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 [Roseraie]

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Julia
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MessageSujet: [Roseraie]   Mar 19 Sep - 14:28

Auteur: Julia
Date: 19 septembre 2006
Résumé: Un merveilleux week end s'annonce pour Mulder et Scully....
Note de l'auteur: Je me fais vieille les jeunes, il y a un an j'écrivais Alone..le temps passe....mais moi je reste!mdr! Bonne lecture, merci de me suivre!!



Roseraie





Un calme plat régnait dans le bureau des affaires non classées. Scully, imperturbable, rédigeait avec soin son rapport d’autopsie. Leur dernière enquête les avait mené au plus profond de l’horreur humaine: un tueur en série bestial venait de décimer une famille entière, après avoir fait 33 victimes depuis plus de vingt ans. Après trois jours de quête minutieuse, Mulder et Scully avaient réussit à le retrouver dans une grange perdue de l’Arkansas: c’était sa maison d’enfance, c’était le lieu où chaque soir son père le battait et le violentait, usant des outils divers qu’il pouvait trouver autour de lui. Tenant un fouet dans sa main et une arme dans l’autre, il s’était levé sans crier garde et s’était jeté sur Scully: afin de la protéger, Mulder dû abattre de sang froid cet assassin. Le corps s’était effondré dans un bruit sourd sur le sol de ciment recouvert de paille desséchée. Les autorités supérieures avaient exigé une autopsie suite à la lecture du dossier médical du tueur: atteint d’un cancer généralisé, il était en phase terminale de la maladie. Son passé et sa souffrance l’avait poussé à devenir une bête prête à tuer.
La jeune femme mit le point final à son rapport et signa furtivement la feuille: refermant à tout jamais ce dossier, elle s’étira légèrement, un sourire de satisfaction venant éblouir son visage de porcelaine.

- Mulder, je suis officiellement en week end!
- Tu as quelque chose de prévu?


Il s’arrêta de travailler et releva la tête: il ne put qu’apprécier ce tableau, sa collègue semblait rayonner.

- Je compte lire, me reposer et me connecter l’espace de quelques heures parmi le monde des vivants.
- Mais tu es dans le monde des vivants!
- En es tu sûr? Depuis quand n’es tu pas parti en vacances? Depuis quand n’as tu plus été dans un bon restaurant? As tu pris le temps de lire un livre dernièrement? Mulder tu ne vas pas me faire croire que nous sommes dans la vraie vie?


Le comportement de Scully venait de changer radicalement: son bonheur apparent venait de se transformer en colère inexprimée. Ses traits s’étaient soudain tirés, ses yeux avaient viré au bleu électrique et ses lèvres légèrement entrouvertes tentaient de contenir d’autres mots qu’elle aurait voulu laisser fuser.

- Mulder regarde cet homme….il avait un cancer généralisé, toute sa vie il a souffert, il a été martyrisé dans son enfance, il a été malade durant de nombreuses années, il n’a jamais pu jouir de la vie alors il s’est retourné contre cette injustice pour enlever des vies à son tour…ce que je veux dire c’est que nous sommes en pleine santé, nous ne pouvons pas nous plaindre de notre condition et …et on passe nos journées ici sans jamais profiter de notre chance….et…et…
- La souffrance, la mort, la justice et la vérité sont notre lot quotidien….mais ce sont aussi des notions qui rythment le séjour des hommes sur terre, non?
- Tu as peut être raison…
-Prépare un sac avec quelques affaires, je viens te chercher vers 20 heures.
- Pardon Mulder?
- On a besoin de changement toi et moi, alors va te reposer un peu, prends soin de toi et soit prête pour 20 heures.
- Je..
- Scully!
- D’accord…


Légèrement déstabilisée, elle se retourna et sortit, se sentant étrangement légère. Était ce le sourire qui avait illuminé le visage de Mulder lorsqu’elle avait accepté sa demande? Où allait il l’emmener? A quelle surprise devait elle s’attendre?


