crue et ses oreilles apprivoisèrent la cacophonie environnante. Un plafond qui fut jadis blanc était recouvert de poussière et de toiles d’araignées, et les tâches paraissaient les unes plus suspectes que les autres. Tournant légèrement la tête de côté, avec une lenteur soutenue pour éviter d’accentuer sa migraine, Scully observa ce mur qui lui faisait face: du béton froid, dur et impersonnel. Dans un effort qu’elle pensa surhumain, elle se retourna et aperçut un décor plus qu’inattendu: des barreaux. Oubliant cette douleur lancinante, elle s’assit sur son lit de fortune et observa, abasourdie. Des barreaux de fer la séparaient des yeux inquiets de Mulder. Pourquoi la regardait il ainsi? Son regard balaya sa cellule, un sentiment de peur profonde accélérant son rythme cardiaque.

- Mulder?

Baissant son visage, il ne put prononcer un mot, ne sachant pas par où commencer.

- Mulder? Qu’est ce que je fais ici? En prison?
- Depuis vingt quatre heures j’ai attendu que tu te réveilles…
- Je suis ici depuis un jour?
- Quatre.
- Quatre?
- Tu ne te réveillais que pour délirer, tu racontais des choses improbables, tu insultais quiconque osait t’approcher…le médecin nous a dit que c’était des bouffées délirantes dû à un choc émotionnel violent.
- Mais…que s’est il passé?


Détournant encore une fois les yeux du visage de son amie, Mulder porta son attention sur un garde qui passait près d’eux.

- Mulder cela ne sert à rien de me cacher la vérité…je dois savoir pourquoi je suis ici.
- Scully tu….tu as fait un véritable carnage.
- Pardon?
- Quels sont tes derniers souvenirs?
- Tu m’as déposé à la morgue…j’ai parlé avec les agents en faction…j’ai commencé l’autopsie d’Ashley Cassidy et…
- Et?
- Je ne sais plus…je ne sais pas comment je suis arrivée ici…
- Il y a quatre jours, ils t’ont retrouvé dans l’Église. Tu as tué le révérend ainsi que le père de Carla.
- Ce n’est pas vrai…ce n’est pas possible….
- Le corps de John Cassidy a été retrouvé dans la morgue, un scalpel planté entre ses omoplates. Le scalpel n’avait que tes empreintes. Et le révérend a été retrouvé près de l’autel, une lame enfonçait dans la poitrine.


Ses mains lâchèrent les barreaux, son corps glissant peu à peu pour s’affaisser sur le sol. Des images revenaient peu à peu, mais elle ne pouvait expliquer ses flashs de couleur et de forme.

- Mulder…j’ai pas pu faire ça…sans raison.
- Je sais. J’ai besoin que tu mettes des mots sur ses faits. J’ai besoin de ta version de tes souvenirs. De la vérité.
- Mais où étais tu pendant ce temps?
- Ils m’ont dit que j’ai eu un accident de voiture…je me suis réveillé dans une chambre à l’hôpital. Une blessure assez superficielle au ventre, j’ai eu de la chance.
- Montre moi.
- Te montrer quoi?
- Ta blessure….montre la moi.
- Je ne vais pas me…
- Mulder écoute moi et fais ce que je te dis.


Il put déceler dans les yeux de Scully une lueur de détermination mêlée à la peur si familière. Regardant autour de lui et jugeant qu’il pouvait le faire, il déboutonna le bas de sa chemise et la remonta. Le regard de Scully qui était resté accroché au sien descendit pour scruter le pansement qui était placé près du nombril de Mulder. Sa main fine et tremblante passa à travers les barreaux pour aller goûter de l’autre côté, là où la liberté était maîtresse de la vie. Avec délicatesse, elle enleva cette protection : la cicatrice était d’un rose léger et presque invisible.

- Ils t’ont dit que c’était un accident de voiture?
- Oui, pourquoi?
- Regarde ta cicatrice: elle est presque inexistante. Dans un accident de voiture, comment pourrais tu te faire une telle blessure?
- Le médecin dit que lorsque j’ai foncé dans la rambarde de sécurité et qu ma voiture a fait un tonneau, un objet quelconque du véhicule s’est enfoncé assez pour provoquer …
- Mulder c’est n’importe quoi! Tu ne te rends même pas compte de l’absurdité de tes propos? Ta blessure a le diamètre de celle d’une lame….très fine…on a dû à peine te l’enfoncer….et surtout on t’as soigné très rapidement.
- Scully tu recommences…
- Tu ne me crois pas?
- Ce que je crois c’est que tout va très mal. Tu es ici enfermée et je ne sais pas quoi faire pour te libérer. Tu vas être jugée Scully. Pour meurtre. Concentre toi et dis moi ce qui s’est passé.


