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 ¤ Les Yeux Fermés ¤

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JeN.
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MessageSujet: ¤ Les Yeux Fermés ¤   Mar 1 Aoû - 2:38

Auteur: JeN.
Date: 27 janvier 2006 au... 15 mars 2006 (?!)
Avertissement: Il me semble qu'il y a un peu de sang. Ambiance "pesante" (?)
Résumé: Scully se fait enlever, Mulder ne tarde pas à la rejoindre dans un endroit où règnent souffrance et douleur, aussi bien physique que morale.
Spoilers: Aucun.
Disclaimer: Mulder et Scully appartiennent à M. Chris Carter et à la Fox, je les emprunte juste pour les torturer un peu (bah quoi?)

¤ Les Yeux Fermés ¤


Un choc contre le bureau. Puis, un deuxième. Un après l'autre, les doigts de Mulder s'écrasaient sur le bois de la table. Sa tête perdue dans sa main libre, Mulder réfléchissait. Il rouvrit doucement ses yeux. Rien n'avait changé, son bureau était toujours vide, aussi vide que sa vie à cet instant. Sans Scully. Cela faisait deux jours qu'elle avait disparue, deux jours que personne n'avait de nouvelles. Ni sa famille, ni le bureau... pas même lui. Le bruit du téléphone le fit sursauter. D'un geste nerveux, il décrocha. Le directeur-adjoint Skinner voulait le voir. Sans avoir prononçé un mot, il raccrocha et quitta son bureau.

- Agent Mulder...
- Qu'est-ce que vous me voulez?
dit-il en refermant la porte.
- Je vous en prie, calmez-vous.
- Que je me calme? Vous voudriez que je me calme?
- Asseyez-vous agent Mulder.


Mulder se jeta lourdement sur le fauteuil, puis expira profondément.

- Je vous prie de m'excuser.
- Bien. Je vous promet de mettre les meilleurs agents sur l'affaire, et...
- Les meilleurs agents? Sauf votre respect, monsieur, je pense être le mieux placé pour...
- Ecoutez, vous êtes beaucoup trop affecté par tout cela...


Mulder se releva brusquement, faisant tomber son siège.

- Et moi je vous dit que vous ne comprenez pas. C'est à moi de la retrouver, et à moi seul ! Avec ou sans votre aide.

La porte claqua sur ces derniers mots.

**********


Mulder atteignit péniblement le canapé. Certes, le désordre régnant dans son appartement était quelque chose d'habituel, mais en deux jours de temps, l'état des lieux avait atteint un stade plus qu'impressionant. Les yeux fermés, il tenta de trouver le sommeil. Quête des plus périlleuses pour lui. "Pour changer", pensa-t-il. Dormir paisiblement alors que sa partenaire était sans doute en danger relèverait plus que jamais du domaine du paranormal. Et ce qui devait arriver arriva. Un appartement sombre, une nuit s'avançant dangereusement vers ses 35 ans, sa solitude, pesante. Rien de plus propice à l'arrivée de la pire compagnie qui soit: l'imagination. Mulder ferma les yeux, et Mulder imagina. Il imagina les pires scénarios qui soient. Il releva doucement une paupière, puis l'autre. Un cauchemar? Il saisit le combiné et composa mécaniquement le numéro de Scully. Tonalité affolante. Jusqu'à entendre la douce voix de son amie annoncer qu'elle n'était pas disponible pour le moment, et cetera, et cetara... Un cauchemar éveillé, alors. Il se releva, et, pour une fois, fit ce qu'aurait fait tout autre homme dit "normal": il s'empara de sa veste, quitta son appartement et se rendit dans le bar le plus proche.

**********


Le bruit de ses talons. Il n'entendait plus que ça. Inconsciemment, il l'imaginait se mêlant à celui que faisaient ses propres pas dans ce long couloir. Deux mélodies se mêlant en une harmonie parfaite. Murmures sur son passage. Une journée comme les autres? Non, pas tout à fait. Il s'apprêtait à la subir, comme toutes celles qu'il avait passé sans Scully. Soudain, un obstacle. Une sensation étrange, là, juste sous son pied droit. Il se pencha et saisit l'enveloppe, apparemment déposée ici à son attention puisque son nom y figurait en caractères imprimés. Il l'ouvrit et fit glisser dans sa paume une cassette audio. Scully. Des nouvelles de Scully. Pour en avoir le coeur net, il s'installa à son bureau et s'empara du magnétophone.

- Pourquoi tu nous as pas prévenu plus tôt?

Langly, Byers et Frohike pénétrèrent dans le bureau avec un matériel audio impressionant.

- Vous avez réussi à rentrer sans problèmes?
- Tu nous connaît, on est plein de ressources
, répondit Langly en lui faisant un clin d'oeil des plus révélateurs.

Mulder ne releva même pas, déjà occupé à tenter de faire fonctionner cet imposant dispositif.