La panique s’empara d’elle: jamais elle ne serait prête pour l’heure convenue. Alors qu’elle était rentrée, elle s’était relaxée dans un bain chaud afin de décompresser de cette semaine si traumatisante. Mais l’odeur enivrante du lys et du musc l’avait si détendue qu’elle ne fit plus attention à l’heure. Quelles affaires devaient elle prendre avec? Par précaution, elle prit un gros pull et deux sous pull. Le printemps venait à peine de s’installer, les nuits étaient encore fraîches et il fallait prévoir toutes les situations. Une certaine intuition la poussa à prendre sa plus belle robe, à tout hasard fut sa pensée. La sortant de sa housse de protection, elle ne put résister à la mettre: cette robe, elle l’avait eu d’un homme qu’elle détestait, d’un homme qui l’avait trahit, d’un homme qui avait failli briser la confiance que Mulder avait en elle. Cette robe d’un bordeaux clair elle l’avait porté devant l’homme à la cigarette. Seul le regard de ce vieil homme s’était posé sur le dos nu et découvert si attirant. Ce que Scully ne sut pas, c’est que Mulder avait toqué à sa porte mais ne recevant aucune réponse il était entré. Appuyé près du cadre de la porte à peine poussé, il l’observait dans toute sa splendeur. Il aurait pu parler de sa beauté durant des heures, il était intarissable sur ses traits si fins. Était ce la perfection de son visage, issu d’un pinceau d’un peintre de talent? Était ce son corps, issu des mains perfectionnistes d’un sculpteur de renom? Était ce son regard envoûtant de fée, issu de l’imagination d’un poète romantique? Il cherchait sans cesse des réponses à ces questions chimériques mais jamais il n’arrivait à mettre des mots précis sur ce qu’il pouvait ressentir lorsqu’il la voyait. Sentant un regard lourd sur sa nuque, Scully se retourna vivement et attrapa son arme sur son lit:

- Désolé c’est moi! Excuse moi!
- Mulder! Mais tu es fou de venir comme ça sans faire de bruit?
- Je…j’ai toqué mais tu ne m’a pas entendu alors je….et j’ai….
- Tu es là depuis longtemps?
- Assez pour te dire que je ne t’ai jamais trouvé aussi resplendissante.
- Merci…


Les joues de Scully s’empourprèrent et ses yeux fixèrent un autre point avant de se fondre dans ceux de son ami.

- Laisse moi quelques minutes, je m’habille et j’arrive.

Elle tint promesse: à peine avait elle poussé sa porte laissant Mulder seul dans le grand salon chaleureux que déjà elle ressortait vêtue d’un pantalon de lin souple et d’un t-shirt. Délicatement, son ami l’aida à enfiler son gilet noir et il porta son sac pendant qu’elle refermait la porte de son appartement. Devant l’entrée, des badauds passaient, flânant par ce soir si charmant: l’air embaumait les fleurs à peine écloses, le vent ramenait des notes suaves de rose et de lavande, non loin de là l’herbe fraîchement coupée faisait parvenir son odeur si particulière. La voiture était garée devant la porte: après avoir mis les affaires de Scully dans le coffre, il entreprit de lui ouvrir la portière afin qu’elle s’installe: une vieille dame passant par là souligna l’élégance du geste et la beauté de cet homme dont l’amour faisait briller les yeux étrangement.
L’ambiance était particulière et les langues n’osaient point se délier: ils ne semblaient pu être Mulder et Scully du FBI, mais deux adolescents prêts à passer leur première nuit d’amour ensemble.

- Alors quel est cet endroit mystérieux où tu nous emmènes?
- Patience, la surprise en en sera encore plus grande.


Avec malice, il tendit la main et replaça une des mèches de cheveux rousses qui venaient se perdre sur le visage de Scully.

- Merci.
- De?
- D’avoir bien voulu m’accompagner en me faisant confiance, sans poser plus de questions.
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Julia
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MessageSujet: Re: [Roseraie]   Sam 23 Sep - 14:08

Alors que la nuit était déjà tombée, rabattant son épais voile noir sur la douce lumière du jour, la voiture de Mulder et Scully pénétra dans ce qui semblait être une propriété privée. Consciente que ce n’était pas le moment de se montrer suspicieuse, Scully ravala toutes les questions qu’elle brûlait de poser. Ils remontèrent une longue allée sinueuse où la route était plus qu’impraticable: de nombreux sursauts venaient accompagnés leur ascension chaotique. La forêt bordait de part et d’autre le chemin, une peur infime s’empara de Scully: elle détestait ce sentiment d’étouffement. Bientôt la route commença à s’élargir et ce que vit la jeune femme lui coupa le souffle: un véritable château venait d’apparaître au milieu de la brume nocturne. Celui ci surplombait la forêt qui l’avait angoissé quelques minutes auparavant: désormais le paysage lui parut plus enchanteur et magique. Émerveillée, elle se retourna vers son ami:

- Mais…où sommes nous?
- Bienvenue au domaine privé de la Roseraie.
- A qui appartient ce merveilleux endroit?
- A un horticulteur. Il loue une partie du château aux particuliers. J’ai pensé qu’il serait intéressant de vivre pendant quelques jours la vie de châtelain.
- Je ne sais pas quoi dire….tu m’étonneras toujours Mulder!


Ils sortirent de la voiture et se postèrent face au château. A quelques heures de Washington se trouvait ce lieu imprégnait de douceur et de beauté, bien plus majestueux qu’un de ces immeubles modernes et impersonnels. Scully ne cessait de sourire ce qui remplissait Mulder de joie. Elle n’en revenait pas: c’était une surprise inimaginable et plus que fantastique. Ce lieu la faisait rêver et jamais elle ne se sentit aussi admiratrice face au génie d’un architecte: le château dépassait toutes les attentes que l’on pouvait avoir.


- Tu vois, il y a trois ailes plus le bâtiment principal. L’aile sud est condamnée depuis des années, l’aile Est est réservée à notre hôte et l’aile ouest a été transformée en jardin d’hiver. Nos appartements sont donc tous situés dans le bâtiment principal.
- Je ne sais vraiment pas comment te remercier.
- En étant ici, cela me suffit.


Empoignant leurs bagages , Mulder emprunta le premier le chemin qui menait à la lourde porte de l’édifice.

- La clé est dans ma poche, tu veux bien la prendre?
- Pour une fois que tu uses de la méthode normale, j’aurai aimé te voir crocheter cette porte.


La jeune femme glissa sa fine main dans le veston de Mulder et entra en contact avec ledit objet. C’était une grosse clé à l’ancienne, en fer forgé et pesant un poids plus que raisonnable. Un déclic sonore mais chaleureux se fit entendre: d’une main frémissant d’impatience, Scully poussa la lourde porte et entra dans une demeure fascinante.
Le contraste entre la façade extérieure et la décoration intérieure était stupéfiante: l’extérieur du château empruntait en grande partie l’art du Moyen age alors que l’intérieur lui rappelait l’époque baroque mis au goût de l’art du XIX ème siècle. Il y avait une opulence dans l’ornementation: ors, stucs, lambris et marbres étaient présents en abondance, la noblesse du lieu fit chavirer le cœur des deux amis. Ils tombèrent nez à nez face à un imposant escalier: entièrement en marbre, ses ferronneries étaient travaillées d’acanthes et de pampres. La rampe, les médaillons et le plafond richement orné d’entrelacs et de rosaces étaient d’une pure ré-interprétation du style rocaille de Louis XV. Leur fascination les porta à gravir les marches une à une avec respect, afin d’arriver dans leurs nouveaux appartements. Ils entrèrent d’abord dans un salon démesurément grand. Le parquet marqueté brillait avec intensité et tout semblait tenter de les éblouir à tout jamais. Il y avait de vastes miroirs cintrés sur chacun des murs et deux grandes portes richement décorées à double battant permettaient d’accéder à ce lieu de féerie. L’amour des arts et de l’architecture prenait le dessus: Scully ne peut s’empêcher de détailler chaque objet et malgré elle, elle commenta ce qui l’époustouflait. Mulder l’écoutait avec patience et plaisir.

- Regarde ce plafond Mulder…comme dans un de théâtre, il est orné d’une peinture magnifique…ici c’est une allégorie de Pierre Victor Galland.
- Comment le sais tu?
- Il y avait exactement la même représentation au plafond de la faculté de médecine où j’ai fait mes études. Cette allégorie s’appelle "Minerve déesse de l'intelligence, des techniques, de la raison, protectrice des arts et de l'artisanat et Euterpe muse de la musique ". Galland a mis en relief le rameau d'olivier aux côtés de la lyre d'Euterpe et bien sûr l'olivier était le symbole antique de la paix, plus prosaïquement rattaché à l'or et à l'amour pendant le Moyen-Age. Le laurier symbolise le laurier de la gloire et de la réussite, laurier que les étudiants attendaient. J’ai passé des heures à étudier cette représentation…


L’allégorie était prolongée à ses deux extrémités par deux médaillons en grisaille qui représentaient le mythe d'Amphitrite et de Poséidon. Leurs yeux se posèrent sur la cheminée en marbre qui était constituée d’une lourde ornementation de guirlandes et de chérubins ardemment enlacés: toute la pièce respirait l’opulence et la grâce. Ils passèrent dans le salon de musique, puis dans le petit salon. Au fond d’un long couloir, deux portes menaient à ce qui seraient leurs appartements privés.