Lui tournant ostensiblement le dos, elle se mit à faire les cent pas, replaçant un à un les éléments de ses derniers souvenirs. Peu à peu, tout s’assembla même si un obscure détail lui échappait encore.

- J’ai parlé aux agents puis je suis entrée dans la salle d’autopsie. Il n’y avait qu’une table en plein milieu: j’ai enlevé le drap pour découvrir le corps d’Ashley Cassidy. C’était horrible…l’odeur….et cette chair…j’ai commencé à examiner son corps et j’ai enlevé sa robe…quand j’ai voulu la retourner pour examiner ses cervicales et sa colonne vertébrale…j’ai trouvé….une pochette…
- Une pochette?
- Enfoncée dans la peau encore existante sous la robe…il y avait plusieurs documents…un acte de naissance…un rapport d’autopsie…Carla avait une jumelle…Ashley avait le Sida et semblait dans une phase finale de la maladie…et tout se rattachait à John…
- John?
- Il est venu …dans la morgue…et il m’a tout avoué…et il a voulu me…enfin il a…


Soudain paniqué, il se rapprocha de la grille qui les séparait et se colla au plus près.

- Il a osé te…toucher?
- Il n’a pas pu…c’est là que je me suis défendue…avec le scalpel…
- Mais c’était de la légitime défense. Qu’as tu fait après?
- J’ai voulu me sauver mais là le système électrique a coupé….la ventilation s’est arrêtée et il était impossible d’ouvrir les portes…alors j’en ai brisé une…


Regardant ses poignets et ses avants bras, elle vit la trace des meurtrissures faites par les bris de verre.


- J’ai couru…longtemps…me perdant dans ces dédales de couloirs…et je suis arrivée sous une trappe que j’ai soulevé….il y avait un plafond très haut qui s’est offert à moi….j’ai entendu du bruit…comme un bruit de foule….la lumière était assez forte…et une voix, plus claire, plus sévère s’est élevée au milieu des autres….
- Et?
- Je ne me souviens plus…tu ne me crois pas?
- Bien sûr que je te crois mais…je n’ai aucune preuve…ces documents sont où?
- Je les avais sur moi au sous sol lorsque je courrais…. Après je me suis retrouvée ici.


Le front contre les barreaux, Mulder n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle: s’approchant, elle observa son regard noisette qui semblait éteint.

- Scully, tout ça est invraisemblable…les documents sont invisibles, tu as déliré pendant des jours et des jours, on a le corps du révérend mais pas de tueur et tu sembles la seule concernée….comment veux tu que je te sorte d’ici?

Il était rare de voir Mulder emprunt d’un tel pessimisme: son attitude l’étonna et la peina, elle était dans une position délicate et il ne faisait rien pour la rassurer.

- Mulder il faut que tu rentres à Washington, que tu préviennes Skinner: je vais avoir besoin d’aide.

Un garde au visage fermé vint prévenir Mulder qui devait partir dans la minute même: ne pouvant parler, Scully lui répéta juste qu’il devait entrer au plus vite à Washington. Alors que la silhouette amie s’éloignait, Scully s’effondra à nouveau sur le sol froid de sa cellule: son corps tout entier était faible, des nausées incontrôlables secouant avec force son être si fragile. Le virus attaquait son organisme, essayant de pénétrer et de s’installer pour attendre le bon moment pour éclore et l’anéantir, transformant la fleur de printemps en feuille morte d’automne. Rassemblant le peu de force encore existante, elle se leva et réclama la permission de téléphoner à un avocat. L’accompagnant près des cabines, les mains menottées, Scully vivait l’envers du décor: toute sa vie elle avait passé des menottes, oubliant même que le criminel était un humain capable d’être bouleversé par cette humiliation. Alors qu’il la plaçait près du téléphone, Scully joua de son statut de femme et d’agent pour avoir un peu d’intimité pendant sa conversation. Elle n’avait jamais pensé à appeler un avocat, elle composa avec rapidité le numéro privé de Skinner.