- Eh, vieux, fais pas cette tête, on va la retrouver ta Scully.

Les trois compères s'installèrent en face du bureau.

- Tu as déjà pu l'écouter? demanda Byers.
- Oui, mais la voix n'est pas reconnaissable... et j'aimerais bien savoir qui est l'enfoiré qui...

Il n'acheva pas sa phrase et expira profondément.

- Ca dit quoi, en gros? demanda Frohike.
- Que si je l'ai perdue, c'est que je l'ai bien cherché, et qui si je veux la revoir vivante, je dois abandonner définitivement les affaires non-classées et tout ce qui va avec.
- Ah quand même
, fit Langly.

Mulder lui lança un regard noir.

- Il dit aussi qu'il m'appelera ici au bureau, ce soir.

Byers posa alors sa main sur l'épaule de Mulder et le força à le regarder.

- On espère sincèrement que cette sale histoire finira bien. Tu sais où nous trouver si t'as besoin de nous. On te laisse le matériel.

Mulder afficha l'ombre d'un sourire en guise de remerciement et se replongea dans l'écoute de la cassette.

**********


Le froid. Juste le froid. Celui qui glaçat tous ses membres alors même qu'elle s'échappait des griffes d'un sommeil étouffant. Elle tenta de se lever mais le moindre geste lui était interdit. C'est alors qu'elle se rendit compte de l'endroit où elle se trouvait. Allongée sur un lit, poignets et chevilles attachés. Prisonnière. Une pièce sombre, probablement une cave. L'éclairage faible d'un néon dysfonctionant. Une table. Un homme à cette table. Un homme aux cheveux mi-longs, gras. Un homme à la barbe naissante. Un homme qui examinait soigneusement chaque lame de rasoir soigneusement posées sur la table.
- Alors, on se réveille, ma belle?
- Qui êtes-vous?
- Chut... Calme-toi, chérie. Ou c'est moi qui vais être obligé de te calmer. Ce serait dommage d'abîmer une beauté comme toi.
- Mais où je suis? Je vous connais...
- Arrête de poser des questions, tu veux? J'avais prévu d'appeler ton ami Le Martien ce soir. Alors si tu veux entendre le son de sa voix, tu dois être sage.


Oubliant ses chaînes, elle tenta de se relever brusquement et poussa un cri de douleur en retombant sur le lit.

- Vous connaissez Mulder?
- Qui ne le connaît pas? Tu sais qu'il s'inquiète beaucoup pour toi... Et dans pas longtemps, il aura vraiment des raisons de s'inquiéter...


Il s'approcha d'elle, l'oeil menaçant, une lame à la main.

- On va bien s'amuser, toi et moi...

D'un geste sec, il arracha la chemise de Scully, découvrant son ventre nu.

- Ne me touchez pas !

Se débattre. Autant qu'elle le pouvait. Jusqu'à ce qu'elle se rappelle que ses chaînes la rendaient totalement impuissante. L'homme s'empara de son téléphone, composa un numéro, tandis que son autre main faisait lentement glisser la lame le long du ventre de la jeune femme.
Une déchirure. Peu profonde. Mais la lenteur de la lame lui arrachait des cris de douleur... Impuissante, les larmes coulaient le long de ses joues.

- Mais qu'est-ce que vous voulez? hurla-t-elle.
- Allô? Scully? Tu m'entends?


Mulder. Sa voix. La torture était à son comble... L'entendre. Puis, ouvrir les yeux et s'appercevoir qu'il n'était pas là, près d'elle.

- Mulder...
Ce nom qu'elle murmura de manière à peine audible, c'était sa prière.

- Mulder ! hurla-t-elle de plus belle, les joues innondées par des torrents de larmes.
- Scully !
- Vous l'avez entendue, agent Mulder, elle est toujours vivante... Pour le moment.


Et il raccrocha.



Dernière édition par le Mar 1 Aoû - 2:47, édité 1 fois
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JeN.
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MessageSujet: Re: ¤ Les Yeux Fermés ¤   Mar 1 Aoû - 2:45

Son appartement n'était plus que le reflet de lui-même: dévasté. Ca et là, des bouteilles gisaient au sol, traduisant sa tentative d'oublier. D'oublier quoi? D'oublier sa solitude. D'oublier pourquoi il en était arrivé là. Scully méritait beaucoup plus que tout ça. Il l'avait entraînée avec lui dans sa quête incensée, sans réfléchir à ce qui était mieux pour elle. C'était un égoïste. Un égoïste fini. Un égoïste perdu. Un égoïste persévérant dans son égoïsme: le bien-être de Scully était malgré tout indispensable à sa survie. La sauver pour se sauver lui-même. Les yeux fermés, les poings serrés, ses pensées s'envolaient. Jusqu'à Scully. Il était sûr qu'elles l'atteindraient, là où elle était. Le matériel emprunté aux Bandits Solitaires encombrait la table basse. Il avait préféré étudier la cassette chez lui. Il ne trouvait plus aucun interêt à aller au FBI. Pas sans elle. Près de son ordinateur, une lettre gisait. Celle qui allait définitivement tourner une page de sa vie. Une vie sans les affaires non-classées était concevable. Une vie sans son amie, non. Dès le lendemain, Skinner serait mis au courant de sa décision.