- Après toi Scully.

Souriant avec bonheur, elle prit la décision d’entrer dans la pièce de droite. Chacun visita sa chambre et déposa ses affaires: ces deux jours s’annonçaient intensément merveilleux. Soupirant de satisfaction, Mulder se laissa tomber sur son lit, impatient de passer des heures fabuleuses aux cotés de Scully.
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Julia
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MessageSujet: Re: [Roseraie]   Dim 24 Sep - 1:16

Un grand feu brûlait dans le boudoir privé de Scully. Après un dîner exquis, Mulder et elle s’étaient installés dans cette pièce qu’ils avaient qualifié d’un commun accord la plus belle de la demeure. La jeune femme s’était enroulée dans un grand plaid tandis que Mulder s’installait dans le fauteuil lui faisant face. Les flammes dansantes dessinaient sur leur visage des formes diverses et changeantes. Un calme rassurant planait autour d’eux et une certaine harmonie faisait battre leur cœur dans un chant doux et mélodieux. Scully ne cessait de scruter Mulder: elle pensait connaître beaucoup de choses de son partenaire mais elle se trompait. Depuis sept ans, elle le suivait avec une fidélité déconcertante et parfois incompréhensible: elle l’avait étudié tant de fois, pourtant ce soir il avait réussit à la surprendre. Encore. Un romantisme délicat se dégageait de cet endroit: elle sentait l’importance de sa présence, elle savait au plus profond d’elle même que des histoires impensables avaient du se passer ici.

- Alors Mulder?
- Oui?
- Quand vas tu me raconter l’histoire de ce château? Tu n’as pas élu ce lieu par hasard?
- Tu me connais par cœur.
-Presque.


Leurs regards s’accrochèrent. Se défièrent. Et se détournèrent, encore et toujours la valse des regards magiques remplis de sentiments aussi forts que beaux.

- Tout commença en 1912. Sir Lucas Walton trouva cette propriété à l’abandon: il décida de la restaurer et d’en faire la plus belle demeure de tout le pays pour sa femme Rose. Rose était vaniteuse et capricieuse mais d’une beauté indéniable: telle la fleur dont elle portait le nom, son apparence était sublime mais les épines blessaient toux ceux qui osaient s’approcher d’elle. Pourtant Lucas avait réussit: elle l’aimait, sincèrement. Ils emménagèrent et vécurent des journées paisibles et heureuses. Mais le bonheur se dégrade l’année suivante. Alors que Rose était enceinte de leur premier enfant, elle chuta dans le grand escalier alors qu’elle voulait annoncer une nouvelle à son mari. Son corps bien trop fragile que longtemps on avait cru stérile subit une douleur sans nom: elle perdit l’enfant et sombra dans une dépression dévastatrice. Elle s’éloigna peu à peu de Lucas et commença même à faire chambre à part. Elle finit par emménager seule dans l’aile sud. Lucas a écrit dans une lettre à un ami que sa femme devenait folle: elle passait ses nuits à hurler. Les villageois témoignent des cris qui provenaient du domaine…le village le plus près se situe à deux kilomètres d’ici. On qualifiait ses plaintes comme des hurlements déchirants, parfois inhumains. Deux années horribles passèrent ainsi. Chaque nuit, inlassablement, elle hurlait sa peine et sa douleur, tenant éveillé son mari désespéré. A son 28 ème printemps, Rose se donna la mort et Lucas ne put l’empêcher. Comme elle avait cessé de lui parler et de l’approcher, il ne trouva le corps que deux jours plus tard. Et ce qu’il trouva, le hanta à tout jam…

Scully sursauta: l’imposante horloge venait de sonner ses douze coups. Riant nerveusement, ils laissèrent passer la légère peur qui les avait envahit alors qu’ils étaient concentrés dans le récit de Mulder.