- Monsieur?
- Agent Scully? C’est vous? Comment allez vous?
- Mal. Je n’ai pas beaucoup de temps.
- Dans quelle histoire êtes vous tombée?
- Je vous assure que je suis innocente…le cas de John Cassidy était de la légitime défense, il était le tueur…il a tué sa femme et ses deux filles…mais pour le révérend je ne sais pas ce qu’il s’est passé.
- Agent Scully j’espère que vous vous rendez compte de l’ampleur et de la gravité de votre cas?
- Monsieur j’ai un service à vous demander.
- Allez y.
- Lorsque Mulder arrive à Washington, faites lui faire une analyse sanguine au plus vite, mais à Quantico, par nos médecins et professeurs.
- Vous soupçonnez quelque chose?
- Je pense qu’il était drogué lorsqu’il est venu me voir, il était si…différent avec moi….c’est plus une intuition Monsieur. Et il faudrait que vous veniez sur place….les documents sont forcément quelque part…et vous avez plus de pouvoir que Mulder et moi.
- D’accord. Dès que Mulder arrivé, je l’emmène à Quantico et nous revenons dès que possible.
- Merci. Je dois raccrocher Monsieur.
- A très vite agent Scully.
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:39

Scully ne cessait de tourner en rond dans sa cellule: la jeune femme étouffait dans cette pièce si exiguë et le manque d’intimité devenait de plus en plus pesant. La fièvre renforçait sa fragilité et la peur était devenue sa seule alliée: elle savait que sans preuve, son avenir ne serait qu’un amas de désespoir et de solitude. Le jour d’avant, en fin de soirée, elle avait été convoquée par l’inspecteur de la police. Elle ne put faire la différence entre la souffrance et l’humiliation dont elle était victime. Elle n’était plus qu’un suspect, une tueuse, une folle furieuse. Scully parlait mais ses mots n’avaient aucune portée: elle devait se taire, toujours et encore. Alors elle attendait le droit de passer un appel: elle devait avoir le soutien de Skinner et la réponse des examens de Mulder. Les heures passaient avec lenteur, plus le temps avançait plus sa liberté s’effritait entre ses doigts. Enfin on vint ouvrir sa porte, on lui passa les menottes et on l’amena près des téléphones. Composant avec fébrilité le numéro de Skinner, elle laissa passer les sonneries, sentant les pulsations de son cœur augmentaient avec puissance.

- Bonjour Monsieur.
- Agent Scully…vous?
- J’essaye d’aller bien, merci. Alors pour Mulder?
- Première bonne nouvelle, vous aviez raison. Lorsque l’agent Mulder est arrivé hier, je l’ai tout de suite emmené à Quantico où une prise de sang a été réalisée. On a retrouvé du formol dilué à haute dose ainsi que du chloroforme.
- Un sérieux mélange assez fort pour le déstabiliser pendant quelques jours, tromper son attention et lui faire oublier quelques détails.
- J’en ai profité pour faire examiner sa cicatrice…et vous aviez encore raison. Le médecin a trouvé la trace de fer oxygéné mélangé à un antiseptique et il a confirmé que le diamètre était celui d’une lame très fine.
- Donc Mulder s’est fait attaqué la même nuit où le révérend aurait été retrouvé mort, une lame enfoncé dans la poitrine.
- C’est là qu’arrive les problèmes. Si on réussit à prouver que vous avez tué le révérend, on vous accusera d’avoir attaqué Mulder.
- Mais c’est totalement absurde et décousu!
- Je le sais très bien agent Scully et c’est pour cela que j’arrive dès cette nuit.
- Avec Mulder?
- Non. En attendant, ne faites aucune déclaration, ne parlez pas et attendez moi.
- Très bien monsieur.

La jeune femme fut reconduite dans sa cellule. Scully resta prostrée dans un des coins sombres, attendant un miracle.