**********


Sa main se posa au sol pour saisir une nouvelle enveloppe. Différente de la précédente, cette fois. Elle retomba immédiatement au sol. Du sang. Il y avait du sang sur cette enveloppe. "Morte ou vivante?".

La porte de l'appartement de Mulder claqua brusquement. Il jeta sa veste au sol et se rua sur l'appareil emprunté aux Bandits Solitaires. Il saisit une bouteille d'une main et, de l'autre, pressa la touche "Lecture". Son cri déchira son coeur. C'était le cri de Scully. Elle hurlait de douleur. Il ferma alors les yeux. À s'en fendre les paupières. La bouteille qu'il tenait vint se briser sur le mur au moment où il entendit distinctement Scully hurler son prénom. Ces deux syllabes, c'était un appel au secours. Et il était là, impuissant. Des torrents de rage s'échappèrent de ses yeux. Il se releva, expira profondément, rangea les dégâts qu'il venait de comettre, puis se rassit. La nuit allait être longue, mais il était déterminé. Il retrouverait sa partenaire. Même à l'autre bout du monde.

**********


- Pourquoi vous faites tout ça?
- T'es pas encore calmée, ma jolie? T'en veux encore, peut-être?


Le corps déchiré, elle tourna la tête vers son agresseur et lui lança un regard noir. Elle n'avait pas peur de lui. Elle était impuissante et il en profitait.

- Je vous connais...
- Tu l'as déjà dit, ça.
- Vous travailliez au FBI,
lui lança-t-elle.
- Gagné. J'ai mal tourné, j'ai été viré. Mais ils m'ont recontacté, ils avaient besoin de moi.
- Pourquoi ça?
- Pour se débarasser des affaires non-classées,
cracha-t-il. Et, si tout se passe bien, je retrouve mon boulot et je bosse pour eux.
- Si tout va bien? Vous n'êtes qu'un salaud...
- Oh, on se calme ma jolie. Je t'en ai trop dit. Je crois que je mérite une petite récompense, pas toi?


Il s'approcha d'elle, et, d'un geste vif, la débarassa complètement de sa chemise. Il colla sa bouche sur le ventre de la jeune femme, tandis que ses mains parcouraient son corps, brûlant la moindre parcelle de sa peau. Elle se crispa. Une larme coula le long de sa joue. Il se releva. Il ricana. Elle aurait voulu mourir. Il approcha son visage du sien, un sourire effronté sur les lèvres. Elle lui cracha au visage et reçut une violente gifle pour seule réponse.


**********


Trois coups secs donnés sur la porte de l'appartement numéro 42. Les cris de Scully sur la cassette. Les paupières de Mulder se relevèrent péniblement. Il s'était assoupi en essayant de découvrir le moindre indice qui lui aurait permis de localiser l'endroit où se trouvait son amie. C'est avec lourdeur qu'il quitta son canapé pour aller ouvrir la porte. Une femme. Quatre syllabes. Diana Fowley.

- Qu'est-ce que tu fais là?
- Moi aussi, je suis ravie de te revoir, Fox.

Elle se fraya un passage et s'installa sur le canapé.
- Je t'en prie, entre, fais comme chez toi.

- Qu'est-ce que c'est que tout ce bazar? questionna-t-elle en pointant la table basse du doigt.
- Rien, c'est pour une affaire, répondit-il en passant sa main dans ses cheveux.
- Je peux peut-être t'aider?
- Ca m'étonnerait. Scully a disparu.
- Ah... fit-elle en se mettant davantage encore à son aise.
- Oui.
- Depuis quand?
- Ca va faire quatre jours.
- Tu sembles épuisé, Fox. Tu as besoin de te changer les idées, dit-elle en se relevant et en s'approchant de lui.
- Je n'ai pas de temps à perdre, Diana.

Elle passa ses mains autour de son cou.

- Oublie la cinq minutes, tu veux? Pense un peu à toi...

Elle approcha ses lèvres des siennes et l'embrassa, tout en déboutonnant sa chemise.
De marbre, Mulder ferma les yeux. Pour mieux voir. Et ce qu'il vit, c'était Scully. Il aurait tant voulu l'avoir près de lui, la sentir vivante et en sécurité, dans ses bras. Il rouvit les yeux et repoussa violemment Diana.

- Arrête ton cinéma, s'il te plaît.

Elle le retint par le bras, planta son regard dans le sien, une aiguille dans sa peau, et lui dit:

- C'est dommage, on aurait pu bien s'amuser, tous les deux.
Le corps de Mulder s'écroula lourdement sur le sol.