- Ton histoire est triste…terriblement triste.
- Elle fait partie du journal de Sir Lucas Walton. J’ai voulu découvrir ce lieu emprunt de drame.
- Et d’amour….la détresse que devait ressentir les deux amants que la mort a séparé devait être insoutenable…la douleur de l’un était celle de l’autre…
- J’espère que tu ne vois pas ce week end d’un mauvais œil maintenant.
- Je me doutais qu’une histoire tragique avait eu lieu en ces murs: chaque boiserie, chaque tableau respirent le drame. Mulder tu m’en vois désolée, mais je suis un peu fatiguée.
- C’est normal. Repose toi bien, notre samedi sera chargé. Bonne nuit Scully.
- Toi aussi Mulder.


Leurs mains s’effleurèrent furtivement. Scully entra dans sa chambre et referma avec douceur les deux battants de la haute porte. Après quelques instants de flottement, Mulder se releva et longea le long couloir: ses pas étaient étouffés par l’épais tapis rouge carmin. Songeur, il s’arrêta devant un tableau qui représentait un couple. Cela ne faisait pas de doute, il s’agissait de Rose et Lucas: un sentiment profond se dégageait de leurs visages déterminés. Était ce l’amour qui se lisait dans chacun de leurs traits? Il regagna sa chambre d’un pas lent, en proie à une réflexion qui le menait dans les méandres de son cœur.

A peine une heure était passée depuis leur conversation. Le sommeil avait gagné rapidement Scully. Alors qu’elle dormait, un bruit indistinct vint la tirer de son sommeil réparateur. Assise sur son lit, elle cherchait l’origine de sa gêne nocturne: après quelques secondes, elle fut sûr d’entendre des pleurs. D’un nourrisson. Ses pieds nus foulèrent le sol froid: des frissons parcoururent son corps. Debout au milieu du couloir, elle écouta ses pleurs qui se faisaient de plus en plus espacés. Le silence revint, enveloppant le château dans un mutisme inquiétant. Se dépêchant ,Scully toqua à la porte de Mulder qui l’invita de suite à entrer.


- Tu vas bien? Tu as l’air pâle…
- Je vais bien….je voulais juste te poser une question.
- Viens entre.


La jeune femme pénétra dans une immense pièce: un bureau et une bibliothèque entourait la chambre. Les deux amis prirent place près du feu dans un canapé spacieux et confortable.

- Tu n’arrives pas à dormir?
- Je m’étais endormie et quelque chose m’a réveillé…et je me suis rendue compte que j’avais oublié une chose…que devient Lucas? Et que trouve t’il dans l’aile sud?


Mulder fut flatté par l’intérêt que Scully portait à cette histoire. Les genoux repliés contre sa poitrine, elle attendait la suite du récit interrompu quelques temps auparavant.

- Lucas commença à s’inquiéter de ne plus croiser sa femme: même si elle refusait de lui parler, elle sortait de ses appartements plusieurs fois par jour. Ne la voyant plus, il alla toquer à sa porte mais il n’obtint aucune réponse. Il l’appela, en vain. Paniqué, il enfonça la porte et commença à fouiller l’aile sud. Dans la chambre réservée aux invités, il la trouva assise, les lèvres bleuies et le regard vide: à ses pieds gisait un flacon de cyanure. Mais il ne fut pas au bout de sa peine: lorsqu’il regarda autour de lui, il assista à un spectacle effrayant. Il était dans une chambre de bébé: il y avait un berceau, une table à langer, ne commode débordant d’affaires pour nouveau né et des ours en peluches un peu partout. La démence de Rose l’avait poussé à se créer un monde où elle élevait un enfant imaginaire, l’enfant qu’elle avait perdu. Lucas resta seul dans le grand domaine et le nomma la Roseraie, en l’honneur de sa femme. Il voua un culte à la rose jusqu’à ce qu’il perde la tête à son tour: un matin, le jardiner le retrouva pendu au grand peuplier du parc. Dans ses dernières heures de vie, Lucas raconta qu’il n’en pouvait plus d’entendre les cris et les pleurs du bébé provenant de l’aile sud: il condamna cette partie du château mais les pleurs lui parvenaient toujours. Il était tombé dans la même psychose que sa femme.
Depuis 1915, des couples arrivent ici et repartent au bout de quelques temps. On se plait à raconter que le domaine de la Roseraie est hanté. A tout jamais.
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Julia
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MessageSujet: Re: [Roseraie]   Sam 7 Oct - 15:29

Il y avait dans la voix de Mulder une sorte de note tragique, un rien soutenue: ses mots s’envolèrent dans le silence de la nuit et dans un murmure à peine audible, Scully balbutia qu’elle aimait ce genre d’histoires, même si elles étaient le plus souvent destinées à terrifier les touristes.