L’adjoint Skinner sortit rapidement de l’aéroport et prit le premier taxi pour Willow Creek. Il n’avait pas demandé à Mulder de l’accompagner car ce dernier se remettait doucement des effets de la drogue ingérée et il avait trop peur qu’il fasse encore plus de peine à Scully en lui montrant qu’il n’était plus maître de ses gestes et de ses opinions. Le froid de décembre le fit frissonner mais c’était la pensée de l’agent Scully, seule dans une cellule minable qui l’angoissait. Il avait toujours eu pour elle ce sentiment de respect et d’admiration que dégage les fortes personnalités. La première fois qu’il l’avait vu, si petite et si menue, il avait pensé qu’elle était une de ces agents qui ne pouvaient que travailler dans un bureau, bien trop fragile pour être excellente sur le terrain. Pourtant aux côtés de Mulder, elle semblait se dépasser: sans cesse, elle avait su se montrer plus forte que la plupart des agents dont il avait la connaissance. Au fil des années, il avait appris à la connaître et à la cerner, découvrant une femme étonnante, une femme meurtrie par les blessures. Il avait assisté impuissant à sa maladie aux côtés de Mulder, se montrant distant mais s’inquiétant comme il ne s’était jamais préoccupé pour une autre personne. L’admiration. Ce mot revenait incessamment lorsqu’il pensait à Scully.
Ses pas résonnèrent en écho dans le couloir gris et triste de la prison. Ses yeux se posèrent sur cet être dans l’ombre, sur ce corps ravagé par le mal, tué par le mensonge.


- Agent Scully?

Un visage livide, rongé par les larmes se souleva et un regard emprunt d’une détresse sans nom s’accrocha au sien. C’était trop: elle était innocente et elle ne supportait plus d’être enfermée comme une criminelle.

- Dana?

La première fois que son supérieure l’appelait par son prénom. Il semblait inquiet pour elle: allait elle faire souffrir beaucoup de personne?

- Monsieur.
- Est que ça va? Vous ont ils fait quelque chose?
- A part un interrogatoire éprouvant où ils m’ont demandé d’avouer les deux meurtre, ils ne m’ont rien fait.
- Je vais vous faire sortir d’ici au plus vite: vous êtes innocente, si on arrive à prouver que John Cassidy était bien le tueur et si on retrouve l’arme…
- Tout est relié….tout est relié.
- Comment ça?
- Lorsque je me suis échappée de la morgue, j’ai atteint un couloir que je ne connaissais pas et j’ai découvert une trappe…et je suis sûre que cette trappe menait à l’Église, je n’ai plus aucun souvenir à partir de ce moment…
- Nous allons aller le vérifier par nous même: j’ai pu obtenir une libération provisoire jusqu’au procès. Vous n’avez pas le droit de sortir de la ville, et ils vont sûrement nous empêcher de sortir d’ici, mais si vous pensez que la clé est peut être sous nos pieds, nous devons aller le découvrir.



Il leur fallut deux heures pour sortir de la prison: les habitants de la ville s’était rassemblé pour invectivait Scully. L’humiliation semblait atteindre son comble, et seul les bras de Skinner lui permirent de rester debout. Ils montèrent dans une voiture de location pour aller au motel où Mulder et elle s’étaient installés.

- Vous avez besoin d’une douche et de sommeil…et de tranquillité je suppose. Ce soir des agents seront positionnés tout autour de l’hôpital pour nous permettre un accès sécurisé.

Elle ne répondit pas: ses yeux balayèrent le paysage extérieur, s’attachant au givre des arbres de l’imposante forêt. Le motel était toujours aussi misérable et sa chambre était restée comme elle l’avait abandonné: rangée, figée, glaciale. Skinner était resté sur le seuil, l’observant avec attention:

- Monsieur où est mon arme?
- Elle a été retrouvée sur Mulder et bien sûr elle a été confisquée, vous n’êtes…
- Plus en service.
- Il ne vous manque rien?
- Non.
- Je suis dans la chambre à côté de vous, si vous avez besoin de la moindre chose, je suis là.
- Merci.


Sous l’eau brûlante, elle laissa évacuer toute sa peine et toute sa colère. Des larmes de rage se mêlaient aux gouttes d’eau, sublimant ce moment dans un instant de douleur parfaite. Elle vivait le pire des cauchemars et elle ne demandait qu’à se réveiller. Son corps épuisé tomba sur le lit, et elle sombra dans un sommeil mouvementé et peuplé d’images éprouvantes. Elle voyait le révérend tenant un enfant, faisant couler son sang près de l’autel et la foule applaudissait….elle était traînée par les cheveux devant la statue du Christ, et elle voyait la lame étincelait près de son visage, de son cou puis ses poignets…elle sentait la douleur cuisante de cette lame tranchante…
Elle se réveilla en sursaut sous les coups frénétiques de Skinner sur sa porte.


- Entrez…

L’adjoint Skinner la trouva assise sur le rebord du lit, la tête baissée et le regard perdu vers un des coins de la chambre.