**********


Le froid. Juste le froid. Celui qui glaçat tous ses membres alors même qu'il s'échappait des griffes d'un sommeil étouffant. Ses paupières s'entrouvrirent alors pour découvrir une obscurité éclatante.

- Scully.

Sa voix résonnait dans la pièce close. Se lever. Il fallait se lever. Pour retrouver Scully. Il s'appuya alors sur son bras. Erreur. Ce simple geste lui arracha un cri de douleur. Il retomba sur le sol glacé, les membres crispés par le désespoir. Chaque mouvement provoquait en lui une douleur incontrôlable. Ses yeux finirent par s'habituer à la pénombre. C'est alors qu'il apperçut une porte au fond de la pièce. L'absence totale de fenêtre ou d'une quelquonque source de lumière l'empêchait de la distinguer correctement. Il tenta alors de s'en approcher. Un obstacle. Une sensation étrange, là, sous sa main droite. Un magnétophone. C'était un magnétophone. Sans réfléchir, il l'enclencha. La voix d'un homme se fit entendre. Le même que celui des autres bandes. Il avait bien rempli sa part du marché, les affaires non-classées étaient à l'heure actuelle fermées. Mais l'homme voulait encore s'amuser. "Vous avez des chances de la retrouver vivante, M. Mulder. Mais, pour ça, il vous faudra d'abord ouvrir cette porte. Vous savez comment y parvenir, la réponse est en vous. C'est là que tout a commencé". Un claquement sec. Celui qui annoncait la fin de la bande sonore. Un deuxième. Une lumière aveuglante traversa la pièce. Une télévision venait de se mettre en route. Allongé sur le sol, la tête perdue dans ses bras, son âme se noyait dans son désespoir. Il leva doucement les yeux vers l'écran. Il y a de ces images qui vous bouleversent, qui pénètrent dans votre esprit sans crier gard, et qui l'habitent jusqu'à la fin des temps. Des images dessinant de longues et profondes cicatrices dans votre âme, celles qui ne guériront jamais, qui vous hanteront pour toujours. Des images qui s'infiltrent en vous, qui prennent possession de tout votre être, pour ne plus jamais le quitter, s'appropriant la moindre parcelle de votre peau, mais aussi de votre âme. Des images qui vous crient la vérité, celle de votre culpabilité. Ce que Mulder vit sur cet écran faisait partie de ces images.
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JeN.
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MessageSujet: Re: ¤ Les Yeux Fermés ¤   Mar 1 Aoû - 2:59

Elle était là, sous ses yeux, allongée, attachée à un lit, le corps déchiré par le monstre qu'était cet homme.

- Scully ! hurla-t-il.

Il s'abandonna à nouveau sur le sol glacé, les yeux embués de larmes. Comment avait-il pu laisser cela arriver? Il fallait qu'il la sorte de là. La vie de son amie était plus précieuse que n'importe quel trésor au monde. Lentement, il se traîna jusqu'à la porte. Cette dernière était verouillée par un code. C'était sa seule chance de la sauver. Des chiffres. Tous. Tous ceux qui lui passaient par la tête. Jusqu'à finir par se jeter sur la porte dans un élan de désespoir, espérant peut-être la faire céder. Il s'écroula à nouveau au sol. Il pouvait sentir ses forces le quitter à mesure que les larmes coulaient. Son corps se plia soudain en deux: la douleur avait repris possession de tout son être. Fermer les yeux. Pour fuir la vérité.

**********


La porte s'ouvrit lentement. Dana tourna la tête, ouvrit les yeux, et ce qu'elle vit la glaçat d'effroi. Diana Fowley. Quelques lettres suffisent parfois à dégoûter. Ou même une simple sonorité. Cela avait toujous surpris Scully. Chez cette femme, tout était sujet à dégoût. Du moins, c'est comme ça qu'elle le ressentait. Cet avis était loin d'être partagé par Mulder, à son grand regret. Il arriverait bien un jour où il ouvrirait les yeux.

- Vous?!
- Bonjour, Dana, lui lança-t-elle avec un sourire arrogant. Comment vous sentez-vous?
- Le mieux du monde, murmura-t-elle en tournant la tête dans la direction opposée.

"Mieux vaut être aveugle que de voir un spectacle pareil", songea-t-elle.

Diana s'approcha de l'homme et chuchota quelques paroles à son oreille, qui dessinèrent sur son visage un sourire pervers.

- À bientôt, agent Scully...

Diana Fowley. Elle aurait dû s'en douter. Et Mulder? Et si elle avait aussi fait du mal à Mulder? À cette pensée, son coeur se déchira.

- Ca vous amuse, peut-être?
- Non. Crois moi, ma jolie, ce n'est pas drôle du tout.
- Vous plaisantez, j'espère?
- J'ai l'air de plaisanter?

Elle soupira.