- Penses tu réellement que ce n’est qu’un mythe?
- Mulder…
- Je suis sûr qu’au fond de toi, tu y crois un peu!


Au loin, des pleurs s’élevèrent. Des cris de nourrisson, horribles vinrent la paralyser. Scrutant son ami, elle vit qu’il n’avait pas bouger: il n’entendait rien.

- Mulder…tu…tu n’entends rien?
- De?
- Non, rien je…je suis fatiguée. Est ce que cela te dérange si je reste sur ton canapé? Je n’ai plus la force de regagner ma chambre.
- Bien sûr, tu n’as qu’à prendre mon lit, je ne suis pas fatiguée de toute façon et…
- Non je te remercie! Je suis bien là.


Souriant avec conviction, elle le laissa rabattre la grosse couverture sur elle, et elle s’allongea face au feu. Des milliers de pensées se bousculaient en elle, mais aucune n’étaient cohérentes. Pourquoi Mulder l’avait il emmené ici? Était ce par pur sadisme? Afin de lui rappeler le fait qu’elle ne serait jamais mère? Il n’était pas ce genre d’homme et elle préférait garder la théorie du week end loin de tout et loin de la ville. Mais alors, ces cris? Son angoisse d’être une femme stérile et l’histoire de ce lieu la plongeait elle dans une légère psychose? Les cris provenaient ils de son esprit? Le calme revint tout autour d’elle alors qu’elle essayait de trouver une raison scientifique à son état. Ses peurs lui jouaient des tours, voilà l’explication. Ses frustrations la rendait plus vulnérable et plus faible. Des larmes roulèrent en abondance le long de ses joues: être mère était sa principale préoccupation. Sa stérilité avait été la nouvelle la plus dure à accepter depuis de nombreuses années. Elle savait qu’une femme qui ne connaîtrait jamais la maternité ne serait jamais une femme accomplie. Son ventre ne connaîtrait jamais la joie de porter un être. Jamais elle ne pourrait poser une main délicate et amoureuse sur son ventre rebondit. Jamais elle ne souffrirait des heures durant pour avoir la joie de voir naître un enfant, son enfant. Jamais.


Au petit matin, Mulder se leva avec entrain: cela faisait longtemps qu’il n’avait jamais aussi bien dormi. Une petite brise venait faire voler les rideaux pourpres et or. Une forme solitaire se tenait sur le rebord de la fenêtre.

-Dana?

Elle ne l’avait pas entendu se réveiller: d’un geste devenue machinal, elle essuya son visage humide et composa ce visage radieux qu’elle ne réservait qu ‘à lui.

- Bonjour Mulder.
- Tu vas bien?
- Oui…j’admirais le paysage…si tu te dépêches, tu verras le lever du soleil.


Se glissant sur le coté, elle lui fit une place. Face à eux, le soleil se levait avec majesté, éclairant avec puissance et beauté la lisière de la forêt. Des couleurs indéfinissables se mélangeaient, faisant battre leur cœur avec force. Pouvait on parler d’un moment aussi magnifique? Seules leurs mains se joignirent, comme pour sceller cet instant que chacun se promit de ne jamais oublier. De longues minutes passèrent et sans lâcher la main de son amie, Mulder l’invita à le suivre à nouveau à l’intérieur:

- Je t’invite à prendre un petit déjeuner sur la terrasse, après nous irons nous promener sans penser à rien, juste toi et moi et les paysages. D’accord?
- Je ne peux refuser.


Ainsi débuta leur matinée. La jeune femme oublia sa nuit de souffrance pour ouvrir son cœur à une nouvelle journée. Ils visitèrent le village classé au patrimoine culturel et goûtèrent les délices de l’auberge à la française. D’un commun accord, ils décidèrent de rentrer au domaine pour visiter les différents édifices du lieu.