- Il est deux heures du matin…les rues sont désertiques, nous avons la voie libre.
- D’accord, laissez moi le temps de m’habiller.



Lorsqu’ils arrivèrent en ville, le froid hantait les lieux et un souffle d’air glacial parcourait les arbres dénudés qui bordaient les allées. Était ce les hurlements qui voulaient sortir d’elle ou de réels cris qui se faisaient entendre autour d’eux? Scully n’arrivait plus à penser tant tout était confus en elle: elle aurait préféré mourir sous les mains du révérend ou de John Cassidy plutôt que de vivre ces instants atroces. La voiture se gara devant l’hôpital où un agent vint les rejoindre. Ce dernier salua chaleureusement Skinner mais ne daigna poser son regard sur Scully, lui tournant le dos sans aucune gêne. Pour tous, elle était celle qui avait fauté, qui avait perdu son sang froid, abattant deux hommes qui n’étaient que des supposés acteurs dans le meurtre de Carla Cassidy. Carla. Tout était partie de la découverte de ce petit corps pendu au bout d’une corde: lorsque Scully avait baissé ses yeux dans le hangar, elle avait capturé sa souffrance qui était désormais la sienne. Si elle réussissait à prouver son innocence, parviendrait elle à reconstruire sa vie que l’on venait de détruire? Le virus en elle reposait, attendant le moment opportun pour déclarer la guerre à son organisme: pouvait elle finir ses jours, rongée par la maladie? Tant de questions qui ne trouvaient pas de réponses: ce ne fut que la voix de Skinner qui l’arracha à ses pensées. Elle avançait sans vraiment regarder où elle se trouvait. Les lumières clignotaient, les décors se succédaient, les bruits se mélangeaient mais son attention semblait fixée sur sa peur et son mal.

- Nous y sommes agent Scully.

Laissant échapper les larmes qui brouillaient sa vue, elle s’obligea à regarder autour d’elle. Ils étaient arrivés devant la porte brisée de la morgue: la lumière crue lui révéla des taches de sang séché, là où le corps de John s’était écroulé, gisant à tout jamais sur le carrelage vierge. Détournant les yeux, elle attendit: que devait elle faire? Se placer là où elle avait évité sa propre mort, et expliquer encore et encore le déroulement de la scène? Elle n’était plus l’agent qui posait les questions, elle était la suspecte obligée de répondre.

- Scully nous allons refaire le chemin que vous avez parcourut lorsque vous vous êtes sauvée afin de retrouver cette fameuse trappe.

Ils marchèrent de longues minutes dans un silence macabre seulement ponctué par le bruit de leur pas. Scully n’avait aucun souvenir des couloirs qu’elle avait emprunté. Le hasard de leur course les mena au fond d’un couloir sans porte: une trappe circulaire se fit découvrir dans le plafond.

- Donc c’est par ici que vous êtes passée?
- Monsieur…il y a quelque chose qui change….je suis certaine que l’issue était de forme carrée et non circulaire comme celle ci….et le couloir était brillamment éclairé…pas comme ici.


Voulant éclaircir au plus vite le doute qui obscurcissait l’esprit de Scully, Skinner attrapa la poignée et ouvrit d’un coup sec l’ouverture aménagée. Il ne put retenir un cri de surprise avant de se tourner vers la jeune femme, hypnotisée par la vision qui s’offrait à elle.

- Vous aviez raison Scully…tout est relié.

Au dessus d’eux se trouvait le plafond reconnaissable de la prison.

- Monsieur tout est plus clair maintenant: le sous sol de l’hôpital s’étend sur toute la longueur de la ville…il y a un accès à l’Église, à la prison, et je suis sûre que l’on pourrait découvrir d’autres trappes.
- Désormais il nous faut trouver les documents pour finir de vous innocenter, ce genre de constructions serait très facilement justifiable: durant la Seconde Guerre, l’Amérique Puritaine a voulu se protéger de tout le malheur de l’Europe, vous devez connaître les différentes politiques misent en place à cette époque comme la prohibition.
- John Cassidy m’a avoué que la ville combattait depuis une trentaine d’années le Sida…ce sont des sacrifices fait à Dieu…..les bâtiments sont reliés entre eux dans un ordre hiérarchique…
- Et tout part de l’hôpital et de la morgue, pour remonter à la prison et sûrement aux principaux bâtiments administratifs et aux pompes funèbres.
- Et le lieu qui se trouve en haut de l’échelle ne peut être que…
- L’Église. Les documents que vous aviez trouvé doivent y être.
- Alors allons y.
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MessageSujet: Re: [Silence]   Mar 1 Aoû - 2:40