- Vous m'avez menti, n'est-ce pas? demanda-t-elle, sûre d'elle.
- Menti?
- Oui. Vous ne faites sûrement pas tout cela uniquement pour retrouver votre emploi?
- Quelle perspicacité. Non, en effet. Cela ne comporte aucun interêt pour moi de retrouver un emploi. Du moins, pas pour le moment.

Il se leva, passa ses mains dans ses cheveux, cracha sur le sol et approcha son visage de celui de Dana Scully.

- Et tu veux savoir pourquoi? reprit-il. Parce que je suis malade. Parce que si je ne trouve pas assez d'argent pour me soigner, je vais mourir. Et je n'en ai pas envie, tu comprends?

Il hurla ces derniers mots, tout en traçant une nouvelle ligne sur le ventre de la jeune femme. Tout son être hurlait de douleur.

- Je n'ai pas le choix, tu vois. C'est eux qui m'ont offert ma dernière chance de survivre. Et je l'ai saisi. Sans hésiter. Jusqu'où serais-tu prête à aller pour vivre? Ou pour que ton ami survive?

Il caressa le visage meurtri de Scully. Son ami. Mulder. Mon Dieu, pourvu qu'il ne lui ait pas fait de mal.

- Mulder? Il est ici? Que lui avez-vous fait? hurla-t-elle de toutes ses forces.
- Du calme, ma belle, dit-il en reposant la lame.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? hurla-t-elle de plus belle.

Le corps secoué de sanglots, l'âme déchirée par les pleurs, Dana Scully se débattait. De toutes ses forces. C'en était trop. Beaucoup trop. Beaucoup plus qu'elle ne pouvait le supporter. Une main. Sale. Sur son corps. Une main qui se frayait un passage sous ses habits. Une main glacée qui lui brûlait la peau. Et, le noir.

**********


Lentement, il releva la tête. La douleur n'avait pas disparue, et le froid qui s'intensifiait n'arrangeait pas la situation. Il tenta de détendre ses membres endoloris et posa à nouveau ses yeux sur l'écran de télévision. Choc. Il n'avait jamais rien ressenti de tel avant cet instant. Il était comme un pantin de bois: pas de sang dans les veines. Mais à ce moment précis, il pouvait le sentir commencer à circuler. Tout son mécanisme vital se mis en route. Vivant. Il était plus vivant que jamais. Ce qu'il vit sur cet écran lui rendit le souffle de vie qui lui manquait, celui qui lui avait toujours manqué. "C'est là que tout a commencé". Tout. Sa vie? Que voulait dire cet homme? Alors, il essaya de se rappeler. De se souvenir. De savoir quand sa vie avait commencé. Mais c'était bien là le problème. Que pouvait bien avoir été sa vie avant sa rencontre avec Scully? Sa vie, c'était sa quête. La recherche de la Vérité. Et cette quête n'avait pas lieu d'être sans son éternelle alliée à ses côtés. C'était eux deux, ou ce n'était rien. Leurs différences avaient toujours fait leur force. Si l'un deux venait à disparaître, tout le travail établit jusqu'à maintenant serait réduit à néant. C'est alors qu'il comprit. Il agrippa ses mains au sol glaçé et se traîna jusqu'à la porte, sans quitter la télévision des yeux. Les mains de cet homme sur elle. Son visage torturé par les larmes. Est-ce que mourir ressemble à ça? Son sang circulait de plus en plus vite. Rapidement, il composa des chiffres. Ceux qui allaient sauver la vie de Scully et qui avaient donné un sens à la sienne. Claquement sec. La porte s'ouvrit pour laisser entrer une lumière déchirante. Un long et étroit couloir s'offrait à lui. Avec difficulté, il se releva. Ses membres provoquaient en lui une douleur qu'il n'avait jusqu'alors jamais connue. Habitués à la pénombre, ses yeux mirent un certain temps avant de s'habituer à la blanche lumière. Lorsqu'il put enfin se retenir au mur, Mulder avança d'un pas lourd mais décidé à travers cet étroit couloir. Des cris commencèrent à se faire entendre. Ou alors était-ce dans le tête de Mulder? La voix déchirée de son amie hantait son esprit. Oubliant sa douleur, il accéléra le pas, décidé à libérer sa partenaire à n'importe quel prix, jusqu'à ce qu'il se retrouve à nouveau devant une porte close. Il y colla alors son oreille mais n'entendit qu'un silence pesant.

- Vous n'êtes qu'un monstre.

Elle était là, il n'y avait plus aucun doute. Le souffle court, les yeux fermés, Mulder tenta d'abord de calmer la rage qui venait de s'emparer de lui avant de tenter quoi que ce soit. De nature coléreux, l'entreprise n'allait pas être facile. Il expira profondément et essaya de trouver une solution à son problème.

- Je vous en supplie... arrêtez...