Alors que d’une main délicate, Scully effleurait les pétales d’une rose singulièrement magnifique, une voix masculine lui ordonna d’arrêter son geste. Surprise, elle recula et regarda arriver l’inconnu: l’homme marchait d’un pas rapide et nerveux, marmonnant des invectives que la jeune femme préféra oublier rapidement. La trentaine, un corps squelettique et un visage renfrogné faisait de John Stewart l’être le plus détesté des environs.

- La beauté d’une rose se voit grâce aux yeux et non en la triturant avec irrespect.
- Je l’ai à peine effleuré.
- Je vous interdit de toucher à mes fleurs.


Légèrement déstabilisée, Scully se retourna à la recherche de Mulder mais celui ci restait invisible. Désemparée, elle fit face à l’horticulteur qui n’avait cessé de la dévisager avec insolence.

- Cela fait longtemps que vous travaillez ici?
- Longtemps oui. Ne vous sentez pas obligée de me faire la conversation, je ne supporte pas les échanges futiles et les pertes de temps: j’ai des soins à donner à ces précieuses roses.
- Vous vouez aussi un culte à la rose?
- Pourquoi aussi?
- Mon ami m’a raconté l’histoire de Rose et Lucas ..et Lucas vouait un culte à la rose, d’où le nom du domaine, n’est ce pas?
- Vous semblez être renseignée…mais connaissez vous la réelle histoire?


Son attitude avait soudainement changé: il s’était rapproché d’elle, un sourire malicieux aux lèvres, les yeux pétillants d’impatience à l’idée de révéler un secret trop longtemps caché.

- Venez, suivez moi.

D’un pas soutenu, il l’emmena à nouveau dans le grand parc. Ils s’installèrent à l’ombre des arbres, là où les chaises étaient éparpillées au gré des envies des visiteurs. Scully se méfiait de cet homme si étrange: elle restait de marbre même si elle était impatiente de connaître une nouvelle alternative de l’histoire.

- Le récit que vous connaissez est celui des villageois, c’est celui quel retrouve dans le journal de Lucas mais…vous êtes vous interrogée sur la véracité de ses propos?
- Non…mon ami m’a exposé ces faits et j’ai laissé la part de mystère enveloppé ce que je prenais pour un mythe.
- Vous devez savoir que Lucas est un imposteur: son journal est un tissu de mensonges.
- Et vous vous reposez sur quoi pour affirmer avec autant d’aplomb cette allégation?
- Rose avait elle aussi un journal et son récit tombe pile avec celui de mon arrière grand père…qui était le jardinier de Sir Lucas.
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MessageSujet: Re: [Roseraie]   Sam 7 Oct - 16:35

Sortant de table, Mulder et Scully complimentèrent la cuisinière et la remercièrent pour un repas aussi succulent. Mulder avait remarqué l’air enjoué de Scully lorsqu’elle lui avait demandé de prendre une tasse de thé avec elle sur la terrasse. La fraîcheur de cette soirée de printemps les fit frissonner aux premiers abords, mais bien vite ils décrétèrent le bienfait de cet air si agréable.

- Alors Scully? Qu’as tu à me dire?
- Comment sais tu que je veux te raconter quelque chose?
- Tu fais la même tête que lorsque je trouve une affaire non classée phénoménale!


Ils rirent de bon cœur avant de retrouver leur sérieux.

- Alors, cet après midi j’ai rencontré l’horticulteur alors que tu passais ton temps dans le garage de voitures de collection.

Un sourire enfantin illumina le visage de Mulder.