Revenant sur leur pas, ils prirent le chemin inverse, retournant vers la morgue. Sortant par la porte dérobée accotée à celle ci, ils contournèrent l’hôpital et remontèrent la grande avenue bordée de marronniers. Scully ne sentait plus le froid qui glaçait ses os, seule sa détermination la faisait avancer, droite, drapée dans sa dignité déchue mais doucement retrouvée.
Les rues étaient étrangement calmes: lorsqu’ils pénétrèrent dans le lieu saint, l’assurance de Scully cilla et tomba en même temps qu’elle.


- Agent Scully?!

A genoux près d’elle, Skinner la rattrapa avec que son corps heurte avec fracas le sol.

- Qu’avez vous? Que se passe t’il?
- Je…je..je me souviens…


Le front de la jeune femme était perlé de sueur: la fièvre la faisait trembler malgré elle, des frissons incontrôlables s’emparaient d’elle, refusant de finir cet assaut de douleur.

- De quoi vous rappelez vous? Scully répondez moi!
- Lorsque j’ai ouvert la trappe…le révérend était là, au dessus de moi…il y avait une foule étonnante….un nourrisson ensanglanté était à terre, il hurlait….et je me suis sentie projetée à terre…près de l’autel…à côté de Mulder, il avait cette lame à peine enfoncée dans son ventre….j’ai voulu lui parler…mais il m’a fait signe de me taire…la foule hurlait, criait, m’insultait…
- Que disait elle? Le révérend vous parlait il?
- On me reprochait d’être souillée…d’avoir un sang impur….


Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée, ses mots se faisaient de plus en espacés.

- Le révérend s’est approché de moi…il m’a enlevé mon chemisier….afin de libérer mes bras disait il…alors qu’il se penchait vers moi avec un scalpel…tout s’est passé si vite…ce n’est pas moi qui l’ai assassiné…j’ai croisé le regard de Mulder et l’espace d’une seconde, il a enfoncé la lame dans le poitrine du révérend….il a sortit l'arme de son ventre pour le tuer et me sauver la vie…je me souviens de tout….la vérité est dans la croix…

Alors qu’elle avait prononcé ces derniers mots, elle sombra dans une profonde inconscience.

- Scully? Dana?

Il avait beau la secouer et lui parler, ses yeux refusaient de s’ouvrir. Prenant son pouls, il se rendit compte qu’il était plus que faible. Il devait l’éloigner de cet endroit avant qu’il ne l’affaiblisse encore plus.

********



Un soleil resplendissant inondait le bureau des affaires non classées. Comme chaque matin, Scully arrivait avec deux cafés, sachant que Mulder et elle en auraient besoin. Le printemps été déjà arrivé depuis les derniers évènements de l’hiver. Chacun prenait soin de repenser ses blessures, la force de l’amour déjouant les pièges de la souffrance.

Lorsqu’elle s’était réveillé, Scully avait reconnu la trop bien familière chambre d’hôpital de Georgetown. A son chevet, Mulder veillait sur elle, un regard doux se posant sur son visage inquiet. Alors avec lenteur, il lui avait raconté. Comment Skinner l’avait sauvé du coma en l’emmenant à l’hôpital de la ville voisine. Comment ce dernier avait retrouvé les documents prouvant que Scully était innocente dans le bras droit du crucifix de l’Église. Il lui parla doucement, caressant ses cheveux et son front, lui murmurant des excuses, se repentant de son état lors de leur entrevue à la prison. Tout prenait fin, un nouveau départ s’imposait. Alors qu’il s’approchait pour l’embrasser, elle l’avait empêchait, sentant l’angoisse de la maladie remontait du plus profond d’elle même. Encore une fois, il posa un index sur sa bouche et la rassura: la maladie ne s’était pas déclarée et même si elle dormait quelque part dans son corps, il apprendrait tout comme elle à vivre avec.



Ainsi en ce matin si splendide, ils ouvrirent un nouveau dossier, prêts à partir sur le terrain afin d’enquêter. Ils n’étaient plus les mêmes, et leur façon de voir les choses avait changé: un nouveau destin les attendait, celui du bonheur.



Fin
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