Trop. La porte claqua brusquement pour offrir à Mulder le spectacle le plus affreux qu'il n'ait jamais vu. Le vide. Juste le vide. Celui qui remplissait la pièce qu'il venait de découvrir. Une deuxième télévision diffusait une cassette, apparemment tournée ici quelques temps plus tôt. Lentement, il se traîna jusqu'au lit et tomba à genoux devant les draps tâchés de sang. Sa main tremblante s'écrasa sur le sol glacé et il put sentir entre ses doigts une sensation étrange, mais pas inconnue. Un fil d'or glissa dans sa paume. Le pendentif de Scully. Cétait trop tard. Elle n'était plus là. Vide.
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JeN.
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MessageSujet: Re: ¤ Les Yeux Fermés ¤   Mar 1 Aoû - 3:06

Mulder reprit lentement son souffle. Son regard se posa sur une table où des lames rougies par le sang étaient éparpillées. Sur la chaise gisait un portable. Un moyen de sauver sa peau et celle de Scully ? Peut-être. Son rythme cardiaque n’avait de cesse d’accélérer. Il s’empara du précieux objet et quitta définitivement la pièce, lui laissant le souvenir des souffrances que Scully avait endurées. Un profond soupir déchira le silence. C’était le sien. Pas de réseau. Il aurait dû s’en douter. Peu importait, son instinct lui disait que cet objet n’avait pas été oublié ici par hasard. Il poursuivit sa route à travers ce long couloir qui ressemblait étrangement à un labyrinthe sans issue. Il se traîna avec le peu de forces qui lui restait, s’agrippant aux murs blancs pour ne pas s’écrouler au sol. La vérité éclatante de ce lieu lui sauta alors aux yeux. Toute sa vie tenait dans ce seul couloir. La recherche d’une vérité fuyante et insaisissable. Sa solitude. Seul. Par sa faute. C’était sa faute s’il avait perdu tous ceux qu’il aimait. C’était sa faute s’il avait peut-être déjà perdu Scully. Son rythme cardiaque était à son apogée. Il fut soudainement pris de vertiges. C’était un cauchemar. Il allait se réveiller. Oui… je vais me réveiller… elle sera là… elle sera… Le sol accueillit le corps de Mulder pour la énième fois dans un bruit sourd.

**********


Noir. Et rien d’autre que ça. Du noir. Et le silence, peut-être. Un silence pesant, envahissant, presque trop bruyant tant sa présence était encombrante. Insupportable. Elle choisit de briser ce silence en laissant échapper un sanglot. Enfin… peut-être qu’elle ne l’avait pas choisi. Cette larme qui coulait sur sa joue, elle n’avait pas pu la retenir. Où était-elle, maintenant ? Pourquoi était-elle là ? Pourquoi… personne ? Seule ? Pourquoi ne voyait-elle rien ? Mais, parfois, avoir les yeux fermés valait bien mieux que de voir la réalité vous sauter aux yeux, vous éblouir. Quoiqu’il en soit, elle n’aurait pas dû briser ce silence. Oh que non. Elle fit lentement glisser ses jambes le long du sol pour ramener ses genoux sous son menton, faisant ainsi résonner dans la pièce un bruit lent et angoissant. Lumière. Blanche. Aveuglante. Elle laissa échapper un cri de surprise et referma ses paupières de douleur, tant la clarté soudaine avait été agressive. La réalité des lieux s’offrait maintenant à elle, autant que le froid dévorait sa peau par d’incontrôlables frissons.

- Oh mon Dieu…

La pièce était en fait infiniment petite, mais grande par l’impact provoqué sur la jeune femme. Des photos d’Emily ornaient les murs tout autour d’elle. Ces photos étaient elles-mêmes encadrées par des articles de presse en tout genre, sur le cancer, sur la stérilité, et même sur le fétichiste Donnie Pfaster. Partout, sur tous les murs, sur le plafond, et même sur le sol, la même question était posée en lettres de couleur rouge vif : « Pourquoi l’avez-vous suivi ? ». Ses yeux brûlaient. L’impact des images avait été beaucoup trop violent, beaucoup plus fort qu’elle. Ces images étaient imprimées dans sa mémoire, à tel point que même lorsqu’elle fermait les yeux, elle les voyait toujours. Ne pas se laisser submerger par ces images. Surtout pas. Elle n’avait pas le droit. Pas maintenant. Elle prit sa tête entre ses deux mains et plia son corps sur le sol gelé.

- Pourquoi ? ! hurla-t-elle de toutes ses forces.

C’était trop tard.

**********


Une sonnerie. Une deuxième. Un, deux, trois. Il ouvrit brusquement les yeux et fouilla rapidement ses poches pour en ressortir l’objet qui allait peut-être les sauver. Erreur. La seule réponse fut le silence.

- Allô ?

Silence.

- Allô ?

Encore le silence.

- Allô ?

Toujours le silence.

- Allô ? ! hurla-t-il.