- A première vue, il a semblé être très froid avec moi, je pense que la solitude a dû changer sa façon d’intervenir avec les personnes. Lorsque je lui ai montré mon intérêt pour l’histoire du château, il a complètement changé d’attitude et il m’a expliqué une autre version. Il existerait un journal appartenant à Rose. Elle y raconte combien les premiers temps elle était amoureuse de Lucas. Mais leurs relations se sont peu à peu dégradées lorsqu’il est devenu premier consul. Elle témoigne de soirées où elle restait seule alors que son mari organisait ce que l’on peut appeler les premières soirées échangistes….Elle le décrit comme un homme volage et infidèle. Lorsqu’elle est tombée enceinte, Lucas est entré dans une colère monumentale et il la violenta: sous le choc des coups, elle perdit l’équilibre et dévala une à une les multiples marches de l’escalier.
- Pourquoi se serait il énervé alors que cette grossesse était un véritable miracle?
- Parce que ce n’était pas Rose qui était stérile mais lui!
- Non? Alors elle était aussi infidèle?
- Oui! Une folle histoire d’amour était née entre elle et François, le jardinier français…qui est l’arrière grand père de John, notre hôte.
- Mais c’est incroyable!
- Attends, tu ne connais pas la fin de l’histoire! Après la chute, Rose n’a pas pardonné à Lucas de l’avoir brutalisé , alors elle a décidé de le quitter. Mais nous sommes en 1913, la société refuse encore toute forme de scandale: le divorce jetterait la honte sur sa famille et sur son nom, donc Rose est obligée de vivre sous le même toit que Lucas. Elle refuse de lui parler, ce qui conforte Lucas dans un comportement proche de la débauche. Chacun poursuit sa vie de son coté, la demeure était bien assez grande pour le permettre. Mais ce que Lucas n’avait pas prévu, c’était que Rose s’était révélée être une excellente comédienne: lors de sa chute, elle avait mis en scène sa fausse couche, l’accusant d’avoir tué son enfant. Mais elle était plus robuste qu’elle ne le laissait paraître: elle était encore enceinte. La chambre de bébé n’était pas un signe de folie, c’était une pièce réelle où une enfant, fruit d’un amour défendu, a grandit.

- Mais c’est impensable! Alors les hurlements que même les villageois entendaient?
- C’était ceux de Lucas. D’après un médecin, il avait contracté une forme de schizophrénie avancée. Il devenait fou et les cris provenaient de sa psychose.
- Alors pourquoi Rose s’est elle suicidée, Elle avait un enfant, un amant fou d’amour pour elle…que s’est il passé?
- Là encore la version diffère. Ce serait Lucas qui l’aurait empoisonné par le biais des plats que préparaient le cuisinier. Il a attendit puis il est entré dans l’aile sud pour voir si le poison avait agit: c’est à ce moment qu’il put découvrir la chambre décorée mais il n’y avait pas d’enfant. François avait pris soin de le cacher, mort de peur qu’on trouve son fils. Le soir venu, il reposa l’enfant dans sa chambre, car il avait supplié la nourrice de venir s’occuper de lui. Mais il n’avait pas prévu que Lucas condamne toutes les entrées de l’aile sud: il condamna à vie cette partie du château. Durant trois jours, on entendit des hurlements de nourrisson. Le quatrième, le silence revint à tout jamais. Le cinquième, Lucas se pendit au grand peuplier.



Un silence glaçant s’installa tout autour d’eux. Ils avaient une version différente de la même histoire ce qui les rendaient sceptiques quand à la vérité.

- Pourquoi notre ôte t’a t’il raconté tout cela?
- Je lui ai fait part de mon avis sur l’histoire du château et il s’est offusqué quand il a vu que j’avais un récit faussé. Qui aurait pu croire que Lucas était un homme aussi cruel?
- Et si ta version était fausse?
- Pour toi c’est inconcevable qu’un homme soit le méchant, n’est ce pas?
- C’est peut être plus facile pour vous les femmes de passer toujours pour les victimes?
- Mulder on ne va pas se disputer pour des mythes qui attirent les voyageurs…nous dirons que nous avons deux points de vue de la même histoire et chacun est libre d’y voir celle qui lui convient le plus.
- Voici la voix de la sagesse, tu as tout à fait raison, nous connaissons le fond commun de ces histoires, l’amour. Viens je te raccompagne, il commence à faire froid.


Resserrant son châle, Scully suivit son ami à travers les dédales de couloirs. Le cœur de la jeune femme s’emballa lorsqu’elle entendit à nouveau les pleurs du nourrisson. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, c’était la réaction de Mulder:

- Scully il faut que je te dise quelque chose, tu vas me prendre pour un fou mais je t’assure….
- Je les entends aussi Mulder….depuis le premier soir….
- Ils proviennent de l’aile sud.
- Il faut qu’on y aille, pour avoir la conscience tranquille.


Scully semblait déterminée même si ses mains tremblaient légèrement. Faisant demi tour, ils prirent le chemin de l’aile sud.
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