La respiration saccadée, les mains tremblantes, il lâcha le téléphone. Il avait eu une réponse. Une réponse qui n’en finissait pas de se faire entendre. Le cri de Scully avait été enregistré. Son appel au secours. Son « Mulder ! » qui résonnait continuellement. Le cœur déchiré, il ramassa le téléphone, et, de ses doigts tremblants, tenta de l’éteindre. Impossible. Toujours le cri de Scully. La rage au cœur, il lança cet objet maudit de toutes les forces qui lui restaient à l’autre bout du couloir. Le plus loin possible, hors de sa vue, de ses oreilles, de son esprit. Il passa ses mains dans ses cheveux humides avant de reprendre sa course insensée vers une quelconque issue. Son cœur s’arrêta instantanément de battre lorsqu’il tomba sur une nouvelle porte. Il reprit son souffle et posa sa main sur la poignée. La porte céda sans difficulté aucune.
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MessageSujet: Re: ¤ Les Yeux Fermés ¤   Mar 1 Aoû - 3:11

Elle était là. Sous ses yeux. Repliée sur elle-même, le visage meurtri par toutes ces larmes qui avaient coulées. Non, il ne rêvait pas. C’était bien elle. Il s’avança lentement, oubliant de retenir la porte qui claqua dans un bruit sec. Impossible de la rouvrir. Le bruit avait ramené Scully à la conscience, et, lorsqu’il se retourna vers elle, c’est un regard emplit d’une froideur jusque là inconnue qu’il croisa. Un regard pénétrant qui le glaça instantanément.

- Scully…

Elle ne répondit pas, lui offrant un visage de marbre. Il s’approcha d’elle, et, voulant replacer une mèche de ses cheveux derrière l’oreille :

- Ne me touche pas ! lui dit-elle d’un ton glacial.
- Scully, c’est moi… assura-t-il la voix suppliante, avant de se laisser tomber à terre.
- Je sais que c’est toi… D’ailleurs, tout ça, c’est toi ! C’est de ta faute si j’en suis arrivée là ! hurla-t-elle avant de fondre à nouveau en larmes.

Il la prit dans ses bras alors qu’elle se débattait de toutes ses forces.

- Lâche-moi ! criait-elle sans arrêt, la voix mêlée de sanglots.

Son corps se démenait pour échapper à l’étreinte protectrice de son ami. Les bras de Mulder qui l’enlaçaient. L’odeur de sa peau. Sa tête perdue tout contre son torse. Autant de facteurs qui finirent par la calmer.

- Ta faute…

Sa voix n’était plus qu’un murmure qui finit enfin par mourir pour laisser place au silence.

- Pardonne-moi… finit-il par dire.

C’en était trop. Scully se libéra de son étreinte avec une force soudaine.

- Te pardonner ? Tu as vu tout ça ? Est-ce que tu as vu tout ça ? Ce que ma vie est devenue à cause de toi ? hurla-t-elle en pointant du doigt les murs qui les entouraient.

C’est avec lenteur qu’il releva la tête, cherchant où poser son regard pour ne croiser que la blancheur des murs.

- Oh mon Dieu… murmura-t-elle en découvrant avec effroi une chose terrible : l’absence.

Les murs blancs étaient vierges de toute inscription, de toute photo, de tout article. Rien. Il n’y avait rien. Il n’y avait jamais rien eu.

- Mulder… dit-elle en retournant se réfugier dans ses bras. Je suis désolée…
- Non. Tu as raison. Je ne t’ai rien apporté de bon.
- Ne dit pas ça, dit-elle en plantant son regard dans le sien. Je t’interdis de dire ça.

Un regard plus que convaincu.

- Mulder, c’est moi qui ai choisi de rester. Moi aussi j’ai besoin de réponses, autant que toi, en tout cas.

Elle se blottit encore plus contre lui, avant de sentir ses lèvres déposer sur son front un tendre baiser. Il sortit alors de sa poche droite le fin collier d’or qu’il replaça avec douceur autour du cou de la jeune femme. Elle releva la tête et plongea ses yeux dans les siens. Un regard qui s’accroche, affamé, assoiffé, enivré des yeux de l’autre. Ces mêmes yeux qui brillent, qui jettent des « je t’aime plus que tout » sans jamais avoir besoin de mots pour le dire. Entremêlés. À tout jamais. Juste ça. Lentement, ils se laissèrent glisser sur le sol. Attendre qu’on les trouve, c’était tout ce qu’ils pouvaient faire. Elle posa sa tête sur son torse. Lui, passa ses doigts dans ses fins cheveux roux, avant de la serrer encore plus contre lui. C’est ainsi que le sommeil les emporta. Les yeux fermés. Vers une même nuit.

**********


Un corps qui se tord soudainement. Un sourire de douleur dessiné sur un visage d’homme. Un cri qui déchire la nuit, le silence. Ce corps, ce sourire, ce cri : c’était Mulder. Scully se réveilla brusquement, s’éloignant alors de son ami. Les yeux emplit d’une inquiétude certaine, elle tenta de calmer son corps déchaîné, remué par des spasmes incontrôlables.

- Scully… articula-t-il avec difficulté, sentant ses forces le quitter petit à petit.
- Mulder… Qu’est-ce qui se passe ? ! dit-elle d’une voix tremblante.

Elle posa ses mains sur son visage, le forçant à le regarder. Elle l’avait vu pleurer un bon nombre de fois, mais cette vision toucha instantanément ce qu’il y avait de plus sensible en elle. Les larmes de la jeune femme s’échappèrent alors de ses yeux grisés par le désespoir, se mêlant ainsi à celles de son ami.

- Mulder, calme-toi… Dis-moi quelque chose… Je t’en prie…

Un son à peine audible sortit de la bouche de Mulder.

- Pardonne-moi…

C’était tout. Son corps s’était brusquement calmé. Plus aucun mouvement, pas même celui de sa repiration. Plus rien. Juste ses yeux. Grands ouverts. Mourir les yeux ouverts. C’était fini.
Un cri de douleur. Celui de Scully. Et, plus rien. Elle s’éloigna lentement de son ami et s’installa plus loin, la terreur imprimée à tout jamais sur son visage. Sous le choc, elle était incapable de prononcer un mot. Même les larmes n’osaient plus couler. Seule. Pour de bon.
Une sonnerie finit par retentir. Elle resta immobile quelques instants, puis, reprenant un semblant de conscience, observa la pièce pour comprendre d’où provenait l’affolante mélodie. Rien, il n’y avait rien. Juste elle. Et le corps inerte de Mulder. Elle se retourna alors et remarqua derrière elle, au sol, une brique instable qu’elle tenta tant bien que mal de déplacer. Une fois cette opération effectuée, elle se pencha et découvrit enfin l’objet qui allait peut-être la sauver. Un portable. De sa main tremblante, elle s’en saisit, et, nerveusement, elle le porta à son oreille et décrocha. Une voix d’homme. Elle connaissait cette voix. Pas un interlocuteur réel, non, juste une voix qui lui annonçait qu’un poison avait été administré à Mulder, à son insu, avant qu’il n’arrive ici. Une mort lente qui épuisait peu à peu toutes les forces de la victime, jusqu’à la voir se tordre de douleur dans un dernier souffle. Ricanements. Le téléphone finit par s’écraser violemment sur le mur opposé. Un cauchemar. Elle se releva et hurla de toutes ses forces, avant de retomber au sol, repliée sur elle-même, le corps ravagé par le dégoût et le désespoir qui avaient pris possession de tout son être. Mourir. Elle aurait voulu mourir.


**********


Le parc verdoyant était bercé par le chant des oiseaux, qui annonçaient enfin le retour du printemps. De timides rayons de soleil traversaient la fenêtre et vinrent caresser le visage de marbre de la patiente. Dans le couloir de l’hôpital psychiatrique, deux hommes discutaient. Arborant tous deux une blouse blanche, l’un était grand, brun, d’apparence robuste et calme, l’autre, plus petit, le crâne chauve. Il arborait une paire de petite lunettes rondes, qui lui conféraient un sérieux indéniable. Jouant nerveusement avec son stylo, le plus petit, le docteur Jefferson, prit la parole :

- Ca fait 5 jours qu’elle est là et elle n’a pas encore ouvert la bouche une seule fois, dit-il, les yeux rivés sur son stylo.

Le regard perdu vers la chambre de la patiente en question, l’autre répondit :

- C’est un miracle qu’elle soit encore en vie…
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Le FBI l’a retrouvée dans un sale état. Il était temps, d'ailleurs. Deux hommes aussi. Morts tous les deux. L’un s’est suicidé, il avait une maladie incurable et allait mourir. L’autre empoisonné. Elle a dû voir des choses terribles… dit-il, songeur.

Dans la chambre, la jeune femme était assise dans son lit, le regard vide, refusant de manger ou de dire quoi que ce soit depuis son arrivée. Se laissant examiner sans broncher, écoutant les médecins lui dire qu’il fallait qu’elle parle pour aller mieux, c’est sans grande conviction qu’elle retournait à son lit, le regard et l’esprit toujours aussi vides. Un mouvement de la tête. Ses yeux se posèrent sur la table de chevet, où, mis à part quelques médicaments, une carte d’agent du FBI gisait. Sa main tremblante s’en empara, et, pour la première fois depuis longtemps, un faible sourire éclaira quelque peu son visage lorsqu'elle découvrit la photo d’un grand homme brun. Repoussant les couvertures, elle quitta enfin son lit et s’approcha de la fenêtre. Dehors, la vie. Serrant dans son poing la précieuse carte, son regard s’illumina de l’étincelle de vie qui lui avait jusque là manqué et se perdit au loin avec assurance. Un deuxième sourire se dessina sur ses lèvres. Un sourire décidé à ne pas la quitter de si tôt. Puis, elle ferma les yeux, apaisée. Immortelle.

FIN.

JeN.
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